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 Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten

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MessageSujet: Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten   Sam 19 Jan - 21:58

INFORMATIONS SUR LE SUJET


Date : Première semaine de septembre
Intrigue en cours : Saison 2, Chapitre 2
Protagonistes : Kirsten Preston & Aramis de la Roche-Guyon
Statut du sujet : Privé
Intervention du MJ : Pas pour l'instant, merci =)


« Stand where you are. We let all these moments pass us by. »



Quand Aramis tendit la main pour attraper son verre, il le manqua. Fronçant les sourcils, l’aristocrate détacha son regard des trois livres qui étaient disposés devant lui pour fustiger de celui-ci le récipient qui avait l’indélicatesse de ne pas vouloir se laisser attraper … et qui était vide. Fronçant les sourcils, le thésard se leva, devant s’arrêter quelques secondes pour retrouver son équilibre. Force lui était de constater que le verre n’était pas son premier et il n’avait pas réellement envie qu’il soit son dernier. Il jeta un coup d’œil circulaire au capharnaüm infernal qu’était devenu sa chambre et soupira, se passant une main lasse dans les cheveux. Il faudrait qu’il range, un jour. Mais il n’en avait aucune envie. Ce dont il avait envie était normalement rangé dans son placard, derrière ses pantalons au cas où son frère viendrait à l’improviste. Il enjamba donc pas moins de trois piles de livres quand d’arriver au placard. Il ouvrit la porte, passa la main à l’endroit où … vide ? Le thésard se retourna vers son bureau où trônait une bouteille de bourbon vidée de tout de substance. On pouvait apercevoir sa jumelle sous son lit défait et une autre sur la table de nuit. Un juron bien français lui échappa. Il n’en avait plus. Ce n’était pas une bonne nouvelle, même si certains diraient –avec une certaine justesse – que cela suffisait sans doute pour la nuit ou même pour toute sa vie. Mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Quand Aurore était partie, il avait bu, un peu. Mais pas à ce point-là. Mais là, c’était trop, et il ne tenait pas à revenir sur la cascade d’événements qui l’avaient amené jusque là. Et s’il se remettait au travail maintenant, il savait très bien que cela allait arriver. Et il ne le voulait pas. Il avait assez vu mille morts différentes de son ami. Et autant de visages suppliants d’Aurore se noyant. Il n’en pouvait plus. Le mousquetaire qu’il était avait rendu les armes et déclarait maintenant forfait : jamais il ne gagnerait cette bataille que la vie lui opposait. D’ailleurs, rien que de penser en ces termes le fatiguait. Il attrapa sa veste et sa baguette avant de sortir. Il avait besoin de se ravitailler, et allait descendre sur l’île. Il arrivait encore à faire bonne figure quand il était en public, il n’était pas question qu’il se fasse prendre à voler de l’alcool dans la cafétéria (et encore, s’il y en avait).

L’île marchande, donc. Il y fut plutôt rapidement, il n’avait aucune envie de contempler le paysage. Il pourrait à loisir se remémorer les hurlements, l’odeur du sang et autres joyeusetés qu’il préférerait oublier à tout jamais. Ses emplettes furent rapidement faites, sans qu’on lui pose de questions. Il ne leva pas vraiment le nez, il devait suffisamment sentir l’alcool pour qu’on ne se pose pas de questions sur son état. Les bruits couraient vite sur l’île mais peut-être penserait-on que les thésards faisaient une soirée de relâche et non que celui de mythologie était en train lentement, mais sûrement de tendre vers l’alcoolisme. Il n’en était pas encore là, n’allons pas dramatiser la situation, disons simplement que quand les souvenirs devenaient trop insoutenables, il s’envoyait deux ou trois verres, plus dans les mauvais jours et cela allait mieux, de façon très brève. Et encore … mais pour l’instant, il ne se battait plus. Il le ferait, il le savait, c’était dans sa nature. Comme après le décès de sa fiancée, il avait été des mois au fond du trou avant de donner l’impulsion qui l’avait fait remonter. Et si cette chienne de vie n’avait pas encore été une vraie salope avec lui, il irait encore bien. Sortant du magasin rapidement, il pressa le pas pour rentrer. Quand vous êtes mal, le monde extérieur a quelque chose d’incroyablement effrayant et il voulait juste retrouver ses livres et son lit vide. Et son verre. Il avançait, essayant de ne pas prêter attention au reste quand … la couleur avait attiré son regard. Et les lettres, aussi … Ses pas s’étaient arrêtés devant la boutique. L’enseigne n’avait pas bougé, ni la vitrine. Personne n’avait clôt l’affaire. Personne n’avait repris. C’était … vide. Les doigts d’Aramis tremblèrent violemment et il laissa échapper le sac en papier contenant son acquisition. Un nouveau juron fit trembler son être. Mais il n’était déjà plus là. Il s’approcha de la paroi en verre, observant. Finissant par poser son front dessus, yeux fermés. Un étau s’était refermé autour de son cœur. Ambroise … pourquoi toi aussi ?

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MessageSujet: Re: Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten   Sam 19 Jan - 23:17


Une fleur dans les mains, Kirsten en arrachait les pétales, un à un, accompagnée par la célèbre formule : Il m’aime… Un peu… Beaucoup… Passionnément… A la folie… Pas du tout. Pour la troisième fois, elle tombait sur la dernière possibilité et à chaque fois, elle arrachait une nouvelle plante, pour défaire le mauvais sort. Inutile de dire que ça ne fonctionnait pas bien du tout puisqu’elle retombait systématiquement sur le même résultat. Si les fleurs avaient toutes le même nombre de pétale ? Probablement et à vrai dire, elle était bien trop niaise pour s’en rendre compte pour l’instant. Tout ce qu’elle voulait, c’était savoir si Timy, le barman qui travaillait avec elle au Sea Palace, pouvait tomber amoureux d’elle. Bien sûr, la réponse immuable ne diminuait pas sa féroce envie d’obtenir enfin un résultat positif… Quoi ? Comment ça ? Qui a dit que c’était un pur fantasme et qu’obtenir des fleurs positives ne changerait au final pas le cours de leur destin ? Kirsten étant une éternelle romantique, elle ne pouvait que croire au pouvoir des fleurs, littéralement.Pas du tout… Quoi encore ? Mais c’est pas possible, il doit bien avoir une once de sentiments pour moi ? Allez ! petite fleur. Soit gentille un peu. Allez une dernière ! Elle récupéra une fleur, la dernière selon ses dires et elle espérait sincèrement que c’était le cas. Récupérant ses pétales, un à un, elle en fit tomber un dernier, avec le même résultat. Mais… C’est nul ! Dans un mouvement d’humeur, la petite princesse mièvre se releva et se rendit finalement compte que la nuit était doucement en train de tomber sur l’île. Doucement, elle se mit à trembler. D’abord de peur, avant que ce ne soit de froid, cette toute nouvelle peur qui l’étreignait à chaque fois que la nuit tombait. Ses yeux se levèrent vers la lune, qui se révéla être tout aussi calme qu’à son habitude. Pas de pleine lune surprise cette nuit encore. Un long soupir de soulagement plus tard, elle prit le chemin de sa maison, qui parcourait la ville. A cette heure là, elle appréciait particulièrement marcher. Le temps n’était pas trop chaud et les lumières étaient vraiment magnifiques. Et puis finalement, cette soirée là était particulièrement agréable, maintenant qu’elle n’avait plus la stupide peur de se faire engloutir par la mer.

Arrivant en ville, elle salua les quelques personnes qu’elle pouvait croiser, avant de s’arrêter net. Ses yeux se posèrent sur une silhouette connue, qui était en train de s’apitoyer sur une boutique. Aramis… Un simple murmure, avant qu’elle ne se décide à avancer. Etonnamment, il ne semblait pas vraiment faire attention à elle alors elle posa une main douce sur son bras, pour le faire regarder dans sa direction. Peut être même qu’il ne la sentait pas alors sa main monta doucement pour se déposer dans son cou, avant qu’elle ne lance, à voix assez forte pour qu’il l’entende, tout en restant assez douce pour qu’il ne se sente pas agressé. Aramis. C’est Kirsten… Elle serra doucement sa main sur son cou, pour vraiment attirer son attention et elle continua, sa voix toujours aussi assurée mais calme. Regarde moi Aramis. Je pense que tu as trop bu pour ce soir. Mes narines vont en être tout irritée. Oui, elle essayait de faire un peu d’humour. Certes, un humour pourri et bien peu de circonstance, mais il fallait qu’elle essaye de le faire sourire, même si ça serait tout sauf facile. Sur son visage, on pouvait lire de l’amour, ainsi que de la compassion mais surtout, une volonté à toute épreuve de lui faire du bien. Peu importait comment. Elle voulait le faire rire, sourire ou tout simplement faire cesser la tristesse dans ses yeux. Cette tristesse qu’elle avait toujours décelé sans qu’elle ne soit trop frappante, mais qui revenait maintenant au galop. Tu as vu dans quel état tu es ? Tu n’arriveras pas à retrouver une fille bien. Il faudrait peut être lui dire un jour, qu’elle parlait beaucoup trop et qu’elle ferait mieux d’apprendre à se taire parfois. Mais n’était-ce pas pour ça qu’on l’aimait ? Ou qu’on ne l’aimait pas peut être ? Son sourire glissa une micro seconde, avant de revenir sur ses lèvres au galop. Rassurante et sûre d’elle, voilà ce qu’elle devait montrer.

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MessageSujet: Re: Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten   Lun 11 Fév - 20:57

Le froid de la vitre ne fit qu’accentuer celui qui s’était emparé de ses entrailles quand on lui avait annoncé les décès de son meilleur ami. Il connaissait la chanson, les mines dépitées, les « je suis désolé » qui n’étaient rien d’autre que des formules de politesse. Il les avait tous chassés du revers de la main avant d’aller s’enterrer au loin, dans la couverture du mutisme dont il avait refermé les pans autour de son corps las. Il y était pourtant parvenu, à remonter la pente après qu’Aurore ait quitté ce monde. Cette année à Elderwood lui avait permis de croire à des jours meilleurs, à un futur qui ne serait pas un trou noir et il y était retombé. En plein dedans, la tête la première. Il se noyait, comme sa bien-aimée quelques années auparavant et il ne parvenait pas encore à se débattre. Cela viendrait mais pour l’instant, il avait simplement besoin de se laisser couler jusqu’au fond, de s’étendre sur le sable tapissant les abysses pour contempler la surface, déformée par la houle secouant ce qui aurait dû être l’étendue placide de sa vie. Pourquoi ? Qui était le prochain ? L’un de ses frères, sa sœur, sa nièce, son filleul ? Pourquoi les gens autour de lui mouraient tous les uns après les autres ? Il frappa la vitrine du plat de sa main avant de la laisser glisser le long du verre, étouffant un gémissement de souffrance. Le visage déformé par le chagrin, il essayait, de ne pas se mettre à pleurer ici, en plein milieu de la rue, de ne pas s’énerver et profaner la boutique, se retenant comme il le pouvait. Sourd au monde extérieur, il se recentrait, essayant de retrouver son calme mais il n’y parvenait pas. Tellement sourd qu’il n’en avait pas entendu la voix qui essayait de le ramener à la surface. Aramis. C’est Kirsten… Ce ne fut que lorsqu’elle resserra son emprise sur lui qu’il réagit finalement.

Un infime tressaillement au début, qui stoppa le flot de pensées noires qui l’assaillait lui fit reprendre pied dans la réalité en douceur. Il était au milieu de la rue. Il y avait des gens. Il fallait qu’il se reprenne juste pour s’écarter et se laisser sombrer ailleurs. Il ne pouvait pas se montrer comme ça en public. Regarde moi Aramis. Je pense que tu as trop bu pour ce soir. Mes narines vont en être tout irritée. Il releva son visage vers la jeune femme, l’esprit embrumé par l’alcool qu’il avait ingurgité et par la peine qu’il ressentait. Il aurait dut se fendre d’une courbette, ou lui dire avec humour qu’elle avait sans doute humé pire fumet chez Gerry mais toute tentative de plaisanterie à la Aramis resta coincé dans sa gorge. Tout ce qu’il parvint à produire fut un J’en suis profondément désolé, charmante apparition, puisant dans ce qui restait de ses manières pour ne pas l’empuantir encore plus par de nouvelles effluves venant de son haleine rendue fétide. Quel vaillant mousquetaire se tenait en face d’elle ! Militaire déchu, héros d’un autre temps … non, en réalité, il n’avait jamais été un héros. Il aurait pu écrire leurs histoires, comme le faisait Ambroise, mais n’avait jamais eu son talent. Il n’était qu’un bourge sans but qui se raccrochait aux études pour se convaincre qu’il avait une vie et un avenir. C’était sans doute la boisson qui parlait, mais il était profondément las d’essayer, de se mentir et de retomber, car la chute était plus douloureuse à chaque essai et la force nécessaire pour se relever s’en retrouvait démultipliée. Il tenta cependant l’esquisse d’un sourire en face de l’air concerné (et sans doute consterné) de Kirsten, comme pour la rassurer, mais elle eut raison de lui en appuyant involontairement où cela faisait mal.

Tu as vu dans quel état tu es ? Tu n’arriveras pas à retrouver une fille bien, énonça-t-elle, ce qui provoqua une fermeture totale et immédiate du visage du Français. Une fille bien. Il n’avait pas vraiment besoin de cela actuellement. Dans ce cas, peut-être ferais-je mieux de rester ainsi. Celle que j’ai connue est morte. Les autres se sont jouées de moi. Maudites soient les femmes Aurors ! Aurore … Sa voix se brisa alors que le rapprochement se faisait dans son esprit. Ces femmes, Aurors, et son Aurore … ? Oui, il avait vraiment trop bu. Il se passa une main tremblante dans sa barbe plus que mal taillée et cligna plusieurs fois des yeux pour essayer de rendre son regard vitreux plus clair : Tu ne devrais pas rester près de moi … Ils finissent tous par … mourir. Il l’avait dit. Une larme perla au coin de son œil gauche.

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MessageSujet: Re: Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten   Mar 12 Mar - 23:20


J’en suis profondément désolé, charmante apparition, La jeune demoiselle n’avait pu s’empêcher un petit frisson de s’emparer d’elle, comme à chaque fois qu’il faisait un compliment aussi simple. Néanmoins, elle fût assez vite stoppée dans son élan, lorsqu’elle se rendit compte que sa réplique n’avait absolument rien à voir avec celle qu’il pouvait lancer parfois. Il était en train de s’enfoncer dans la tristesse et ça lui faisait beaucoup de mal. Le voir déprimé de cette façon lui brisait littéralement le cœur. Sa seule envie était de le faire sourire, mais là, il ne semblait même pas en état d’ébaucher le moindre faciès positif. Cependant elle avait tort. Il sembla faire l’effort un moment de lui faire plaisir en souriait, mais ça ne dura pas longtemps. Elle n’avait pourtant rien dit de mal. Dans ce cas, peut-être ferais-je mieux de rester ainsi. Celle que j’ai connue est morte. Les autres se sont jouées de moi. Maudites soient les femmes Aurors ! Aurore … La demoiselle le lâcha finalement, profondément choquée par l’insensibilité dont elle venait de faire preuve, sans même y prêter attention. Non. C’était tellement… mal de lui avoir dit ça. Moi je m’appelle pas Aurore. Et puis je suis pas auror. Elle n’avait que murmurer et ne s’était d’ailleurs même pas rendu compte qu’elle avait parlé à voix haute. Ce ne fût que lorsque l’écho de ses propres mots se répercuta à ses tympans, qu’elle se rendit compte qu’encore une fois, elle avait trop parlé. Cependant il ne l’avait probablement pas entendu et c’était bien mieux comme ça.

Tu ne devrais pas rester près de moi … Ils finissent tous par … mourir. Il n’en est pas question ! Elle avisa sa larme et déposa sa main sur sa joue doucement, après s’être hissé sur la pointe des pieds. Elle avait envie de le secouer comme un prunier pour qu’il arrêter de penser à des trucs aussi mauvais, mais elle n’en fit rien, se contentant de monter sa main doucement, pour cueillir la larme de son pouce. Je ne mourrai pas. Du moins pas tout de suite, j’en ai pas l’intention. Eh, j’suis plus jeune que toi, je ne crèverai pas avant toi. Bon, elle racontait beaucoup de conneries. Bien sûr qu’elle risquait de mourir avant lui, mais elle ne pouvait rien prévoir, et ne le voulait pas. Pendant plusieurs secondes, elle planta son regard dans le sien, hésitant sur sa conduite. Elle voulait l’embrasser, juste pour qu’il arrête de ressasser de mauvaises choses, mais elle avait peur de le faire. Cet homme était Aramis. Il était différent de tous les autres. Il était l’intouchable presque. Celui dont elle rêvait en secret depuis bien longtemps, mais que jamais elle n’aurait. Il était beaucoup trop bien pour sa pauvre personne et elle ne méritait pas de déposer ses lèvres sur les siennes.

Malgré cet état de fait, elle ne voulait absolument pas le laisser tomber maintenant, alors elle remonta sa deuxième main jusqu’à son visage, pour l’encadrer et le forcer à la regarder dans les yeux. Ecoute moi bien mon ami. Je sais que tu es très attristé par la mort de ton ami. Je sais aussi que tu as beaucoup souffert à cause des femmes. Mais tu crois vraiment que ta vie ne mérite pas d’être vécu autrement qu’à travers une bouteille d’alcool ? Elle se mordit la lèvre, hésitant sur la suite. Devait elle se montrer dure et tenter de le faire réagir en le provoquant sur le fait que sa vie n’était pas la pire du monde. Ou alors devait elle se montrer douce, le ramener chez lui, le border et attendre près de lui que l’alcool le laisse tranquille, juste pour être certaine qu’il ne se mettrait pas en danger. Son regard exprima son indécision une seconde et finalement elle prit sa décision. Doucement, elle poussa sur ses cuisses pour être encore plus grande et elle déposa un baiser aérien sur sa joue. Je te ramène chez moi Aramis. Tu as assez bu pour ce soir et je pense que tu dois aller te coucher. Je resterai tout près de toi. Je te promets que je t’abandonnerai pas. Elle l’aimait beaucoup trop pour ça. Elle savait bien que cette relation la détruirait beaucoup plus que les autres, mais elle ne pouvait pas le laisser là. Tout seul, déprimé et bourré. Elle devait faire quelque chose. Allez viens. Lâchant son visage, elle attrapa une de ses mains et commença à avancer doucement dans la nuit tombante.

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MessageSujet: Re: Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten   Mer 13 Mar - 9:12

Aussi pieux et délicat qu’eut été le murmure de la jeune femme, Aramis ne le perçut pas et sans doute était-ce pour le mieux. N’en déplaise à la jeune femme, malgré le fait qu’il se tienne devant elle et fasse un effort pour se raccrocher à la réalité, le sieur de la Roche-Guyon n’était pas exactement là. Bien sûr, son enveloppe corporelle et son esprit étaient présents, il parvenait même à avoir un semblant de conversation, mais le fringant mousquetaire avait pour l’instant déserté cette Terre, accompagnant son complice et écrivain préféré pour un temps dans les limbes dans lesquelles il devrait se séparer de lui. Qu’elle se rassure cependant : il ne serait pas absent longtemps. Mais le superbe homme qui aurait noté les accents romantiques d’un tel soupir avant de lui prendre la main en la baisant pour lui dire qu’elle ne l’était certes pas, mais qu’en cet instant elle était l’aurore qui le relevait de la nuit noire dans laquelle il s’était embourbé n’était pour l’instant plus. Cela ne signifiait en aucun cas qu’il n’estimait pas à sa juste valeur le trésor qui se tenait devant lui et qu’il ne chérissait pas son intervention, mais simplement qu’il n’était guère en état de se lancer dans des considérations telles que les questions que pouvaient soulever cette remarque. Et sans doute cela était-ce pour le mieux car, l’alcool aidant, il aurait risqué de dire bien pire sans même s’en rendre compte. Et il ne se le serait jamais pardonné, car Aramis chérissait et respectait les femmes. Il n’était pas ce Don Juan que tout le monde enviait, mais il savait apprécier la beauté féminine à sa juste valeur et lui rendre les hommages que celle-ci méritait. Mais passons le chapitre concernant le thésard et les femmes : il était bien trop complexe et mieux valait ne pas le lui rappeler. Il venait de faire un amalgame dangereux et cela risquait d’être de pire en pire s’il continuait sur cette voie.

Heureusement – ou pas, d’ailleurs – il venait de se lancer sur un autre sujet. Un autre but s’était imposé à lui, démontrant bien l’importance qu’il attachait à l’intervention de la jeune femme : la protéger de la malédiction qui semblait l’entourer et faisait tomber ses proches comme des mouches, les uns après les autres. C’était comme si le décès d’Aurore avait annoncé tous les autres et il ne savait qu’en penser. Une seule chose était certaine : il ne voulait pas que Kirsten y succombe elle aussi. Aussi ouvrit-il la bouche quand elle protesta énergiquement, mais la douceur de sa main sur sa joue la lui fit refermer immédiatement et il la considéra un moment, la gorge nouée, alors qu’elle séchait sa larme. Je ne mourrai pas. Du moins pas tout de suite, j’en ai pas l’intention. Eh, j’suis plus jeune que toi, je ne crèverai pas avant toi. Un sourire fugace et triste passa sur les lèvres d’Aramis et il déposa en douceur sa main droite sur la taille de la jeune femme. Il se doutait bien qu’elle n’avait pas l’intention de mourir, mais aucun d’entre eux ne l’avait eue. Aurore et lui devaient se marier, avoir de très beaux enfants et couler des jours heureux en toute simplicité. Il n’avait jamais rêvé de gloire, de reconnaissance ou de sa part de l’héritage, il revendiquait juste son droit au bonheur. Quant à Ambroise, il lui avait fait part de ses projets d’écriture. Leurs destins n’avaient pas pu être de trépasser si tôt. Alors imaginer qu’elle puisse elle aussi s’ajouter à la liste des victimes était insupportable. Kirsten …

Mais la deuxième main de la barmaid lui coupa la parole. Tant de douceur le chavirait, remuait les flots d’alcool qui l’anesthésiaient si bien et il ne parvenait pas à y résister. Quand il avait sombré la première fois, il s’était enfoncé dans la solitude pour être certain d’avoir le temps de faire ce qu’il voulait, mais peut-être n’était-ce pas la solution. Peut-être se serait-il mieux remis s’il y avait eu quelqu’un à ses côtés pour l’aider à remonter la pente. Il y avait cru, d’ailleurs, de façon stupide, quand les traits superbes de cette amazone d’Orient avaient dansé pour lui à chaque heure du jour et de la nuit. Et il ne voulait surtout pas revivre ça. Pourtant, les prunelles de la jeune femme l’attiraient irrésistiblement et il se perdit dedans sans lutter. Ecoute moi bien mon ami. Je sais que tu es très attristé par la mort de ton ami. Je sais aussi que tu as beaucoup souffert à cause des femmes. Mais tu crois vraiment que ta vie ne mérite pas d’être vécu autrement qu’à travers une bouteille d’alcool ? Ce n’étaient évidemment que des euphémismes et d’agréables car convenues paroles, un peu simples au goût d’Aramis mais il n’en restait pas moins qu’elles n’étaient pas dénuées de sens ni de vérité. Le tableau complexe était réduit à un simple schéma mais il reconnaissait là la douceur et la façon de mettre les choses à plat de Kirsten. Et elle avait raison, il le savait. La bouteille n’était qu’une solution de facilité et l’assurance de pouvoir se morfondre tout son saoul. Peut-être n’était-il pas un personnage d’un roman de cape et d’épée, finalement. Eux se relevaient immédiatement et se battaient. Lui s’enfonçait dans la douleur comme un protagoniste d’une tragédie grecque particulièrement longue et ennuyeuse. Il aurait dû ressentir de la honte. Mais ce fut la peine qui émergea de nouveau. À quel point était-il pathétique ? La question méritait d’être posée.

Je te ramène chez toi Aramis. Son baiser lui fit refaire surface et il la considéra avec étonnement et en même temps un calme olympien qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps, comme si, l’espace d’un instant, elle avait soulevé de ses mains délicates le fardeau qui l’encombrait et le portait pour quelques temps. Tu as assez bu pour ce soir et je pense que tu dois aller te coucher. Je resterai tout près de toi. Je te promets que je t’abandonnerai pas. Respirant plus librement, il hocha la tête en douceur et se rendit soudain compte de l’état dans lequel il était : il devait puer à des kilomètres à la ronde et n’être certainement pas de bonne compagnie. Mais, avant qu’il ait pu protester et décliner son invitation pour rentrer piteusement dans sa tanière en se promettant de l’inviter à dîner un jour prochain pour se faire pardonner cette entrevue des moins flatteuses, elle avait pris les choses en main, au sens propre du terme. Allez viens. La bouche pâteuse, le pas incertain, il la suivit sans protester quelques secondes. Il s’agissait du temps nécessaire à l’oxygène pour parvenir à ses poumons et irriguer totalement son cerveau, pour son torse de se soulever à plusieurs reprises sans trembler bref, pour se reprendre. Il finit donc par murmurer : Merci. Son esprit n’avait rien de clair, embrumé par l’alcool, mais il savait ceci : il ne méritait pas un tel traitement. Il se sentait la demoiselle en détresse que le prince Kirsten venait de sauver. Il serra doucement sa main : Je devrais rentrer, je ne voudrais pas polluer ton intérieur avec mon odeur nauséabonde. Et je doute d’avoir quoi que ce soit de sensé à dire. Je t’en demande pardon. Une telle phrase lui avait demandé un effort surhumain mais il trouvait qu’il s’en sortait plutôt bien considérant les circonstances. Tirant en douceur sur la main de la jeune femme qu’il tenait dans la sienne, il déposa ses lèvres dessus, une autre façon de lui dire merci. Aucun homme sur Terre ne mérite un joyau comme toi. Et encore moins l’épave que je suis. Et cela était plus qu’une certitude.

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MessageSujet: Re: Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten   Mer 13 Mar - 10:06


Elle était ravie de le voir réagir de façon positive à son intervention. Au moins, il acceptait sa présence auprès de lui et il semblait même l’apprécier. Tout n’était peut être pas perdu pour son ami. Il avait peut être simplement besoin d’un peu de compagnie pour s’éviter de boire. Il était beaucoup trop classe pour imposer à quelqu’un sa version déchetterie. Peut être était-ce la solution. S’imposer dans sa vie quelques temps, pour simplement l’empêcher de se détruire à petit feu. Avec un sourire, mi-décidé, mi rassurant, elle avait commencé à avancer tirant doucement sur sa main pour l’emmener dans sa maison fraichement réparée. Merci. Son sourire devint un peu plus éclatant et la demoiselle tourna son regard vers lui avant de hocher la tête, comme pour dire, ce n’est rien, tu aurais fait pareil pour moi. Cependant cette fois elle ne parlerait pas. Elle ne voulait pas briser ce petit moment qui venait de naître en eux. Je devrais rentrer, je ne voudrais pas polluer ton intérieur avec mon odeur nauséabonde. De son autre main, elle balaya l’argument. Peu importait les odeurs qu’il ramènerait avec lui, elle ne l’abandonnerait pas ce soir. Elle l’avait promis et quand bien même ça n’aurait pas été le cas, elle n’aurait pu se résoudre à le laisser seul avec une bouteille d’alcool. Et je doute d’avoir quoi que ce soit de sensé à dire. Je t’en demande pardon. De nouveau, un sourire décora les lèvres de Kirsten et elle fit en sorte de détourner les yeux afin qu’il ne voit pas les larmes naissantes dans ses yeux. Sa douleur lui faisait tellement de mal qu’elle avait envie d’en pleurer. Mais non, elle ne le ferait pas. Elle serait bien plus forte que ça. Son rocher dans la tempête. Elle n’en avait peut être pas la carrure, néanmoins elle en avait la force, elle le savait.

Cependant son regard revint sur lui lorsqu’elle sentit ses lèvres sur sa main et elle frissonna de nouveau. Pas de froid, non c’était tout autre chose, qui lui ferait encore du mal, elle le savait. La demoiselle était loin d’être normale en matière de désir et de cœur et elle ne faisait que tomber amoureuse des mauvaises personnes. Aramis en faisait partie. Elle était tombée amoureuse de lui dès le début, dès qu’ils s’étaient rencontrés, mais elle le respectait beaucoup trop pour agir à son habitude, alors elle restait là, en ami, alors que son corps et son cœur réclamait tellement plus. Elle hocha la tête finalement pour reprendre contenance et surtout essayer de se concentrer sur ce qu’il venait de dire. Aucun homme sur Terre ne mérite un joyau comme toi. Et encore moins l’épave que je suis. Que… Quoi ? La jeune femme aurait pu en éclater de rire tellement c’était ridicule. Elle, un joyau ? Lui, une épave ? Dans quel monde parallèle venaient-ils d’être transférés pour que de tels propos se fassent entendre ? Ce n’était juste pas possible qu’il puisse penser ça. Loin d’être un joyau, elle était plutôt une gêne et un embarras pour tous ceux qui la connaissait. Et puis lui, il était tellement parfait. Même déprimé, même plus bas que terre, même bourré jusqu’à la moelle, il restait infiniment classe et pour sûr, beaucoup plus qu’elle. Ne dis pas ça. Je ne suis pas un joyau. Je suis simplement une scorie dans ce monde. Pas assez bien pour briller au cou des superbes demoiselles. Juste assez pour honorer les poubelles. Soudain elle plaqua sa main devant sa bouche, se rendant compte qu’elle était probablement allée trop loin. Parler comme ça ne lui ressemblait pas. Jamais elle ne se plaignait, jamais elle ne remettait en cause ce qu’elle était, pourtant ce qu’elle venait de dire était l’exact reflet de tout ce qu’elle pensait d’elle.

Avec un long soupir, elle continua à marcher, en évitant cependant son regard maintenant. Sans y prendre garde, il venait de lui faire beaucoup de mal avec son compliment. Parce qu’elle avait l’impression qu’il n’avait dit ça que pour lui faire plaisir. Et elle savait qu’il ne le pensait pas réellement. Si elle était vraiment un joyau, elle ne serait plus seule à l’heure d’aujourd’hui. Non, elle aurait un copain adorable, qui l’aimerait tout autant qu’elle. Et qu’on ne vienne pas lui dire que c’était parce qu’aucun homme ne la méritait. C’était ridicule et tellement faux. Dire que je suis trop bien pour les hommes, ça me fait mal. Suis-je tellement snob pour n’en choisir aucun, parce qu’ils ne me méritent pas ? Elle avait failli dire ça haute voix, mais pas un quelconque hasard, la jeune blonde avait réussi à garder tout ça pour elle, se contentant de répondre d’une voix blasée. Tu as tort Aramis. Tu as vraiment tort. Je ne suis trop bien pour personne. Je ne suis pas un joyau. Et tu n’as rien d’une épave. Sa voix était un peu trop dure pour sa personne, mais elle n’avait pas réussi à parler plus calmement. Sa main s’était resserrée autour de la sienne et elle tremblait maintenant, d’un tout autre sentiment, la tristesse. A croire que c’était contagieux cette chose.

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MessageSujet: Re: Our hearts, they beat and break - Ft. Kirsten   Sam 6 Avr - 14:03

Il voguait sur les flots déchaînés de l’alcool sans trop savoir où il allait. Il faisait entièrement confiance à son capitaine pour le guider. Kirsten était forcément plus sensée que lui, surtout à ce moment précis. Du moins était-ce ce qu’il pensait pour l’instant, mais il n’allait pas tarder à déchanter. Ne dis pas ça. Je ne suis pas un joyau. Je suis simplement une scorie dans ce monde. Pas assez bien pour briller au cou des superbes demoiselles. Juste assez pour honorer les poubelles. Voilà, ce fut suffisant pour créer un électrochoc dans le cerveau embrumé d’Aramis qui fronça les sourcils et ralentit le pas, forçant sans doute la jeune femme à le tirer un peu en avant puisqu’elle ne se stoppa pas après cette étrange et révoltante déclaration. Le regard de l’aristocrate se perdit sur le profil de Kirsten, puis sur son dos étant donné qu’elle l’avait un peu distancé. De ses cheveux d’or à sa silhouette qui n’avait rien de disgracieux, comment pouvait-elle douter quelques secondes du fait qu’elle soit un joyau. Il se morigéna violemment à ces pensées qui n’avaient rien de très chastes et revint à elle, à ce qui faisait de la barmaid ce qu’elle était : une personne digne de confiance, de respect et d’amour. Ne venait-elle pas après tout de tenter de remettre à flots l’épave qu’il était ? Elle avait un amour particulier pour les cas désespérés, sans doute, aux vues des personnes qu’elle avait pu fréquenter. Leur relation n’avait heureusement rien à voir avec celles-ci. Ils étaient amis et c’était vraiment pour le mieux, surtout à ce moment précis. Qu’aurait-il eu à offrir à une fille comme elle ? Après tout, ne venait-il pas de la pousser dans une spirale infernale où elle se dénigrait par une simple réflexion ? Il était pourtant certain de ne rien avoir dit de mal et ne voyait pas comment ils en étaient arrivés là, mais, vu son alcoolémie, il ne pouvait jurer de rien. Aussi put-il juste protester : Mais que dis-tu là ? avant qu’elle n’enchaîne. Tu as tort Aramis. Tu as vraiment tort. Je ne suis trop bien pour personne. Je ne suis pas un joyau. Et tu n’as rien d’une épave.

Jeune fille, cela suffit ! Peut-être venait-il de lui parler comme si elle avait été une adolescente, mais en cet instant, c’était ce qu’il voyait : une jeune fille perdue qui avait besoin qu’on la rassure, d’une manière ou d’une autre. Il venait d’oublier sa mélancolie passagère car, s’il y avait bien une chose à laquelle Aramis de la Roche-Guyon ne pouvait pas résister, c’était une demoiselle en détresse. Ne prenez pas cette affirmation de façon étrange, disons que cela rendait tout le reste plutôt insignifiant. Il s’arrêta au beau milieu de la rue, ne se rendant pas compte de l’endroit où ils étaient, obnubilés par sa nouvelle mission, importante pour ces quelques minutes : faire en sorte que Kirsten ne parle plus jamais de cette manière d’elle-même. Heureusement pour lui, enfin pour eux, étant donné que la jeune femme connaissait quand même pas mal de monde sur l‘île, la rue était plutôt déserte et donc il n’y aurait pas ou tout du moins peu de témoins de a scène qui allait suivre. Il la prit doucement par les épaules pour la regarder. Manquant de vaciller, il s’accrocha un peu à elle avant de reprendre son équilibre. Il ferma les yeux pour essayer de rassembler ses esprits, mais cette manœuvre lui leva le cœur et il finit par les plonger dans ceux de la blonde : Ce n’est pas parce que tu n’es tombée que sur des hommes incapables de t’apprécier à ta juste valeur que tu n’en as pas. Bien au contraire. De son pouce, il caressa l’arrondi du menton de la jeune femme. Il est là, celui qui est pour toi, quelque part, peut-être pas sur cette île, ou peut-être que si, qu’en sais-je. Mais quand tu l’auras trouvé tu comprendras ce que je suis en train de t’expliquer. Une perle fine est comme une œuvre d’art exceptionnelle et particulière : il n’y a que quelques connaisseurs chanceux pour arriver à entièrement lui rendre justice. Il enleva ses doigts, se demandant si son haleine emplie d’alcool n’était pas en train de lui embrumer les esprits à son tour. Il recula d’un pas avant de finir : Et je suis désolé de te contredire sur le dernier point également, je suis bel et bien une épave. Il écarta les mains pour se désigner, les vêtements froissés, titubant au beau milieu de la rue alors que l’heure de l’apéritif était à peine passée. Il était pitoyable. Et sur ce point, personne ne pourrait le contredire.

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