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 How long have I been in this storm ?

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MessageSujet: How long have I been in this storm ?   Mar 22 Déc - 0:30


      How long have I been in this storm,

      So overwhelmed by the ocean's shapeless form water's getting harder to tread,
      with these waves crashing over my head...?
        {Lifehouse - Storm}




      « C'est une blague ? »

    Mon ton se fit froid, cassant. Mon visage se ferma, et mon rire se fit soupir. Comme si j'avais besoin de ça...

      « C'est une malheureuse hallucination auditive, hein ? Je n'ai pas entendu ça, Gweny. Ce n'est pas sorti de cette bouche que je scelle d'ordinaire d'un baiser, n'est-ce pas ? » Articulai-je tout doucement en choisissant chacun de mes mots avec soin.

    Mais non, je n'avais pas rêvé. Et loin de me contredire, elle soutint ces inepties, de cette voix qui n'avait plus rien de mélodieux à mes oreilles, mais dont les intonations se faisaient dures, râpeuses. Si bien que je dus changer le centre de gravité de mon poids du corps, penché vers elle, devenu instable, pour me redresser, m'éloigner quasi-imperceptiblement... J'avais le choix : me boucher les oreilles, tourner les talons et faire comme si je n'avais rien entendu, m'adoucir et la rassurer, mais non, moi il fallut que je choisisse de secouer prestement la tête, incrédule, et de monter sur mes grands chevaux. - Et pour le coup, pas de vaillant destrier blanc pour aller secourir la princesse hurlant à l'aide du haut de la tour au menu... -

      « … C'est ridicule ! Ri-di-cule ! Je ne te délaisse pas; je délaisse tout le monde, nuance. Donc, ce n'est pas contre toi ! » Rétorquai-je en tapant dans mes mains, loin de toute jovialité, mais plus manière de signifier : 'bon sang, c'est pourtant évident, je t'ai connu plus perspicace' !

    Depuis dix minutes on se baladait l'un l'autre, longeant le couloir de bout en bout à grandes enjambées se faisant de plus en plus rageuses. Quand ce n'était pas moi qui lui tournait le dos et elle qui tentait de me retenir, c'était moi qui la vexait et finissait par lui courir derrière ! Les tableaux, qui de temps à autres se plaisaient à commenter – « Joli coup, gamin ! » ; « Ouuuch, ça, j'aurais pas apprécié. » ou encore « Aïe aïe aïe, je veux la même tigresse dans mon cadre. » - commençaient à avoir des torticolis à force de suivre le match. Mais aucun de nous ne semblait prêt à cesser de renvoyer la balle, dans des coups de plus en plus déloyaux, des tons qui montent, en passant par des mots qui fâchent... Oui, nous étions bien sensés s'aimer à la folie, et après ? A cet instant précis, elle doutait de moi, et de cet Amour pourtant flagrant, non ? Alors, allez savoir ! … Allez comprendre ! Plongeant mon regard au fond du sien pour lui prouver l'étendu de ma sincérité, je fus décontenancé par ce que j'y trouvais. … Était-ce... De l'amertume ?

      « Oh non, ça suffit. Ne me regarde pas comme si c'était mon raisonnement à moi le plus ridicule, non, pas plus que le tien. » Ajoutai-je, bordant le tout de grands gestes irrités. « De toute façon, je l'ai dit en premier, alors j'ai le monopole du ridiculisme et puis c'est tout. » Conclus-je, de fort mauvaise foi, en croisant les bras – et évidemment, je savais parfaitement que le mot ridiculisme n'existait pas, mais allez plutôt dire ça à mon cerveau fortement agacé, voir ce qu'il en pense ! « Et je le répète : je ne suis pas ridicule ! »

    Oui, ridicule était le mot du jour, et c'était tout aussi ridicule de le balancer à tort à travers, mais que voulez-vous, la semaine avait mal commencé, très mal commencé, avec cette foutue visite des parents à Elderwood - Quoi de mieux pour un orphelin, hein ? - et au lieu de faire repartir le tout du bon pied en passant un moment privilégié avec ma bien aimée, je me sentais obligé de rendre l'atmosphère encore moins supportable et de la braquer ! Mais de la part d'un mec tordu, je ne devrais pourtant plus m'étonner de faire les choses de travers, après tout... Je lui tournais le dos, mes paumes pressant mes tempes, lorsque j'entendis ses pas s'enfuir dans la direction opposée. Et là, c'était le moment où j'étais sensé me retourner, la retenir, et ainsi de suite, le manège allait recommencer jusqu'à ce qu'elle finisse par entendre raison. Mais j'étais las de parler à un mur et de voir ricocher toute ma bonne volonté en vain. Et n'allais pas insinuer que j'utilisais de fausses excuses pour lâcher l'affaire dans le but de retourner m'apitoyer, ni que je choisissais la facilité. Elle se calmerait bien toute seule, et pouvait parfaitement se rendre compte sans moi du ridicule de toute cette histoire, non..? … Hein, Gweny, tu... Gwen ? Alors là, chapeau, belle mentalité ! … Figurez vous que le temps que je me décide, elle s'était vraiment tirée. o______o
    Plus loin, une porte claqua violemment, et instantanément, je partis à ses trousses. Pas préparé à me retrouver en plein milieu de l'hiver, je dus plaquer ma main en protection devant mes yeux, agressé par le vent glacial qui faisait tournoyer des gerbes de flocons naissants.

      « GWEN, ATTENDS ! » Hurlai-je, alors que ma belle s'extirpant de plus en plus à ma vue, je me mis à courir... dans la neige.

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« I screwed it up, sorry.
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Dernière édition par Eden C. Heylel le Sam 23 Jan - 18:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Mar 22 Déc - 15:42

      « Tu m'laisses tomber... »

    Quatre mots. Quatre malheureux mots de trop. La semaine avait été dure pour tous les élèves, pour diverses raisons, mais elles étaient toutes mêlées à un seul problème : les parents. Certains avaient redouté leur arrivée, souhaitaient faire bonne impression, montrer patte blanche le temps d'une journée pour ne recevoir aucun reproche en retour; tandis que d'autres s'étaient renfrognés rien qu'à l'idée d'accueillir leurs géniteurs dans cette école qu'ils déclaraient maintenant comme la leur, au bout de quelques mois passés dans cette île majestueuse -il fallait bien le dire. Deux réactions s'étaient opposés dans l'école : le calme et la panique. Et le jour J, Gwendolyn avait été bien étonnée des réactions et des visages sur lesquels celles-ci s'inscrivaient. Certains des plus fiers étudiants, d'habitude si dédaigneux, avaient arboré des sourires surfaits, accueillants leurs parents à bras ouverts. D'autres, de perfectionnistes et timides étudiants, avaient tenu tête à leurs visiteurs, s'affirmant plus qu'ils ne le faisaient avec leurs camarades. Eden, c'était tout autre chose. Voir des parents de tous autres horizons faire leur apparition ne l'avait sans doute pas ravi, et c'était en tout cas la raison que Gwen avait donné à son éloignement récent et à son caractère instable. Seulement voilà, Gwen aussi répugnaient à l'idée de voir des familles rassemblées, avec leurs problèmes familiaux basiques, ces adolescents qui s'affirmaient face à leurs parents, ou les plus matures qui les redoutaient encore. Ses parents à elle avaient envoyé Samuel la tuer, rien que ça. Alors des parents, elles n'en avaient plus. Et elle préférait de loin cette situation à celle qu'elle avait vécue jusqu'à il y avait quelques années, à savoir feindre la famille heureuse avec des personnes qui n'avaient rien à voir avec elle. Elle ne vivait pas trop mal cette situation, puisque sa famille, sa vraie famille, elle l'avait trouvée à Poudlard, et puis ici. Pour Eden, la situation était différente. Ce n'était pas lui qui avait décidé de la perte de ses parents; simplement la vie qui s'en était mêlée. Et Gwen le soutenait du mieux qu'elle le pouvait, même si tout celà restait sans doute bien caché. Malgré tout, la réunion parents professeurs avait fait bien des remous, et Eden s'était éloigné, renfermé, inquiétant une blondinette au passage.

      « Tu m'laisses tomber... »

    Elle n'aurait pas dû. Ou si, peut-être. Elle devait lui dire. Réaction spontané de l'autre côté, et bientôt la scène devenait théâtrale et fort interessante pour les portraits des couloirs, auxquels Gwen ne pût s'empêcher de sortir quelques insultes et autres remarques cinglantes. Se suivant alternativement, l'un cherchant à rattraper l'autre, ils s'approchaient dangeureusement de la sortie du bâtiment. Les choses étaient parties assez rapidement. Quel soulagement, il était comme ça avec tout le monde ! La bonne blague...

      « Oh non, ça suffit. Ne me regarde pas comme si c'était mon raisonnement à moi le plus ridicule, non, pas plus que le tien. De toute façon, je l'ai dit en premier, alors j'ai le monopole du ridiculisme et puis c'est tout. Et je le répète : je ne suis pas ridicule ! »

    En temps normal, elle aurait probablement souri. C'était bien son Eden. Et elle l'aimait par dessus tout. Mais là, en cet instant, c'était trop. Elle avait suivi son homme dans sa montée de colère, et elle serrait les dents, tandis qu'Eden tentait de lui démontrer que son raisonnement était le plus ridicule des deux. Alors, à son tour de repartir dans les couloirs, les poings serrés, avant de franchir la porte qui la mena à l'extérieur. Neige. Ah ouais, c'était vrai. C'était un détail qu'elle avait oublié, mais elle avait bien vu cette esquisse de tempête par sa fenêtre de dortoir à son réveil. Cloée avait même invité tout le dortoir à une bataille générale de boules de neige; c'était vrai. Détail oublié et vite remémoré. Evidemment, elle ne s'était pas attendue à devoir sortir, alors elle se contenta de réajuster son écharpe de coton et de croiser les bras sous sa poitrine, affrontant de face la violence des flocons. Quelle idée d'être si entêtée; elle continuait à marcher dans un froid presque paralysant, entendant à peine Eden lui hurler d'attendre. Ses pas faisaient crisser la neige sous ses pieds alors que le vent glacial lui faisait monter les larmes aux yeux.

      « QUOI ? » se retourna-t-elle brusquement en s'arrêtant. « Si tu veux me démontrer à quel point j'suis plus ridicule que toi, j'suis toute ouïe ! ». Elle attendit qu'il arrive à sa hauteur avant d'ajouter : « Vas-y, lache toi, au moins pendant ce temps j'pourrais pas dire que tu m'délaisses ! »

    Elle avait dit ces mots avec colère et agacement, hurlant à la fois pour qu'il l'entende et parce qu'elle était énervée. Bien heureusement pour eux, ils étaient les seuls -ou plutôt, elle était la seule, puisque c'était elle qui les avait menés là- à sortir par un temps pareil, et ils avaient à présent moins de public que dans les couloirs, tant au niveau des portraits qu'avec les élèves qui étaient passés non loin d'eux. Aurait-elle voulu être seule? Sans doute. Pour se calmer, pour ne pas dire de choses blessantes comme elle se savait capable de le faire. Pour relativiser, se dire qu'il n'allait pas forcément au mieux, et puis simplement retourer le voir, le serrer dans ses bras, lui dire qu'elle était là. Mais non, égoïstement, elle continuait à attiser le feu, dans un vent glacial, sans pouvoir reprendre le contrôle d'elle-même.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Sam 23 Jan - 19:16


    « Tu m'laisses tomber... » 5 syllabes et paf, Eden avait craqué. Nerveusement parlant. Quatre malheureux mots sortis de la mauvaise bouche et son calme, déjà ébranlé par ce regard bleu inquiet posé sur lui, s'effondrait. La dispute avait éclaté, d'autres mots malheureux c'en était suivi, son monologue agacé l'avait bien entendu desservi, et elle s'était enfuie. Comme ça, dans son dos, et faisant claquer la porte au passage ! C'était fairplay, ça, hein ? Fuir dans la neige, sans même prendre le temps de s'habiller en conséquence, et risquer d'attraper la mort ! C'était pour qu'il culpabilise d'être la cause de la pneumonie dont elle allait certainement écoper ? Non mais c'était complètement ridi... Absurde ! Il lui avait donc couru après pour lui faire entendre raison, malgré les flocons qui essayaient de s'infiltrer dans ses yeux, ses narines, et tous les orifices à leur porté car lui non plus n'avait évidemment pas de tenue pare-neige... --' Ben tiens, elle pourrait à son tour se féliciter d'être la cause de sa pneumonie à lui aussi, voilà qui était par-fait ! ><"

      « QUOI ? » S'écria-t-elle brusquement, s'arrêtant enfin. « Si tu veux me démontrer à quel point j'suis plus ridicule que toi, j'suis toute ouïe ! »

    Une main en visière, il continua d'avancer avec la ferme intention de la traîner à l'intérieur le plus rapidement possible, après quelques excuses pour son comportement minable -il l'avouait, elle avait sérieusement de quoi être en rogne, c'était tout à fait légitime. Il était idiot, il savait pas exprimer ses sentiments, disait n'importe quoi, s'enfonçait, et c'était pas près de changer ! Et y'avait autre chose qu'était irrémédiable : il l'aimait, par dessus tout ! Des flocons plein la bouche car il se prenait le vent en pleine face, il crachota avant de prendre la parole, mais fut coupé par Gwendolyn qui surenchérit, encore plus venimeuse. Toutes ses bonnes intentions s'envolèrent illico presto alors que ses sourcils s'arquaient.

      « Vas-y, lache toi, au moins pendant ce temps j'pourrais pas dire que tu m'délaisses ! »
      « Non, ça ira, je n'ai rien d'autre de ridicule à pointer du doigt.... Ah si ! Tu es sortie sans manteau, et il neige. Sans blaguer ! » Lâcha-t-il, cynique, rabattant sa capuche sur sa tête et croisant les bras, bougon.

    Génial. Avec ça, c'est sûr, elle allait le suivre à l'intérieur sans rechigner ! Et puis quoi encore, hein ? Y'avait autant d'chance que ça arrive qu'un dinosaure avec une guitare électrique surgisse des bois en chantant : "Je suis ton ami, et bien plus encore !" UU' Oui, autant de chance que ça. Le niveau de bornittude de Gwen, c'était quelque chose, hein ? =D Enfin... Trêve de plaisanteries mesquines.

      « Sinon, j'ai une super idée: on peut aller régler ça à l'intérieur ? Tu sais, dans un endroit sec, où je pourrais parler sans crier pour couvrir le bruit du vent hurlant à mes oreilles, et ne pas lutter pour ne pas être emporté par une bourrasque neigeuse... Ca te tente pas, non..? » Exposa-t-il, calme mais sur un ton fort exaspéré - et sûrement aussi exaspérant. « Bon, je dis pas non plus qu'à l'intérieur on va mieux s'entendre vu que tu sembles bornée à camper sur tes positions, mais sur ce point, ce serait s'obstiner puérilement que de me donner tort. » Conclut-il sans se démordre de son ton peu engageant dans la forme, même si son instance était quand même significative -oui, très bien cachée sous ses mots, ça disait : s'il te plaît, je veux pas que tu sois malade par ma faute mon amour. Vous aussi, vous trouvez que c'est le roi du cache cache son message ? uu'

    D'accord, ce serait sérieusement mentir de dire que les quelques piques glissées dans son discours étaient innocentes, mais n'étaient-elles pas justifiées après tout ? N'avait-il pas raison ? Parce qu'il avait TRÈS envie de l'entendre, même si c'était clairement rêver que d'espérer ce genre de miracle à l'instant...

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Mar 2 Fév - 17:25

    Gwendolyn? Chiante? Exagératrice? Exaspérante? Oui, un peu de tout celà en même temps. Gwen, c'était à la fois un concentré de bonne humeur et de sourires, et une demoiselle compliquée, suffisamment pour ne pas comprendre elle-même ses réactions. Bon, voilà. Le fait était que dernièrement, Eden l'avait un peu délaissée. Elle savait pourquoi. Elle savait tout aussi sûrement qu'elle voulait être là pour lui, juste être là, lui dire des choses réconfortantes, et puis arriver à lui faire oublier cette affaire de réunion parents-profs, même pendant quelques simples heures. Juste en lui racontant la dernière histoire drôle de Cloée, ou bien en se perdant dans tout Elderwood avec des rires desespérés et des appels au secours à qui voudrait les entendre. Ou encore, tout simplement, en se serrant contre lui avec un regard et un sourire remplis d'un amour infini. Mais non, égoïstement, comme d'habitude, elle n'avait eu pour seule idée concrète que de lui reprocher son éloignement. Un « tu m'laisses tomber » qui était devenu le départ d'une course poursuite alternée à l'intérieur du bâtiment, pour finalement finir à l'air frais et vivifiant d'un extérieur bien enneigé.

    C'était Gwendolyn qui était partie en avant cette fois-ci. Qui les avait fait sortir. Option non spécialement souhaitée, mais toléré -non sans quelques frissons. Ils s'étaient rapprochés de la sortie en se courant l'un après l'autre, allait-elle réellement faire demi tour et remonter les étages dans le sens inverse? Non. Donc : dehors. Et dommage, il neigeait. Et pas de ces gentils flocons innocents qui valsent dans l'air avec une douceur digne de petites plumes et de leur légèreté légendaire. Ce fut une petite surprise pour elle; oui elle avait vu qu'il neigeait, mais cette donnée avait carrément quitté son esprit. Alors ils étaient là, deux étudiants perdus parmi un tapis de neige qui recouvrait le parc d'Elderwood comme sur les cartes postales de voeux de fin d'année. Ou comme dans les boules de neige souvenirs que les moldus semblaient suffisament apprécier pour parfois en faire collection.

      « Non, ça ira, je n'ai rien d'autre de ridicule à pointer du doigt.... Ah si ! Tu es sortie sans manteau, et il neige. Sans blaguer ! »

    Voilà finalement, alors que Gwen avait finalement daigné s'arrêter, les laissant immobiles au milieu de bourrasques incessantes, que les échanges verbaux reprenaient. Il fallait admettre que sur ce point, il n'avait pas tort. Voire raison. Mais ça, elle ne pourrait pas l'admettre. Gwen, admettre ses erreurs? Bah vous avez de l'espoir. Alors elle répondit simplement du tac au tac, un très bref sourire ironique sur le visage :

      « J'te signale que tu m'as suivie, et t'as pas non plus l'air de porter la fourrure d'un ours polaire. Sans blaguer ! »

    Et puis il lui proposa de rentrer. Bon, dans le fond, il n'avait pas tort. Autant pour le moment-même, où ils devaient crier pour se faire entendre, que pour la promesse d'attraper la mort s'ils s'obstinaient à rester dehors. Bon, d'accord : si elle s'obstinait à rester dehors. Si elle devait prendre froid et être condamnée à grelotter, éternuer et avoir de la fièvre pendant trois jours, pour réussir à avoir le dernier mot, elle le ferait sans problème. Elle le regretterait peut-être par la suite, quand elle serait emmitoufflée dans des gros pulls tout sauf sayants, un paquet de mouchoirs continuellement en main et le visage caché sous une écharpe. Mais elle aurait eu raison. Ce qu'elle pourrait surtout se reprocher, ce serait que son Eden tombe malade par sa faute. Sur le coup, elle n'y pensait pas réellement, à tout celà.

      « Bon, je dis pas non plus qu'à l'intérieur on va mieux s'entendre vu que tu sembles bornée à camper sur tes positions, mais sur ce point, ce serait s'obstiner puérilement que de me donner tort. »

    Il avait bien raison sur ce point : être dehors, sous la neige, ou au chaud dans un bâtiment, ne changerait pas grand chose au fond de leur problème. Mais elle, bornée? Non, elle n'aimait juste pas qu'on s'obstine à la contredire. Encore moins qu'on lui dise qu'elle était ridicule. Qu'Il lui dise qu'elle l'était. Ce qu'elle attendait du moment? Elle ne le savait pas réellement. Peut-être à l'origine un besoin de se sentir necessitée et utile. Plutôt qu'à un éloignement, il préfère se confier à elle. Mais voilà, ils s'étaient emportés. Et pour des broutilles, je vous l'accorde. N'empêche que tout ce qu'elle retint de ce qu'avait dit Eden, c'était qu'elle campait sur ses positions. Dommage, il allait probablement devoir réargumenter un éventuel retour à l'intérieur.

      « Tu campes pas sur tes positions toi p'tete? Tu crois que c'est pour quoi qu'on s'retrouve dehors ? On a déjà visité tout l'bâtiment en s'courant après ! »

    Et tout ce qu'elle aurait aimé lui dire, c'était un « je t'aime, j'veux juste être là mon Amour ». Même si elle s'était emportée, même si elle grelottait, même si elle finit par nouer sa pitoyable écharpe en coton pour ne pas qu'elle s'envole avec les flocons, même si ses réponses étaient tout sauf délicates, c'était tout ce qu'elle aurait voulu lui dire dès le début. Et c'est ce qui semblait rester gelé dans son esprit, comme paralysé par les attaques du vent glacial.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Sam 13 Mar - 13:28


    Il ferma les yeux et retint son souffle. Ainsi, il pria pour qu'un petit rayon de soleil vienne à leur rescousse. Celui-ci ne se pointa pas. Ou s'il vint, il ne le vit pas. En fait, il ne pouvait presque plus rien voir. Un manteau de neige avait déjà tout recouvert. C'était à peine s'il distinguait la forme de la silhouette raide et les naseaux fumants de son amoureuse. Et encore heureux qu'elle n'était pas tout en blanc et que sa colère lui faisait hausser la voix ! Son ton aux accents cassants se perdait dans le souffle du vent. Et il entendait à peine ses propres réponses exaspérées fendre l'air. Si seulement un tout petit éclair de lucidité avait pu pointer le bout de son nez, peut être aurait-il compris qu'il lui suffisait d'aller la prendre dans ses bras pour mettre fin à tempête, au lieu de lancer des blagues vaseuses au quatre vents... S'il avait pu voir qu'elle tremblait comme une feuille à chaque assaut du blizzard; il n'aurait certainement pas pu résister.

      « J'te signale que tu m'as suivi, et t'as pas non plus l'air de porter la fourrure d'un ours polaire. Sans blaguer ! » Lui rétorqua-t-elle, hurlant de plus belle, lui renvoyant son ironie agaçante au visage.
      « C'est parce que j'ai prévu d'en tuer un sur la route. A mains nues. » Railla-t-il, un sourcil haussé, et ses bras effrontément croisés contre sa poitrine.

    Pourquoi autrement serait-il sorti par ce froid pour aller dans la foret, hein ? Pour tuer un ours et en tanner la peau pour s'en faire un manteau, après l'avoir au préalable éviscéré. Quoi de plus normal ? … Ah mais non, suis-je bête, c'était pour suivre sa petite amie dans un de ses éclats de folie qui les entrainait tous les deux dans le froid arctique vers une mort certaine. Évidemment ! Ou le froid les tuerait, ou un ours blanc s'en chargerait. Aussi simple que ça. A moins qu'ils ne finissent par s'étriper comme des grands... Mais pourquoi se donner tant de mal alors qu'on pouvait laisser la nature s'en charger ? Ses sourcils se froncèrent alors qu'il essayait de se rapprocher d'elle, sauf qu'elle s'obstinait à reculer. Maintenant qu'il avait rabattu sa capuche sur sa tête, il entendait encore moins bien ce qu'elle tempêtait. Et plus ils s'éloignaient de l'école, plus le froid les enveloppait. Il saisit quelques bribes colériques au passage, et s'empressa de répondre sur le même ton.

      « Faux, on a pas encore fait le grenier. Ca t'dirait pas d'faire un crochet par là bas avant de visiter l'extérieur ? » S'exclama-t-il, lançant là sa dernière tentative pour retourner au chaud. « Parce que si t'essaie d'nous tuer, c'est réussi. Je sais qu'c'est super romantique quand c'est du Shakespeare, mais personnellement j'ai pas envie d'crever aussi débilement. »

    Dernière tentative, autant dire dernier flop, car la phrase qu'il ajouta ne sonna pas comme il s'y attendait sans qu'il s'en rendit vraiment compte. Il avait juste un peu mal choisi ses mots, ce qui avait donné une phrase un peu malvenue, alors que son but premier était de signifier qu'il tenait trop à elle pour qu'elle meure. Sauf qu'en gros il avait dit quelque chose qui ressemblait plus à qu'il n'avait pas envie de mourir pour elle. Ce qui était foutrement faux, au passage. Il l'aurait suivi dans la mort sans hésiter une malheureuse seconde. Il espérait la voir revenir vers lui après ce dernier essai, mais eut juste le temps de la voir disparaître dans le blizzard. Apparemment, elle s'était mise à courir, pour qu'il perde sa trace aussi vite. Il perdit quelques secondes de plus à essayer de comprendre ce qu'il avait dit de mal pour obtenir une telle réaction, et finit par mettre sa fuite sur le compte d'une certaine fierté mal placée fortement décidée à lui tenir tête jusqu'au bout. Vous vous rappelez, son taux de bornittude, tout ça... HRM. Sans réfléchir plus longtemps, il partit comme une flèche à son tour, ses pieds s'enfonçant dans la neige plus profondément qu'il n'aurait cru. Durant leur vain argumentaire, elle s'était amoncelée à une vitesse perturbante. Et tandis qu'il courait en lui criant d'attendre, cette désagréable impression que tout lui échappait ne faisait que s'intensifier, à mesure que le vent floconneux, lui, cognant dans les arbres qu'il avait rejoint, se calmait. Même si la neige s'infiltrait quand même, il avait au moins gagné en visibilité... Manquait plus qu'un peu de lucidité, et peut être qu'alors, ils retrouveraient le droit chemin.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Lun 5 Avr - 0:24

    Le vent, la neige, le froid, tout ça, en fait, Gwendolyn et sûrement bien d'autres étudiants avaient pensé y échapper en débarquant sur cette île qui répondait au doux nom de Nameless. Ils rêvaient probablement d'une île paradisiaque, du genre longues plages de sable fin, de magnifiques soleils tous les jours de l'année, de parasols, de palmiers, d'odeurs de crème solaire, de bronzages parfaits et de température à faire crever tous les pingouins d'Arctique... Mais voilà, là, au contraire, les pingouins s'y plairaient très probablement. En réalité, si l'un d'eux passaient entre les deux ex-Poudlariens en ce moment-même, Gwen n'en serait pas étonnée. Elle ferait une pause dans ses réponses cinglantes, comme pour garder leur dispute privée et inconnue de l'animal, et puis ils auraient continué à se hurler dessus comme il le faisaient si bien depuis un moment. Toujours était-il que le vent soufflait, Gwen ne faisait plus que deviner la silhouette de son amoureux à pourtant quelques mètres seulement d'elle, et les flocons de neiges étaient assez sadiques pour s'infiltrer entre sa peau et ses maigres vêtements, n'arrangeant en rien les effets du blizzard. C'était comme si tous les ennemis météorologiques possibles en cette période de l'année s'étaient donnés rendez-vous ce jour précis, juste pour donner un peu plus d'intérêt à leur dispute. « Eh ben saloperie de météo, je t'emmerde » pensa la blonde avant qu'une bourrasque ne la surprenne et ne la sorte de ses pensées.

    « Ah, bah j'te laisse vaquer à tes occupations alors ! » lança-t-elle en commençant à nouveau à s'éloigner à reculons, comme pour ne pas perdre de vue le peu de repères qu'elle avait -quelle belle métaphore ça aurait pû faire, et quelle belle métaphore ça faisait depuis tout ce temps passé à ses côtés... mais là, c'était un détail technique, car ils étaient seulement tous les deux, perdus dans une neige accablante- pour finalement s'arrêter quand son chéri répondit à nouveau. « Non, on peut pas passer deux fois par le même endroit, sinan c'est pas drôle ! ». Les autres mots du brun fendirent l'air comme une lame aiguisée. Gwen se contenta de hausser les épaules -même si ce geste était sans doute méconaissable d'un frisson, lui-même indiscernable dans ce semblant de cryo-apocalypse. Alors que dans sa tête, il se passait plein de petites choses, notamment le début d'une entaille à laquelle elle repenserait après coup. « Ravie d'apprendre ton opinion là-dessus. » Cette fois elle n'avait pas hurlé pour se faire répondre, mais s'était contentée de répondre on ne peut plus sèchement. Elle se voyait déjà se réveiller en sursaut une nuit en se disant qu'elle n'était pas si importante pour lui, alors qu'elle serait prête à donner sa propre vie si celle d'Eden était de la partie. Mais bon, sur le moment, trop de choses s'accumulaient pour s'attarder sur ce point précis, et elle se précipita vers la zone plus calme de la forêt en trottinant dans l'épaisse couche de neige accumulée, qui, finalement, n'aurait sans doute pas plû aux pingouins, plutôt amis des banquises - la page de documentaire se cloturera sur ces quelques mots.

    D'un coup, l'ambiance en forêt était plus calme. Le vent ne s'abattait plus si fort sur son visage et les flocons se faisaient moins violents. C'était comme si ils avaient atteint un autre monde, plus calme, plus serein. De là, ils ne voyaient même plus les bâtiments de l'école. C'était une étendue d'arbre perdue au milieu d'une mer de neige sur laquelle s'abattait une quelconque vengence de Poséïdon. La couche de neige à terre diminuait d'épaisseur au fur et à mesure que l'on avançait entre les arbres, et Gwendolyn en profitait pour accélérer encore un peu la cadence. A quoi ça servait? Sans doute et même très probablement à que dalle, mais depuis l'innocent « tu m'laisses tomber », c'était la technique de laquelle ils avaient savamment usé pour se retrouver à cet endroit, glacés des pieds à la tête, criant pour parvenir à communiquer entre eux, à savoir pour se disputer dans les meilleures conditions possibles -parce que tant qu'à faire, autant entendre les paroles de l'autre. Bon, okay, si maintenant le seul abris potable qu'ils trouvaient n'étaient autre qu'une forêt et n'avait plus rien à voir avec un bâtiment confortable et chauffé au public accroché au mur sous forme de tableaux, c'était peut-être un brin de la faute de Gwen. Mais juste un chouïa. Alors qu'à l'origine, tout ce qu'elle voulait lui faire entendre, c'était qu'elle était là pour lui, qu'elle ne voulait pas le voir sans dessus dessous comme ces derniers jours. Eh bien, c'était raté. Pas très douée pour s'exprimer de ce côté là, notre Gwen. Alors qu'elle s'était un peu enfoncée en forêt, elle finit par s'arrêter et s'adossa contre un arbre, les bras croisés et serrés contre elle. Quelques instants plus tard, Eden la rejoignait.

      « La sonorisation est plus sympa ici... ». La demoiselle commençait à se calmer, sans doute grâce à la petite marche rapide qui l'avait amenée jusque là. « Et t'as moins de chances de mourir bêtement ici, t'en fais pas. Par contre, j'vois toujours pas de fourrure d'ours polaire... »

    Plus calme, mais cette phrase de trop, décidémment, lui restait en travers de la gorge. Maintenant, elle attendait des explications. Elle s'était calmée, il pouvait en faire autant. Parce que peut-être un peu calmée, mais toujours aussi bornée... Si vous voulez mon avis, je vous conseillerais d'apporter du petit bois et de commencer à préparer un feu, en prenant bien soin de faire quelques réserve de bois en prévision de la nuit à venir. Mais moi j'dis ça, j'dis rien.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Jeu 22 Avr - 21:03


    Un grésillement diffus avait remplacé la voix de sa belle qui lui parvenait par infimes bribes, avant qu'il ne finisse par ne plus rien discerner du tout. Il n'était même plus sûr que ses lèvres bougeaient, en fait, tant la visibilité était faible. Il avait ensuite battu des paupières avec un peu trop d'entrain, attaqué par un jet de flocons mesquin, et quand il avait ouvert les yeux, elle avait carrément disparu, et il était parti en courant vers l'avant par pur instinct. Comme s'ils avaient besoin de ça, hein. Que la tempête décide de sortir le jeu, rien que pour eux ! Merci beaucoup, Dame Nature. On ne t'en demandait pas tant ! Bien sûr, qu'il avait été le premier à souhaiter un hiver enneigé, pour avoir le plaisir de retomber en enfance en tirant la langue au ciel pour avaler les premiers flocons. Mais pas non plus un cataclysme ! Température : - 3000°. Et si seulement on pouvait ne prendre en compte que l'air ambiant pour la mesurer... Mais non, s'il faisait si froid, c'était en grande partie parce qu'ils avaient un iceberg autour du coeur. Leur Amour, là, tout de suite, il ne le sentait plus. Toute chaleur semblait annihilée. Et c'était sûrement ça qui lui faisait le plus peur, qui le faisait perdre pied. Qui lui avait fait dire tant de bêtises qu'il regrettait. Qui la faisait certainement fuir pour ne pas assister à ce massacre...
    Son taux de culpabilité creva soudain le plafond alors qu'il trouva enfin refuge dans la forêt, s'ébrouant comme un chien pour se débarrasser de la neige qui tentait de l'ensevelir. Ici, les flocons étaient moins denses, grâce aux mastodontes centenaires et leurs branches pourtant dénudées qui retenaient en grande partie la poudreuse, même si le vent, lui, ne cessait en rien ses assauts, n'ayant aucun mal à se faufiler entre les arbres. Un long frisson secoua sa colonne alors qu'il continuait d'avancer, luttant pour garder ses yeux le brûlant ouverts, vers sa belle dont les pas crissaient dans l'épaisse couche de neige à quelques dizaines de mètres de là. Essoufflée, il la rejoint en quelques enjambées alors qu'elle s'était enfin arrêtée à l'abri d'un arbre au tronc plus large que cinq fois sa taille fine. Il n'osa pas encore aller se poser à côté d'elle, restant en retrait de peur de la faire fuir à nouveau. Idiotie ? Ben voyons, c'était pas comme si on avait à faire à l'empereur des idiots.

      « La sonorisation est plus sympa ici... Et t'as moins de chances de mourir bêtement ici, t'en fais pas. Par contre, j'vois toujours pas de fourrure d'ours polaire... »

    Trop occupé à reprendre son souffle, il ne put que lever le pouce vers le haut en signe de réponse, expirant comme un bœuf et s'étouffant à moitié avec un flocon qu'il venait d'avaler. Pour ce qui était de crever bêtement, tout compte fait, il n'avait pas besoin d'un ours polaire. u___u

      « Merci de ménager mon coeur, à l'avenir... » Haleta-t-il en se retenant sur ses rotules, lui lançant un regard qui exprimait tout son épuisement.

    Ça ressemblait à une déclaration, hein ? Genre, « Tu me lacères le coeur avec tes piques, enterrons la hache de guerre mon amour. » Et ben... En fait... Comment dire... Non, quoi.

      « Je courais 2 minutes de plus, je m'écroulais. » Reprit-il en laissant échapper un profond soupir.

    Oui, vous aussi, lecteurs, vous pouvez soupirer devant tant de tact et de classe réunis. Et tout ceci dit sur un ton purement innocent sans se rendre compte de rien. Applaudissez donc. Il vous entendrait qu'il hausserait un sourcil, en vous demandant : « Bah quoi ? » ... D'ailleurs, il ne comprenait toujours pas pourtant sa référence à Shakespeare avait foiré, non plus. Que voulez-vous... Irrécupérable, ce gosse. Sa spécialité ? Creuser sa tombe tout seul. Et avec ses ongles.

      « Mais t'as raison pour la sonorisation, c'est mieux. La visibilité, aussi. ... Et j'aime pas trop cet air sur ton visage, là. » Remarqua-t-il, déglutissant à moitié.

    Et dire qu'il l'avait cru calmé ! C'était quoi, cet air ? Blasé ? Outré ? Exaspéré ? Le ton de sa voix lui avait pourtant paru apaisé, et ses gestes posés, un instant plus tôt. Pitié, faîtes qu'elle ne se remette pas à courir, grand Dieu... T___T

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Sam 24 Avr - 22:38

    Maintenant, la forêt les abritait. Du moins, contre le vent et cette saloperie de neige sournoise qui avait l'air loin de les abandonner. On aurait même dit qu'elle voulait être aux premières loges pour assister à la scène. Sauf que dommage, les hauts arbres de la forêt avaient fait leur apparition sur les planches. Et toc ! Maintenant, le mauvais climat qui régnait ne dépendait plus que des deux amoureux, et en cet instant, l'accalmie avait un petit air de science-fiction. Du genre dans un futur lointain, très lointain...

    Gwendolyn finit sa petite course contre un arbre choisi aléatoirement. Elle ne savait même pas par où elle avait pu passer et ne voyait plus réellement l'orée de la forêt. Les flocons étaient maintenant à la limite du dénombrable lorsqu'il passait par le filtre des arbres en hauteur, alors que le vent ne se faisait plus ressentir que par bribes glaciales. La jeune femme s'adossa contre l'arbre qu'elle avait choisi et croisa les bras sous sa poitrine, attendant son bien-aimé dont elle entendait les pas pressés non loin de là. Elle l'attendait? Oui, oui, elle l'attendait. Parce qu'elle avait bien l'option qui consistait à continuer à courir dans la forêt, mais elle n'en voyait guère l'intérêt. Sa petite course lui avait fait du bien, l'avait calmée. Peut-être pourraient-ils se reparler avec tact et amour. Peut-être. Mais c'était sans compter sur la délicatesse made in Eden dont le jeune homme fit preuve lorsqu'il arriva à ses côtés -pas trop près, remarqua-t-elle-, essoufflé comme un bœuf asthmatique. Visiblement, lui, sa course ne l'avait pas aidé. Et plus ils s'éloignaient des bâtiments en s'enfonçant dans le terrain hostile de la nature Namelessienne, plus Eden semblait camper sur ses positions. Alors que deux simples mots auraient suffis à l'un comme à l'autre, aucun des deux ne semblait capable de les dire. Peut-être parce chacun d'eux attendait, quelque part, que l'autre les dise. L'affaire aurait été close, tout simplement. Mais voilà, cette histoire n'était pas faite pour être simple, sinon ils n'auraient pas déjà revisité toute l'aile de laquelle ils étaient sortis un peu avant, sans compter le paysage enneigé digne d'une carte postale de station de ski qu'ils avaient traversé.

      « Merci de ménager mon cœur, à l'avenir... Je courais deux minutes de plus, je m'écroulais »

    Gwendolyn haussa un sourcil presque outré. A vrai dire, puisqu'elle semblait si susceptible qu'Eden était délicat dans ses paroles, je pense pouvoir dire que la combinaison des deux avait de quoi être marrante et sympathique à regarder. De l'extérieur. Sinon, le fait est que les deux protagonistes avaient plutôt intérêt à être fort en jogging. Ce qui, visiblement, n'était pas le cas d'Eden, que Gwen aurait bien pris dans ses bras et aurait serré contre son corps au petit gabarit, si ces paroles n'avaient pas sonné comme une surenchère de tout ce qui s'était dit auparavant. Malheureusement, peut-être avait-il mal choisi son moment. Tout comme elle avait mal choisi la technique de la course à la fuite, mais on avait à faire à Gwen, qui n'était pas réellement réfléchie. Malheureusement, les deux se complétant, on se retrouvait là, maintenant, dans un calme presque inquiétant tellement il contrastait avec le bruit que faisait le vent en dehors de la forêt, là où ils étaient encore quelques instants auparavant, hurlant pour couvrir le bruit de la tempêche afin de s'entendre.

      « Mais t'as raison pour la sonorisation, c'est mieux. La visibilité, aussi. ... Et j'aime pas trop cet air sur ton visage, là. »

    L'air sur son visage changea encore un peu, et si le froid n'avait pas déjà rougi ses joues depuis qu'elle les avait puérilement entrainés dehors, la colère s'en serait chargé. Son air? Qu'est-ce qu'il avait son air? Et celui-là, il le préférait, peut-être? Il avait plutôt intérêt parce qu'elle n'était pas vraiment prête à le remplacer par un sourire de Krusty...

      « Tu voudrais pas un catalogue avec les différents airs disponibles non plus? Désolée, pour l'instant j'ai que c'ui là en magasin, rupture de stock ! »

    Se calmer, se calmer... Point positif? Ils étaient d'accord sur deux points : la sonorisation comme la visibilité étaient bien meilleures ici, sous l'ombre rassurante des arbres enneigés. Donc, reprenons... Se calmer... Non, elle n'allait pas se remettre à courir. Il y a une minute encore, elle se disait bien que ça menait nulle part, non? Et si leur dernière course avait contribué à congédier l'espace d'un instant le petit nuage noir qui gambadait au-dessus de la tête de Gwen, c'était loin d'avoir été le cas chez Eden, qui, à bout de souffle, la regardait d'un air accusateur. Quoi, elle? Mais elle y était pour rien. C'était lui qui avait commencé. Comment ça, elle était définitivement puérile? C'était lui qui avait commencé en la délaissant, point barre. Mais comme elle l'avait dit quand le froid venait à peine de les saisir alors qu'ils venaient de quitter le bâtiment, au moins, maintenant, elle ne pourrait pas se plaindre qu'il ne lui prêtait aucune attention. Il l'avait suivie dans la neige, tout de même ! Et au pas de course, s'il vous plaît ! Mais c'était sa faute à lui s'ils en étaient là. Oui oui oui. Il avait ses raisons? Peut-être. Mais bordel, elle était là pour lui depuis le début ! ... Alors, fuir ou ne pas fuir? Telle était la question ! Elle tirait une tronche de dix pieds de long en fixant celui qu'elle aimait, mais dans la situation présente, elle se disait que la fuite n'était plus réellement l'option adéquate. Les reproches fuseraient encore, et la fuite pourrait alors être une option à nouveau, et ainsi de suite. Et ils devraient retrouver le couple sur deux embarcations différentes qui quittaient l'île à la rame. Conclusion : elle ne bougeait plus. Un sourcil arqué, un regard noir et les joues rougies par le froid / la colère.

      « Bon crève pas, ce serait vraiment débile comme circonstances, hein? »

    Bon, traduction : j'espère que ça ira mon Amour. Désolée de t'avoir fait courir alors que l'air est aussi tranchant que des lames de rasoir (mais bon, c'est un peu toi qui a commencé quand même!). Au moins, elle prenait racine au pied de son centenaire d'arbre. Oui, ça faisait bien deux heures qu'elle n'était pas restée immobile autant de minutes d'affilée. Peut-être qu'Eden oserait s'approcher. Peut-être que malgré l'énervement de Gwen, quelque chose de plus persuasif leur tomberait dessus maintenant. Genre une tornade qui aurait commencé à dévaster la forêt un peu plus loin. Ca, ça aurait peut-être pû les ramener au bâtiment.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Mer 7 Juil - 15:06


    Lui qui voulait reprendre son souffle après lui avoir couru après comme un dératé eut le souffle littéralement coupé par tant de... froideur. Comme s'ils n'en avaient pas assez avec la neige ! Quoi que sa colère enflammé aurait pu la faire fondre. En tous cas, elle avait au moins le mérite de réchauffer ses joues !

      « Tu voudrais pas un catalogue avec les différents airs disponibles non plus? Désolée, pour l'instant j'ai que c'ui là en magasin, rupture de stock ! »

    Eden haussa un sourcil agacé en la regardant, bouche grande ouverte, avant de croiser ses bras derrière sa tête et de jurer dans sa barbe, ne trouvant rien à répondre à cette ultime provocation à part qu'il commençait sérieusement à perdre patience, à en avoir par dessus la tête de ses réflexions, et qu'il allait finir par la laisser crever ici si elle continuait à le tabasser oralement. Jamais il n'avait été violent avec elle, ou ne serait-ce qu'haussé le ton, avant. Mais là il avait envie de lui hurler dessus et devait faire d'immense effort pour contenir son impulsivité qui l'avait tant de fois conduit en retenue. Sa Gwen avait ce don de le calmer, de l'apaiser, dans la tourmente. Mais là, elle ne faisait qu'enflammer ses nerfs, et sa tête fourmillait de réponses scandaleuses qui manquaient de s'échapper de ses lèves à chaque inspiration, si bien qu'il finit par s'empêcher de respirer pour ne pas risquer un mot de plus qu'il regretterait.

      « Bon crève pas, ce serait vraiment débile comme circonstances, hein? »
      « OUI ! Tu as raison ! Ça y est, tu es contente ? Tu as raison sur toute la ligne ! Je ne suis qu'un pauvre idiot, qui t'a écarté de sa vie pendant des jours pour ne pas te rendre malheureuse, et qui t'a rendu encore plus malheureuse ! OUI, tout est de ma faute. Si on est comme des cons à se crier dessus sous la neige, parce que je n'sais pas m'exprimer, si tu m'en veux parce que je me conduit comme un parfait naze, et tu as tout à fait le droit de me détester pour ça ! De ne plus avoir envie de m'voir... De me... qu... me... »

    RIDICULE. Vous l'attendiez, hein, le mot du jour ! Il pétait les plombs, clairement. C'était bien ce qu'elle voulait, non ? C'était bien ça qu'elle essayait de lui dire ? Qu'elle en avait marre de lui, qu'elle voulait le... Il n'arrivait même pas à le dire ! Mais pourtant, à cet instant, ça lui semblait si évident... Elle voulait...

      « Me... quitter. »

    A l'instant où le mot dépassa ses lèvres, il y eut comme un craquement. Mais détrompez-vous, ce n'était pas son coeur qui se brisait qui faisait tant de bruit, même si on aurait pu le penser, ce fut une branche d'arbre cédant sous le poids de la neige qui s'effondra sur son crane. Et celui-ci, comme son palpitant, était certainement lui aussi fissuré vu la douleur qui irradia dans sa tête. Complètement assommé, il chancela avant de s'échouer lourdement dans la neige qui amortit sa chute. C'était la punition divine pour avoir maltraité le coeur de sa belle Gwendolyn. Aussi douloureuse que méritée..! Alors que sa vue se troublait -oui, il voyait 36 chandelles, le pauvre- le froid commença à s'infiltrer au travers de ses vêtements, s'emparant de tout son corps. Malgré que ça aidait à faire passer la douleur, grelotter n'était d'aucun secours, et le moindre tremblement lui arrachait des plaintes... Allo Gwenou bobo... T-T

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Dernière édition par Eden C. Heylel le Sam 21 Aoû - 15:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Ven 9 Juil - 11:35

    Les yeux emplis d'une rage bouillonnante, la blondinette fixait Eden, les bras croisés sous sa poitrine, subissant le doux méli-mélo qui se formait dans sa tête, un mélange irrationnel de colère, de résignation, de volonté de rester calme et quelque part... d'amour. Oui, quand même. Après tout, il était la raison qui les avait menés ici. Peut-être que Gwendolyn l'aimait trop, à en l'étouffer. Tellement qu'elle souhaitait être avec lui à chaque moment, même s'il était d'humeur morose -après tout, ne lui faisait-elle pas subir ses sautes d'humeur depuis si longtemps?-, et peut-être même encore plus dans ces moments-là, pour le serrer contre elle et lui dire que tout irait bien, qu'elle était là pour lui, et toutes ces phrases qui peuvent paraître si ridicules et clichées si on ne cherche pas à connaitre l'exacte source des maux. Mais voyez-vous, elle ne s'en rendrait pas compte de si tôt qu'elle l'étouffait avec son amour démesuré, trop aveuglée par cette sensation qui avait tous les droits sur son petit cœur.

      « OUI ! Tu as raison ! Ça y est, tu es contente ? Tu as raison sur toute la ligne ! »

    Si elle avait la délicate idée de déformer un peu ces phrases aux airs assassins et qu'elle mettait entre parenthèses le ton qu'Eden avait utilisé, Gwendolyn aurait pu savourer une petite victoire et partir déposer un baiser de réconciliation sur les lèvres de son bien-aimé. Malheureusement, et pour l'un, et pour l'autre, il n'était pas plus calme que l'ex-Poufsouffle, et se fit plus attaquant encore dans les paroles qui suivirent. Et Gwendolyn, comment réagissait-elle face à cela? Eh bien figurez-vous que toute rage disparaissait en décrescendo, remplacée par un sentiment d'incompréhension. C'était donc ce qu'il pensait? C'était donc tout ce pour quoi il l'avait tenu à l'écart ces quelques jours? Et surtout... pensait-il réellement que leur petite course à pied ponctuée de crises et de phrases venimeuses n'était qu'une introduction à un abandon? « Me … quitter. » Deux mots qui raisonnèrent dans l'esprit de Gwendolyn, ponctuant les quelques phrases d'un Eden au bout du rouleau, démontrant l'importance et la gravité du moment. Jamais ils n'étaient arrivés à hausser le ton de la sorte, et jamais ils n'avaient même qu'évoqué l'éventualité d'une rupture. Qu'il le fasse à ce moment là fit apparaître une sensation de nœuds entremêlés dans son ventre. Elle fronça les sourcils, la bouche ouverte alors qu'aucun son ne semblait arriver à franchir la barrière de ses lèvres. Jusqu'à un :

      « Mais t'es bête! »

    Elle regretta vivement que ce soit cette exclamation spontanée -dont, bien entendu, elle ne pensait pas un mot- qui ait trouvé le plus d'affinité avec ses cordes vocales. Elle passa sa main dans ses cheveux blonds trempés, cherchant quels termes employer, que dire pour lui prouver que tout cela était faux, et qu'elle n'avait que trop mal montré les raisons qui l'avaient poussée à lui faire subir une telle scène. Mais oui, pour une des premières fois, en direct live, Gwendolyn Hughes avait perdu ses mots et se retrouvait bête devant la seule personne à qui elle aurait pourtant tant à dire.

      « Je... Tu... »

    Un craquement sinistre la fit lever la tête vers l'obscurité de la canopée. L'inutilité du geste paraissait flagrante étant donnée la perceptibilité quasiment inexistante des hauteurs. Cependant, quand la lourde branche entra dans son champ de vision, Gwendolyn vécut la scène un peu comme au ralenti, comme dans ces films moldus auxquels Cloée avait déjà tenté de l'initier maintes et maintes fois. Et cette fois, elle comprit pourquoi ces crétins de héros ne bougeaient pas quand une menace se profilait : c'était parce qu'ils étaient pétrifiés par l'inexorable, tout simplement. Tout comme elle regarda le lourd morceau de bois tomber sur le crâne du beau brun, et finir à terre, fier, comme s'il avait achevé là son destin. C'est là que les muscles de Gwendolyn se remirent à obéir aux messages de son système nerveux, alors qu'elle leur ordonna de courir auprès d'Eden qui, sonné, tomba à terre. La première chose qu'elle fit, arrivée à ses côtés, fut d'une inutilité à défier le regard qu'elle avait eu pour l'invisible quelques secondes plus tôt : elle épousseta doucement Eden de tout flocon de neige perceptible, les sourcils froncés et le regard désolé, partant de l'intention pourtant louable de lui éviter de prendre froid.

      « Tu sais que j'suis une vraie chieuse avec ceux que j'déteste, mais t'as pas de chance... toi c'est encore pire, je t'aime. » répondit-elle alors finalement, plongeant son regard bleu un instant dans celui de son amoureux, avant de reporter son attention sur les flocons.

    Elle finit, avec une précaution extrême, par passer sa main dans les cheveux de son Eden, virant trois flocons de neige à tout casser, qui n'avaient pas encore réussi à fondre dans les mèches déjà trempées.

      « Ca va? T'es pas encore entré dans le monde de Clo'? Si tu vois une licorne rose fluo c'est pas bon signe ! »

    Elle marqua une pause, elle-même étonnée de réussir à faire de l'humour, mais aussi et surtout incroyablement inquiète et envahie d'un sentiment de culpabilité. S'il était là, allongé par terre, dans la neige, à la limite du conscient, c'était de sa faute à elle, et elle était la seule à blâmer. C'était elle qui lui en faisait voir de toutes les couleurs depuis un moment déjà, c'était elle qui l'avait fait sortir d'un intérieur plus agréable à visiter et surtout, sans branches menaçantes. C'était elle qui avait arrêté leur course à cette endroit précis, et c'était elle qui n'avait pas su bouger quand elle avait entendu le craquement du bois qui ne présageait rien de bon. Tout ça, c'était sa faute. Et en cet instant, elle se sentait de trop, inutile et incroyablement coupable. Et le fait était que non, elle n'était ni médecin, ni infirmière. Pas plus qu'elle n'avait la moindre notion de premiers soins. Et par sa faute, ils étaient perdus au milieu d'une forêt qui, d'un coup, n'avait plus l'air aussi rassurante et protectrice qu'elle l'avait d'abord eu lorsqu'elle les avait abrités des bourrasques glaçantes de vent enneigé. Et qui dit perdus au milieu de la forêt du père Noël, dit impossibilité d'appeler un médecin. C'était donc entre eux deux, les arbres, les flocons de neige, et la branche aux mauvaises intentions. Gwendolyn se laissa tomber sur les genoux, dans la neige, à côté d'Eden, et le regarda, inquiète, désolée, et même mille fois plus que ça.

      « Ça va? J'ai combien de doigts? Tu me vois? Tu sais où t'es? Tu vois qui j'suis? J'devrais peut-être aller chercher quelqu'un, non? »

    Elle n'avait pas vraiment songé à associer gestes et paroles, et donc à réellement montrer un nombre déterminé de doigts au jeune homme, laissant une main se balader dans les cheveux sombres et trempés de l'ancien Gryffondor, l'autre posée par terre, dans une neige qui colorait sa peau en d'étranges tons violacées. Elle n'avait donc pas levé de main pour qu'il puisse répondre à sa question idiote, pas plus qu'elle n'avait commencé à se lever pour partir chercher de l'aide, attendant des réponses, attendant d'être rassurée -elle comptait, bien malgré elle, sur le fait que son inquiétude n'ait pas de quoi être justifiée. Cependant, et brusquement, elle dénoua l'écharpe en coton enroulée autour de son cou, et la déposa autour de celui d'Eden, n'osant pas réellement le toucher de peur de réveiller des douleurs ou, comme certains médecins des séries moldues proposées par Cloée l'auraient dit à cet instant, pour ne pas prendre le risque d'aggraver ce que le morceau de bois avait commencé -car oui, c'étaient là ses seules notions de premiers secours. Merci la p'tite fée. Quittant le visage d'Eden de vue quelques instants, Gwendolyn chercha, paniquée, n'importe quoi, autour d'elle, qui aurait pu les aider. N'importe quoi qui aurait pu lui donner une idée, une toute petite idée... Et ce n'importe quoi s'avéra être un rien. Mis à part des arbres, une couche de neige non négligeable, des branches -dont LA branche-, ils étaient entourés de... rien. Comme quoi, Eden avait raison. Elle aurait au moins pu avoir la décence de lui faire sa scène exclusivement dans le bâtiment.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Lun 23 Aoû - 13:24


    S'il était bête ? Franchement, t'y vas light sur ce coup, jolie Gwendolyn. Si on prenait le présent employé dans cette phrase comme un présent de situation et non de vérité générale - parce que non monsieur n'était pas toujours aussi con qu'aujourd'hui quand même - c'était rien de le dire qu'il était bête, ouais ! D'une bêtise monumentale ! Déjà, parce qu'à la base, si on rembobine ce petit épisode trivial, rappelez-vous de ce qui avait déclenché toute cette dispute magistrale : le fait que Gwendolyn doute de lui. Et là, que faisait-il justement ce grand dadais à demi frigorifié ? Il doutait d'elle. Et surtout de son amour. Il lui avait reproché d'avoir dit qu'il la délaissait, c'en était senti vexé, pire, il avait cru que sa confiance en lui avait chuté, qu'elle ne croyait plus à ce "toujours" qui bordait leurs "je t'aime" ! Et lui, maintenant, il en venait à dire qu'elle voulait le laisser, le quitter ! Belle progression. Joli comique de répétition, avouez. Une pièce de théâtre du genre aurait sensation. Sauf que là, c'était réel, et c'est ce léger détail qui changeait tout. Parce que non, en vrai, ce n'était pas drôle du tout. Mais puisqu'ils semblaient doués dans le comique de répétitions, là, en toute logique, elle allait se remettre à courir, non ? Et ils allaient explorer tous les bois, pour changer après avoir parcouru tout l'institut. Puis, de nouveau, ils en seraient au même point, à se déchirer pour des cacahuètes. Faut dire qu'ils étaient les champions pour avancer à reculons...
    Mais non. Rien ne se répéta. Et peut être aurait-il mieux valu au fond que cette tragicomédie vire à l'histoire sans fin. Parce que quand tout bascula, ce fut douloureux. Très douloureux. Des nœuds dans l'estomac pour une Gwendolyn qui perd ses mots, et une branche kamikaze en plein sur le crâne du joli cœur excédé. Et on pouvait dire que ça faisait mal. Mal de réaliser qu'ils avaient failli se perdre et avait eu besoin d'un crâne à moitié fêlé pour se rendre compte qu'ils s'aimaient.

    Eden était assommé, dans tous les sens du terme. Sa tête avait pris cher, mais ça, c'était bien secondaire, car c'était surtout son coeur qui avait souffert, pour le coup. Affalé dans la neige, yeux clos, un sourire triste se fendit sur son visage douloureux. Il se surprit à penser qu'il aurait aimé être couché là pour faire rire sa muse en creusant un ange de ses bras immenses, sauf que ses bras ne bougeaient pas, mais là n'était pas la plus grosse ombre au tableau. Sa Gwendolyn ne riait pas, non plus. Et ça, ça lui fendait le coeur. Il l'avait entendu se précipiter vers lui pour jouer les guérisseuses de fortune, et se força à ouvrir les yeux. Et enfin, ENFIN, la lumière se fit. Elle était belle, penchée sur lui, paniquée, cherchant les bons mots car ils en avaient déjà trop prononcés à la va-vite. Comment douter du fait qu'elle l'aimait profondément à cet instant précis ? Bordel Eden, ce que tu peux être bête des fois ! Scandaleusement bête, comme ta Gwendolyn l'avait dit avec tant de justesse. Et de nouveau, elle eut les mots justes :

      « Tu sais que j'suis une vraie chieuse avec ceux que j'déteste, mais t'as pas de chance... toi c'est encore pire, je t'aime. »

    Il se repassa dans sa tête trois fois sa phrase pour en savourer chaque syllabe. Son amour n'était plus seulement visible à outrance, mais à présent clairement audible, dans le plus infime tremblement de sa voix. Les idées remises en place, Eden laissa ses paupières retomber de soulagement. Eh, et même dans le noir, il le sentait encore, son amour ! Si c'était pas magnifique ça !

      « Ca va? T'es pas encore entré dans le monde de Clo'? Si tu vois une licorne rose fluo c'est pas bon signe ! »

    Un semblant de rire remonta dans sa gorge alors qu'il essayait vaguement de marmonner que ça allait sans grand succès, trop abasourdi par tout ce qui venait de se passer pour y parvenir réellement. Il était encore niais d'avoir enfin réalisé qu'elle l'aimait encore après avoir craint la perdre définitivement et surtout toujours sonné du coup reçu en pleine poire. Cela faisait beaucoup d'un coup pour son pauvre petit coeur et sa pauvre petite tête. Il avait besoin de repos. A présent serein, il se sentit d'ailleurs comme sur le point de s'endormir, tellement il se sentait mou, engourdi, comme dans un coton... Ce qui força sa blonde à reposer sa question avec plus d'insistance.

      « Ça va? J'ai combien de doigts? Tu me vois? Tu sais où t'es? Tu vois qui j'suis? J'devrais peut-être aller chercher quelqu'un, non? »

    Trop d'pressiiiion ! Elle avait déblatéré trop d'questions à la seconde pour qu'il arrive à tout saisir, et surtout à toutes ses les rappeler pour y répondre alors qu'il était aux portes du sommeil. C'est pourquoi il plissa les yeux en essayant de se concentrer pour rassembler toutes ses forces à disposition et réussir à rassurer la voix de plus en plus paniquée de son amoureuse. Eden papillonnait des yeux lorsqu'une écharpe lui tomba dessus. Écharpe qui aurait dû se trouver autour du cou de sa chérie et non du sien, qui devait à présent subir les assauts du froid par sa faute ! Détail qui le poussa à protester.

      « Eh, non, garde la, t'en as plus besoin que moi... » Lança-t-il en essayant de la lui rendre, tendant le bras vers elle. « En plus, tu sais bien que ce n'est pas ma couleur... » Glissa-t-il avec un sourire en coin.


    Puis, pour paraître plus persuasif, il essaya de se relever sur un coude avant de plaquer une main sur son front en grimaçant, se laissant retomber sur les genoux de Gwendolyn. Le monde tanguait encore un peu trop à son goût. Mais il faisait de nouveau de l'humour, ce qui était très bon signe !

      « Ça va, j't'assure. On dirait juste qu'un marteau piqueur s'éclate dans ma tête. Normalus. » Marmonna-t-il en touchant du bout des doigts son crâne douloureux.

    Une belle proéminence s'était formée sur le haut de sa tête, la peau légèrement à vif. Un peu de sang suintait de son cuir chevelu abîmé. Rien de bien méchant, en somme. C'était surtout le froid qui était dangereux. Même s'il ne s'en rendait pas encore bien compte, il sentait à peine ses extrémités, doigts, orteils et oreilles comprises.

      « Pourquoi aller chercher quelqu'un ? On est pas bien là, tous les deux ? » Ironisa-t-il en soulignant le tout d'un clin d'oeil espiègle. « Si on occulte le fait que cette situation est ridicule, limite à se croire dans une mauvaise série b, tu sais, avec le héros en train d'agoniser dans les bras de sa copine... Je trouve qu'on est bien, là. Sauf que j'agonise pas, hein, je fais juste semblant pour profiter de tes genoux encore un peu... » Souligna-t-il en se mordant la langue, tout fier de lui, avant de reprendre sur un ton plus doux et sérieux. « En fait, on leur ressemble plus qu'il n'y parait à ces acteurs de série b. Nous aussi, nous sommes ridicules. Je sais, je l'ai déjà dit, mais j'avais oublié un détail... Nous sommes ridicules, oui. Ridiculement amoureux l'un de l'autre. »

    Ses doigts allèrent s'entremêler dans ceux de Gwendolyn, alors que son regard bleu la regardait d'en bas. Pour un cours instant, la tempête avait complètement cessé. Mais en fait, ces gaillards là n'avaient jamais contrôlé les éléments, ça, s'était bon pour les élèves d'Anupam ! Et après cette courte accalmie, le vent se remit à hurler de plus belles, soulevant d'imposante masse de neige tourbillonnant autour d'eux...

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« I screwed it up, sorry.
I'm a mess. »


Dernière édition par Eden C. Heylel le Ven 24 Sep - 11:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Lun 13 Sep - 20:20

    Comme si elle pouvait le quitter ! Comme si elle voulait le quitter ! Comme si ça relevait du logique, du possible...! Comme si à présent, elle pouvait simplement imaginer sa vie sans lui... Ça aurait été comme si la vie jouait avec elle, lui faisant vivre la plus belle chose qui pouvait lui arriver avant de la lui retirer sous le nez. Puisque c'était un fait, depuis le début, il l'avait changée. Ces années l'avaient fait changer de perspective sur la vie, mais avant toute chose, elles lui avaient permis de se rendre compte que durant tout ce temps, c'était de lui dont elle manquait; c'était de sa moitié dont elle avait toujours eu besoin. Une moitié que Cloée, malgré leur amitié unique, n'était pas. Que Roxane n'avait pas été non plus. Et maintenant qu'il faisait partie de sa vie, c'était comme si elle l'avait toujours connu, comme si elle l'avait toujours aimé. Parce que tout ça était impossible à expliquer par de simples mots, elle n'avait jamais essayé de le faire -à qui le ferait-elle? Eden avait chamboulé son cœur dès qu'il était entré dans sa vie, il avait su la changer d'une manière qu'elle n'avait jamais osé espérer. Tout ce qu'il lui avait apporté ne pouvait venir que de lui, et là était l'évidence. Et la vie de Gwendolyn pouvait se découper en trois parties, comme on pourrait le faire sur une frise chronologique. Il y avait le passé, révolu, celui qu'elle s'efforçait d'oublier, celui qui concernait sa famille, sur les côtes de Plymouth. Cette période s'entrecoupait avec ses débuts à Poudlard, sa rencontre avec Cloée, et s'achevait ce fameux soir où tout était arrivé, où elle était devenue quelqu'un qu'elle aurait souhaité ne jamais être. Et puis, il y avait eu Eden. Ce trait au milieu de la frise chronologique de la vie de notre blonde, c'était son amoureux. Celui qui avait marqué le début d'une nouvelle ère. Qui était apparu sans qu'elle l'attende, alors qu'elle n'espérait de la vie que quelques belles amitiés et aucun avenir tracé. Elle avait besoin de lui, et elle en aurait toujours besoin. Il était aujourd'hui un pilier évident; et s'il s'écroulait, elle ne donnait pas cher de sa peau. Elle se reposait dessus, peut-être un peu trop, peut-être au point de l'étouffer, comme cette course-poursuite en était d'ailleurs l'illustration parfaite. Alors lorsqu'il avait parlé, lorsque ces deux mots avaient quitté ses lèvres, Gwendolyn avait cligné des yeux, comme si elle venait de se prendre une gifle monumentale en plein visage. « Me … quitter. » Deux mots qu'elle n'avait jamais imaginés passer la frontière des lèvres qu'elle aimait tant embrasser, mais qui s'étaient immiscés d'un coup dans la conversation, laissant une Gwendolyn muette de stupéfaction. Quelques secondes plus tard, Dame Nature s'était liée à Dame Malchance pour leur jouer un autre mauvais tour : une branche était magistralement tombée des hauteurs, ne manquant aucunement une des deux cibles amusantes -puisque mouvantes- qui se trouvaient là, à savoir, Eden.

    Et si Dame Nature avait continué à faire son travail, tout avait chaviré en dessous des hauts arbres enneigés. Les paroles énervées et excédées avaient brutalement finit de fuser, laissant place à tendresse et amour inquiet. Parce qu'ils avaient beau se disputer depuis quelques heures, se suivre sous les houleux coups de vent auxquels s'étaient mêlés flocons de neige, c'était avant tout parce qu'ils s'aimaient qu'ils étaient là. Et maintenant, Eden était au sol, Gwendolyn à ses côtés, inquiète et paniquée. Il avait l'air de partir loin... tout en tentant de lui faire comprendre que tout allait bien. Vive l'ironie, n'est-ce pas? Ça n'allait pas, il n'allait pas bien ! Il était allongé sur le dos, au bord de l'inconscience, sur le petit tapis de neige que les arbres avaient laissé filtrer, mais tout allait bien. Évident ! Alors, sans doute pour se rassurer, elle parlait, posait des questions probablement inutiles, cherchant simplement à retenir l'attention du beau brun, histoire qu'il ne ferme pas les yeux trop longtemps. Tout ce qu'elle faisait en cet instant était d'une inutilité incroyable; et le pire c'était sans doute qu'elle s'en rendait compte mais qu'elle n'arrêtait rien pour autant. Parce que c'est tout ce à quoi elle pouvait réfléchir, et c'était tout ce qu'elle se sentait capable de faire dans l'instant. A savoir : parler, virer quelques flocons, et lui poser une écharpe autour du cou. Voilà le super kit de premiers soins de Gwendolyn.

      « Eh, non, garde la, t'en as plus besoin que moi... En plus, tu sais bien que ce n'est pas ma couleur... » Gwendolyn fronça un sourcil sévère en retenant le bras que tendait Eden vers elle pour lui rendre son écharpe. « Franchement, tu verrais ta tête, tu dirais pas la même chose mon amour. Couleur ou pas, soit tu la gardes, soit je t'étouffe avec des pommes de pin. »

    Le ton était sérieux et angoissé, presque autoritaire, et elle haussa les sourcils en signe d'interrogation, histoire de vérifier qu'il allait bien dans son sens. C'était de sa faute à elle s'il était allongé là, dans la neige, sonné; et elle comptait bien revivre d'autres moments plus douillets à l'intérieur de l'école ou à Londres pendant l'été -oui, en cet instant c'était tout ce qui était thermiquement positif qui s'imposait dans ses pensées. Rien n'était destiné à s'arrêter ce soir : ni leur relation, ni la vie de son cher et tendre. Et elle comptait bien forcer un peu le destin pour que tout se passe le mieux possible. Elle continuait à délicatement passer sa main dans les cheveux d'Eden, se rendant pourtant bien compte qu'il n'y avait plus de flocons à en déloger. Quelques gouttelettes de sang perlaient ça et là, alors elle tentait de rendre chacun de ses gestes doux et protecteur, puisque c'est tout ce qu'elle arrivait à faire sur le moment. Elle voulait être à ses côtés, comme à cet instant, lui montrer qu'elle était là, qu'elle le protégerait comme son plus beau trésor, puisque c'est ce qu'il était. Chercher les secours, on y penserait plus tard. Là, il pouvait bouger ; pour preuve : il venait de tenter de se redresser sur son coude, avant de se laisser retomber sur les genoux de la blondinette.

      « Ça va, j't'assure. On dirait juste qu'un marteau piqueur s'éclate dans ma tête. Normalus. » Tandis que sa main violette continuait de doucement se promener dans les cheveux trempés d'Eden, l'anglaise fronça les sourcils, de plus en plus inquiète : « C'est pas drôle... C'est une connasse cette branche ! » Elle jeta un coup d'œil noir à la-dite branche, la personnifiant sans doute un peu trop.

    Et même s'ils étaient à l'abri sous les feuillus et les conifères -qui leur avait servi d'autres surprises en remplacement des bourrasques soit dit en passant-, il n'en restait pas moins que Gwendolyn sentait la température chuter, même si ce n'était qu'une impression. La pluie glaçante s'était insinuée contre sa peau qui semblait avoir perdu toute innervation nerveuse. Mais elle s'en moquait, tout ça était bien accessoire à côté de l'image de son texan, allongé dans la neige, qui tentait de la rassurer sans prêter attention au fines gouttelettes de sang qui glissaient le long de son front. C'était sa faute à elle, et elle ne pouvait décemment pas plaisanter. Elle devait l'aider, faire quelque chose, agiter des bras en espérant qu'un hibou croisé perroquet aille transmettre le message à une infirmière; lancer une fusée de détresse; hurler à perdre en haleine; l'aider à se lever et à rentrer;... ou simplement lui offrir un baiser guérisseur? Non, au lieu de tout ça, elle restait immobile, à le regarder, tellement désolée et inquiète...

      « Pourquoi aller chercher quelqu'un ? On est pas bien là, tous les deux ? »

    Gwendolyn tenta un petit sourire qui se transforma en grimace du genre « hinhinhin ». Et bien oui, parce qu'ils avaient beau être bien, là, en cet instant, les conditions n'étaient pas vraiment idéales. Eden gisait dans la neige, tentant d'occulter toute douleur qui pouvait le lancer; et Gwen à ses côtés, n'arrivait à sourire à aucune de ses blagues, bien trop inquiète. Si la branche n'avait pas eu la bonne idée de céder, peut-être qu'elle serait en train de l'embrasser, tout bêtement, de lui montrer qu'elle l'aimait. Peut-être aussi qu'ils en seraient encore à se disputer inutilement; mais le fait était que le morceau de bois avait chuté, et qu'Eden reposait maintenant sur les genoux de la blonde.

      « Si on occulte le fait que cette situation est ridicule, limite à se croire dans une mauvaise série b, tu sais, avec le héros en train d'agoniser dans les bras de sa copine... Je trouve qu'on est bien, là. Sauf que j'agonise pas, hein, je fais juste semblant pour profiter de tes genoux encore un peu... En fait, on leur ressemble plus qu'il n'y parait à ces acteurs de série b. Nous aussi, nous sommes ridicules. Je sais, je l'ai déjà dit, mais j'avais oublié un détail... Nous sommes ridicules, oui. Ridiculement amoureux l'un de l'autre. »

    Les expressions du visage de Gwendolyn se suivirent alors qu'Eden parlait. L'inquiétude était d'abord là, dans sa continuité, avant de laisser place à un petit sourire amusé, bien que toujours tendu. Et puis, elle regarda le jeune homme tendrement, ses yeux bleus plongés dans les siens, alors que leurs doigts glacés s'entremêlaient. Un petit sourire amoureux vint illuminer son visage, et puis elle se pencha vers lui, déposant un doux baiser sur ses lèvres. A partir de ce moment là, la météo outrageusement mauvaise ne comptait plus. La neige, le vent glacial... tout ça n'avait plus d'importance, puisqu'ils s'étaient retrouvés. Et peut-être que la branche avait été le facteur déclenchant de leurs douces paroles. Et à y réfléchir, peut-être également que Dame Nature avait été de leur côté depuis le début. La neige était tombée lourdement sur la canopée de la forêt dans le but de briser cette branche. La vitesse du vent avait sûrement été calculée pour qu'elle prenne cette direction dans sa chute et assomme Eden. Tout ça pour que Gwendolyn lui dise ces deux mots qu'elle avait pourtant tant de mal à dire. Elle n'avait jamais été à l'aise avec l'expansion des sentiments positifs; peut-être que certains psys y verraient un rapport avec son enfance et son manque d'amour parental, mais à vrai dire, elle s'en moquait des explications. Elle ne vivait pas ce trait de caractère comme un handicap, puisque l'homme qu'elle aimait le plus au moins semblé doté du même, ce qui, à l'image de ces quelques heures de course-poursuite, pouvait parfois s'avérer problématique. Mais ils étaient comme ça, et lorsque ces deux mots franchissaient les barrières de leurs lèvres, ils les savaient sincères l'un comme l'autre. Comme maintenant. Ils avaient beau être trempés et gelés; Eden avait beau être à moitié dans les vapes, ils étaient enlacés, et c'était ça l'important. L'ancienne Poufsouffle passa alors une main glacée sur la joue d'Eden, le regardant tendrement, avant de demander :

      « J'avoue, on doit être un spectacle super attendrissant pour les arbres qui ont pas décidé de t'assommer, mais j'ai pas envie que la raison pour laquelle on reste là soit parce que t'es mal en point. Alors prouve moi que t'agonises pas, j'te jure que ça me rassurerait. » Elle marqua une petite pause, levant les yeux et, amusée, ajouta « T'aurais pas la version masculine de cette super bague à la mode qui contient du feu de dragon? Non, parce que moi... j'ai rien du genre. Et j'ose pas me servir de ma baguette pour quoi que ce soit, j'suis sûre que je ferais cramer la forêt entière. »

    Et surtout, elle n'était pas sûre qu'il fût en état de se lever et de traverser à nouveau ces mêmes scènes apocalyptiques déjà affrontées. Et puis, quelque part... elle était bien là, elle aussi. Si tant était qu'il pouvait lui démontrer qu'il n'allait pas écoper d'un traumatisme crânien et d'une commotion cérébrale -bah quoi, elle avait déjà regardé Urgences quand même ! Elle n'osait plus réellement bouger depuis qu'il s'était posé sur ses genoux; le moindre de ses gestes se faisait doux et fluide pour éviter d'aggraver les circonstances, au risque de paraître sur-protectrice.

      « Oh, et pis t'inquiètes pas, cette couleur te va bien au teint mon cœur. » ajouta-t-elle après une courte pause que son esprit avait rentabilisé au maximum en cherchant une solution miracle. « Tu veux que j'aille chercher du bois ? J'ai mon briquet. Non, demande même pas, j'ai pas de clopes. Mais si ça pouvait nous éviter de mourir congelés ou d'avoir à retraverser... » Elle tourna la tête vers la direction où elle devinait l'orée de la forêt, se fiant à son sens de l'orientation, cherchant à déceler tout indice météorologique concernant l'extérieur du bois; mais bien entendu, c'était peine perdue. « … tu sais, le gros bordel météo de tout à l'heure... »

    Tandis que sa main se baladait encore doucement sur le visage d'Eden, Gwendolyn tentait de chercher une solution à leur situation actuelle. Parce qu'elle était bien là; elle pourrait écouter son cher et tendre lui parler tendrement pendant des heures -oh, bien sûr que oui ! Mais notre névrosée s'inquiétait pour la santé de celui qu'elle aimait, et il n'était donc pas étonnant de la voir se battre entre touches d'humour, propositions d'ébauches de solutions et sourires amoureux. Oh, c'était fou ce que la météo de son cœur pouvait changer sa perception des données extérieures.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Ven 24 Sep - 15:43


    Les productions Namelessienne sont fières de vous présenter Eden & Gwen versus tempête, Acte II. Les cris, les larmes, et le mot ridicule employé à toutes les sauces, c'était du passé. A présent, c'était les plaintes de douleur, les mots d'amour, et les plaisanteries. Plus joyeux, hein ? Ah, pardon, j'avais oublié de rappeler l'élément inchangé : la tempête, elle, était intacte. Et pour ce problème là, les solutions d'avancées notables restaient... Limitées.

      « J'avoue, on doit être un spectacle super attendrissant pour les arbres qui ont pas décidé de t'assommer, mais j'ai pas envie que la raison pour laquelle on reste là soit parce que t'es mal en point. Alors prouve moi que t'agonises pas, j'te jure que ça me rassurerait. » Alors qu'elle marquait une pause, Eden fit la moue. Il était bien lui, là, allongée sur ses genoux à se faire dorloter. Mais bon, si ça pouvait la rassurer, il voulait bien faire un effort. Alors, il souleva sa jambe et fit bouger son pied, puis l'autre, avant de recommencer l'opération avec ses bras et poignets.
      « Tu vois, tous mes membres sont opérationnels ! Même si je dois dire que mes orteils font un peu la gueule, en mode iceberg. » Dit-il très sérieux alors qu'elle le regardait avec une moue amusée.
      « T'aurais pas la version masculine de cette super bague à la mode qui contient du feu de dragon? Non, parce que moi... j'ai rien du genre. Et j'ose pas me servir de ma baguette pour quoi que ce soit, j'suis sûre que je ferais cramer la forêt entière. »

    Eden ne put s'empêcher de déglutir lorsqu'elle évoqua la possibilité d'un incendie. Lui et les catastrophes incriminant le feu n'étaient pas franchement copains. Une histoire de traumatisme lié à l'incendie du labyrinthe duquel il avait miraculeusement réchappé voyez... C'est pourquoi il regarda sa Gwen avec un sourire crispé et ne répondit pas, quelque peu angoissé. Il n'eut pas besoin de parler car elle reprit bien vite et lui fit tout aussi rapidement oublié sa peur passagère dans une boutade.

      « Oh, et pis t'inquiètes pas, cette couleur te va bien au teint mon cœur. »

    Il lui jeta un regard blasé, un sourcil haut et les lèvres rentrées l'une dans l'autre lui donnant une tête d'enfant brimé, avant de finalement soupirer et de ravaler le commentaire désobligeant qu'il allait faire. Tout bien réfléchi, il n'avait pas besoin d'encore lui donner tort, ils avaient déjà suffisamment cherché à savoir qui avait raison pour aujourd'hui pour ne pas re-déclencher les hostilités pour quelque chose d'encore plus puéril que la couleur d'une écharpe. Ce serait idiot s'ils se remettaient à se taper dessus à cause de ça et même sacrément balèze vous croyez pas ? La peur de perdre l'autre, encore, ça pouvait passer comme raison valable, mais une histoire de tissu, de couleur, et d'harmonisation au teint, là, ils remporteraient sans peine l'oscar de la dispute la plus ridicule jamais inventé s'ils se battaient pour ça! C'est pourquoi Eden se tut. Oui, il décida comme un grand de la fermer pour une fois. Alors souvenez vous bien de ce jour comme celui où monsieur-qui-avait-toujours-son-mot-à-dire sur-tout se tut.

      « Tu veux que j'aille chercher du bois ? J'ai mon briquet. Non, demande même pas, j'ai pas de clopes. Mais si ça pouvait nous éviter de mourir congelés ou d'avoir à retraverser... » Il suivit son regard qui scruta la foret alentours pour l'aider dans sa quête d'une accalmie mais n'eut pas plus de succès qu'elle. « … tu sais, le gros bordel météo de tout à l'heure... »
      « Je crois que j'ai des chewing gum... Et quelques clopes, aussi. » Détailla-t-il en tâtant ses poches. « Me r'garde pas comme ça, j'me suis pas remis à fumer. Je les ai juste gagnées aux cartes en retenue puisque j'y ai passé le plus clair de mon temps cette semaine. » Se sentit-il obligé de se justifier. Il fumait rarement depuis qu'il avait décidé de reprendre sa vie en mains, mais il lui arrivait de s'y remettre quand son humeur se dégradait. Cela lui donnait l'illusion d'user d'un remède pour décompresser, même si au fond, ça changeait pas grand chose à part l'aide apportée par l'effet placebo. « Ah, j'ai ma baguette aussi, mais j'ai trop mal à la tête pour en user avec brillo... Bon, et ben, va pour le feu de bois enflammé au briquet. Aide moi à me relever, j't'accompagne. » Finit-il par décréter, prenant appui sur ses coudes pour qu'elle puisse se relever, puis, il lui tendit son bras et, poussant sur ses talons, il réussit à se remettre droit. Après quelques pas hésitants où Gwendolyn le parait en cas de chute, elle put s'écarter et laisser marcher tout seul. La dernière chose à régler était qu'il était complètement trempé et qu'au moindre assaut du vent il claquait sévèrement des dents. « Dépêchons nous d'aller ramasser ce bois avant qu'on meure de froid. Séparons nous pour aller plus vite. Mais ne t'éloigne pas trop, hein ! »

    Oui, Eden aussi avait son petit côté papa poule. Bras serrés contre son corps pour contrôler les tremblements agitant ses membres dès que le vent frôlait ses vêtements couvert de neige fondu, Eden sourit tendrement à Gwendolyn avant de partir dans la direction opposée. Il ne put cependant s'empêcher de regarder plusieurs fois par dessus son épaule pour savoir où elle allait avant de réellement commencer sa recherche de bois, tout le problème résidant dans le fait que le bois au sol était soit recouvert de neige, soit flotté. Eden finit donc, avec une légère lueur de vengeance dansant dans ses yeux, par décider de couper les branches à l'arbre qui l'avait attaqué. Il revint donc sur ses pas, frottant ses mains l'une contre l'autre - pour réchauffer ses doigts, pas avec un air machiavélique en prévision du crime qu'il allait accomplir, hein... Quoi que. Puis, une fois devant le vieux chêne, Eden ne s'embarrassa de minute de silence, prière ou autre fioriture avant de commencer sa besogne, cassant les bouts de bois avec un plaisir presque malsain...

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Ven 15 Oct - 21:10

    Ce moment marquait une pause dans leur course, une petite parenthèse bien méritée. Et elle aurait pu rester longtemps comme ça notre blonde, à plonger son regard dans celui d'Eden, à simplement passer sa main dans ses cheveux et à déposer de doux baisers sur ses lèvres... Oui, ils auraient pu rester longtemps comme ça, si la météo avait été plus clémente et Gwendolyn moins inquiétée par la situation. L'ancien Gryffondor avait accédé à sa demande et prouvé que ses articulations se portaient bien, mais avait agrémenté sa démonstration d'un « Tu vois, tous mes membres sont opérationnels ! Même si je dois dire que mes orteils font un peu la gueule, en mode iceberg. » peu rassurant. C'était donc au tour de la demoiselle d'arborer un sourire mi-crispé mi-amusé. Les cris avaient cessé, mais ce n'était pas pour autant que la tempête avait décidé de se déplacer vers d'autres contrées à ennuyer. Non, elle était toujours là, bien présente, leur offrant des flocons fondant dans leur cou, gelant leurs pieds, leurs mains, leurs oreilles, leur nez; en bref, toutes les parties de leurs corps qui avaient le défaut d'être moins vascularisées que d'autres. Dame Nature n'était donc pas tellement de leur côté en cet instant, et à moins qu'ils ne fassent quelque chose, ils étaient destinés à finir en statue de glace -tellement plus glam que la version bonshommes de neige, avouez-le...

    Elle avait obtenu de lui qu'il garde l'écharpe. Une petite victoire pour elle, une grande victoire pour les défenses immunitaires de son homme. Et puis elle avait proposé d'aller chercher du bois. Ne lancez pas de slogan pour la protection de l'environnement, c'était bien à cause d'événements abiotiques mais naturels qu'ils en étaient là. Je veux dire, pas là, dans cette forêt ; non, ça, c'était la faute de Gwendolyn, l'athlète en manque d'adrénaline qui n'avait rien d'autre à faire qu'à organiser une course poursuite en pleine tempête de neige. Je parle du temps, de cette température négative qui leur gelait les entrailles, de ces flocons pervers qui glissaient sous leurs vêtements, fondaient et filtraient à travers les tissus. La solution idéale aurait été la téléportation. Histoire de se retrouver au coin d'un feu crépitant, de s'en approcher à s'en brûler... Mais là, ils devaient faire sans. La proposition du feu au briquet était apparue, et avait été approuvée.

      « Je crois que j'ai des chewing-gum gum... Et quelques clopes, aussi. Me r'garde pas comme ça, j'me suis pas remis à fumer. Je les ai juste gagnées aux cartes en retenue puisque j'y ai passé le plus clair de mon temps cette semaine. » Gwendolyn laissa un échapper un petit rire en répondant « J'pense qu'on va éviter les chewing-gum gum effet frisson par contre. »

    Pour ce qui était des clopes... c'était autre chose. Elle ne pouvait décemment pas lui demander d'arrêter la nicotine alors qu'elle-même y était accroc et n'avait pas l'intention de s'en détacher de si tôt. Elle ne pouvait décemment pas... mais elle était Gwendolyn, alors pensez-vous, elle l'avait déjà fait. Plus ou moins explicitement, parce qu'il avait arrêté de lui-même, tout de même. Mais tout ça, ce regard qu'elle avait lancé lorsqu'il avait dit qu'il avait quelques cigarettes dans ses affaires, c'était pour sa santé à lui. Et aussi parce que voir Eden fumer était pour l'anglaise synonyme que quelque chose n'allait pas. Mais tout ce qu'elle répondit porta sur une autre partie de la phrase d'Eden.

      « T'as encore gagné aux cartes? Mais mets-toi à jouer avec des riches, gagne plein d'argent... histoire qu'on... » Petit regard désespéré au paysage. « ...s'offre une insolation dans un pays où on crèverait de déshydratation. ». Si les choses n'avaient pas été claires pour vous jusque là, oui, Gwendolyn avait froid. Très froid. Un peu comme Eden et ses orteils, d'ailleurs.
      « Ah, j'ai ma baguette aussi, mais j'ai trop mal à la tête pour en user avec brillo... Bon, et ben, va pour le feu de bois enflammé au briquet. Aide moi à me relever, j't'accompagne. »

    Gwendolyn haussa un sourcil désapprobateur -vous avez entendu comme elle, non? « j'ai mal à la tête » ne pouvait présager rien de bon- en regardant Eden s'appuyer sur ses coudes. Levant les yeux au ciel, doutant de la forme du brun, elle se redressa finalement et l'aida à se lever. Rassurée de voir qu'il tenait debout, elle le laissa s'éloigner, elle enroula ses bras autour de son corps frêle et regretta aussitôt la chaleur qu'apportait la proximité du corps d'Eden. Celui-ci opta d'ailleurs pour leur séparation. Chose peu rassurante pour la demoiselle, car même si elle n'avait pas eu le temps de l'éprouver jusque là, cette forêt lui faisait drôlement peur. Et la voilà qui le réalisait... Frottant ses mains entre elles, sur ses cuisses ou ses épaules -tout était le bienvenu lorsqu'il s'agissait de décongeler ses membres, et les doigts et orteils avaient été mis de côté depuis de longues minutes déjà...-, elle observait, peu rassurée, les différents arbres qui se dressaient là. Elle devinait des fougères ça et là, sous les tas de neige, et aussi d'intéressants morceaux de bois qui, s'ils étaient secs, auraient été parfaits pour un feu. S'arrêtant devant un arbre qu'elle avait porté volontaire, elle s'attaqua à l'arrachage de quelques brindilles. Puisque pour allumer un feu, c'était bien par de petits morceaux de bois qu'il fallait commencer, non? Ah, si seulement il y avait un pyromane ou un survivant d'une île déserte quelque part dans le coin... Mais non, là, tout de suite, ce n'était qu'elle et...

      « AAAAAAAAAHHH PUTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAINNNNNN ! PUTAIIIIN DE BORDEL DE MEEEEERDE ! »

    … une araignée. Une araignée, la véritable araignée, celle à huit pattes, toute velue, qui faisait la taille de sa main ouverte et... comment ça, j'exagère? La narratrice ne prend aucun parti voyons. Toujours était-il que l'animal grimpait le long de son bras, et était arrivé là d'une façon totalement inconnue... Mais il était là. Et Gwendolyn gesticulait dans tous les sens, laissant tomber les quelques brindilles déjà arrachées dans la neige fraîche, ses cris raisonnant dans la forêt glauque. Oui, c'était définitif, ils étaient passés du scénario de film romantique à celui de film d'horreur. Une araignée tout de même... ! La blonde vit finalement l'animal noir tomber dans la neige imprégnée de ses traces de pas. Elle écrasa avec fureur l'animal, et, le cœur battant encore à tout rompre, essuya la semelle de sa converse dans une zone où la neige était encore intacte. Le blanc immaculé du sol laissa vite place à un cratère de terre mouillée où reposaient à présent les restes écrasés de l'arthropode. Elle ferma les yeux et reprit son calme, concluant par un « saloperie », ajoutant peu de temps après à l'intention du seul autre être humain -à priori- présent dans la forêt : « Ça va, ça va... ! » Sa voix était étonnamment tremblante, et elle n'avait aucune idée de là où se trouvait Eden, mais étant donné le silence qui régnait, sauf s'il était parti à plusieurs kilomètres en quelques minutes, il avait entendu chacun de ses cris, et chacun des quatre mots qui lui étaient destinés. Dans le doute, elle passa la main dans ses cheveux et se retourna dans tous les sens possibles, observant chaque parcelle de son corps dans la crainte d'y trouver un autre animal. Comme quoi, si le froid aurait bientôt raison de deux êtres humains, certains invertébrés arrivaient très bien à s'y adapter. Ne pouvant retenir un dernier « putaiiiin » plus discret cette fois-ci, elle se rapprocha à nouveau de l'arbre qui avait été sa première victime. Gwendolyn, anti-nature par excellence? Si peu... C'était elle qui avaient commencé. L'arbre dont elle se mettait maintenant à arracher des brindilles une par une prenait pour celui qui avait s'était amusé en assommant Eden. Quant à l'araignée... elle était là. C'était une raison suffisante pour la tuer, non? Si vous dites le contraire, c'est que vous avez eu la chance de ne pas lui faire face !

    Les bras à présent remplis de brindilles de tailles différentes, Gwendolyn avait pris le chemin pour rejoindre Eden. Enfin, celui qu'elle pensait être le plus court. Il était parti par là, non? Oh, tiens, c'est bizarre. La neige est fraîche, sans trace de pas. Frissons dans le cou : un oiseau vient d'atterrir sur une branche, en hauteur, faisant tomber quelques flocons en contrebas. « Eden...? » Gwendolyn se retourna, cherchant des traces de pas. Et la peur revint de nouveau. Le calme, l'obscurité des profondeurs de la forêt... rien de rassurant. Et le fait qu'elle ne trouve aucune de trace de passage, ni de l'un, ni de l'autre, commença à la faire paniquer encore davantage. Elle pivota sur place, faisant tomber quelques morceaux de bois au passage, mais elle n'y prêta pas attention. Bon, Gwen, reste calme. Tu vas refaire tout ton trajet en arrière, ça se passera bien.« Edeeeeeen? T'es où? » continua-t-elle à demander. Sans crier, toutefois, mais sa voix avait de nouveau retrouvé cette intonation tremblante qu'elle avait eu face à l'araignée velue quelques minutes plus tôt. Il était parti dans ce sens là, il ne devait pas être loin d'elle... Elle déglutit avec difficulté, s'imaginant déjà perdue... et morte dans la forêt. Tout ça pour que deux amoureux se prouvent des choses pourtant si évidentes qu'elles n'avaient besoin d'aucune démonstration. La blonde chercha des yeux ses traces de pas, et se retrouva en un rien de temps près de la sépulture de l'animal à huit pattes. Elle repira profondément et pivota à nouveau, cherchant le chemin par lequel elle était arrivé là. « EDEEEEEN ! » Elle était calme, si, je vous assure. Tiens, par là, y'a des traces. Traces qu'elle rejoignit avant de les suivre quelques mètres. Merde, c'est pas des traces humaines ça. Putain, j'suis paumée, et en plus y'a un truc pas humain dans le coin. C'est un centaure. J'suis sûre que c'est un centaure ! C'est pas cool les centaures ! Putain, ça y'est, j'suis morte. Et Eden? Il va mourir par ma faute. T'es vraiment une pauvre fille Gwen ! Si vous vous posez la question, non, elle n'avait pas imaginé une seule seconde qu'il pouvait s'agir d'un cerf ou d'un quelconque animal qui aurait plus peur d'elle qu'elle n'en aurait peur elle-même.

      « Edeeen on va mourir ! J'suis sûre que tu m'entends même plus ! J'sais pas où j'suis, j'sais pas ou t'es ! Edeeen, réponds-moi, s'il te plaiiit !

    A hurler comme ça, pour sûr qu'elle était dans l'incapacité d'entendre la moindre réponse, si réponse il y avait. Des larmes de panique commencèrent à noyer ses yeux bleus, et je me dois de vous révéler la présence d'un réflexe étrange : elle s'agrippait aux petits brindilles comme à une bouée de sauvetage, les serrant contre elle comme si elles allaient lui permettre de se téléporter instantanément auprès d'Eden. Et dans la tête de Gwendolyn, je peux vous assurer que tout était encore différent : le froid, elle s'en moquait. C'était sa faute si ils étaient là, c'était elle la crétine. Et la panique l'avait fait ouvrir les yeux sur un autre univers, celui d'un monde cauchemardesque, où tout était fait pour qu'elle meurt; pour qu'à la fin de l'histoire un panneau « game over » vienne s'afficher devant ses yeux, comme une conclusion à une putain de vie, qui, et elle le réalisa pour la première fois, avait été trop courte. Pourquoi elle paniquait comme ça? Parce qu'elle avait un sens assez pitoyable de l'orientation, et que près de son arbre, où elle était retournée, il y avait à présent trois pistes. Une à éliminer, celle du centaure. Et deux autres : une qu'elle avait pris pour venir là, et l'autre qu'elle avait pris pour rejoindre Eden. Elle n'aurait pas du se faire confiance. Elle aurait du rebrousser chemin dès le départ. Et toutes ces pensées s'étaient faites en un éclair de seconde (ne vous fiez pas à sa couleur de cheveux /sbaff/), alors qu'elle continuait à déblatérer des paroles paniquées, cherchant probablement avant tout à se prouver qu'elle était toujours vivante.

      « J'suis désolée, je voulais pas en arriver là... » Et je peux vous assurer qu'elle se parlait vraiment à elle-même pour s'excuser. Elle, s'excuser face à quelqu'un? Non mais vous rêvez... « Tout ça c'est ma faute, j'suis une crétine... Je suis même pas sûre de savoir allumer un feu, et c'est moi qui ai le briquet... C'est Eden qui devrait l'avoir, lui il mérite de vivre, merde. Moi je vais crever et être bouffée par des vers de terre, et mon briquet aura servi à rien d'autre qu'à participer à ma conso de clopes... pour finalement crever comme une grosse merde au milieu de la forêt. »

    Pendant qu'elle parlait, elle s'était laissée glisser contre l'arbre duquel elle avait arraché les minuscules branches qu'elle tenait toujours fermement contre elle. A présent accroupie, elle ferma les yeux et renifla, tentant de se calmer tant bien que mal. Elle les rouvrit brusquement lorsque, le silence revenu, elle entendit des bruits de pas dans la neige. Elle s'arrêta de respirer, espérant se faire toute petite, se cacher. Un morceau de bois se brisa sous la pression qu'elle exerçait contre son corps gelé, et elle jura contre elle-même dans sa tête, se pinçant la lèvre, angoissée comme jamais -ou presque. C'était le centaure, c'était sûr, c'était son heure... Eden était loin de là, elle l'espérait. Elle n'avait pas pu lui dire une dernière fois qu'elle l'aimait. Et elle s'était paumée, pitoyablement, dans la forêt. Eden avait eu raison, une fois de plus. Ils auraient du aller visiter le grenier avant de sortir à l'extérieur. Bravo Gwen. Game over. Try again !

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Mer 22 Déc - 13:33



    Couper du bois avait permis à Eden de se défouler et d'oublier qu'il avait froid. Un bon petit paquet de bois avait poussé dans la neige à côté de lui tandis que tout bruit couvert par les craquement sinistre du bois arraché, Eden n'aurait tout bonnement pas pu entendre un ours se faufiler derrière lui ou même un centaure hennir à cent mètres. Tout à sa tâche, concentré et usant de sa force de mastodonte pour défricher les arbres de toutes branches dépassant de leurs troncs à sa portée, il ne se souciait de rien d'autre que du fait d'avoir fini au plus vite pour pouvoir enfin allumer ce feu salvateur et réchauffer sa Gwendolyn - lui-même, c'était bien secondaire, la santé de son amoureuse avant tout ! Voyant qu'il avait sauvagement dénudé cinq arbres, ce qui était à n'en pas douter largement suffisant, il fit une pause de quelques secondes pour souffler, son haleine chaude embuant l'air par à-coups saccadés pour réfléchir à s'il pourrait en porter plus que ce qu'il avait déjà coupé. La foret était redevenue pleinement silencieuse tandis que ses méninges travaillaient. Son regard dans le vague, flottant sur le tas de bois, Eden agençait mentalement les fagots dans ses bras, mains sur les hanches et langue à demi mordue, lorsqu'un étrange cri strident - qui avait tout de féminin, du moins, c'est le message que ses oreilles envoyèrent à son cerveau - déchira la quiétude polaire.

      « AAAAAAAAAHHH PUTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAINNNNNN ! PUTAIIIIN DE BORDEL DE MEEEEERDE ! »
      « Gwen ? Ça va ? » Un sourcil levé, il essaya de déterminer l'origine de ce cri qu'il n'avait pas bien su déchiffrer, s'avançant dans la mauvaise direction, trompé par le vent. Se pouvait-il que sa blonde aie des ennuis ? Mais par où était-elle partie, déjà ? S'avançant un peu plus, il réitéra, sa voix se faisant plus inquiète et pressante. « Gweeeeen ? »

      « Ça va, ça va... ! » Lui répondit en écho un lointain murmure dont il ne sut déceler la provenance, mais qui lui suffit - pour le moment du moins.

    De toute façon, il avait fini et allait la rejoindre dans quelques minutes, pas la peine donc de paniquer, hein ? Même s'il n'était pas entièrement rassuré, il ne pouvait rien lui arriver de grave, non ? Après tout, ils étaient en marge d'une école ! Une école avec des élèves dedans, innocents et remplis de la soif d'apprendre - ahaha, oui, hein... HRM... Rien de bien dangereux ne devait rôder autour, sinon le ministère n'aurait pas laissé faire, n'est-ce pas..? Chassant ses inquiétudes dans un coin de sa tête, qu'il secoua prestement pour allier le geste à l'intention, le grand brun se remit à sa besogne, se baissant pour empiler de la manière la plus pratique à transporter possible son tas de bois. Autant qu'il n'aie qu'un trajet à faire, parce qu'il savait que quand il retrouverait sa blonde, saine et sauve il s'entend, il ne pourrait pas la quitter à nouveau. Pas maintenant que dans sa tête, des tonnes de scénarios rocambolesques tournaient depuis que ce cri avait réveillé son côté papa poule. Rendez-vous compte, Gwendolyn était toute seule dans cette foret lugubre, pouvant abriter on ne savait quelles créatures, normal qu'il flippe ! Qui sait, peut être même que les arbres étaient vivants ! Après tout, une branche l'avait bien attaqué... Quoi que s'ils étaient en vie, les arbres auraient sûrement crié quand il leur arrachait leurs branchettes... à moins qu'ils ne soient masochistes ! Ou qu'ils prennent ça pour une épilation ? ...Bah quoi ? Tout était possible ! Après tout ce monde de sorciers, c'était un monde de dingues les gars ! Et je vous interdis de traiter Eden de débile, même dans vos têtes. Il est juste... débordant d'imagination ! - Ou comment dire gentiment que oui, en effet, il devient débile quand il se met à paniquer...
    A la hâte, Eden se chargea de bois et cala son menton sur le haut du tas pour maintenir le tout en équilibre dans ses bras. Ne sachant plus par où il était parti, il se mit à chercher les traces de pas qu'il avait laissé avec un peu plus de mal depuis qu'il avait les bras fardés - bah oui, il avait pas pensé à le faire avant pour se faciliter la tâche, on pouvait pas être parfait non plus ! et quelques recherches fastidieuses, il retrouva enfin la direction à suivre et se mit en marche. Rapidement, grands pieds oblige, il se retrouva de nouveau dans la clairière avec sa copine la branche meurtrière sur laquelle il déposa sans cérémonie ses comparses qu'il venait de couper. Gwendolyn, elle, n'était toujours pas revenue.

      « GWEEEEEN ? T'es où mon amouuur ? Siffle pour que je te rejoigne ! » Cria-t-il à son attention en mettant ses mains en porte-voix.

    Mais malgré qu'il tendit l'oreille autant qu'il put, il n'obtint aucune réponse, rien, pas même un craquement ou un murmure. Seul le vent vrillant entre les feuilles empêchait le silence le plus total de régner. Inquiet, il commença à se tordre les doigts, piétinant dans la neige qui craquait sous son poids. Ne tenant place, il se mit à déambuler aux alentours de la clairière en cherchant ses empreintes de pas à poursuivre en criant son nom.

      « GWEEEEN, RÉPOOONDS ! » Hurlait-il tant et plus en laissant des pauses pour écouter la foret, bien trop silencieuse, tout en se mordant la lèvre inférieure et sans cesser d'avancer.
      « EDEEEEEN ! » Finit-il par déceler au loin, ou croire entendre - il avait tellement envie qu'elle lui réponde qu'il n'aurait pas été étonné d'entendre sa voix dans sa tête.
      « GWEEEEEEEEN ?! C'est toi ? » Tenta-t-il à nouveau, comme fou, la cherchant des yeux partout à la fois. « Où tu te caches ? Sérieux, si c'est un jeu, c'pas drôle ! Et ça m'fait pas rire du tout ! DU TOUT, DU TOUT ! » S'échauffa-t-il, criant à en perdre haleine.

    Mais seules ses paroles raisonnaient dans la foret et il commençait à perdre son sang froid, littéralement. Mais où était-elle, bon sang ?! Pourquoi s'était-elle tant éloignée ?! Retrouver quelqu'un de perdu, c'était quand même pas si compliqué ! Surtout qu'ils étaient des sorciers, avec des pouvoirs, et même avec ça ils étaient pas fichus de... Soudain, une petite lumière s'alluma dans sa tête. Mais oui, sa baguette ! Et son père lui avait appris un sort, sous les conseils de sa mère, pour qu'il retrouve ses affaires quand il les perdait. Un sort élémentaire toujours utile pour les gens tête en l'air... Le basique : Accio. Mais il ne pouvait évidemment pas faire "Accio, Gwendolyn !". Il allait donc devoir ruser, et appeler son briquet, et il ne devait pas y en avoir cinquante à la ronde. Celui-ci lui indiquerait la direction à suivre pour la retrouver. Si c'était pas ingénieux, ça ! Tout fier de lui, Eden sortit à la hâte sa baguette de sa poche et souffla longuement pour faire le vide dans sa tête avant d'entonner :

      « Accio, briquet ! » Et après une vingtaine de secondes où il retint son souffle, l'objet apparut dans son champ de vision et lui fonça dans la main qu'il avait positionné devant son visage pour le réceptionner, tout heureux. « PAR LA ! Merci, Maman ! Gweeen, j'arrive ! » Lança-t-il, bien moins fort qu'il l'aurait voulu, à moitié à bout de souffle, en s'élançant dans les bois, courant comme un dératé jusqu'à ce qu'enfin, une tête blonde dépassant de derrière un tronc d'arbre s'imposa à lui. « G...wee...een... En...fin ! Viens là ! » Réussit-il à articuler, sur les rotules, en lui ouvrant les bras pour qu'elle puisse s'y jeter.

    Cent mètres de plus et il s'écroulait. Il avait décidément bien trop couru aujourd'hui, ah ça, c'était certain ! Il avait donné toutes ses forces en réserve, mais ne regrettait rien. Jamais il n'avait-il jamais été aussi heureux de la voir ! Jamais il n'avait autant craint pour sa vie ! Et il l'aimait tant que la perdre était juste inconcevable ! Ses baisers désordonnés, atteignant tantôt son front, ses joues, et chaque parcelle de son visage, en témoignait. Il ne voulait plus jamais être loin d'elle ! Et alors qu'il la serrait contre son coeur, sa présence l'empêchant de se laisser tomber d'épuisement dans la neige, il lui murmura en lui caressant les cheveux.

      « Ne me refais plus jamais ça... Je n'y survivrais pas... » Et attrapant sa tête entre ses paumes, il l'embrassa à nouveau, cette fois ci avec plus de douceur et bien moins d'empressement comme pour sceller cette promesse de ne plus jamais se laisser séparer par quoi que ce soit.


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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Dim 20 Fév - 0:04

    HJ : Mille excuses pour le délai de réponse =/ ♥

    Araignées, charmants prédateurs arthropodes; Araneae, Chélicérates, Arachnides; peu importe que l'on se trompe parfois sur leur nombre de pattes ou leurs méthodes de prédation; peu importent les sociétés évolués qu'elles forment dans leur monde rempli de soies; peu importe la tâche qui peut en rester après une mort barbare. Seuls importaient les cris de demoiselles ou des jeunes hommes lorsqu'ils en distinguaient une, de près ou de loin, et qu'ils s'imaginaient les longues pattes velues avant même de s'approcher du monstre. Ces animaux appelaient la peur, le dégoût et un besoin immédiat de prendre la fuite, si ce n'était, pour les courageux, une envie soudaine de faire ressortir leur côté psychopathe en les achevant d'un coup de chaussures bref, comme si l'animal pouvait transplaner ou augmenter sa taille mille fois pour se venger de cette tentative de meurtre sur leur forme pocket. Si cette dernière option était choisie, bien souvent il y avait ensuite la psychose du cadavre. Est-ce que c'est encore vivant ? Est-ce qu'un morceau est accroché à la semelle ? Et vient le réflexe de l'essuyage effréné dans la moindre parcelle d'herbe disponible ou, si la pseudo-victime n'avait pas cette chance d'être en pleine nature, dans les graviers, sur du goudron, une branche morte, peu importe. Le célèbre adage « les petites bêtes ne mangent pas les grosses » perd tout son sens devant de tels horreurs de la nature. Voyez ces dimensions exagérées que prennent ces braves bêtes pour la plupart alors mortes lorsque ces aventures sont racontées aux amis, remarquez la vivacité qu'elles ont lors des récits. Les araignées ne sont pas les ennemis de l'Homme, et pourtant, Gwendolyn avait hurlé à la mort lorsqu'elle avait vu cette tâche noire sur son bras. Elle avait cependant fait partie de la deuxième catégorie de personne citées au dessus puisqu'elle avait finalement écrasé l'animal tombé dans la neige. Mais ce n'était pas le pire...

    ... Non, le pire c'était son sens de l'orientation qui, disons-le franchement, était pourri.

    Et là, je peux vous garantir que Gwendolyn s'en moquait de cette fichue bouillie d'araignée dont elle avait bien pris soin de vérifier l'état après coup -une patte encore entière ? No way ! Encore un coup de talon !-. Elle était dans une forêt menaçante, brusquement bien sombre et incroyablement silencieuse. Elle n'entendait plus que sa respiration saccadée et les battements fou d'un cœur qu'elle s'imaginait bientôt cesser. Parce que oui, quelque chose n'était pas net alentour. Quelque chose de bizarre, des petits bruits qui brisaient un silence presque aussi glacial que la neige dans laquelle elle était à présent assise. Elle serrait contre elles les brindilles d'un bois qui ne brûlerait pas ce jour-là. Elle sentit quelque chose bouger dans sa poche, mais resta immobile, imaginant une araignée monstrueuse grimper le long de sa jambe. Mais ce n'était plus son soucis premier. Il y avait quelque chose de plus effrayant là... Elle parlait toute seule, ou comme à quelqu'un d'invisible; une dernière confession à un Dieu auquel elle n'avait jamais cru. Il y avait des bruits bizarres. Comme de murmures, des appels. Et puis il y avait eu le bruit. Des bruits de pas nets, pressés. Espérant devenir invisible, Gwendolyn avait fermé les yeux, sentant les pas s'approcher d'elle. Une respiration saccadée, et finalement... Une voix qu'elle connaissait. Celle d'Eden. Les joues couvertes de larmes plus ou moins séchées, elle ouvrit brusquement les paupières pour voir en face d'elle son salut, son homme, un rêve auquel elle ne croyait déjà plus. Elle ne réfléchit pas une seule seconde et se jeta dans ses bras, lâchant ses brindilles qu'elle jeta sans aucun ménagement dans la neige à côté d'elle, fourrant sa tête blonde dans le creux du cou de l'ancien Gryffondor. Elle entendit ses propres mots étouffés qu'elle glissait non loin de l'oreille du grand brun.

      « Ne me refais plus jamais ça... Je n'y survivrais pas... » ;
      « Eden, j'suis tellement désolée... Tout ça c'est ma faute, je voulais pas... Je t'aime, si tu savais, je t'aime, m'abandonne jamais... »

    Et puis elle éloigna son visage d'Eden, tandis que celui-ci dispersait de multiples baisers sur sa peau gelée. Elle l'enlaçait d'une force qu'elle n'imaginait même plus avoir. En réalité, elle n'avait plus de forces, c'était un fait. Elle venait, en quelques phrases, d'exprimer ce qu'elle ressentait, signe qu'elle n'en pouvait clairement plus. Lui scella leurs lèvres l'espace d'un instant. Elle lâcha finalement Eden pour s'essuyer brusquement les joues, effaçant tant bien mal les preuves d'un moment de faiblesse, tentant de reprendre un peu de contenance. Passant une main dans ses cheveux pour placer les mèches les plus pénibles à l'arrière de son crâne, elle se racla la gorge et ajouta, la voix encore tremblante.

      « Enfin, j'ai même pas eu peur, hein. C'est pas comme si y'avait des bruits bizarre dans cette putain de forêt ou qu'on risquait de crever de froid, ou que y'avait des araignées énormes, ou même pire : que je croyais jamais te revoir. Nan, ce serait exagérer de dire ça. » Un frisson la parcourut alors qu'elle observait la blessure d'Eden. « … ou même que tu t'étais fait attaquer par un arbre. Non, tout ça c'est n'importe quoi. »

    Mais rien à faire, sa voix tremblait toujours autant et, alors qu'elle regardait le crâne ensanglanté d'Eden, elle espérait que cette putain de branche n'ait pas réussi son effet et qu'il ne courre aucun danger bien que les restes physiques de l'attaque l'inquiétaient encore. Tout était de sa faute et chaque parcelle d'elle en tremblait malgré les efforts qu'elle faisait pour se contenir. Elle entendait encore quelques bruits alentour mais maintenant, elle pouvait sans peine se dire qu'il s'agissait d'un chevreuil égaré. L'option du centaure était toujours d'actualité, mais plus en tête de la liste des possibilités. A nouveau, elle se blottit contre lui, cachant quelques larmes incontrôlables qui glissaient encore le long de ses joues. Elle aurait aimé se réveiller au milieu de son lit douillet et se rendre compte que tout ça n'était qu'un cauchemar, et se promettre d'en tirer une leçon -même si, elle le savait, elle n'apprenait jamais rien des choses qu'elle n'avait pas réellement vécues. Mais rien à faire, elle était bel et bien perdue au milieu de cette putain de forêt glaciale, les fesses dans la neige. Dans les bras d'Eden. Elle devait avouer qu'il y avait pire que de rouvrir les yeux dans les bras de son chéri, même si la situation n'était tout de même pas des plus rassurantes.

      « Dis... tu saurais nous retrouver la sortie ? » avait-elle demandé, la tête lovée contre son torse, l'air de rien, cramponnant les épaules de son petit ami de ses mains bleues.

    Sa question était un appel de détresse plus ou moins bien caché. Parce que oui, ses tremblements n'était pas dus qu'au froid, mais aussi à cette peur qui la rongeait encore. La peur et la culpabilité étaient dominantes à ce moment-là. Elle voulait juste sortir de là, elle n'avait plus la patience de faire un feu, d'autant que visiblement, leurs recherches en bois n'avaient pas été fructueuses -elle ne pouvait pas savoir qu'Eden s'était montré clairement plus doué qu'elle. Dans un geste désespéré, elle plongea la main dans sa poche et eut un hoquet, se dégageant de l'étreinte rassurante de son copain.

      « Edeny... Tu vas rire, mais j'ai perdu le briquet... Tu sais, le truc qui aurait pu nous éviter de congeler le temps de sortir de ce merdier... Je l'ai pluuus... »

    Re-panique à bord. Inutile de préciser que là, la culpabilité était à son apogée. Des ébauches de larmes germaient à nouveau dans ses yeux alors qu'elle fuyait le regard d'Eden, trop occupée à chercher dans chacune des autres poches où elle aurait pu le ranger. Et maintenant qu'elle s'était éloignée de l'abri rassurant des bras d'Eden, elle voyait à nouveau l'obscure forêt qui les entourait. Et subitement, il y avait plus de bruits bizarres. Si elle s'écoutait, elle aurait secoué Eden pour qu'il parle et que sa voix rassurante l'apaise comme elle l'avait calmée dans sa crise de larmes quelques secondes auparavant. Il semblait qu'il n'y avait plus grand chose à faire; elle était un cas désespéré. Des petites larmes naissaient au coin de ses yeux alors que son cœur s'emportait à nouveau dans une danse effrénée. Calme toi, tout va bien, t'es avec Eden, y'a pas de centaure à quatre têtes ni d'araignée à treize pattes ici...

      « Edeeen, dis quelque chose pour me rassurer s'il te plait, mens moi si y faut mais là... » Elle avait attrapé ses bras et les regardait droit dans les yeux, les sourcils froncés par l'inquiétude. Elle leva sa main vers la blessure du brun qu'elle caressa avec légèreté, l'air soucieux. « Et toi, t'es sûr que ça va ? »


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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Mer 16 Mar - 16:12


    Il était tellement soulagé de l'avoir retrouvé, de la tenir dans ses bras, et de voir qu'elle n'avait rien, qu'elle s'était juste perdue - il aurait dû s'en douter, connaissant son sens de l'orientation douteux d'ailleurs, mais que voulez-vous, il avait tellement tendance à la mettre sur un piédestal, au dessus de tous, meilleure que tous, qu'il avait légèrement occulté ce détail, excusez le, il s'est cogné la tête aussi ! - qu'il s'en serait presque évanoui de soulagement. C'était si bon de la sentir le serrer, même si ses os menaçaient de se rompre tellement elle y mettait du coeur !

      « Eden, j'suis tellement désolée... Tout ça c'est ma faute, je voulais pas... Je t'aime, si tu savais, je t'aime, m'abandonne jamais... » Lâcha-t-elle avec un soulagement non feint, alors qu'il faisait pleuvoir des baisers sur chaque parcelle de son visage.

    Lorsqu'elle se sépara de lui pour essuyer furtivement les larmes qui avaient coulé sur son magnifique visage quand elle avait cru l'avoir perdu - en plus de s'être perdue, et oui, elle avait le paquet - il se sentit obligé de déposer sa main sur sa joue pour garder un contact avec elle. Il avait cet irrépressible besoin de la savoir à sa portée. De s'assurer qu'elle était bien là. Il la couvait du regard de ses iris mordorés débordant d'amour, lui murmurant de se calmer, qu'il était là, que tout irait bien maintenant. Elle se força à jouer les caïds pour le rassurer - alors qu'elle tremblait comme une feuille - ce qui lui tira un sourire amusé. Il fit pourtant semblant de la croire, pour lui faire plaisir, sans cesser de caresser son visage de la paume de sa main.

      « Enfin, j'ai même pas eu peur, hein. C'est pas comme si y'avait des bruits bizarre dans cette putain de forêt ou qu'on risquait de crever de froid, ou que y'avait des araignées énormes, ou même pire : que je croyais jamais te revoir. Nan, ce serait exagérer de dire ça. … ou même que tu t'étais fait attaquer par un arbre. Non, tout ça c'est n'importe quoi. »
      « Oui, tout ça, c'est n'importe quoi. Cette forêt est, comme son nom l'indique, l'endroit le plus attrayant au monde. C'est un fait. » Sourit-il à pleines dents en la ramenant contre lui.

    Il était trop heureux, trop soulagé, pour s'attarder sur leur réel problème. Il ne pensait plus au fait qu'il fallait toujours qu'ils sortent vivants de cette foutu forêt ou qu'ils pouvaient crever de froid. Il avait retrouvé Gwendolyn, saine et sauve, il la tenait dans ses bras, elle sentait bon, la sentir contre lui était apaisant... Là était tout ce qui avait de l'importance à ses yeux. Il était complètement aveuglé par l'amour inconsidérable qu'elle faisait naître en lui. Heureusement, il y en avait une qui était assez lucide pour deux.

      « Dis... tu saurais nous retrouver la sortie ? »
      « Tout ce que tu voudras mon ange! »

    Heu, quoi ? La sortie... Quelle sortie ? Ah, la sortie de la forêt... Alors voyons... Puisque tu as réussi à retrouver ta chérie, tu peux bien trouver une malheureuse sortie, hein ? T'es un homme ou bien ? Mais te presse pas trop, hein. Tu peux toujours attendre qu'un ours ou on ne sait quelle bête viennent vous bouffer aussi. Ou que vous ayez gelés sur place, c'toi qui voit ! HRM HRRRM.
    Eden déglutit bruyamment - enfin, elle avait du l'entendre bruyamment puisqu'elle était collée contre son torse, donc là où passe son œsophage, vous me suivez ? - et fit mine de réfléchir intensément. Il faut bien commencer quelque part, hein ! Plongé dans d'infinies réflexions, tournant la tête de tous les côtés, il continuait de caresser le dos de Gwendolyn, silencieux. Il était si concentré qu'il ne l'entendit même pas lorsqu'elle ajouta que son briquet était perdu alors qu'il était simplement au chaud dans sa poche, puisque c'était lui qui le lui avait "réquisitionné". Un soupir dépassa ses lèvres sans qu'il ne puisse le retenir. Il ne savait même plus de par quel côté il était venu, alors comment était-il sensé se rappeler où pouvait bien se trouver cette fichue école ? Bon, faisons par élimination. Réponse A : Au Nord ? Boarf, le Nord, ça sonne nordique, froid, polaire... On va éliminer le Nord, donc ! - Ne riez pas, il allait bien falloir prendre une décision un jour ou l'autre ! - Réponse B: L'Ouest. Je sais pas pourquoi, ça m'inspire pas trop confiance, l'Ouest. C'est peut être la façon dont ça sonne en bouche... Ouuu-ess-teuh. C'est désagréable, vous trouvez pas ? Tant pis pour l'Ouest, hein ! Réponse C: l'Est. Ma foi, l'Est, ça semble pas si mal à première vue. Une seule syllabe - ne lui dîtes pas qu'il y a une seule syllabe dans tous, hein - un E au début, comme Eden. C'est prometteur, l'Est, non ? Allez, on garde l'Est sous le coude. Et donc, réponse D : la réponse D ! sbaf/ Le Sud. Dernière possibilité. Le Sud, ça sonne chaleur, tropiques, soleil... Si c'est pas engageant, ça, franchement ! On tient le bon bout, vous croyez pas ? ... Bon, d'accord, c'est naze. Il est naze. Il a aucune idée du chemin à suivre et il n'ose pas le dire à sa chérie qui croit en lui. Pathétique, hein ? Su-per pathétique même... A moins que, attendez... Y'a un truc bizarre, là, non ? Pourquoi c'est si... Silencieux, tout d'un coup ?

      « Edeeen, dis quelque chose pour me rassurer s'il te plait, mens moi si y faut mais là... » Le rappela-t-elle à l'ordre alors qu'il lui lança, de par en dessus, un sourire de guingois qui avait plus l'air d'une grimace qu'autre chose; cela sembla d'ailleurs l'alerter puisqu'elle se sentit obligée de lui demander des nouvelles de son état. « Et toi, t'es sûr que ça va ? »
      « Chut. » Lui intima-t-il en posant deux doigts sur ses lèvres, tendant l'oreille, sourcils en arrière. « J'entends plus le vent. » Remarqua-t-il soudain avec un air d'imbécile heureux.

    Tournant la tête de tous côtés, il réalisa alors que la tempête s'était calmée et que, ô miracle, ils bénéficiaient d'une bien meilleure visibilité. Bon, la direction dans laquelle partir restait encore et toujours un mystère, mais au moins pourraient-ils marcher sans crouler sous les flocons, en avaler, être ensevelis... Enfin, vous avez saisi.

      « Enfin une éclaircie ! C'est un miracle ! » Sourit-il, tout guilleret, à deux doigts de chanter un "Hallelujaaah". « Je t'aime, tu sais ? »

    Non, il n'essayait pas du tout de gagner du temps... Ni de reculer le moment où il allait les entraîner au pif dans une direction qui avait une chance sur quatre d'être la bonne, pas du tout du tout du tout...

      « Et si on partait de... ce côté ? » Proposa-t-il, embarrassé, pointant son index vers... des arbres et des mottes de neige. De toute façon c'était la même de tous les côtés, hein. « Bon, d'accord, je l'avoue, je sais pas du tout où on est ni où aller. Je ne vois plus qu'une solution... Lancer des étincelles de détresse ? Ils font bien ça, dans les films, non ? Rouge, dans le ciel, et comme ça les sauveteurs les retrouvent... Non ? Tu as le droit de dire que je suis un crétin. Je t'en tiendrais pas rigueur. Mais bon... Juste au cas où! » Grimaça-t-il, penaud.

    Puis, sortant sa baguette de sa poche, il lança quand même ses étincelles débiles haut dans le ciel. Un sort élémentaire que même un singe unijambiste aurait réussi. Donc, même avec le cerveau ensuqué, c'était à sa portée. Elles crépitèrent une dizaine de secondes dans le ciel, se reflétant dans leurs yeux pointés vers celui-ci, avant de finalement s'évanouir en se dispersant.

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MessageSujet: Re: How long have I been in this storm ?   Dim 20 Mar - 2:16


    Fedor, ironie pour un russe il est vrai, n'avait jamais aimé la neige. Il était de ces gens qui ont des affinités innées avec la chaleur et n'aime pas la sensation d'engourdissement que provoque le froid. Pourtant, Dieu savait que le jeune homme aimer frissonner. Et je ne fais pas uniquement référence à son penchant maladif pour le risque et son petit côté challenger irresponsable. Mais pas de froid. Le froid était pour lui une plaie. Et en hiver, monsieur est donc plus bougon. Plus enclin à se plaindre. C'est d'ailleurs la première chose qu'il fit lorsqu'une petite tête rousse passa son bureau pour venir l'avertir qu'on avait besoin de lui, dehors, parce que deux gamins étaient sorti malgré l'avertissement. Quel avertissement ? Celui de la météo qui annonçait une tempête de neige qu'avait relayé les professeurs dans le réfectoire ce matin, demandant aux étudiants de rester à l'intérieur aujourd'hui. Sauf qu'apparemment, deux élèves n'avaient pas écouté, et s'ils étaient effectivement sorti de l'école, personne ne les avait vu re-rentrer depuis.

      - Quelle merde. Lâcha-t-il pour la troisième fois consécutive, tout en enfilant des moufles, une écharpe, et un bonnet péruvien dont les pompons pendaient mollement sur son torse.

    Dès qu'il avait posé ses yeux par la fenêtre, et qu'il avait vu les flocons s'écraser contre la vitre, le brouillard épais et neigeux, ainsi que le vent qui faisait trembler les branches et voler en tout sens la poudreuse, il avait commencé à jurer dans sa barbe comme un charretier. Parce que oui, il allait bien finir par devoir sortir. Et que non, il n'en avait pas du tout envie, parce qu'il allait clairement se geler les miches, et qu'il préférait cent fois rester dans son petit bureau, confiné dans la chaleur de l'école. Pourquoi ces idiots étaient-ils sortis, d'ailleurs, hein ? Ils avaient envie de mourir de froid ? Franchement, fallait aller mal dans sa tête, hein !

      - C'est bien ma veine, ça, tiens... Marmonna-t-il en sortant de l'infirmerie, plus habillé que jamais.

    Il avait mis tellement de couches - sous pull, tricot de peau, pull, manteau... - qu'on aurait dit qu'il avait pris au moins 5 kilos ! Mais il s'en fichait. Il n'avait pas envie d'avoir d'engelures ou de lèvres gercées - oui parce qu'il avait aussi mis du stick à lèvres, sans rire, et gardez pour vous vos réflexions, sinon il va se fâcher - ou tout autre désagrément lié au froid. C'était déjà assez désagréable de sortir par ce froid polaire ! Mais, après plusieurs soupirs résignés, il finit par atterrir dehors, ses bras serrés contre lui et la tête basse. La tempête avait commencé il y a une bonne heure et avait déjà commencé à se calmer. Le vent violent des instants précédents s'était transformé en brise, mais la poudreuse s'était suffisamment amassée pour qu'il s'enfonce jusqu'aux chevilles. Il remercia ses bottes imperméables silencieusement en s'aventurant dans les bois. Et le brouillard qui s'était dissipé, aussi, tant qu'à faire, au moins, il les retrouverait plus vite - ou plutôt, l'espérait, en tous cas.

      - EHHH OOOH ! Bandes de cas sociaux, vous m'entendeeez ? Y'a quelqu'un dans cette fichue foret ? Appela-t-il, de mauvaise grâce - oh, ça va, hein, c'était déjà bien qu'il y soit allé ! EEEEH OOOOOOH !

    Un long soupir, qui embua l'air, fendit alors qu'aucune réponse ne lui parvenait. Il n'avait aucune espèce de piste à suivre puisque la neige avait déjà tout recouvert. Il allait à nouveau jurer dans sa barbe lorsque soudain, comme pour répondre à ses protestations silencieuses, la "piste" à remonter vint du ciel. Sous la forme d'étincelles, rouge criard, déchirant la blancheur immaculé de l'atmosphère. Un sourire ravi se fondit sur son visage alors qu'il partit à vive allure vers la source de ces étincelles de secours. Ravissement qui se changea rapidement en inquiétude lorsqu'il se rappela la signification de ces dîtes étincelles : un appel au secours. En quelques enjambées, courant à petites foulées, il se retrouva soudain dans une clairière où du bois avait été disposé en tas. C'était sûrement le signe qu'il était sur la bonne route. Il n'avait plus assez de souffle - courir et parler en même temps, c'est un peu compliqué - pour appeler et chercher à obtenir une réponse, mais il continua d'avancer, confiant. Puis, soudain, il déboucha sur une autre clairière et découvrit enfin le couple de promeneurs inconscients, enlacés l'un dans l'autre. Le soulagement qu'il éprouva en posant ses yeux sur eux étaient purement indescriptibles.

      - Ah... Vous voilà... Enfin ! Souffla-t-il, reprenant vaguement son souffle ; il était endurant et cette petite course était de la rigolade pour lui, pas comme pour Eden qui avait failli crever après trois mètres. Qu'est-ce qui vous a pris de sortir par ce temps ? Vous êtes maboules ! Les sermonna-t-il gentiment, tout en se délestant de son manteau à contre cœur pour le poser sur les épaules de la demoiselle qui semblait complètement frigorifiée.

    Elle était aussi bleue qu'un glaçon. Et le garçon, lui, avait une vilaine plaie à la tête qui retint toute l'attention de l'infirmier.

      - Venez, rentrons, vous vous expliquerez en chemin. Leur emboîta-t-il le pas en prenant la demoiselle par les épaules sans cesser de fixer le crâne du jeune homme. Il ne faudrait pas que cette blessure s'infecte le temps que vous me contiez le, je n'en doute pas, long récit de vos folles aventures. Dépêchons, avant que la tempête ne se lève à nouveau. Les pressa-t-il, pas décidé du tout à rester à son tour coincé dans une tempête de neige.

    Plutôt mourir !!!!

    ~ end.
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