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 Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore

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MessageSujet: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Dim 7 Avr - 11:13

Il allait lui faire avaler sa baguette, à ce saleté de crétin de... Sérieusement, il n'y avait pas de mot, c’était inqualifiable, innommable, il allait le tuer. Après lui avoir fait avaler sa baguette, il fallait au moins ça pour qu'il comprenne. Ce n’était vraiment pas la première fois que Seamus maugréait de rage contre Meleager. En fait, ça arrivait à peu près tous les jours, avouons-le. Mais cette fois-ci il y avait de quoi, c’était pire que tout, et le thésard songeait sérieusement à verser dans son thé quelques gouttes d'arsenic, très peu, mais tous les jours, histoire de le voir souffrir longtemps. Ou bien une potion qui le rendrait bleu, Ashley ne s'intéresserait peut-être plus a lui comme ça, en voilà une bonne idée. Car c’était bien la le nœud du problème, Ashley et Meleager serait ensemble, ou pas loin de l’être, d'après ce qu'il se disait.

Bien sur, Seamus voyait clair dans leur jeu, il était bien plus malin que ça! C’était une vengeance, il le voyait aussi clairement que si c’était écrit en lettres d'or sur le front de tous les clampins de bas-étage qu'il croisait dans les couloirs. Ashley se vengeait parce qu'il n'avait pas osé s'assumer devant son camarade, l'autre jour. C’était évident, pourquoi sinon choisir précisément Meleager? Meleager le sans-peur. Vu les rumeurs qui circulaient, ce stupide sportif ne devait pas avoir de mal à se pavaner à son bras devant tout le monde. Ce devait être précisément ce qu'Ashley désirait. Et Meleager aussi le faisait exprès, pour le faire rager, il adorait le faire rager, tout ça faisait partie de leur plan, et sans doute cassaient-ils gaiement du sucre sur son dos en ce promenant main dans la main dans les allées du parc.

Mais Seamus ne les suivraient pas là-dedans, non, il était bien trop malin pour ça. Se répétait-il alors que sa table d'échec ensorcelée le battait pour la troisième fois. D'habitude, à 16h50 le jeune homme était soit en train de travailler sa thèse, soit en train de marmonner en assistant son professeur. Cette après-midi-là cependant, il ne faisait ni l'un ni l'autre, il n'était pas d'humeur. Bien sûr, ça n'avait rien à voir avec Ashley, celui-là peut bien faire ce qu'il veut, ça ne le concernait plus. Non, c'était à cause… du temps, voilà, il faisait frais, il y avait des nuages, cela mettrait n'importe qui de mauvais poil. Seamus poussa un soupir irrité alors que la reine blanche explosait son cavalier, et finalement il se leva.

Ashley lui devait bien au moins une explication, il avait sans doute était le compagnon le plus pitoyable que sa racaille préférée eut jamais eu, mais quand même. On ne rompt pas avec quelqu'un en lui disant « À un de ces quatre. » pour se pavaner au bras d'un autre quelques jours après. Où alors ils n'étaient pas vraiment sortis ensemble ? Il avait eu tort de prendre ça au sérieux ? Alors qu'il filait dans les couloirs, Seamus sentait une boule lui serrer la gorge. C'est fou, la météo, ça met vraiment les gens dans des états pas possible, d'ailleurs il pleuvait maintenant. La sonnerie retentit alors qu'il arrivait près de la salle de duel, il laissa tous les élèves en sortir en discutant bruyamment. Certains pour dire que le nouvel assistant était vraiment à croquer et que c'était bien dommage qu'il soit casé – il les aurait tués. Finalement, le calme revint, Seamus se glissa dans la salle et aperçut Ashley sur la longue estrade des duellistes, peut-être occupé à effacer les traces de brûlés des combats du jour.

« Je vais te massacrer ! »

En quelques pas, Seamus atteignit l'estrade, bondit dessus et jeta sur la piste un sachet qui glissa jusqu'aux pieds d'Ashley en déversant tout son contenu, une sorte de sable fin légèrement verdâtre.

« Voyons voir comment tu t'en sors avec ton écologie à la noix ! Crescĕre ! »

Les centaines de graines de filet du Diable se mirent à germer et s'enroulèrent autour des jambes d'Ashley. Le ciel était trop nuageux pour que sa lumière gêne le développement de la plante, et en une poignée de secondes, la moitié de l'estrade fut envahie. La baguette tendue, Seamus avança vers son camarade jusqu'à ce que les tiges atteignent ses jambes, après quoi il s'immobilisa, ce qui était la technique de survie bien connue lorsqu'on était emprisonné par un filet du Diable, n'est-il pas ?

« Je constate que tu n'as pas mis longtemps à me remplacer, bravo. Mais sérieusement, Meleager ? Si ce qui plaît, c'est les grands sportifs prétentieux, il fallait me le dire tout de suite, au lieu de… Je ne sais même pas… Je ne comprends pas comment tu as pu me faire un truc aussi moche ! Tu as beaucoup plus changé que je ne l'avais cru. »

Les tiges lui arrivaient maintenant à la taille, mais Seamus gardait un calme pour le moins glaçant, d'autant plus qu'il continuait de fixer Ashley d'un regard noir, en le menaçant de sa baguette. Il sembla cependant moins à l'aise en poursuivant.

« Je sais bien que j'ai été nul, mais… même s'il est meilleur que moi en tout, tu… t'aurais… je sais pas… »

Pourquoi ce Meleager devait-il avoir tout ce qu'il désirait ? Ashley n'était pas vraiment responsable, au final, s'il n'avait pas agit comme un crétin devant Esteban, peut-être aurait-il eu une petite chance de garder son ami, il aurait voulu être capable de préserver au moins ça. Mais il fallait croire que c'était déjà trop pour lui.


Dernière édition par Seamus Hodgkin le Mar 16 Avr - 20:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Dim 7 Avr - 11:58

— Putain de bordel de [… Censuré] de fils de [… Censuré] de mes deux.

Ashley secoua sa manette comme un fou furieux avant de s’exclamer plaintivement :

— Mais aller, tu triches, la console triche !

Il promena un regard autour de lui, dans sa chambre déserte. Personne pour le plaindre. Personne pour lui dire qu’il était Dieu incarné sur Terre, que son sourire effaçait tous les sourires de toutes les publicités pour tous les dentifrices du monde entier, personne pour lui soutenir que son pantalon lui donnait l’air d’Apollon descendu de l’Olympe. La vie était naze. Nulle, puante et désagréable. En plus, il venait de perdre pour la troisième fois consécutive contre le boss de fin d’Ocarina of Time. Il était donc de très mauvaise humeur.

La satisfaction d’avoir forcé Esteban à ramasser ses dents avec ses petits doigts brisés n’avait été que de courte durée et depuis, Ashley tournait en rond dans sa chambre. Il préparait ses cours, jouait à la console, essayait de dormir, mangeait n’importe comment, mettait en forme sa bibliographie de thèse, mais aucune activité ne parvenait à le captiver assez pour l’empêcher de songer à Seamus, qui était un lâche, une infâme raclure, une petite brute sans cœur et sans cervelle, avec de jolis yeux et des lèvres sensuelles, et un air tendre et aimant et…

Soupir.

Quel salaud, tout de même, ce fils à papa avec ses vêtements hors de prix qui voulait bien parader à son bras à condition que seuls ses cactus et ses fougères pussent les voir. Ah, ils étaient bien jolis, ses discours romantiques, mais dès que quelqu’un troublait leur solitude, plus rien. Du dénigrement. C’était à peine s’il ne lui avait pas craché sur les chaussures. Oui. Presque. Un peu plus et Esteban et lui se seraient ligués pour l’insulter. Comme au bon vieux temps.

Ashley laissa tomba son jeu pour finir de se préparer et se traîner d’un pas fort peu enthousiaste à la salle des duels, où il commença son cours en des termes très engageants :

— Le premier qui parle, je retapisse les murs avec ses entrailles.

Auréolé par ce sens inné de la plus douce des pédagogies, Ashley déposa un paquet de copies corrigées pendant la nuit sur le bureau et se mit à distribuer des notes catastrophiques à ses étudiants médusés, qui se tombaient ce qu’ils avaient bien pu faire pour mériter une pareille mine d’un enseignant d’ordinaire beaucoup plus jovial. Mais aujourd’hui, Ashley ne faisait pas de blagues, il ne citait pas des films moldus qu’il était de toute évidence le seul à avoir vu et il ne prenait pas un air de conspirateur complice avant de leur enseigner des sorts pas tout à fait prévus par le programme d’Elderwood mais qui pouvaient s’avérer utiles si, un jour, par exemple, ils souhaitaient embrasser une carrière de pyromane.

Le doctorant arpentait l’estrade des duels de long en large en dictant des considérations théoriques de haute volée à des étudiants perdus, qui grattaient le papier à toute vitesse pour ne pas perdre une ligne de ce qui tomberait peut-être, savait-on jamais, au prochain contrôle. Deux heures plus tard, Ashley achevait l’un de ses cours les plus exigeants de l’année, le plus intéressant, selon les élèves appliqués du premier rang (et celles qui avaient regardé ses fesses pendant de longues minutes alors qu’il faisait les cent pas), ou le plus affreux, selon une bonne partie de la classe.

Craignant d’éventuelles prolongations, les étudiants se ruèrent vers la sortie, prêts à piétiner Seamus sur le passage s’il le fallait. Ashley, lui, était fort occupé à observer le bout de sa basket gauche d’un air désespéré, en songeant qu’il n’avait plus qu’à retourner dans sa chambre et à se faire voler son bouclier par des babas au rhum très agressifs, jusqu’à l’épuisement des piles de sa GameBoy. Triste vie.

— Hein ?

Le jeune homme fit soudainement volte face en entendant qu’on projetait de l’occire. Il allait agresser Seamus avec de vertes réprimandes quand ce dernier jeta du sable sur l’estrade.

— Tu t’fous d’moi ? Tu crois que j’ai qu’ça à foutre de passer le bal…

Il s’interrompit en constatant que le sable poussait bon train et entreprit de reculer prudemment, non sans prêter une oreille outrée, et même deux, aux sournoises insinuations du perfide Seamus. Alors qu’Ashley commençait à se faire sérieusement peloter par le géranium mutant de son camarade, il pointa un doigt vindicatif vers Seamus.

— Toi… Toi… Comment oses-tu ?

C’était vrai ça, à la fin, comment osait-il ? Agacé par les privautés potentiellement dangereuses de son amie la plante, Ashley pointa sa baguette vers le cœur du végétal et s’exclama :

— Lumos Maxima !

Un violent éclat de lumière inonda la salle de duel et le filet du Diable se rabougrit plaintivement, tandis qu’Ashley en repoussait les tentacules récalcitrants d’un coup de pied hargneux. Mais la plante n’était qu’une victime par procuration et désormais, sa baguette se pointait vers Seamus (certes).

— Non mais t’as l’impression qu’j’suis — Expelliarmus — ta propriété, ou quoi ?

La baguette de Seamus avait volé à l’autre bout de la salle, mais Ashley avait eu la pondération de ne pas trop appuyer son sort, pour ne pas briser la colonne vertébrale de son ami contre le mur d’en face — il avait déjà tué quelqu’un comme ça, il n’était pas pressé de recommencer.

— Non mais j’en reviens pas. Tu viens me faire des reproches, toi. Tu m’as pas défendu. T’es même pas venu me soutenir au duel.

C’était Esteban qui avait eu besoin de soutien, sans doute, mais la question n’était pas là.

— Ça fait une éternité que j’attends que tu viennes t’excuser. Et que dalle. Monsieur reste dans son laboratoire. Monsieur s’en fout. Monsieur pique une crise de nerfs. Si c’est ça…

Il fit un geste de tête vers le Filet du Diable tremblotant derrière lui.

— …ta conception d’un bouquet de fleurs, tu peux t’le fourrer où j’pense. Et j’en ai rien à foutre de Meleager. J’en ai rien à foutre de vous tous. Maintenant, dégage de ma salle de cours où la prochaine chose qu’on rempotera, ce sera les fleurs de ta tombe.

Il n’y avait pas à dire : Ashley savait gérer les conflits avec une subtile diplomatie.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mar 16 Avr - 19:26

Seamus connaissait peu Ashley au final, c'était étrange parce qu'ils avaient dû se croiser à peu près tous les jours pendant pas mal d'années. En tout cas lui s'était arrangé pour le croiser, soit pour lui tomber dessus avec sa bande, soit pour l'observer discrètement. Mais le Ashley de ces moments-là n'était pas le vrai Ashley, à part peut-être quand il mordillait son crayon en faisant une moue pensive adorable tout en travaillant. Il tomba donc de haut, au sens propre comme au figuré, quand l'Expelliarmus de son ami le fit voler en arrière et s'étaler douloureusement sur le bois dur de l'estrade.

C'est d'un air pour le moins mal assuré qu'il regardait maintenant son ami tout énervé, inquiet à l'idée qu'il décide qu'un autre sort bien senti serait nécessaire pour le remettre à sa place. Heureusement, ce ne fut pas le cas, mais Ashley lui rappela tout de même que tout ça était sa faute. Certes, le cas Meleager avait en partie repoussé l'incident Esteban au second plan, du coup il n'avait pas pensé à s'excuser…

…Ah non, c'est juste qu'il ne s'excusait jamais. L'idée ne lui avait pas vraiment traversé l'esprit, ce qui n'empêchait Seamus pas de regretter son attitude. Est-ce qu'il pouvait encore s'excuser ? Ça paraissait un peu tard, Ashley était furieux, et lui n'était pas tout à fait rassuré de toute façon. Il se releva d'un bond en faisant comme s'il n'avait pas du tout mal aux fesses, et posa un regard sombre sur Ashley.

« J'allais pas m'excuser alors que tout le lycée raconte que tu sors avec Mel… »

D'accord, cette histoire a commencée quelque temps après qu'ils se soient disputés à cause d'Esteban, mais Seamus était un as de la mauvaise foi. Il essaya ensuite de se donner un air dégagé même si sa moue toujours aussi renfrognée trahissait que cette histoire le travaillait encore sévèrement.

« Tu t'en fiche vraiment de lui ? Tu as bien raison, c'est un crétin, un fainéant, en plus il n'a aucune conversation, et puis je suis meilleur que lui en potion. Alors, vraiment, il ne faut pas regarder que le physique. Ce n'est pas parce qu'il est grand, et musclé, et un peu barbu, et sportif, et qu'il fait des sourires dentifrice que tu dois le préférer à moi. Tu… tu le regretterais ! Amèrement ! Parce que ce qu'il s'est passé avec Esteban ne se reproduira pas et puis… puis on était bien ensemble l'autre jour alors, c'est trop tard pour changer. Le prochain qui t'approche, je ferais de sa vie un enfer. »

Avec son air angélique et sa façon de se tripoter les doigts d'un air complètement stressé tout en débitant ses menaces et crachant allègrement sur son rival présumé, Seamus n'était probablement pas très impressionnant. Mais Ashley savait mieux que personne de quoi il était capable. Cela dit, maintenant, avec un peu de recul, Seamus se rendit compte que jeter son ami dans les bras d'une plante mortelle – une de plus – en lui hurlant qu'il allait le tuer n'était peut-être pas la façon la plus judicieuse de séduire. Il n'y avait pas réfléchit sur le moment, comme à chacun de ses nombreux coups de sang – responsables d'innombrables actes de vandalisme dans le lycée et ses alentours. Autant, il se moquait la plupart du temps des conséquences de ses actes, pour peu qu'il soit parvenu à exprimer clairement sa pensée aux importuns qui osaient le mettre dans des états pas possibles. Autant avec Ashley, les choses étaient plus compliquées, et il se trouvait maintenant bien embêté. Première étape, rester auprès d'Ashley sans prendre le risque d'être assassiné sauvagement.

« Je… je vais t'aider à ranger… »

Il contourna prudemment le Ashley peut-être encore en colère et de quelques coups de baguette, rassembla les restes encore frémissants du filet du diable. Tout à sa tâche, il ajouta.

« Je suis venu voir ton combat, mais comme tu avais l'air vraiment très remonté je n'ai pas osé me montrer. C'était… rapide… tu te bats de façon tellement naturelle que ça paraît facile, en fait. J'avais l'impression que j'aurais pu faire de même, et en même temps je suis sûr que non. »

Mine de rien de rien, il fallut un petit moment pour tout rassembler, puis d'un geste sec de baguette, il acheva la pauvre plante qui se retrouva réduite à un petit tas de poudre qu'il rassembla alors dans un petit sachet. Prouvant une fois de plus qu'il trimbalait dans ses poches nombres de choses bizarres et potentiellement capable de démolir l'établissement.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mar 16 Avr - 20:18

Résumons la situation. Après avoir tacitement soutenu l’humiliation de l’homme de sa vie par un petit crétin gominé tout juste sorti de son Rotary Club, contraignant l’homme en question à exploser les rotules du bourgeois désobligeant, après avoir passé des années à symboliquement castrer le bel éphèbe qu’il avait tant et tant admiré en cachette et après avoir craché si souvent à son visage un prénom qu’il avait gémi sans doute dans le secret de ses plaisirs solitaires, le petit polisson, Seamus débarquait les mains pleines d’ortie pour l’assassiner en lui reprochant d’aller voir ailleurs, comme si lui, Ashley, que tout le monde craignait à des kilomètres à la ronde (à condition qu’il eût fait une démonstration de son talent), comme si lui, Ashley, donc, était sa petite propriété personnelle et réservée que personne n’avait le droit ni de toucher ni de regarder.

Ashley était aux anges.

Bon, il essayait de ne pas trop le montrer, parce qu’il avait une dignité (quelque part) et accessoirement parce qu’il avait tout de même conscience que Seamus ne manquait pas d’air (ni de plantes) à venir comme ça lui agiter son courroux sous le nez, qu’il avait joli, comme si c’était lui, lui qui était resté innocemment les mains dans les poches ou qui, en tout cas, ne les avait pas posées sur d’autres viriles anatomies que la sienne propre depuis longtemps (beaucoup trop, à son goût, d’ailleurs, soit dit en passant), comme si c’était lui, donc (encore), qui était en faute.

Ah, ça n’allait pas se passer comme ça. Ah non, ça n’allait pas se passer comme ça. Comment ça allait se passer, Ashley n’en avait strictement aucune idée, parce que les disputes de couple n’étaient pas sa spécialité ; d’ordinaire, il s’écrasait et se laissait un peu malmener, protestait pour la forme et se raccommodait sur l’oreiller, parce qu’il savait pertinemment que la rhétorique était beaucoup moins son point fort que la souplesse et l’endurance et que s’il cherchait à aplanir les difficultés, il avait plutôt intérêt à agir qu’à discuter. Mais comme il ne se voyait pas ôter tous ses vêtements pour montrer à Seamus ce dont il était capable, que d’ailleurs il n’en avait pas vraiment envie, non pas de montrer à Seamus ce dont il était capable, mais de le faire juste pour se réconcilier, Ashley était désemparé, déboussolé, désarçonné et décontenancé.

Mais ça n’allait pas se passer comme ça.

La baguette levée, à la recherche d’une répartie cinglante qui tournait, pour l’heure, dans son esprit, autour des qualités certaines de Meleager avec lequel il avait presque failli sortir à Salem, s’il n’avait pas été aussi idiot et gêné par sa sexualité et donc si Seamus ne l’avait pas constamment traumatisé. Mais comme il ne trouvait rien de convenable, il se contentait d’observer la métamorphose vraiment magique de Seamus, qui après s’être proposé de le trucider s’employait désormais à ramasser les graines et à se répandre en ce qui ressemblait le plus, de sa part, à des excuses.

C’était officiel, Ashley avait envie de le renverser sur une table et de lui faire l’amour, là maintenant, sans se soucier de l’étudiante distraite qui avait oublié son bonnet tricoté main par des chèvres indiennes et venu dans une boutique bio vintage équitable d’occasion et qui ne manquerait pas de revenir le chercher au moment où il murmurerait « oui, étrangle moi avec ton sapin tentaculaire ». En fait, Ashley, et il s’en rendait compte un peu soudainement, était très légèrement en manque et l’énergie de sa jeunesse ne lui laissait guère le loisir d’envisager d’autres résolutions à leur étrange situation que de faire la bête à deux dos.

Les scénarios qui tournaient dans son esprit étaient ma foi fort simples. Il reprochait quelque chose à Seamus, Seamus s’excusait, puis il le renversait sur la table. Ou bien il se vantait un peu de son don pour les duels, Seamus l’admirait, puis il le renversait sur la table. Ou encore il promettait à Seamus de lui être toujours fidèle, Seamus retournait la promesse, puis il le renversait sur la table. Ou sinon il envoyait un nouvel Expelliarmus à Seamus, Seamus l’observait avec une terreur mêlée de désir, puis il le renversait sur la table. Ou alors il pouvait s’épargner toutes les étapes intermédiaires et le renverser sur la table tout de suite.

Ashley en était là de ses réflexions extrêmement élaborées, qui impliquaient désormais que Seamus le renversât lui sur la table en lui répétant qu’il allait le tuer s’il regardait un autre homme, quand il releva son regard qui avait dévié quelque part sur le pantalon de Seamus, mais pas aux genoux, vers les yeux de son interlocuteur et déclara d’un ton un peu absent :

— Hmm… ? Quoi… ?

Ah, oui, ils étaient toujours en train de se disputer, plus ou moins. Il fallait d’abord se réconcilier et, éventuellement, pourquoi pas, peut-être, à un moment ou un autre, mettre au clair leur situation, s’offrir des fleurs, partager un dîner, regarder un épisode de Star Trek et après, si tout se passait bien, revenir dans la salle de duels, se menacer de mort à nouveau et, conséquemment, se renverser mutuellement sur la table (ce qui demanderait un peu d’entraînement). Tout cela était décidément bien compliqué.

— Ah. Ouais. C’était pas vraiment un combat. Ce type, c’était une mauviette.

Pour une fois qu’il pouvait avoir l’air un peu viril, Ashley n’allait pas s’en priver. Maintenant, il ne restait plus qu’à arrondir les angles :

— En tout cas, t’es vraiment trop con.

Après ce début très prometteur, Ashley rangea sa baguette et s’assit sur le bord de l’estrade de duels, avant de poser les coudes sur ses genoux.

— J’sors pas avec Meleager. C’t’un ami. J’ai failli sortir avec lui, genre à Salem, mais j’avais trop peur. Mais c’était y a vachement longtemps, et puis ça s’est jamais fait, et de toute façon, maintenant, il est avec l’autre, là.

Bon, il y avait eu dans les mots « l’autre, là » une pointe très sensible de jalousie, mais il n’empêchait qu’Ashley avait été parfaitement sincère.

— Ensuite, tu peux pas débarquer comme ça et décréter que je t’appartiens. Tu dois me demander mon avis avant.

Ashley releva un regard ténébreux du plus bel effet vers Seamus.

— Parce que si tu crois que tu m’fais encore peur, tu t’fourres le doigt dans l’œil. J’suis plus la larve que tu martyrisais à Salem. Après, ça te plait peut-être pas et…

Ashley s’interrompit brusquement. Tiens, mais c’était vrai, ça (par exemple) ! Si Seamus était tombé amoureux de lui à Salem, ce que Seamus aimait, c’était un garçon timide et effacé, qui à l’époque, certes, mettait déjà tout le monde en pièces pendant les cours de duels, mais qui le reste du temps se laissait marcher sur les pieds. Alors peut-être qu’en retrouvant une racaille survoltée et caractérielle, Seamus serait déçu. Dégoûté. Et qu’il ne voudrait plus l’enchaîner aux barreaux du lit, ni tuer tous ses prétendants, ni…

Tout à fait paniqué, Ashley s’empressa de suggérer :

— Enfin, tu sais, j’suis pas toujours comme ça, hein, des fois j’suis calme, et tout. Je… Je lis des livres. Voilà. Et euh… Je peux, je sais pas, apprendre à jouer d’la harpe. Sans doute. Ça doit pas être super compliqué.

Bien décidé à ne pas perdre son poisson si récemment ferré, Ashley ajouta :

— Et puis, n’empêche, tout à l’heure, là, avant que je te désarme, t’étais vachement impressionnant, et j’suis sûr que tu peux m’faire encore très peur. Le coup d’la fougè… du Filet du diable, c’était flippant.

Ashley était en pleine réorientation professionnelle depuis sa sortie de l’école des Aurors. Au moins une perspective de carrière venait de se fermer à lui : le difficile métier d’acteur.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 18 Avr - 15:26

Seamus, qui était descendu de l'estrade pour faire son ménage, revint près d'Ashley et triturant son sachet de poussière du diable. Il n'avait pas manqué de noté que Meleager avait bien faillit lui prendre son Ashley et que celui-ci semblait agacé de le savoir casé, et s'ingéniait donc maintenant à imaginer que le sachet qu'il torturait était son rival de toujours. Bon, ensuite il ne comprit pas trop cette histoire de harpe ni pourquoi son ami tentait – en échouant lamentablement, faut avouer – de se faire passer pour une jouvencelle que ses mauvaises herbes strangulantes aurait effrayé. Mais ce qui était sûr, c'était qu'il avait dû raté une étape ou deux pour pouvoir devenir officiellement le petit-ami d'Ashley.

« Flippant ? Tu me l'as atomisé sans sourciller. »

Non, vraiment, entre ça et son jeu d'acteur épouvantable, Seamus ne le croyait pas une seconde. Bien, maintenant il ne restait plus qu'à trouver une réplique inspirée et pleine de romantisme pour que les deux jeunes hommes qu'ils sont s'unissent pour de bon.

« Appartiens-moi, t'avais l'air bien avec moi l'autre jour, et puis je te rappelle que tu es venu dans mon lit et qu'on s'est embrassé. C'est trop tard pour refuser, je détruirais la vie de tous ceux qui t'approchent de trop et puis c'est tout. »

Moui, certains pourraient arguer – parce que j'en connais qui sont parfois un peu à cheval sur les formulations maladroites – que ce n'était pas exactement la réplique qu'on pourrait attendre d'une personne souhaitant se mettre en couple. Je leur répondrais qu'à côté du "Personne ne voudra jamais de toi de toute façon, je te fais une fleur en t'aimant" de l'ancienne fiancée de Seamus, il y avait déjà du mieux. Cela dit, malgré le net progrès, Seamus ne se sentit pas très sûr de son effet, c'était bien la première fois qu'il se lançait dans ce genre d'exercice, et il était tout à fait sûr de mal s'y prendre. Un peu nerveux, il attrapa les doigts d'Ashley.

« Bon, je te laisse quand même le choix, mais tu devrais te mettre avec moi parce que… de toute façon, Meleager est déjà pris… »

Ce qui est tout de même une bonne raison, il faut le reconnaître.

« Et puis, je suis… »

Seamus se chercha un moment une qualité.

« Je t'aime, et je peux devenir meilleur pour toi. Par exemple on pourrait apprendre la harpe ensemble, puisque ça t'intéresse. »

Maintenant, Seamus avait l'air un peu plus satisfait de sa prestation, même s'il espérait quand même que cette histoire de harpe ne soit qu'une blague. Toujours un peu incertain, et surtout beaucoup plus stressé par la réponse qu'Ashley allait lui donner qu'il ne l'aurait cru, il continua à parler pour retarder le moment. Parce que, il en était certain, Ashley allait dire non, il devait vraiment le trouver nul et bizarre. Tout ce qu'il venait de lui dire était nul et bizarre, son physique était nul et bizarre et tout ce qu'il pouvait faire n'était pas digne d'intérêt. Ashley méritait un Meleager, c'est sûr, il devait déjà regretter d'avoir refusé ses avances en voyant les siennes.

« Ou on pourrait commencer par jouer à des jeux vidéos, ou regarder un film, ou bien aller au restaurant. J'en connais plusieurs de très corrects. On pourra être à nouveau bien, ensemble, comme l'autre jour. Non ? »

Sa main s'était crispé sur celle de son ami et il le fixait maintenant, l'air d'espérer de tout cœur une réponse positive.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 18 Avr - 16:05

Atomisé, atomisé, c’était beaucoup dire. Ashley jeta un coup d’œil au sachet de poussière. C’était Seamus qui avait atomisé le Filet du Diable, à strictement parler. Lui n’avait fait que dessécher la plante, la rabougrir et la traumatiser pour les sept générations à venir. Donc, il était innocent. Il était fragile. Seamus devait bien voir cela. Jamais Ashley n’avait autant compté sur son profil de porcelaine pour quoi que ce fût : mais après tout, ne suffisait-il pas de poser les yeux sur lui pour oublier qu’il était, les trois quarts de son temps, une arme de destruction massive ambulante ?

D’un autre côté, Ashley n’avait pas très envie de jouer en permanence les pucelles en détresse pour satisfaire les besoins de virilité de son petit ami point du tout nul mais assurément très bizarre, d’abord parce que puceau, il ne l’était plus (ce n’était tout de même pas la première fois qu’il pensait à renverser des gens sur les tables) et ensuite, en détresse, il ne l’était pas tout le temps. Mais tout de même, tout de même, Seamus avait l’air de faire une fixation sur les changements qui s’étaient produits chez lui, tout cela était mal engagé.

Soit. Mais pouvait-il vraiment jouer de la harpe ? Une fois, quand il avait vécu deux semaines chez l’un de ses ex-compagnons qui était musicien et avait un piano, il avait tenté d’apprendre à jouer la Lettre à Élise, mais passées cinq minutes dix secondes d’entraînement quotidien, déchiffrer la partition commençait à l’ennuyer et il devenait intéressé par tout autre chose (apprendre un sortilège explosif, commander des sushis, écraser des passants sur un jeu vidéo, classer les personnages de Star Wars, parce que tout le monde aime Star Wars, par ordre de taille, changer les lacets de ses chaussures…).

Heureusement, Seamus avait un sens de la romance d’une rare élégance ou, en tout cas, un sens de la réponse très ashléen. L’Ashley en question sentit un frisson parcourir tout son joli corps en entendant les mots « appartiens moi » et, déjà, il s’imaginait Seamus en train de torturer toutes les filles qui le regardaient en papillonnant des paupières. Et il lui interdirait de mettre des jeans trop serrés pour aller faire cours aux sixièmes années dont les instincts bouillonnaient, c’est bien connu.

Un rêve éveillé. Ashley réprima un soupir de jeune fille en fleurs et ses doigts se mêlèrent à ceux de Seamus quand le galant apothicaire lui prit la main. Il était déjà conquis, mais il voulait entendre s’épanouir les fleurs de sa rhétorique amoureuse. Bon, le duelliste esquissa une moue un peu dubitative quand Seamus prétexta que Meleager était déjà pris. Quoi ? Il remettait en doute ses capacités à briser un couple ? Il avait bien raison, mais la question n’était pas là : il y avait du laisser-aller dans les compliments.

Ashley s’apprêtait donc à se plaindre, il y avait déjà plein de reproches généreusement nappés de mauvaise foi qui se pressaient dans son esprit finalement aussi sadique que masochiste, il avait ouvert la bouche, il allait se lancer, quand Seamus tout bonnement lui avoua dans les termes les plus simples son amour. Ashley écarquilla les yeux, referma la bouche, rougit et détourna le regard.

On ne lui avait jamais dit cela. On lui avait : « t’es sexy », « t’es sympa », « j’te trouve mignon », « retourne toi » ou « t’es un mec plutôt cool », et tel avait été le summum du romantisme dans ses (rares) expériences sentimentales. Alors, certes, il avait plus ou moins compris la nature des sentiments de Seamus quand ce dernier lui avait fait part de son obsession de dangereux psycopathe, mais c’était une chose de le savoir, c’en était une autre de l’entendre dire de la sorte.

Du coup, Ashley ne prêtait plus la moindre attention aux propositions de distractions qu’un Seamus au bord de l’attaque nerveuse multipliait, assis à côté de lui sur l’estrade des duels, en broyant sa délicate mimine. Ce fut après un long silence qu’il consentit à développer avec la finesse stupéfiante d’un moraliste du dix-septième siècle l’insondable complexité de ses tumultueux sentiments.

— Waaaa…

Bien dit, Ashley. Tellement bien dit qu’il avait l’impression d’avoir épuisé tout son lexique en un seul coup. Il tourna à nouveau les yeux vers Seamus puis, sans crier gare, le renversa sur l’estrade, en essayant à peine de veiller à ce qu’il ne s’assommât pas, l’enfourcha comme un balai (je rappelle qu’ils sont habillés, gardez votre calme), attrapa ses poignets pour les plaquer au-dessus de sa tête contre les planches, au cas où Seamus aurait eu l’idée saugrenue de se débattre, et entreprit de l’embrasser pour la seconde fois, sauf que cette fois-ci, de toute évidence, il n’était pas, mais alors pas du tout endormi.

Il faut bien le reconnaître, Esteban avait raison : Ashley était un sauvageon. Il savait lire, il savait écrire, il savait manger avec des couverts et se tenir à peu près correctement à table, mais souvent, son instinct de tempête reprenait le dessus, comme en témoignaient son choix de spécialité magique, l’état chaotique de son appartement, les contusions innombrables du dit Esteban, ses états de service à l’école des Aurors et la fougue avec laquelle il embrassait Seamus sur l’estrade des duels.

Vraisemblablement, il aurait fini par arracher tous les vêtements de Seamus, ou peut-être juste ceux qu’il trouvait trop encombrants, pour lui apprendre les choses de la vie si on n’avait pas toqué à la porte. Avec une souplesse et une rapidité époustouflantes, Ashley se releva d’un bond, arrangea un peu ses vêtements et composa un air presque impassible quand Jordanna, qui avait oublié son bonnet de hippie au fond de la classe, passa la tête à travers la porte qu’elle avait finalement entrebâillée.

— J’ai oublié quelque chose.

Elle se méfiait un peu, parce que vue l’humeur d’Aberny pendant le cours, elle craignait vaguement de se retrouver carbonisée. Ashley donna discrètement un petit coup de pied à Seamus pour l’inciter à se remettre de ses émotions et à se relever, avant de dire :

— Hmoui, entrez.

La jeune fille poussa la porte et avança vers le fond de la salle en observant l’assistant de potions, assis sur l’estrade, qui avait l’air de sortir du tambour d’une machine à laver. À tout hasard, Ashley précisa :

— Nous réfléchissons à un examen croisé.
— Ah.
— Vous feriez bien de réviser votre botanique avancée.
— Oui, enfin, moi, j’veux devenir joueuse de Quidditch. Ou chanteuse. Ou puéricultrice.
— Certes, certes.

Jordanna récupéra son bonnet et entama une prudente retraite pour n’être pas trop longtemps en présence de l’assistant de duels très lunatique et l’assistant de potions très tyrannique.

— Au revoir, m’sieur Aberny. M’sieur Hochkim.
— Au revoir Josy.
— Jordanna.
— Oui voilà.

La porte se referma finalement derrière la jeune fille et Ashley se retourna vers Seamus, l’air soudainement tout timide et gêné — c’est qu’il cache bien son jeu, le petit démon.

— Bon euh… On disait quoi, déjà ?
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mer 1 Mai - 19:15

Seamus s'était attendu à beaucoup de réactions la part de son futur harpiste de compagnon, qu'il s'énerve, qu'il lui dise que Meleager était mieux, ce genre de chose. Et même quand il osait vaguement croire qu'Ashley puisse lui répondre par l'affirmative, il s'attendait à entendre une vraie réponse. Avec des mots, une suite de mots même, qui formerait une phrase. C'est que même s'il avait plutôt choisit une voie scientifique, Seamus avait plutôt l'esprit littéraire, et il valait mieux pour lui au vu de l'épaisseur de bouquins qu'il feuilletait religieusement chaque soir avant de se coucher.

Tout ça pour dire qu'il s'était préparé à beaucoup de choses, mais certainement pas à un vague onomatopée et une étreinte qui de son point de vue ressemblait presque à une prise de judo. Hodgkin la Terreur écarquilla les yeux alors que son camarade le chevauchait en lui maintenant les poignets contre les planches de l'estrade. Il n'avait aucune envie de se débattre, mais tout ça était quand même surprenant pour lui et, bien qu'ils aient toujours leurs vêtements – que le sauvageon semblait capable de déchiqueter en un instant, mais enfin – tout ça avait tout de même un petit côté tendancieux.

Seamus rougit vivement alors que toutes sortes d'idées qu'il n'avait jusques-là osé imaginer que dans ses moments de solitude sous la douche lui venait en tête. Et ce n'est pas le baiser fougueux qu'il reçu ensuite qui allait calmer ses ardeurs longtemps frustrées, d'autant plus qu'Ashley ne semblait pas vouloir s'arrêter en si bon chemin. Le cœur de Seamus accéléra et la température de la pièce grimpa sans aucune raison, et c'est alors qu'il commençait un peu maladroitement à participer à ces échanges dans l'espoir d'inciter Ashley à aller plus loin qu'ils furent interrompus par une élève très tête-en-l'air, puisqu'elle avait oublié, et son bonnet, et la façon correcte de prononcer son nom.

« C'est Hodgkin, miss… »

Le thésard rougit encore un peu en s'apercevant que sa voix montait beaucoup plus dans les aiguës que d'habitude. Jordanna leur lança un dernier regard suspicieux, avant de disparaitre en refermant la porte. Seamus regarda alors d'un air timide et gêné – pour de vrai, lui – son compagnon. Il répondit pudiquement.

« On ne parlait pas beaucoup. »

C'est quand même dommage que cette fille ait débarqué, Seamus avait beaucoup apprécié de se faire renverser sur l'estrade, mais maintenant il ne pouvait plus le faire sans que ça ait l'air un peu réchauffé. Ah, le hasard réserve toujours des surprises. Mais il ne se laissa pas abattre pour autant et, toujours avec une certaine timidité, se rapprocha d'Ashley pour l'embrasser avec beaucoup plus de douceur et de calme que son ami, même si son cœur se remit à battre très fort.

« Ça… veut dire qu'on sort ensemble ? C'est… c'est bien, tu l'aurais regretté sinon. »

Il avait beau vouloir ne rien laisser paraître, un sourire débile étirait largement ses lèvres, qu'il était bien incapable de faire partir. Sans parler de ses joues toujours roses vif.

« Tu… heu… travaillais ? Je t'ai peut-être interrompu tout à l'heure. »

Mais si, tu sais, quand je t'ai sauté dessus en hurlant que j'allais te tuer et que je t'ai jeté dans les lianes d'une fougère étrangleuse.

« Parce que sinon on pourrait aller faire un tour, et j'aimerais bien voir ton appartement, aussi. »

D'accord, c'est vrai, l'idée de continuer ce qu'ils avaient commencé dans un endroit où personnes ne les dérangeraient avait discrètement traversé son esprit. C'est que Seamus était toujours avide de nouvelles expériences, c'est ça, l'amour de la science. Mais par-dessus tout, il avait envie d'en apprendre un peu plus sur la furie assise à côté de lui, et découvrir son habitat naturel était sans doute un bon début pour ça.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 2 Mai - 11:07

Voilà. Voilà voilà voilà. Voilà. Ashley était un peu confus. Il n’était pas rare que son tempérament fougueux prît le dessus mais, en règle générale, c’était plutôt pour cramer les gens ou bouder que pour les renverser sur une estrade dans un baiser musclé. Si Seamus l’avait imaginé comme une petite fleur fragile et délicate, Ashley craignait quelque peu que la découverte soudaine de son style érotique plutôt… sauvage… n’effrayât celui qui était désormais, il fallait bien le reconnaître, son petit copain.

Cette pensée insinua une soudaine interrogation dans l’esprit du jeune homme. En matière de petits copains, Seamus avait-il eu de l’expérience ? Parce que pendant le baiser, l’expert en potions n’avait pas eu l’air très expert en garçons, mais peut-être avait-il simplement été désarçonné par la surprise. À moins que… Ashley se mit à observer Seamus d’un regard perçant. Est-ce que cette énergumène avait déjà seulement embrassé un garçon ? Est-ce qu’il n’allait pas le faire fuir avec ses baisers de judoka ?

Ashley fut tiré de ses réflexions par la question de Seamus sur leur relation, question à laquelle le dit Seamus, d’ailleurs, s’empressait de répondre sans trop lui laisser le choix. À tout hasard, le duelliste précisa tout de même d’un air timide :

— Ben euh… Oui. Oui, je suppose.

De peur que cette « supposition » ne suggérât à Seamus qu’il avait l’habitude de rouler des patins à des gens sans s’engager dans une relation un peu sérieuse avec lui, il s’empressa de préciser :

— Évidemment qu’on sort ensemble.

Oui parce qu’Ashley n’était pas vraiment du genre à laisser traîner ses lèvres partout et l’idée d’aller se faire peloter en douce dans un club gay par des types qu’il ne reverrait jamais ne lui avait jamais traversé l’esprit. Avec un soupçon de naïveté parfois et malgré ses airs de loup indomptable, il n’embrassait que ses futurs petits amis, avec la conviction de sceller de ses énergiques baisers un contrat important — ce en quoi, jusqu’à lors, il avait été systématiquement déçu.

— Interrompu ?

Toujours un peu perdu dans ses pensées qui n’étaient plus très loin d’avoir pour titre « faisons l’éducation sexuelle de Seamus Hodgkin », Ashley regarda son ami sans comprendre, avant de se souvenir qu’un quart d’heure plus tôt à peine, Seamus avait débarqué dans la salle de duels pour tenter de l’assassiner par yucca interposé, ce qui n’avait sans doute pas peu contribué à la fascination qu’il exerçait sur Ashley, toujours très flatté par de semblables attentions.

Le jeune homme secoua la tête.

— Je rangeais un peu, mais c’est bon, ça peut attendre. Viens, j’vais t’faire visiter.

À vrai dire, pour une fois, il songeait moins à la perspective de se retrouver seul à seul avec Seamus derrière une porte bien verrouillée qu’à celle de lui faire découvrir son appartement comme une étape importante : Ashley ne laissait pas rentrer n’importe qui dans le chaos qui lui servait de demeure et, pour lui, c’était un gage de confiance. Et en Seamus, qui l’avait martyrisé pendant des années, il avait une confiance aveugle et entière. Le couple de névrotiques bons à enfermer se mit donc en route pour l’appartement du névrotique en chef, tous les deux silencieux et trop occupés à se lancer de petits regards et de petits sourires, à rougir comme des demoiselles en fleurs, pour dire quoi que ce fût.

Ils ne tardèrent pas à se trouver devant la porte d’Ashley. Celui-ci se retourna vers Seamus.

— Bon euh… C’est un peu, comment dire ? C’est rangé de manière euh… Personnelle.

Après cet inquiétant préambule, il ouvrit la porte, rentra et la ferma derrière Seamus qui venait d’entrer. La porte donnait sur le salon qui servait aussi de bureau : les murs étaient couverts de parchemins déroulés et épinglés sur lesquels étaient tracés d’abscons schémas ou, tout au contraire, des listes de choses à faire ; sur le sol, des piles de livres s’élevaient dans un équilibre si précaire qu’il était difficile de ne pas soupçonner derrière ces constructions de papier quelque enchantement et le bureau lui-même disparaissait sous des formulaires toujours pas remplis, des copies à corriger, d’autres livres, des boîtes de CDs qui ne contenaient pas les bons CDs, un vieux lecteur de disque qui avait dû faire jadis radio, une collection de casse-têtes en bois, un pot rempli de couverts de table, des crayons de papier par dizaines.

Il y avait bien des étagères, mais elles croulaient déjà sous des séries de DVDs manifestement piratés, de disques qui ne sortaient pas de chez le disquaire et de jeux vidéos sans boîte ; une console passée de mode avec ses manettes déglinguées était branchée à une télévision vétuste et le canapé était le seul meuble de la pièce à être épargné par l’invasion de livres. Mais il y avait dans ce capharnaüm une logique confusément perceptible : les livres empilés appartenaient à la même collection, les parchemins sur le mur, s’ils n’étaient pas organisés de manière orthogonale, comme l’eût fait n’importe quel esprit logique, formaient des courbes ou des spirales qui devaient bien avoir un sens, bref, tout était, d’une certaine façon, bien rangé.

Mais ce qui était remarquable surtout, c’était que tout était propre : pas un grain de poussière dans ce fatras. De toute évidence, Ashley faisait le ménage, mais il était absolument impossible qui le fît sans l’aide de la magie, sans quoi la pièce eût été nécessairement mieux rangée. D’ailleurs, les détails abondaient qui suggéraient que le jeune homme faisait de la magie une utilisation quotidienne : entre les piles de livres, les mots qui recouvraient parfois sans crier gare un parchemin tandis que d’autres s’effaçaient et les boîtes de CDs qui se promenaient toutes seules, quand on ne les regardait pas, à la recherche du CD qu’elles refermaient ordinairement, tout, dans cet intérieur pourtant par bien des côtés résolument moldu, trahissait le sorcier.

— Donc, c’est le salon.

Il attrapa la main de Seamus, parce qu’il avait été contraint de retenir ce geste dans le couloir. Au lieu de l’attirer tout de suite vers les pièces suivantes, il posa son regard sur lui et un soupçon le parcourut quand il se souvint du baiser tendre et respectueux que son ami lui avait offert, dans la salle de duels. Doucement, il murmura :

— Je te trouve très beau.

Mais sans laisser à Seamus le temps de répliquer, il le tira vers la cuisine et commenta :

— C’est la cuisine.

Des pots d’épices s’entassaient par dizaines sur un plan de travail où s’assemblaient encore des livres de cuisine, le réfrigérateur était couvert d’aimants de toutes sortes, les différents paquets de céréales calés contre le mur, sur la table et la vaisselle qu’Ashley n’avait pas réussi à caser dans ses placards s’entassaient par terre — comme d’habitude, tout brillait de propreté.

Ashley ne laissa que cinq secondes à Seamus le temps de contempler ce nouveau spectacle, cinq secondes pendant lesquelles son pouce caressa doucement le dos de la main du jeune homme, et bientôt il l’entraîna dans la dernière pièce : il y avait un lit immense peuplé par les coussins et autour de l’endroit où Ashley s’était assis en tailleur sans doute rayonnaient les livres qu’il avait consultés, encore ouverts, et ses papiers de notes.

— Là bas, y a la salle de bain.

Il avait indiqué une porte au fond de la chambre, mais son regard fut arrêté par un élément auquel il n’avait plus pensé. Au milieu des coussins trônait un gros lapin en peluche un peu usé. Ashley rougit jusqu’aux oreilles, sortit sa baguette et d’un geste expédia la peluche dans l’armoire, révélant fugacement au passage que ce placard où devaient se trouver ses vêtements était le seul à être à peu près vide.

— C’est euh… C’est Fritz. C’est ma ma… ma mère qui me l’avait offert mais euh…

Il déglutit péniblement.

— C’est juste, je devais le recoudre, mais enfin, sinon, bien sûr, je ne dors pas avec, hein.

Il mentait décidément très mal.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Sam 4 Mai - 12:07

Seamus avait envie de sautiller en suivant son camarade dans les couloirs, il se sentait tout excité. Pas parce qu'il allait se retrouver seul à seul dans un appartement avec le sauvageon, mais parce que c'était un petit événement, de se faire invité chez lui, c'en était presque difficile à croire. Déjà, qu'Ashley et lui soient en couple, c'était difficile à croire, et dans un coin de sa tête, il l'entendait encore lui dire qu'évidemment, ils sortaient ensemble. C'était… ça suffisait à lui donner envie de sauter partout, mais en plus il allait visiter son antre. Seamus n'avait pas souvent visiter les appartements de ses connaissances, tout simplement parce qu'il y en avait peu qui soit assez proches de lui pour l'inviter. Bref, c'était un peu la fête, du coup Seamus ne prêta pas une très grande attention aux sombres avertissements d'Ashley et se contenta d'hocher vivement la tête.

« D'accord, je devrais m'en remettre. »

Ce qui ne l'empêcha pas d'écarquiller les yeux en entrant dans le bordel-propre© made in Ashley, son regard passa de l'étonnement à la fascination alors qu'il regardait les étagères débordantes et les boîtes de cd désemparées. Tout ça valait vraiment le détour. Il fut saisi dans son observation par le compliment de son camarade, mais celui-ci le traîna plus loin dans l'appartement sans lui laisser le temps de répondre. Seamus détaillait les bouts de parchemins accrochés un peu partout dans la pièce quand Ashley lui indiqua la salle de bain, lui faisant tourner la tête. Il eut juste le temps, en tournant la tête, de voir le lapin sauter dans l'armoire. Les explications boiteuses d'Ashley le firent sourire.

« Moui, bien sûr… Fritz… »

Son sourire en coin ne le lâchait pas alors qu'il regardait maintenant son camarade rougissant. Finalement, après quelques secondes de scrutation, il décréta, l'air de se parler à lui-même.

« Trop mignon. »

Oui, Ashley était vraiment trop mignon, avec sa gueule d'ange, son bordel, son doudou, ses crises et ses prises de judo. Il était parfait, il était… Seamus en était déjà complètement gaga. Il arrêta quand même de le dévorer des yeux et s'assit sur le seul endroit où ça semblait possible, le bord du lit.

« Ton rangement est… intéressant, mais vu le mien, je ne vais pas critiquer. Tu as l'air de travailler dur en tout cas. Ah… quoique… »

Il trouva entre les coussins une manette de console de jeu, parce qu'Ashley ne travaillait pas si dur que ça, au début de ce rp. Du coup, il chercha des yeux l'indispensable télévision dans tout ce bordel, dommage que les manettes soient sans fil, maintenant, ça aurait été plus facile sinon, et il partit fouiller dans la petite collection de jeux une fois qu'il l'eût (?) trouvé.

« Oh, je l'avais, ce Zelda, mais j'étais bloqué à un boss, et celui-là aussi, d'ailleurs. En fait je finis toujours bloqué, je suis nul. Toi, je suis sûr que tu les as tous terminé, tu dois être trop fort. »

Meleager aussi, il devait finir tout ses jeux, et même faire des speedrun sur youtube, mais lui, rien à faire. Plus le combat était important, plus il s’emmêlait dans les touches, peut-être qu'il n'insistait pas assez parce qu'il se savait déjà vaincu avant de commencer, en tout cas c'était pitoyable. Après s'être joyeusement autoflagellé sur son niveau en jeux-vidéo, son cerveau masochiste dévia sur un autre genre de jeu qui avait presque failli commencer sur l'estrade quelques instants plus tôt. Heureusement que Josy était passé par là, finalement, parce qu'il ne savait pas du tout s'y prendre, enfin, disons qu'il n'avait jamais essayé, donc, forcément, il aurait tout raté. Si déjà il se mélangeait les pinceaux dans les jeux, qu'est-ce que ça allait être ? Et puis il n'était pas très beau, Ashley avait forcément connu mieux, il serait déçu, lui dirait que ce n'est pas grave, et le quitterais quelques jours plus tard sous un prétexte bidon pour tenter de séduire Meleager à nouveau. Et la Terre serait dévoré par des flammes jusqu'à la fin des temps. Oui, ça allait se passer exactement comme ça.

Après être brillamment parvenu à faire grimper sa tension nerveuse de quelques points, Seamus jeta un coup d'œil bien moins assuré à son camarade. Il tenta d'avoir l'air parfaitement dégagé même s'il devint vite rouge comme une tomate.

« Dis, tu as connu beaucoup de garçons ? On en a déjà parlé mais… connu dans le sens… heu… »

Dans le sens Grèce-antique, en gros, comme on dit à Sodome. Quoique, d'après Wikipédia, c'est un peu plus compliqué, cette affaire, y'en a qui ont découpé des gays pendant des siècles pour un petit souci de vocabulaire, c'est malin, tiens. En parlant de vocabulaire, Seamus n'était pas très sûr d'être clair, mais il ne se sentait pas vraiment capable de faire mieux, et après une seconde de silence, il fit machine arrière.

« Non, ne fais pas attention, c'est… heu… oublie. »

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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Sam 4 Mai - 14:23

Non, il n’était pas mignon. Ashley esquissa une moue boudeuse. Il était viril, et fort, et courageux, et mâle, et sauvage, et masculin. Voilà. Ce n’était pas parce qu’il faisait un peu de couture pour réparer le lapin que sa mère lui avait offert quand il était tout petit et qui avait une valeur, par conséquent, historique, voilà, ce n’était pas parce qu’il se consacrait à la préservation d’un patrimoine menacé d’oubli, avec une abnégation toute scientifique et sans intérêt personnel particulier dans l’affaire, ce n’était pas, en somme, parce qu’il s’engageait dans une entreprise quasi archéologique qu’on pouvait s’arroger le droit de mettre en doute, comme ça, sans prévenir, à la fois sa maturité et sa virilité.

Le jeune homme marmonna :

— J’suis pas mignon. C’est juste… Son oreille est décousue et…

Avec la très nette impression d’aggraver son cas, Ashley jeta un regard incertain vers Seamus et, comme souvent depuis qu’il avait retrouvé son ancien camarade, il avait la sensation que celui-ci l’observait comme la septième merveille du monde. Un peu décontenancé par le regard admiratif de Seamus et à vrai dire par le fait que celui qui, pendant tant d’années, l’avait traité de mauviette venait de lui dire qu’il était mignon, Ashley s’interrompit, esquissa un sourire très timide, détourna le regard et finit par conclure avec un peu d’embarras :

— Ouais bon. Laisse tomber.

Finalement, il voulait bien être mignon, mais juste pour Seamus. L’orgueil flatté par les yeux religieusement dévorants de son petit ami tout neuf, Ashley se sentait un peu étrange. Cela faisait quelques mois qu’il n’avait plus fréquenté de garçons et, à vrai dire, Seamus était bien la dernière personne au monde avec laquelle il se fût imaginé. Et puis Seamus était… Bizarre. Différent. Incompréhensible. Et Ashley ne savait pas trop comment se comporter.

Pour se donner une contenance, il entreprit de ranger manuellement son lit quand un coup de baguette eût suffi et, très rapidement, sa méthode apporta une explication évidente à l’étrange confusion qui régnait dans son humble demeure : au lieu de rapporter les papiers dans le bureau, Ashley les posait sur le sol dans un coin de la pièce. Pourtant, avant de les déposer en tas, il prenait soin de les classer, à toute vitesse certes, mais de les classer quand même. Une logique toute personnelle.

Le lit était enfin débarrassé et Seamus visitait sa collection de jeux vidéos, inversement proportionnelle à sa garde-robe. Ashley s’approcha de son compagnon et s’empressa de confirmer que, oui, il était trop fort (aux jeux vidéos et par conséquent très masculin).

— Presque tous, oui. Mais je les refais, après, pour gagner sans perdre de vie et le plus vite possible. Mais là, j’suis bloqué. C’est juste…

Il haussa les épaules et conclut d’une voix dans laquelle il y avait une once de reproche :

— J’avais pas la tête à ça ces derniers temps.

Oui parce que Seamus devait encore se faire pardonner. Ashley ne savait pas trop comment, mais en tout cas, une chose était sûre : il était offensé et ce n’était pas parce qu’il avait envie de chanter du Charles Trenet en gambadant dans une prairie peuplée de licornes amicales qu’il en oubliait les plates et répétées excuses qu’on lui devait. Il laissa néanmoins Seamus se rasseoir paisiblement sur le lit débarrassé, en décidant qu’il le torturait un autre jour.

De toute façon, Seamus se torturait très bien tout seul. Ashley haussa un sourcil en voyant son collègue rougir et il était à deux doigts de lui demander s’il voulait un ventilateur ou s’il faisait une crise d’on-ne-sait-trop-quoi quand l’apothicaire infernal accoucha de sa curieuse question. Ashley écarquilla les yeux — rougit — déglutit péniblement — détourna le regard — et tandis que Seamus essayait de rattraper sa question pour le moins directe, il murmura d’un air horriblement gêné :

— Non mais euh… J’comprends. C’est une question euh… Importante. Légitime. Voilà.

D’ailleurs, elle suggérait implicitement que Seamus n’était peut-être pas un grand tombeur de ces messieurs. Ashley fut tenté de faire les cent pas dans la pièce, mais maîtrisant sa nervosité, il vint s’asseoir en tailleur à côté de son ami, attrapa un coussin, et commença à le pétrir nerveusement.

— Pas beaucoup, non. Après, ça euh… Ça dépend ce que tu entends par là…

Mon dieu, dans quoi s’engageait-il ? Il fallait dire qu’Ashley n’avait pas vraiment l’habitude des confessions de rude camaraderie dans les vestiaires après le match et parler de ses exploits sexuels n’était pas pour lui une activité très familière. Toujours très occupé à déformer méthodiquement son coussin, il poursuivit d’une voix dont la timidité contrastait quelque peu avec le contenu de ses propos.

— Parce qu’il y a des types avec qui euh… Enfin, tu sais, on va pas toujours… On fait pas toujours… Y a pas toujours de… Hm. Pénétration.

Le dernier mot avait été abandonné dans un murmure à peine audible. Heureusement que Fritz était enfermé dans le placard et que ses oreilles décousues étaient protégées d’une conversation si susceptible de pervertir l’esprit innocent de plus honnêtes des lapins.

— Alors, bon, si on compte pas les types que j’ai juste embrassés comme ça… Pour le reste, tout confondus, un… deux… trois… quatre… six…

Oui, il venait bien d’en compter deux d’un coup.

— Sept… Huit. Et euh… C’est tout. Ah non. Neuf. Et dix, un peu.

Ce que « un peu », dans ce contexte, pouvait bien vouloir dire n’était pas très claire, mais enfin, Ashley supposait, de plus en plus paniqué, que son potentiel de mignonitude était en chute libre. Histoire de se rattraper, il précisa :

— Mais si on compte juste la… enfin la totale, ça fait que six. Et puis j’suis vraiment sorti qu’avec quatre.

Sans vraiment songer que Seamus avait déjà failli crever de jalousie alors que Meleager, de toute leur vie, n’avait jamais fait rien de plus compromettant que de le serrer dans ses bras un jour de tristesse, Ashley était en train de se demander s’il s’en était bien tiré, comme si la question de son ami avait été une sorte de test. D’un ton anxieux, il ne put se retenir de retourner la question.

— Et toi, les garçons ? Et…

Il se souvenait bien de la folle-dingue qui collait aux baskets de Seamus à tous les intercours, là-bas, à l’époque de Salem.

— Et les filles ?
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Lun 6 Mai - 15:33

Seamus n'était pas jaloux, non, c'était bien pire que ça, il était complètement accablé, et puisqu'il était du genre à prendre le marteau pour se clouer lui-même sur la croix, il récapitula les faits dans sa tête. Ashley s'était vautré dans la luxure avec neuf garçons et demi et de son point de vue ce n'était pas beaucoup. Sachant qu'il n'avait fait "la totale" qu'à six d'entre eux, il en restait trois avec qui il avait fait plus qu'un baiser mais moins que la totale et un avec qui il avait fait "un peu" de quelque chose, même si l'expert en potion n'avait aucune idée de ce que ça pouvait être. S'ajoutait à cela, bien sûr, tous ceux qu'il avait embrassés "comme ça", et tous ceux qu'il n'avait pas embrassés mais avec qui il avait pu se passer des choses, ou qu'il avait désiré quand même, comme Meleager. Et que dire des deux avec lesquels il était allé jusqu'au bout mais sans sortir avec. Elle était loin, l'image d'un Ashley recousant soigneusement l'oreille déchirée de son doudou ou jouant à nintendogs, pour le coup.

Pour le coup, il en oublia même de se sentir coupable malgré la petite piqûre de rappel d'Ashley sur les événements avec Esteban. Non, vraiment, tout ça le mettait très mal à l'aise, il en regrettait presque d'avoir posé la question (de l'importance du presque). Il faut dire qu'en matière de garçons, Seamus était à des années-lumières de son camarade, il n'avait d'ailleurs qu'une très vague notion de ce qui pouvait se passer entre le baiser et la totale, et son expérience en la matière était…

« Moi ? Moi et les garçons ? »

Seamus se rongea un ongle, ça faisait dix ans qu'il avait arrêté. Il songea un instant à s'inventer au moins une relation, parce si dix, Ashley trouvait ça peu, qu'allait-il penser de lui ? Mais finalement, il trouva stupide de le cacher, se disant que ça finirait par se voir puisqu'il serait horriblement mauvais, il n'avait déjà pas su assumer devant Esteban et devait être un peu bizarre, parfois, alors inutile d'essayer. Il avait sans doute trop à apprendre, autant en amour qu'en relations humaines, pour pouvoir faire illusion. Tout en se rongeant les ongles donc, il bafouilla pitoyablement.

« Je… j'ai jamais… Je suis juste sortis avec une fille, en fait on était même fiancé. Mais on a jamais fais [i]la totale[i], je ne pouvais pas. Je ne l'aimais pas. J'étais avec elle parce qu'il n'y avait qu'elle qui voulait être avec moi et que je ne voulais pas être tout seul. »

Il resta silencieux un moment avant de soupirer.

« C'est pitoyable… »

Sachant que c'est lui qui faisait fuir tout le monde, oui, ça l'est. Pourtant, Seamus avait eu pas mal de succès, l'air de rien, pendant sa scolarité, aussi bien chez les filles que les garçons, mais son comportement et celui de Meredith les avaient tenus à l'écart, et il était trop défaitiste pour l'avoir remarqué. Pour ne pas s'arrêter sur une note aussi négative qui ferait à coup sûr regretter à Ashley d'être son petit-ami, Seamus ajouta d'un air qui se voulait un peu motivé.

« Mais je suis sûr que je peux réussir à ne pas être trop nul, et puis c'est du passé, cette histoire. Maintenant je ne traîne plus avec des gens comme elle, et j'ai des vrais amis, enfin, des bonnes connaissances, deux ou trois… Ce n'est pas comme à Salem ou autre. »

Seamus tentait comme il pouvait qu'il pouvait de montrer qu'il avait changé, qu'il n'était pas un pitoyable handicapé social et que même s'il était juste sorti "un peu" avec une fille, il était digne de l'immense tableau de chasse de son ami qui, lui, avait vraisemblablement su se faire aimer d'un bon paquet de personnes.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Lun 6 Mai - 17:18

— Ronge toi pas les ongles.

Cette phrase prononcée avec toute la diplomatie ordinaire d’Ashley fut suivie par un nouveau silence. Depuis que Seamus avait fait l’aveu de sa parfaite virginité, l’atmosphère était devenue un peu lourde dans la chambre presque rangée du duelliste. Le raisonnement d’une troublante vertu de son camarade — il n’avait pas fait l’amour avec Meredith parce qu’il ne l’aimait pas — avait éveillé une honte inattendue chez Ashley, qui avait l’impression de s’être donné un peu n’importe comment à n’importe qui.

Il n’y avait jamais pensé, mais vu sous cet angle, son passé n’était pas très glorieux. Lui, il s’était juste laissé porté par les événements, rassuré et flatté qu’on s’intéressât à lui, fût-ce pour son seul physique, et il n’avait jamais tenu de compte. Ce n’était pas non plus comme s’il avait passé son temps à arpenter les bars pour trouver un volontaire susceptible de le trousser en vitesse entre deux urinoirs. Il avait juste… Rencontré des garçons.

Est-ce que c’était mal ? Entre ça, la façon de parler, ses réactions brusques et ses duels musclés, Seamus devait avoir l’impression d’avoir fait erreur sur toute la ligne. Un peu brusquement, le jeune homme précisa :

— Les types, là, j’étais pas amoureux, hein. Et eux non plus. Personne n’a jamais été amoureux de moi. Enfin, tu sais, à part…

Alors que sa phrase avait commencé sur un ton plutôt triste, Ashley avait relevé les yeux vers Seamus et un sourire éclaira furtivement son visage.

— Enfin, bref, je sais que… Je sais pas, j’te déçois, sans doute. J’dois plus avoir l’air tellement mignon et angélique, maintenant. Mais tu sais, c’pas comme si j’m’étais tapé tout ce qui passait. J’ai juste… C’est pas, tu sais, j’y avais jamais réfléchi. En sortant de Salem, j’me sentais tellement mal, et nul, et moche, alors qu’y ait des gens à qui j’puisse plaire, c’était flatteur.

Ce ne fut qu’après un nouveau silence qu’Ashley comprit que c’était peut-être précisément parce que Seamus avait passé des ainés à le rabaisser qu’il avait volé de garçon en garçon pendant quelques années, quitte à se jeter dans les bras du premier crétin venu, tant que celui-ci était à peu près sympathique avec lui. Et c’était auprès de Seamus qu’il tentait à présent de justifier une existence un peu dissolue — l’ironie du sort.

Comme à chaque fois que la conversation ou ses propres pensées le ramenaient à cette époque maudite où son petit ami avait été le pire cauchemar de son existence, Ashley s’empressa de passer à autre chose.

— Mais tu sais, moi, j’m’en fiche, que tu l’ais jamais fait. Du coup, ça doit t’faire peur, et tout. C’est normal. Si t’as pas envie, j’me ferai une raison.

Difficilement.

— Et sinon, j’te montrerai. C’est juste, il suffit de…

Pendant un instant, Ashley avait songé à se lancer dans une description mécanico-anatomique détaillée des différentes activités auxquelles pouvaient se livrer deux hommes plus ou moins dénudés, mais cette idée, qui lui avait paru d’abord excellente, lui sembla, réflexion faite, un peu douteuse, et il conclut plus sans entrer dans les particularités :

— Enfin, c’est pas très compliqué. Je crois. Et y a pas spécialement de passage obligé, du coup, si y a des trucs précis que t’as pas envie de faire… Enfin un truc précis… Enfin, tu vois quoi… D’ailleurs moi je suis plutôt… Plutôt… Versatile. Enfin les deux quoi. Autant d’un côté que… Enfin, voilà, bref.

Ashley avait la curieuse sensation de se débattre dans des sables mouvants.

— Donc. D’habitude, j’crois qu’je suis un peu… Sauvage. Sans doute. Mais je ferai attention. Et on ira à ton rythme. Écoute…

Ashley jeta le coussin par dessus son épaule, qui tomba sur une pile de livres, qui s’effondra, avant de se reconstituer d’elle-même quelques centimètres plus loin dans un grand bruit de feuilles. Le jeune homme pour sa part posa une main sur l’épaule de Seamus et le tira en arrière pour qu’il s’allongeât sur le dos, avant de s’installer sur le côté, près de lui. Il posa une main sur le torse de son collègue.

— Tu sais, dans la vie, je suis pas super conciliant. D’habitude. Je suis un peu, je sais pas, ingrat, ou caractériel, ou difficile à vivre. Quelque chose comme ça. Et là, si j’veux faire des efforts, c’est parce que je veux que ça marche avec toi. Je sais bien que je suis pas comme t’imaginais, et puis le temps a passé. Mais j’suis pas toujours brusque, et je suis pas un obsédé et… Voilà. Arrête de te jeter des pierres. Arrête de dire que t’es nul.

Très innocemment, la main d’Ashley avait glissé sur le ventre de Seamus.

— Alors, c’pas pour t’vexer, mais ta copine, à Salem, là, j’sais plus son nom, ben elle était flippante. Ensuite, j’m’en fous que tu tiennes un salon mondain, que les gens veuillent t’élire comme délégué syndical ou que t’ais pas d’amis. Puis franchement, si c’est pour avoir des amis comme l’autre débile, là…

(Soit dit en passant.)

— …autant vivre avec ses plantes. Bref, c’pas avec tes amis que j’sors, c’pas avec tes amis que j’veux dormir la nuit, ou aller au restaurant, ou jouer, ou regarder des films, ou faire l’amour dans la serre. Et j’ai pas envie que tu deviennes Monsieur Parfait. Les gens parfaits, c’est mort comme la pluie.

Toujours très candidement, la main d’Ashley s’était faufilée sous le tee-shirt de Seamus pour caresser la peau de son ventre.

— Toi et moi, on va jouer à Mario, et ensuite on ira pique-niquer dehors, parce qu’il devrait faire beau ce soir, et ensuite on ira chez toi ou chez moi et on dormira ensemble, et si à un moment tu veux faire autre chose, tu le dis, ou tu le fais, tu stresses pas, et on verra. Et si tu t'ronges encore les ongles, j’te casse les dix doigts, et on pourra plus rien faire du tout, surtout pas jouer à la console. Du coup fais gaffe.

Ashley plongea un regard très autoritaire (mais quand n’était-il pas autoritaire, on se le demande) dans celui de Seamus.

— C’est clair ?
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mar 7 Mai - 20:37

Seamus contemplait Ashley tout en l'écoutant, alors son adorable compagnon avait fais toutes sortes de choses avec des garçons sans qu'il n'y ait jamais d'amour ? Sans doute avait-il lu trop de romans à l'eau de rose, mais lui trouvait ça un peu triste. Cela faisait donc de lui le premier, sentimentalement parlant, ce qui représentait quelque chose de fort, même si c'était en grande partie sa faute si son tout récent petit-ami avait traversé ça. Tout ça pour se retrouver ensemble, des années plus tard, quelle drôle d'aventure quand même.

Après avoir mit les choses au clair sur ses anciennes relations, Ashley expliqua de façon un peu plus concrète les jeux divers auxquels il pouvait l'initier. Encore heureux, il n'entra pas dans les détails très techniques de la chose, mais déjà Seamus savait qu'il était versatile et sauvage, deux informations pour le moins… excitantes. Car ce n'est pas parce que Seamus était aussi vierge qu'une feuille blanche (ça c'est de la comparaison très inspirée) qu'il avait forcément envie de retarder la chose ou de poser son veto sur un truc précis. Non, c'était un jeune garçon dans la fleur de l'age, aux hormones joyeusement agitées, et animé par une soif de découvertes et de nouvelles expériences presque scientifiques. Voilà une bien belle façon de dire qu'il mourrait d'envie de… bref.

Il s'allongea docilement en veillant à plus se manger les ongles ou se démolir les doigts, et plus il écoutait Ashley, plus son cœur battait fort. Son duelliste préféré, qui n'était certes pas tel qu'il l'avait imaginé mais qu'il aimait quand même, voulait que les choses marchent entre eux, et puis il ne le trouvait pas nul, et il parlait de lui faire l'amour et de lui casser les doigts tout en lui caressant tendrement le ventre. Il était tellement parfait que Seamus n'en revenait pas.

« C'est très clair. »

Le thésard regarda Ashley en silence un moment, ou plutôt le dévora des yeux sans que ce qu'il veuille dire n'accepte de sortir de sa bouche, ce qui est sûr, c'est qu'il n'avait pas l'air décidé à se mettre à la console. Jusqu'à ce que :

« J'en ai envie, tu sais, de… faire l'amour avec toi. »

Il rougit graduellement tandis qu'il approchait deux ongles de ses lèvres, puis ajouta timidement.

« Maintenant ? »

Après cet aveu, et sans prévenir, il se redressa pour aller s'asseoir en tailleur contre la tête du lit en assassinant un coussin innocent qui passait par là. Les yeux baissés, il semblait se sentir obligé de se justifier.

« Parce que… heu… tout à l'heure, sur l'estrade, c'était bien, tu sais. J'aime bien quand tu es un peu brusque, c'est… sexy, tu vois… Et, et maintenant j'arrête pas d'y penser, c'est pour ça que je t'ai posé la question de façon un peu… je ne voulais pas te gêner. Et puis du coup, Mario, je vais être encore plus nul parce que je vais y penser tout le temps, et ça va sûrement me stresser d'attendre tout ce temps, je le sens. Bon, je suis peut-être déjà un petit peu, un tout petit peu stressé. »

Ne t'en fais pas, ça ne se voit pas du tout.

« En plus je ne suis pas comme Meleager, alors si c'est le genre de garçons que tu aimes, tu vas peut-être être un peu déçu… Mais je peux faire des abdos et tout ça, enfin, ce sera pour plus tard, du coup, et ce n'est pas le plus important. J'ai pas peur de… enfin si j'ai peur mais, le truc, le truc précis, je sais pas si là tout de suite je vais pouvoir… mais j'en ai envie. Après, le problème, c'est que je ne sais pas trop ce qu'il y a entre le baiser et le truc précis. Je ne me suis jamais beaucoup intéressé à ça parce que, de toute façon, je n'avais personne avec qui essayer alors… »

Et bla bla bla, j'aurais bien rapporté mot pour mot tout le laïus qu'un Seamus légèrement inquiet parvint à débiter en quelques minutes à peine, mais mon clavier – ou mes doigts – n'y survivrait pas.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mar 7 Mai - 21:51

Le difficile apprentissage du romantisme d’Ashley se poursuivait. C’était la première fois que le jeune homme comprenait que l’idée de se préserver pour son grand amour n’était pas une obscure fantaisie de la collection Harlequin mais pouvait réellement avoir une importance pour des personnes qui ne s’appelaient pas Brandon et Diana. Cette même idée, donc, qu’il avait trouvée absurde et incompréhensible pendant des années, lui paraissait soudainement cruciale parce qu’elle avait implicitement franchi les lèvres de Seamus.

Mais du coup, il ne savait plus trop quoi faire. Jouer à Mario, c’était assez romantique ? Le pique-nique, ça, c’était romantique, il en était presque quasi absolument certain. Dormir ensemble aussi. Ça faisait deux sur trois, ce n’était pas si mal. Il était peut-être romantique sans le savoir, après tout. Mais en même temps, deux sur trois, ça ne suffirait peut-être pas à rattraper la réputation de petit dévergondé qu’il venait de se construire en énumérant ses conquêtes passées.

Sa main s’était figée sur le ventre de Seamus tandis qu’il essayait d’évaluer son quota de romance. Il était en train de songer que pour se remettre dans la course, il allait au moins avoir besoin d’un dîner aux chandelles si ce n’était pas d’un violoniste, quand Seamus le ramena à l’hic et nunc de sa chambre à coucher. Tout dévergondé qu’il était, Ashley rosit un peu quand Salem confessa son avis, avant de se reculer précipitamment quand, le mot « maintenant » prononcé, son petit ami se releva brusquement en manquant de l’assommer au passage.

À genoux sur le lit, assis sur ses talons, Ashley écouta donc avec des yeux ronds le discours interminable de Seamus, qui était apparemment censé le convaincre qu’il était fin prêt pour le grand saut. Ashley lui-même commençait à paniquer un peu en mesurant le degré de nervosité de son peut-être futur amant, parce que les initiations, il n’avait jamais fait et qu’il n’était pas sûr d’avoir toute la douceur nécessaire pour triompher du paquet de nerfs qui massacrait l’un de ses nombreux coussins très méthodiquement.

Le duelliste profita sournoisement d’un moment où Seamus reprenait son souffle pour en placer une :

— OK. Euh… OK.

Ce n’était certes pas très productif, mais au moins il avait repris la main. Les questions se bousculaient dans sa tête dont la première était bien entendu « comment est-il possible qu’un garçon de l’âge de Seamus ne se soit jamais intéressé à cela au point de ne pas savoir ce qu’on pouvait faire après un baiser ? », question qui, du reste, contribuait à nimber Seamus d’une aura adorable et définitivement sexy, qui eût suffi à réveiller les instincts prédateurs d’Ashley, si le stress de l’auréolé n’avait pas été si communicatif.

Il ne savait pas par où commencer.

— Bon, alors, euh, d’abord… Rends moi ça.

Il arracha le coussin des mains de Seamus pour l’envoyer valdinguer dans la pièce.

— Faut arrêter l’café, mon cœur, ça t’réussit pas.

Il y eut un petit silence pendant que ses propres mots firent leur chemin dans le cerveau d’Ashley — puis Ashley rougit et commença à balbutier des explications pour sauver sa virilité de racaille :

— Enfin, j’voulais dire, tu sais, j’voulais dire… Enfin…

Bon, il ne parvenait pas à trouver d’explications satisfaisantes pour ce petit surnom pas du tout sauvageon qui lui avait échappé, alors il décida de balayer le problème d’un revers de bref.

— Bref.

Une bonne chose de faite.

— Étends tes jambes.

Quand Seamus se fut exécuté, parce qu’on exécutait toujours les ordres d’Ashley (ou alors on finissait par perdre des dents, dans le meilleur des cas), le sorcier vint s’installer à cheval sur les cuisses de son ami et prit son visage entre ses mains.

— Écoute moi bien, espèce de crétin. J’en ai rien à foutre de Meleager. C’est à toi que j’appartiens.

Dire qu’il y en avait qui faisait des crises parce qu’on tentait subtilement de s’approprier leurs corps. Ashley, lui, n’y allait certes pas par quatre chemins.

— C’est toi que je veux.

Et ne faisait pas dans la demi-mesure.

— T’es très beau. J’aime tes mains. J’aime tes lèvres. Je les veux partout sur moi. Et j’veux t’arracher tes vêtements. Alors stresse pas.

Quelque part, Ashley se rendait bien compte que Seamus stressait précisément parce qu’il comptait se faire arracher ses vêtements et qu’il avait envie d’utiliser ses mains et ses lèvres, mais il n’était pas psychologue, le pauvre petit, et il se débrouillait avec les moyens du bord. C’était déjà un exploit pour lui que de réfléchir intensément à la manière de s’y prendre plutôt que de se jeter sur Seamus.

— Ensuite, c’pas parce qu’on est des garçons qu’on est obligés de toujours se… Hm…

Ashley esquissa une moue songeuse.

— Enfin, c’que j’veux dire, c’est que c’est pas raté si on fait pas ceci ou cela. Et on fait pas moins l’amour si y a pas ce truc précis à la fin. Bon.

Voilà.

— Voilà.

Voilà voilà.

— Enlève tes vêtements.

De la diplomatie, Ashley.

— Non, désolé, je veux dire… Enlève ton haut. Et hm. Ton pantalon. Si tu veux. Et allonge toi sur le ventre. T’es super stressé, ça sert à rien de mentir, alors je vais te masser le dos. Et toi tu n’as qu’à… Te laisser faire. Et penser à ce que tu veux. Moi, par exemple. Et l’estrade. Et ensuite, on verra.

C’était presque diplomatique. Fier de son idée, qui lui paraissait très pédagogique et très progressive, et fier de son self-control, Ashley quitta les cuisses de Seamus pour s’asseoir sagement sur le bord du lit, en fixant son ami du regard. Certes, il ne lui sautait pas dessus, mais il voulait bien au moins profiter du spectacle.

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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 9 Mai - 15:01

À force de déblatérer en se faisant les nerfs sur le coussin, Seamus avait finit par devenir tout rouge, avait très chaud et se sentait un peu essoufflé. Ou alors c'était autre chose qui provoquait cet étrange phénomène, comme son sauvageon qui l'appelait mon cœur et lui disait dans le blanc des yeux qu'il voulait lui arracher ses vêtements. Oui, il est possible que ça joue un peu. Dans tous les cas, Ashley avait le don pour le rassurer d'un côté et le stresser de l'autre, et quand ce si beau garçon qu'il avait désiré pendant tant d'années lui intima d'enlever ses vêtements, Seamus eut un bref instant l'impression que la Terre s'était arrêtée de tourner.

Avec des yeux ronds, il écouta son ami qui établissait un tout nouveau programme en hochant ponctuellement la tête. Puis le silence tomba, Ashley se mit à le fixer, et Seamus réalisa que c'était à son tour d'agir. Après quelques coups d'œil intimidé, il commença par enlever sa veste, qui tomba sur une pile de papier en faisant pas mal de boucan, à cause des poches à géométrie variable remplies de tout un tas de choses plus ou moins étrages – notamment la fameuse potion qui peut parfois donner l'impression que Seamus abuse de la caféine. Ensuite ce fut au tour de la chemise, un instant, il fut tenté de la virer comme il l'aurait fais d'un tee-shirt, mais devant l'air très intéressé d'Ashley, il préféra contenir sa propre impatience. C'est donc un bouton après l'autre, lentement, qu'il la retira, on était loin du strip-tease avec chorégraphies et effets de lumières, mais il y avait de l'idée.

Les yeux du jeune homme descendirent ensuite vers son jean, hum, les choses se corsaient. Encore un peu intimidé, Seamus défit simplement sa ceinture et, une fois allongé, il baissa son pantalon pour qu'Ashley puisse accéder à son dos entier, et même bien plus que ça puisqu'il dévoila assez généreusement le haut de ses fesses, dans l'objectif affiché de titiller les instincts de prédateur de son petit-ami dévergondé. La tête sur ses bras, il se laissa ensuite faire, et même si c'était la première fois qu'il expérimentait ce genre de contacts, il trouvait qu'Ashley se débrouillait merveilleusement bien. Il ne lui fallut pas plus de quelques minutes pour lui arracher quelques soupirs d'aise. Et après un moment, Seamus était déjà beaucoup plus calme, comme quoi la petite brute avait été bien inspirée, finalement.

« Tu pourrais… enlever ton haut aussi, peut-être ? »

Seamus avait tourné pour se retrouver allongé sur le côté, face à lui et, objectivement, Ashley avait beau être adorable dans ces vêtements, ils étaient devenus superflus. Quand son ami se fut exécuté, parce que oui, lui aussi, on lui obéit, il lui attrapa le bras pour l'inviter à s'allonger près de lui. Puis ses mains remontèrent de son ventre jusqu'à sa poitrine tandis qu'il découvrait le plaisir de parcourir le corps de celui qu'on aime. Bien vite, se furent ses lèvres qui se mêlèrent à la danse – n'avait-il pas dit qu'il les voulait partout ? – se faisant de moins en moins timides au fil des expérimentations.

« Tu es vraiment superbe… »

Après lui avoir lui avoir martelé le contraire pendant des années, il était peut-être bon de le préciser. Finalement, de longues minutes d'un câlin très tactile plus tard, Seamus, animé par son esprit scientifique, les hormones de la jeunesse et les effluves printanières, ralenti le rythme pour venir subrepticement descendre le pantalon d'Ashley.


Dernière édition par Seamus Hodgkin le Lun 13 Mai - 20:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 9 Mai - 15:39

Ashley essayait d’avoir l’air sage en observant sa proie retirer ses vêtements et, étrangement, il y réussissait à merveille, probablement beaucoup plus aidé par son visage tout à fait angélique que par la lueur prédatrice dans ses yeux. Mais tout de même, il fallait lui reconnaître un mérite : il avait laissé Seamus enlever tous les boutons de sa chemise sans bondir sur lui pour le plaquer contre l’armoire, arracher le reste et lui montrer comment s’y prenaient les hommes (parce qu’il est un peu macho, Ashley, il ne faut pas croire).

Son regard avait suivi le trajet des mains sur les boutons et s’était donc très logiquement arrêté sur la ceinture et puis, tant qu’à faire, un peu plus bas et quand Seamus entreprit d’en ouvrir la boucle, Ashley se mordit les lèvres. Mais cette enflure de botaniste s’allongea sur le ventre et le pauvre petit Ashley fut privé de l’information qu’il attendait avec une certaine impatience, non qu’elle fût capitale, mais enfin, c’était une question de curiosité.

— Détends toi.

Une directive très ironique, parce qu’aussitôt il s’était installé à cheval sur lui et avait posé ses mains de sauvage au creux de ses reins, pour entamer un massage qui n’avait pas grand chose du zèle médical des kinésithérapeutes et qui tenait indubitablement beaucoup plus à ce que l’on apprend dans les arts érotiques. Ce n’était pas demain la veille qu’il allait en détendre, des garçons, en s’y prenant comme ça, mais de toute évidence ce n’était pas son but, parce que sa naïveté devenait très discutable quand il se penchait pour embrasser Seamus au creux du cou ou lui mordiller le lobe de l’oreille.

D’ailleurs, ça s’agitait entre ses jambes — je parle bien entendu de Seamus qui se retournait. Ashley s’empressa de s’installer à genoux sur le côté et, instantanément, son regard plongea vers le pantalon presque entièrement ouvert, pour juger de l’effet de ses soins attentifs, mais ce n’était pas facile et il allait donc avec altruisme suggérer à Seamus de se mettre un peu plus à l’aise quand son petit ami lui rappela qu’il n’était pas le seul à avoir encore des vêtements à enlever.

— Quoi ?

Ashley releva le regard vers celui de son interlocuteur.

— Ah. Euh… Oui…

Il avait essayé de cacher une panique soudainement galopante derrière un air assuré. Oui, parce que lui, il avait de l’expérience, n’est-ce pas. C’était lui le chef. Il en avait connu plein, des garçons, qui l’avaient vu dénudé. Bien sûr, au cas de ces garçons n’avaient jadis passé de nombreuses années à lui fourrer consciencieusement dans l’esprit qu’il était moche, et ridicule, et féminin, et inutile. Mais enfin, un détail, ce n’était qu’un détail.

Un peu désarçonné par cette peur qu’il n’avait pas anticipée, Ashley retira sagement son tee-shirt. Il avait une furieuse envie de fermer les volets, de plonger la pièce dans une obscurité magique ou de disparaître sous la couette, mais son massage, hélas, avait été très efficace et déjà Seamus s’approchait de lui avec ses mains pleines de doigts. Partagé entre l’excitation, le plaisir naissant des caresses et une angoisse à chaque seconde plus sensible, le duelliste se révéla soudainement beaucoup moins riche en initiatives que quelques secondes plus tôt, lorsque Seamus était allongé sur le dos et que lui, derrière, tout habillé, demeurait invisible.

Désespérément, il tenta de se raccrocher au compliment de Seamus, à tous les compliments qui depuis quelques jours l’avaient précédé, mais lorsque la main de son compagnon, en descendant le long de son ventre, entreprit de se glisser sous son pantalon, Ashley se recula brusquement pour s’asseoir à l’autre bout du lit, attrapant au passage un coussin à serrer contre lui, afin de se dérober un peu plus au regard.

Étape 1 : maîtriser son tremblement. Étape 2 : empêcher Seamus de s’enfuir.

— Désoléjesuisdésoléjesuisdésolédésolédésolé.

Étape 3 : Inspirer, expirer, respirer.

— Je suis désolé.

C’était la catastrophe. Après ça, Seamus serait plus détendu qu’un cultivateur de cannabis pour le reste de leurs jours et ils ne pourraient jamais rien faire de plus érotique que d’écouter le radio-achat sur les ondes sorcières.

— C’est pas ta faute, tu es très bien, tu es… J’ai envie de toi. C’est juste… J’ai juste… J’ai peur que tu…

Ashley rougit.

— Que tu sois déçu. Pas par ce que je fais. Mais à cause de… Enfin, tu sais. De mon corps. T’as toujours dit que je ressemblais à une fille… Que j’étais une lavette… Et puis les autres disaient que je devais pas avoir de… Enfin. C’est ridicule, hein. Je suis normal, enfin je crois, comparé aux autres, normal quoi. Et puis de toute façon, toi, tu le pensais pas, tout ça.

Vue la façon dont il avait prononcé la dernière phrase, il n’était pas très convaincue. Les insultes de Seamus avaient eu de nombreuses années pour infuser dans son petit esprit martyrisé et les compliments, eux, rendus plus irréels par la comparaison encore, avaient bien du mal à se faire une place. Du coup, Ashley avait l’impression de se retrouver à sa toute première fois — en bien pire, parce que maintenant, il avait gâché la première fois de Seamus, que Seamus allait lui en vouloir, que Seamus allait être méchant et que lui n’aurait alors d’autre choix que de l’enfermer dans l’armoire avec Fritz.

Mais comme Ashley n’avait plus dix-huit ans non plus, il essayait tant bien que mal de se raisonner. Ce fut donc d’un air (un tout petit peu) plus calme qu’il répéta :

— Je suis vraiment désolé, je voulais pas… Gâcher. Te faire peur. Je sais pas. Je sais pas ce qui m’a pris. Je pensais pas que ça me perturberait. Je pensais pas… J’suis vraiment complètement con.

Incroyable. Même en reconnaissant que son traumatisme venait du comportement passé de Seamus, Ashley était plus en colère contre lui-même que contre son petit ami (dont j’espère bien qu’il n’en mène pas large sur son coin du lit, le salaud). Un peu pour lui-même, Ashley murmura :

— C’est idiot, j’ai tellement envie de te faire l’amour en plus…

De toute évidence, la stratégie d’exhibitionnisme fessier de Seamus avait porté ses fruits. Ashley rougit à nouveau et releva précipitamment les yeux en se souvenant qu’ils étaient censés prendre leur temps.

— Enfin, je veux dire, tu sais, de te faire découvrir… Voilà.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Lun 13 Mai - 21:44

Dans le coin du lit, Seamus n'en menait pas large (alors, heureux ?), une fois de plus, les souffrances qu'il avait faites subir à Ashley lui revinrent en pleine figure et il se maudit d'avoir été tellement atroce. Jamais à l'époque il n'aurait imaginé que son camarade puisse continuer à en souffrir des années après ce qui était arrivé. Mais maintenant qu'il était un peu plus âgé et moins bête, il parvenait à deviner les dégâts qu'auraient pu avoir sur lui le même genre d'acharnement alors qu'il était en pleine adolescence. Le premier réflexe du jeune homme fut de se ratatiner sur lui-même et de baisser les yeux. Il constata cependant rapidement que ce n'était pas avec cette attitude qu'il allait arranger les choses.

Après un petit moment, il attrapa le tee-shirt d'Ashley, se rapprocha pour lui prendre l'oreiller des mains, et lui rabattit le vêtement sur la tête.

« Remets-le, si c'est pour te sentir aussi mal, c'est pas la peine. »

Une fois le névrosé rhabillé, Seamus, qui avait remonté son pantalon parce que c'est pas pratique pour bouger sinon, vint entourer ses épaules. Il avait une furieuse envie de se rhabiller aussi, mais avoir l'air presque aussi gêné que son compagnon n'allait sans doute pas être très encourageant pour lui. Il se contenta donc de poser son bras libre contre son ventre, même si la protection était bien mince.

« T'es pas con et t'as rien gâché, c'est ma faute. »

C'était lui le con qui avait tout gâché, il était formel, et maintenant c'était à lui de recoller les morceaux. Honnêtement, Seamus ne s'en sentait pas capable, d'abord parce qu'il se débattait déjà avec ses propres névroses, et ensuite parce qu'il n'avait jamais rien fait de bien pour personnes. Non mais c'est vrai, est-ce que le retrouver avait vraiment été positif pour Ashley ? Le duelliste s'était jeté contre un miroir, battu contre un crétin, fait chatouiller par une fougère mangeuse d'homme et maintenant, il se sentait moche et honteux, tout ça par sa seule présence (et quelques graines en plus, certes). Le roi des potions avait peut-être changé, mais ça n'était pas forcément suffisant, et il craignait d'être en train de faire souffrir son camarade à nouveau, de façon différente et involontaire, mais si le résultat était le même…

Doucement, Seamus fit glisser sa main de l'épaule au dos d'Ashley pour le caresser, puis il l'attrapa et se laissa tomber sur le lit avec lui.

« J'ai jamais pensé un mot de ce que je disais… Je t'admirais. Je sais que je suis complètement stupide de t'avoir fais ça alors que tu me plaisais mais… Je ne sais pas, j'ai toujours agi comme ça, peut-être parce que c'était plus facile et qu'on a jamais rien attendu d'autre de moi. »

Après avoir sombrement repensé au gamin sans espoirs qu'il était, Seamus tenta de rester positif – un gros travail pour lui – si Ashley ne l'avait pas encor jeté dehors, c'est qu'il devait continuer à l'aimer un peu malgré tout ce qu'il lui avait fait subir, et qu'il semble subir encore. Ensuite, son ami venait de dire qu'il avait envie de lui, alors il ne devait pas le trouver trop repoussant non plus, et ce n'était pas parce qu'il avait fais quelque chose de mal en descendant un peu trop bas ses mains qu'Ashley l'avait fuit si rapidement. Il ne comptait pas retenter l'expérience avant un bon moment et se contentait pour l'instant de caresser son torse par-dessus son tee-shirt pour tenter de l’apprivoiser, mais ça restait bon à savoir.

« Écoute, tu n'as pas à t'inquiéter. Ni pour ton physique, parce que tu es vraiment superbe, ni pour… la suite. Tu as dis toi-même qu'on était pas obligé de faire la totale… »

Et il est clair que si l'idée continuait de titiller l'esprit scientifique de Seamus, il n'avait aucune intention d'aller plus loin tant que son petit-ami ne se sentirait pas à son aise.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Lun 13 Mai - 22:23

— C’était complètement stupide.

Confirma un Ashley qui, une fois rhabillé et allongé sur le dos, après le premier mouvement de panique passé et couvert d’éloges, se sentait un petit peu mieux. D’ailleurs, s’il avait une main sous la nuque, l’autre était posée au creux des reins de Seamus, pour être entièrement sûr que le jeune homme resterait contre lui à le caresser, même si c’était à travers le tissu de son tee-shirt, et même si ce n’était que son torse. Tout cela allait un peu plus lentement et le jeune homme était beaucoup moins perdu.

Donc, il avait écouté les explications de son petit ami à son avis complètement dérangé et avait proposé son commentaire : c’était complètement stupide. Il poursuivit :

— J’comprends pas pourquoi tu faisais ça. Genre, que tu m’parles pas, OK. Parce que t’aurais pas osé. Mais que tu m’ais parlé pour m’dire des trucs comme ça…

Cela dit, Ashley ne devait pas être trop fâché, parce que sa main ne cessait de remonter dans le dos de Seamus, de se perdre dans ses cheveux, puis de redescendre, en s’arrêtant sagement au-dessus du pantalon. D’ailleurs, sa voix exprimait désormais beaucoup plus la perplexité sincère qui le saisissait devant la curieuse psychologie de l’homme qui partageait son lit que la terreur incontrôlable qui l’avait saisi quelques minutes plus tôt, quand le passé avait brutalement fait retour en lui.

D’une voix songeuse, il observa :

— D’un autre côté, moi, les gens, j’les ai jamais compris. La magie, ça, j’comprends. Comment ça marche, comment on crée les sorts, pourquoi ça fait ci ou ça. OK. La science aussi. Mais les gens… Ils font toujours des choses pas logiques, on sait jamais ce qu’ils pensent, c’est super stressant. Et toi, tu remportes la palme.

Il y avait eu dans la dernière phrase l’expression d’une tendresse toute ashléenne. Mû par une soudaine impulsion (comme quatre-vingt-dix-huit pour cent du temps), Ashley repoussa Seamus pour le forcer à s’allonger sur le dos et se redressa à son tour sur un coude, avant de poser sa main sur le torse, heureusement encore nu, de son petit ami. Il fit courir ses doigts pendant quelques secondes en silence, perdu dans une contemplation de moins en moins innocente, avant de se souvenir qu’ils étaient en pleine conversation.

— Tu sais, j’ai été avec des types, comment dire ? Pas des salauds, hein, mais un peu des loosers. Toi, t’es spécial. J’veux dire, tu me traites tellement… J’sais pas, j’ai l’impression d’être le roi du monde. J’veux pas m’souvenir du passé. J’veux être le roi du monde.

En tout cas, le roi de Seamus. Et le roi de Seamus partait à la conquête de son territoire : Ashley s’était redressé pour s’installer à nouveau à cheval sur les cuisses de son homme, de face cette fois-ci, pour pouvoir poser ses deux mains sur le ventre de l’apothicaire de la cour et mieux arpenter les bornes de son royal domaine.

— J’me sens bête, tu sais, devant toi. La première fois que j’t’ai revu, j’ai cru que j’allais mourir de peur, j’avais envie de t’exploser en petits morceaux.

Une façon très personnelle d’exprimer sa peur.

— Et là, maintenant, je sais pas, je suis…

Le duelliste haussa les épaules.

— J’ai jamais senti ça. J’ai l’impression de faire des loopings sur un balai et… et… Je sais pas. Je sais vraiment pas. J’me sens tout bête.



J’aime bien tes fesses.


Avait-il d’un air rêveur, même s’il ne les voyait plus. Ashley retira ses mains du ventre de Seamus, hésita un moment puis, en rougissant légèrement, ôta à nouveau son tee-shirt. Au premier frémissement de son royaume, il plaqua les mains de Seamus sur le matelas.

— …attends…

Les yeux braqués dans ceux de son ami, il resta ainsi immobile pendant quelques secondes, avant de réunir son courage et de mettre ses plans à l’œuvre. Il quitta donc Seamus pour se relever et, sans l’abandonner une seconde du regard, ouvrit la boucle de sa ceinture, défit les boutons de son jean et le retira plus ou moins adroitement. Là, il fut presque certain qu’il allait faire une attaque cardiaque et il lui fallut une petite pause avant de se débarrasser aussi de son dernier vêtement et de s’offrir entièrement au regard de son cinglé de copain.

Comme Ashley n’avait pas exactement pour vocation de servir de patient et immobile modèle à une statue, il ne tarda pas à rejoindre le lit et à reprendre sa position initiale sur Seamus. Il reprit les mains de son ami et, plutôt que de les retenir cette-fois, il les posa sur ses cuisses, avant de se pencher vers lui et de l’embrasser, parce qu’il rougissait un peu trop et qu’il fallait détourner l’attention de Seamus, n’est-ce pas — accessoirement, cela donnait l’occasion à ce dernier de découvrir en retour ses fesses à lui : l’opération était entièrement profitable.

Le baiser ne dura pas longtemps, parce que déjà Ashley embrassait la joue de Seamus, avant de suivre le dessin de sa mâchoire qui n’était certes pas exactement celle d’un quater-back, mais qui était parfaite, de rejoindre son oreille et de murmurer, avec une discutable timidité :

— J’aime bien t’appartenir.

Définitivement, l’imaginaire sentimental et érotique d’Ashley n’était pas peuplé de chastes et pudiques princesses qui enveloppaient d’un voile éthéré les aspirations charnelles les plus impulsives. Histoire d’ôter tout doute de l’esprit de Seamus, Ashley précisa aussi :

— J’aime bien que tu m’appartiennes.

Des fois que Seamus n’eût pas compris depuis longtemps que le roi du monde avait des instincts un peu tyranniques. Cette fois-ci, ce qu’ils faisaient là ne lui rappelait plus du tout leur adolescence douloureusement partagée. Du reste, Ashley ne se souvenait plus de grand-chose en ce moment, sinon que Seamus était encore beaucoup trop habillé pour une pareille occasion et qu’il allait sérieusement falloir remédier à ce fâcheux détail.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 30 Mai - 20:44


Seamus était encore tout penaud, effectivement, il avait été stupide, bien pire que ça même, mais il avait beau chercher, il ne savait pas lui-même pourquoi il avait agit comme ça. Sans doute qu'à force de se persuader qu'il ne serait jamais digne d'intérêt, attirer l'attention, même de façon peu glorieuse, ne lui avait pas paru une si mauvaise idée. Au moins, ses anciens camarades n'était pas près de l'oublier, et Ashley encore moins.

« Je ne me comprends pas moi-même. J'avais peur de te parler et en même temps, je ne pouvais pas m'empêcher de l'ouvrir à chaque fois que tu étais dans les parages, c'était plus fort que moi. J'avais besoin que tu me… remarque ? Je crois… »

Plus il y pensait, plus il comprenait que c'était bien comme ça qu'il avait fonctionné, avec son camarade, mais aussi ses parents et tout son entourage. Bon, la conclusion était que pourrir la vie de quelqu'un était certainement la manière la plus inefficace de se faire apprécier, mais à cette époque, il ne devait pas avoir conscience qu'il pouvait essayer autre chose. Ce qui n'enlevait rien à son sentiment culpabilité et confirmait qu'il était un parfait crétin.

Le maître des potions aurait pu ruminer sa bêtise longtemps, c'était un as en la matière, mais Ashley en décida autrement. Plutôt que de l'enfoncer, le jeune homme voulait faire table rase du passé, et il trouvait ses exs nuls comparés à lui, et en plus il le trouvait spécial – ce qui est un fait, certes – et puis il se sentait bizarre en sa présence et… etc. Tous les petits détails que son ami partageait sur ses sentiments le rendait adorable à ses yeux, surtout qu'il se reconnaissait complètement. Il ressentait la même chose pour Ashley depuis des années maintenant, l'envie de l’exploser en moins.

Seamus s'était remis à dévorer Ashley des yeux en l'écoutant, et il y eut comme un petit looping dans le creux de son ventre quand il complimenta le bas rebondit de son dos ,qu'il avait laissé entrevoir quelques instants plus tôt. Le thésard était déjà captivé avant que son tout récent petit ami n'amorce le moindre geste pour retirer ses vêtements. Une vive impatience le saisit quand le tee-shirt reprit la place qu'il n'aurait pas dû quitter, quelque part sur le lit, ou aux pieds du lit, ou ailleurs. Ça et beaucoup d'autres choses n'avait plus aucune importance maintenant qu'il pouvait à nouveau toucher le corps d'Ashley. Enfin, le toucher avec les yeux, le geste empressé qu'amorça Seamus pour repartir à l'assaut de son roi fut stoppé net, et ce fut par crainte de l'effrayer encore qu'il se contraint à se tenir tranquille.

Une sagesse de plus en plus dure à tenir, Seamus en trépignait presque – presque, parce qu'allongé sur un lit, c'est pas évident à faire – quand les derniers vêtements d'Ashley glissèrent le long de ses jambes. Son ami était parfait, jamais de sa vie il n'avait autant désiré quelqu'un, et personne ne lui avait apprit la patience. La seconde qu'il fallut à Ashley pour le rejoindre le mit à la torture, et il ne se fit pas prier pour poser ses mains sur lui, avant d'être tiraillé entre l'envie de le dévorer tout entier et la peur d'être un peu brusque et de le faire reculer à nouveau. Il fallait que ce moment soit aussi merveilleux pour lui que pour lui (ça, c'est de la rhétorique). Il opta pour un entre-deux à sa sauce, se montrer empressé et possessif en explorant son torse, sa nuque ou son dos, mais beaucoup, beaucoup plus prévenant en s'aventurant en dessous de la ceinture qu'il n'avait plus, et sans aller bien loin, du reste.

« Je veux t'appartenir, je n'attends que ça. »

En cet instant, le sens du mot "appartenir" avait peut-être été légèrement réduit dans l'esprit de Seamus. La façon quelque peu tendancieuse avec laquelle Ashley venait de lui chuchoter ce mot y était probablement pour quelque chose. Le pauvre ne pouvait plus réfléchir très loin, il en oubliait même d'ôter son propre pantalon, c'est dire.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Sam 1 Juin - 16:33

Ashley avait donc trouvé le secret d’une consolation absolue : puisque Seamus était désormais occupé à lui palper passionnément le dos, avec un mélange curieux de timidité et d’impatience, il ne pouvait plus se ronger les ongles. C’était en quelque sorte pour préserver la fragile santé dactyle de son petit ami, qui avait sans doute besoin de ses ongles pour gratter des poudres ou ouvrir des pots de potions, que le duelliste s’était dévoué et avait décidé à se débarrasser de ses quelques vêtements.

Il frémissait donc de satisfaction en sentant Seamus profiter de cette belle preuve d’altruisme — et peut-être, aussi, parce qu’il ne faisait pas très chaud. Cette fois, le jeune homme n’avait pas vraiment l’occasion de tergiverser sur ses lointains tourments, sur ses complexes et sur doutes. Avouons-le : en cet instant de médical sacrifice, les capacités intellectuelles d’Ashley se concentraient sur un domaine existentiel très précis et, à mesure que les mains de Seamus l’exploraient, de moins en moins spéculatif.

Ce matérialisme philosophique était tout à son honneur, mais le duelliste commençait à se sentir un peu seul, sur cet homme décidément trop vêtu. Alors que Seamus hésitait à profiter de ses fesses que la course avait agréablement rebondies, Ashley songeait activement à s’employer désormais à faire connaître les vertus d’un nudisme puriste à son séduisant compagnon, tout en se demandant si Seamus ne se sentait pas trop intimidé par la présence situation.

Ou pas. Il voulait lui appartenir ? Ashley n’était pas certain de donner toute l’ampleur métaphorique à cette expression pour laquelle il imaginait un sens très concret qui contredisait quelque peu ses assurances qu’ils pouvaient s’y prendre longtemps. Il s’imaginait désormais très bien Seamus allongé sur le dos en train de gémir son nom, tout couvert de sauvages griffures — parce qu’Ashley n’était pas très pacifique — et le regard qu’il échangea avec Seamus ne l’aida pas à chasser de son esprit ces plaisantes imaginations.

— Hmm…

Cette réflexion métaphysique avait été accompagnée d’un mouvement de bassin un peu suggestif, mais comme Ashley craignait que Seamus, tout emballé de tissu qu’il était, ne sentît pas bien ses gestuelles communications, il se résolut à le mettre en état de bien le comprendre, dans les détails et en profondeur. Après avoir mordu Seamus dans le cou — mais juste un peu, parce qu’il n’était pas cannibale, Ashley se redressa pour s’installer sur les cuisses de son ami.

Là, c’était bon, entièrement bon, tout à fait bon : le désir d’Ashley était très explicite. Le jeune homme crut constater que Seamus n’était plus uniquement intéressé par ses beaux yeux — brave petit, il apprenait vite. Pendant que son apothicaire favori découvrait les joies scientifiques des contemplations anatomiques, Ashley défaisait très lentement la ceinture de son ami, puis très lentement ses boutons, et lui jetant des regards plus ou moins interrogatifs, puis de moins en moins interrogatifs, avant d’inspecter d’une main curieuse le contenu de son paquet cadeau.

Un frisson descendit le long de son échine, qui cette fois-ci n’avait rien à voir avec la température objective de la pièce. Décidément, Ashley avait bien envie d’appartenir à Seamus, et son désir oscillait gaiement — comme on l’aura remarqué — entre l’une et l’autre possibilité.

— Je veux te voir.

Et ce qu’Ashley veut, Dieu le veut. Le jeune homme se dégagea donc pour se relever et attrapa la main de Seamus pour le tirer hors du lit et qu’il en fît de même. Sur ce, le duelliste plaqua son ami contre un mur, avec une délicatesse un peu limitée, promena les mains le long de ses côtés, fit descendre au passage les derniers vêtements, ce qui lui imposait — c’était malheureux — de s’agenouiller. Dont il profita pour enseigner à son petit ami les subtilités de la langue argotique et lui faire savoureux les délices de son accent.

Jetons un voile pudique sur ces peu chastes événements. Quelques temps plus tard, Ashley et Seamus étaient allongés sur le lit, après une découverte aussi sportive que le tempérament d’Ashley l’avait laissé présagé, mais où personne n’avait finalement appartenu avec personne, parce qu’il fallait tout de même procéder progressivement. Ce qui n’empêchait pas Seamus d’avoir été mordu, griffé, plaqué, replaqué, d’avoir eu les mains immobilisées par des liens magiques et d’avoir dû un peu supplié son seigneur et maître pour être pleinement satisfait — bref, il avait subi l’impétuosité ashléenne. Sans s’être trop plaint.

Et là, Ashley, sage comme un ange, s’était réfugié dans les bras de son petit ami et ex-tortionnaire, et lui caressait très paisiblement le torse du bout des doigts. On lui eût donné le bon Dieu sans confession — même si la présence d’un homme nu dans sa chambre risquait de jouer en sa défaveur. Le duelliste avait entre temps récupéré ses facultés mentales. Il prit donc et finalement la parole :

— Seam ?

Le jeune homme se redressa pour regarder sa conquête béatiquement maltraitée.

— C’était, euh… Je sais pas, disons…

Il fit une moue incertaine et interrogea enfin :

— C’était bien, pour toi ? Je veux dire, tu as pas été trop… déçu ?

Question attendue sans doute qui fut suivie d’une autre plus typique d’Ashley.

— Tu m’as pas trouvé trop… trop…

Le jeune homme détourna le regard et suggéra :

— …vulgaire… ?
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 11 Juil - 15:38

« Ah ? »

Voilà tout ce que répondit Seamus, il avait bien comprit, quelque part dans un coin de sa tête, qu'Ashley lui demandait d'improviser une contorsion quelconque pour se débarrasser de ses derniers vêtements, mais il était pour l'instant trop fasciné par un point précis de l'anatomie de son compagnon pour y réfléchir sérieusement. Heureusement, le duelliste prit les choses en main – et en bouche, ponctuellement – et Seamus n'eut bientôt plus qu'à se laisser sagement entraîner dans le stupre par son énergique ami. Il faut le reconnaître, il n'aurait pas imaginé une seconde que son ex bouc-émissaire puisse un jour le faire supplier et gémir de la sortes, mais c'était ce qui faisait tout le charme du Ashley nouveau à ses yeux. Essoufflé, repu et couvert de marques de dents, Seamus se laissa bien volontiers câliner, et maintenant qu'il était plus apte à faire des phrases complète, écouta les questions de son camarade, avec une pointe d'étonnement.

Oui, d'étonnement, tout de même, ce garçon qui l'avait plaqué, replaqué, délicieusement torturé et qui avait fait preuve de plus d'audace et d'habileté qu'il ne l'aurait jamais cru se mettait maintenant à douter de lui. C'était plutôt lui qui aurait dû le harceler de questions inquiètes, après tout, il débutait, il n'avait pas tellement pris les devants, de son point de vue, et ne ratait jamais une occasion de se molester intérieurement. Bon, Ashley était un peu pareil sur le dernier point, mais là il avait vraiment assuré, décidément, Seamus n'était pas près de comprendre toutes les subtilités de l'esprit de son compagnon. Se tournant un peu, il regarda la mine inquiète d'Ashley avec un calme que leurs tout récent ébat avait rendu presque olympien, presque.

« Parfois tu dis des gros mots, mais ce n'est rien ça. »

Ce jour sera à jamais connu comme celui où Seamus aura tenté de faire de l'humour, cela dû d'ailleurs plus le stresser qu'autre chose puisqu'il s'empressa de reprendre plus sérieusement.

« Je ne t'ai pas trouvé vulgaire, non, ni décevant, pourquoi ? Je fais une drôle de tête ? Il ne faut pas faire attention, tu étais... c'était... wouah... »

Le rose lui monta aux joues alors qu'il poursuivait.

« J'ai beaucoup aimé, je te rassure, beaucoup, beaucoup. C'était mieux qu'en rêve. Enfin, ce n'est pas que je rêvais que tu me plaques contre un mur pour me faire des tas de choses cochonnes, même si ça a pu peut-être, éventuellement, m'arriver, dans un moment d'égarement, mais... heu, voilà... c'était très bien. »

Seamus resta silencieux et rose vif une seconde.

« Et je ne t'ai pas trouvé vulgaire non plus. Je ne vois pas vraiment ce que tu veux dire par là... C'est vrai qu'à une époque, je me disais que le sexe, c'était un peu sale, mais on a rien fait de mal. Tu n'as rien fait de mal, au contraire. »

Est-ce que c'était aussi à cause de lui qu'Ashley avait ce genre d’inquiétudes ? Ce n'était pas impossible, à moins qu'il ne le croit trop sage pour ne pas être un peu secoué par les assauts parfois un peu musclés qu'il lui avait fais. Dans tous les cas, il s'en faisait pour rien, ce qui n'était peut-être pas le cas de Seamus qui, puisque le sujet était lancé, en profita pour lui retourner ses questions.

« Et moi ? Je n'étais pas trop… nul ? Tu as sûrement dû connaître mieux… »

Puisqu'Ashley avait connu d'autres garçons, il avait forcément dû faire la comparaison et, sûrement, Seamus ne devait pas être très bien classé. Surtout que le Ashley en question aimait les Meleagers, il ne manquerait plus qu'il ai croisé un simili-Meleager quelque part, qui lui aurait tout donné, ce serait la fin. Non, vraiment, contre son rival et sur ce point précis, il était certain de n'avoir aucune chance.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Jeu 11 Juil - 16:09

Le petit cœur du petit Ashley battait — encore heureux, certes. Mais c’était qu’il battait d’angoisse, ce petit cœur-là. Combien d’ex-petits amis l’avaient-ils dragué avec l’idée de tomber sur un ange innocent et timide à dominer et avaient été pour le moins perplexes devant son enthousiasme léonin ? Tous n’avaient pas été désobligeants, certains avaient conquis, mais il en était resté pour lui faire comprendre que quand on avait son physique, on se contentait généralement de jouer les effarouchés — à moins de passer pour une traînée. Vulgaire, donc.

Et dans le genre « j’te prends pour un saint », Seamus allait tout de même chercher très loin — alors, certes, depuis leurs tumultueuses retrouvailles, son ancien tortionnaire avait eu plus d’une occasion pour se rendre compte que l’habit, en l’occurrence, ne faisait pas exactement le moine, mais la joyeuse gymnastique à laquelle il venait de l’initier à la force de ses jolis bras était un domaine entièrement nouveau et, maintenant qu’Ashley était calme (pour trois minutes, un exploit), il se demandait s’il n’avait pas fait une bêtise.

Des gros mots. Catastrophe. Il avait dit des gros mots ? Il ne se souvenait plus très bien. Il se souvenait bien d’avoir dit quelque chose comme « supplie moi » et puis peut-être « à genoux », avec un air parfaitement tyrannique, mais ça ne devait pas compter comme des gros mots, ça. Son sens de l’humour temporairement désactivé, Ashley paniquait chaque seconde un peu plus, ce qui impliquait de prendre une main de Seamus dans la sienne pour tordre les doigts de son ami au rythme de sa frustration.

Heureusement, tout fut dissipé quand Seamus décrivit avec lyrisme les sentiments qu’avaient éveillé en lui leur récente activité : wouah. Ashley était wouah. Le jeune homme se redressa sur un coude, histoire de pouvoir rayonner de fierté un peu haut, et poser un regard satisfait sur sa conquête. C’était vrai que, maintenant que Seamus le disait, il s’en était bien rendu compte : le fabricant de potions avait eu l’air de ne pas trop s’ennuyer. Il l’avait vu. Et puis, il l’avait entendu. Les voisins aussi, sans doute, d’ailleurs, s’ils n’étaient pas en cours. Ça, c’était parce que lui, Ashley Aberny, il était wouah : qu’on se le tînt pour dit.

Le tempérament félin du duelliste ne lui avait toujours pas donné la capacité de ronronner, mais il l’eût fait sans doute, tandis que Seamus le noyait sous les compliments. Avec un sourire pas tout à fait modeste aux lèvres, le jeune homme avait recommencé à faire courir ses doigts sur le torse et le ventre de son petit ami comblé, en imaginant toutes les choses qu’il allait pouvoir lui faire la prochaine fois, par exemple dans cinq minutes — avec un peu de gel douche, tout serait tellement plus simple, et puis…

Le sourire d’Ashley se figea quand Seamus lui retourna sournoisement ses questions. Aussitôt, le jeune homme se sentit rongé par la culpabilité. C’était vrai, ça : il avait été trop préoccupé par ses petites angoisses personnelles, et il n’avait pas songé que c’était pour Seamus que tout cela constituait une première fois et que Seamus, pour user d’un euphémisme poli et délicat, n’était pas la personne du monde la plus douée de confiance en soi.

Ashley secoua doucement (si, c’est possible) la tête et murmura :

— Hé, mon ange…

Pause.

— Euh… Ouais. J’veux dire, Seam, quoi. Bon.

Ashley se décala et murmura avec une tendre autorité (une recette personnelle) :

— Assieds toi.

Une fois que Seamus se fût, bien entendu, exécuté, Ashley se glissa derrière lui, passa ses jambes autour des siennes et déposa une main sur son torse pour l’inciter à s’adosser contre le sien. Il cala un oreiller dans son dos à lui avant de passer son bras libre autour de sa taille, et de serrer son anxieux compagnon contre lui.

— T’étais très bien. Un peu stressé, j’suppose. C’est normal. Mais t’étais très bien.

Le duelliste déposa un baiser dans les cheveux de son compagnon. Comme, de temps à autre, il avait de vagues moments de lucidité psychologique, il souligna :

— T’sais, c’pas un concours, ou quoi. Et puis, de toute façon, à part toi, jamais personne m’a aimé.

Ashley réfléchit quand même quelques secondes, histoire d’être tout à fait sûr de n’avoir pas oublié, quelque part dans sa vie, un bouquet de roses ou un dîner aux chandelles.

— J’veux dire, tout le monde me déteste pas, hein. C’est juste, toi, tu es… euh… J’sais pas. Enfin, t’as l’air, tu vois, tu sais, t’as l’air… Hm.

Très, très bas, il souffla :

— …amoureux…

Il y eut un petit silence embarrassé avant qu’Ashley ne poursuivît.

— Et, c’est bête, hein, mais ça change pas mal de choses. J’veux dire, quand tu me touches, j’ai l’impression, je sais pas, d’être important. Et ça, c’est mieux que la technique et l’expérience. Ça s’apprend. L’expérience, t’inquiètes pas, j’te la donnerai… Toi tu as…

La phrase resta en suspens et Ashley resserra un peu plus son étreinte.

— J’ai pas connu mieux.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mer 24 Juil - 17:16

Certes, l'image que Seamus s'était faite d'Ashley était bien loin de ce qu'il était réellement, il faut dire que chercher tous les moyens possibles de le traumatiser lui avait tellement pris de son temps qu'il n'avait pas eu l'occasion d'en savoir beaucoup sur la tumultueuse personnalité de son prince/bouc émissaire. Cela dit, si les apparences peuvent être trompeuses, il faut reconnaître que chez Seamus, le léger manque de virilité s'accompagne d'une personnalité pas si dominatrice que ça. Et oui, Seamus a beau s'attaquer à toutes les personnes et tous les biens de l'établissement suffisamment fragiles pour être renversés au sol, cela ne l'empêche pas de se voir plus dans le rôle de la princesse qu'on berce des yeux et qu'on plaque contre les murs que comme un modèle de virilité machiste élevé aux hormones. Bien sûr, il préférerait se couper un bras et le manger avec une purée d'épinard que de se l'avouer même dans le secret de ses rêveries, mais c'était comme ça.

Alors, Ashley, le lion de la cité, avait beau l'étonner à bien des niveaux ce n'était pas du tout une surprise déplaisante, le duelliste lui paraissait un peu plus séduisant encore maintenant qu'il le savait capable de lui arracher les vêtements pour le dévorer tout entier, voilà tout. Seamus était donc comblé, et le fut plus encore quand son adorable et sauvage compagnon lui donna un petit nom qu'il n'était pas près d'oublier.

"Mon ange". Est-il utile de préciser que personne, jamais, où que ce soit, ne l'avait appelé comme ça ? On lui en avait donné, des noms, pourtant, et généralement il ne les entendait que quand un élève moins doué que les autres le chuchotait au détour d'un couloir, alors qu'il le croyait loin. Généralement, Seamus n'aimait pas beaucoup qu'on le renomme, mais là, mon ange, Ashley pouvait le dire autant qu'il le voulait. Cela dit, Ashley semblait plus vouloir oublier ça et passer à autre chose, mais trop tard. L'alchimiste en herbe souriait de toutes ses dents et s'assit bien volontiers pour pouvoir se faire dorloter encore un peu.

Ah par contre, mauvais point, il l'avait trouvé trop stressé, mince, il faudra que Seamus essaie de ne pas être stressé, la prochaine fois. Ça paraissait difficile, alors il se mit à réfléchir à une potion décontractante, ça ne devait pas être très compliqué, en tout cas il voyait déjà les ingrédients, le problème, c'était le dosage, il ne manquerait plus qu'il s'endorme ou… Heureusement, son camarade le détourna vite de ses dangereuses nouvelles expérimentations. Ce n'était pas un concours, c'est sûr, et le plus important, c'était ses sentiments qui, soyons rassuré, n'étaient pas le fruit d'une magie quelconque. Il se tourna un peu pour regarder Ashley.

« Tu es important, je n'aurais jamais cru que tu voudrais de quelqu'un comme moi un jour. J'ai vraiment de la chance. »

Avec une petite hésitation, parce qu'il n'avait pas très envie que le moment s'arrête, il ajouta.

« Je ne sais pas quelle heure il est, mais j'ai très faim, et toi ? »

Il faut dire que Seamus, non content de manger n'importe quoi, ratait des repas à la moindre saute d'humeur, c'est-à-dire très souvent. Il avait bien sa potion de Ventre-plein, qui donnait l'illusion d'avoir englouti un bon repas – pratique quand on travaille sur un gros projet – mais de temps à autre, il fallait bien satisfaire Mère Mature et avaler quelque chose de 1/ Solide, 2/ Consistant. Le moment était venu. À contre-cœur, Seamus commença à se lever, puis se laissa retomber dans les bras de son ami comme un dormeur qu'on aurait essayé de tirer du lit. C'est qu'il avait un gros manque de câlins à combler, le pauvre garçon. Finalement, c'est quand son estomac se mit à faire des gargouillis pour le moins gênants qu'il se décida à sortir du lit. Il marmonna.

« 'Vais prendre une petite douche… »

Il entra dans la salle de bain, réalisa qu'il avait oublié quelque chose, et ressortit pour attraper le bras d'Ashley et l'emmener avec lui. C'est peut-être parce qu'il espérait que le bruit de l'eau couvre sa voix qu'il se décida finalement à murmurer.

« Je t'aime.

Et "mon ange", c'est joli…
»
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mer 24 Juil - 19:18

Ashley n’était vraiment pas du tout sûr que Seamus eût autant de chance que cela. Il suffisait de regarder autour de soi : il vivait dans le chaos. Son esprit était chaotique, sa vie était chaotique, et il ne faisait jamais rien pour arranger les choses. Après tout, Seamus avait presque eu le meilleur de sa personnalité depuis leurs retrouvailles, si l’on omettait l’interlude pendant lequel Ashley s’était (plus ou moins) involontairement mutilé en cassant le miroir des toilettes, celui où il avait réduit en pulpe Esteban, celui où ils avaient failli s’entretuer, et… Enfin, bref, les choses étaient relativement calmes.

Mais bientôt, Seamus allait voir ses innombrables défauts, ses bizarreries, ses névroses, ses incompétences, ses idioties, ses… Oui. Ashley était angoissé. Il ne pouvait s’empêcher de ressasser encore et encore la même idée : celui que Seamus aimait, c’était un Ashley idéal et lui, il n’avait pas grand-chose d’idéal. Même si Seamus, de seconde en seconde, paraissait plus obsédé encore avec ses perfections et prêt à dresser un autel à sa gloire, le duelliste était encore sceptique sur l’avenir de cette improbable romance.

Ce qui ne l’empêchait certes pas de ramasser les compliments au passage. Par exemple, Seamus avait faim. C’était un compliment aussi. Sans doute. D’une certaine façon. Les mains toujours posées sur le ventre nu de son petit ami obsessionnel, Ashley haussa les épaules.

— Chais pas. Dix-neuf, vingt heures, peut-être.

La vérité, c’était qu’il mangeait à peu près n’importe quoi n’importe quand, alors les heures du repas ne faisaient pas vraiment partie de son emploi du temps. Mais après cette intense séance d’athlétisme sauvage, Seamus devait être affamé et Ashley tenait à préserver la santé de sa conquête. Il fallait dire que la conquête en question avait perpétuellement l’air sur le point de mourir de fatigue et d’inanition. De là à dire que Seamus ne donnait pas exactement l’impression d’être une force de la nature, il n’y avait qu’un pas.

— On peut aller grignoter un truc, s’tu veux.

Oui, parce qu’évidemment, « dîner », ne faisait pas exactement partie du vocabulaire d’Ashley. D’abord, « dîner », ça demandait de la mondanité, puis du temps, puis de l’argent, toutes choses dont le jeune homme était ordinairement dépourvu. Il laissa donc Seamus se relever, avant de le récupérer quand le botaniste démoniaque se laissa retomber et de le serrer un peu plus contre lui, en glissant au passage un baiser au creux de son cou — ce qui ne devait pas aider le démon botaniste à progresser dans sa difficile route vers une saine nutrition.

Donc, les mains d’Ashley caressaient le ventre de Seamus, puis un peu plus bas, puis… Seamus commença à gargouiller. Aussitôt, Ashley remonta brusquement ses mains vers des zones plus recommandables, en essayant de ne pas avoir l’air trop coupable, ni trop intéressé. Heureusement, Seamus quitta le lit. Ashley fit un effort considérable pour ne pas le suivre d’un regard de mâle lubrique et, pendant que Seamus entrait dans la salle de bain, le jeune homme songeait à des images apaisantes : un flanc en gelée, une banquise, un lac de montagne, un bac de glaçons, une frite de piscine.

Ces beaux et louables efforts furent réduits à néant quand l’apothicaire de l’enfer revint, toujours sans vêtement (parce qu’il est infernal), le tira du lit et l’attira sous la douche. Même avec toute la bonne volonté du monde, Ashley qui, pour sa défense, rappelons-le, est 1) jeune, 2) un garçon, 3) en manque, ne parvînt pas à dissimuler le vif intérêt que lui inspirait les instructions pour le gel douche gommant. L’eau commença à couler et il tripotait le flacon à défaut de tripoter autre chose, en essayant d’avoir l’air indifférent — ce qui, hélas pour sa réputation d’innocence, ne devait pas très bien fonctionné.

Tandis que la présence de citrate dans le gel douche lui évoquait un Seamus cambré et à quatre pattes et que l’adresse de la compagnie pharmaceutique qui produisait le savon le faisait songer à un Seamus à genoux les lèvres entrouvertes, le vrai Seamus devant lui prit la parole. Aussitôt, les mains d’Ashley se figèrent, le gel douche cessa d’être tourné et retourné dans tous les sens, et le jeune homme se sentit traversé par un frisson.

Là, c’était bon : il ne se souciait plus d’avoir l’air d’un satyre. Il déglutit et leva lentement ses beaux yeux bleus vers Seamus (enfin, leva vers Seamus — c’était beaucoup dire, Seamus n’était pas très, très grand). Le cœur d’Ashley tambourinait contre son torse. On lui avait dit cela… Jamais, en fait. Il avait beau réfléchir, il ne se souvenait pas. Même pas pour l’attirer dans un lit. Jamais. C’était la toute première fois.

Là, il était censé répondre « moi aussi », et ensuite, ils allaient s’embrasser, et ensuite, le film se finirait sur une image d’eux et de leur famille nombreuse (ou de leur chien) dans le soleil couchant. Du coup, Ashley se mit à pleurer. Silencieusement et avec classe, certes, mais à pleurer tout de même. Il posa le flacon de gel douche sur l’endroit de la douche prévu pour les flacons, qui a probablement un nom, et essuya d’une main tremblante ses larmes.

— C’est euh… C’est…

Aller, « moi aussi », c’était pas très compliqué. Deux mots vite dits. Après tout, ce n’était pas comme si Seamus l’avait martyrisé pendant des années. Pas comme si son nom avait été éternellement associé dans son esprit à certains des épisodes les plus traumatiques de son existence. Comme la fois où il l’avait humilié devant tout le monde en cours de botanique. Ou la fois où il l’avait traité de Limace Fulminante dans fulminations, ou…

Ashley ferma les yeux, serra les dents et murmura :

— C’est bien.

Voilà. Son petit ami dévoué et chevaleresque lui avait « je t’aime » et lui, il avait répondu « c’est bien ». À présent, il pouvait aller s’enterrer dans l’Amazonie la plus profonde, parce que sa vie était définitivement fichue. Ashley recula d’un pas, se heurta à la paroi en plastique de la douche et articula difficilement :

— Je vais… Je te la laisse. J’irai. Après. C’est trop. Petit.

D’une main tremblante, Ashley récupéra une serviette, sortit de la douche, s’enroula dedans et quitta la salle de bain en repoussant la porte derrière lui. C’était une chose, décidément, que de s’imaginer Seamus amoureux de lui, c’en était une autre de l’entendre de sa bouche, après avoir entendu pendant des années des insultes et des critiques. La même voix mêlait dans ses souvenirs des impressions contraires. Et Ashley, bien entendu, culpabilisait de n’avoir pas ressenti un immédiat coup de foudre en revoyant Seamus et de n’être pas capable de rejeter le passé loin derrière lui, de faire une confiance aveugle et de répondre la bouche en cœur à toutes les protestations d’amour.

Mais le pauvre Ashley était cassé.
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MessageSujet: Re: Écologie des duels : Cas pratique 01 - La Flore    Mer 14 Aoû - 12:11

Ça vous est peut-être déjà arrivé. Vous vous lancez, le cœur guilleret, dans l'un de vos jeux de guéguerre favori, et constatez alors avec effroi que vous aviez activé par erreur l'inversion verticale des joysticks. Impossible de toucher le moindre alien ou le moindre Russe, à chaque fois que vous voulez lever la tête, vous regardez vos pieds. Et bien, se retrouver face à Ashley, c'est un peu comme jouer sa vie en inversé, lancez-lui une plante tueuse au visage et il vous ouvrira ses bras, dites-lui des mots d'amour, et il s'enfuira à toute jambe. Même si Seamus comprenait au moins dans les grandes lignes les raisons de ce comportement et avait la délicatesse de ne pas se montrer aussi satirique que son auteur – un rustre sans nom – il n'en était pas moins perturbé. Encore une fois, il était allé beaucoup trop vite pour son compagnon.

C'est donc seul et penaud qu'il prit sa douche, avant de revenir dans la chambre, où il s'habilla rapidement pour ne pas risquer de gêner encore plus son compagnon à fleur de peau. Pendant ce temps-là, le silence en profita pour peser comme une chape de plomb sur les deux jeunes gens, de sorte qu'à la fin il semblait impossible à briser. Seamus essaya quand même, il s'approcha d'Ashley et lui effleura la joue pour qu'il le regarde, il aurait voulut prendre un air rassurant, mais était trop perturbé pour y parvenir.

« Ne t'en fais pas, je comprends… »

Que tu ne m'aimes pas.

« Je sais bien que c'est de ma faute, après tout ce que je t'ai fais. J'ai déjà de la chance que tu veuilles bien me parler, me pardonner un peu, peut-être. »

Mais quand on s'est offert pour la première fois de sa vie, à quelqu'un qu'on désir depuis le collège, ça reste un peu décevant.

« Vraiment, ne t'en fais pas pour ça, ce n'est pas grave. »

De toute façon personne ne m'a jamais aimé.

Bon, plus Seamus y pensait, plus il se sentait mal, sa mauvaise habitude de toujours tout assombrir lui faisait imaginer que tout ce qu'ils avaient pu faire dans cette pièce n'avait été qu'une horrible expérience pour Ashley, digne des mauvais traitements qu'il lui avait fait subir des années plus tôt. Et qu'il n'allait sans doute pas tarder à lui dire qu'il ne pouvait pas continuer comme ça, que leur relation devait s'arrêter. Le pire, c'est que Seamus ne pouvait s'empêcher de penser que ce futur Ashley de l'apocalypse avait raison, rien de ce qu'il puisse faire aujourd'hui n'effacerait ce qu'il avait fait des années plus tôt, c'était sa punition.

Il prit une inspiration, qui n'eut aucun effet sur la boule douloureuse qu'il avait dans la gorge et recula vers la porte.

« Je… je vais… j'ai des trucs à faire. »

Après avoir lâché son excuse bidon, Seamus sortit dans le couloir et s'éloigna d'un pas rapide en tentant sans grand succès s’empêcher ses larmes de couler. Il avait beau essayer de se répéter que ce n'était pas parce qu'Ashley avait plus ou moins jeté sa déclaration dans les ronces qu'il ne ressentait rien, que c'était plus compliqué que ça, il n'arrivait pas à passer outre. Il s'en voulait d'être ce qu'il était, de toujours rendre les choses compliquées, de passer son temps à broyer du noir et il s'en voulait de s'en vouloir. Après avoir mis plusieurs coins de couloirs entre lui et la chambre d'Ashley, n'y tenant plus, Seamus se mit à fouiner frénétiquement dans les innombrables poches sans fond de son manteau, il mit un peu de temps à en tirer une petite fiole déjà à moitié vide – Seamus voit toujours la fiole à moitié vide. Sans plus attendre, il la vida de tout son contenu et en un instant il se sentit tout à fait bien, il fit même de légers sourires aux gens qu'il croisait. La tête à présent parfaitement vide, il arriva devant sa porte et sortit ses clés, qui tombèrent par terre. À peine eut-il le temps de se rendre compte qu'il n'avait plus de force dans les doigts que ses bras lui tombèrent, puis ses jambes se dérobèrent sous lui et il glissa au sol avant de tomber dans un profond sommeil.

La Drosera Argemone Sadicius n'a pas finit de nous faire des blagues.

FIN
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