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 Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}

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MessageSujet: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Lun 21 Jan - 22:41

INFORMATIONS SUR LE SUJET


Date : Durant la soirée du bal. Assez tôt dans celle-ci.
Intrigue en cours : Bal de la rentrée
Protagonistes : Charles & Nepthys
Statut du sujet : Libre. Nous sommes toujours dans la salle de bal, alors tous les intervenants sont les bienvenus!
Intervention du MJ : Si l'envie lui prends de venir semer la pagaille


« Paper face on parade
Hide your face so the world will never find you
Every face a different shade
Look around, there's another mask behind you »





Diable, depuis combien de temps ne s’était-il oublié suffisamment longtemps pour passer un bon moment ? Petit Charlot dans son grand bureau qui jouait au dur en prétextant pouvoir se passer de tout le monde réalisait à quel point sa drogue à lui, c’était, et ça avait toujours été, les contacts humains. Et en ce moment, il se sentait comme un prisonnier qui revoyait le soleil pour la première fois dans le contexte d’un saut en parachute. Grisant, vous dites ?

« Donc soit je suis une adulte irresponsable qui ouvre ses cuisses à un élève, soit je suis une pétasse imbue de moi-même. C'est vraiment sympa de parler avec vous, vous savez. »
« C’est drôle comment cela sonnait mieux venant de ma bouche, vous ne trouvez pas ? D’ailleurs, connaissez-vous la différence entre le caviar et des œufs de poisson ? Majoritairement, le choix des mots. »

Manifestement, puisqu’elle ne lui avait pas envoyé le contenu de son verre, ou son verre direct, en pleine figure, qu’elle n’esquissait aucun mouvement de repli et qu’elle souriait, elle ne souhaitait que le taquiner et le rendre mal-à-l’aise. Jeu d’esprit que Charles affectionnait particulièrement. Du moins, tant qu’elle ne réussissait pas aussi bien qu’en l’entraînant sur le terrain glissant que le sujet de Louka représentait. Voulant avant tout éviter qu’elle entende circuler des rumeurs comme quoi elle et lui étaient amant, il fit simplement comme si de rien n’était et redirigea la trajectoire de la conversation. Dans l’espoir que ce détail finisse par lui échapper.
Ce qui semblait fonctionner à merveille, puisqu’elle paraissait enchantée à l’idée de s’imaginer des scénarios le concernant. Il répondit par un sourire silencieux à son toast, prenant une longue gorgée…et manqua s’étouffer en réalisant qu’il s’agissait d’une sorte de mout de pomme. Mais quel sordide organisateur de fête distribuait un tel rafraîchissement ?

*Une école enseignant à des gamins de 12 ans, peut-être, hein champion ?*

Il l’écouta donc tenter de deviner en quoi il tenait de la licorne, mettant de côté l’humiliation qu’elle pense sérieusement qu’il s’agissait de ce dont il avait toujours rêvé d’être pour afficher un sourire complice. Il se fit cependant rapidement prendre au jeu, et bien qu’il n’en laissa rien entrevoir, il dut prendre un moment pour se demander si elle avait raison ou non. Et si, au fond, il rêvait réellement d’être une licorne ?

Il écarta rapidement l’idée, de peur qu’elle finisse par ne plus disparaître et par lui causer un intérêt malsain envers ces jolies bêtes cornues (ça y est, cela commençait déjà!). Il éclata de rire à sa dernière supposition.

« Ah ça, pour avoir de l’affection! Si vous aviez vu toutes les premières années se mettre en rang pour me sauter au coup et me caresser le dos. »

Heureusement qu’aucun de ses élèves ne lui avait fait le coup. Cela se serait mal terminé

« Donc, si je résume ce que vous affirmez, j’ai tout pour satisfaire une femme, en plus de mon sourire ravageur d’homme tourmenté qui fait que chacune se demande si elle pourrait bien être celle qui saura combler mon cœur d’éternel célibataire. Ma foi, ce n’est pas la carte des amants interdits que vous me retournez, mais bien celle de l’enjôleuse que je vous ai prêtée plus tôt, prétendument à tort. Et en plus, la perspective que j’adore les animaux vous remplit d’allégresse, puisque vous pourrez adoptez de jolis petits chatons lorsque vous emménagerez chez moi. Ohhh, mais je vous arrête tout de suite dans vos fabulations, mademoiselle Fatale : ralentissez vos ardeurs, car je ne suis pas un homme si facile! »

À son tour, il arbora le sourire malicieux; triomphant, même. Après l’avoir observée un moment, il lui décerna un clin d’œil pour dissiper tout malaise, avant de poursuivre, toujours sur le ton de la plaisanterie.

« Je crois que vous aurez donc droit à votre seconde tentative, car je ne manque ni de confiance, ni d’ouverture quand à ma vie privée. Et pour vous le prouvez, je vous donne le droit à me poser une question, peu importe laquelle. Et je vous promets que j’y répondrais en toute franchise. Parole de professeur! », jura-t-il, main solennellement posée sur le cœur.

« Et j’aurais fait un horrrrible professeur de soins aux créatures magiques. Il y a toujours un quelque chose qui peut conduire à leur mort prématurée, à ces bestioles, et je suis convaincu que je le découvrirai par inadvertance…Et le poisson rouge que m’a offert ma mère a vécu 36 minutes… Par contre, je vous l’accorde, je suis célibataire – aucune conjointe digne de ce nom ne m’aurait laissé sortir costumé ainsi-.  »

* Par contre, vous devez avoir du succès auprès des femmes *

C’était une affirmation…plus difficile à commenter. Certes, durant l’été, il avait la connaissance de plusieurs jeunes femmes. Bien qui l’avait sincèrement cru son propre séjour à Salem, aujourd’hui, il n’était plu si certain qu’il s’agissait vraiment de « succès ». C’était plus comme s’il se trouvait une partenaire d’échecs dans un parc, pour une partie. En un peu moins cérébral, certes, mais dans l’idée…

« Et je ne suis pas non plus du genre à soupirer dans l’attente d’un amour impossible  »

Oh vraiment…..

« Après tout, nous sommes au 21è siècle, et la méthode scientifique a fait ses preuves : hypothèses, expérimentations et conclusions. »

Ou encore échecs lamentables et répétés...

« Votre deuxième essai, donc. Faites-vous plaisir, et que diable, sortez de l’archétype de l’adolescent twilightien! »

Comme si lui-même n’était pas de cette génération…

« Je vais presque finir par croire que vous êtes une étudiante, déguisée en adulte! »

Son sourire moqueur indiquait qu’il n’en croyait pas traître un mot.
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Sam 2 Fév - 1:05

Bon, d’accord, la boisson que lui avait offerte son interlocuteur n’était pas aussi raffinée qu’elle en avait l’air. D’accord, Gaël était en train de danser avec la médicomage de l’école, qui menaçait sans aucun doute de s’évanouir à chaque pas. D’accord, Luce n’était plus là, et Billie même pas en vue. D’accord, le fait d’avoir choisi ce costume n’avait pas été la meilleure stratégie pour éviter les questions. Mais le fait était que Nephtys passait une bonne soirée. Ou tout du moins, la soirée commençait bien. Il y avait tout de même pire que de se retrouver à parler à un professeur qui n’avait aucune idée de qui elle était, et se contentait de la décrire comme une femme fatale croqueuse d’hommes (oui, pour elle, c’était bel et bien un compliment). Nephtys en arrivait même à oublier quelques instants que Gaël se trouvait dans la même salle qu'elle, qu'il avait jeté son dévolu sur une autre femme. Celui qui se tenait face à elle attirait toute son attention, et elle ne pensait même plus à la possibilité qui existant pourtant qu'il la reconnaisse un jour ou l'autre. Elle qui respectait les professeurs comme elle ne respectait personne jouait là un jeu dangereux vis-à-vis de ses principes. Mais ça lui plaisait. Tant qu'il ne finissait pas par comprendre qu'elle n'était que Nephtys Castel, une étudiante comme une autre, qui aurait éventuellement voulu profiter de la situation. Bon, d'accord, elle en profitait un peu... Mais pas dans le mauvais sens. Un professeur était capable de tenir une conversation, de ne pas juger. Bien qu'un peu curieux, M. Taylor n'en était pas pour autant trop inquisiteur. Et si au début, ça avait été un soulagement, la conversation lui plaisait de plus en plus et elle prenait vraiment plaisir à profiter du moment. Adepte de défis comme elle l'était, Nephtys percevait la soirée ainsi : un challenge à relever. Et Nephtys Castel relevait tous les challenges (comme Barney Stinson).

« C’est drôle comment cela sonnait mieux venant de ma bouche, vous ne trouvez pas ? » reprenait-il alors que Nephtys se demandait ce qu'il pourrait répondre à sa réflexion. « D’ailleurs, connaissez-vous la différence entre le caviar et des œufs de poisson ? Majoritairement, le choix des mots. » La blonde ne put s'empêcher de sourire, avant de répliquer, amusée. « La présentation, le prix et la réputation. Je ne suis pas sûre que les œufs de poisson clown soient aussi réputés que ceux d'esturgeons. » Mais elle ne perdait pas de vue le fil de la conversation et ajouta : « Malgré tout, je suis assez d'accord avec votre point de vue. Je préférais votre formulation. »

La jeune femme qui attira l'attention de son interlocuteur pendant quelques instants ? Nephtys n'eut pas le temps de déterminer son identité, et elle le regretta aussitôt dans le coin de son esprit qui faisait d'elle ce qu'elle était : une curieuse à la recherche de la moindre connaissance, de la moindre information qui pourrait lui faire gagner un de ces jeux qu'elle aimait jouer à la perfection -jusqu'à ce qu'elle y perdre, coucou Gaël. Mais elle oublia ce regret d'un instant en acceptant le verre que lui tendait le professeur. Une boisson réservée aux membres du personnel, probablement. Du champagne ? Ah, pas vraiment. Surprise, Nephtys déglutit difficilement sa première gorgée, non sans avoir cru un instant qu'elle aurait le réflexe très limite de recracher la boisson dans la coupe. Elle espéra au passage que la grimace qu'elle avait affichée avait été la plus discrète possible, mais pour couper court au doute, elle fit aussitôt la remarque. « Je ne m'attendais pas à ça comme... boisson. Qui a eu l'idée de mettre un truc pareil dans des coupes comme celles-là ? Ça sert de leurre, c'est le travail d'un esprit vil, ça. » Pendant un centième de seconde, elle ne peut s'empêcher de penser que ça aurait pu être son œuvre. Mais ça n'était pas le cas, et elle continua. « Je suppose qu'ils avaient peur que les serveurs confondent les adultes et les étudiants... » lança-t-elle avec une certaine fierté. Et bien, quoi ? C'était bien la première fois qu'on la prenait pour quelqu'un d'autre qu'elle et que ça lui plaisait autant. Une nouvelle identité, une nouvelle image, pas d’a priori... C'était un instant de liberté qu'elle vivait là. Elle devenait celle qu'elle avait souhaité être en enfilant ses vêtements ce soir-là : une autre femme dont elle construisait la personnalité et la réputation à ses envies... Et c'était tellement plus simple de ne pas rester fidèle à une image rigide et si peu malléable.

Et puis il fut bientôt temps pour elle d'essayer de deviner Charles Taylor. Elle ne lui avait pas parlé en un d'études à Nameless autant qu'elle venait déjà de le faire ce soir-là. Alors, inutile de préciser que malgré ses dons d'inquisitrice, l'identité secrète du brun restait très floue à ses yeux. Tout ce qui lui était venu à l'esprit relevait des animaux, de l'enseignement... et c'était tout, voilà. Allez développer autour de ça, vous. Certains experts de la complexité de l'esprit humain auraient sans doute vu dans l'adoration qu'il portait aux animaux un besoin d'être entouré, aimé sans conditions, puisque seuls les animaux étaient capables de ce genre d'affections. C'était donc l'option qu'avait choisie Nephtys, mais elle s'était retrouvée prise au piège de ses propositions, s'emmêlant dans des suppositions bien trop aléatoires pour relever d'une quelconque vérité. « Ah ça, pour avoir de l’affection! Si vous aviez vu toutes les premières années se mettre en rang pour me sauter au cou et me caresser le dos. » Un fin sourire éclaira le visage de la blonde à nouveau, puis elle repris une gorgée du délice qui leur était proposé. Elle en avait oublié le goût et attrapa un chocolat sur la table pour le faire passer. Le chocolat pansait tous les maux, même ceux causés par une boisson qui veut se faire passer pour du champagne... Voilà, c'était ça. C'était un jus quelconque déguisé en champagne, pour coller à la thématique de la soirée. « Je n'en doute pas. Les cadavres sont enterrés, ou vous avez plutôt opté pour une option de découpage et congélation ? Non, ne me dites rien. Je ne veux pas que mon innocence soit brisée. » s'interrogea-t-elle, rieuse, en se concentrant sur la table à côté d'elle, choisissant avec minutie quelle serait la prochaine sucrerie qui allait rejoindre ses amies dans son estomac. « Donc, si je résume ce que vous affirmez, j’ai tout pour satisfaire une femme, en plus de mon sourire ravageur d’homme tourmenté qui fait que chacune se demande si elle pourrait bien être celle qui saura combler mon cœur d’éternel célibataire. Ma foi, ce n’est pas la carte des amants interdits que vous me retournez, mais bien celle de l’enjôleuse que je vous ai prêtée plus tôt, prétendument à tort. Outrée, Nephtys fronça les sourcils, avalant son met chocolaté avec hâte pour répliquer. « Enjôleuse, moi ? Je ne fais qu'observer des faits, je n'interprète rien, ne conclus rien. Ce ne sont que des suppositions. » se défendit-elle avec un sourire qu'elle souhaitait sûr. Elle n'était pas attendue à ce qu'il revienne à elle aussi simplement... « Et en plus, la perspective que j’adore les animaux vous remplit d’allégresse, puisque vous pourrez adoptez de jolis petits chatons lorsque vous emménagerez chez moi. Ohhh, mais je vous arrête tout de suite dans vos fabulations, mademoiselle Fatale : ralentissez vos ardeurs, car je ne suis pas un homme si facile ! » Cette fois-ci, Nephtys sourit à nouveau. « Qu'est-ce qui vous dit que j'aime les chatons, ou que je suis une femme facile ? Je pourrais très bien avoir quelqu'un dans ma vie et faire des manteaux avec de la peau de chats. » le défia-t-elle à nouveau en ommettant un point : elle était comme ça. Avec ses sourires taquins, ses habitudes... elle ne les perdrait probablement jamais. Cette nécessité de plaire à quiconque croisait son chemin ne disparaitrait pas, et ce qu'importe la couleur de ses cheveux, le nom qu'elle se donnerait ou les marques qu'elle porterait. Et lorsqu'elle était face à des hommes, mêmes si elle ne s'en rendait probablement plus compte, à l'image des talons qui semblaient intégrés à ses pieds, Nephtys voulait plaire. Comme une femme plait à un homme. Et oui, même face à un professeur, elle avait toujours ce même réflexe. Mais pour ce soir, elle était officiellement son égale, alors toute inhibition qu'elle avait tendance à s'imposer en temps normal n'avait plus vraiment lieu d'être, n'est-ce pas ?

Cependant, et ce malgré la voie glissante qu'elle avait empruntée avec ses suppositions, Taylor acceptait bien volontiers qu'elle tente à nouveau sa chance. « Je crois que vous aurez donc droit à votre seconde tentative, car je ne manque ni de confiance, ni d’ouverture quand à ma vie privée. Et pour vous le prouvez, je vous donne le droit à me poser une question, peu importe laquelle. Et je vous promets que j’y répondrais en toute franchise. Parole de professeur! » Une question... Une seule ? Elle devait être bien pensée, posée avec précision. Et vu qu'elle n'avait aucune idée de la direction qu'allaient prendre ses pensées, la question était bloquée... « Une seule... » Et soudain, l'éclair de génie. Il ne faut pas croire les préjugés sur les blondes. « De qui parliez-vous tout à l'heure lorsque vous disiez que vous la croisiez toujours dans des moments comme ceux-là ? » Elle eut un petit sourire fier et curieux en attrapant un autre chocolat -soirée qu'elle devrait compenser par de longues dépenses physiques le lendemain, évidemment-, attendant la réponse du professeur pour pouvoir rebondir dessus. « Votre réponse servira d'introduction à la théorie que j'élaborerai. »

Mais ses suppositions n'étaient finies... Il y avait le chapitre des femmes sur lequel elle passa rapidement. « Et je ne suis pas non plus du genre à soupirer dans l’attente d’un amour impossible. Après tout, nous sommes au 21è siècle, et la méthode scientifique a fait ses preuves : hypothèses, expérimentations et conclusions. Votre deuxième essai, donc. Faites-vous plaisir, et que diable, sortez de l’archétype de l’adolescent twilightien! Je vais presque finir par croire que vous êtes une étudiante, déguisée en adulte!» continuait donc Taylor. Ce à quoi Nephtys répondit par l'affirmative en riant à sa dernière remarque -ahaha, oui, ce serait drôle, tiens. « Vous avez sans doute raison. Mais si vous partez sur cette voie, je pense pouvoir déjà affirmer que vous n'avez jamais été amoureux, ou tout du moins, que vous n'avez jamais vécu une belle histoire. Parce que si ça avait été le cas, vous ne tiendriez pas ce discours. Et ce n'est pas un discours d'étudiante naïve, juste celui d'une femme qui a un peu d'expérience dans le domaine. Voilà, vous en savez plus à mon sujet. A votre tour... » finit-elle alors que sa voix se brisait. Elle qui pensait avoir trouvé l'amour de sa vie à Maarifa ne croyait maintenant plus en grand chose de ce côté-là, si ce n'était au sentiment de bien-être constant qu'elle avait ressenti à ses côtés... Ce même sentiment qu'elle partageait avec un autre jeune homme depuis près d'un an... Mais elle n'avait jamais eu de chance dans ce domaine, et n'était pas prête d'en avoir. Ne restait que le souvenir d'un bonheur perdu, et l'espoir éphémère de le voir ré-apparaître... Mais une chose était sûre, il avait été réel, palpable. Un délice auquel elle n'avait maintenant plus le droit.

Et voilà, Nephtys Castel était à nouveau Nephtys Castel. Une nouvelle coupe ne suffisait pas à effacer des souvenirs impérissables et des souffrances ancrées dans un esprit fragilisé par les mauvaises expériences.

Un chocolat, juste un autre.

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Mer 6 Fév - 10:58

”Oh, mais c’est qu’en plus de vous inviter chez moi, vous voulez en plus y installer vos mœurs païennes et m’imposer un ménage trois ? Ça c’est de l’assurance!»

Son expression amusée s’éteignit cependant rapidement, alors que sa généreuse proposition revenait le mordre cruellement là où sa faisait mal. Il s’était attendu à un peu n’importe quoi, mais pas à ça. Pas à LA question à laquelle il souhaitait ne pas répondre… Ceci dit, il devait bien y en avoir trois ou quatre dans cette catégorie, mais en proportion de toutes les questions possibles, ce n’était quand même pas de chance…

Il ouvrit la bouche une fois, puis une deuxième et une troisième, ravalant à chaque fois ses paroles, partagé qu’il était entre le respect de la parole donnée et son instinct de préservation qui lui soufflait que cela allait lui causer des ennuis… Réalisant la série d’injures qu’il avait récemment fait subir à sa crédibilité, il se dit qu’il était peut-être temps de lui accorder sa chance. Et puis, considérant ses récents problèmes, un peu de franchise ne pourrait que lui faire du bien, non ? Son karma ne pouvait qu’apprécier et le lui rendre.

Après un long soupir et un air résigné, il se lança.

”Je savais que j’aurais du me méfier de cette petit moue angélique, et soupçonner l’esprit retors qui devait se cacher derrière. Alors soit, parole donnée. Je parlais de mademoiselle Annenkova. Louka, de son prénom. Je ne suis pas exactement certain de ses fonctions en ce moment. Mais nous étions… fiancés… l’année dernière. Notre histoire s’est développée à toute vitesse. Éventuellement, suite à une série de circonstances malheureuses et hors contextes, un peu comme de me voir dans un événement public alors que je suis déguisé en licorne rose, mes pires côtés ont été systématiquement mis en valeur, et il est rapidement devenu clair que je ne faisais pas le poids…»

Il demeura un moment silencieux, se remémorant douloureusement la scène qui s’était déroulée quelques mois auparavant dans cette même salle. Et la bague, dans son portefeuille. Jamais été amoureux, hein ? Peut-être bien…

”Cependant, je ne crois pas qu’elle serait ravie de se faire rappeler cet épisode de sa vie… En tant que femme d’expérience, je suppose que vous sauriez également apprécié ce genre de délicatesse, niveau discrétion.»

Réalisant que toute cette histoire avait donné une teinte morose à leur conversation qui jusque là demeurait dans le domaine du joyeux superficiel, il se secoua hors de cet état pour reprendre un sourire sincère et son attitude entraînante. C’était une fête, que diable, et il était encore beaucoup trop tôt pour se laisser sombrer dans les regrets et les remords. Surtout que c’était une fête au jus de pomme…

”Voilà, maintenant, vous savez! Et en échange de cet aveu peu glorieux, je crois que vous m’en devez une, non ?»

C’est alors qu’il avisa, du coin de l’œil, l’entrée de Raphaelle. Il avait su l’éviter jusqu’à présent, et c’était pour le mieux. Elle n’avait pas encore eu la chance de le confronter sur son retour inattendu à sa position, et Charles comptait bien faire de son mieux pour reporter ce moment aussi longtemps que possible. Et se tenir ainsi, au prise avec une conversation tranquille près du buffet à sucrerie, constituait une invitation plutôt tentante.

”Alors, si vous souhaitez tenter votre deuxième supposition, j’ai le regret de vous annoncer que vous devrez le faire sur le plancher de danse.»

Il se recula de trois pas, s’intégrant ainsi aux quelques danseurs qui s’adaptèrent au morceau à trois temps, et tendit la main en inclinant légèrement la tête.

”Mademoiselle...»

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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Dim 10 Fév - 19:47

Au moins, maintenant, elle était focalisée sur autre chose que Gaël, qui dansait là-bas, un peu loin -et elle se félicitait même de ne pas savoir exactement où. Si au début, le jeu qui se jouait entre les deux supposés adultes était plus amusant qu'autre chose, le sujet de la conversation vira en total oppose, et ce fut bien entendu la faute d'une Nephtys qui, comme à son habitude, ne pouvait se défaire de sa curiosité pourtant acide. Bien entendu, elle nota la gêne qui s'était accaparée de son interlocuteur, s'en voulut un peu, mais à chaque fois qu'elle posait une question un peu trop inquisitrice, elle n'attendait que la réponse. Peut-être était-ce simplement dû à une mauvaise habitude qui s'était installée au cours des années, ou à un besoin de tout savoir des autres pour se sentir en confiance, pour se sentir capable d'être un peu plus elle-même. Mais peu importait, de toute façon. La question n'était pas franchement la bienvenue du côté de son professeur, mais il se lança tout de même dans une réponse. « Je savais que j’aurais du me méfier de cette petit moue angélique, et soupçonner l’esprit retors qui devait se cacher derrière. Alors soit, parole donnée » commençait-il alors que Nephtys retenait qu'elle avait un air d'ange. Elle voulut répliquer qu'elle n'était pas pour autant aussi vicieuse que sa dernière question semblait le laisser paraître, mais Charles Taylor continuait sur ses confidences. « Je parlais de mademoiselle Annenkova. Louka, de son prénom. Je ne suis pas exactement certain de ses fonctions en ce moment. Mais nous étions… fiancés… l’année dernière. Notre histoire s’est développée à toute vitesse. Éventuellement, suite à une série de circonstances malheureuses et hors contextes, un peu comme de me voir dans un événement public alors que je suis déguisé en licorne rose, mes pires côtés ont été systématiquement mis en valeur, et il est rapidement devenu clair que je ne faisais pas le poids… » Au fur et à mesure qu'il parlait, Nephtys ne se laissait pas démonter mais elle n'en était pas pour autant moins étonnée. Elle qui n'avait jamais été proche d'un professeur et n'avait jamais cherché à l'être, n'avait jamais pensé à eux de cette manière. Elle n'avait jamais imaginé qu'ils étaient comme tout le monde, pouvaient avoir vécu des échecs et des souffrances, eux aussi. « Cependant, je ne crois pas qu’elle serait ravie de se faire rappeler cet épisode de sa vie… En tant que femme d’expérience, je suppose que vous sauriez également apprécier ce genre de délicatesse, niveau discrétion. ». Après une énième gorgée de la boisson qui leur était proposée, Nephtys reposa le verre sur la table, le boudant, et attrapa un chocolat. Ses démons s'étaient évanouis dans la nature lorsque le professeur avait confié cette page de son passé. « Vous voulez dire qu'elle n'a pas su vous accepter tel que vous êtes ? » conclut la fausse rousse avec douceur, surprise elle-même d'être sujette à une telle empathie. « En tant que femme d'expérience, je comprends la douleur que ça représente de perdre quelqu'un qui s'était pourtant engagé à rester à vos côtés. » Mais voilà qu'à son tour, elle se retrouvait à se révéler un peu trop à son goût. Pas qu'il puisse deviner par cette occasion qui elle pouvait être sans ses nouveaux cheveux -comment pourrait-il savoir à propos d'Ezra alors qu'il n'avait jamais enseigné à Maarifa Sihr ?-, mais simplement qu'il pourrait en savoir un peu trop d'elle et de ses secrets qu'elle s'efforçait pourtant à cacher à quiconque chercherait à l'approcher, amitiés potentielles comprises -coucou Belladonna. Heureusement, c'est Taylor qui coupa court à ses pensées. « Voilà, maintenant, vous savez! Et en échange de cet aveu peu glorieux, je crois que vous m’en devez une, non ? » Lui en devoir une ?. Elle lui sourit avant de lui répondre que : « Mais je vous ne vous ai rien promis, moi ». Son ton amusé ne fit pas déchanter le jeune homme, dont elle n'avait même pas remarqué le regard qui se perdait dans la direction d'une autre femme. « Alors, si vous souhaitez tenter votre deuxième supposition, j’ai le regret de vous annoncer que vous devrez le faire sur le plancher de danse. » l'invita-t-il alors qu'elle ne s'y attendait pas du tout. Surprise, elle se demandait d'où pouvait venir cet engouement soudain pour les activités classiques d'une telle soirée. « Ma moue angélique vous plairait-elle donc ? » accepta-t-elle malicieusement en se rendant compte que cette fois, ça pourrait être son adresse à la danse qui pourrait la démasquer. Entre ses nombreuses années de ballet et le cheerleading, nul doute que son agilité pourrait révéler à Taylor un des trait qu'ele s'évertuait particulièrement à cacher ce soir-là. Mais bon, reprenons notre calme. Il s'agissait d'une danse comme une autre, et on ne lui demanderait pas d'effectuer des pyramides ou des chorégraphies élaborées. Il faudrait sans doute lui demander des arabesques sur pointes ou des pirouettes pour qu'elle se trahisse. Une simple danse de soirée... « Mademoiselle... » l'invita-t-il en tendant la main. Un peu derrière lui se tenaient Gaël et Dawkins, et cette vision la ramena à la dure réalité, mais elle lui donna aussi une bonne raison pour accepter la proposition de son professeur sans hésiter une seconde de plus. « Volontiers, monsieur. Mais vous n'avez pas intérêt à me marcher sur les pieds. Sinon, je me venge, et j'ai des talons » le menaça-t-elle avec espièglerie en oubliant les inquiétudes qui la taraudaient quelques secondes seulement auparavant. Elle glissa sa main dans celle que lui tendait le brun et lui jeta un regard brillant de malice. Parce qu'après tout... Elle allait danser. Et malgré les menaces que cela représentait, elle les oublierait quelques instants. Juste le temps de savourer le bonheur que lui procurait la danse sans conditions.

Sur la piste de danse soufflait un vent de liberté. Malgré Gaël non loin de loin. Face à elle, liés dans la danse qu'elle savourait, se tenait un de ses professeurs. Qui l'aurait cru ? Pas elle, en tout cas. Elle qui ne dépassait jamais la frontière qui séparait les adultes des étudiants, se retrouvait maintenant à partager une danse à un bal avec l'un d'eux. C'était donc ça, la liberté ? Ne plus être Nephtys Castel ? Elle savourait juste le moment sans se poser de questions, sans repenser à l'autre brun qui dansait non loin de là, sans repenser à qui pourrait être là, pas loin, à la juger, à se poser des questions sur elle. Mais personne alentours n'avait fait de remarques sur la rousse qu'elle incarnait ce soir. Elle se fondait au décor, comme si cette personne qu'elle souhaitait être avait sa place dans l'instant. Le retour à la réalité lui ferait mal, c'était certain. Mais pour le moment, elle le laissait de côté. Partageant le moment avec Charles Taylor, elle se surprit à lui dire : « Vous dansez plutôt bien, pour une licorne. » Riant de ce qu'elle allait dire entre deux pas, Nephtys ajouta : « Dois-je en conclure que vous avez déjà pris des cours de danse ? » Dansant avec une aisance et une fluidité naturelles, Nephtys sentait toutes ses peurs se dissiper. Taylor ne pourrait pas deviner son identité en se basant sur son niveau de danse. Et ce qu'elle y gagnait ? Un sentiment de liberté qui avait fait naître sur son visage un sourire étincelant de bonheur. Ses inhibitions balayées, la blonde s'imaginait même attraper le bras de Gaël pour l'embrasser comme jamais, le claquer et lui faire un discours lui expliquant ce qu'il perdait en l'oubliant, laissant de côté le regard des connus ou autres inconnus qui, de toute façon, ne pourraient pas la reconnaître. Mais il était sans doute encore trop tôt pour concrétiser ce genre de pensées exagérées. Je vous rappelle qu'il n'y avait que du jus de pommes à disposition. « Vous aimez Annenkova ? » glissa-t-elle donc simplement à son compagnon de danse, mettant de côté toute peur qu'il puisse la juger d'une quelconque manière.

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Mer 20 Fév - 14:53

« C’est intéressant, comme perspective. Cependant, je crois que c’est plus rassurant que juste. Mais merci de votre solidarité, » répondit-il alors qu’il jonglait très maladroitement avec la notion que c’était Louka qui n’avait pas su cerner l’aspect exceptionnel de son caractère. Idée saugrenue s’il en était une. Il n’imaginait en effet aucune de ses nombreuses connaissances lui taper dans le dos en lui disant qu’elle ne savait pas ce qu’elle manquait, cette petite garce hautaine au cul béni. Il concevait beaucoup plus l’inverse, en fait, impliquant une claque derrière la tête et quelques « mais ce que t’es bête, c’était le meilleur coup de ta vie! ».

Suffisait, ces sombres ruminations! Il ne s’était au final rien passé entre eux deux, si ce n’est qu’une brève plaisanterie. Pas de quoi en faire un plat à chaque occasion. Et puis, ce n’est pas comme s’il s’agissait de la seule opportunité qu’il avait rencontré de devenir quelqu’un de bien,qu’il avait lamentablement traînée dans la boue…

Entraînant sa cavalière dans quelques mouvements, il se fendit d’un sourire et poursuivit.

« Oh, mais ce n’est pas d’une promesse en l’air dont il s’agit, mais de quelque chose de bien plus puissant : le sens des convenances! Vous ne pouviez pas laisser la pauvre petite licorne blessée que je suis avoir l’air encore plus idiote qu’elle ne l’est déjà en se retrouvant bêtement esseulé au milieu du plancher de danse, non ? Pas après tant de bonne volonté de ma part! »

Le style de danse de Charles venait plus de l’autodidactisme confiant fréquemment mis à l’action que d’un savoir technique longuement étudié. Il n’y connaissant rien, mais savait toutefois comment être et mettre à l’aise.

« Cessez donc de croire que tout ce qui vous arrive n’est que le fruit de votre joli minois : ce n’est que pour vous remercier d’être la seule à avoir osée discuter avec une licorne. Ça mérite bien quelque chose! Je vous aurais bien offert un chocolat du buffet, mais j’aurais eu l’air radin. C’était donc ça, ou je vous tricotais un châle à partir de ma crinière! Et il est trop tard pour changer d’avis, n’y songez même pas!»

Cela faisait du bien, de se retrouver à nouveau dans son élément, malgré les rappels constants que son existence avait effectué un virage en tête d’épingle pour plonger dans le tragique en devenir. Il vivait pour des moments comme celui-ci. L’échange de sourire, le chemin sinueux et imprévisibles des joutes verbales, les taquineries trop directes pour être sincère et les compliments faussement voilés. Il en oubliait tout, s’immergeant complètement dans le jeu des apparences.

« Je transmettrai vos compliments à mon dresseur. Il sera ravi d’entendre que j’ai pratiqué ma croupe en dedans et mon pas espagnol. En espérant que ça me vaille une pomme.»

C’est alors qu’elle laissa tomber la bombe. La question sur le mot en « A ». Il eut l’équivalent d’un couac gestuel et écrasa solidement le pied de la demoiselle, manquant perdre l’équilibre en tentant de limiter les dégâts. Il cessa tout mouvement quelques secondes, le temps de reprendre contenance et de récupérer le tempo.

« Je suis désolé, mais celui-là, vous l’avez cherché….»

L’aimait-il ? L’avait-il déjà aimée ? Étrange qu’il ne se soit jamais posé la question avant maintenant... Elle lui semblait si inatteignable qu’il n’avait jamais cru réussir à s’en approcher. Alors de se demander ce qu’il ferait lorsqu’il y serait…

Ironique que la question ne lui vienne que par l’entremise d’une pure étrangère. La bonne réponse semblait si évidente ; il aurait l’air du pire des goujats s’il répondait l’une ou l’autres des variantes négatives, voir même incertaines. Pas qu’il était spécialement en mode séduction : ce n’était qu’un automatisme, de tenter de préserver son image. Enfin, une partie de son image. Et cela touchait à un problème plus fondamental, qu’il ne souhaitait absolument pas considérer ce soir.

« C’est difficile à dire… Comme je l’ai mentionné, notre histoire fut aussi brève qu’intense, et je ne saurais dire ce qu’il m’en reste, sous les mécanismes de défense et le sentiment d’échec. »

Cela ne disait absolument rien, mais tout à la fois. Il s’étonna même de sa propre lucidité en la matière.

Cependant, ces constants retours forcé à cet évènement, ainsi qu’à tout ce qui s’y rattachait, venait de faire éclater tout espoir de passer la soirée hors de ses tracas… N’y avait-il donc aucune échappatoire à sa sordide situation, ne serait-ce que pour quelques heures ?

Affichant un sourire plus de circonstance qu’empreint de sincérité, il remercia sa cavalière, sur un ton beaucoup moins enjoué. Cette fête n’était plus pour lui.

« Merci beaucoup pour le plaisir de votre compagnie, Circé. Je vous souhaite une agréable fin de soirée : je dois retourner à la préparation de mes cours, maintenant. Au plaisir de vous recroiser… »

Au final, il ne s’en voulait qu’à lui-même. Voilà où le conduisait la franchise : au fond du gouffre dans lequel il s’était plongé. Amer rappel que son unique refuge résidait dans le faux-semblant…et il veillerait à ne plus l’oublier.

D’un pas aussi léger qu’il le pouvait, il entreprit de se diriger vers la sortie, préconisant les salutations de la tête et les sourires de reconnaissance pas tout à fait aussi profonds que d’ordinaire aux conversations, aussi brèves pourraient-elles êtres.

Quelle idée, que d’ouvrir ainsi son âme. Il savait pourtant bien qu’il n’avait plus rien à offrir.

* You big fool... it’s too late to turn back now...*

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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Dim 24 Fév - 20:36


Le jeu avait laissé place à la sincérité. Une sincérité blessante, qui ramenait à un passé dont les blessures étaient visiblement encore vives. Si Nephtys avait posé ces questions peut-être trop crues, ça n'avait pas été avec de mauvaises intentions. Pour une fois. Elle qui s'était sentie si légère en posant les pieds sur la piste de danse ne pouvait vouloir de mal à celui qui l'avait cueillie près du buffet et fait oublier pendant quelques instants l'existence d'Avenford. De plus, il ne se doutait pas de son identité. Pourquoi donc aurait-elle voulu le faire fuir ? Par habitude, peut-être. Les questions inquisitrices étaient sa spécialité, son arme de choix. Alors ça avait sans doute été plus fort qu'elle. Il avait aiguisé sa curiosité, et la curiosité de Nephtys Castel ne pouvait jamais rester lancée sans avoir de réponse. Même si ce soir-là, elle n'était plus Nephtys Castel. Des années d'habitudes et de défenses ne pouvaient disparaitre en une soirée, aussi libre se sentait la jeune femme à ce moment-là. « Cessez donc de croire que tout ce qui vous arrive n’est que le fruit de votre joli minois : ce n’est que pour vous remercier d’être la seule à avoir osée discuter avec une licorne. Ça mérite bien quelque chose! Je vous aurais bien offert un chocolat du buffet, mais j’aurais eu l’air radin. C’était donc ça, ou je vous tricotais un châle à partir de ma crinière! Et il est trop tard pour changer d’avis, n’y songez même pas! » avait glissé le professeur alors qu'ils venaient de mettre les pieds sur la piste de danse. « Mon joli minois ? » relevait-t-elle tout d'abord avec un petit sourire. « Je laisse pas les licornes perdues à côté d'un buffet. Quant au châle, je m'en passerais bien, je veux pas porter la douleur d'une pauvre licorne sur le dos. » avait-elle continué. Ce moment-là était le moment de liberté par excellence. Il ne savait pas qui elle était, elle pouvait être qui elle voulait. Il na la jugeait pas. Elle était tombée sur un professeur dont elle ne savait que très peu de choses, mais un professeur bien. Elle regrettait déjà presque, et avec une amertume certaine, le lendemain. Le moment où elle réaliserait le bonheur qu'elle avait vécu, l'euphorie de la liberté, et la déchéance ; celle de ne jamais revivre pareil instant. A croire que tous les bonheurs que la vie lui proposait n'étaient faits que pour être éphémères. Elle était jalouse de ceux qui y touchaient quotidiennement. « Je transmettrai vos compliments à mon dresseur. Il sera ravi d’entendre que j’ai pratiqué ma croupe en dedans et mon pas espagnol. En espérant que ça me vaille une pomme. » avait répondu le brun lorsqu'elle l'avait complimenté sur ses pas de danse. « Ça mérite au moins deux pommes, » avait affirmé Nephtys avant d'ajouter sur le même ton : « si votre dresseur a besoin de quelqu'un qui en testifie, n'hésitez pas. » Si tu me retrouves.

C'est à ce moment que, se sentant sans doute trop en confiance, Nephtys posa la question qui fit basculer la situation. Il écrasa ses pieds dans un mouvement peu maitrisé et elle retint un cri de douleur, mais les larmes lui montaient aux yeux alors qu'elle se mordait la lèvre. « Je... » retire ce que je viens de dire tenta-t-elle de dire en se retenant d'ôter sa chaussure pour vérifier que ses orteils étaient encore en place -mais de toute façon, avouons-le, ils n'étaient plus à ça près. « Je suis désolé, mais celui-là, vous l’avez cherché… » la coupa le professeur alors que, le fixant sans dire mot, Nephtys regrettait amèrement sa question. « C’est difficile à dire… Comme je l’ai mentionné, notre histoire fut aussi brève qu’intense, et je ne saurais dire ce qu’il m’en reste, sous les mécanismes de défense et le sentiment d’échec. » Muette, Nephtys ne savait plus que dire. Ses yeux bleus attristés de la situation fixaient le visage de son compagnon de danse, perdu dans le costume loufoque de licorne. « Merci beaucoup pour le plaisir de votre compagnie, Circé. Je vous souhaite une agréable fin de soirée : je dois retourner à la préparation de mes cours, maintenant. Au plaisir de vous recroiser… » conclut-il de lui-même en la lâchant, coupant court à leur danse et leur conversation.

Le suivant aussi souplement qu'elle le pouvait avec son pied meurtri parmi la foule danse qui occupait la vaste piste de danse, Nephtys finit par lui attraper le bras, presque violemment. « Circé, sérieusement ? » lui demanda-t-elle, les yeux amplis d'une noirceur soudaine. « Je suis désolée de vous avoir lancée sur un sujet pareil, sincèrement. Mais vous ne pouvez pas partir aussi simplement en me comparant à la pire des pestes de la mythologie. » Pendant un instant, elle s'était demandée s'il n'avait pas deviné qui elle était. Pour la traiter d'empoisonneuse, il avait sans doute trouvé son identité d'une façon ou d'une autre et toute sa réalité lui revenait en plein visage, à elle aussi. « Et ne me faites pas croire que vous préparez des cours un soir de bal. Vous ne désirez pas me recroiser, pas plus que vous ne vouliez passer un instant de plus avec moi. Je suis désolée. » s'excusa-t-elle une nouvelle fois, sans lui lâcher le bras/la patte. « Si vous le souhaitez vraiment, partez. Ne vous en faites pas, vous ne me reverrez jamais. » ajouta-elle aigrement en retenant la grimace de douleur qui ne demandait qu'à déformer ses traits. « Sachez juste que Circé a passé une bonne soirée en votre compagnie. » finit-elle par conclure en lui lâchant le bras, subissant la lourde chute qui la menait à la réalité. Gaël n'était pas loin derrière eux, elle le savait et le sentait. Quant à Iris et Ezra, le moment présent semblait être parfait pour les voir faire leur entrée. Ne manquait que Joyce, et elle n'aurait qu'à tirer sa révérence et retourner être Nephtys Castel. Dans son lit, sous sa douche, peu importait. Mais seule face à elle-même.

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Mar 9 Avr - 14:30

Perdu dans ses pensées et engouffré dans ses doutes, Charles fut complètement désarçonné par la poigne de fer de sa cavalière. Jamais il ne se serait imaginé qu’elle tenterait de le retenir. Après tout, il ne s’agissait que d’une rencontre fortuite entre deux inconnus : quelles conséquences craignait-elle ? Un sentiment de culpabilité, peut-être ? Manifeste, si l’on en jugeait son apparemment sincère expression de repentance. D’accord, elle ne voulait pas volontairement le mettre dans cet état, mais ce n’était pas tout. Il y avait également quelque chose de l’orage en elle. Outrée de se faire ainsi cordialement délaisser ? De s’être fait écraser les orteils ? Non, pas exactement… Quelques pièces devaient encore être retournées pour lui permettre de compléter le puzzle. Mais il n’avait pas la fibre inquisitrice, ce soir.

Étonné, il l’écouta avec attention, pris de court par l’intensité qu’elle mettait dans ces explications. Pourquoi lui était-ce si important qu’il sache qu’elle avait passé une agréable soirée ? Et comment diable en étaient-ils arrivés là ?

Toujours est-il que tout allait de travers, et à défaut de regagner son insouciante bonne humeur de naguère, il pouvait au moins tenter de limiter les dommages collatéraux.

« Non, vous vous méprenez, ce n’est pas vous, c’est…»

Il la détailla un moment, fixant son regard désolé dans le sien quelques secondes, avant de pousser un profond soupir. Tendant la main, il l’invita à le suivre dans l’alcôve d’une fenêtre, non loin de l’entrée de la salle. L’intimité relative de l’endroit lui permettrait de ne pas bâcler son aurevoir, et de quitter sur un désagréable quiproquo. Parce que même si la fête se terminait prématurément pour lui, il avait passé une bonne soirée.

« Je suis désolé, la petite licorne que je suis en porte beaucoup plus lourd qu’elle ne le laisse paraître. Je n’ai absolument rien contre vous, bien au contraire, même! Vous êtes une femme tout à fait charmante et pétillante, et je n’aurais pu souhaiter plus agréable compagnie. Pour l’information, j’ai toujours bien aimé Circé. Elle savait ce qu’elle voulait, ainsi que comment l’obtenir. Méduse était une bitch. Circée, une femme forte qui ne désirait que le meilleur.»

Il esquissa un court demi-sourire, avant de poursuivre.

« Je ne sors pas souvent de mon bureau, mais je me disais qu’il s’agissait d’une belle occasion de laisser de côté mes tracas, pour une soirée. Un nouveau départ, si on veut, pour moi comme pour ceux plus durement touchés par la nuit des loups. Visiblement, il y a des réalités auxquelles on ne peut échapper facilement…»

Il poursuivit le fil de son idée dans sa tête, lui donnant une expression absente pour un instant. Il se ressaisit, et reporta son attention sur Nepthys.

« Et sachez que ce n’est pas moi qui ne veut pas vous recroiser, mais vous, qui ne souhaitez pas que l’on voit revoit de nouveau. Dissipée avec l’aube, ne laissant derrière elle que le souvenir éthéré propre au rêve…»

Soudain, un déclic se fit dans son esprit : voilà pourquoi il lui parlait autant à cœur ouvert! Lui, le spécialiste des demi-vérités et des mensonges éhontés, qui se jetait volontairement du haut de la falaise de la vérité. Cette inconnue lui avait offert sur un plateau d’argent ce qu’il recherchait désespérément : quelqu’un à qui parler. Avec qui partager un fragment de sa détresse, sans en subir les conséquences. Et qui de mieux que quelqu’un qui disparaitrait au matin ? Certes, elle se souviendrait de ce qu’il lui avait dit. Mais Charles ne saurait vraisemblablement jamais de qui il s’agissait.

« Je suis vraiment navré pour votre pied. Je crois que j’y ai mis le paquet, sans le faire exprès, avec mes gros sabots… »

Son regard passa des danseurs aux parasites de buffet, en s’arrêtant sur les potineurs et les fêtards. Avec une expression lassement résignée, il ajouta.

« Je crains de ne plus pouvoir faire honneur à cette fête : mais je vous en prie, ne vous en privez pas pour moi.»
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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Dim 14 Avr - 17:48

Voilà donc qu'elle faisait fuir tout le monde, y compris ceux qui ne la connaissaient pas. Ce n'était donc pas Nephtys Castel qui ne savait pas garder le moindre individu à ses côtés, c'était aussi celle qu'elle était sans toutes ces apparences superflues. Et même un inconnu n'avait pas supporté sa présence très longtemps. Pourquoi le retenait-elle donc ? Après tout, elle ne le connaissait pas. C'était juste qu'elle ne pouvait pas accepter d'être un être si abject qu'on la fuie, sans même connaître son identité. Elle n'en pouvait plus d'être évitée, de ne mériter la présence de quiconque à ses côtés. Alors ses hauts talons l'avaient menées avec assurance jusqu'au professeur, qu'elle avait retenu avec fermeté. Il ne pouvait pas partir comme ça, aussi simplement. Comment tout cela avait-il pu tourner à une scène aussi théâtrale ? Quelques instants auparavant, ils en étaient encore seulement à échanger quelques banalités devant le buffet... Nephtys était lancée dans des excuses nettes et franches, alors qu'elle y mettait plus d'ardeur qu'elle l'aurait toléré. « Non, vous vous méprenez, ce n’est pas vous, c’est… » finit par tenter alors qu'elle arqua un sourcil, répliquant dans la foulée. « Oh, c'est vous, c'est ça ? Moi je suis quelqu'un de bien et tout ça, c'est juste vous qui ne pouvez plus danser une minute de plus avec moi parce que... parce que... Enfin, c'est pas moi, quoi. Non, mais je comprends. Ça aurait pu arriver avec n'importe quel individu lambda, c'est ça ? » Cette fois, l'aigreur était de la partie. Il n'arrivait même pas à lui expliquer clairement qu'elle avait dépassé les bornes. Encore quelqu'un qui partait sans arriver à lui expliquer ce qui n'allait pas chez elle, même si elle savait très bien de quoi il s'agissait. C'était elle qui n'allait pas. Mais Charles Taylor était quelqu'un de trop respectueux pour le lui dire aussi simplement que c'était évident. Elle se tut finalement, alors que le professeur la fixait. Elle était désolée. Désolée d'être comme ça, désolée de ne même pas être capable de passer une soirée normale, avec quelqu'un qui ne demandait qu'à être découvert sous un autre jour. Après tout, peut-être ne pourrait-elle jamais totalement se débarrasser de ce qui lui pesait, de cette maladresse qui sonnait pour beaucoup comme un caractère bien trempé. A présent silencieuse, comme honteuse de l'avoir suivi, de s'être excusée, puis de s'être emportée, le tout alors qu'elle ne le connaissait pas, Nephtys accepta la main qu'il lui tendit pour l'inviter près d'une fenêtre, davantage isolée que l'entrée aux passages plus qu'agaçants, à laquelle ils s'étaient cantonnés jusque-là. Elle ne savait ce qu'il allait lui dire, ni même ce qu'elle avait lu dans son regard avant leur déportation vers la fenêtre. « Je suis désolé, la petite licorne que je suis en porte beaucoup plus lourd qu’elle ne le laisse paraître. » commençait-il alors que Nephtys, soulagée qu'elle ne lui tienne pas rigueur de la brusquerie de son geste et de ses paroles, souriait avec une mélancolie évidente. S'il commençait comme ça, ça n'était pas bon signe pour autant... « Je n’ai absolument rien contre vous, bien au contraire, même! Vous êtes une femme tout à fait charmante et pétillante, et je n’aurais pu souhaiter plus agréable compagnie. Pour l’information, j’ai toujours bien aimé Circé. Elle savait ce qu’elle voulait, ainsi que comment l’obtenir. Méduse était une bitch. Circée, une femme forte qui ne désirait que le meilleur. » Alors qu'elle avait plongé son regard bleuté dans celui du professeur, elle ouvrit la bouche quelques instants pour répliquer quelque chose, mais la surprise que lui avait procuré la réponse de l'homme semblait inhiber l'activité des neurones de son aire de Broca (coucou, petite dédicace). « Méduse a le regard qui tue, n'empêche. Mais je n'aime pas ses cheveux » remarqua-t-elle dans un demi-sourire alors que les mots de monsieur Taylor raisonnaient encore dans son esprit. Maintenant, elle s'en voulait de ne pas lui dévoiler son identité... Mais il n'en était pas question, elle ne le ferait pas. Parce qu'alors... alors il serait son professeur, elle serait une menteuse, et voilà. Fin de l'histoire. Elle préférait continuer à s'imprégner des rares compliments qu'on pouvait encore lui faire. Et si elle s'était écoutée, elle lui aurait sauté dans les bras, aurait probablement même versé une larme. Il venait de relever des choses qu'il avait appréciées en elle, même pendant l'instant trop bref qui leur avait permis d'échanger une conversation des plus intéressante. Personne n'en avait fait autant depuis... depuis... Personne n'en avait jamais fait autant depuis Ezra. Et ces quelques mots qu'avait lâché Charles Taylor, par simple politesse peut-être, raisonnaient comme un espoir. « Je ne sors pas souvent de mon bureau, mais je me disais qu’il s’agissait d’une belle occasion de laisser de côté mes tracas, pour une soirée. Un nouveau départ, si on veut, pour moi comme pour ceux plus durement touchés par la nuit des loups. Visiblement, il y a des réalités auxquelles on ne peut échapper facilement…» Alors qu'elle relevait le regard attristé du professeur, Nephtys posa sa main sur l'épaule de celui-ci, prête à le réconforter comme elle le pouvait. Prête à faire des promesses d'un avenir meilleur, avenir auquel elle ne croyait plus une seule seconde. Mais il la regarda à nouveau, et les mots qu'elle préparait s'étouffèrent dans sa gorge. « Et sachez que ce n’est pas moi qui ne veut pas vous recroiser, mais vous, qui ne souhaitez pas que l’on vous revoit de nouveau. Dissipée avec l’aube, ne laissant derrière elle que le souvenir éthéré propre au rêve… » Souriant à l'idée de faire partie d'un rêve, la rousse fit glisser sa main le long du bras du professeur avant qu'elle ne tombe dans le vide. « Je n'aimerais pas me croiser moi-même. Je préfère vous laisser un souvenir comme celui-ci, la manière dont vous le décrivez me paraît assez loin de la réalité pour me plaire. » Elle marqua une pause à l'idée de ne jamais plus avoir l'occasion de passer une soirée sous couverture, comme celle-là, à simplement être celle qu'elle aurait aimé être. A découvrir un homme sous un autre angle que celui de professeur, auquel il était habituellement réduit. « Quant à ces réalités, je pense qu'elles marquent tout le monde... et il n'y a rien de mal à vouloir les éviter quelques instants. Ça allège, on se sent libre. Juste quelques instants, mais ces quelques instants valent de l'or. » Relevant son regard vers le visage de son interlocuteur, elle demanda finalement : « Vous êtes sûr que vous ne voulez vous évader un peu plus ? Votre bureau et son calme ne seront pas d'une très bonne compagnie si certains souvenirs vous remuent. » Oui, elle voulait qu'il reste. Parce que pendant ces quelques instants où ils se parlaient à cœur ouvert dans l’alcôve de la fenêtre, elle n'avait même pas pensé à Gaël, même s'il restait une part de son esprit qui le situait parfaitement dans la salle de bal, avec cette médicomage, et qui souhaitait l'éviter avant de faire face à cette personne qui l'avait tant réconfortée une année durant. Donc oui, elle voulait qu'il reste. « Je suis vraiment navré pour votre pied. Je crois que j’y ai mis le paquet, sans le faire exprès, avec mes gros sabots… » Baissant le regard vers ses pieds, Nephtys réalisa qu'effectivement, la douleur était toujours là. C'était juste qu'elle l'avait oubliée. « Ne vous en faites pas, ils s'en remettront, ils ont connu pire... » glissa-t-elle avec un petit rire. Les pointes, les talons, les courses... Elle se demanda un instant si elle ne lui avait pas donné une indication sur son identité en parlant de ses pieds et de la cruauté qu'elle leur infligeait, mais personne ne connaissait son amour pour la danse classique, aussi, il ne pourrait jamais faire le rapprochement. Peut-être avec les talons, par contre... Mais elle n'était pas la seule à mettre des talons de dix centimètres pour aller en cours. Si ? Un doute l'envahit mais Taylor y mit fin en concluant leur conversation. « Je crains de ne plus pouvoir faire honneur à cette fête : mais je vous en prie, ne vous en privez pas pour moi. » Entendant des voix raisonner dans la salle de bal, elle tendit l'oreille. Sans doute les lourds discours que chacun s'escrimait à éviter à chaque bal organisé par l'école. Rien de manqué, en gros. Prenant la main du professeur dans la sienne, elle l'attira vers la salle de bal. « Je ne vous laisserai pas vous morfondre tout seul dans votre bureau, à corriger des copies, préparer un cours ou penser à un passé qui n'a pas de place ce soir. Je vous oblige même pas à danser, promis. Mes pieds sont d'accord avec l'idée ». Lui lançant un regard malicieux, elle l'attira avec douceur vers la haute porte qui menait à l'immense salle. « Et puis si le souvenir que je vais vous laisser est aussi doux que vous l'avez décrit, alors pourquoi ne pas le prolonger un peu ? »



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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Lun 15 Avr - 19:14

Le regard du professeur plongé dans celui bleuté de la mystérieuse inconnue, il ne put s’empêcher de sourire. Comment faire autrement ? Certes, il y avait quelque chose de louche dans son entêtement à ne pas laisser partir la licorne qu’il était –qu’il soit foudroyé si cela ne sentait pas le pari!-, mais en quelque part, il avait l’impression qu’elle voyait en lui un reflet. La reconnaissance d’une réalité alternative commune.

Il éclata de rire, alors que c’était son tour de se laisser mener par le bout de la main.

« Je suis vraiment navré. Je crois que tout ce rose a fini par faire son effet, et m’a sournoisement transformé en princesse mélodramatique! Ça m’apprendra, à ne pas me méfier de la règle des couleurs! »

Ça devait être ces satanées séries américaines où tout le monde exsudaient ses émotions. Les simples bandes-annoncent avaient suffit à le pervertir. Il allait devoir songer à retirer le téléviseur moldu de son bureau. De toute façon, la relation qu’il entretenait avec ce dernier commençait à frôler l’obsessionnel malsain. Louka, ce n’avait été que l’essai routier (dans le stationnement) d’une Lamborghini, obtenu grâce à un habit d’emprunt. Pourquoi diable se fendre l’âme avec cela dans le plus inopportun des moments ? Il aurait tout son temps pour se morfondre, lorsqu’il croupirait dans une cellule.

« Même si, intérieurement, je vous soupçonne d’avoir à cœur mes pauvres étudiants : vous craignez que je ne leur mette que des zéros d’office si j’arrive à mettre les pieds dans mon bureau, avouez ? Vous auriez dû me laisser faire. J’aurais bien aimé voir leur tête, lorsqu’ils auraient lu « C’est la faute à Circé! ». Il y a des jours où je me demande comment j’ai fait pour devenir professeur… »

Il afficha une micro-seconde de panique en réalisant que ce n’était pas exactement le genre de réflexion qu’il pouvait se permettre d’avoir en public.

Il la stoppa délicatement avant qu’ils ne pénètrent à nouveau dans la salle de bal, où l’on entendait encore le son monotone des discours au lieu de la cacophonie ambiante qui y régnait normalement en maître.

« Juste une chose, cependant, avant qu’on y replonge. Et je vous le promets, c’est la seule fois que j’en ferai mention. Je ne voudrais pas qu’on fasse un re-make inversé de ce qui vient de se produire, et que je me vois forcé de vous galoper après alors que vous me traitez de … de chimère…ou de pégase démembrée. Ou de quelque chose du genre. Après, dès que nous refranchirons cette porte, je m’évaderai avec vous jusqu’à ce que vous ne disparaissiez, Mirage. »

Il devint soudainement sérieux, tenant toujours ses doigts fins du bout des siens, résultat d’un processus de séparation qui s’éternisait.

« Vous valez beaucoup plus que vous ne le croyez. Ce masque est autant vôtre que l’autre, quel qu’il puisse être… »

Ils demeurèrent ainsi un court moment. Depuis quand jouait-il au coach de vie ? Ou à l’écrivain de biscuit chinois ? Et de quel droit, pourrait-on légitimement se demander… Après tout, s’il y en avait un ici ce soir qui méritait bien que l’on redresse son cas, c’était lui.

Pourtant, sans parvenir à en identifier exactement la cause ou la raison, il y avait quelque chose qui ne clochait pas chez sa cavalière. En quelque part, elle semblait ne pas aller guère mieux que lui. Ça devait être ça. La dernière pièce du casse-tête. Étrange comme ses récentes mésaventures lui ouvraient les yeux sur l’état des autres…

Brisant le moment, il lui fit un clin d’œil, avant de finalement reprendre totale possession de sa propre main et de retourner dans la salle. Il se « faufila » entre les convives, s’attirant un peu de jus de fruit et quelques regards malveillants, qu’il repoussa d’un discret :

« Pardonnez ma culotte de cheval… »

Il finit par se trouver un endroit assez grand pour lui, assez grand pour deux, en fait, alors que les derniers discours approchaient de leur conclusion. Il ne leur prêta cependant qu’un intérêt distrait. Car, ce soir, il n’était plus seul.

Il tourna la tête vers la droite, décerna un sourire à Nepthys, et reporta son attention sur la scène.

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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Lun 22 Avr - 15:44

C'était drôle de réaliser à quel point changer d'identité, même pour une simple soirée, pouvait lui faire voir la vie sous un tout autre angle. Nephtys ne sentait plus de regards inquisiteurs posés sur elle à chaque instant. Si elle en avait besoin, elle pouvait se gratter le nez sans avoir à s'en cacher, et c'était le signe le plus évident de cette liberté unique qui s'offrait alors à elle. Elle ne se sentait pas moins contrainte par le regard de chacun pour autant, parmi lesquels celui du professeur. Elle savait qu'il ne connaitrait probablement jamais son identité, et c'était sans doute mieux ainsi. Car s'il découvrait qu'il s'était dévoilé de la sorte à une de ses élèves, aussi sérieuse soit-elle, comment réagirait-il ? Nephtys n'avait aucune intention d'obtenir une réponse à cette question, et préférait entretenir le mystère jusqu'au bout de la soirée, comme si cette relation n'était supposée durer que l'espace d'une soirée, un instant éphémère qu'ils se remémoreraient chacun à leur manière. Parmi tous les sujets qu'ils avaient déjà eu l'occasion d'aborder, si la blonde en retiendrait un, ce serait sans aucun doute le regard vierge de tout préjugé qu'il avait posé sur elle, et l'analyse qu'il avait faite de cette rousse qui se tenait devant la licorne qu'il était. Malgré ces cheveux flamboyants qu'elle avait cru bon d'arborer et ses hauts talons dont elle n'avait pas su se défaire, Nephtys restait la même. Peut-être même plus démonstrative que d'habitude. Elle ne cherchait plus à voiler la moindre émotion que son regard bleuté pourrait laisser transparaître, si ce n'était cette jalousie piquante qui s'insinuait en elle rien que d'imaginer Gaël danser avec cette autre blonde. Pour la première fois depuis des années, elle s'autorisait à ressentir face à un autre être ces sentiments qui la détruisaient à petit feu. Pour la première fois depuis années, elle se sentait libre de partager de la mélancolie avec quelqu'un et, qui plus est, un -presque- inconnu. Si elle s'attendait que ça soit le cas ce soir-là ? Pas le moins du monde. A dire vrai, sa soirée, elle l'avait imaginée comme elle l'avait débutée : seule dans un coin, à se sentir libre de tous regards, mais seule. Peut-être aurait-elle fini par trouver le courage d'aborder des connaissances, se faisant passer pour n'importe qui d'autre qu'elle. Peut-être aurait-elle fini par abandonner l'idée de se sentir bien, puisque Gaël n'était plus là, et que même ne plus être Nephtys Castel ne lui apportait aucun réconfort. Mais en réalité, ce qui s'était passé près du buffet était une surprise des plus inattendues. La voila qui parlait avec un professeur des noirceurs d'un passé que chacun préférait oublier, quel qu'il soit. Nephtys ne se fixait pas beaucoup de limites en ce qui concernait les relations : son but était simple : elle voulait être aimée par tous. Et pour cela, elle utilisait tous les chemins possibles. Manipuler, réconforter, rire, défier... Mais s'il y avait une seule frontière qu'elle s'était imposée de ce côté-là, c'était les cibles de son manège. Ne jamais viser plus haut que des étudiants, ce n'était pas le but. Quand il s'agissait d'étudier, elle était des plus sérieuses, et elle ne laisserait pas ce besoin désaxé de reconnaissance prendre le dessus sur celui qu'elle avait d'être parfaite dans tout ce qu'elle entreprenait, même si c'était sans but aucun. Elle ne savait pas quelle voie elle suivrait dans l'avenir, et elle n'avait jamais aimé la magie. Mais il fallait se rendre à l'évidence... Que lui restait-il maintenant ? Une carrière de danseuse manquée, des relations superficielles par dizaines, les résidus d'un amour qu'elle avait cru éternel, et des pertes qu'elles ne saurait plus dénombrer... Pourquoi s'attachait-elle aussi facilement ? Pourquoi était-elle aussi faible ? Pourquoi Gaël la retenait-il à ses côtés alors qu'il n'était même plus là ? Pourquoi ne pouvait-elle pas s'empêcher de penser à lui et au réconfort de son étreinte ? Non, ne pas penser à lui. Lui l'avait déjà oubliée depuis longtemps. Il avait eu deux longs mois pour oublier son existence, c'était bien suffisant. « Je suis vraiment navré. Je crois que tout ce rose a fini par faire son effet, et m’a sournoisement transformé en princesse mélodramatique! Ça m’apprendra, à ne pas me méfier de la règle des couleurs! » la coupa le professeur dans ses réflexions, alors qu'ils avaient doucement repris la direction de la salle de bal, où la fête battait encore son plein -si on pouvait considérer que des discours fasse partie de la fête à proprement parler. Pour toute réponse, la rousse se retourna vers lui avec un regard empreint de douceur et d'amertume. Elle lui glissa simplement un faible « Ne vous en faites pas... » Elle finit par se retourner et marcher lentement à reculons pour entendre ce que disait M. Taylor. « Même si, intérieurement, je vous soupçonne d’avoir à cœur mes pauvres étudiants : vous craignez que je ne leur mette que des zéros d’office si j’arrive à mettre les pieds dans mon bureau, avouez ? Vous auriez dû me laisser faire. J’aurais bien aimé voir leur tête, lorsqu’ils auraient lu « C’est la faute à Circé! ». Il y a des jours où je me demande comment j’ai fait pour devenir professeur… » Ah, voilà que l'on abordait un sujet plus glissant... parce qu'il faisait référence à ce mensonge qui leur permettait de se confier comme ils le faisaient. Ce n'était donc pas le moment de gaffer, mais plutôt celui de renforcer les défenses. Et heureusement qu'une lumière rouge d'alerte venait de s'allumer dans l'esprit de Nephtys, car elle laissait tellement aller ses sentiments qu'elle aurait pu se trahir en une seule seconde. « Et après ils auraient terni votre réputation de professeur, que je devine plutôt bonne. Parce qu'on ne devient pas professeur si on a pas une once de bienveillance. » Se retournant à nouveau, non sans lâcher la main de son aîné, elle finit par ressentir une résistance et s'arrêta devant la porte. « Juste une chose, cependant, avant qu’on y replonge. Et je vous le promets, c’est la seule fois que j’en ferai mention » commençait-il alors qu'elle fronçait les sourcils, visiblement inquiète de ce qui allait suivre. « Je ne voudrais pas qu’on fasse un re-make inversé de ce qui vient de se produire, et que je me vois forcé de vous galoper après alors que vous me traitez de … de chimère…ou de pégase démembrée. Ou de quelque chose du genre. Après, dès que nous refranchirons cette porte, je m’évaderai avec vous jusqu’à ce que vous ne disparaissiez, Mirage. » Souriante, Nephtys s'approcha du professeur pour lui répondre. « Je ne fuis pas les licornes, pégases, centaures ou autres Celeris. » Et ce qui l'inquiéta à retardement fut une simple phrase. Une simple phrase qui donnait déjà un indice de trop quant à son identité. « Je m'y connais un peu en mythologie, je n'ai pas eu le choix... » Marquant une pause pour se reprendre, elle continua comme si de rien n'était. « ... mais j'ai aucun équivalent pour vous qui me vienne à l'esprit. » Et ce qu'il ajouta lui fit l'effet d'un coup de poignard, tant c'était inattendu. « Vous valez beaucoup plus que vous ne le croyez. Ce masque est autant vôtre que l’autre, quel qu’il puisse être… » Cette fois-ci, elle ne sut quoi répondre. Presque bouche bée, tentant de conserver ce charisme dont elle ne souhaitait se défaire pour rien au monde, Nephtys sentait les larmes lui monter aux yeux. Il n'y avait qu'une solution pour qu'il ne la voie pas aussi faible qu'elle l'était. Ce n'était pas forcément la solution optimale mais, toute déroutée qu'elle était, c'est la seule qui lui vint à l'esprit. Alors elle franchit le dernier pas qui les séparait et se blottit contre lui, passant ses bras derrière ses épaules. Elle murmura un faible « ... merci, Charles Taylor » en retenant cette vile larme avec difficulté. Puis elle se sépara de celui qui restait son professeur et resta ainsi devant lui, silencieuse, pendant un long moment. Et finalement, avec un sourire, c'est lui qui plongea dans la salle en premier. Elle le suivit plus lentement, alors que la douleur de son pied se réveillait. Évitant toute grimace, elle ne faisait que guetter la localisation de la licorne, sans prêter attention aux êtres étranges qui passaient en travers de son chemin -oui, parce que c'était eux qui coupaient sa route, et non l'inverse, v'voyez. Et elle finit par entrer en collision avec une femme de sa taille. Une blonde. Adulte. Un peu Dawkinsienne. Voire complétement. Et le réflexe qu'elle aurait évité avoir fut simple et aussi tranchant qu'une lame de rasoir. Son regard bleu s'était perdu sur le cavalier de la médicomage. L'avait-il reconnue ? Probablement, elle le lisait dans ce regard qu'elle aurait pourtant préféré fuir. Mais le plus douloureux était qu'elle, elle l'avait reconnu. Et c'était elle qui venait de se reprendre en plein visage l'événement qui avait mis fin à leur relation, quelle qu'elle ait été. La gorge nouée, elle ne put pas même incendier celle qui dansait au bras du Nkiruka pour sa maladresse, et se contenta de lui jeter un regard furieux. « C'est pas parce que j'écoute pas le discours en restant au garde-à-vous que je mérite d'être projetée hors de la salle » fit-elle simplement remarquer avant de chercher à nouveau la licorne du regard, comme s'il était maintenant le seul à la comprendre. C'était pathétique, sans doute. Mais c'était le seul moment depuis la fameuse nuit où elle s'était sentie un peu plus libre, un peu plus légère. Parce qu'on ne la jugerait pas, et parce que quelque part, on la comprenait. Alors, où était-il, ce professeur ? Sans plus un regard pour cette rencontre inopportune, Nephtys, déchirée, fendit la foule pour rejoindre le professeur Taylor et écouter la fin des discours d'une oreille. Malgré son sourire, elle se sentait atterrée, déchirée. Plus bas que terre. Et même ses talons de dix centimètres ne l'aidaient pas à en dépasser. « Ils ont raconté quoi, en résumé ? » demanda-t-elle finalement alors que la musique reprenait. « Vous voulez boire quelque chose ? » Jetant un coup d’œil au buffet non loin de là, elle imaginait déjà la douceur du chocolat sur ses papilles. Et puisqu'elle savait qu'une licorne n'était pas des plus pratiques côté transport, elle se proposait de leur ramener un pique-nique sur place.

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Jeu 25 Avr - 9:47

« Huumm, pas grand chose. Simplement qu’il fallait se méfier d’une mystérieuse étrangère au regard qui tue. Probablement une espionne. Puis ils ont invité tout le monde dans mon bureau pour l’after. En disant que c’est moi qui régalerait. Des braves types, ces nouveaux. Abuser de la bienveillance d’une licorne, franchement… »

Sourire en coin, la licorne savait bien qu’elle n’en aurait pas voulu à personne si tel était réellement le cas. Bien au contraire même. En fait, il n’aurait pu formuler de désir plus cher que de pouvoir être enfin lui-même, de monter sur scène et d’inviter lui de sa propre voix tout ce paquet de semi-étrangers et de les recevoir dans un endroit manifestement trop petit, avec tous les inéluctables déboires et fait cocasses. Mais il n’avait, lui aussi, qu’écouté d’une oreille distraite tous ces beaux discours. Piégé qu’il était dans le souvenir d’un évènement encore tout récent.

Pourquoi chercher refuge dans ses bras ? Car il ne se leurrait pas : cela n’avait rien à voir avec l’accolade de gratitude, mécaniquement douce et prompte. Elle avait plus à voir avec l’abandon du naufragé… Mais pourquoi ? Et cette voie brisée... Sur le coup, il aurait presque eu envie de verser une larme, par pure empathie. Quel fardeau l’écrasait donc ainsi, pour qu’une simple marque d’appréciation en provenance d’un étranger la fasse autant vaciller ?

À moins que sa présomption ne soit erronée. Qu’il ne constitue pas, au final, un étranger. Prétextait-elle la faiblesse pour le conduire dans un piège ? Les récents développements de son existence le rendaient beaucoup moins sélectif dans le tri de l’impossible.

Pourtant…Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas eu un impact sur la vie de quelqu’un. Établit un contact qui voulait dire quelque chose. Que les embrassades ne provenaient que d’hommes saouls, ou de femmes qui termineraient les jambes en l’air. Une proximité qui transcendait les conventions. Un concentré de sincérité, dénué de tout faux-semblant. Ironique que cela n’ait été provoqué par un bal costumé. Ironique, que tout disparaisse au matin. À l’exception de son bureau, des remords, des regrets… Et du vide.11

« Volontier, pour le rafraîchissement! C’est bien aimable : mes articulations ne sont plus celles qu’elles étaient. Je vais me laisser tenter par le choix de la chef. Mais soyez prudente : entre Rambo, le Men in Black et Cendrillon, il y en aura peut-être de plus perspicace que moi qui feront le rapprochement entre toi et l’agent secret. »

Bien entendu, son sourire ne laissait rien transparaître de son trouble. À défaut de pouvoir partager son fardeau, il n’allait pas y ajouter son propre poids.

À nouveau seul dans la multitude, il laissa son regard errer sur la foule. Étrange, comme tout cette histoire le changeait. Pour le meilleur ou pour le pire, il ne saurait le dire. Il s’arrêta un moment sur un chaperon rouge ayant manifestement atteint l’âge de la reproduction. Marrant, considérant qu’il avait lui-même songer se pointer déguisé en loup-garou. Chacun tentait d’y trouver un sens à sa manière. Certains avec plu de fracas que d’autres. C’était inévitable.

Tout comme l’intervention d’un partisan de la théorie du complot. À travers la musique en berne, il parvint à percevoir quelques bribes d’accusations, provenant d’il ne savait trop où. IL n’avait jamais été particulièrement convaincu par ce genre de prédicateurs de tractations secrètes. Il y avait toujours moyen de voir ce que l’on souhaite. Pourtant, en cette occasion précise, il accorda une seconde chance à l’idée. Entre sa présence entre ces murs, ainsi que celle de Raphaëlle, force était d’admettre qu’il y avait possibilité de coup fourré. Mais à qui le fait de libérer une volée de lycans au sein d’une communauté de jeunes étudiants pouvait-il profiter ? Tout avait été si chaotique…et avait conduit à l’entrée en fonction de deux nouveaux intervenants à la tête de l’établissement…

*Nonsense! Tu devrais te concentrer sur tes propres problèmes, bien réels, avant d’en inventer d’autres*

La vision de Nepthys venant le rejoindre tira sa raison de ce mauvais pas. Surprenant, comme sa simple présence le rassurait et atténuait ses récentes tendances à la paranoïa. Et comment il ignorait les autres convives pour revenir le rejoindre. N’importe qui dans cette école avait des amis desquels il était plus proche que de Charles. Et tout nouveau aurait eu un cortège d’accueil pour lui tenir compagnie. Qui diable était-elle ?

« Merci beaucoup. Qu’est-ce que tu nous a rapporté ? »

Ils furent rapidement interrompus par un elfe de maison, tirant la manche de Charles pour obtenir son attention. D’une voix rauque, la créature annonça, sans préambule.

« Dônne moâ tâ chemise. »

« Hem... ouais, t’es gentil, mais pas maintenant, d’accord? Je suis avec quelqu’un. »

Il esquissa un sourire gêné en direction de Nepthys

« Mirage, je te présente Bobor, un charmant bien que croulant elfe de maison de ma connaissance… »

« Tâ chemise!! »

« ...qui, bien qu’un peu vicieux, s’était généreusement offert pour aller nous chercher des bouchées. Brave Bobor. Et Bobor, voici Mirage. »

Il tenta de le chasser d’un pied, comme on le fait avec un caniche en rut. Sans succès.

« Tu me doâs tâ chemise, Chârles »

La sale petite bête insistante était ce qui se rapprochait le plus d’un ami, ici, à Elderwood. Il avait passé d’innombrables soirées à jouer aux cartes avec l’elfe de maison, échangeant anecdotes du monde moldus contre potins anciens et modernes d’Elderwood. Malgré son apparente sénilité, le vieux bougre avait une chance de cocu, et après avoir accumulé une collection faramineuse de bouteilles vides (sa monnaie de prédilection), Charles avait dû commencer à monter les enchères et se mettre à miser ses propres vêtements pour tenter de rétablir son ardoise. Sans plus de succès. D’ici quelque semaine, il se verrait probablement forcé d’aller donner ses cours avec ce costume, si dame fortune ne se mettait pas à lui sourire.

Il s’agenouilla, pour se mettre au niveau du serviteur / shylock.

« Écoute Bobor, tu sais ce qu’on va faire ? Tu vas t’assurer que nous passions une belle soirée, et demain matin, dès l’aube, tu passeras à mon bureau, et je te remettrai non seulement cette chemise, mais également…. »

Il étira son silence, le temps que les yeux avides de Bobor ne finissent de s’écarquiller

« ...cette cravate à pois, que tu mattes à chaque fois que tu rentres ou que tu sors de mon bureau. Marché conclu ? »

Pour toute réponse, Bobor se contenta de se cracher dans la main, avant de se la passer dans les cheveux pour se les lisser. Se raclant la gorge, il prit délicatement la main droite de Nepthys, de sa main non gluante, et y déposa un délicat baiser à l’endos.

« Bobor est enchanté de faire la connaissance de maîtresse Mirage. Prenez grand soin de maître Taylor, Maîtresse. Maître Taylor est gentil. Maître Taylor mérite votre compagnie. Est que Maîtresse Mirage aime le caviar ? Ou les frites? »

« Je n’y crois pas... Quel frimeur!»
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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Dim 5 Mai - 20:16

Nephtys n'était pas du genre à faire confiance au premier venu, loin de là. Elle était davantage de ceux qui redoutaient les contacts trop marqués et évitaient les confidences -du moins, les siennes- comme un dragon évitait de prendre une boisson fraîche avant d'aller cracher du feu. Pourtant, cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent. Peut-être que ce simple anonymat, même s'il avait été difficile à réaliser au début, lui permettait de se découvrir une facette plus fragile que celle qu'elle s'autorisait traditionnellement à arborer. Elle était perdue, cependant ; c'était comme si elle se redécouvrait après des années de mensonge. Et pourtant, elle n'était pas énormément plus à l'aise qu'en temps normal. Elle restait face à un homme qui, le reste de l'année, était son professeur, et risquait de la reconnaitre au moindre faux pas. Malgré elle, elle lui avait peut-être même déjà glissé quelques indices mais, à son plus grand soulagement, il ne semblait pas avoir réalisé les pistes qu'il manquait. Elle s'était demandée un instant s'il ne risquait pas non plus de reconnaitre sa voix la prochaine fois qu'elle le croiserait dans un couloir, et puis elle nota qu'il aurait déjà pu reconnaitre sa voix puisqu'elle avait déjà pris la parole pendant ses cours, l'année précédente. De toute façon, c'était trop tard pour se trouver un nouveau timbre de voix. Elle n'avait pas réellement pensé à ce détail en préparant son costume, elle n'était finalement pas si prévoyante qu'elle se plaisait à le penser. Mais de toute façon, à l'heure qu'il était, il ne semblait pas se douter de son identité... Et cela pouvait lui assurer une certaine sécurité, elle se montrerait un peu plus discrète lorsqu'elle serait amenée à croiser son chemin au détour d'un couloir. Mais il fallait aussi qu'elle pense au fait que le fuir ne serait sans doute pas davantage discret, et il y avait donc matière à réflexion. Mais tout cela, ce serait plus tard qu'elle y accorderait de l'importance. Pour le moment, elle se contentait de profiter, tout en évitant de sortir des indices plus gros qu'elle. La voilà donc qui se tenait à ses côtés, les bras croisés, assistant malgré elle à la fin de discours qui lui semblaient pourtant interminables, et ce malgré le fait qu'elle en ait manqué plus de la moitié. Atterrée par un tel ennui, et préférant surtout ne pas penser aux raisons sous-jacentes de ce bal, elle se contenta de demander un bref résumé à son compagnon du soir. « Huumm, pas grand chose. Simplement qu’il fallait se méfier d’une mystérieuse étrangère au regard qui tue. Probablement une espionne. Puis ils ont invité tout le monde dans mon bureau pour l’after. En disant que c’est moi qui régalerait. Des braves types, ces nouveaux. Abuser de la bienveillance d’une licorne, franchement… » A mesure qu'il lui répondait, un sourire amusé se dessinait sur le visage de la rousse, alors qu'elle ne cessait de fixer l'estrade de laquelle venaient de descendre les bureaucrates. « Oh, j'ai bien fait de n'écouter que d'une oreille, alors. Les espions, je les repère directement, et quant à l'after improvisée chez une licorne, j'aurais forcément été au courant, non ? » Se tournant vers son interlocuteur, elle lui adressa un des sourires les plus sincères qu'elle ait jamais offert depuis des mois. Si cette nuit-là, la mort avait séparé des amis, des couples, des familles, elle, c'était le simple regard d'inconnus qui l'avait fait perdre le seul homme qui lui avait apporté le réconfort dont elle avait eu besoin depuis trop longtemps. Et maintenant, il était lui aussi parti, et l'impact le plus important qu'elle subissait depuis cette fameuse nuit n'était même pas lié à la mort, et à la perte telle qu'elle l'avait toujours connue. Elle ne semblait pas mériter d'être heureuse, et ce malgré les moyens détournés qu'elle trouvait pour y parvenir. Elle ne trouverait plus le réconfort de ses bras, de son souffle saccadé lorsqu'ils s'adonnaient à ce plaisir qui les avaient réunis pour la première fois près d'une année auparavant. Mais ce n'était pas -ou plus- le moment d'y penser. Tout était fini, le message pouvait difficilement être plus clair à ce sujet. Et ce soir-là, c'était à propos d'évasion, c'était se réinventer, même pour une seule soirée. Et ces chocolats... « Volontiers, pour le rafraîchissement! C’est bien aimable : mes articulations ne sont plus celles qu’elles étaient. » Penchant la tête sur le côté, Nephtys fit remarquer en riant que : « C'est votre fardeau à vous les licornes : à trop courir, vous finissez rouillées avant l'âge. » Le regard interrogateur, Nepthys attendait les envies de son ancien professeur. « Je vais me laisser tenter par le choix de la chef. Mais soyez prudente : entre Rambo, le Men in Black et Cendrillon, il y en aura peut-être de plus perspicaces que moi qui feront le rapprochement entre toi et l’agent secret. » Fronçant les sourcils, le regard rieur, l'ancienne Maarifa haussa les épaules avant de répliquer : « Je m'en fais pas trop pour ça, je pense que ce soir, la plupart des gens ici ont l'attention d'un gnome sous ecstasy. » Et puis, se reprenant, elle ajouta : « ... mais pas les licornes, hein. » Et sur ses quelques mots, elle partit à la quête de boissons convenables, alors que raisonnait dans sa tête le tutoiement qui avait sans doute échappé à Taylor. Cette idée fut vite éclipsée lorsqu'elle se retrouva devant le plateau, visiblement récemment rempli, de chocolats et autres sucreries. Elle attrapa un petit dé praliné qu'elle enfourna aussitôt dans sa bouche, profitant de ses saveurs qu'elle aimait décidément tant. Son prunelles bleutées cherchaient déjà des boissons dignes de ce nom, mais, il fallait l'avouer, il n'y avait rien de bien extravagant. Son regard se porta sur un plateau rempli de cocktails colorés de teintes plus farfelues les unes que les autres, toutes différentes. Hésitant quelques instants, elle finit par en attraper deux au hasard, finissant d'avaler sa bouchée de chocolat. Quelques pas plus loin, et la voilà en face de Charles, qui lui demanda alors pour quelles boissons elle s'était décidée. Le tout en la tutoyant, ce qui lui laissa échapper un sourire. Quoi de plus naturel de de tutoyer quelqu'un qui vous soulage de vos maux pour quelques heures ? Dire que dès leurs adieux, ce soir-là, ils ne seraient à nouveau que d'illustres inconnus l'un pour l'autre... « Aucune idée, il y avait un plateau arc-en-ciel, j'en ai pris deux hasard, je ne sais même pas s'ils sont différents » concéda-t-elle en tendant une des coupes au professeur, alors qu'elle se concentrait sur ce que contenait la sienne. Elle respira son parfum quelques secondes, comme on le fait avec un grand vin, avant de finalement la lever vers Taylor. « A cette soirée pleine de surprises » dit-elle avec un sourire avant de tenter de boire une gorgée de l'inconnu breuvage. « Dônne moâ tâ chemise » entendit-elle, sans trop savoir d'où venait la voix avant de voir Charles Taylor baisser le regard vers un elfe, ce qui eut le mérite de la surprendre au point de la faire sursauter. Elle n'avait jamais été vraiment à l'aise face aux elfes de maison, parce que trop peu habituée à les côtoyer. Ses parents avaient un personnel des plus traditionnels, eux qui n'avaient jamais réellement tenu à leur héritage sorcier... Alors, les elfes, elle les avait davantage fréquentés dans ses livres remplis de théorie qu'en vrai. « Mirage, je te présente Bobor, un charmant bien que croulant elfe de maison de ma connaissance… » le présentait le professeur. « Bonsoir, monsieur Bobor, enchant-- » commençait-elle alors que celui-ci semblait toujours préoccupé par la garde-robe du jeune homme. « ...qui, bien qu’un peu vicieux, s’était généreusement offert pour aller nous chercher des bouchées. Brave Bobor. Et Bobor, voici Mirage. » Nephtys ouvrit la bouche pour reprendre son enchantée poli, mais l'elfe continuait sur sa lancée. Mirage... elle aimait quand même bien ce prénom d'un soir. Elle aurait aimé le garder plus longtemps. Elle était tellement mieux en Mirage. Tellement plus libre. La Française regarda le professeur s'agenouiller pour être au niveau de l'elfe et lui glisser quelques mots qui la firent sourire. Une cravate à pois, sérieusement ? ne put-elle s'empêcher de penser en imaginant Hubert de Givenchy saigner des yeux. Quoique les pois semblaient revenir en force... Et voilà que Nephtys prenait de nouveau le dessus sur Mirage. C'était difficile de s'oublier... même si on se détestait. Avant qu'elle eut le temps de se perdre davantage dans ses pensées foireuses, ses réflexions furent coupées par un geste surprenant de la part de l'elfe. Il avait l'air motivé par la cravate à pois... Sage ou mauvaise décision ? Seuls les mois à venir sauraient le dire. Bouche bée, elle regarda l'elfe déposer un bref baiser sur le dos de sa main. « Bobor est enchanté de faire la connaissance de maîtresse Mirage. Prenez grand soin de maître Taylor, Maîtresse. Maître Taylor est gentil. Maître Taylor mérite votre compagnie. Est que Maîtresse Mirage aime le caviar ? Ou les frites ? » Prise de cours par cette soudaine attention, Nephtys savait déjà que 1) cela faisait une personne de plus qui s'intéressait à elle ce soir-là, et donc une chance de plus de se faire reconnaître par la suite, et 2) si elle répondait que oui, elle aimait le caviar, l'étau se resserrerait facilement autour de la faible population de jeunes héritiers qui ne manqueraient jamais réellement d'argent. « Je n’y crois pas... Quel frimeur! » la sauva brièvement Maître Taylor, le temps nécessaire pour qu'elle se ressaisisse. « Enchantée également, monsieur Bobor. Et je le promets, j'essaie d'être de bonne compagnie pour Maître Taylor. » S'accroupissant non sans sentir ses orteils lui rappeler la douleur qui la lançait encore quelques instants auparavant, Nephtys finit par ajouter à l'attention de l'elfe : « J'aime le sucre, je vous laisse choisir le met qui vous paraîtra le meilleur. Et quant à votre Maître... je crois savoir qu'il était déçu de ne pas avoir réussi à trouver de champagne par ici... » glissa-t-elle avec malice au petit être avant de se redresser et de boire une nouvelle gorgée de son cocktail. « C'est... frais. Ça sent le concombre, c'est bizarre. Vous... » commença-t-elle en marquant une pause en réalisant qu'elle n'arrivait pas à tutoyer celui qui avait tout de même été son professeur pendant un an. « ... tu as quel genre de saveur, toi ? Tu veux goûter ce que j'ai ? » proposa-t-elle avant de se pencher à l'oreille du professeur et de lui glisser « Je pense juste qu'il est très trèèès motivé par cette chemise et cette cravate. » Alors qu'elle éloignait son visage de celui de Charles Taylor, la musique se faisait moins forte et c'est le brouhaha de la salle qui devint prédominant... à ceci près qu'un murmure venant de l'extérieur se faisait, quant à lui, de plus en plus prépondérant. Tournant la tête vers la porte de la salle comme si ça allait l'aider à entendre, Nephtys avala deux gorgées de plus de son nectar, avant de souffler « Qu'est-ce que c'est que cette histoire... »

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Jeu 8 Aoû - 15:24

« Oh, mais quelle chaaaarmante attention que d’en avoir choisi un tout rose pour moi. Tu me connais déjà si bien que ça en est inquiétant!»

Jetant un regard suspicieux au dit cocktail, il le leva cependant de bonne grâce pour répondre au toast de sa compagne, auquel il ajouta

«… ainsi qu’aux surprises, ne dussent-elles durer qu’une soirée.»

Craignant qu’un mauvais blagueur ait trouvé marrant de verser du bepto-bismol dans une coupe, il s’humecta délicatement les lèvres du liquide, avant d’en prendre une véritable gorgée, satisfait.

«Ah! Ça goûte la barbe-à-papa! Fameux.»

C’était délicieux. Non pas l’invitation ouverte au diabète de sa coupe, mais ça. D’avoir l’impression que les regards que l’on posait sur eux reconnaissaient un duo de vieilles connaissances. Des individus issus d’une souche commune. D’avoir l’impression d’être à sa place, ici, auprès d’elle Le contrecoup du retour forcé à l’isolement ne le frapperait que plus durement, mais cela ne constituait-il pas un maigre prix à payer ?

Le plus naturellement du monde, ils échangèrent leurs coupes, comme s’ils avaient joué aux docteurs ensembles à l’âge de 6 ans. Grisant ? Ou carrément louche ? Quelle importance…

La boisson à saveur de concombre semblait particulièrement fade après la débauche sucrée qu’était son propre verre. Conscient de la dent manifestement sucrée de son mirage, il se fit bon prince – et pas seulement pour se débarrasser du gênant liquide.

«Je crois que je vais avoir du mal à récupérer mon cocktail…», mentionna-t-il avec le sourire.

Il dut cependant lutter pour se concentrer sur ses paroles, lorsqu’elle se rapprocha pour lui murmurer à l’oreille. Après tout, elle n’avait pas nié être déguisée en femme fatale.

Éclatant de rire suite à son commentaire sur sa chemise, c’est avec la même proximité qu’il lui répondit :

«Quand je lui ai expliqué que je tenais cette chemise du fondateur des Chippendales, il s’est persuadé, pour d’obscures raisons, qu’il s’agissait d’un vieil ordre secret de sorciers païens. Je n’ai pas osé le détromper. Et pour la cravate, la voir, s’est l’adopter, je t’assure. »

Reprenant ses distances, il lui décerna un clin d’œil malicieux en prenant une gorgée de son nectar de concombre. C’était la beauté des objets farfelus : on pouvait toujours en faire une bonne histoire.

« Je n’aurais pas imaginer qu’il serait venu me relancer jusqu’ici pour cela, cependant. Je crois que le pauvre vieux bougre n’arrivera plus à dormir tant qu’il n’aura pas mis la main dessus. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’il n’arrivera plus à dormir non plus quand je lui expliquerai qui d’autre à voracement mis la main dessus! Ou la bouche. Ou…bref.»

Difficile de cacher que cette perspective l’enchantait.

« Je ne sais pas trop comment, ni pourquoi, mais le petit bougre et moi nous sommes bien entendus depuis mon arrivée ici. Malgré ce qu’il en dit, je ne suis pas son maître, mais c’est certainement avec lui que j’ai passé le plus de soirée dans les 360 derniers jours. Si quelqu’un m’avait prédit cela il y a deux ans… »soupira-t-il.

Il demeura songeur un instant, son esprit poursuivant l’idée tracée par sa voix. Charles s’entendait bien avec tout le monde : qu’il développe une forme d’amitié avec un peu n’importe qui ne relevait pas tant que ça du fantaisiste. Par contre, l’Oracle seule savait ce que ce vieux serviteur un peu sénile pouvait trouver à un mythomane anxieux aux tendances paranoïaques, si ce n’était sa malchance évidente aux cartes.

Suivant le regard de Nepthys vers la porte d’entrée de la salle, Charles haussa les épaules.

« Je n’ai pas eu le temps d’approfondir ma théorie, mais je suis persuadé que le fantôme d’une vieille grand-mère hante l’île de Nameless. Et dès qu’un peu trop de gens s’amusent, elle vient y foutre le bordel. Je ne vois pas d’autres explications…»

Un bien maigre effort d’écarter la réalité d’un revers de la main, pour tenter de s’accrocher au rêve. Mais il ne parviendrait à le maintenir que si elle s’y suspendait avec lui.

Projetant son regard circulairement autour de lui, il constata que plusieurs groupes voyaient aussi d’un mauvais œil le recul de la couverture musicale. La plupart semblait en chercher la cause. Déjà, il pouvait percevoir un afflux de curieux et de responsables se diriger vers la source de la commotion. Tandis qu’il se demandait si son statut professoral l’enjoignait de s’y rendre également, une fenêtre vola en éclat. Par réflexe, il passa un bras autour des épaules de Nepthys avant de se retourner et de la protéger d’éventuels éclats de son corps.

« Ça va ? »demanda-t-il, avant de reporter son attention sur la scène.

Un homme se relevait péniblement, l’air hagard. À ses pieds, une forme humaine, recroquevillée. Inerte. La musique se tût complètement.

L’espace d’un instant, Charles demeura inerte. Béat, comme la majorité des participants. Puis, tout se précipita.

Alors que certains prenaient en charge le nouvel arrivant, l’ultime diagnostique tomba sur son compagnon. Quelqu’un cria au meurtre. Une jeune femme hurla désespérément. Plusieurs hoquets de surprises se firent entendre. Sous le choc, quelques personnes se mirent à sangloter sans trop savoir exactement ce qui se passait. Sauf qu'il y avait un homme de mort devant eux.

Après la stupeur initiale s’enchaîna une fébrilité chaotique. Di Marco fut escorté hors de la salle que ce soit pour être examiné ou questionné. Les représentants des différentes écoles s’efforcèrent de « convaincre » tout le monde que c’était maintenant l’heure d’aller dormir.

Visiblement soufflé par le caractère inattendu de la conclusion du bal, Charles se tourna vers Nepthys.

« Ça va ? », s’enquit-il à nouveau. « Quelqu’un que tu connaissais ? »

Ils étaient de plus en plus pressés vers la sortie, et s’il ne tentait rien, elle serait bientôt ensevelie dans la marée humaine. Le visage sérieux, et les traits quelques peu abattus, il lui tendit la main.

« Ce n’est pas un temps pour se morfondre seul sur la fragilité de l’existence… Emmène-moi dans ton monde, Mirage. J’ai besoin d’une pause de celui-ci...»
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Mar 20 Aoû - 21:36



In the dark of this place
There's the glow of your face


La soirée n'avait pas du tout pris la tournure à laquelle elle s'attendait, mais la vérité était que même Nephtys n'avait su à aucun moment à quoi s'attendre. Venir en inconnu était aussi salvateur que désarmant, car si elle s'était débarrassée de cette image qui la tourmentait depuis de trop longues années, elle avait absolument tout à reconstruire. Personne ne l'avait reconnue, sauf peut-être et même probablement Gaël, qui n'avait pourtant pas pris la peine de le lui faire savoir. Elle avait commencé la soirée seule, absolument seule. Et si elle avait espérée se créer une vie sociale sous cette nouvelle peau, elle n'avait jamais pensé attiser la curiosité d'un de ses professeurs, et encore moins ressentir ce qu'elle ressentait à l'idée de ne pas être reconnue, de pouvoir être, quelque part, cette personne qu'elle aurait aimé être, sans faux jugement, sans ce poids qui l'accablait depuis que Shérine l'avait prise sous son aile à Maarifa, des années auparavant. C'était comme une bouffée d'air frais, tout d'un coup, un soulagement certain. Elle respirait à nouveau, mais elle était effrayée. Effrayée par ce monde inconnu, par le fait de devoir se recréer toute entière, de ne pas savoir, au final, qui elle était réellement, derrière ce masque qu'elle avait arboré pendant plus de sept ans. Tout était nouveau, y compris la façon dont elle considérait celui qu'elle considérait seulement quelques heures auparavant comme son ancien professeur de duel. Cette dernière année d'études à Elderwood, elle ne la passerait plus dans sa classe, et pourtant, il était son professeur, et cette nouvelle facette qu'elle se découvrait ne l'effrayait qu'à peine. Car lorsqu'elle avait laissé de côté cette Nephtys que tous connaissaient, elle avait du lui laisser ces restrictions qu'elle s'imposait, y compris celles de laisser les gens à leur place, les étudiants avec les étudiants, et les adultes avec les adultes. Là, elle pouvait être n'importe qui ; elle pouvait être celle qu'il croyait qu'elle était. Une nouvelle membre du personnel engagée pour cette année, une figure politique à l'écoute du coordinateur, n'importe qui. C'était ça, sa nouvelle liberté. Liberté éphémère, elle le savait ; une raison de plus de la savourer. Peut-être que les responsables n'avaient pas loupé leur coup en organisant cette soirée, et peut-être que pour une fois, elle n'avait pas fait un mauvais choix total en allant au bout de ses idées et en choisissant de mettre en avant, quelque part, ses faiblesses. Peut-être qu'elle aurait le droit à un retour de boomerang, lorsque certains lui demandaient pourquoi elle ne s'était pas présentée à la soirée, ou pire, si quelqu'un l'avait reconnue. Autre chose lui faisait maintenant peur : se séparer de ce sentiment de liberté qui s'était offert à elle ce soir-là. Se contenter du souvenir d'être quelqu'un d'autre, libre de tout à-priori. « Oh, mais quelle chaaaarmante attention que d’en avoir choisi un tout rose pour moi. Tu me connais déjà si bien que ça en est inquiétant ! » commenta-t-il le choix de la coupe qu'elle lui tendait. Inutile de préciser pour elle qu'elle s'était contentée de prendre les deux premiers verres qui s'étaient offerts à elle, perdue dans l'océan coloré présenté sur le plateau. Nephtys se contenta donc simplement de sourire pour répondre : « Je trouvais que ça t'allait bien à la crinière. ». Ce fut elle qui lança le toast, mais le professeur le compléta de bon cœur. «… ainsi qu’aux surprises, ne dussent-elles durer qu’une soirée. » Ne dussent-elles durer qu'une soirée... Le sourire crispé, Nephtys sentait un poids l’oppresser. C'était injuste. Une soirée... Une soirée de liberté, c'était trop peu. Elle ne pouvait plus continuer. Jetant un coup d’œil discret à Gaël, au loin, elle réalisait que cette Nephtys qu'elle était avait un don merveilleux pour attirer le pire et repousser le meilleur. Et même maintenant, maintenant qu'elle avait goûté à la douceur du bonheur, juste un soir, elle ne savait trouver une issue. Changer de peau était trop simple que ça en devenait impossible. Une seule solution, mais une solution impossible à mettre en place. Pas plus longtemps qu'une soirée. Et lui, Charles Taylor, comment réagirait-il s'il venait à apprendre sa véritable identité, hein ? Elle était de ces élèves modèles, silencieux lorsqu'il fallait l'être, et actif lorsque la participation de chacun était demandée. Mais Taylor n'avait sûrement jamais eu à l'idée de partager une soirée comme celle-là avec une de ses élèves, encore moins Nephtys Castel, dont la réputation n'était plus à faire, même sûrement auprès des professeurs. « A tout ça, » souffla donc la rousse, opressée par ses propres pensées. Portant sa coupe à ses lèvres, Nephtys finit par laisser un rire s'échapper à la remarque de la licorne. « Ah! Ça goûte la barbe-à-papa! Fameux. » Un instant, l'étudiante se demanda qui était désigné pour choisir les parfums attribués aux cocktails, puis remercia d'un regard involontaire son interlocuteur de l'avoir ramenée au présent. C'était tellement plus agréable, le plus présent, surtout ce présent... Bientôt, ils échangèrent leurs boissons, et Nephtys eut l'occasion de goûter au parfum sucré de celle qu'elle avait ramenée au professeur. La conversation s'orienta ensuite vers Bobor et son attrait pour cette fameuse chemise. « Quand je lui ai expliqué que je tenais cette chemise du fondateur des Chippendales, » commença à répondre Charles Taylor, « il s’est persuadé, pour d’obscures raisons, qu’il s’agissait d’un vieil ordre secret de sorciers païens. Je n’ai pas osé le détromper. Et pour la cravate, la voir, s’est l’adopter, je t’assure. » Bêtement, Nephtys pouffa, alors qu'ils perdaient la proximité qui les avaient liés le temps de quelques instants. « ... t'es comme ça, alors. Tu bernes ceux qui peuvent l'être. » Elle marqua une brève pause, le regardant malicieusement. « N'essaie même pas avec moi. Quant à la cravate... ça dépend des pois. » La Nephtys qu'elle avait laissée derrière elle semblait revenir au galop pour lui apporter une leçon de mode. « Il parait que c'est un motif qui revient cette saison », se contenta-t-elle donc de répondre, préférant éviter de se faire passer pour la fashion addict que tous connaissaient. « Je n’aurais pas imaginer qu’il serait venu me relancer jusqu’ici pour cela, cependant. Je crois que le pauvre vieux bougre n’arrivera plus à dormir tant qu’il n’aura pas mis la main dessus. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’il n’arrivera plus à dormir non plus quand je lui expliquerai qui d’autre à voracement mis la main dessus! Ou la bouche. Ou…bref. » semblait se perdre Taylor alors que la rousse le regarder, s'empêchant de justesse de s'esclaffer, lui arrachant tout de même par la même occasion une grimace particulière. « Maintenant qu'il est persuadé des origines de sa chemise, ce serait dommage de lui provoquer des insomnies », ria-t-elle en avant une douce gorgée du nectar que lui avait cédé le professeur. « Par contre, ne pas lui apprendre pourrait le faire dormir heureux ». Comment ça, elle prônait ainsi le mensonge ? Que nenni ! C'était, heu... une blague. Et c'est seulement après coup qu'elle pensa que ça pourrait le ramener à sa réelle identité, même si elle préférait douter que les professeurs connaissent aussi bien les étudiants que les étudiants se connaissaient entre eux. « Je ne sais pas trop comment, ni pourquoi, mais le petit bougre et moi nous sommes bien entendus depuis mon arrivée ici » continuait le jeune homme. « Malgré ce qu’il en dit, je ne suis pas son maître, mais c’est certainement avec lui que j’ai passé le plus de soirée dans les 360 derniers jours. Si quelqu’un m’avait prédit cela il y a deux ans… » Penchant la tête sur le côté, la cheerleader s'imaginait faire d'un elfe de maison un de ses amis proches. Pratiquement impossible, parce que ce n'était pas son monde. Ni la magie, de base; ni ceux qui étaient censés les servir. Parce qu'elle avait été comme ça, tout simplement. Et malgré tout le respect qu'elle pouvait avoir pour les elfes de maison dans leur ensemble, elle ne pouvait concevoir développer une amitié avec l'un d'entre eux. Et pourtant, ce n'était pas une perspective si étonnante. Et elle se surprit un instant à se demander qui avait instauré cette règle "un elfe, un maître" qui dominait aujourd'hui le monde de la magie. « Pourquoi deux ans ? » demanda bêtement l'ancienne Maarifa, avant d'ajouter : « De toute façon, c'est parfois le plus inattendu qui nous apporte le plus. » Pensive, elle ne put s'empêcher de revenir à cette idée que l'avenir ne lui apporterait plus que comme le passé, une image dont elle ne pourrait se défaire et des aventures qui la laisseraient, les unes après les autres, toujours plus affaiblie, à l'instar de Gaël Avenford. Ces pensées sombres furent cependant interrompues par une baisse soudaine du volume de la musique qui, jusque-là, avait rythmé la soirée. Haussant un sourcil, la jeune femme laissa son regard glisser vers la monumentale porte de la salle, d'où elle pensait entendre des paroles colériques. Taylor, quant à lui, détendait l'atmosphère, tandis qu'elle commençait à être prise d'une panique soudaine. Ce n'était pas normal. « Je n’ai pas eu le temps d’approfondir ma théorie, mais je suis persuadé que le fantôme d’une vieille grand-mère hante l’île de Nameless. Et dès qu’un peu trop de gens s’amusent, elle vient y foutre le bordel. Je ne vois pas d’autres explications…» Avec un rire inquiet et forcé, Nephtys répliqua : « Tapage nocturne, c'est ça ? Ça expliquerait la baisse de la musique... » Presque rassurée d'avoir su suivre les pas rassurants de son ancien professeur dans le domaine de l'humour, elle en oubliait presque le vacarme qui faisait écho à l'extérieur. C'est l'éclat subit d'une fenêtre, du côté qui donnait sur le parc, qui l'interrompit dans ses pensées. Tout fut bref, et à la fois interminable. Elle eut à peine le temps de tourner son visage par précaution, se collant à l'épaule de Taylor par réflexe, alors que celui-ci passa un bras autour de ses propres épaules. Comme s'ils se connaissaient depuis plus qu'une soirée. Comme si c'était naturel. Mais ce n'était pas le sujet. Quelque chose de grave se passait, et, inconsciemment sûrement, Nephtys savait que ça mettait un terme à leur rêve commun. Et elle se moquait presque de ce qui pouvait se passer du côté de cette fenêtre, tant que ce n'était fini. « Ça va ? » la sortit-il de son état de léthargie alors qu'elle acquiesça faiblement. « Et toi ? » Elle ne voulait pas voir, elle ne voulait pas savoir. Elle avait le pressentiment que le destin s'était encore joué d'eux tous, et que sa soirée et ce sentiment de liberté étaient morts à l'instant ou la haute vitre avait volé en éclats. Se détachant doucement de l'épaule de la licorne, la rousse préférait prendre son temps pour faire face à la scène qui se tramait non loin d'eux. Ils n'avaient même pas à bouger pour se rendre compte, pour réaliser... Taylor regardait, elle le savait, elle le sentait. Et son silence... Son silence la raidissait de terreur. Elle chercha Gaël des yeux, mais elle ne le trouva pas. Il était temps de faire face à la réalité, et d'oublier ce qui la rendait heureuse, encore une fois... Alors, doucement, elle se retourna, pour faire face à l'impossible. Elle reconnaissait Gregori di Marco... et un corps, inconscient, non loin de lui. Rester forte, elle allait rester forte. Pourtant, une boule s'était formée au creux de son estomac, ou quelque part en travers de son diaphragme ou de sa trachée. En tous les cas, elle se sentait mal. Pas parce qu'elle tenait particulièrement à son ancien professeur de droit et justice, ou même au cadavre que la médicomage venait de déclarer comme mort, mais pour ce que la scène représentait. Elle n'aurait le droit à aucun répit, comme si la vie voulait lui faire savoir à chaque instant que oui, elle était condamnée à rester la Nephtys Castel que tout le monde détestait du plus profond de son être. Elle jeta un coup d’œil attristé à la thésarde de vol qui se laissa tomber à côté de Di Marco avant d'être rejointe par une auror. Pour elles, pour Di Marco, elle avait de la peine, oui... Mais c'était en réalité le cadet de ses soucis. Les professeurs et autres adultes avaient eu le réflexe de demander aux étudiants de rejoindre leurs dortoirs. Elle ne pourrait assister à davantage, mais surtout, elle le savait, c'était le moment idéal pour se faire démasquer. Et laisser savoir à Taylor qui elle était, c'était inconcevable. Parce qu'alors, à son tour, il la considérerait comme Nephtys Castel, et ce serait fini. Elle pouvait encore sauver cette image, ce mirage comme il se plaisait l'appeler... « Ça va ? » entendit-elle, levant alors les yeux vers lui. Elle ne répondit pas, toujours horrifiée par ce qui se passait non loin de là. Elle ne tarderait pas à être rappelée par les adultes, qui se feraient, elle en était convaincue, un point d'honneur à reconnaître tous les étudiants, les appeler et être sûrs de leur sécurité, dans leurs dortoirs. Dans leurs dortoirs... « Quelqu’un que tu connaissais ? » ajouta-t-il, visiblement lui aussi sous le choc. Qui pouvait ne pas l'être ? « Heu, de loin... » répondit-elle simplement, sans insister. Il était vrai qu'elle ne connaissait pas la victime, et elle préférait ne pas s'avancer sur son ancien professeur... qui pouvait, bien malgré lui et lui aussi, griller sa couverture. Le courant humain se faisait de plus en plus intense, alors que, toujours obsédée par le petit cercles qui s'était crée autour de la scène, Nephtys se demandait à présent comment se sortir de cette situation sans tout détruire. Ils commençaient à être presque violemment dirigés vers la sortie, et le besoin pressant de trouver une solution se faisait ressentir. Elle en avait le cœur brisé... « Ce n’est pas un temps pour se morfondre seul sur la fragilité de l’existence… Emmène-moi dans ton monde, Mirage. J’ai besoin d’une pause de celui-ci... » Il n'arrangeait rien... Oh, comme elle avait envie d'attraper cette main qu'il lui tendait. Mais ce serait comme signer un contrat qui engagerait les adultes présents à dévoiler son identité, et c'était un risque qu'elle n'était absolument pas prête à courir. Et il était temps pour elle de choisir... Elle jeta un coup d’œil à la porte de la salle vers laquelle ils étaient pressés et, se retournant à nouveau vers lui, elle remarqua l'air sérieux qui s'était emparé de son visage. « J'ai quelque chose à faire... » commença-t-elle alors que sa voix se brisait, « ... mais n'oublie pas que ce soir, tu peux offrir à Bobor un sommeil bien mérité. » Elle reconnaissait, non loin de là, des filles avec qui elle partageait son dortoir. Elle devrait passer par une autre case avant de les rejoindre : celle qui lui permettrait de retrouver son identité, et donc de perdre ces cheveux roux... Mais derrière elle, il y avait Charles Taylor... « On se reverra », conclut-elle doucement, de façon presque inaudible avec la cohue tout autour d'eux. Histoire de se rassurer elle-même, de se promettre qu'elle ne s'interdirait plus d'être heureuse comme elle l'avait été ce soir... même si ça devrait prendre du temps.

{Ended}


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MessageSujet: Re: Bal de la rentrée - Ohhh, if only you knew... {ended}   Mer 21 Aoû - 17:05

“Reine en B4. Échec”

Il se recala contre sa chaise, trouvant à sourire de l’ironie des circonstances. Il se demandait d’ailleurs pourquoi elles surprenaient qui que ce soit. Il allait de soi qu’à Nameless, un évènement organisé pour détendre les tensions anti-lycans prenne abruptement fin suite à l’apparition d’un cadavre de demi-loup et du demi-cadavre d’une des victimes de cette funeste nuit. Sérieusement : comment cela aurait-il pu finir autrement ? L’anti-climax des musiciens qui plient bagages et de la concierge qui commence à nettoyer les tables alors que les derniers convives terminent leur oh combien intense discussion sur la nouvelle reine de Salem, ou sur les origines magiques du Big Bang ? Ouais, bien sûr. Et les Calinours ils donnent de gros câlins aux petits enfants de l’Afrique profonde…

“Fou en D4.”

Après avoir fixé le néant pendant plusieurs secondes, il avait baissé le bras. Bousculé d’un peu toute part par un flot de panique à peine endigué, il dégaina sa baguette d’un soupir, la leva bien haut au-dessus de sa tête et l’alluma d’un Lumos peu convaincu, avant de se joindre aux efforts de l’équipe académique. Ils les comprenaient, tous ces gens. Lui aussi devait rassembler tout son maigre courage pour ne pas détaler en hurlant, après ce bon coup de réalité crue là où sa faisait mal : derrière les masques.

“Cavalier en C3. Échec”

Le « Pop! » s’était dissipé sans joie. Elle s’était évaporée en un instant, mettant fin au rêve. Si proche qu’elle aurait pu le comprendre, et maintenant…

“Fou en C3. Échec et mat, Maître Taylor.”

Avalant une rasade de champagne à même le goulot (il était en famille, pas la peine de se gêner), il étudia le tableau de jeu, se demandant où il avait merdé pendant que Bobor pliait soigneusement une chemise lilas, comme s’il s’agissait du plus grand des trésors.

“Vous ne devriez pas parier lorsque vous avez bu, maître. Vous devriez mettre toutes les chances de votre côté.”

“Merci de ta sagesse, Bobor. De toute façon, elle t’ira mieux qu’à moi. Oh, et au fait, tu peux cesser cette mascarade, maintenant. Tu sais bien que je ne suis pas ton maître. C’était gentil de ta part, de te plier au jeu, au fait.”

L’elfe le fixa un moment, silencieux, avant de hocher la tête et de mettre minutieusement le prix nouvellement acquis dans son sac maintes fois raccommodé, déjà occupé par la chemise qui n’avait rien à voir avec les Chippendales, si ce n’était qu’une histoire.

“Souhaitez-vous que j’aille porter ce qui reste du champagne dans la chambre de maîtresse Mirage ? J’ai laissé le sucre à la crème et les fraises sur son lit avant de venir dans le bureau du professeur Taylor.”

Les yeux de Charles s’écarquillèrent, autant d’étonnement que d’excitation. Avant de s’assombrir aussitôt. Elle serait toujours juste au bout de ses doigts, peu importe à quel point il avançait ceux-ci.

“Non… non, je crois que je vais la garder. J’ai encore un peu soif. Et de toute façon, elle n’y remettra plus jamais les pieds, dans cette chambre.”

*Puisqu’elle n’est que la creation de mon esprit malade…*, se garda-t-il de dire tout haut, de crainte que Bobor n’agrée à ses propos. Ce dernier demeura une fois de plus anormalement silencieux, avant d’hocher la tête et d’empoigner la porte.

“Oh, attend, tu oublies la cravate à pois!”

“Non. Bobor a laissé l’homme entrer par la fenêtre et gâcher la soirée. Bobor ne mérite pas la cravate. Le Professeur Taylor peut la garder. Bobor viendra la gagner demain, après ses tâches. Si la chance sourit à Bobor, bien sûr”, compléta-t-il avec un sourire malicieux.

Alors que la porte se refermait sur sa petite silhouette, Charles manqua échapper une larme en murmurant silencieusement

“Merci...”



{Ended-bis}
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