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 Walk Away | Ashley A.

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MessageSujet: Walk Away | Ashley A.    Ven 1 Mar - 21:35

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Walk away
Ashley & Isaiah

AND THE SILENCE IS SO DEAFENING IT'S LIKE PICKING AT A SORE





Les écouteurs de son appareil moldu vissés dans les oreilles, Isaiah court à petites foulées sur le sable blanc de la plage, son chien Alien à ses côtés, qui fait des aller retours entre son maître et l’autre bout de l’étendue de sable. A l’horizon, le soleil progresse doucement, illuminant doucement l’île de ses rayons. La journée ne sera peut être pas chaude, mais elle sera au moins ensoleillée. Isaiah sourit doucement dans ses pensées, finit par s’arrêter, essoufflé, et s’empare de la balle dans la gueule de son chien pour l’envoyer au loin. Un léger sourire aux lèvres, il observe Alien se précipiter pour récupérer la balle et la lui ramener. De nouveau, il l’envoie au loin. Il n’a encore que peu dormi cette nuit. Une sonnerie le tire de sa rêverie, et il décroche son téléphone portable – l’influence de moldu de son père ne l’a jamais quitté.

« Allo Charlie » fait-il paisiblement. « Isaiah ! C’est pas trop tôt ! Tu te fous de moi, ça fait au moins deux jours que j’essaie de te joindre tu pourrais répondre ! » Malgré tout, il sent un sourire dans la voix de son amie, qui poursuit. « Enfin ! Alors, raconte moi ! Comment ça se passe là-bas ? C’est comment ? C’est aussi beau qu’on le dit ? » Il éclate de rire. Charlie n’a pas changé. Elle est toujours aussi speed. Un peu comme lui, avant. Il gratouille la tête de son chien qui grogne un peu. « ça se passe bien. Tu sais, il n’y a pas grand-chose de nouveau depuis la dernière fois que tu m’as appelé et tous les messages que je te balance. C’est vraiment magnifique. Je t’enverrai des photos. » Elle acquiesce, un silence se fait. « Est-ce que tu vas bien ? » ajoute-elle, l’inquiétude dans la voix. « Je ne me suis pas encore pointé complètement torché au boulot devant tous les gamins, si c’est ce qui te fait peur. » « Iz, tu vois bien de quoi je veux parler. » « Je sais bien, boo. » Il marque une pause. « ça devrait me faire du bien, rester ici. » Mais ses yeux s’humidifient déjà, le vent se lève et il frisonne. « Ecoute, je vais y aller. C’est bientôt l’heure de mon premier service. Bisous, prend soin de toi ! » Il raccroche. A l’autre bout du fil, Charlie soupire. « Toi, prend soin de toi… »

_


La journée a été éreintante. Les jeunes, c’est cool, mais qu’est ce que ça va vite et surtout qu’est ce que ça cause ! Isaiah avait un peu l’impression d’être dépassé, parfois. Oh, il était encore jeune, avait beaucoup d’énergie à revendre… lorsqu’il avait dormi avant. Son eye-liner ne cache que trop peu ses cernes trop marquées sous ses yeux, malgré tous ses efforts. Heureusement, personne ne lui en a encore fait la réflexion. Et puis, de toute façon qu’est ce que ça peut leur faire ? Ils s’en foutent… Isaiah soupire et secoue la tête pour lui-même, terminant de nettoyer les dernières tables, sans utiliser la magie. Il n’aime pas en être trop dépendant, et puis, ça lui permet de s’occuper l’esprit. Quoique, à cet instant, il n’a même pas réfléchi, mais plutôt agi par automatisme. Et pour ça, il se hait. Avant, il détestait la routine, plus que n’importe quoi d’autre. Il y avait ce besoin impérieux de la nouveauté, du changement, de la spontanéité. De pouvoir, tous les jours, abandonner tout ce qu’il était en train de faire sur un coup de tête pour faire autre chose. Ou il montait sur scène sans savoir ce que lui réservait le public… Chaque soir était différent. Chaque soir était unique, à sa manière.

Et puis, sortant de ses pensées, il l’aperçoit en train de le regarder, à l’entrée de la cafétéria. Ashley Aberny. Il ne l’a pas oublié. Comment l’oublier ? Ne serait-ce que par son physique atypique, avec ses traits fins et son air angélique, qui, à l’époque, semblait être marqué par une douleur du cœur – et parfois par la colère. Ashley c’est ce type qui ne l’avait jamais apprécié et dont il n’a jamais compris les raisons. Il n’est pas du genre à chercher des ennuis aux gens, il n’avait jamais rien fait à ce mec pour qu’il adopte ce comportement glacial avec lui. Mais maintenant, de l’eau a coulé sous les ponts. Les choses vont elles devenir plus claires ce soir ? Il ne sait pas, mais il n'a en tout cas pas le courage d'amorcer la conversation.



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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Ven 1 Mar - 22:01

— Tu as lu le livre que je t’ai offert ?
— Hmmm ?
— Ashley, tu m’écoutes ?
— Oui oui.
— Qu’est-ce que tu es en train de faire ?

Le jeune homme replia précipitamment la page des sports de la Gazette des Sorciers où une photographie montrait l’équipe de Quidditch d’Afrique de Sud s’entraîner pour les prochaines compétitions, avec ses deux musculeux batteurs torse nu. Le jeune homme s’était quelques instants abîmés dans cette délicieuse contemplation sans vraiment prêter attention à la voix de sa mère, à l’autre bout du fil.

— Rien. Je regardais le journal. Mais j’t’écoute.
— Tu as lu le livre ?
Dix leçons pour améliorer sa vie ?
— C’est écrit par un docteur, tu sais.
— Ouais. C’est c’qu’on veut t’faire croire.
— En psychologie.
— Des conneries, tout ça.
— Ashley !
— Pardon, m’man.
— Tu l’as lu ?

Ashley hésita et finit par mentir :

— Nan.

Il avait quand même une réputation à conserver !

— Tu devrais.
— Ma vie va très bien.
— Tu devrais te trouver quelqu’un.
— M’man…
— Une gentille fille…
— Hmm hmm…
— Il y en a, des filles, à ton travail ?
— Hmoui.
— Il y en a qui te plaisent ?
— Eeeuh…
— Tu es peut-être trop exigeant.
— Ouais. Voilà. Peut-être.
— Écoute, lis le livre et on en reparlera. Il faut que j’aille travailler.
— Bon courage.
— Pense à manger.
— Oui…
— Et te couches pas trop tard.
— M’man…

Quelques minutes plus tard, après que son mère eut raccroché, Ashley feuilletait d’un air peu convaincu le fameux livre. Il l’avait parcouru, avec une sorte de culpabilité, moitié parce qu’il avait un peu honte d’en être réduit à chercher des conseils de vie dans un bouquin de pseudo-psychologie, moitié parce qu’il avait pertinemment conscience que sa vie, en effet, avait besoin d’un sérieux coup de peinture. Une rénovation poussée. Il parcourut le titre d’un chapitre : « Faire le point sur soi-même et régler son passé ». Le jeune homme laissa échapper un long soupir. Plus facile à dire qu’à faire. Mais peut-être que s’il commençait doucement…

***

C’était une très mauvaise idée. Plus Ashley approchait de la cafétéria, plus il en était convaincu : c’était une très mauvaise idée. Oh, bien sûr, tout à l’heure, dans sa chambre, elle avait paru géniale : une première étape facile à accomplir. Mais maintenant qu’il s’imaginait en train de bégayer des excuses lamentables à l’intention de son ancien camarade de classe, il sentait le ridicule l’envahir par anticipation et tout cela ne lui inspirait guère confiance. Non, vraiment, il allait rebrousser chemin.

Hélas, le livre, dans son infinie sagesse, était formel : il ne fallait pas reculer devant les obstacles. Ashley, qui était beaucoup plus doué pour éviter les sujets qui fâchent (ou se fâcher), détourner les conversations et s’enfuir qu’aborder les problèmes de fond, n’avait décidemment aucune envie de se jeter à l’eau. Mais elle était là, finalement, la cafétéria, vide sauf Isaiah, qui nettoyait consciencieusement les tables. Et maintenant que l’homme l’avait vu, c’était un peu trop tard.

Ashley prit une profonde inspiration, arrangea machinalement d’un revers de main ses cheveux et, sans savoir quoi en faire, désormais, de ses mains, il les enfonça dans les poches de son jean et s’approcha d’un pas (presque) décidé de son ancien camarade. Voilà. Il était arrivé. C’était le moment.

— Salut…

Sa voix était sortie faible et un peu rauque. Il s’éclaircit la gorge et articule d’un ton un peu plus assuré :

— J’m’appelle Ashley. J’sais pas si tu te souviens, mais on était dans la même année, à Salem.

Rien que de parler de ces moments pénibles de son existence l’angoissait. Il força un sourire nerveux et précisa :

— Tu sais, les autres, les garçons, il m’appelait Ashley le mou. Entre autres. Très imagé. Bref, j’étais une forme de célébrité, à ma façon. Et puis j’étais super désagréable avec toi, du coup, ça t’a p’t’être marqué.

Au moins, son sens de l’autodérision était intact. C’était toujours cela de pris.
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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mar 5 Mar - 20:39



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Il ne comprend pas pourquoi Ashley le regarde, pourquoi il s’approche de lui. Qu’est ce qu’il peut bien lui vouloir ? Ce n’est pas comme s’ils étaient en bons termes à Salem, comme s’ils s’étaient manqués. Sans un mot, Isaiah finit de nettoyer une table. Puis, son ancien camarade se met à parler. Toujours silencieusement, il l’observe fixement alors qu’il cause, comme il a l’habitude de le faire de temps en temps avec les gens, pour savoir ce qu’ils pensent. Loin de lui l’idée de vouloir être insolent, c’est plus une habitude qu’une envie d’être désagréable. Ashley n’a pas changé. Du moins, pas fondamentalement. En même temps, ce n’est pas comme si cela faisait des années et des années qu’il ne l’avait pas vu. Pourtant, il a du changé intérieurement. Il y a ce je ne sais quoi de plus, ou de moins, lorsqu’il s’adresse à lui, et Isaiah ne sait pas trop bien comment le prendre. C’est étrange. Pourquoi venir lui parler ? Pourquoi lui raconter cela ? En tout cas, il n’avait pas l’air très à l’aise. On dirait même qu’il n’est pas assuré, qu’il craint quelque chose. Le regard d’Isaiah se radoucit légèrement, il hausse les épaules plus pour lui-même que pour Ashley.

« Bien sûr que je me souviens de toi, Ashley Aberny. » lâche-t-il sur un ton partagé entre la lassitude et la curiosité. Il n’est pas idiot. D’un geste de la main, il lui désigne rapidement l’une des chaises de la table pour qu’il s’assoit avant de disparaitre derrière son comptoir et de laver son éponge avant de la laisser dans l’évier. Il s’apprête à revenir vers son interlocuteur, mais il étouffe un terrible bâillement. Poussant un soupire, il entreprend alors de se faire son énième café de la journée. « Tu veux un café ? un thé ? Quelque chose ? » demande-t-il en s’affairant derrière le comptoir, lançant des coups d’œil furtif à son ancien camarade de Salem. Il n’arrive pas vraiment à saisir pourquoi il est venu le voir. « Je me souviens très bien de toi. Je me souviens que les gens se moquaient de toi. Et je me souviens aussi que je n’en faisais pas parti, et pourtant en effet cela ne t’empêchait pas d’être désagréable avec moi. »

Ses paroles raisonnent plus comme un constat qu’autre chose. Il n’y a pas énormément d’animosité dans sa voix. Un peu peut être, c’est vrai, mais pas tellement. C’est surtout à cause de la fatigue, et de ces litres de café ingurgités qui le rendent nerveux. Mais pas réellement à cause de leur passé commun. Il faut dire que de nombreuses années ont passées, et qu’Isaiah a désormais de nouveaux détracteurs sur lesquels diriger sa colère, et surtout, une douleur à gérer. « Tu m’agaçais beaucoup, c’est sûr. Mais tu m’intriguais pas mal aussi. Je t’avoue que je n’ai jamais compris pourquoi tu étais aussi froid avec moi. »

Il passe une main dans ses cheveux par automatisme, tombant quelques instants dans ses pensées, avant de reporter son attention sur Ashley. Après tout, il semble vouloir lui parler. Et lui n’a pas envie de rentrer tout de suite. Peut-être que c’est une bonne idée, on ne sait jamais… Il finit enfin par décocher un léger sourire et revenir avec sa tasse de café et ce que lui a demandé Ashley, qu’il pose devant lui. Lui non plus n’est pas vraiment très à l’aise, mais sans doute pas pour les mêmes raisons. Il a tellement refoulé tout son passé ces derniers mois que s’y retrouver brutalement confronté l’angoisse un peu. Après, Ashley ne le connait pas vraiment, ce n’est pas vraiment comme s’il avait à s’efforcer à être le même qu’avant, mais ce n’est pas forcément plus simple. C'est aussi pour ça qu'il s'est affairé. Mais maintenant, rester immobile le stresse.


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Dernière édition par Isaiah A. Ziegler le Mar 12 Mar - 17:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mar 5 Mar - 21:39

Faire le point sur soi-même et régler son passé. Il en avait de bonnes, le bouquin. Avec toute son autodérision, toute l’assurance rassemblée après avoir quitté Salem, tous les progrès accomplis sur sa propre personnalité, Ashley n’était malgré tout pas très à l’aise devant Isaiah qui l’écoutait parler et qui, surtout, le regardait avec cet air un peu indifférent, cet air blanc dans lequel il fallait projeter quelque chose — Ashley avait la vague impression de se retrouver à nouveau devant un jury de professeurs dont l’attente silencieuse et indéchiffrable jugerait de sa performance et de son avenir prochain.

Bref, il était stressé. Parler aux gens, ce n’était pas, avouons-le, son domaine de prédilection. Oh, il aimait bien parler — des fois, il était un peu difficile à arrêter. Mais les gens, il fallait les comprendre, apprendre à les lire, faire preuve de tact et, tout cela, ce n’était pas exactement un terrain familier pour lui. Par exemple, est-ce qu’Isaiah se souviendrait de lui ? Après tout, il pouvait très bien l’avoir oublié — leurs rapports, à l’époque, avaient été plus que limités. Mais s’il l’avait oublié, devait-il réveiller des souvenirs désagréables peut-être avec des excuses devenues inutiles ?

Non, décidément, Ashley pouvait disserter des heures à propos des séries télévisées, des jeux vidéos, de la musique, de la théorie multiscalaire des flux magiques à inversion de phases et des approches compréhensives des interactions dynamiques en milieux restreints, mais régler son passé était une autre paire de manches et présentement, il avait surtout envie de prendre ses jambes à son cou pour retrouver ses chers bouquins ou aller faire un footing dans le parc, plutôt que de faire amende honorable.

Hélas (ou heureusement) pour lui, Ashley était plus courageux qu’il ne voulait bien se l’avouer, même dans ce genre de situations. Il resta donc sagement en place en murmurant d’une voix un peu intimidée :

— Un café. J’veux bien un café. S’il te plait.

Ou alors un double scotch, mais s’il pouvait éviter de passer pour un alcoolique, c’était sans doute préférable — on nettoyait probablement beaucoup mieux son karma en restant sobre. Pendant qu’Isaiah s’affairait au comptoir en soulignant, en passant, qu’en effet Ashley avait été désagréable, l’intéressé, un peu désemparé, s’assit sur l’une des chaises qui entouraient la table en se demandant quelle attitude le rendrait plus sympathique — croiser les jambes ou non ? Pas croiser les bas : signe de fermeture. Il n’allait pas sourire non plus, il aurait l’air idiot.

D’un air piteux et coupable, le thésard observait, très concentré, le nœud de ses lacets, relevant à peine les yeux pour prendre la tasse de café que son ancien camarade lui rapportait.

— Merci.

Comme il s’était, tout de même, un peu préparé à recevoir des reproches, il hocha la tête quand Isaiah lui rappela combien il avait été froid, et surtout froid sans raison. Désormais, il observait sa tasse de café, comme s’il en attendait une révélation de divination. Il y eut quelques secondes de silence avant que le jeune homme ne recommençât à parler d’un air franchement embarrassé :

— Alors oui, justement, à propos de ça… Bon…

Heureusement, un tempérament alternativement caractériel et lucide l’avait habitué à s’excuser pour ses sautes d’humeur et l’épreuve, de ce point de vue, lui en paraissait un peu moins difficile. Il restait néanmoins qu’entre des excuses pour un petit écart et des excuses pour quelques années d’hostilité, certes discrète et modérée, mais parfaitement injustifiée, il y avait un sérieux écart. Par ailleurs, même Ashley, dont la perspicacité en matière de psychologie humaine n’était pas exactement un exemple du genre, même Ashley, donc, avait remarqué qu’Isaiah n’était pas dans un état très glorieux et il commençait à se demander s’il n’avait pas mal choisi son moment.

Mais il était un peu tard pour les incertitudes et il n’allait certes pas avaler son café et s’enfuir comme un voleur. Courageusement, il releva donc ses yeux gris vers Isaiah.

— Je suis vraiment désolé. Je suis venu pour ça, d’ailleurs. M’excuser. Enfin, te demander de m’excuser. Ou… Te présenter mes excuses. Voilà.

Ashley avala une gorgée de café, se brûla la langue au passage, réprima une grimace et déposa prudemment la tasse à côté de lui en se promettant de ne pas y retoucher de sitôt. Il se mit à tripoter nerveusement un fil qui dépassait de la manche de son pull, tandis que son regard fuyait un peu Isaiah, pour regarder à un endroit indéterminé, un peu à côté de son interlocuteur.

— C’était… Idiot. De ma part. Injustifié. Et… Enfin, juste, j’étais jaloux. De toi. Mais j’étais jaloux de pas mal de monde, et puis pas super bien dans ma peau. De toute évidence. C’était vraiment pas spécifiquement contre toi, c’était contre…

Le jeune homme haussa les épaules et esquissa un sourire un peu triste et un peu amer.

— La vie en général, je suppose, en fait.

Ses yeux retrouvèrent le chemin de ceux d’Isaiah et avec une maturité certaine, il conclut :

— Bref, l’adolescence, quoi.

Comme les traits féminins que son physique n’avait jamais quitté ne s’étaient pas démentis au fil des années et qu’à son visage fin, on ne lui eût certes pas donné ses vingt-cinq ans, il y avait quelque chose d’un peu paradoxal à l’entendre parler de l’adolescence comme d’une chose lointaine et révolue.

— Mais c’était certainement pas une raison, et j’ai juste été très, très con. Encore une fois, j’suis désolé.

Bon. Voilà. Ce n’était pas si difficile ! Et maintenant, il pouvait s’enfuir ?
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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mar 12 Mar - 17:39

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Ils ont l’air idiots, tous les deux, à être mal à l’aise. Ce n’est certes pas pour les mêmes raisons, mais toujours est-il qu’aucun des deux n’est bien fier. Isaiah a toujours du mal, désormais, à se comporter de façon naturelle avec tous ces gens sortis subitement de son passé qu’il a délibérément laissé derrière lui. C’est absurde. Ce passé fera toujours parti de lui, quoiqu’il se passe, et il devrait s’y faire, faire avec. Mais ce n’est pas aussi simple, et à dire vrai, il est effrayé.
Heureusement, Ashley n’a pas l’air de vouloir lui chercher des ennuis, au contraire, ses traits et son regard sont beaucoup plus doux que ce qu’il avait l’habitude de voir à Salem. L’artiste à la retraite préfère cela. Quoique, c’est sans doute plus compliqué à gérer que s’il devait s’énerver contre lui, c’est toujours plus simple, de s’énerver. Cependant, d’un autre côté, il est trop fatigué pour avoir une quelconque prise de tête avec qui que ce soit. C’est donc mieux comme cela.

Il porte la tasse de café à ses lèvres, souffle légèrement dessus et en boit une gorgée, fermant les yeux sous la légère sensation de brûlure sur sa langue et dans son eosophage tout en reposant la tasse sur la table de la cafétéria. Il rouvre les paupières et pose son regard intrigué sur son visiteur, qui, après un temps, finit par ouvrir la bouche et lui expliquer sommairement la raison de sa présence en ces lieux. Il est là pour s’excuser. Lui présenter des excuses. Pour un truc de plusieurs années ? Et pour quelles raisons ? Pourquoi maintenant ? Qu’est ce que ça peut lui faire, après tout ? ça ne sert pas à grand-chose, ce n’est pas comme s’ils étaient obligés de travailler ensemble, ou de se voir sans cesse. Il fronce les sourcils, un peu perplexe. Il faut dire aussi que la fatigue accumulée a tendance à lui donner du mal à réfléchir.

Silencieux, Isaiah se contente de le fixer, attendant patiemment qu’il s’explique davantage. Le regard gris – toujours un peu fascinant, d’ailleurs, cette couleur – de Ashley le fuit, comme s’il était trop embarrassé par ce qu’il va lui dire. A son explication, une lueur d’étonnement passa devant ses yeux verts. Jaloux ? En quoi sa personne à Salem aurait pu provoquer de la jalousie chez son ancien camarade ? Il n’était pas parfait, loin de là. Perdu dans ses pensées, essayant de comprendre, Isaiah ne répondit pas tout de suite, laissant Ashley déblatérer de nouveau sur l’adolescence et la vie avant qu’il ne s’excuse de nouveau. Le californien leva une main pour le faire taire.

« J’ai bien entendu, ce n’est pas la peine de te répéter » finit-il par lâcher. Cette phrase aurait pu paraître un peu sèche si un demi sourire ne s’était pas installé sur ses lèvres. Il sait, de plus, à quel point présenter des excuses à quelqu’un peut être difficile et agaçant. Il glisse une main dans ses cheveux, porte de nouveau sa tasse de café à ses lèvres pour en boire quelques gorgées, tout en cherchant les mots adéquats. « Tu sais que je crois que c’est la première fois qu’on a une conversation aussi longue ? C’est drôle, dans un sens… » La situation est quelque peu burlesque, et Isaiah finit par lever les yeux au ciel y pensant, cette fois un sourire franc aux lèvres. Ces années lui semblent tellement loin et tellement près à la fois. « Je suppose que ce serait tout aussi idiot de ma part si je n’acceptais pas tes excuses, je suis le premier à avoir fait des choses dont je ne suis pas très fier… alors je les accepte. » Il marque une pause et hésite pendant quelques secondes. D’un côté, il a envie de couper court à la conversation et rentrer chez lui retrouver Alien et un calme régénérateur, mais de l’autre, Ashley a titillé sa curiosité grandissante. « Mais j’avoue que tu m’as un peu intrigué… J’étais loin d’être le plus populaire, ou le plus riche, ou le beau, ou encore celui qui réussissait le mieux, à Salem. Si ce n’est pas trop indiscret… Pourquoi cette jalousie particulière ? »

Au fil de la conversation, Isaiah se détend progressivement. En fait, ce n’est pas si terrible. C’est même plutôt intéressant, et ça l’occupe. C’est sûrement mieux que de rentrer dans son appartement et lutter contre ses vieux démons.



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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Jeu 14 Mar - 9:44

Non, malgré tout, même avec ses sacrées doses de mauvaise foi, Ashley devait bien avouer qu’il se sentait un peu soulagé. C’est vrai, il n’avait pas beaucoup pensé à Isaiah ces dernières années et s’il ne l’avait pas aperçu dans la cafétéria, depuis qu’il était arrivé à Elderwood, il était probable que ni le nom, ni le visage de cet ancien camarade qu’il ne connaissait après tout que de très loin ne fussent jamais revenus dans son esprit ; mais Isaiah, en dehors des torts très réels qu’il avait subis par sa faute et dont Ashley était pleinement conscient, incarnait les révolutions que le jeune homme s’ingéniait, plus ou moins adroitement, à opérer dans son existence — et celles qui allaient bientôt s’opérer malgré lui.

Et s’il avait une envie persistante de s’enfuir, ce n’était pas parce qu’il avait finalement trouvé les excuses inutiles, mais parce qu’il craignait un peu la réaction de son camarade. Ce n’était pas qu’il eût peur qu’Isaiah multipliât les reproches, car après tout il avait été un peu désagréable, mais il n’avait jamais cherché à lui enfoncer la tête dans les toilettes ou à lui faire des croc-en-jambe à la sortie des cours, mais simplement, peut-être que son ancien camarade n’en avait absolument rien à faire et alors Ashley aurait décidément l’air bien ridicule, avec toutes ses bonnes intentions.

Les premières paroles du jeune homme augmentèrent encore un peu sa crainte et quand Isaiah souligna qu’ils ne s’étaient, après tout, jamais vraiment parlé, Ashley rougit en songeant que, décidément, son initiative ne devait pas être d’un grand intérêt pour son interlocuteur. La suite le rassura un peu plus — excuses acceptées, mission remplie, maintenant, il pouvait partir. Mais il se passa une chose qu’Ashley n’avait pas prévu, dans ses savantes anticipations de la scène. Isaiah voulait des explications plus détaillées.

Le New Yorkais rougit légèrement et, machinalement, jeta un regard à la tasse de café qui pourrait peut-être lui donner une contenance, avant de se souvenir qu’elle était brûlante. Il se mit à tripoter la cuiller nerveusement, avant de l’abandonner, de regarder ailleurs, de hausser les épaules, de revenir tripoter la cuiller et de lâcher à contrecoeur, de toute évidence :

— J’sais pas.

Comme il se rendait tout à fait compte qu’il était en train de se fermer comme une huître, comme à chaque fois qu’on en venait à lui poser des questions un peu trop personnelles, il laissa échapper un soupir et tenta de reprendre une contenance ; de toute évidence, le but de l’exercice était aussi de parler plus librement du passé et il n’allait pas s’arrêter en si bon de chemin. Il lui suffisait de se rappeler que, depuis Salem, du chemin, justement, il en avait beaucoup parcouru.

Et qu’il n’avait plus honte de ce qu’il était. En théorie.

Le jeune homme releva finalement les yeux et esquissa un sourire navré.

— Bon, en fait, si, je sais… C’est que, tu vois… Non, mais alors, en fait… Hm…

Excellent début. Il ne restait plus qu’à trouver des compléments à ses verbes et le tour serait joué. Instinctivement, le regard d’Ashley s’enfuit une nouvelle fois alors que le jeune homme cherchait ses mots. Ce n’était certes pas son premier coming out et certainement pas son plus décisif, mais il avait toujours du mal à expliquer la chose et, au fond de lui, il en conservait une honte inexplicable — puis il avait honte d’avoir honte, et ainsi s’installait un cercle vicieux typiquement ashléen.

— J’ai jamais voulu être le plus populaire ou je sais pas. J’voulais juste… Être à l’aise. Bien dans mes baskets, tu vois, un truc comme ça. Comme toi. Toi, t’étais tranquille. J’sais pas, hein, sans doute pas tout le temps, comme tout le monde, mais t’avais pas l’air de te prendre trop la tête, et ça, ça devait être cool.

En même temps, des gens qui ne se prenaient pas la tête, dans une école comme Salem, il y en avait tout de même un bon paquet et l’explication n’était pas entièrement probante. Le jeune homme s’interrompit quelques secondes, tandis que les souvenirs affluaient. Nouveau soupir.

— Et surtout, bon, si j’ai bien compris, t’aimais. T’aimes. Les garçons. Et euh… T’es sorti avec Meleager. J’crois. Et… et…

C’était fou, mais même après toutes ces années, il avait du mal à dire les choses clairement. Ses propres difficultés lui paraissaient parfaitement ridicules et ce ne serait pas ce jour-là qu’il allait reconquérir un peu d’estime de soi.

— Moi aussi, j’aime les garçons. Sauf qu’à l’époque, j’voulais pas l’avouer. J’étais trop lâche. De toute évidence, j’le suis encore un peu. Et bref, Meleager, il me plaisait bien. Genre, c’tait pas le grand amour et tout, hein, mais juste, il me plaisait bien. Du coup, j’étais énervé. Mais en fait, pas vraiment contre toi. Contre moi. Contre… La peur. La lâcheté. La honte.

Un sourire incroyablement triste s’installa sur les traits angéliques d’Ashley et, n’y tenant plus, le jeune homme s’empara à nouveau de la tasse pour boire une gorgée de café, cette fois-ci un peu moins brûlante. Il battit des paupières pour retenir quelques larmes, parce qu’il n’allait tout de même pas se mettre à pleurer comme une madeleine par dessus le marché. Réflexion faite, il n’était pas soulagé ; il était déprimé.
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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mer 20 Mar - 20:34

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Ashley & Isaiah

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Vraiment, la vie est étonnante, parfois. Si on lui avait dit ce matin qu’il parlerait sincèrement avec Ashley Aberny, il aurait très certainement bien ri. Et si, plusieurs années en arrière, on lui avait dit qu’ils s’expliqueraient avec Aberny dans une nouvelle école de magie nommée Elderwood et que le garçon ne lui en voudrait plus, il aurait sans doute cette fois été mitigé entre le rire et la perplexité. Le temps passe, les gens changent, oublient, ne se préoccupent plus de choses qui les travaillaient beaucoup auparavant.

C’est vrai que, quand il y repense, il s’est toujours demandé pourquoi Ashley était froid avec lui. Savoir qu’il était jaloux ne lui donne qu’une vague partie de la réponse, aussi est-il satisfait que le jeune homme ne fuit pas et accepte de répondre à ses questions. Après tout, ils sont tous les deux adultes et peuvent maintenant discuter tranquillement, et puis Isaiah ne se sent plus du tout angoissé. Nerveux encore un peu peut-être, mais c’est à cause de ces nombreux cafés qu’il a ingurgité ces dernières heures pour continuer à être efficace dans son travail.

Mais, apparemment, dévoiler le pourquoi de sa jalousie n’est pas simple pour Ashley. Sentant que c’était important, Isaiah fronce légèrement les sourcils. Aurait-il honte ? et de quoi ? Il reste cependant silencieux, conscient de la difficulté de se confier lorsque l’on en a pas l’habitude et lorsque c’est quelque chose de personnel – parce que ça l’est forcément, là. Si ça ne le concernait plus, Ashley n’hésiterait pas de cette façon. Du moins, c’est quelque chose qui lui parait plus ou moins logique.

Et puis, au fil de ces mots hésitants qui sortaient de la bouche de son ancien camarade, tout devient clair. Limpide, même. Ashley est gay. Contrairement à sans doute la majorité de Salem de l’époque, Isaiah ne s’est pas intéressé à cela, parce que très ouvert d’esprit. Un homme aux traits fins et à possédant une certaine androgynie n’est pas forcément homosexuel. Ashley est gay mais en avait à l’époque honte, et il l’enviait parce que lui l’assumait pleinement et se sentait bien dans sa peau. Là était le fond du problème de l’époque. Ashley avait honte, mais il avait peur, aussi. Ce qui est parfaitement compréhensible pour Isaiah. Peut-être Aberny provient-il d’une famille pas aussi ouverte d’esprit que la sienne, et ce n’est de toute façon pas son genre de juger les gens.

Il sourit à l’allusion sur Meleager. Ce cher Meleager, le premier avec qui il eut une relation sérieuse ; son premier amour, en fait. Le retrouver à Elderwood fut une surprise, également. Mais une bonne surprise. Mel qui est à l’origine de son « coup de vieux » permanent, d’ailleurs. Ça remonte, tout cela. Néanmoins, il perd son sourire en remarquant le sourire incroyablement triste de son interlocuteur. De toute évidence, cette époque le travaille encore beaucoup.

« Je vois.. » lâche-t-il maladroitement. Etre confronté à la peine des autres ne lui a jamais été vraiment facile, même s’il sait dorénavant davantage quoi faire que quelques années auparavant. « Je comprends, maintenant. Je n’ai pas eu ce problème, mais je peux imaginer.. Ça n’a pas du être facile pour toi tous les jours… » Il marque une pause, et finit par lui adresser un sourire. « Mais, apparemment, ça a l’air d’aller un peu mieux, maintenant… ? Si tu es venu m’en parler… » Il porte sa tasse de café à ses lèvres pour le terminer. « Je pense qu’à partir du moment où tu t’assumes toi-même, réellement, c’est beaucoup plus simple….. Et, actuellement, comment ça se passe ? Avec les garçons, je veux dire. » Il se mordille la lèvre inférieure quelques instants. « Enfin, tu n’es pas obligé de me répondre, tu n’es pas venu pour ça après tout ! Ceci dit, ça me fait plaisir que tu sois venu me parler. »



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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mar 26 Mar - 8:56

Si Ashley ne repensait que peu volontiers au passé, ce n’était pas seulement que le souvenir des douleurs bien réelles qui avaient été jadis les siennes réveillait sa peine révolue, c’était aussi qu’il trouvait, dans son comportement d’alors, une lâcheté qui ne lui était plus habituelle, mais dont il craignait perpétuellement qu’il fît retour ; il avait honte, en vérité, de s’être laissé faire et plus encore, il avait honte d’avoir si souvent souhaité redevenir « normal », abdiquer sa personnalité propre pour rentrer dans le rang et retrouver la popularité facile qui avait été la sienne pendant les premières années.

Il avait changé sans doute, à présent, mais ce changement pouvait bien n’être qu’éphémère, et comment savoir si, demain, il ne serait pas rattrapé par ses mauvais démons ? Péniblement, patiemment, vaillamment au bout du compte, le jeune homme avait entrepris de se hisser au-dessus de lui-même, de repousser ses limites et d’écouter les parts les plus nobles et les plus tempétueuses de son tempérament, pour rejeter ses anciennes faiblesses, mais ces conquêtes lui avaient toujours paru un peu incertaines.

C’était cette mélancolie qui l’envahissait alors qu’il évoquait le passé avec Isaiah. Il en connaissait d’autres, à Elderwood, des gens de Salem, mais ceux-là avaient suivi, pour la plupart, sa lente maturation et avec eux, il se sentait plus en sécurité. Isaiah au contraire avait gardé pour seule image de lui celle de sa médiocrité et, en lui parlant à nouveau, après toutes ces années, Ashley se sentait brusquement confronté avec un fantôme d’un autre temps — précisément le but de la démarche, songeait-il.

Mais ses propres problèmes ne l’obnubilaient pas tant qu’il ne devinait pas, dans le ton et les gestes d’Isaiah, une mélancolie bien différente de l’insouciante pétulance qu’il avait jadis enviée de loin. De toute évidence, pour son ancien camarade aussi les années avaient passé et, confusément, Ashley avait l’impression que le temps avait forcé Isaiah dans un chemin autrement plus difficile que celui qu’il avait emprunté lui-même. Il n’était certes pas un fin psychologue, mais la détresse du jeune homme lui crevait les yeux.

En songeant que son interlocuteur avait des souffrances sans doute bien présentes, Ashley se sentait un peu ridicule de venir remuer ses tourments passés. Il était un peu maladroit, il le savait pertinemment, et tandis qu’Isaiah lui répondait, il songeait sans trop de succès aux moyens de s’enquérir avec diplomatie de la vie de celui auquel il n’avait jamais vraiment adressé la parole. Sans doute, ce n’aurait pas été très poli, mais enfin, la conversation qu’ils étaient en train d’avoir ne l’autorisait-elle pas ?

En tout cas, il fallait arrêter de se plaindre. À la question d’Isaiah, Ashley haussa les épaules.

— Oh, les garçons, tu sais… Ça va, ça vient…

Il fallut une demi-seconde à Ashley pour se rendre compte de l’ambiguïté de sa phrase. Il rougit jusqu'aux oreilles et se plongea à nouveau dans sa tasse de café.

— Euh non… Enfin, si, mais c’pas c’que j’voulais dire. Juste euh…

C’était la première fois de sa vie qu’Ashley « parlait garçons » et les choses étaient plus compliquées qu’il ne s’y était attendu. Toutes les expressions auxquelles il songeait lui paraissaient recéler des sous-entendus potentiellement graveleux. Il finit par répondre de la façon la plus neutre possible :

— Il y en a eu deux ou trois, ces dernières années. Rien de très sérieux, à vrai dire.

Voilà. Ça, c’était purement innocent. Le jeune homme haussa les épaules.

— J’crois qu’je cherche le prince charmant, un peu, et c’t’idiot, bien sûr. Mais bon, ça me passera, avec l’âge.

Oui, enfin, il avait tout de même vingt-cinq ans et il commençait à s’inquiéter un peu. Autour de lui, les gens commençaient à se marier, certains parlaient même de faire des enfants et lui, il avait l’impression de vivre encore un peu comme un type tout juste sorti de l’adolescence. Il n’allait tout de même pas trouver un nouveau Monsieur Aberny à soixante-huit ans — le compte à rebours était lancé et il fallait un peu se remuer.

Un peu nerveux, Ashley entreprit pour l’heure de balayer le sujet :

— ‘Fin bref, voilà, c’est ma vie, c’est pas très intéressant.

Là, c’était le moment de demander à Isaiah ce qui n’allait pas et de lui offrir une épaule compatissante sur laquelle pleurer : deux choses qu’Ashley ne savaient absolument pas faire. Alors, à la place, il jouait avec la cuiller de son café, à la recherche d’un sujet de conversation qui pût subtilement amener son interlocuteur à se livrer.

— Et, euh, sinon…

Décidément, les sorts, c’était quand même beaucoup plus simple que les gens.

— C’est sympa, de travailler à la cafétéria ? Les élèves ne sont pas trop chiants… ?

Ashley se maudit intérieurement ¬— mais quelles questions idiotes ! Qui diable pouvait avoir envie de travailler dans une cafétéria ? D’un autre côté, Isaiah allait pouvoir se plaindre, parler de son parcours professionnel, révéler ses secrets tourments — non, en fait, ces questions trahissaient une intuition psychologique hors du commun.

Espérait-il.
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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Dim 7 Avr - 13:52

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Que la hache de guerre soit enterrée avec Ashley le soulageait, le rendait serein. Et en même temps, nostalgique. Comme si ça lui rappelait que tout ce qu’il s’était produit dans son passé était révolu, bel et bien révolu. Qu’il n’y avait plus de retour en arrière possible. C’est étrange comment les choses se déroulent, parfois. Mais, il n’y avait plus à se poser de questions. Il savait pertinemment que la moindre petite chose lui faisait penser à Aidan. C’était continuel, il trouvait toujours un rapport à un moment ou à un autre, avec n’importe quoi. C’était plus fort que lui. Sans doute en avait-il besoin, besoin de se rappeler tout ça. Il n’en savait trop rien, il était fatigué, si fatigué, il voulait dormir… des heures et des heures d’affilés sans aucun mauvais rêve.

Fort heureusement, son interlocuteur finit par être bien drôle malgré lui, et un sourire se dessina sur les lèvres de Isaiah, dont les yeux avaient retrouvé cette petite lueur amusée qu’il lui était auparavant si habituel et qu’il perdait de temps à autre, pour des périodes plus ou moins longues. Ashley avait cette faculté alors de lui changer les idées. En vérité, Isaiah le trouvait touchant, d’une certain façon. C’était surtout le fait de le comparer à ce qu’il en connaissait de Salem. Cela n’avait strictement rien à voir. Il voyait enfin l’homme torturé qu’il était, bien qu’apparemment il aille bien mieux. Mais sa maladresse actuelle, alors qu’ils parlaient de garçons, était assez impayable. Mais Isaiah n’allait pas lui dire. Il ne voulait pas le froisser, surtout maintenant qu’ils s’étaient plus ou moins rabibochés – si on considérait qu’ils s’étaient un jour disputés. En réalité, c’était davantage une distance et une froideur qui disparaissaient qu’une réconciliation.

Mais bien évidemment, Isaiah avait compris où Ashley avait voulu en venir. Sa gêne était assez explicite pour cela. Alors le voir essayer de rectifier ses propos sans dire quoique ce soit d’autre qui pouvait porter à confusion, c’était assez comique. Il hocha la tête pour montrer qu’il comprenait ce qu’il voulait dire. En réalité, il n’y avait pas eu énormément de garçons dans la vie de Isaiah, non plus. Sans doute davantage que dans la vie de Ashley, oui, mais pas énormément. Et puis, il faut dire que ces derniers mois, il avait tout sauf la tête à cela.

« Tu sais, je crois qu’inconsciemment, on le cherche toujours un peu, le prince charmant…. » Il marqua une pause, et finit par éclater d’un rire clair, il se trouvait tout simplement ridicule. « Mais j’avoue que ça fait très idiot de dire cela. Et puis je ne sais pas si c'est une bonne chose, de toute façon. » Et, intérieurement, il ne put s’empêcher de se faire la réflexion qu’il l’avait déjà trouvé, lui, son prince charmant. Mais que ce dernier était parti trop vite. Il baissa les yeux, observa d’un œil vide sa tasse de café pour remarquer qu’il n’y en avait plus.

Il y eut un léger blanc, qu’il n’eut pas le courage de combler. Il avait envie de se lever pour se faire encore un café, mais il savait que ce n’était pas une bonne idée. Il se sentait trop nerveux. Ce dont i avait besoin était sans doute une bonne vieille cigarette, mais il n’allait pas non plus sortir alors qu’il discutait…. Pour une fois. Il avait l’impression que sa vie sociale n’était plus si fournie qu’avant et il se demandait s’il n’allait pas finir tout seul un jour, à force d’effrayer les gens avec son comportement lunatique.

Malheureusement, Ashley commença à lui poser des questions sur lui. Sur sa vie. Isaiah se tendit légèrement, ne sachant réellement que répondre. Comment lui expliquer comment il avait fini à la cafétéria ? Pour quelles raisons ? En réalité, Isaiah se demandait ce que Ashley savait de lui après Salem. Peut être avait-il entendu parler de son groupe, et alors il savait tout. Enfin, pas les sentiments qu’ils portaient à Aidan mais du moins son décès. Ils avaient eu un certain succès aux Etats-Unis, et nombreux étaient ses anciens camarades qui étaient au courant. Mais ce n’était pas le cas de tout le monde, et Ashley faisait peut-être parti de ceux-là. Ce n’est de toute façon pas comme s’ils étaient de bonnes connaissances ou des amis à l’époque, pour que son vis-à-vis s’intéresse à ce qu’il devenait. Peut-être n’avait-il jamais entendu parler de son groupe.

« Oh tu sais… Les gamins viennent ici pour manger, en général ils sont plus à se plaindre de leurs profs que du service. Mais ça arrive, surtout avec certaines… élites. Mais enfin, ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Cela ne m’atteint pas. » Il marque une pause, glisse une main sur sa nuque nerveusement, toujours sans trop savoir quoi dire. Alors il se lance, un peu maladroitement. « Après, sympa… je n’appellerai pas ça comme ça. C’est surtout temporaire. » Bizarrement, il senti qu’il devait davantage s’expliquer. « Il y a eu… beaucoup de choses.. dans ma vie dernièrement. C’est un moyen comme un autre de prendre du recul, j’imagine. » Il tentait d’avoir un air détaché, mais il n’était pas certain que cela soit très réussi. « Tu vois, tu n’avais pas grand-chose à m’envier, au final.. Finir à travailler dans une cafétéria ce n’est pas très glorieux ! » finit-il par terminer avec un sourire, tentant une touche d’humour… ratée.



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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Lun 8 Avr - 7:39

Isaiah avait reçu tant de bienveillance et de discrétion qu’Ashley s’en voulait un peu de ne pas trouver un meilleur moyen de sonder son malaise. Il entendait partout que quand les gens allaient mal, il fallait les faire parler, leur prêter une oreille attentive et leur remonter le moral, mais il ne savait pas très bien comment s’y prendre et habitué lui-même à éviter les questions dans les moments de profonde tristesse, il ne s’en trouvait pas plus savant pour autant pour naviguer à travers les écueils des autres.

Bien sûr, il ne connaissait guère Isaiah et cela ne devait pas beaucoup l’aider à percer à jour le jeune homme. Mais la vérité, c’était qu’Ashley n’était pas très compétent lorsqu’il s’agissait de forcer ses amis les plus proches à se livrer et ses amis les plus proches avaient du reste pris l’habitude de le considérer comme la petite chose fragile qu’il fallait protéger plutôt que comme celui qui pouvait apporter un précieux soutien. À force, Ashley commençait se trouver bien égoïste de profiter des consolations des autres sans en apporter lui-même.

Mais l’idée qu’il fallait être perspicace sans être invasif, qu’il fallait inviter sans presser, bref, qu’il fallait maintenir en toute chose une équilibre délicat le stressait beaucoup trop pour qu’il pût réfléchir calmement et inventer tout soudainement une méthode d’analyse psychologique jusqu’à lors inédite pour cet esprit juvénile qui, par certains côtés, manquait encore de la pondération et de la sage maturité nécessaires à une semblable entreprise.

Après, la cafétéria, c’était un bon sujet de conversation. Ashley ne tenait pas particulièrement à évoquer de long en large ses rêves de prince charmant avec Isaiah, ni à explorer les détails de sa vie sexuelle, qui n’étaient du reste probablement pas très croustillants, alors parler de la soupe du jour et des tables à laver, c’était déjà cela de pris. Il haussa les sourcils en entendant son interlocuteur dénigrer le travail qu’il accomplissait tous les jours pour les élèves et les professeurs.

Ashley haussa les épaules.

— Bah, j’sais pas, des métiers glorieux, y en a pas des masses, j’crois…

Aurors, médecins, brillants universitaires, dresseurs de dragons, joueurs de Quidditch… Ils se pressaient dans son esprit et Ashley regretta aussitôt cette réponse stupide. Évidemment qu’il y avait plus glorieux que de servir de la purée à des mioches ingrats avant de récurer les tables que les mêmes mioches avaient laissées dans un état épouvantable. C’était idiot de sa part et d’autant plus idiot qu’en parlant des changements de sa vie, Isaiah lui avait tendu une perche qu’il était incapable de saisir.

Comme Ashley par ailleurs avait mis un certain point d’honneur à ne pas se renseigner trop sur ce qu’étaient devenus ses anciens camarades de Salem et que le style de musique pratiqué jadis par Isaiah ne comptait pas parmi ses préférés, il n’avait pas de son côté beaucoup d’éléments pour mener sa petite enquête. Mais pour l’heure, il l’avait mise entre parenthèses, le temps de rattraper sa bourde.

— Enfin, j’veux dire, si, bien sûr, y a des tas d’choses plus exaltantes que…

Hm, non, mauvais début : ce n’était probablement pas en soulignant la médiocrité de l’emploi d’Isaiah qu’il allait lui remonter le moral. Un peu découragé Ashley poussa un soupir et s’excusa avec une sincérité toute pure :

— Désolé, j’suis maladroit.

Il adressa un sourire navré à son interlocuteur et expliqua simplement :

— Tu sais, j’ai grandi dans l’Bronx. Pour moi, un boulot, c’est déjà bien et puis ça sert à manger. Alors la cafet, voilà. C’est chouette d’avoir un job.

Une chose était certaine : le mépris social n’était pas son fonds de commerce et ce n’était pas lui qui allait passer à côté du balayeur sans lui dire bonjour. Même si au fil des années, il avait franchi quelques échelons de la hiérarchie sociale à force de travail et de talent, il ne s’en sentait pas supérieur pour autant et l’essentiel du petit pécule qu’il amassait avec son emploi à Elderwood, il l’envoyait à ses parents ou s’en servait pour payer les prêts qui avaient financé une partie de sa scolarité jusqu’à lors.

Cette question réglée, il restait le nœud du problème. Un peu embarrassé, Ashley reprit la parole :

— Mais hm… Si c’est temporaire, enfin, pour prendre du recul, comme t’as dit… Qu’est-ce que tu faisais, avant d’être ici ?

Il jeta un coup d’œil un peu incertain à Isaiah, comme s’il avançait en terrain miné et après une ou deux secondes, il s’empressa de préciser :

— Enfin, s’tu veux pas en parler, c’est pas grave. Parce que si tu prends du recul, c’est p’têtre pas pour parler du passé, justement, et c’est idiot de ma part de demander ça, et tu devrais pas te sentir obligé de répondre, et…

Ashley se tut avant de s’enfoncer d’avantage mais à nouveau, cinq secondes ne s’étaient pas écoulées qu’il apportait une nouvelle précision :

— Ou sinon, si j’t’embête, si t’as des trucs à faire, j’peux m’en aller, hein…

Zen. Tout se passait pour le mieux. Pour la énième fois, le jeune homme reprit sa tasse de café qui hélas, bientôt vide, ne lui servirait plus de distraction pour très longtemps. Il en but les dernières gouttes avant d’en observer les dépôts d’un air songeur, comme il l’eût fait en cours de divination, même si on ne faisait pas de voyance avec le café soluble. De temps en temps, il relevait un œil un peu incertain vers Isaiah, pour voir s’il fondait en larmes, ou se mettait en colère, ou… Il n’en savait rien, lui. Après tout, il était duelliste, pas psychologue. Non, vraiment, pourquoi diable s’aventurait-il dans des contrées à lui si étrangères ?
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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mer 17 Avr - 17:00

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« Oui, je sais bien. Ça sonnait pas comme ça dans ma tête. Je suis d’accord avec toi tu sais, on ne devrait jamais critiquer ce genre de boulot. Qu’est ce qu’on ferait s’ils n’étaient pas là ? » Il marqua une pause, laissant le jeune homme s’exprimer sur son enfance dans le Bronx. Il acquiesça. « Ce n’est pas ce que je voulais dire. Bien sûr que c’est important d’avoir un travail, quel qu’il soit… Je crois que je voulais juste apaiser l’atmosphère… Je ne suis pas très doué. Ce n’est pas vraiment une plainte, plus un regret… enfin, je m’embrouille.» Il laissa un léger sourire navré fleurir sur ses lèvres, observant Ashley en silence. Ce n’était bien sûr pas lui non plus qui allait réellement dénigrer ce genre de boulots. Il avait vécu seul avec un père absent et le plus présent possible à la fois, jouant le rôle de père mais aussi celui de mère, et qui avait légèrement du mal à joindre les deux bouts. Il avait juste ce besoin pressant de changements, cette envie d’aventure et d’imprévus qui le submergeait souvent. Travailler à la cafétéria n’était pas vraiment ce que l’on pouvait appeler un métier passionnant, comme celui auquel il avait été habitué. C’était de la nostalgie, tout compte fait. Il soupira discrètement, alors que Ashley tentait apparemment de s’enquérir sur sa vie passée de façon maladroite. Il se tendit davantage encore, tout en essayant de rester calme. Après tout, il ne pourrait pas fuir éternellement, il le savait. Baissant un instant les yeux sur sa tasse, il laissa Ashley hésiter, faire machine arrière, finir par lui proposer de s’en aller. Il finit par secouer la tête, s’éclaircir la gorge un instant. « Non, tu m’embêtes pas, t’inquiètes. » Il se redressa légèrement, passa une main nerveuse dans sa tignasse… qui ne ressemblait à rien d’ordonné… sauf si l’on considérait cela comme un bazar organisé, mais ce n’est pas vraiment le sujet.

« Ce n’est pas vraiment que je ne veux pas en parler. Enfin si, en fait, c’est un peu le cas. Je suis venu à Nameless pour ça, à la base. J’avais besoin d’être tranquille… de me changer les idées, tu sais. » Bien sûr que non, il ne savait pas. Mais ça l’aidait dans son entreprise. Il ne savait pas pourquoi il essayait de parler, mais le fait était que c’était ce qui était en train de se passer. Peut être parce que Ashley était la personne idéale, même si toutes les apparences étaient contre lui. En effet, il n’était pas un parfait inconnu, donc il connaissait un peu le passé de Isaiah, du moins sa scolarité à Salem. Et il n’était pas non plus un proche, quelqu’un qu’Isaiah voudrait protéger de toute inquiétude concernant son état, comme Charlie, son père ou encore Holly. Peut-être était-ce le bon moment de s’exercer à faire face à la vérité ? A essayer de l’accepter pleinement ? « Mais je suppose qu’il faudra bien que j’affronte tout ça, un jour. » Il marqua une longue pause, son regard vide, perdu dans la multitude de ses pensées. Il se reprit brusquement. « Mais je ne veux pas t’ennuyer tu sais. Faut pas que tu te sentes obligé de t’intéresser à moi comme ça. La vérité c’est que… » Il leva les yeux au ciel, et eut un rictus. Il se trouvait tellement ridicule. Il soupira, haussa les épaules , nerveux, et reporta son attention sur Ashley. « J’essaie d’oublier quelqu’un. » Le silence s’abattit sur lui pendant quelques secondes, et il réalisa soudain que son histoire passait sans doute juste pour une relation qui s’était mal terminée, comme s’il s’était fait jeté comme une vieille chaussette sale. Et alors, il passait pour le transi en mal d’amour. « … Il est mort. » crut-il alors bon de préciser après deux secondes pour clarifier les choses. Aussitôt, ce fut comme si une chape de plomb s’abattait sur ses épaules. Se frottant nerveusement l’un de ses sourcils avec sa main, son regard finit par fuir celui de Ashley alors que son esprit partait loin. « Excuse-moi, ça fait très dramatique dit comme ça, ce n’est pas vraiment mon attention de plomber l’ambiance ou de me plaindre ou.. tu vois.. d'être égoïste. enfin. » Il soupira, clairement agacé contre lui-même. Il se donnait l'impression d'être clairement faible, en recherche d'une bonne âme qui écouterait ses plaintes ridicules, et ce n'était pas du tout ce qu'il voulait. « Laisse tomber, c’était une mauvaise idée » lâcha-t-il en se levant et en s’emparant de la tasse vide de son interlocuteur. « Un autre café ? » demanda-t-il tout en s’éloignant, tentative à peine déguisée pour se donner contenance. Parler de ça était encore trop délicat, et il se savait incapable d’avoir une discussion saine et calme sans péter les plombs. Il n’avait pas vraiment essayer ceci dit, mais le peu de ce qu’il avait montré à Ashley n’était franchement pas un bon début, selon lui.


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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Ven 19 Avr - 19:53

Cela faisait longtemps qu’Ashley avait rayé « psychothérapeute » de la liste des métiers qu’il pouvait envisager de faire et l’avait rangé dans le tiroir des très mauvaises idées, quelque part avec « videur de boîte de nuits », « diplomate » et « traducteur de la Recherche du Temps Perdu ». Et en effet, en ces délicats instants où il tentait de sonder les psychologiques profondeurs de son ancien camarade d’école, l’Américain était affreusement stressé à l’idée d’avoir potentiellement replongé Isaiah, par un mot malencontreux, dans de profonds tourments.

Hélas, les petits moyens du pauvre Ashley n’étaient en effet pas toujours à la hauteur de ses ambitions altruistes et s’il pouvait dézinguer du troll et littéralement remuer des montagnes (à peu de choses près), il n’avait jamais été une épaule très confortable sur laquelle pleurer. En même temps, personne n’avait vraiment essayé et avec de la chance, il manquait peut-être juste un peu de pratique. De toute façon, Isaiah n’allait pas si mal, n’est-ce pas ? Une petite déconvenue professionnelle, sans doute, ou un chagrin d’amour. Voilà tout.

Ou alors l’amour de sa vie était mort dans d’horribles souffrances. C’était possible aussi. Les mots « il est mort » avaient poussé Ashley à écarquiller les yeux, avant de les baisser bien vite sur sa tasse de café vide. Ah. Certes, les précautions que son interlocuteur avait déployées avant de se lancer dans le grand bassin de la confession lui avaient fait un peu douter que la raison qui avait poussé Isaiah à venir servir une douteuse choucroute de la mer au self d’Elderwood eût été très superficielle, mais enfin, tout de même, là, ça faisait beaucoup.

Ashley essaya de s’imaginer ce qu’il ressentirait si l’amour de sa vie mourrait. Comme il n’avait jamais été amoureux, ce n’était pas très facile. Il essaya de s’imaginer ce qu’il aurait ressenti si son dernier petit copain en date avait rencontré une mort affreuse dans un douloureux accident. Par exemple, encorner par une vache enragée échappée de son sang. Piétiner par des buffles. Poussé du haut d’une falaise très escarpé par un troupeau de moutons obtus.

Hmm… à en juger par l’enthousiasme que son esprit mettait à manigancer des trépas tous plus violents (et animaliers) les uns que les autres pour l’ex-petit ami en question, sa relation avec lui ne devait pas être un excellent point de comparaison pour la tristesse d’Isaiah. Ashley secoua la tête quand Isaiah lui proposa à nouveau du café, tout en le suivant des yeux, tandis que le jeune homme repartait se servir une tasse.

Le duelliste n’eut cependant pas à fouiller très longtemps sa mémoire pour trouver enfin une situation semblable et celle-ci n’exigeait de lui aucun effort d’imagination. Ashley avait pris la néfaste habitude de pousser la poussière de ses problèmes sous le tapis de sa conscience, mais il y avait des graviers trop gros pour n’être pas sentis par les petons de sa mémoire et, en quelques secondes, une foule de souvenirs et de sensations enterrés depuis longtemps se précipitèrent en lui.

Il battit des paupières, pour ne pas pleurer, parce que ce ne serait pas très poli et que ses misères à lui avaient passé avec les années, puis se leva à son tour pour aller s’accouder au comptoir derrière lequel Isaiah se préparait très consciencieusement une nouvelle tasse de café. Avec sa sensibilité toujours un peu brute de décoffrage, Ashley murmura :

— On peut pas oublier.

C’était à se demander s’il avait au moins conscience qu’il était censé faire comme tout le monde et dire : « je suis désolé » puis « je ne peux pas comprendre » et enfin « il te faudra sans doute du temps, mais tu finiras par aller mieux ».

— Ça sert à rien d’essayer et puis, de toute façon, t’as pas envie d’oublier. Parce que si tu oublies, après, tu vas te sentir coupable. C’est pas horrible de souffrir, c’est beau. C’est arrêter de souffrir qui est horrible, au début.

De toute évidence, il parlait en connaissance de cause — de toute façon, il eût été incapable de s’exprimer intelligemment sur un problème psychologique qu’il n’eût pas expérimenté lui-même.

— Maintenant, on doit toujours faire semblant que ça va. Enfin, que c’est calme. Qu’on souffre calmement. Avant, j’crois, j’sais pas, mais enfin j’crois que c’était différent. Il paraît. Les gens s’arrachaient les cheveux, ce genre de choses. J’trouve ça plus normal, en fait. Parce que cette souffrance, c’est pas une espèce de rumination mentale. C’pas comme être triste parce qu’on arrive pas à avoir la vie qu’on veut. Parce qu’on est déçu par son petit ami. C’est physique, c’est abject, ça tord le ventre.

Bon, finalement, il pleurait quand même, bien malgré lui, mais au moins il ne reniflait pas trop, et puis il ne sanglotait pas. Il pouvait encore parler.

— J’sais pas comment ça passe. J’sais même pas si ça passe. P’t’être qu’on devient juste meilleurs à faire semblant. J’pense pas. J’pense qu’on se divise et qu’il y a une partie de nous qui reste là à souffrir pour toujours, et que c’est comme ça pour toute la vie, qu’on s’perd bout par bout, mais on s’en rend pas forcément compte, parce qu’y a aussi des morceaux qui étaient pas là et qui viennent se coller à nous, d’autres gens, de nouveaux trucs. C’est pas…

Il haussa les épaules et passa rapidement le revers de sa manche au coin de ses yeux.

— C’est pas beau, c’est pas moche. Je sais pas, c’est juste comme ça. Je sais pas hein. J’suppose que c’était ton copain, mais ça pourrait être ton père, ou ton frère, ou n’importe. Juste que ça sert à rien d’essayer d’oublier. Ou de philosopher. Parce qu’on t’a arraché des viscères et tout c’que tu peux faire, c’est saigner et pleurer et trembler. Y a rien d’autres que ça. Et devrait rien avoir d’autres que ça. Parce que dans ces moments, souffrir comme des chiens qu’on écrase, c’est tout ce qui nous reste comme façon d’aimer, et c’est affreux mais c’est déjà quelque chose et c’est…

Nouveau haussement d’épaules.

— Digne. C’est con comme mot, sans doute, mais j’trouve ça digne. En tout cas, plus digne que de philosopher.

Il était probablement un peu tard désormais pour s’inquiéter de plomber l’ambiance.
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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Sam 4 Mai - 13:32

Spoiler:
 


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Il pensait qu’avec le temps, il deviendrait plus simple pour lui de parler de Aidan, mais soit c’était faux, soit il était trop tôt. Concentré sur la cafetière, ses gestes étaient légèrement tremblant mais contrôlés, et marqués de réflexes certains. La gorge serrée, il s’efforçait d’inspirer et d’expirer profondément dans le but de chasser les sanglots bloqués dans sa gorge. Ashley s’approcha, il ne leva même pas le regard vers lui, toute son attention tournée vers ce désir de contrôler sa douleur, grondante et dévastatrice dans son for intérieur. Mais un nœud s’était formé dans son estomac, et il était si serré qu’il doutait de sa capacité à contrôler ses émotions cette fois-ci. Les paroles de son ancien camarade résonnaient dans la salle vide, et plus il parlait, plus Isaiah sentait ses dernières barrières s’écrouler lentement mais sûrement. Car Ashley avait parfaitement raison, sur toute la ligne. S’il n’arrivait pas à oublier, c’était sans doute car il ne le souhaitait pas, même si, certains jours, il avait l’impression de le vouloir au plus profond de lui, car la douleur était trop forte, trop insoutenable et qu’une amnésie lui paraissait alors comme un cadeau tombé du ciel. Mais les souvenirs envahissaient alors tout son esprit, et même s’ils l’étouffaient, ils parvenaient parfois à le faire sourire, même rire au travers de ses larmes, et il savait pertinemment qu’il ne voulait pas oublier, car Aidan faisait parti de sa vie, qu’il ne regrettait pas de l’avoir rencontré, de l’avoir aimé, il ne regrettait pas le peu qu’ils avaient vécu même si cela s’était terminé tragiquement, car Aidan était sans doute la plus belle chose qu’il lui soit arrivé de toute son existence.

Dans ses yeux vides, il sentait les larmes s’agglutiner une à une, alors que, sa tasse désormais remplie de café, ses mains tremblantes vinrent se poser sur le bord du comptoir. Tiraillé par des sentiments contradictoires, il eut brusquement envie de lui hurler de fermer sa gueule, parce qu’il supportait pas cette vérité, parce que ça faisait trop mal et qu’il n’était pas prêt à entendre cela, mais il avait tellement peur de fondre en larmes s’il commençait à dire quoique ce soit, alors ses lèvres restèrent résolument collées l’une à l’autre. Tellement concentré sur la gestion de sa propre douleur et sur les propos qui résonnaient dans son esprit, il ne fit pas attention aux paroles peut-être légèrement plus tremblantes d’un Ashley qui était lui aussi en train de craquer. Il fut néanmoins incapable de retenir ses larmes davantage et, après avoir brouillé sa vue, elles jaillirent de ses yeux sans discontinuer, malmenées et retenues pendant trop de temps. Il était en colère contre lui-même pour se donner en spectacle ainsi, il était en colère contre Ashley qui était à l’origine de tout ça, il était en colère contre Aidan pour l’avoir abandonné, alors même que ce n’était de la faute ni de Aidan, ni de Ashley, ni de lui-même, mais il est toujours plus facile d’être en colère que d’être désespéré. Ses larmes furent bientôt accompagnées de sanglots silencieux qu’il tentait vainement de contrôler, mais sa peine était dévastatrice et les paroles de Ashley étaient si poignantes de vérité qu’il lui était tout bonnement incapable de penser à autre chose. « Je.. » Sa voix se brisa, il retomba dans le silence aussitôt. Il ferma brusquement les yeux, prit une grande inspiration. « Je suis désolé. » parvient-il à articuler difficilement. Il ne savait pas pourquoi il s’excusait, peut-être parce qu’il était réduit à l’état de loque devant quelqu’un et qu’il avait terriblement honte, peut-être aussi parce qu’il avait parlé de sa peine sans être capable de la gérer, et parce qu’il n’est jamais facile de se retrouver devant quelqu’un qui pleure à chaudes larmes sans le connaître et sans savoir quoi faire. « Tu n’étais pas obligé de raviver ce genre de douleur pour me dire tout ça. » Il ne savait plus vraiment ce qu’il disait, sa voix était hachée, teintée de sanglots si bien qu’il était difficile de comprendre exactement ce qu’il racontait. « Je ne sais pas si c’est digne, je sais juste que ça fait beaucoup trop mal, qu’il me manque chaque jour qui passe et que je ne veux pas refaire ma vie sans lui, même si on a pas eu le temps de vivre grand-chose voire presque rien du tout, mais ce n’est pas ça le problème, parce que tout ce qu’il m’a dit c’est que des conneries, parce qu’il me fait chier avec son optimisme à la con, et que je suis loin d’être aussi fort que ce qu’il pense, et que parfois j’aimerais être mort à sa place même si c’est ridicule et égoïste » La colère était un exutoire, elle l’avait toujours été pour lui et il ne savait pas comment il survivrait sans elle. Il tenta vainement d’essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues alors qu’il ravalait ses sanglots… pour quelques minutes, il le savait. « Je suis désolé, je voulais pas que ça finisse comme ça » répéta-t-il vainement, s’emparant de sa tasse de café pour revenir à leur table d’origine. « Tu n’est pas obligé de rester, je suis pathétique. Je sais même pas ce que tu fous encore là. Je vais devoir fermer la cafet de toute façon. » Ce n'était pas tant la présence de Ashley qui l'importunait, mais il ne voulait pas le déranger plus longtemps, surtout qu'à la base, il n'était venu que pour s'excuser.


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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mar 7 Mai - 13:03

Ashley ne s’attendait pas à ce qu’Isaiah prît son discours comme un soulagement, précisément parce qu’il ne croyait pas qu’il y eût un quelconque soulagement possible. Il avait passé toute son adolescence à refouler la plupart de ses émotions, dans tous les domaines de son existence, et il savait désormais pertinemment, ou tout du moins en était-il profondément convaincu, qu’il valait mieux laisser les choses s’exprimer que de tenter de résoudre les problèmes avec une pudeur civilisée qui frôlait la contradiction psychotique.

Cela faisait bien longtemps que le jeune homme n’était plus du genre à tenter d’empêcher les autres de pleurer ni à leur dire de se calmer. Si Isaiah pleurait, c’était qu’il avait besoin de pleurer et comme les lacs au printemps se déversaient en torrent après la fonte des neiges, les douleurs longtemps gelées avaient besoin de s’exprimer, parfois brutalement, parfois en rompant les barrages, et Ashley préférait de très loin le voir pleurer sincèrement que de tenter de jouer la calme mélancolie en buvant une tasse de café.

Le duelliste cligna des paupières et finit par essuyer ses propres larmes. Sa douleur à lui était ancienne et il avait eu le temps de pleurer — il l’avait fait trop tard, mais il l’avait finalement. Ce qui comptait, c’était Isaiah. Ashley était indubitablement maladroit avec les autres, peu perspicace quand il abordait un territoire inconnu et pas toujours très doué avec les mots, mais son altruisme, lui, était indéboulonnable et l’idée de s’enfuir pour ne pas avoir à supporter la détresse de son ancien camarade ne lui avait pas effleuré une seconde l’esprit.

Il contourna le comptoir de la cantine et vint s’asseoir sur le plan de travail lavé. Comme il l’avait prévu, Isaiah se mit à parler plus librement, quoique plus douloureusement, après sa crise de larmes et Ashley l’écouta sans rien dire. Son expertise, à vrai dire, s’arrêtait là. Son deuil à lui était très différent et ce n’était pas un amour qu’il avait perdu. D’ailleurs, en règle générale, une peine de cœur, il ne savait pas ce que c’était. Il n’avait jamais été amoureux, pas même un peu, et ce monde-là était beaucoup trop lointain pour lui.

Tout ce qu’il en savait, c’était ce qu’il avait vu dans des films, dans des livres, dans des séries, ce qu’il avait entendu dans les paroles des chansons, ce que ses amis avaient pu lui raconter, de temps à autre, et tout cela ne lui avait jamais paru qu’inauthentique ou, dans le meilleur des cas, étrange. Il se sentait l’âme un peu sèche parfois de ne pas parvenir à comprendre comment des gens pouvaient ressentir l’un pour l’autre des sentiments aussi puissants, aussi contradictoires et, en même temps, selon eux, aussi simples, mais quelque effort qu’il avait fait pour se rendre plus romantique par le passé, il n’était jamais parvenu à poser un regard enamouré sur ses anciennes conquêtes.

Son manque de talent en matière de relations humaines le mettait au moins à l’abri des banalités et plutôt que de dire à Isaiah des choses convenues, il resta simplement silencieux. Ce ne fut que lorsque le cantinier entreprit de se répandre en excuses que le jeune homme secoua la tête.

— Sois pas bête.

Toujours très diplomatique, l’Ashley.

— J’partirai quand tu voudras qu’je parte. Et si tu veux que je parte, dis-le clairement. Ça va pas m’vexer. Mais si tu veux qu’je reste, j’vais pas t’laisser tout seul comme ça. Tu vas finir intoxiqué au café et demain, t’agresseras les étudiants.

De la part du très lunatique responsable d’une bonne partie de l’enseignement de duels, c’était un peu l’hôpital qui se moquait de la charité.

— Et puis t’excuses pas. C’pas ta faute si tu souffres. Et c’pas ta faute si tu pleures.

Le jeune homme fit un geste de la tête vers la nouvelle tasse de café.

— Laisse tomber ça pour aujourd’hui, ça t’fait pas du bien.

Sur quoi il descendit du plan de travail et contourna le comptoir pour aller récupérer son blouson, avant de revenir vers Isaiah. Il avait tout de même bien intégré qu’il fallait fermer la cafétéria et donc lever le camp.

— J’te laisse faire… J’sais pas trop quoi. Et j’t’attends dehors. On verra après.

Il adressa un vague sourire toujours triste à Isaiah et, les mains enfoncées dans les poches de son blouson, se détourna pour regagner la sortie de la cafétéria. Adossée au mur, il regardait le carrelage régulier du couloir qui menait aux portes principales, en attendant que son ancien camarade eût fini les préparatifs nécessaires à la clôture. Son esprit, lui, vagabondait dans le plus grand désordre, passant alternativement des réflexions sur la mort à celles sur l’amour, pour aboutir à l’amère constatation que s’il connaissait bien la première, il ignorait tout du second.

Le plus sordide à ses yeux dans tout cela, c’était qu’il n’arrivait même pas à regretter de n’être jamais tombé amoureux. Il attendait bien le prince charmant, en gros, mais c’était une vague idée lointaine très loin de relever, chez lui, de l’obsession et, dans l’ensemble, la vie telle qu’il la menait lui convenait assez. Il se voyait mal en train de dessiner le visage de Monsieur Parfait dans les marges de son cahier de notes, entouré de petits cœurs, en attendant de pouvoir rentrer à la maison et de lui cuisiner de bons petits plats. Non, décidément, il devait manquer d’humanité.

Ce ne fut que lorsque Isaiah poussa à son tour la double porte de l’entrée avant de la verrouiller enfin qu’Ashley se tira de ses méditations finalement peu fructueuses, quitta son mur et releva les yeux vers le jeune homme.

— Alors, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? Moi, à mon avis, tu ferais bien t’aller t’coucher, mais après, c’que j’en dis…

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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Ven 5 Juil - 22:15

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Bizarrement, la présence d’Ashley le soulageait. Il n’était pas dans les habitudes d’Isaiah de se plaindre ou de vouloir qu’on l’aide. A dire vrai, c’était plutôt le contraire. Il fuyait les conversations sérieuses – quand ça le concernait de près – comme la peste et avait trop fierté pour demander de l’aide même lorsqu’il était au bord du gouffre. C’était un comportement complètement idiot et puéril, et parfois il en prenait conscience, mais la plupart du temps il se refusait simplement à l’admettre. Et puis demander de l’aide revenait à avouer qu’il allait mal, et il s’efforçait souvent de l’omettre, comme pour se persuader qu’il gérait la situation et que tout n’allait pas si mal que cela.

« Le café est l’une de mes nombreuses addictions… » avoua-t-il doucement, en secouant les épaules, avec cette neutralité qui était supposé le préserver mais qui s’effritait de seconde en seconde. La présence des larmes expliquaient beaucoup de chose.

Mais ce soir-là, il semblait avoir atteint ses limites. Il peinait à sécher ses larmes, celles qu’il avait gardé pour lui pendant bien trop longtemps, pensant alors qu’il parviendrait à s’en débarrasser sans devoir faire face aux effets indésirables plus tard. Mais qu’il se trompait… Il n’était pas un héros, loin de là, et ignorer sa peine pendant tant de temps n’était pas la chose à faire, mais hé ? Tout le monde lutte contre la douleur comme il le peut. Pour Isaiah, c’était s’évertuer à s’avancer, même en trébuchant, même après être tombé à genoux sur le sol, tout en refusant . Parce que, quelque part, au bout d’un moment, le soleil devrait forcément percer de nouveau les nuages et le brouillard, n’est ce pas ?

Il hocha la tête sans un mot, gardant son regard un peu perdu sur la silhouette de Ashley qui quittait la cafétéria, l’espace de quelques secondes. Il ne savait pas pourquoi il comptait rester avec lui, pourquoi il ne le fuyait pas. Isaiah ne supportait pas voir les gens engoncés dans leur misère. Ce n’était pas qu’il les jugeait, bien au contraire, mais il avait peur d’en être affecté, mais il n’avait aussi toujours aucune idée de ce qu’il fallait dire. Il avait été, à une époque sans doute dorénavant résolu, un chanteur qui écrivait ses propres textes, et pour qui l’inspiration provenait de n’importe quoi et de n’importe où. Mais cette inspiration avait pris son envol et semblait l’avoir quitté. Depuis, il restait immobile devant sa feuille blanche, le stylo encre à la main mais l’esprit asséché.

Il ne chercha pas à protester. Finalement, Ashley avait raison. Il ne pouvait pas rester tout seul, pas ce soir. Alors, il vida sa tasse de café encore pleine et fumante dans l’évier, acheva les dernières opérations nécessaire à la fermeture et retrouva son compagnon de la soirée quelques minutes plus tard, après avoir enfilé son manteau et son bonnet. Il lança un coup d’œil à Ashley qui apparemment n’avait pas l’air d’être là parce qu’il s’y sentait obligé – Isaiah ne l’aurait pas supporté -, puis verrouilla définitivement l’entrée de la cafétéria pour la nuit. Il avait profité de son moment seul pour sécher sommairement ses larmes et passer de l’eau sur son visage. S’il se sentait profondément misérable, il pensait avoir au moins la force de ne pas refuser la présence d’Ashley pour la soirée – car il savait que si ce dernier n’était pas là, il allait finir dans un état lamentable et il ne voulait pas risquer de repartir dans ce cercle vicieux qu’il connaissait si bien.

Il enfonça ses mains dans ses poches et porta son entière attention sur son vis-à-vis lorsque se dernier ouvrit la bouche. Il haussa les épaules, toujours dans cet automatisme de faire comme si tout cela ne l’atteignait pas. « J’ai de fortes tendances insomniaques ces derniers temps… Je sais que je ne dormirais pas beaucoup cette nuit. » Il n’avait pas besoin de préciser pourquoi, ce qu’il s’était produit dans la cafétéria était une raison bien suffisante. « Mais si tu veux partir, tu peux. Je ne veux pas te retenir. » Il commença à marcher, s’assurant cependant que Ashley le suivait bien. « Mais sinon, il faut de toute façon que j’aille chercher Alien – c’est mon chien. » expliqua-t-il en baissant les yeux sur ses pieds. « D’habitude, à cette heure-là, je l’emmène courir sur la plage. Tu peux venir si tu veux. » Il marqua une pause, ajouta. « En fait, ce serait bien. »

Il laissa le silence s’installer pendant quelques minutes alors qu’il prenait la direction de son appartement, qui n’était pas très loin : il faisait l’aller retour pendant sa pause en début d’après-midi pour voir Alien : avec ce dernier, tout était simple. Il n’avait pas à jouer quelqu’un d’autre, et il savait que son fidèle compagnon à quatre pattes le comprenait parfaitement. C’était sans doute ce qui l’empêchait de plonger complètement : il devait s’occuper de lui. « Et finalement, qu’est ce que tu fais sur cet île, toi ? » lâcha-t-il en réalisant qu’il ne le savait toujours pas. Le ton était maladroit, mais l’intérêt sincère. Et puis, il était également pressé de rompre ce silence un peu lourd qui planait, surtout parce que son esprit revenait sans cesse aux propos de l’autre homme, ceux qui l’avait bien trop bouleversé.

A dire vrai, il n’avait pas la moindre idée ce que pouvait être le métier de Ashley. D’ailleurs, était-il ici temporairement ou y travaillait-il réellement ?



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MessageSujet: Re: Walk Away | Ashley A.    Mer 24 Juil - 17:38

Les insomnies, Ashley, il connaissait ça. Enfin, son rythme biologique était plutôt très atypique que contrarié, mais il lui arrivait de passer des nuits à tourner en rond dans sa chambre, débordant d’un trop plein d’énergie, et en mal d’activité. Évidemment, les observateurs les mieux informés décréteraient sans peine qu’il débordait toujours d’un trop plein d’énergie et que le voir endormir relèverait du miracle, mais ce sont des mauvaises langues. Ashley pouvait être très calme. Parfois. Par exemple, devant Isaiah, le jeune homme se sentait investi d’une sorte de mission, qui impliquait, entre autres, de se montrer relativement posé.

Toujours était-il que ce ne fut pas pour lui un trop grand sacrifice que de secouer la tête et de répondre :

— T’inquiètes, j’comptais pas aller me coucher à dix-neuf heures, de toute façon.

Les deux anciens camarades de classe commencèrent à marcher dans le couloir d’un pas assez lent. Ashley, les mains enfoncées dans les poches de son jean, regardait dans le vague en écoutant Isaiah. À eux d’eux, ils formaient un drôle de duo : entre le gamin des cités au physique plus qu’androgyne, qui avait l’air à peine sortie de l’adolescence, et le rock star qui avait étrangement accumulé trop d’années, il y avait tout un monde et personne n’eût deviné qu’ils avaient passé une partie de leur scolarité ensemble.

Plus Ashley écoutait Isaiah, plus il mesurait combien le temps avait passé depuis Salem. Avec ses anciens camarades de lycée, les autres, ceux avec lesquels il était resté proche, c’était différent : il les voyait souvent, il leur parlait ou leur écrivait, il avait l’impression que le temps s’était arrêté. Mais de revoir Isaiah après tant d’années, de le revoir travaillé par la douleur, mais surtout d’entendre ces petits détails anodins d’adultes, comme le fait de devoir promener son chien, lui faisait prendre conscience que lui-même, il n’était plus le petit génie introverti de Salem.

Le jeune homme esquissa un sourire discret et murmura :

— Bien sûr, j’vous accompagne.

Pour engager une conversation un peu plus anodine, un peu moins douloureuse, Ashley continua :

— J’vais souvent sur la plage, en fait. Pour courir, par exemple. Nager, aussi. C’est grand, c’est calme, c’est… J’sais pas. Libre. En quelque sorte.

Il fallait dire qu’avec les distances considérables qu’il accomplissait à la course ou à la neige, les stades et les piscines devenaient vite trop monotones pour lui. Ashley aimait la nature — et son sujet de thèse le prouvait d’ailleurs assez — il avait besoin des grands espaces que l’île offrait plus qu’aucune autre. La mer, la plage, les îlots rocheux et la forêt le consolaient de la grande ville qui lui manquait ; il avait perdu un extrême pour gagner l’autre, et il s’estimait satisfait.

— Par contre, bon, les animaux, j’suis pas trop doué.

Heureusement, on ne lui demandait pas de promener le fameux chien.

— J’te dis ça, genre, pour que tu sois prêt, quand il me sautera dessus pour me dévorer.

Il se souvenait encore précisément de sa course-poursuite avec un crabe difforme, alors s’il pouvait éviter les assauts canins, c’était aussi bien. Un peu stressé tout de même, moins par le chien que par la perspective de n’être pas une compagnie assez distrayante pour le pauvre Isaiah, Ashley s’en félicitait malgré tout d’arriver ainsi à faire rouler brillamment (enfin, plus ou moins) la conversation.

Mais la question de son ancien camarade, qui mettait le doigt là où ça faisait mal, le prit par surprise et un silence embarrassé s’abattit brutalement sur le prolixe Ashley. Qui commença par hausser les épaules, puis par murmurer d’une voix pas du tout enthousiaste :

— J’fais un doctorat ici. En duels.

Pour tout autre qu’un ancien camarade de classe, la chose eût été difficile à croire : Ashley avait une tête à faire de la botanique, du soin aux créatures magiques, du mannequinat ou à chanter dans un groupe pour adolescentes, certainement pas à créer des sorts dangereux pour des combats meurtriers. Mais à Salem, le jeune homme avait toujours eu deux réputations contradictoires : celle de son extrême timidité et celle de son incroyable efficacité avec tous les sorts qui faisaient boum.

Il n’empêchait que sa situation n’avait pas l’air de l’enchanter outre mesure. D’ailleurs, il n’attendit pas une fraction de seconde pour enchaîner sur un sujet tout à fait différent :

— Et c’est quoi comme marque, enfin comme race, ton chien ?

Question de pure forme, parce que les races de chiens, il devait en connaître trois au grand maximum. Alors à moins qu’Isaiah eût un caniche, un saint-bernard ou un labrador dans son appartement, la réponse n’allait pas lui dire grand-chose. Mais il préférait encore faire semblant d’être un amateur de chenil que de s’étaler sur les déboires de sa vie professionnelle.

Fort heureusement pour lui, la réponse ne tarda pas à arriver. Les deux hommes étaient parvenus à la porte de l’appartement, Isaiah tourna la clé et la Bête arriva…

…pour jeter un regard circonspect sur Ashley. Maladroitement, le duelliste déclara :

— Salut.

Là, il savait qu’il était plus ou moins censé caresser l’animal, mais il était pratiquement sûr que le chien allait lui arracher la main s’il la tendait pour lui tapoter sur la tête, alors il restait sagement sur le pas de la porte, tandis que le chien remuait la truffe pour humer l’étranger, d’un air perplexe.

— Il est, euh… gentil… ?

C’était beaucoup plus une question qu’une affirmation. Objectivement, Alien (tu parles d’un nom rassurant) n’avait pas l’air du genre à déchiqueter d’innocents doctorants, mais les journaux étaient pleins de récits d’agression et Ashley n’avait aucune envie de finir dans la rubrique des humains démembrés.
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