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 {{ Don’t want to let you down, but I am hell bound {Charles}

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Maarifa Sihr

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MessageSujet: {{ Don’t want to let you down, but I am hell bound {Charles}   Jeu 22 Aoû - 20:18

INFORMATIONS SUR LE SUJET


Date : Septembre 1012, une semaine après le bal, la veille du match de quidditch
Intrigue en cours : Post bal / pré match vieux vs d'jeuns
Protagonistes : Charles Taylor & Nephys Castel
Statut du sujet : Privé
Intervention du MJ : Non merci, en tout cas pas pour le moment *-*


« When the curtain’s call
Is the last of all
When the lights fade out
All the sinners crawl »



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When you feel my heat
Look into my eyes,
It’s where my demons hide.


Ce qui s'était passé au bal allait au-delà de l'entendement. Pas forcément pour cette fenêtre qui avait volé en éclat ou pour ce cadavre que l'ancien professeur de droit et justice avait ramené avec lui, mais juste pour cette rencontre inattendue qu'elle avait faite, hors de son identité pesante. Chaque minute passée en sa compagnie avait été une bouffée d'air frais revitalisante, au point même qu'elle en avait laissé Gaël dans son coin, apprenant à découvrir cette nouvelle liberté. Le retour à la réalité, bien trop brusque, en avait été douloureux. Elle étouffait à nouveau, Gaël était de nouveau inaccessible, et elle se retrouvait de nouveau seule. L'histoire de sa vie, se disait-elle, fataliste. Mais les heures de la nuit avaient alors défilé les unes après les autres, et, dans son lit, ses cheveux blonds révélant sa reprise d'identité, Nephtys s'était mise à rêver éveillée. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil, et pourtant, il restait dans son esprit une part d'irréel, de cette bulle qu'elle s'était créée le temps de la soirée avec celui qui, l'année précédente encore, était son professeur. Ces sentiments de liberté ne s'étaient pas totalement évanouis, mais elle savait qu'ils ne reviendraient jamais. Comme elle n'avait pas su retenir Gaël, elle n'était pas restée auprès de Charles Taylor ce soir-là lorsqu'il lui avait tendu la main. Autant de regrets qui s'accumulaient, autant d'espoirs qui s'évaporaient. Les jours suivants, elle n'avait pas plus prêté que ça attention aux polémiques qui avaient suivi cet épisode douloureux du bal. Elle ne pouvait s'empêcher de revivre cette soirée-là, quelque part, sachant pertinemment qu'aucune solution n'était envisageable. Ce qu'elle avait vécu comme le présent quelques jours auparavant seulement appartenait maintenant bel et bien au passé, et elle ne pouvait pas y remédier. Ce qui lui avait provoqué cette sensation de bien-être était basée sur l'absence de Nephtys Castel, sur cette blonde que tout le monde détestait à sa façon, mais elle n'avait guère d'autre choix que de vivre ainsi, avec l'image et l'histoire qu'elle s'était construites au fil des ans. Changer d'école n'avait pas suffi, pas plus que de laisser Shérine derrière elle, et ça, Billie lui avait bien fait comprendre. Par contre, oublier elle-même qui elle était, le temps d'une soirée, avait été libérateur à un point qu'elle n'avait osé espérer... Peut-être et même probablement parce qu'une licorne avait croisé son chemin, ce soir-là. Parce qu'à travers son regard, elle s'était sentie différente, et pour la première fois depuis Gaël, elle s'était sentie valoir quelque chose aux yeux de quelqu'un. Mais cette fois, ce n'était pas le regard d'un homme qui se contentait de profiter de sa présence dans ses draps. Gaël, quelque part, l'avait découverte sans à-priori, mais jamais il ne l'avait appréciée pour autre chose que ces ébats passionnés et les quelques conversations apaisées qu'ils étaient amenés à échanger ensuite. C'était le départ de celui-ci, sans se retourner, qui avait confirmé ses craintes. Et ne pas avoir été Nephtys, ce soir de bal, l'avait, quelque part, débarrassée de ce poids-là, cette sensation de n'être suffisante pour personne. Ne pas attraper la main que son ancien professeur lui avait tendue à la suite de l'incident lui avait brisé le cœur, mais c'était la seule issue possible. Quel traitement aurait-il réservé à une menteuse ? Une de ses anciennes étudiantes qui s'était joué du thème déguisé de la soirée pour devenir quelqu'un d'autre ? Une voie sans issue... Une voie sans issue, et pourtant.

Les jours avaient défilé, à la fois plus lourds et plus légers. Mais la hantait encore le souvenir de cette soirée, les regards de Gaël et ce dernier coup d’œil brisé que lui avait lancé Taylor. Les cours continuaient, et elle se surprenait à regretter de ne plus faire de duel. Pourtant, elle avait croisé le chemin de Charles à plusieurs reprises, échappant de peu à la statique immobile de celle qui regrettait la soirée passée avec une licorne. Elle se demandait ce qu'il faisait, lui, ce qu'il pensait. Il devait déjà l'avoir oubliée, mais cette idée lui trottait dans la tête inlassablement. Elle passait à quelques mètres de lui et ne pouvait s'empêcher de l'observer, maintenant qu'elle le connaissait différemment. Son secret, elle le savait, puisqu'il avait passé la soirée, n'aurait que peu de chances de lui être révélé, et ce n'était peut-être pas plus mal. Mais avait-il recherché une nouvelle employée de l'école aux cheveux roux ? S'était-il demandé plus longtemps qui elle était ? S'était-il douté, à un seul instant, de son identité ? De ses prunelles bleutées, elle l'avait observé dans les couloirs clairs de l'école lorsqu'elle était amenée à le croiser, mais jamais elle ne l'avait arrêté. Elle ne l'avait pas fixé avec insistance non plus, elle s'était contentée de... le voir d'un œil tout différent. En se demandant si sa vie à lui avait repris comme si rien ne s'était passé. Elle, elle ne pouvait pas oublier, et elle s'en sentait incroyablement ridicule. Elle se sentait faible, ce sentiment qu'elle s'efforçait d'éradiquer de sa vie depuis toujours. Et elle était prête à vivre ainsi, à attendre patiemment que tout revienne à la normale. Elle voulait tout oublier de son passé, les peines comme les joies, car au final, les deux avaient la même incidence sur son présent : lui rappeler qu'elle était incroyablement seule.

... Non, elle ne pourrait pas attendre. Non, elle n'en aurait pas la force, pas plus qu'elle ne pouvait laisser s'échapper cette chance, bien que minime, de revoir briller l'éclat des yeux de son ancien professeur, comme s'ils s'étaient entendus depuis des années, comme si leur relation avait été aussi naturelle que saine et sereine. Et Nephtys, pour la première fois, ne prit pas la peine de concocter un plan dont elle maitriserait chaque option envisageable, chacun des gestes et chacune des paroles qu'elle aurait à fournir pour tout soit parfaitement encadré, pour que tout se déroule comme elle se l'était imaginée. Non, cette fois, elle n'avait qu'une idée. Et c'est seule, avec cette idée, en soirée, après la fin des cours, qu'elle avait rejoint les toilettes les plus proches du bureau de son ancien professeur. Qu'elle avait changé sa robe pour un modèle beige et noir et lancé un sort à sa chevelure. Elle s'était regardée fixement dans le miroir en se demandant si c'était une bonne idée. Mais elle avait déjà eu des idées pires que celle-là, n'est-ce pas ? Que pouvait-il se passer de pire ? Refermant son sac à main ensorcelé sur l'ensemble de son ancienne tenue, Nephtys fit claquer ses talons contre les dalles carrelées de la pièce avant de la quitter, respirant intensément pour trouver le courage qui, clairement, lui manquait. Elle avait un couloir à traverser... un seul couloir. Et elle serait devant sa porte. S'il était là ? Elle l'espérait fortement, elle ne se voyait pas le chercher jusque dans ses appartements. D'une démarche assurée, la rousse traversa le couloir presque désert. A cette heure-ci, les étudiants les plus sérieux étaient probablement en train de faire leurs devoirs, et les moins sérieux en train de profiter de leurs amis. La porte était là, elle s'en rapprochait... trop vite. La voilà. Elle était arrêtée devant. Il était toujours temps de faire demi-tour. Il était toujours temps de prétendre qu'elle n'avait pas fait l'erreur de succomber à sa faiblesse et que ce n'était pas arrivé. Mais, sans qu'elle ne puisse l'expliquer, sa main était déjà en train de frapper à la porte de bois. Quelques instants passèrent, qui semblèrent une éternité. Elle n'avait le contrôle sur rien d'autre que son allure, et elle savait pertinemment que ce type de situations ne lui avait jamais rien apporté de bon. Dévorée par son angoisse, elle resta muette lorsque la porte s'ouvrit. Que pouvait-elle dire ? « Je t'avais dit qu'on se reverrait... » Pourquoi avait-elle l'impression d'être la plus nécessiteuse des deux ? Comme si elle courrait à en perdre haleine derrière la moindre impression de reconnaissance qu'on pouvait lui offrir...

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MessageSujet: Re: {{ Don’t want to let you down, but I am hell bound {Charles}   Ven 23 Aoû - 16:48



So they dug my grave
And the masquerade
Will come calling out
At the mess I've made.

Une semaine s’était écoulée depuis le bal de la rentrée. Une semaine insipide dans la vie du professeur. Il avait vaguement tenté de contribuer aux conséquences de la perturbation ayant clôturée cette soirée, avant de rapidement comprendre qu’il ne s’agissait pas de ses prérogatives. Mieux valait se concentrer sur ses cours. Mouais.

Il avait gardé l’œil ouvert pendant un moment, dévisageant un peu trop longuement la plupart des gens qu’il croisait. Il avait posé quelques questions discrètes, à propos de nouveaux membres du personnel. Sans grand succès. Ses regards se firent moins insistants; ses questions portèrent de plus en plus sur la météo à venir. Le miracle s’estompait, laissant derrière-lui une impression d’étrange circonstance. Son univers, qui avait fiévreusement explosé l’espace d’une nuit, se recentrait sur le sanctuaire dysfonctionnel qu’était son bureau. Il n’avait généralement pas le cœur de quitter l’endroit pour la nuit, s’endormant d’épuisement sur son délire du moment. Qu’il s’agisse de grands discours européens, de l’histoire du chemin de fer américain ou d’une reprise d’une pièce de théâtre japonaise (les costumes trainaient encore dans un coin, en fait).

Retour au long miasme tranquille qu’était devenue son existence, donc, agrémenté de quelques interventions de ses bons amis d’Europe de l’est qui lui avait demandé de soutirer, coûte que coûte, certaines informations de la petite Sadikov… et de quelques petits coups, frappés à sa porte. Sa première pensée fut pour Bobor, qui ne passait cependant généralement pas avant les petites heures du matin. Un élève, donc ? Qui serait assez bête pour venir lui poser des questions après ce premier cours franchement bidon ?

Ces réflexions furent balayées par un vent, que dis-je, un ouragan de panique : en effet, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. S’il ne s’agissait pas de Bobor, il aurait l’air d’un prédateur complètement déjanté, et cela le conduirait directement au trou. Renversant quelques piles de magazines sur les Marsupilamis sud-africains, entre autre excentricité, il se précipita pour faire pivoter son tableau sur son axe, projetant bruyamment au sol deux bouteilles de bière au beurre vide dans le processus. Poussant les éclats de verre sous son bureau du pied, il réalisa que le côté B contenait encore l’esquisse franchement approximative du radeau de la méduse, réalisée avec une craie blanche, une craie rouge et d’attachants personnages allumettes.

« Au moins, ce n’est plus miss septembre 2011… ».

Une dénommée Morgane, pour les intéressés.

Rajustant grossièrement sa chemise un peu froissée, se passant une main dans les cheveux, il ouvrit FINALEMENT la porte, révélant…

Elle.

Il demeura un moment bouche-bée, la regardant sans afficher la moindre expression.

Vraiment ? Elle ? Ici ? Maintenant ?

« Je t'avais dit qu'on se reverrait... »

Sans dire un mot, il regarda par-dessus l’épaule gauche de Nephtys, puis la droite… et lui referma la porte au nez.

Lorsqu’il avait perdu le fol espoir de la retrouver, ces derniers jours, il s’était remis à penser clairement. Et au final, il n’y avait que deux explications plausibles à l’apparition de cette mystérieuse inconnue, l’espace d’une soirée. Soit il s’agissait d’un pari de la part de ses étudiants, et ils s’étaient servis d’une potion ou d’un sort quelconque pour ne pas être reconnus. Soit il s’agissait de quelque chose de plus sinistre.  

Mais dans les deux cas, c’était le genre de situation qu’il accueillait à bras ouvert. Tout sauf cette satanée grisaille!

C’est donc tout sourire qu’il ré-ouvrit la porte, fier de son coup.

« Mais non, je plaisante, franchement! Allez, entre, entre. Don’t be a stranger. Sois prudente, par contre, je n’attendais pas vraiment de compagnie, alors c’est un peu… hem… comment dire… une ode à la vie ? ».

Il se poussa légèrement pour la laisser entrer, la précédent jusqu’au bureau contre lequel il s’appuya. D’ordinaire loquace, il ne savait cette fois trouver les mots. En toute honnêteté, il n’aurait pas crû la revoir un jour, malgré son ultime promesse. De la voir ainsi pénétrer dans son petit univers, sans avertissement, c’était tout simplement grisant. Effrayant, mais grisant.

« Je t’en prie, installe-toi comme bon te semble! Il n’y a rien ici qui ne survivra à une petite relocalisation, ou de se voir un peu compressé. ».

Il ramassa un amoncèlement de livres ayant les duels pour sujet sur la chaise la plus en vue, pour aller les déposer dans un coin et revenir se repositionner contre le bureau. Il s’appliquait systématiquement à les laisser bien en vue, au cas où quelqu’un d’officiel débarquerait à l’improviste.

« Je n’avais pas réalisé que dans les contes des Milles et nuit où tu résides, les after s’étirent sur la semaine. Auquel cas tu es juste à temps, je suppose : la fête bat son plein! Tu n’as pas manqué grand-chose, je te rassure. ».

Le bazar qui les entourait était éclairé par un chandelier posé sur un coin du bureau et par une bougie dont la cire s'écoulait sur une série de cartes de sorciers tirées de chocogrenouilles.

« Il semblerait que j’ai eu raison sur toute la ligne, Mirage : tu n’étais pas déguisée lors du bal. Je le savais depuis le début.».

Il n’avait aucune idée de ce qui se passait. Mais il ne pouvait s’empêcher de sourire, et de babiller. Un peu comme un serin qu’on réveille au beau milieu de la nuit en allumant la lumière pour se prendre un verre d’eau.

« Alors, quel bon vent te ramène sur Elderwood ? Tu es venu m’offrir un job à la C.I.A des sorciers ? Ou bien m’engueuler parce que je n’ai pas donné une assez bonne note à ta soeur ? ».

C’était impossible de ne pas percevoir le danger éminent tapis derrière le mystère de ses prunelles. Après tout, la dernière fois qu’elle était apparue, tout ne c’était pas terminé à merveille, et il ne savait, au final, à peu près rien d’elle. Leur connexion était trop belle, trop naturellement spontanée pour être vraie : il devait y avoir anguille sous roche, qu’il s’agisse d’une potion ou d’un ensorcellement. Pour ce qu’il en savait, elle pouvait même être la fille de Ropovic venue pour venger son honneur, ou une pléthore de trucs du genre. Mais Charles n’en avait cure. He would have followed her to hell and back again, with an inextinguishable smile on his face, her hand in his, laughing at the faces of demons.








[ndlr : Ropovic est un grand maître du duel magique, ami du directeur Kiely. Charles a joint une fausse lettre de référence de cet homme à sa candidature, afin d'avoir le poste de professeur de duel.]
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MessageSujet: Re: {{ Don’t want to let you down, but I am hell bound {Charles}   Mer 28 Aoû - 23:57

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Exposer la vérité à quiconque à n'importe quel sujet aurait été une véritable trahison envers elle-même, envers ce pourquoi elle se battait depuis toutes ces années. La vérité, le plus souvent, ne faisait qu'apporter ennuis et malheur, tristesse et désarroi. Pourquoi, alors, s'en encombrer ? Parce qu'elle était libératrice, disaient certains. Mais Nephtys n'avait jamais connu cette liberté-là, et une des seules situation qui s'en était approchée était basée sur le mensonge même, sur des cheveux roux qui n'étaient les siens, une identité cachée, inventée, créée de toute pièce. La dernière fois qu'elle avait essayée de s'alléger de ce poids que représentait cette mascarade, celui auquel elle s'était confiée avait préféré la laisser de côté, adoptant la fuite dès le premier obstacle qui venait entacher la simple, mais pourtant douce relation qui les liait alors. Comment, après une telle expérience, pouvait-elle décemment penser que la vérité n'apportait qu'un affranchissement de toutes pensées parasites ? Et pourtant... pourtant, elle lui apparaissait maintenant comme la seule issue à ce qui la taraudait depuis une semaine, qu'elle soit éveillée ou endormie. Mais c'était un pas monstrueux à faire, un saut au-dessus d'un ravin en feu. Une étape qui la paralysait à sa seule pensée.

Pourtant, elle avait frappé à la porte de son bureau. Elle n'avait rien préparé, pour une fois, et elle le regrettait alors qu'elle sentait son cœur s'affoler. Elle se sentait ridicule et lâche à la fois, comme une enfant perdue et désespérée à la recherche d'un parent. Pendant ces longs instants d'attente, elle se prépara à faire demi-tour à plusieurs reprises, s'imaginant une multitude d'options qui ne joueraient pas en sa faveur. Il pouvait l'avoir oubliée, il pouvait avoir décelé son secret, il pouvait la trouver ridicule de frapper à sa porte alors qu'ils se connaissaient à peine, il pouvait être occupé à faire quelque chose de sans aucun doute plus intéressant... tellement de possibilités qui la figeaient son geste alors qu'elle ne demandait qu'à décamper pour laisser ses cheveux roux dans son imaginaire, à l'abri du regard de son ancien professeur. Que venait-elle faire ici, au juste ? Elle n'en avait aucune idée. C'était son changement d'identité qu'elle avait planifié, quant au reste, elle comptait sur ce que certains appelaient le feeling. Et là, elle se rendait compte qu'elle n'en avait pas. Elle avait été trop habituée à calculer ses gestes et ses paroles dans les moindres détails pour être spontanée dans une telle situation. Perdue dans ses pensées, Nephtys n'entendit même pas des bouteilles éclater à l'intérieur. Alors, quand elle vit la porte du bureau s'ouvrir sur celui qui avait été son cavalier pendant une brève soirée qui s'était conclue en une catastrophe... Le silence. Elle aurait mieux fait de s'en aller lorsqu'elle en avait encore l'occasion, se disait-elle, alors qu'elle parvenait difficilement à articuler quelques mots. Elle fronça les sourcils en observant sa réaction, mais bientôt, la porte se refermait à nouveau, comme si rien ne s'était passé. Bouche bée, la rousse recula d'un pas, étranglant un sanglot alors qu'elle réalisait qu'elle avait été bien bête de boire les paroles qu'il lui avait servies ce soir-là. Voilà maintenant qu'il prétendait ne pas la connaître... Le meilleur scénario possible aurait maintenant été qu'il ait été alcoolisé lorsqu'ils s'étaient rencontrés, expliquant le trou noir dont il était vraisemblablement sujet quant aux faits qui la hantaient encore. A présent seule face à une porte désespéramment fermée, Nephtys sentait, pour la première fois dans un lieu public et depuis des années, les larmes lui monter aux yeux. Pourquoi ne retenait-elle jamais ses leçons ? Pourquoi oubliait-elle toujours que les belles paroles et les promesses idéalistes n'étaient réalistes que dans des histoires utopiques ? Alors, maintenant qu'elle s'apprêtait à retourner sur ses pas pour laisser ses longues cheveux blonds retomber sur ses épaules, c'est avec un regard complétement défait qu'elle regarda le professeur ouvrir à nouveau sa porte, tout sourire. Était-ce une blague ? Une erreur ? Elle n'était plus tellement sûre de quoi que ce soit, y compris de vouloir le voir. Parce que si quelques espoirs venaient de renaître, elle savait qu'elle n'en tomberait que de plus haut lorsque tout s'avérerait aussi faux que ses cheveux actuels. « Mais non, je plaisante, franchement! Allez, entre, entre. Don’t be a stranger. Sois prudente, par contre, je n’attendais pas vraiment de compagnie, alors c’est un peu… hem… comment dire… une ode à la vie ? » disait-il alors qu'elle clignait bêtement des yeux pour retenir ses larmes, et comme pour doucement reprendre ses esprits. Que disait-il, au juste ? Ah, il plaisantait. « C'était une blague ? » demanda-t-elle, hésitante, alors qu'elle embraya le pas du jeune homme, se demandant une nouvelle fois si la fuite n'aurait pas été plus raisonnable. Elle le suivait jusqu'à son bureau, contre lequel il s'installait, alors qu'elle s'efforçait de laisser de côté la pensée d'avoir déjà fréquenté la pièce, dans d'autres circonstances... davantage éducatives. Le silence qui s'était installé devenait oppressant, tout du moins pour elle. Car même si elle avait tout le temps de mûrir ses idées dehors, elle ne savait toujours pas pourquoi elle était là, ou ce qu'elle pourrait lui dire. Peut-être qu'il lut sans ses pensées, ou peut-être qu'il se sentit obligé de dire quelque chose, mais c'est lui qui brisa le silence, pour son plus grand soulagement. « Je t’en prie, installe-toi comme bon te semble! Il n’y a rien ici qui ne survivra à une petite relocalisation, ou de se voir un peu compressé. » Nephtys laissa un sourire lui échapper alors qu'elle parcourut rapidement la pièce du regard pour se focaliser sur une chaise qu'il débarassait, probablement destinée à ses étudiants, de laquelle elle s'approcha pour s'y assoir, croisant les jambes en se demandant ce qui pourrait suivre. Elle ne savait toujours pas quoi dire, et pourtant, elle était toujours là, toujours avec l'idée que venir avait été inévitable. « J'aime bien ton organisation, » glissa-t-elle, amusée, « c'est cosy. » Pourtant, elle ne savait quoi ajouter de plus. Les banalités, la politesse, tout ça, elle savait faire. Mais s'il fallait reparler de l'autre soir... « Je n’avais pas réalisé que dans les contes des Milles et nuit où tu résides, les after s’étirent sur la semaine. Auquel cas tu es juste à temps, je suppose : la fête bat son plein! Tu n’as pas manqué grand-chose, je te rassure. » C'est donc lui qui s'enquit de revenir à cette histoire le premier. Et autant elle était touchée, autant elle réalisait qu'il ferait une chute vertigineuse le jour où il se rendrait compte qu'elle n'avait rien à voir avec ces héroïnes qu'il décrivait. « Une fête, je ne sais pas. Si elles doivent s'achever comme la dernière, je préfère autant passer un moment tranquille avec un... ami. Ça suffit à mon bonheur. » Un ami ? Sérieusement ? Il avait été son professeur, et le jour où il s'en rendrait compte, tout volerait en éclat ! Elle tendait le bâton pour se faire battre... et pourtant, c'était plus fort qu'elle. Pas pour flatter l'ego de quiconque, mais juste parce que c'était ce qu'elle ressentait, et qu'aux côtés de Charles Taylor, comme à ceux de Gaël autrefois, elle se sentait différente. Comme si son passé ne comptait pas. Comme si... comme si elle était appréciée pour ce qu'elle était, à ce présent précis.

Et boum. La bombe.

« Il semblerait que j’ai eu raison sur toute la ligne, Mirage : tu n’étais pas déguisée lors du bal. Je le savais depuis le début. »

Non, non. Ça ne pouvait pas s'arrêter comme ça. Et pourtant, elle se devait d'être sincère. Les mensonges l'avaient menée là où elle était à présent, et elle s'était promis, quelque part, de ne pas répéter ses erreurs. Mais cette vérité-là était des plus difficiles à lâcher, car elle équivalait, quelque part, à admettre que tout, depuis le début, était basée sur un mensonge plus gros qu'elle. Alors, Nephtys laissa ses pupilles bleutées s'échapper de l'attrait de son interlocuteur pour fixer sa main, posée sur sa jambe, avec une stature parfaite et typique de celle qu'elle s'efforçait d'oublier. « Alors, quel bon vent te ramène sur Elderwood ? Tu es venu m’offrir un job à la C.I.A des sorciers ? » continuait-il alors qu'elle cherchait comme avouer à demi-mot tout ce qui la travaillait. « Ou bien m’engueuler parce que je n’ai pas donné une assez bonne note à ta sœur ? » Il était temps de respirer. Il était temps pour Nephtys de se confesser, quitte à perdre ce petit monde qu'ils avaient crée, et qui l'avait fait rêver pendant près d'une semaine. Il valait mieux tout finir maintenant... que de vivre encore des mois, voire davantage, dans l'ombre d'une blague hypocrite. « Je... Je ne te rappelle vraiment personne ? » introduisit-elle donc en se forçant à le fixer. « J'étais déguisée, ce soir-là. Je le suis encore maintenant. Parce que que je pouvais pas me pointer sur le pas de ta porte en prétendant quoi que ce soit si tu ne me voyais pas telle que tu m'as connue, telle que tu m'as découverte. Mais je n'ai pas pris de polynectar... » A mesure qu'elle se rapprochait de la révélation ultime, Nephtys hésitait à le vouvoyer à nouveau. Ils retomberaient probablement dans une relation classique de professeur à élève, avec un bonus de haine provoquée par les mensonges. Parce que c'était tout ce que ceux-ci pouvaient apporter à une relation, quelle qu'elle soit, lorsqu'ils étaient révélés, même lorsqu'ils l'étaient dans un but des plus louables. « J'étais déjà là l'an dernier, je suis pas là pour t'offrir un job dans une organisation gouvernementale, j'en serais bien incapable. » Quant à sa sœur... Elle préférait ne pas parler de celle qui, un an encore auparavant, partageait son gnome avec elle avec de lui avouer qu'elles n'avaient jamais été de la même famille, que toute leur relation était un mensonge, et que c'était encore plus pratique comme ça. Que c'était plus pratique de tout plaquer, puisque rien ne les unissait, et qu'elle ne méritait pas mieux. « Je ne suis même pas partie cette semaine, et on s'est croisés plusieurs fois... » avançait-elle de nouveau avec la triste impression de laisser une enclume l'attirer vers les bas-fonds à mesure qu'elle donnait des indices sur son identité, se demandant quand il devinerait. Elle regrettait à chaque parole d'avoir pris cette décision de passer par la vérité vraie, et redoutait de plus en plus la réaction du jeune professeur. Elle réalisait également que si elle n'apparaissait pas sous les traits de celle qu'il appelait Mirage, alors, elle était transparente. Pour la première fois, elle se demandait comment il l'avait perçue lorsqu'elle était Nephtys. Si elle l'avait marqué en tant qu'étudiante, s'il se souviendrait de ce fait assez bien de son visage pour la reconnaître sous ce carré roux. Le dernier indice qu'elle lui donnerait passerait par le sort qui lui avait permis de changer de cheveux, mais... elle ne pouvait pas s'y résoudre. Pas pour le moment. Et, laissant le silence planer à nouveau, elle le fixait, attendant désespéramment la moindre réaction à ce qu'elle venait de lui annoncer et surtout, ce qu'elle s'efforçait de lui faire deviner.

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MessageSujet: Re: {{ Don’t want to let you down, but I am hell bound {Charles}   Sam 31 Aoû - 21:11

“Tu sais quand on devient un vieux professeur misanthrope dans mon genre, on réalise l’importance de se mettre à l’aise dans son antre. Puisque, de toute façon, plus personne n’ose venir nous rendre visite. »

C’était...étrange, de la revoir ainsi, créature de rêve matérialisée dans la on ne peut plus tangible et mondaine réalité de son bureau. Il était enchanté de la revoir, bien entendu. Mais il n’aurait pas cru que leur retrouvaille, si retrouvailles il y avait aurait lieue dans un tel cadre. Il s’imaginait la rencontrer par hasard à sa gauche lors d’une représentation de Die Walküre, sur un des parapets du Machu Picchu ou bien lors d’une soirée mondaine après le grand prix de Monaco, une flûte à la main. Il la saluerait comme si de rien n’était, avant de s’enquérir de son chat. Ou de savoir si elle souhaitait l’accompagner faire la tournée des vignobles californiens en maserati décapotable.

Mais surtout, sans toute cette tension qui semblait menacer de la faire exploser à tout moment. Il n’avait décidément pas choisi son moment pour faire le malin et lui refermer la porte au nez. En même temps, leurs démons réciproques les avaient jetés dans les bras l’un de l’autre une première fois. Il était utopique de s’imaginer qu’ils auraient disparus lors de la seconde manche.

Au fond, il ne s’était que peu attardé sérieusement à ce qui se produirait s’ils se revoyaient. Parce qu’alors, elle redeviendrait concrète. Il devait se l’admettre : le fait qu’elle ne disparaisse à jamais, emportant avec elle le fruit de ses confessions, avait fortement contribué à ce qu’il se permettre d’être lui-même. Ou plutôt, qu’il oublie d’être un autre. Vous savez, libéré de la possibilité d’une erreur qui lui coûterait la vie ?

Alors que son insouciante jovialité initiale laissait tout doucement place à une certaine perplexité, il la laissa poursuivre, notant d’un sourire son incertitude quant au terme à choisir pour le désigner, amusé d’avoir lui-même passé par le même cheminement. Il n’y avait pas de terme pour désigner quelqu’un que l’on vient de rencontrer, mais que l’on sait tissé selon le même patron.

Soutenant son regard, il l’écouta alors qu’elle le guidait lentement, mais sûrement, vers la vérité. Une vérité dont elle n’était visiblement guère enchantée. D’ordinaire doté d’un bon sens de la physionomie, il était tellement préoccupé par ces soucis ces derniers temps qu’il évitait avec un dévouement quasi religieux tout contact visuel prolongé avec les gens qu’ils croisaient, dans  une attitude qui tenait de la peur et de la honte.

Un silence intimidant s’établit ensuite, alors qu’elle semblait incapable de franchir le dernier pas sans son aide. Sans trop savoir comment il en était arrivé là, Charles se mit à partager son angoisse. Les évènements le dépassaient complètement. Pourquoi être venue le retrouver, si elle savait que cela la mettrait dans un tel état ? Pourquoi ne pas l’avoir gentiment envoyé paître dans les pâquerettes dès qu’il lui avait adressé la parole, une semaine plus tôt ? Quel étrange secret portait-elle ? Mais surtout ; qu’attendait-elle de lui ?

Quand soudain, tout devint clair. Comme il pouvait être bête! Tous ces mystères, cette complicité, ce besoin qu’il la reconnaisse…

“Je... tu ne peux pas être… ma fille… ? Je suis tellement désolé de ne pas t’avoir reconnu plus tôt, je n’avais même aucune idée que tu pouvais exister!! Ni de qui pourrait bien être ta mère… Je suis tellement désolé que tu aies grandi sans figure paternelle! Je te jure qu’à partir de maintenant… »

Minute, papillon.

“Non, attend, tu es beaucoup trop vieille pour que… est-ce…est-ce que je suis le père de ton enfant ? Merde…je veux dire… non c’est génial en fait, être père c’est cool, et je suis convaincu que la conception était flabergastante, mais merde de ne pas être resté avec toi. Ça fait longtemps ? Il est né ? Il a tes yeux ou les miens ? Tu lui a donné le nom de mon père ?»

Aussi étrange que cela puisse paraître, ce fut la réaction estomaquée de la jeune femme qui le mit, finalement, sur la bonne voie. Comment avait-il pu ne pas reconnaître ces yeux…

“Une petite seconde... Nephtys... Nephtys Castel, n’est-ce pas ? »

Il croisa les bras sur sa poitrine, sourire satisfait aux lèvres.

“Et bien ça alors… »

Jamais, parmi la centaine de possibilités que son esprit maniaque avait empruntées, il ne s’était arrêté sur celle que son Mirage était une étudiante. Elle faisait montre d’une telle maturité, d’une personnalité si riche… En même temps, la plupart des élèves qui se retrouvaient à Elderwood étaient des individus extraordinaires, sous une facette ou une autre. Et puis, même si elle ne s’en doutait pas, ils n’avaient que quelques années d’écart…

Il ne conservait que peu de souvenirs concrets de ces premiers étudiants, obsédés qu’il était par la peur d’être reconnu. Il limitait les conversations au strict minimum, réduisait autant la durée des cours qu’il le pouvait sans risquer de se le faire reprocher et donnait aussi peu de disponibilité que possible. Il va sans dire que ces façons de procéder limitait quelque peu l’établissement de contacts humains entre eux, et de ce fait, n’avait de Nepthys qu’une impression générale : belle, discrète et qui faisait ce qu’elle devait faire. Mais absolument pas le genre à se présenter seule à un bal.

Se relâchant, il s’assit sur son bureau d’une légère impulsion, les jambes se balançant légèrement dans le vide comme lorsqu’il était gamin, étouffant un fou rire.

“Alors, croyais-tu que je t’en voudrais de ne pas t’être réinscrite à mon cours ? J’aurais fait pareil à ta place si j’avais été de l’autre côté de la classe, je t’assure! Tu n’avais rien à craindre.»

Quel courage, que de se présenter ici pour abattre son masque. Quelles que soient ses intentions, elle ne pouvait visiblement supporter de jouer double-jeu, et avait préféré le risque de se mettre figurativement à nue –car c’est ce dont il s’agissait-  que celui de ne plus jamais le revoir. Comment ne pas être touché ?

“Je suis content de te revoir, Nephtys.»

Simple, et sincère.

Avec un peu de chance, il pourrait le demeurer.
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