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 They won't take our lives tonight | ft. Archi

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MessageSujet: They won't take our lives tonight | ft. Archi   Mer 17 Juil - 17:52

INFORMATIONS SUR LE SUJET


Date : septembre 2012
Intrigue en cours : Heu, pas loin du bal !
Protagonistes : Archibald Wilson & Cloée Gresham
Statut du sujet : Privé
Intervention du MJ : Nope


« When your fire's died out ... Follow me, and I, I will not desert you. »



    Isolated System ; Muse
    Archibald & Cloée

    On était en septembre. L’année scolaire commençait à peine, et pourtant, tout était différent de la dernière fois que la petite brune avait franchi le seuil du château. Elle avait beau être consciente que le changement ne s’était propagé qu’uniquement dans son esprit abîmé par les obstacles, les odeurs semblaient modifiées. Toucher même les gouttes de la douce pluie qui tombait cette nuit-là semblait lui apporter moins de satisfaction. La réalité n’était plus la même : les individus s’activaient avec stress, oppression et accompagnés d’un visage fermé – le même pour tous : livide, froid, figé. La nature elle-même avait repris ses droits de son côté, sans se soucier de cette humanité qui l’avait tant blessée mais tentait de réparer ses erreurs. Quelles erreurs ? Y avait-il réellement un coupable à ce qui s’était produit avant l’été ? Question rhétorique. Personne ne devait porter cette responsabilité. Si il y avait bien un événement tragique pour lequel personne ne devait être garant, c’était bien celui-là. L’on pouvait balancer des noms par centaines, par milliers, lorsque l’on parlait de drames quotidiens et malheureusement devenus normaux – la faim dans le monde, les injustices judiciaires, toute forme de corruption. Un homme assis dans la rue parce qu’elle est devenue sa maison, mais à qui on ne prête même plus attention. Ou cette fille, cet adolescent, cette vieille femme, tous fatigués par la vie que l’on leur impose.
    Mais là, en l’occurrence, lorsque la pleine lune choisit de jouer un petit tour à Elderwood, personne ne pouvait réellement en assumer les conséquences. Alors, oui, peut-être…. Peut-être auraient-ils pu être mieux préparés, les professeurs. Les étudiants mieux entraînés en cas d’urgence. Peut-être aussi les lycans auraient pu être enfermés dans un donjon jusqu’à la fin d’une misérable et triste vie, comme ça tout le monde aurait pu être tranquille. Mais à vouloir enfermer la nature, la contrôler, elle ne fait que se montrer plus puissante, plus forte. Elle est la plus forte des armes, et encore une fois, elle en avait montré la preuve, bouleversant toute une génération – voire plusieurs – de sorciers. Plusieurs d’entre eux avaient trouvé la mort. D’autres luttaient encore au quotidien contre elle.


    Et Cloée Gresham dans tout cela ?
    Cloée continuait de se battre avec ses démons. Elle en avait toujours eu. Elle avait toujours dû faire face à son passé dans son quotidien. Elle avait juste été abandonnée une fois de plus. Comme d’habitude. Elle aurait pu vous affirmer, dans une autre vie, que l’habitude, justement, elle se prenait. Mais lorsqu’il s’agit de la personne à laquelle on tient le plus sur cette triste planète, du seul individu dont les bras peuvent protéger de la cruauté de la réalité ; lorsque l’on a finalement espéré trouver une personne digne de confiance, à qui s’attacher sans vraiment craindre un douloureux au revoir… non, on ne prend aucune habitude. Depuis plusieurs mois, le cœur de la petite fée étaient déchiré. A vrai dire, il avait été arraché de sa poitrine, découpé avec une pince à épiler, puis bouffé assaisonné avec une dose de bonne grosse douleur abominable, avant d’être soigneusement chié et avalé de nouveau par des fourmis, et peut-être même une créature magique trop bizarre qui était en train de le roter ou de le péter à des milliers d’années lumière d’ici.
    Alors oui, on lui avait fourni de judicieux conseils – à Cloée, pas à son petit cœur - : « tu verras, il te faudra du temps, mais tu l’oublieras » ou encore à coups de «il n’était pas assez bien pour toi ». Mais les gens, pouvaient-ils bien comprendre ce qui s’était réellement passé ? Savaient-ils la scène qui s’était déroulée ici même des mois auparavant ? Avaient-ils conscience de la douleur que les deux protagonistes avaient partagé, et partageaient encore certainement secrètement, chacun de leur côté ? Pouvaient-ils même se douter de l’état dans lequel Cloée s’était vue obligée de quitter celui qui représentait son monde ? Et les regards faussement triste de Gwen, remplis de pitié mêlée à du soulagement. Non, effectivement, Archibald Wilson ne pourrait plus faire de mal à Cloée Gresham. Il y a bien un moment où blesser davantage une personne n’est plus possible. Et lorsque l’on est mort, on ne pas mourir davantage aussi. Oui oui.

    Et voilà comment l’ancienne Poufsouffle se retrouvait ainsi, piégée avec elle-même, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. A se demander ce que devenait Archi. A se poser toujours les mêmes questions : un sourire avait-il réussi à se montrer sur son visage ? L’australien avait-il trouvé une jeune femme pour la remplacer – une plus jolie, plus grande, plus élancée, moins chiante, plus mature, qui n’aurait pas peur de lui, et sûrement même, qui serait comme lui ? Avait-il trouvé quelqu’un qui lui correspondait mieux ?
    Parce qu’en ce qui concernait Cloée, la réponse était plus que négative. Blessée jusqu’au plus profond de son être, ses cernes trahissaient son état psychologique. Elle buvait et fumait plus que jamais, devenait associale. On l’avait toujours trouvée bizarre, mais à présent, elle se cachait du monde. Ses pitreries, elle ne les faisait plus pour se faire remarquer. Elle les faisait pour espérer les apprécier comme c’était le cas il y avait des mois de cela. Chercher une raison de vivre, c’était ce qu’elle faisait en permanence. Et ce moment où même Gwen ne pouvait rien faire, elle l’avait toujours craint plus que tout. C’était comme si elles s’étaient dit adieu depuis longtemps. La communication entre les deux meilleures amies semblait rompue ; et Cloée creusait, encore et toujours, à la recherche de paillettes à remettre dans sa vie. Le silence était opressant en permanence. Elle n’entendait plus le monde, elle ne le sentait plus. Elle se demandait encore si elle le souhaitait. Et comme toujours, elle faisait bonne figure. Elle tentait de rester Cloée, parce que c’était tout ce qui lui restait : son personnage.
    Alors cette nuit-là, comme toutes les autres, elle sortit de l’espace clos dans lequel elle était sensée « se reposer », trouver le sommeil.
    Et elle hurla, là, devant cette forêt. A l’endroit où tout s’était fini. Car oui, il y avait bien eu une fin à sa vie.
    Son cri fût strident, raisonna entre les arbres. Si l’on faisait quelques pas dans la forêt, on aurait certainement surpris certaines bestioles apeurées courir chacune de leur côté. Mais là, tout ce que l’on voyait, c’était une petite brune, agenouillée, dont les larmes coulaient sur les joues livides, comme elles n’avaient pas réussi à le faire depuis la dernière fois que leur propriétaire avait foulé ce sol.
    Et la pluie s’y mêlait, comme pour demander pardon de la part de Maman Nature.


Dernière édition par Cloée E. Gresham le Sam 20 Juil - 12:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: They won't take our lives tonight | ft. Archi   Ven 19 Juil - 19:02


Archibald contemplait les gouttes de pluies qui s'écrasaient contre la grande fenêtre du couloir désert où il s'était réfugié. Pas n'importe quel couloir, cependant. C'était le couloir du troisième. Ce fameux couloir où... Il frissonna, secoua la tête, et chassa, une fois de plus, les images qui flashaient sous ses paupières. Inspirer. Reprendre le contrôle. Expirer. Rester calme. Recommencer, jusqu'à ce que la colère cesse d'affluer. Comme Ethan le leur avait enseigné. Surtout, ne pas céder à la violence. Au coup d'éclat qui pouvait, par d'affreux concours de circonstances, se révéler fatal, comme ils en avaient eu un aperçu certain... et pour Archibald, ce n'était d'ailleurs pas le premier. Brièvement, il repensa à ses parents, et à Ali, puis, plus récemment, à Oria, et au corps ensanglanté de Susi. Il pencha la tête en arrière, expulsant tout l'air de ses poumons tandis que ses yeux se mettaient subitement à le picoter. Il déglutit, se reprit. On était le bout milieu de la nuit. Ce n'était pas le moment de se laisser aller. Il n'avait, théoriquement, aucun droit d'être là, mais il s'en fichait. Il en avait besoin. Il ne savait pas trop pourquoi, il savait juste qu'il n'arrivait pas à dormir, que les événements tournaient en boucle dans sa tête, et qu'il fallait qu'il les évacue. Se rendre sur les lieux lui semblaient la seule façon d'y parvenir, d'y faire face, sans détour. Il se mettait au pied du mur. Littéralement. Ne tenait plus qu'à lui d'ensuite le dépasser. Peut être. Un jour. Ses doigts caressèrent la surface polie comme si ils traçaient les sillons laissés par l'eau alors que son regard se perdait au loin, ne souhaitant pas apercevoir son reflet. Il avait trop peur de voir se superposer aux siens ces deux grands yeux jaunes qu'il avait vu se matérialiser dans le carreau cette nuit là, avant que le verre ne vole en éclats et qu'il s'élance par l'ouverture. C'est alors que ses pensées volaient vers Konstantine que son regard accrocha soudain une silhouette, dehors, dans le lointain. Il devait y avoir une bonne centaine de mètres, voir bien plus, entre lui et cette personne, pourtant, il la reconnaissait. Dans la nuit noire, nul doute qu'un être humain normal ne l'aurait même pas distinguée, ou à peine, mais Archibald, lui, la voyait comme à travers un télescope, se découper dans la pénombre... Non loin de la lisière de la forêt, se tenait Cloée.

En moins de temps qu'il ne lui en avait fallu pour décider de sortir de son lit une fois de plus et de braver la sécurité du dortoir, il avait pris la décision de la rejoindre. Il se demandait, en son fort, comment elle avait fait pour éviter les différentes patrouilles d'Auror, renforcées depuis le drame, avant de se souvenir que c'était de Cloée, dont on parlait. Une jeune fille qui avait vécu dans la rue. Qui avait toujours sur se démerder toute seule et connaissait des combines qu'elle était sûrement la seule, dans cette école, à connaître. Archibald, lui, n'aurait aucun mal à sortir. Il était un lycan, il savait ce qu'il faisait. Le seul soucis qu'il aurait pu avoir aurait été avec une quelconque barrière magique mais, fort heureusement, le passage qu'il emprunta lui permit de le contourner, si bien qu'en un rien de temps, il fut dehors. Sans prendre la peine d'essayer d'éviter les flaques ni de mettre sa main en visière, il avançait à grand pas. Il ne l'avait pas entendue mais il le devinait, à sa respiration, son rythme cardiaque, sa position prostrée, elle avait crié. Et maintenant, elle pleurait. Comme cette fameuse journée, à l'aube. L'aube de leur nouvelle vie à tous les deux. Il l'avait compris instantanément, contrairement à elle, et avait fait en sorte de l'accepter. Leur histoire était morte dans l'oeuf, c'était comme ça. Non, c'était mieux comme ça. Mieux valait qu'ils ne soient pas allés trop loin, pour se retrouver avec un mort-né sur les bras, ou pire encore. C'était ce dont il avait voulu se convaincre tout l'été, mais alors qu'il la voyait, et qu'il ressentait la tristesse qui la secouait comme si cela avait été la sienne – et, quelque part, cela l'était bel et bien – il réalisait. Il réalisait, finalement, qu'il avait juste, et surtout, besoin d'être avec elle. De passer ses bras autour d'elle. De la serrer contre lui. Parce qu'au fond de lui, il ne voulait pas qu'elle souffre. C'était son seul et unique désir, et sa peur la plus profonde : lui faire du mal. Lui briser les os comme il avait brisé ceux des autres. Ces autres qui avaient eu moins de chance qu'elle, à qui il n'avait pu jeter de sortilèges pour qu'ils s'écartent de son chemin dévastateur.

Arrivé juste derrière elle, il respirait très lentement, comme apaisé par cette vision, pourtant déchirante. C'était étrange, mais là, il se sentait bien. Comme si les choses étaient, quelque part, à leur juste place. C'était un sentiment particulier que de se savoir à l'endroit précis, au moment précis, et la personne précise, avec qui on aurait dû être, mais à la fois, c'était exaltant. Presque... Relaxant. Comme si on pouvait soudain arrêter de chercher. Simplement, s'arrêter. Cesser d'attendre quelque chose qu'on avait voulu depuis toujours, puisqu'on y était enfin arrivé. C'était là. Ici et maintenant. Et il n'aurait voulu être nulle part ailleurs. A présent, il ne bougeait plus. Ne se manifestait pas. Il ignorait qu'elle aurait été sa réaction en se rendant compte qu'il était juste à côté d'elle, qu'il lui aurait suffi de tendre la main pour caresser son dos, de n'avoir qu'à se pencher pour passer ses bras autour de ses épaules, et l'attirer contre lui. C'est ce qu'il aurait voulu faire, mais il n'en fit rien. Il se contenta de la frôler imperceptiblement, du bout de l'épiderme, sans un mot, sans un bruit, sans un geste brusque ou mal placé. Juste pour sentir sa présence. La pluie continuait de tomber, inlassablement, et le trempait à présent jusqu'aux os. Il pouvait bien chopper une pneumonie, il s'en contrefoutait royalement, premièrement parce que ses défenses étaient meilleures que la moyenne, et deuxièmement, car sa propre santé ne l'intéressait pas plus que ça. Cependant, ce n'était pas la même chose en ce qui concernait la jeune fille frêle et fragile recroquevillée à ses pieds. Même si sa silhouette, ainsi debout bien droite dans son dos, devait, quelque part, réussir à bloquer une bonne partie de la pluie, lentement, il défit ses boutons et retira sa veste, le tout avant de la lui laisser tomber sur les épaules, délicatement. Il n'en avait aucune nécessité. Il n'avait même pas froid, puisque sa température corporelle était bien plus élevée que la moyenne. Il croisa ensuite ses bras dans son dos avant d'enrouler ses doigts autour de ses poignets. Il n'avait aucun droit sur elle, il ne devait pas la toucher. Pas après tout ce qui s'était passé entre eux, tous ces non-dits, et cet accord tacite de ne jamais reprendre leur relation là où ils l'avaient laissée... Mais surtout, pas sans y avoir été invité.

_________________


    Here is a page,
    from the emptiest stage.
    A cage,
    or the heaviest cross ever made.
    A gauge,
    of the deadliest trap ever laid.


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MessageSujet: Re: They won't take our lives tonight | ft. Archi   Sam 20 Juil - 16:18



    Dans n'importe quelle situation, la pluie d'automne était apaisante. La nuit ne faisait qu'y ajouter une certaine paisibilité. Les quelques rayons de lumière de la lune qui traversaient les nuages apportaient un brin de poésie au décor, qui se montrait différemment au monde. La vie nocturne était bel et bien différente de celle du jour, éclairée par le soleil, partagée par des êtres totalement différents. Ici, Cloée était seule. Totalement seule. Les larmes s'ajoutaient à l'eau de la pluie sur ses joues. Même les lucioles n'étaient pas présentes pour la réconforter. Le bruit des gouttes recouvrait ceux de sa douleur et de son âme qui se brisait encore lentement, malgré les mois qui avaient défilé.

    Le corps frêle de la brunette tremblait. Inutile de préciser qu'elle n'avait pas pris la peine de s'habiller un tant soit peu rationnellement avant de sortir sa frimousse du château. Elle n’avait rien cherché, même pas à être dehors. Le hasard l’y avait menée ; le hasard, et les actes manqués. L’ancienne poufsouffle avait parcouru les couloirs, se contentant d’éviter toute forme d’autorité, laissant les souvenirs envahir son esprit tourmenté, pensant qu’ils allaient la ramener à la réalité du monde ; celui-ci se devait-il d’être si sombre, si sordide, si cruel ? Pourquoi était-ce toujours les mêmes qui morflaient de la bêtise humaine ? Pourquoi ne pas simplement, se respecter et se faire confiance, de temps en temps ? Pourquoi les êtres humains – lycans ou non, ils étaient humains, parce qu’ils ressentaient tous les mêmes émotions : la peur, la joie, la déception.. – se sentaient-ils toujours obligés de se juger, de se différencier, de s’abandonner entre eux ? Oui, Cloée avait toujours eu cette vision idyllique du monde. On lui avait souvent dit, qu’elle était une grande enfant. Que ça ne fonctionnait pas comme ça. Elle l’avait compris, avec les expériences. Vivre dans la rue avait été une expérience magnifique pour elle, parce que la jeune fille qu’elle était alors avait apprivoisé la matérialité des choses et la nature humaine. Au fond, elle en avait gardé des cicatrices. Qui n’avaient que le mérite de l’avoir rendue plus forte, certes. Mais malgré tout, rien ne pourrait déraciner ses désirs profonds d’utopie.

    Et ce besoin d’être reconnue et aimée pour ce qu’elle était.
    Etait-ce si compliqué de trouver une ou deux personnes, sur cette planète, en qui l’on pouvait aveuglément faire confiance ? Comment leur montrer que l’on est bel et bien là pour eux, même dans le plus cruel des cas : celui du rejet ? Comment ne pas devenir envahissant, lourd, comme un poids dont on ne peut plus se débarasser parce qu’il s’est trop installé ?
    Penser à autre chose, attendre que les blessures se referment, tout cela semblait inconcevable pour Cloée. On la prenait pour une imbécile, qui s’accrochait à des rêves incompréhensibles. Son esprit était impénétrable (comme les voix du seigneur, ah ouais) ; son espoir dans son amour pour Archi était la seule béquille qui la tenait encore debout. Il lui était impossible de sourire sans penser que peut-être il avait pu voir cet effort de sa part, que peut-être, il aurait pu être jaloux qu’elle puisse sourire sans sa présence. Elle essayait d’être heureuse, aussi, pour lui, parce qu’elle le haïssait finalement autant qu’elle l’aimait. Elle le haïssait de l’avoir rejetée, de ne pas lui avoir accordé sa confiance, de l’avoir traitée comme une enfant irréfléchie. Elle voulait lui rendre la pareille, lui montrer qu’elle aussi, pouvait vivre sans lui. Même si c’était faux. Après tout, le monde tourne autour de ce chacun montre de soi-même, n’est-ce pas ? Il vaut mieux montrer cruauté et fausse joie que douleur et sincérité.

    You're a life from another world...
    You're like no one I know...


    La pluie continuait de clapoter autour d’elle. Ses genoux au sol, elle finit par poser ses fefesses sur ses pieds. Son dos était courbé, son visage meurtri tourné vers l’herbe se transformant lentement en amas de boue.
    Elle avait l’air d’un désastre interplanétaire à elle toute seule.

    La brunette n’entendit pas cette autre personne se rapprocher d’elle. Ses pleurs l’assourdissaient, ses yeux étaient fermés, elle tremblait encore. Rien n’aurait pu la réparer, à cet instant. Un peu plus, et elle creusait sa propre tombe. Elle ne voulait pas de son passé, ni de son avenir, et tout ce qu’elle voyait, était cet énorme mélange de pluie, de boue, de nuages, de nuit. Et elle, au milieu, totalement perdue, comme l’enfant que peut-être, finalement, elle n’avait peut-être jamais cessé d’être. Archi avait sûrement raison. Elle n’était pas assez forte pour eux.
    Elle ne sursauta même pas quand elle sentit qu’on lui posa une veste sur ses épaules. Aucune réaction. Elle n’en avait pas la force, pas l’envie. La première pensée qui traversa son esprit fût qu’il allait falloir socialiser. Elle ne voyait pas comment elle allait être capable de lever son visage, se retourner et montrer ses cernes, comme si de rien n’était. Cloée devait rester Cloée, Cloée Ellynn Gresham faisait partie de ces gens que l’on hait ou que l’on admire parce qu’ils sourient toujours à la vie et savent comment la rendre attractive. Mais là, on avait perdu cette Cloée. A qui allait-t-elle devoir faire maintenant faire bonne figure ?
    Un minuscule et pitoyable « Merci » traversa ses lèvres, à peine perceptible à cause du bruit de la pluie qui s’abattait sur eux. Elle releva lentement la tête, essuya ses larmes et la pluie sur son visage avec ses paumes cependant trempée, puis tourna son visage vers la personne à qui elle s’était sentie obligée de décrocher un mot. Gwen… ? Susi ?
    Non. Lorsqu’elle reconnut les traits de son visage affichés par les rayons de la lune, elle crût d’abord à une apparition. Cette impression de ne plus être dans la réalité la dévorait depuis longtemps, très longtemps. Des années. Les fées, les paillettes, tout ce qui était insensé, c’était son truc. Mais là, l’Anglais avait l’impression de voir un fantôme. Un revenant, à ses côtés pour la hanter. Et pourtant, il s’agissait d’une belle apparition. Elle avait envie de se jeter dans ses bras. De lui dire que tout ça n’était pas arrivé, qu’ils avaient fait le même cauchemar pendant tous ces longs mois. Mais ses lèvres tremblèrent. Elle ouvrit sa bouche, mais aucun son ne sortit. D’une part, parce qu’elle commençait à tomber malade. Et d’autre part, parce qu’elle ne savait pas quoi dire, dans ce genre de circonstance. T’as vu, c’est pas la pleine lune, on peut se faire des bisous maintenant ? Hinhin.

    And it breaks my heart to love you.

    Un frisson parcourut tout son petit corps. La veste d’Archi la réchauffait un petit peu. Peut-être était-ce plus psychologique que réel, parce qu’elle était déjà bien trempée. Un sourire traversa le visage de la petite brune. On aurait pu croire plein de choses, en les voyant, là, tout de suite. Un couple qui s’évadait des entrailles de l’école pour profiter d’un peu d’intimité ? Deux amis qui avaient besoin de liberté ? Il ne s’agissait d’aucune de ces options. Les deux étaient deux êtres qui s’étaient mutuellement brisés par amour. Au fond, c’était mignon, hein. Mais en les voyant, là, tout de suite, on avait plutôt affaire à une histoire dramatique, quasi théâtrale, digne d’un bon gros soap opera, violons sur la bande son à l’appui. Et Cloée détestait être l’une des deux protagonistes de ce genre d’histoire. Elle n’avait jamais été dépendante de quelqu’un. Ses amis avaient toujours été sa famille, ses frères et sœurs. Sa propre famille n’avait plus compté pour elle depuis longtemps, jusqu’à ce qu’elle retrouve Azaël, avec qui elle avait eu, au premier abord, des problèmes à tisser des liens solides. Elle n’aimait pas qu’on brise sa carapace, la peur d’être jugée était toujours celle qui l’emportait. Elle n’aimait pas avoir dans son esprit l’image de son cœur qu’on lui avait volé, et pourtant, c’était un peu ce qui s’était passé. Même son esprit avait changé. Elle ne faisait plus les choses de la même manière qu’elle le faisait, elle ne vivait plus pour elle, pour son plaisir, pour ses folies quotidiennes. Elle respirait pour espérer voir le visage d’Archibald Wilson, même entendre une de ses railleries, comme il savait si bien le faire comme lorsque par exemple, elle ramenait un raton laveur en laisse en cours, parce que bon, il était « so cute » quand elle l’avait croisé « devant les toilettes ». Cette époque était lointaine, et elle détestait s’y raccrocher comme à une bouée de sauvetage. Elle savait que tout avait été gâché. Mais la douleur n’était que davantage amplifiée lorsqu’elle se disait que tout ça… tout ça à cause de quoi ? De la NATURE d’Archi ? Il était un lycan ? ! ? So what ? ? ? Elle était folle depuis toujours, ça n’avait pas empêché l’Australien de s’attendrir pour elle. Elle était aussi dangereuse à sa façon, imprévisible. Combien de fois n’avait-elle pas testé la résistance de son corps en sautant du haut des escaliers, « juste pour voir si ça faisait comme dans les films » ou pour « vérifier, que, quand tu pètes, ça t’aide pas à voler » ?
    Elle haïssait la nature. C’était la nature qui les avait séparés.
    Non. La connerie humaine. Les Hommes avaient toujours considéré leur être supérieur aux autres. Ils se prenaient pour Dieu depuis la nuit des temps. Alors pourquoi, parce qu’Archi était, une fois par mois, un petit peu plus poilu que la moyenne, on brisait sa vie ? ? ?

    Un silence suivit. Un long silence. L’atmosphère était lourde, on pouvait la sentir de loin.
    L’Anglaise se racla la gorge et finit par sortir, sur un ton aussi détaché qu’elle le put :

      « Qu’est-ce que tu fais ici? »

    Elle n’attendait qu’une chose. Avoir une excuse pour lui donner une énorme gifle en plein visage. Juste pour lui signaler qu’elle n’était pas à sa disposition pour le faire se sentir mieux sur quoi que ce soit. Elle n’était pas un objet.
    Et elle attendait aussi l’occasion parfaite pour se blottir dans ses bras, lui dire que tout était oublié. Et qu’elle ne voulait rien d’autre : juste le serrer contre elle et se sentir, enfin, en sécurité.

    It breaks my heart to love you…

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Salem

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MessageSujet: Re: They won't take our lives tonight | ft. Archi   Dim 4 Aoû - 21:48



Les intempéries n'avaient jamais foncièrement dérangées Archibald. Il était même plutôt friand des orages, en temps normal. Le grondement du tonnerre, l'éclat fascinant des éclairs déchirant la voûte stellaire, et puis, la mélodie hurlante du vent s'échappant dans les arbres... Avec Ali, ils avaient toujours adoré ça. Loin de se planquer en tremblant sous leurs couettes, ils sortaient généralement pieds nus de leur lit douillet pour courir coller leurs petites mains contre la fenêtre, leur souffle créant toujours plus de buée à la surface de la vitre. Mais le mieux dans tout cela était le lendemain matin, quand ils enfilaient leurs bottes en caoutchouc aux premières lueurs de l'aube et partaient, mains dans la main, à l'assaut des flaques en riant à gorge déployées. Non, la pluie n'avait jamais rien représenté de mauvais aux yeux d'Archibald. Elle était, en quelque sorte, purgative. Synonyme de renaissance. Elle était loin de l'attrister, même si elle le rendait indubitablement nostalgique. Et là, si elle aurait pu ajouter du dramatique à la situation, ce n'était pas vraiment le cas. En ce qui le concernait, un temps chaud et sec aurait été bien pire qu'une pluie battante pour retrouver celle qu'il aimait. Déjà, parce que la transpiration, c'était pas très sexy, et puis ça donnait pas très envie non plus de se sentir proche de quelqu'un, ni spécialement de le protéger et de l'avoir contre lui. Et c'était exactement les sentiments qui animaient Wilson en cet instant. Certes, il était généralement tout le temps comme ça, c'est à dire sur-protecteur, et tactile, mais avec Cloée, c'était différent, et ça dépassait largement le seuil habituel dont il faisait preuve avec son entourage. Pour tout vous dire, il mourrait à petit feu de ne pas pouvoir rester dans son sillage, mais c'était à la fois trop douloureux de penser à ce qu'il pouvait lui faire si une nouvelle « fausse pleine lune » arrivait. Qu'est-ce qui leur garantissait que c'était un événement isolé, et que ça ne se reproduirait jamais ? Des précautions avaient été prises, ils avaient été entraînés et des mesures de sécurité avaient été prises... On les surveillait constamment et les encadraient avec soin, mais ils n'étaient pas pour autant à l'abri, car personne n'avait pu prévoir la première attaque... Et rien ne disait qu'ils y parviendraient avec une autre, qui serait peut être mieux préparée, différente. Non, on était jamais à l'abri de rien, mais quelque part, c'était la vie et il fallait faire avec. Vivre avec le poids sur la conscience d'être une arme susceptible à tout moment d'être dégoupillée et d'exploser de nouveau, c'était une nécessité. Il n'avait nul autre choix que de faire comme si cela lui convenait, puisqu'il ne pouvait rien faire contre non plus, à part partir s'enfermer quelque part loin de toute civilisation.

Il se fichait bien de ce qu'on aurait pu penser en les voyant ainsi tous les deux, enfreignant le règlement intérieur pour flâner sous la flotte sans parapluie – parce que c'est plus fun de chopper la pneumonie, comme ça on peut sécher les cours sisi tmtc. Sûrement les aurait-on vus comme deux adolescents stupides n'ayant rien de mieux à faire, ou qui regardaient décidément trop de films niais et assez bêtes pour croire que la pluie, c'était romantique, que les vêtements épousant leur peau ce serait sexy, alors qu'en vrai, ce serait surtout désagréable, et avant tout : mouillé, et puis voilà, quoi. En somme, autant faire ça sous la douche, au moins, elle était chaude et ils n'auraient pas à éternuer et à avoir le nez tout rouge à force de se moucher pendant trois jours... Enfin, Cloée, parce qu'Archibald, lui, c'est Termina-microbes-tor, alors en fait, il s'en fout, il tombe jamais malade très longtemps, car la fièvre, bah c'est sa température normale (ceci était la parenthèse, ahahah tu vas avoir le nez qui coule et pas moi). Mais non, ils étaient là, et quelque part, même si c'était mouillé, boueux, qu'il faisait un peu froid et qu'ils avaient l'air un peu débiles, à se tenir là sans bouger, sans un mot, sans un mouvement, pendant que les éléments se déchaînaient autour d'eux, c'était poétique. C'était l'endroit où la vérité avait éclaté. Où ils avaient été au paroxysme de leur relation... Et où tout s'était terminé. Pourtant, le temps avait continué. Il semblait même qu'ils avaient tous les deux avancé, et continué... Pour arriver à cet instant où toutes les certitudes qu'ils s'étaient constituées semblaient ne plus avoir le moindre sens. Tout du moins, c'était ce qu'il ressentait. Il ne savait plus vraiment si il était encore le même où s'il avait changé ; il ne savait même plus si ce qui l'avait poussé à s'éloigner d'elle était encore important... Ni si il y avait encore, au fond, quelque chose à sauver.

But if you close your eyes does it almost feel like nothing changed at all ?

« Qu’est-ce que tu fais ici? » Finit-elle finalement par prononcer, l'extirpant de sa torpeur. Il haussa les épaules pour lui-même, avant d'avoir un très léger rire sans joie. Je méditais, qu'est-ce que tu crois ? « Je n'en sais rien. » Fut ce qui dépassa ses lèvres à la place de la remarque caustique qu'il aurait adoré placer. L'heure n'était pas à l'humour, il préférait être honnête, et il n'était pas encore bien sûr de la raison de sa présence ici, même s'il en avait une petite, au fond de ses entrailles. « J'ai su que je devais y être, c'est tout. » Oui. Il avait ressenti comme un appel dans ses tripes, l'amenant à agir contre toute prudence et à venir ici. Avec elle. Pour elle. « Et toi ? » Il se doutait un peu de la réponse probable à cette question mais il n'avait pas vraiment su quoi dire d'autre. Il aurait voulu savoir si elle lui en voulait toujours, si elle ne voulait pas se mettre un peu à l'abri plutôt que de rester agenouillée là... Au lieu de ça, il se contenta de s'accroupir pour être à sa hauteur. Penchant légèrement la tête sur le côté, il eut une demi-grimace, son regard fuyant un peu le sien. Il ne savait pas trop comment se comporter, agir. Il se sentait un peu mal à l'aise. Son attitude était en contradiction totale avec ses désirs, et il ne savait trop comment réagir face à cette situation inattendue... inespérée, aussi. Lentement, maladroitement, il tendit la main vers elle, comme pour l'inviter à la prendre et à se relever, le tout assorti d'un regard équivoque. Libre à elle de la saisir ou non... Il aurait compris qu'elle ne le fasse pas. En même temps, ce geste n'engageait pas à grand chose... Non, c'était faux. C'était tout le contraire. Il savait qu'à l'instant où il la toucherait, son contact le ferait frissonner de la tête au pied, et il en demanderait davantage. Comme avant.

Oh where do we begin, the rubble or our sins..?

_________________


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    or the heaviest cross ever made.
    A gauge,
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MessageSujet: Re: They won't take our lives tonight | ft. Archi   Sam 31 Aoû - 18:09



    Cloée avait l'impression d'être au bord du monde. De regarder sa vie se dérouler sans qu'elle n'ait quelconque pouvoir sur elle. Cette horrible sensation d'impuissance, cette tristesse infinie mêlée à une rage croissante contre elle-même avaient raison d'elle, chaque jour, chaque nuit, chaque minute de son existence. Elle ne savait plus qui elle était, qui elle voulait devenir. Elle était en train de devenir une adulte. Ou plutôt, à son âge, elle était censée évoluer en ce sens. Mais elle avait davantage l'impression de régresser. Tout ce qu'elle avait construit et ses expériences semblaient s'être évaporés, quelque part dans les nuages denses l'entourant en permanence. L'ex-Poufsouffle supportait difficilement la présence des autres, mais plus que tout, elle ne supportait plus sa propre présence. Parce qu'elle avait laissé Archibald la quitter, parce qu'elle n'avait pas su trouver les mots pour qu'il ait confiance en elle - alors finalement, en aurait-elle été digne? Parce qu'elle sentait Gwen s'éloigner d'elle - sa compagne de toujours, celle avec qui elle avait toujours partagé, son pilier, sa force secrète ne semblait plus la considérer avec respect comme elle le faisait autrefois, et ça la blessait profondément. Parce que c'était également la première fois qu'elle doutait d'elle, de ses capacités, de ce qu'elle était. Même enfant, alors qu'elle s'était retrouvée seule, à la rue, et de surcroit volontairement, elle savait qu'elle avait fait le bon choix et qu'elle ne s'était jamais sentie aussi libre. Aujourd'hui, elle se retrouvait coincée dans la prison de son propre esprit, de ses peurs qui refaisaient surface, de l'avenir incertain, de la lourde solitude. Celle-ci n'avait jamais été un problème pour Cloée qui avait toujours su un minimum se la jouer solo, trouver son propre bonheur sans l'attention des autres, sans accorder de l'importance à des regards qui n'en valaient pas la peine. Mais aujourd'hui, elle ne savait plus s'exprimer correctement, ne pouvait plus s'ouvrir à personne, et n'en avait plus envie. Et pourtant, elle savait qu'une seule personne pouvait changer tout cela. Une épaule sur laquelle pleurer, un regard dans lequel se retrouver, un sourire qui lui redonnerait confiance en la vie, en son renouveau. Mais en ces longs mois, ce jour n'était pas arrivé.

    Ses nuits n'en étaient plus. C'était aussi le cas pour ses sourires, ses blagues, ses enfantillages. Ce qui était son Tout, son être, n'était plus. Elle n'était plus qu'un fantôme, attendant sagement que quelqu'un l'écoute, la regarde, la comprenne, lui prête attention et décrypte son mal de vivre permanent.

    Lorsqu'elle reconnut la voix d'Archibald, son coeur s'emballa. Elle retrouva cette jeune adolescente qui avait craqué pour celui qui pourtant, faisait tout pour qu'elle s'éloigne de lui. Pour ce jeune homme qui pourtant ne semblait pas mériter son attention ; et qui, plus que n'importe qui, lui était interdit. Parce qu'ils n'étaient pas faits pour être ensemble. Mais si c'était réellement le cas, pourquoi la vie les avait fait se rencontrer, se croiser quotidiennement? Echanger ces mots? Les premiers, assassins, avaient fini par laisser place àautre chose. Une histoire. Une jolie histoire, le genre qui rend plus fort parce qu'on la pensait impossible. Qui donne des forces inimaginables : la force de se battre pour (sur)vivre, pour devenir quelqu'un dont l'on sera fier, pour se concentrer sur le positif. Cela pouvait rendre stupide, incapable du moindre jugement négatif, et pour cela, Cloée s'en voulait. Mais elle avait beau se battre contre cela depuis des mois et même encore avant, elle n'y arrivait pas. Plus les malheurs s'abattaient sur son ex-couple avec Archi, plus elle voulait se battre, montrer que ces forces faisaient bien partie de son univers présent. Mais ces forces l'abandonnaient peu à peu. Si elle était la seule à se battre, où était l'interêt?

    What's the point of playing a game you're gonna lose?

     Et pourtant, Il était là, avec elle. Il lui avait prêté sa veste en voyant sa petite silhouette pitoyable se mourir à petit feu sous la pluie. Digne d'une grande scène de film romantique moldu qui sortait à la St Valentin pour que Môsieur paie le cinéma à Môdame.


      " Je n'en sais rien." répondit-il à son interrogation. Ok, ç'aurait pu être bien pire. Elle resta silencieuse, regardant droit devant elle, sentant les gouttes d'eau dégouliner sur son visage et retrouver la terre trempée à ses genoux. " J'ai su que je devais y être, c'est tout." Elle hésita à esquisser un faible sourire, mais malgré elle, c'est ce que ses lèvres firent toutes seules. Les yeux humides, elle regarda enfin le visage d'Archi. Trempé, il ne semblait pas frigorifié. Elle n'en était pas surprise, et ça ne l'effrayait pas. Elle le trouvait chanceux, au moins pour cela. Son regard avait changé : il était tourmenté, fatigué. Ele avait l'impression de regarder son reflet ; dans son attitude, la détresse que reflétait ses pupilles, Archibald Wilson était plus abîmé que jamais. Elle espérait en être un tout petit peu la cause. Elle espérait égoïstement qu'il regrettait leur fin d'histoire, leurs adieux, leurs non-retrouvailles. " Et toi ? " Elle arrêta de le regarder. Elle ne pouvait le voir ainsi. Elle avait juste envie de lui dire que tout irait bien. Qu'ils iraient bien, si c'était ce qu'il désirait. Tout comme elle n'avait plus la force de se faire rejeter. Son regard se tourna à nouveau devant elle. Avec la pluie, elle ne voyait pas bien loin. Mais le son des gouttes l'apaisait légèrement. La voir se jeter sur le sol comme pour nettoyer le passé était tout ce à quoi elle essayait de se raccrocher à cet instant même. Autant qu'elle avait envie d'être là pour Archibald, elle n'avait pas envie de retomber dans ce piège. Celui de l'amour qui fait souffrir, qui détruit. Et oui, celui où il y en a toujours un qui se fait rejeter. " Je n'ai nul part ailleurs où aller. ". C'était le seul endroit pour elle où se retrouver, se ressourcer. C'est ici-même qu'elle avait tout perdu, c'est l'endroit, le seul. Oui, elle aurait pu rester dans le confort de sa chambre, se cacher quelque part dans un placard à balais, dans un bureau ou une salle malencontreusement restée ouverte - on ne sait jamais. Mais non. Elle n'avait nul part ailleurs où aller. Elle ne voulait pas aller ailleurs.


    Elle évita de croiser le regard de l'Australien. Elle ne bougeait plus. Elle était pitoyable et ne souhaitait pas l'être devant lui. Mais cette sensation de sécurité, d'être chez elle, de s'être retrouvée un tant soit peu de par la présence du lycan l'empêchait de réagir, de partir pour aller se cacher. Elle voulait se montrer plus forte qu'elle ne paraissait en cet instant. Elle sentit un mouvement de la part du brun. La petite fée vit, sur le côté de son regard, le visage d'Archi se mettre à sa hauteur - autant que cela fût possible, évidemment, haha.

    Il y eût un autre mouvement.
    La main de Wilson arriva dans son champ de vision. Devant elle. Sa main rassurante. Elle aurait tout donné pour être en contact avec, légitimement, sans à ce que n'importe quel geste soit calculé, ait une quelconque signification. Elle voulait que tout fût naturel et beau entre eux. Normal. Mais ça ne semblait pas être dans leurs cordes. Cloée tourna de nouveau la tête vers Archi. Son visage était à présent plus proche du sien qu'il ne l'avait été pendant de longs mois. Elle sentit son estomac se retourner. Ca l'énerva. Elle ne voulait plus ressentir ça. Elle aurait tout donné pour avoir ce déclic ; cette petite voix qui lui disait : voilà, maintenant, c'est fini, tu passes à autre chose. Mais ce fût l'inverse. Le visage d'Archi était beau. Les lumières de la nuit lui donnaient un air fantomatique, surnaturellement magnifique. Ses yeux clairs reflétaient encore davantage que ce qu'elle avait pu apercevoir quelques instants auparavant, en contre-bas. A présent, son regard laissait échapper une force triste, une détermination altérée, une réalité différente. Les abysses l'habitait. Ils avaient tous les deux changé énormément. Elle le ressentit instantanément.

    Elle tendit sa main. Mais avant qu'elle ne parvienne à celle du lycan, elle fit ce qu'elle rêvait de faire. Surtout, ce qu'elle avait besoin de faire. Ce qu'elle regretta avant-même d'y parvenir. Une violente gifle parvint à la joue d'Archi. Elle savait qu'il pouvait l'arrêter s'il le voulait. Elle le fit malgré tout. Pourtant, son regard renvoyait l'opposé de sa réaction. Elle voulait attraper cette main. Qu'ils redeviennent eux. Mais elle avait besoin de se montrer forte, d'être là autant qu'elle pouvait se montrer autonome et rancunière. Parce qu'elle avait éprouvé tant de colère pendant des mois, la petite fée se devait de la transmettre à celui qui en était en partie le responsable. Evidemment, pas parce qu'il était un lycan, pas à cause de l'épisode de la bibliothèque ; comment aurait-elle pu lui en vouloir? Mais parce qu'il ne l'avait pas laissée être présente pour lui, parce qu'il ne lui avait pas fait confiance. Parce qu'elle n'était plus rien pour lui jusqu'à présent. Du moins, elle espérait que cette main signifiait ce qu'elle en avait compris.
    Avant que la main d'Archi ne s'éloigne trop, elle l’attrapa. Peut-être trop brusquement voire violemment. Elle ne voulait pas qu'il parte. Elle voulait rester avec lui. Qu'ils se suivent, que leur route soit à nouveau commune.
    Elle avait peur de l'avenir, mais se sentait capable de l'affronter à ses côtés. Elle avait peur d'être de nouveau rejetée, mais ne se voyait plus seule. Toutes ses peurs surgirent dans ses yeux ; tous ces démons, ses inquiétudes rejaillissaient. Et pourtant, un rempart semblait également se créer petit à petit, les rejetant. La brunette ne savait pas ce qu'il attendait d'elle, mais elle savait qu'elle avait besoin de sa simple présence.
    De garder cette main liée à la sienne.

    I won't let you down and I won't leave you falling.
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