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 Saving private chocapic!

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MessageSujet: Saving private chocapic!    Mar 15 Jan - 22:31

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Saving private chocapic!
Joyce & Isaiah

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Aujourd’hui est le jour où le voleur de chocapics va se faire prendre la main dans le sac, j’en fais le serment ! Depuis quelques semaines, j’ai remarqué que le stock de céréales diminue régulièrement pendant la nuit. J’ai bien tenté de mener mon enquête de jour, mais ça n’a rien donné. Il fallait que je sois plus radical. Alors j’ai décidé cette nuit de rester à la cafétéria, caché, pour attraper le voleur en flagrant délit. Et s’il ne se montre pas, je récidiverai ! Au fond, je m’en fiche un peu de savoir qui pioche à l’intérieur des réserves – il n’y a que ces céréales qui diminuent de volume, c’est étrange d’ailleurs – mais ça me donne une excuse pour faire l’idiot, retrouver l’enthousiasme qui m’envahissait gamin lorsque je faisais des bétises et que j’en étais fier. Ça me permet de penser un peu à autre chose aussi. De m’occuper et de me changer les idées. Cela fait maintenant bientôt deux mois que je suis Elderwood. C’est loin d’être facile tous les jours, mais je suis mon bout de chemin comme je le peux et je m’efforce de rester celui que j’ai toujours été, ou plutôt, de me retrouver. Je ne sais pas combien de temps cela va prendre, je ne sais même pas si j’y arriverais un jour, mais une promesse et une promesse. Je n’ai pas le choix.
Et pour le moment, j’ai un filou à attraper !




Dans la pénombre de la pièce, Isaiah reste accroupi derrière une table et des chaises dans la réserve, enveloppé par l’obscurité. Seul la faible lueur de la lune traverse l’interstice sous la porte fermée, mais ce n’est pas assez pour qu’il soit à découvert. D’abord bien réveillé au début de la soirée, le chanteur commençait à avoir du mal à garder les yeux ouverts – décidemment, tout ça n’était plus de son âge. (enfin, peut-être que la quasi nuit blanche qu’il avait passé la veille expliquait un peu mieux cet état de fait. Sûrement d’ailleurs. Ce n’est pas non plus comme s’il avait toujours du mal à dormir, et que, du coup, il s’endormait très rapidement quand il ne le voulait pas.) Les minutes et bientôt les heures passent sans que personne ne se montre, et Isaiah s’assoupi à moitié lorsqu’un bruit se fait entendre et le fait sursauter en silence : il redevient alerte et cligne des yeux pour voir la porte de la réserve ouverte, et le voleur s’infiltrer dans la pièce… Il est de dos, et le latino à cause de la pénombre, ne peut pas deviner de qui il s’agit, ou s’il l’a déjà vu. Mais la silhouette est frêle, il penche pour une fille. Ça ne l’étonne pas plus que cela, après tout, les femmes peuvent être complètement délurées, il en sait quelque chose.

Il attend que l’inconnue se penche vers le stock de chocapics, et finissent par s’emparer du paquet pour allumer sa lampe torche brusquement et bondir de sa cachette en sautant à pieds joints, les yeux brillants, un air triomphant sur le visage. Il jubile…. « HAHA !!! LA MAIN DANS LE SAC !!! » …. Avant de voir qui est la voleuse en question. Il fronce les sourcils, décontenancé, devant l’adolescente qui semble avoir été effrayée par son apparition soudaine. « Fetherston ?... C’est... toi ? » Il ne s’attendait pas du tout à ça. Vraiment, Fetherston ? Fetherston, la gamine bien trop maigre qui ne mange jamais rien, ou presque ? Fetherston la gamine allumeuse et provocatrice qui n’a aucun respect pour elle-même et qu’il essaie d’aider, à sa manière ?

Il baisse la lumière de sa lampe de poche et allume le plafonnier, toujours un peu surpris. Il finit par s’assoir sur la table, se frotter les yeux de fatigue – il n’est pas mécontent qu’elle soit arrivée, un peu plus et il la loupait parce que trop endormi - et faire un signe de tête en direction du bol de chocapics qu’elle tient dans la main. « Pourquoi juste des chocapics ? »


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Dernière édition par Isaiah A. Ziegler le Sam 19 Jan - 23:12, édité 1 fois
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Salem

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Sam 19 Jan - 9:27

Sevrage. Un mot qui semblait inoffensif, dit comme ça mais, Joyce Fetherston pouvait en témoigner, était une vraie garce. C’était quand elle avait vu Archi fermer les yeux sous l’effet de la première dose qu’elle lui avait injecté qu’elle avait compris. Que si lui allait mal et qu’elle voulait être là pour lui, il allait falloir qu’elle assure. Et donc qu’elle change. Elle ne pourrait pas être cette éternelle irresponsable qu’on retrouvait dans un coin du château avant de l’amener à l’infirmerie. Elle ne pouvait plus être ce « cas désespéré ». Alors elle essayait. Elle avait recraqué, avant la rentrée, sur un rail, un tout petit rail de rien du tout qui lui avait fait les yeux doux. Mais elle tenait bon depuis quelques temps. Et c’était une horreur. Le petit qu’elle avait fait avant d’aller Archi était de la gnognotte à côté de ce qu’elle endurait à présent. Il n’y avait pas beaucoup de soirées depuis le début de l’année, ce qui réduisait le nombre de tentations d’autant. Mais le manque se faisait cruellement sentir. A la pause entre deux cours, quand elle allait habituellement se « repoudrer le nez », le soir en relisant un cours particulièrement chiant … mais le pire, c’était la nuit. Quand elle se réveillait en sursaut et en sueur et qu’il n’y avait rien pour l’aider à se calmer. Elle en avait des crampes. Elle tremblait et … elle craquait. Non, pas comme ça. Mais pour une autre drogue. Une drogue douce, la seule qui lui ait jamais fait du bien en toutes circonstances et ne l’avait jamais laissée tomber : les Chocapics. Alors elle se levait, elle enfilait un sweat aux couleurs de Salem au-dessus de son petit short de pyjama et descendait jusqu’aux cuisines attenantes à la cafétéria. Et cette nuit n’avait pas fait exception à la règle. Sans allumer sa baguette, connaissant maintenant le chemin par cœur, la demoiselle avait mis la main sur le précieux paquet. Et elle avait l’impression que ses tremblements s’étaient déjà atténués. Elle ferma les yeux, essayant de calmer sa respiration galopante. Tout irait bien. Surtout que … HAHA !!! LA MAIN DANS LE SAC !!! Et merde.

Elle se retourna, se demandant si elle devait lever les mains. Exaspérée, pas vraiment affolée. Elle allait sans doute se faire coller, et alors ? Tout dépendait de la personne sur laquelle elle tombait. Et avec la lumière dans la figure, façon mauvaise série policière moldue, ça n’allait pas être simple. Fetherston ?... C’est... toi ? Nan, c’est Morgane en tutu, ça se voit pas ? Elle venait de reconnaître la voix de son « assaillant », d’om cette réplique cinglante qu’elle ne se serait sans doute pas permise avec un professeur : Isaiah Ziegler. Ex-rockstar à laquelle elle en voulait « légèrement » de l’avoir foutu à la porte de sa loge quand elle s’y était introduite après un de ses concerts il y avait deux ans de cela, et qu’elle avait eu le plai-sir de retrouver en train de lui servir son plat de chili. Merveilleux. Et en plus, ce con se prenait pour son psy ou elle ne savait pas trop quoi. Bon, d’accord, en réalité, ça l’arrangeait qu’au moins quelqu’un s’intéresse à ce qu’elle tentait de faire, mais quand même, il avait refusé de la baiser … ! Avouez que c’était scandaleux. Pas gênée pour deux sous, mais surtout de plus en plus fébrile, la demoiselle attrapa un bol et se percha sur le comptoir, balançant ses jambes dans le vide alors qu’elle se servait. Non, elle n’avait pas l’intention de renoncer à son butin. Parce que bientôt, elle allait claquer des dents, de la sueur allait se mettre à perler sur son front et ce ne serait pas beau à voir. Elle était déjà pâle, avec de belles cernes sous les yeux, il n’y avait pas vraiment besoin d’en rajouter. Sans s’embarrasser d’une cuillère, elle attrapa une pincée de Chocapics et allait les laisser tomber dans sa bouche grande ouverte quand Isaiah demanda : Pourquoi juste des chocapics ?

La lumière les avait éblouis, aussi ne put-il pas rater le regard blasé que la jeune femme lui envoya. Que voulait-il entendre ? « C’est le seul truc qu’on ait bouffé, mon demi-frère et moi, quand on est restés trois jours dans la baraque où sa tarée de mère a réduit en purée notre père qui êtes aux cieux en apprenant mon existence et après m’avoir hurlé que je ne devrais pas exister ». ?« Parce que Caleb et moi on s’est toujours battus pour les avoir et maintenant qu’il est plus là, je fais genre que c’est mieux parce que je peux tout bouffer » ? Bien sûr. Non, tout ce à quoi il aurait le droit, ce serait Parce que les Chocapics, c’est sacré. Ni plus, ni moins. Elle finit par ouvrir ses longs doigts et réceptionna les céréales dans sa bouche. Elle ferma les yeux, juste pour apprécier. C’était comme … prendre sa dose. Juste … parfait. Ses mains s’étaient resserrées autour de son bol et leur tremblement diminua doucement. Elle réitéra l’opération une fois, deux fois, trois fois avant de soulever ses paupières, comme si elle se rappelait seulement maintenant de la présence de l’homme. Elle observa : T’as une sale gueule. Tu devrais peut-être dormir plutôt que genre, planquer la nuit pour des céréales. Ok, ce n’étaient pas n’importe quelles céréales, mais quand même. Ou culbuter une élève ou deux, ça te ferait peut-être du bien. Tu veux des noms ? On ne se refaisait pas. Surtout en position aussi évidence de faiblesse. Noyer le poisson.

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Dim 20 Jan - 18:40

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Il y avait quelque chose de cocasse dans cette situation. Isaiah, encore surpris par le fait que le voleur de chocapic soit en réalité Joyce Fetherston, eut besoin de plusieurs secondes d’assimilation avant de se décider à baisser sa lampe torche pour cesser d’éblouir la jeune femme, et allumer le plafonnier. A sa réplique cinglante, il s’était contenté de lever les yeux au ciel. Même la nuit, elle savait comment rabattre le caquet à quelqu’un.

Assis sur sa table, les jambes pendant dans le vide, Isaiah penche légèrement sa tête sur le côté et observe l’adolescente tout en s’intéressant à voix haute à la raison pour laquelle elle ne chipe que des céréales. Il ne parvient pas à cerner Joyce. Il est juste persuadé qu’elle a vécu un drame. Il ne sait pas réellement pourquoi, c’est son instinct qui parle. Et quand il se plonge dans les yeux de la jeune femme, il n’y voit pas que fureur et provocation : il y voit également une détresse terrible. Et il est certain qu’il ne l’invente pas. Peut-être parce que ce regard-là, il le croise souvent le matin, dans son miroir. Et puis, pourquoi cette obstination à ne pas s’estimer ? Peut-être qu’il se fait des films, mais il a l’impression que Joyce n’a tout simplement aucun respect pour elle-même.

Il ne formalise pas du regard blasé qu’elle lui lance. C’est loin d’être la première fois. A sa réponse, il hausse un sourcil. Elle pense réellement qu’il va gober une explication aussi bidon ? Il reste silencieux, se contente de l’observer avaler les céréales avec délectation – comme si c’était un des mets les plus délicieux du monde. Et le pire, c’est que ce n’est pas volontaire, il le sent. Etouffant un bâillement, il passe ses mains sur son visage pour se réveiller complètement. « Je me devais bien de maintenir l’ordre sur mon lieu de travail » fait-il sur un ton professionnel qui laisse à délirer. Joyce en rajoute une couche, il laisse un sourire sarcastique se dessiner sur ses lèvres. « Ma vie sexuelle va très bien merci de t’en préoccuper, c’est trop aimable de ta part. Si un jour l’abstinence menace je ne l’oublierais pas » raille-t-il. Un malaise l’envahit pourtant. Ses nuits blanches et ses migraines sont plus espacées, mais toujours présentes, malgré tous ses efforts. Et s’il ne s’occupe pas, il devient dingue. Alors, forcément, ce mystère des chocapics disparaissant bien trop vite s’est révélé être une aubaine. Mais maintenant qu’il en a trouvé le responsable, il va lui falloir trouver une autre solution pour occuper ses nuits cauchemardesques. Celles où, traumatisé par ses mauvais rêves, il tremble de peur de se rendormir. Il a clairement un problème, mais refuse d’y faire face.

« Quant à ma gueule, si elle est sale la tienne est inqualifiable. » lâche-t-il beaucoup plus sérieusement. Son regard fixe le visage de l’adolescente. Cette nuit, elle lui fait presque peur. Elle est pâle, bien trop pâle, et les cernes qu’il a vu sous ses yeux n’ont d’égales que celles qu’il affiche lui-même. Elles doivent même être pires encore. « C’est pas ici que tu devrais être mais à l’infirmerie » Il quitte son perchoir, va se servir un expresso et reporte ensuite son attention sur l’étudiante. « Tu devrais arrêter de faire semblant tu sais. » Il ajoute aussi vite. « Et me prends pas pour un con, y a clairement quelque chose qui va pas. »

Il ne sait pas pourquoi il agit comme ça avec elle. Est-ce parce qu’elle lui fait penser à lui-même ? Est-ce parce qu’il recherche des gens qui connaissent la même souffrance que lui, égoïstement ? Ou tout simplement parce qu’il ne sait plus trop où il en est, où va sa vie, alors il essaie d’être utile ? De trouver une raison de se lever tous les matins ? Il n’en sait trop rien. C’est flou dans sa tête, c’est flou depuis presqu’un an. Crispée sur sa tasse de café, il la porte à ses lèvres et en boit une gorgée pour reprendre contenance. La fatigue lui donne mal à la tête, et surtout, fait qu’il se sent plus vulnérable que d’habitude : il déteste ça.

Il décide d'adopter une autre tactique. « Tout ce que je veux dire, c’est que » Il s’ébouriffe les cheveux: « Si j’étais lucide et logique, je penserais que si tu es si désagréable avec moi c’est que j’ai raison quand je dis que tu as besoin d’aide, je penserais même que tu peut-être tu te sens soulagée que quelqu’un voit ta souffrance, même si tu ne supportes pas ce quelqu’un, qui ne doit bien évidemment en aucun cas se mêler de ce qui ne le regarde pas. » Il marque une pause. « Mais bien sûr, comme je suis un crétin, je comprends juste que tu es une sale petite peste insupportable. » ajoute-t-il, l’air de rien.



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Salem

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Mar 22 Jan - 20:08

Chaque bouchée était une délivrance. Les doigts de la jeune fille semblaient s’apaiser, mais pas la boule qui était montée, après s’être formée au creux de son estomac, jusqu’à obstruer sa gorge. En vérité, elle n’en pouvait plus, de se battre après une chimère. Elle, clean ? Quand on savait où était sa mère (« en cure de désintox depuis des années » « BONNE RÉPONSE, VOUS GAGNEZ SON POING DANS VOTRE FACE ! »), quand on l’avait vu arriver un nombre incalculable de fois dans des états affreux à l’infirmerie, comment pouvait-on encore se bercer d’illusions ? Elle ne dupait qu’elle-même. Personne ne la croyait capable d’y arriver. Alors pourquoi se battre ? Pourquoi continuer à bouffer ces céréales qui la réconforteraient un temps avant de la faire chialer parce que son frère n’avait pas daigné ramener son cul sur cette putain d’île, parce qu’elle avait l’impression de ne servir à rien auprès d’Archi, parce qu’elle était perdue, bordel ?! Heureusement, il y avait le crétin d’en face qui lui parlait, donc elle faisait son possible pour repousser cette boule traîtresse, à grands coups de Chocapics et de biatch attitude. Elle étouffa un rire moqueur quand il parla de son professionnalisme et elle souligna : En épiant des jeunes étudiantes pendant la nuit ? C’est vrai que ça a l’air hard, comme job, c’est peut-être une piste pour ma sortie de l’école. N’importe quoi, mais le temps qu’elle parlait en lui balançant n’importe quoi à la gueule, ça irait. En fait, le temps qu’elle n’était pas seule avec ses pensées, ses doutes et son putain de manque, ça allait. A peu près. Enfin elle pouvait faire bonne figure. Alors elle taillait. Et elle parlait de cul. T’auras qu’à laisser un mot sous mon bol de céréales, je sais où est ta piaule. Le tout assorti d’un haussement de sourcils suggestif. Comme si elle était en état de draguer quoi que ce soit ce soir. Il était probable que même un Jay en manque de violence n’ait pas envie d’elle, de peur de casser son jouet préféré (entendez « peur de ne plus pouvoir s’en servir », pas peur pour elle, hein, fallait pas pousser Mémé dans les orties, ils étaient pas intimes à ce point. Freb – coucou, Pampinette !).

Et il eut évidemment la délicatesse de le faire remarquer, ce à quoi elle répondit par une grimace et son majeur gauche bien tendu qui n’avait pas besoin de « fuck you » pour être explicite. Quoi ? Ouais, elle mettait plus de maquillage le matin mais il n’y avait pas de quoi écrire à la famille. Quand il mentionna l’infirmerie, ses ongles crissèrent sur le bord du bol avant d’attraper des céréales qui se retrouvèrent mises en pièces avec rage alors qu’elle marmonnait : Ils veulent pas de moi, ça les intéresse pas les « cas désespérés ». Ouais. Elle n’avait même pas droit à l’aide médicale nécessaire. Peut-être n’avait-elle pas pris la bonne personne, mais si son rejet à lui l’avait blessée, qu’est-ce que ça serait si elle aussi la regardait avec ses yeux si doux pour essayer de lui faire comprendre le plus gentiment possible qu’elle ne pourrait rien pour elle ? Elle n’y retournerait pas. Elle émit un grognement à son commentaire, puis un autre quand elle parla de le prendre pour un con. Il voulait quoi, qu’elle se mette à chialer et qu’elle lui raconte l’histoire de sa vie ? Il pouvait toujours se toucher et s’enfoncer profondément le manche de sa guitare dans le … ouais, enfin vous avez saisi l’idée (auto-censure de son perso bonjour !). Il jouait à quoi, là, à siroter son café tranquillement au lieu de lui dire ce que ça allait lui coûter de … minute … il pouvait la priver de Chocapics ? Genre jeter un sort dessus, ou verrouiller les placards ou … ? Ses mains se remirent à trembler. Pas ça. C’était le seul truc qui lui permettait de ne pas craquer. Elle inspira profondément, se promettant de faire n’importe quoi pour que ça n’arrive pas quand il réessaya une approche. Bien sûr qu’elle savait que c’était pour la faire craquer. Et bien sûr qu’il fallait qu’elle l’envoie chier. Mais …

Mais il avait raison. Evidemment qu’il avait raison. Mais le dire à haute voix ? Il serait bien trop content. « Ouais, j’ai bien fait de la repousser, cette pauvre gamine perdue de … » Wait wait. Elle n’était PAS une victime. Elle n’était pas une de ces fucking donzelles qui gueulaient à l’aide. Y avait personne pour l’aider, quoi qu’elle fasse. Elle ramena ses longues jambes sur la table et s’assit en tailleur, le regardant d’un air blasé un long moment avant de craquer, finalement : Quoi ? C’est quoi, le deal ? J’te dis « bravo, t'as raison, j’suis une putain d’hypocrite et y a rien qui va, j’suis en train de sombrer et y a rien qui me retient, j’suis en train de me sevrer et le seul truc qui m’aide à tenir c’est ces fucking céréales » ? T’as cru quoi, qu’on était dans un fucking talk-show avec des « pauvres gamines » qui racontent leur « fucking sad stories » ? Elle lui montra la cafèt avant de revenir à son bol en haussant les épaules : Ben tu t’es gourré. T’es une fucking rockstar à la retraite et moi j’suis une fucking it girl de Salem. End of the story. C’était vrai, quoi, il se prenait pour qui, son psy ? Qu’est-ce qu’il savait d’elle ? Et surtout, que croyait-il pouvoir faire pour elle ? Des conneries. Et pas question qu’elle le laisse entrer. Ils se cassaient tous. Papa. Caleb. Y en avaient qui restaient. Comme Archi. Mais il n’avait pas besoin de savoir que ça allait pas, c’était à elle de s’occuper de lui. Lui, voilà, il était à plaindre, parce que c’était vraiment un coup dur, tout ce truc de nuit de pleine lune. Elle … elle n’avait qu’à s’en prendre à elle-même. Et voilà. Rideau.

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Dim 3 Fév - 20:22

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Ainsi elle a le choix. Elle a le choix d’utiliser la porte qu’il a ouverte ou de la fermer brutalement. Il comprendra. Comment pourrait-il ne pas comprendre, quand il sait qu’il est dans une situation similaire, où il aimerait tout envoyer en l’air, et leur faire comprendre, à tous, que leur pitié et leur compassion ne l’aideront jamais à aller mieux, parce qu’ils ne pourront jamais comprendre, et que si c’est pour se donner une bonne conscience, ils peuvent aller se faire foutre. Voilà exactement ce qu’il pense, et il sait pertinemment que Joyce doit penser la même chose. Avoir l’impression d’être minable, faible et pathétique, etre sur la défensive, se donner un genre derrière un air de révolté et je m’en foutiste de tout, il connait bien. Peut-être que c’est pour ça qu’il s’obstine à vouloir l’aider, au fond. Parce qu’il sait à quel point c’est difficile de détruire tout ce qui la préserve des autres, de s’infiltrer sous la carapace, sous les faux semblants pour découvrir ce visage baigné de larmes qui se cache continuellement.

Mais cette nuit, elle sembla à bout. Elle ne pensait pas être découverte, elle est surprise. Ses gestes étaient nerveux et faibles. Il a l’impression qu’elle se débat pour garder la tête hors de l’eau, sauf que cette fois, ça doit être au-dessus de ces forces. Sa douleur est palpable. Alors oui, il s’en veut un peu de foncer de cette façon dans la brèche formée par sa fatigue, mais il pense que c’est à bon escient. Après tout, elle peut le détester, ce n’est pas si grave, si ça lui permet de se défouler. On a toujours besoin de quelqu’un sur qui passer ses nerfs, surtout lorsque l’on va vraiment mal et qu’on fait tout pour que personne s’en rende compte, puisque, au fond, on ne veut pas paraître misérable et parce qu’il y a des gens qui méritent qu’on lutte même si c’est affreusement difficile.

Un silence s’est installé, et l’atmosphère est pesante. Isaiah attend de voir sa réaction. Il ne sait pas si son petit monologue aura l’effet escompté, si au moins cela va la travailler un peu et qu’il pourra remarquer des choses. Il attend sans rien dire de plus, finit son expresso. Peut-être que ça va le réveiller. Bien qu’il en doute. Ces temps-ci, il boit des litres de café pour que ça lui fasse quelque chose. Il y est trop habitué, il y est trop dépendant, il le sait ça l’énerve mais il n’a pas trop le choix. C’est ça ou l’alcool. Et sans doute qu’arriver complètement déchiré le matin à la cafétéria ne le servira pas. Ce n’est encore jamais arrivé, et il espère que cela n’arrivera pas. Se donner en spectacle serait lamentable et ne l’aidera pas, ça empirera même sa situation. Il sait qu’il a l’alcool très mauvais.

Et finalement, elle réagit. Violemment, comme il l’a pensé. Mais au moins elle ne l’ignore pas en changeant de sujet ou en lui balançant avec une de ses réflexions sardoniques dont elle a le secret. Et derrière sa provocation, derrière les jurons, derrière son assurance prétentieuse, elle lui dévoile tout, un peu de la même façon avec laquelle il lui a dit qu’il avait compris qu’elle n’allait pas bien. Et alors qu’il l’observe, et alors que sa détresse lui explose la gueule, les paroles d’une de ses chansons lui reviennent subitement en mémoire, et il ne peut pas s'empêcher de siffler la mélodie un moment. C'est le genre d'instants où la musique le rattrape et l'étouffe jusqu'à ce qu'elle puisse sortir.



She is my drama queen
Her life is now unfolding
There goes my drama queen
What do you think she's holding?

Hey, little drama queen
Did you find your savior?
Oh little drama queen
You better call a lawyer

Daddy's little bundle of joy
Out of a magazine
Everyone's drama queen
Is old enough to bleed now



Ce n’était pourtant pas quelqu’un comme Joyce qu’il avait en tête lorsqu’il a écrit cette chanson. Mais n’est ce pas vrai ? On en fait des tonnes pour rien, jusqu’à ce qu’un véritable drame survienne dans notre vie. Et alors, on a vraiment l’impression de se noyer. Ce n’est plus un caprice, ce n’est plus des jérémiades, ce n’est plus « se plaindre pour la forme ». C’est la détresse brute. Et en être présentement le spectateur ne l’enchante pas. Il en est même désarçonné, même si c’est ce qu’il voulait, à la base.

« Pas la peine de vouloir m’impressionner avec tous tes « fucking » à la minute, je suis plus fort que toi à ce jeu là. » lâcha-t-il avant de quitter son perchoir et de sauter à terre. « Y a pas de deal, et c’est pas assez politiquement correct pour un talk-show. » expliqua-t-il simplement. « Je suis pas du genre à passer des marchés. » Il hausse les épaules. Il ne savait pas ce à quoi elle s’attendait. Qu’il la punisse ? Qu’il fasse remonter l’information ? Et pour quoi faire ? Elle n’irait que plus mal encore, et surtout, elle se fermerait complètement à lui. Chose qu’il ne voulait pas. « Même une fucking rockstar à la retraite à seulement vingt cinq balais et une fucking it girl de Salem pètent les plombs. La différence c'est que l'un se respecte et l'autre pas, et ça ça craint un max si tu veux mon avis. » Il soupire, sort une bouteille de lait et la pose à côté de la gamine. « Tu devrais rajouter du lait à tes céréales, c’est meilleur. »


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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Jeu 7 Fév - 17:17

Elle en avait trop dit. Mais c’était sa faute, à ce con, à s’intéresser à elle, brusquement. Elle aurait préféré qu’il s’intéresse à elle quand elle était dans sa loge, cette nuit-là, tiens, est-ce qu’il savait seulement à quel point ça avait été compliqué de parvenir jusque là, alors se faire jeter comme une malpropre, merci bien. Tiens, on aurait quasiment pu faire le parallèle avec ce qu’elle était en train de faire. Elle s’était battue comme un beau diable pour ne pas sombrer jusqu’alors, et ils étaient face à face, de nouveau. Allait-il la priver de ce qui la tenait debout et la renvoyer comme une malpropre à la case départ ? Son sifflotement la fit tressaillir alors qu’elle reconnaissait la mélodie et franchement, elle en fut insultée. Elle, une drama queen ? Ouais, quelque part ouais, elle l’était. Mais c’était plus facile de montrer ce qu’elle voulait pour éviter qu’on creuse trop. Par contre il fallait qu’il arrête parce qu’elle venait de lui dévoiler un pan d’elle-même et que si tout ce qu’il faisait était siffloter comme un glandu, il allait se prendre son bol en pleine face (ouais, mais ça aurait été gâcher des Chocapics, en même temps). Et son sifflement commençait à l’agacer, tellement que ses ongles grincèrent sur la porcelaine du bol. Ok, projectile dans trois, deux, un …

Mais il parla, juste à temps. Même si c’était au départ seulement pour lui faire une réflexion sur son langage. Elle leva les yeux au ciel en l’observant se lever et se concentra de nouveau sur son bol et ses céréales, les seules qui lui soient fidèles, même si elle les voyait dans d’autres bols que le sien … mais elle leur pardonnait, elle savait ce que c’était, de ne pas être constant. Elle laissait son regard sur Isaiah, sincèrement en demande et en attente, même si ses épaules s’étaient voûtées dans un mouvement protecteur. Il pouvait très bien juste passer par la porte. De toutes les manières, elle lui avait plus ou moins fait comprendre qu’il n’y avait rien qu’elle veuille de lui. Ou l’inverse ? Il ne fallait pas qu’elle baisse la garde. Il fallait qu’elle s’accroche à sa rage contre le monde entier pour continuer de tenir, même si tout s’effritait au fur et à mesure. Elle ne voulait pas être cette ado paumée qu’elle était pourtant. Parce que … parce que ça faisait trop mal. Ça faisait trop peur. Et il faisait bien trop froid. Ses dents ripèrent quand il parla de respect de soi et elle failli lui exploser au visage. Il fut sauvé par une bouteille de lait vers laquelle elle baissa les yeux avant de les lever vers lui. Elle l’attrapa, sans un mot, coinçant son bol entre ses cuisses. En d’autres circonstances, elle en aurait renversé partout sur son t shirt, puis aurait sauté à bas du plan de travail en disant « oups » avant de se coller à lui et de lui demander s’il fallait nettoyer ça a l’eau ou avec la langue …

Mais pas cette fois. Parce qu’à chaque goutte de lait qui tombait dans le bol, il y avait une partie d’elle qui se mettait à pleurer. Elle finit par lâcher : Pourquoi je le f’rais ? Ouais. Pourquoi se respecter quand on était quelqu’un comme elle ? Elle reboucha la bouteille de lait et la posa à côté d’elle. Ses mains tremblaient et elle manqua de la laisser échapper. Elle considéra ses Chocapics, parce qu’eux, c’était facile de leur parler, ils allaient finir dans son estomac, de toutes les manières. Personne l’a jamais fait. Essayant de contrôler ses mouvements, elle rattrapa son bol, décroisa les jambes et se remit sur pieds. Elle lui passa devant pour aller chercher une cuillère. Elle s’adossa au meuble une fois qu’elle l’eut et finit par relever les yeux vers lui : C’est facile, de se respecter quand on est comme toi. Sa moue était frondeuse mais ses lèvres tremblaient et ses grands yeux étaient humides. Elle haussa les épaules, essayant d’avoir l’air blasé : J’sais pas, j’te connais pas, mais tu dois bien avoir des parents. Qui t’aiment, genre. Elle, elle avait une junkie en désintox et de la bouillie qui devait toujours maculer le tapis du salon de cette folle furieuse. Puis des gens, des potes, ton groupe là … Ouais, bon, un était mort et elle murmura un ’Scuse. maladroit. J’sais pas, des copines, des mecs, ‘fin des gens. Sans compter tes fans. Des gens qui donnaient une légitimé à son existence. Qui croyaient en lui et qui le soutenaient, quoi qu’il advienne. Elle, elle était juste … cette erreur de la nature qui n’aurait jamais dû voir le jour. Sans elle, Caleb aurait eu une famille aimante, il aurait eu un équilibre. T’as une place sur Terre. On t’a voulu et on te veut toujours. Ouais. Il avait cette chance. Elle attrapa sa cuillère et enfourna les Chocapics dans sa bouche. C’était le moment de se la fermer avant de virer sentimentale, sens de la vie et tout ça.

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Jeu 28 Fév - 0:08

Saving private chocapic!
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Autodestruction. Ce mot lui était familier. Il connaissait des gens chez qui elle s’était installée et contre laquelle il s’était battu afin de les sauver. Ses proches avaient même parfois prononcé ce mot du bout des lèvres en parlant de son comportement après la mort de Aidan. Lorsqu’il restait enfermé dans son appartement, à avaler des médicaments contre l’anxiété et des somnifères pour tuer ses insomnies. Lorsqu’il fallait venir le ramasser à quatre heures du matin, quand ivre mort il ne pouvait pas rentrer tout seul. Lorsqu’il alternait crises de colère intense et périodes de détresse profonde où, d’apparence, il semblait vide, comme anesthésié.

Maintenant, il paraissait s’être sorti de tout cela. Etait-ce réel ? Il le pensait, du moins. Mais cette jeune femme, cette pauvre âme, elle semblait être en plein dedans. Il l’observait, et dans ses yeux, il ne voyait que la peur et la douleur. Sur son visage, il ne voyait que les traits de la lassitude et du découragement. Il ne pouvait pas la laisser sombrer. Ça lui était trop douloureux. Il ne savait pas pourquoi, mais c’était une nécessité, un besoin. Elle était belle, elle était jeune, elle était fichtrement intelligente. Elle ne méritait pas que l’autodestruction ait raison de sa personne.

Pourquoi alors ces paroles le touchaient-ils autant, alors qu’il savait pertinemment que ce n’était qu’une tentative de protection d’elle-même de sa part, qu’un moyen de le dissuader d’essayer de l’aider ou de poursuivre la conversation dans une direction qu’elle ne souhaitait pas ? Parce qu’elle savait trouver les mots qui le blessaient, elle avait cette faculté d’être redoutable. Il resta silencieux, la laissant aller jusqu’au bout de son idée. Mais dans le prisme de ses yeux, elle pouvait voir une lueur s’éteindre. S’il prétendait le contraire, la douleur n’avait jamais disparu. Elle était bien là, enfouie dans les profondeurs de son cœur, enfermée à double-tour et refoulée pour pouvoir continuer à vivre. Parce que c’était bien de cela qu’il s’agissait, non ?

Alors, pour la première fois depuis le début de leur conversation, il baissa les yeux un instant. Ses muscles se crispèrent, une chape de plomb descendit brusquement dans son estomac. Elle parlait, mais elle ne savait pas. Elle ne pouvait pas comprendre. Pour le monde, il avait perdu un ami. En vérité, il avait perdu plus que ça. Infiniment plus. Bien sûr, Joyce ne le savait pas non plus. Et c’était sans doute mieux comme cela. Il leva les yeux de nouveau. « Tu as sûrement raison. » fit-il résigné. « On m’a sans doute plus aimé que toi tu l’as été. J’ai sûrement plus eu de chance dans ma vie que toi. » Pour cela, au fond il était sincère, même si à cet instant, il n’y croyait pas. Quand une douleur vous aveugle, relativiser devient difficile. « Tu as raison. J’ai quelques amis qui me soutiennent, des fans qui restent fidèles, un père toujours là. Aidan le serait aussi si la maladie ne l’avait pas emporté, plus que n’importe qui. » Il se tut subitement pendant quelques secondes. Prononcer son nom n’avait jamais été la chose à faire. Il déglutit, serra les dents et dévia le regard quelques secondes, avant de sourire faiblement. « Quant à ma tendre maman… Si elle était encore en vie je serais probablement son plus beau trésor. » Parler à coeur si ouvert ne lui était pas habituel.

Continuer à converser lui devenait difficile. Si d’extérieur il déployait des monstres d’efforts pour rester plus ou moins neutre, dans son âme c’était la tempête. Il s’empara de la bouteille de lait et la rangea dans le réfrigérateur. « Alors oui, c’est peut être plus facile pour moi de me respecter. Mais tu as aussi ta place sur Terre. Il y a des gens qui t’ont voulu, et qui te veulent encore, j’en suis certain. » Il marqua une pause. « C’est justement parce que personne ne t’a jamais respecté que tu dois le faire toi-même. Tu sortirais victorieuse de tous leurs affronts. Et tu cesserais de t’en vouloir pour des choses dont tu n’as pas à te sentir coupable. » Il prit une inspiration, chassant ses pensées morbides, et planta son regard dans le sien. « Je te respecte. » Elle était un peu comme lui. « Dans ma loge, il y a quelques années, je t’ai respecté. » Il sourit. « Tu étais sacrément jolie. Mais le genre de beauté triste qui fait mal au cœur. Comme maintenant, tu sais. » Il s’arrêta subitement. Il s’ouvrait trop, il ne voulait pas la faire fuir, il ne voulait pas se faire fuir lui-même. Il ajouta, changeant brutalement de sujet. « Si ce qui te fait peur, c’est que je te dénonce, sois tranquille. Ce n’est pas les quelques céréales qui disparaissent qui me font quelque chose… »



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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Mer 6 Mar - 20:12

Il l’emmerdait, ce con. Elle allait finir par se mettre à chialer, en plein milieu de la cuisine, sur son fucking bol de Chocapics. Et après, il ferait quoi ? Il la prendrait dans ses bras pour la consoler en lui caressant les cheveux et en lui disant que ça irait bien ? Il l’emmènerait à l’infirmerie où il la laisserait, content de s’être débarrassé de cette charge dont il s’apercevrait bientôt qu’il n’avait strictement rien à foutre et qu’il ferait mieux d’abandonner immédiatement avant qu’elle ne lui amène des ennuis ? Comme ça ce connard d’infirmier pourrait la foutre dehors parce qu’il fallait de la place pour « les cas non-désespérés ». Et elle, elle pourrait se laisser crever dans le couloir parce que, de toutes les manières, personne n’en avait rien à foutre. Il cherchait quoi, avec ses questions, ses discours à la con ? A la foutre encore plus à poil, moralement parlant ? (Parce que physiquement il s’en branlait, si vous me passez l’expression). Elle y était déjà. A chaque fois qu’elle se retrouvait à se raccrocher à ce bol de céréales, elle ne tenait plus qu’à un fil. Et si on le coupait, elle s’effondrait. Elle sentait déjà ses jambes amaigries se mettre à trembler et elle n’aimait pas ça. Elle ne voulait pas tomber au sol. Elle ne voulait pas qu’on lui fasse quitter l’île. Elle l’emmerdait, ce connard, avec ses questions de merde. Qu’il lui foute la paix, il se prenait pour qui, un putain de psy ? Alors ouais, c’était cool, il avait mis le doigt sur ce qui n’allait pas. Elle n’était effectivement qu’une jeune fille mal dans sa peau qui n’avait aucun respect pour elle-même. BRA-VO ! Et ça changeait quoi, qu’elle l’ait dit, hein ? Il allait le répéter à sa directrice de maison ? Ca lui changerait quoi, à sa vie, quand il irait dormir ? Que dalle. Et elle, de l’avoir reconnu à voix haute ? Beaucoup. Parce qu’elle ne l’avait jamais dit. « Je ne me respecte pas ». Elle le savait. Quand ils s’étaient engueulés, avec Archi, c’était venu sur le tapis. Mais ce n’étaient que des mots pour blesser. Pas là. C’étaient des mots pour … elle ne savait même pas, en fait.

Qui le blessaient en tous cas, par ricochet. Enfin franchement, il l’avait cherché, à dire de la merde pareille et puis elle s’était excusée. Elle se crispa quand elle l’entendit parler d’Aidan (il était sexy, ce con, aussi, mais bon, paix à son âme etc), mais ce fut sans doute quand il parla de sa mère qu’elle eut le plus de mal à encaisser. Ses dents grincèrent et elle sentit une larme pointer le bout de son nez au coin de son œil alors qu’elle soufflait : L’plus cher trésor de ma mère, c’était sa putain de came. Elle enfonça ses incisives dans sa lèvre, n’obtenant que de la couper franchement, du sang perlant sur le blanc de ses dents. Mais elle s’en foutait, actuellement, elle luttait pour de pas fondre en larmes. Ce qui fut une perte de temps, étant donné que quand il parla du fait d’avoir été désiré, elle éclata d’un grand rire qui se brisa, et la perle salée se décrocha du canal lacrymal d’où elle s’était échappée pour venir tracer un long sillon sur sa joue, bientôt rejointe par d’autres. Elle le laissa finir, même si ce qui montait en elle allait finir par sortir. Et sortait déjà, en un torrent continu de larmes. Le pire fut quand il parla du respect qu’il avait eu pour elle. Un nouveau rire lui échappa et elle bascula son bol dans une seule main pour endiguer le flot de ses larmes du revers de l’autre en renchérissant sur sa conclusion : Merci. Pour pas me balancer, hein. C’est sympa, tout ça. Mais ça rime à quoi ? Elle le regarda, toujours ses céréales suspendues dans une seule main pour l’interroger du regard, sans pouvoir arrêter ses larmes silencieuses : Me fais pas rire. Tu m’as à peine regardée une demi-seconde, dans ta putain de loge. Ça avait été un calvaire d’arriver jusque-là et tu m’as juste foutue à la porte. Alors me fais pas croire que tu m’as psychanalysée en deux secondes trois. J’en ai berné vachement plus longtemps. Tu sais quoi d’ailleurs ? Je berne la quasi-totalité de cette putain d’école. Alors merde.

Elle posa son bol avec force sur le comptoir, finalement excédée et brisée à a fois. Elle posa les mains deux secondes dessus : Moi j’ai dit que je connaissais rien à ta vie. Mais tu sais quoi ? Breaking news, tu connais rien à la mienne. Alors arrête de dire que quelqu’un m’a voulue, okay ? J’suis qu’une putain d’erreur qui aurait jamais dû voir le jour et crois-moi, c’est bien imprimé. Sa poitrine se souleva avec difficulté alors qu’elle endiguat un sanglot. Putain. Elle n’avait JAMAIS parlé comme ça, à qui que ce soit. Et elle avait juste envie de vomir. De se vomir. Qu’est-ce qu’elle foutait encore là, à se plaindre ? Et lui, qu’est-ce qu’il foutait là, à faire comme s’il en avait quelque chose à foutre. Elle se retourna pour lui lançait un regard noir, pâle comme jamais : Là, ça va, t’es content ? La si jolie mais si triste jeune fille a enfin tout avoué, elle va aller mieux ? Elle va se soigner ? T’as fait ta BA du jour et tu vas pouvoir aller te coucher l’esprit tranquille en n’en ayant plus rien à foutre, la certitude du devoir accompli, ça te suffit ? Ben guess what ? CA VA PAS MIEUX ! Elle avait crié ou tout du moins avait essayé, sa voix éraillée par les larmes, la fatigue et le manque n’étant pas vraiment des plus puissantes. Dans l’énervement, sa main partit et percuta le bol de Chocapics qui fit un vol plané et alla s’écraser au sol. Soudain coupée, elle regarda, suspendue à un fil, les morceaux de porcelaine, le lait, et les céréales par terre. Et elle éclata en sanglots, purement et simplement.

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Mer 13 Mar - 20:27

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Tant de douleur. Il y avait tant de douleur dans sa voix, dans ses yeux, dans ses gestes. Elle était insupportable. Il n’osait plus ouvrir la bouche, même pour se défendre et protester quand elle lui soutenait qu’il était loin de l’avoir respecté, ce soir-là dans sa loge, parce qu’il l’avait à peine regardé, parce qu’elle savait berner tout le monde.

Ses yeux fixés sur la jeune femme, il l’observa perdre son équilibre si précaire et tomber dans un gouffre sans fond, impuissant. Chacun de ses mots tombait comme un couperet, et il eut la désagréable sensation de lui avoir fait bien plus de mal que de bien. Son inutilité cuisante lui sauta brusquement à la figure, et il se demanda un instant pour qui il se prenait. En effet, il ne connaissait rien de sa vie. Il prétendait savoir un peu, mais il ne savait rien. Il n’était pas un frère ni un ami, ni encore psychologue. Il lui faisait juste remonter nombreux de ses mauvais souvenirs, sous le prétexte qu’il voulait l’aider. Parce qu’il le voulait, vraiment. Mais au lieu de ça, il ne faisait que la torturer davantage. Peut-être qu’elle s’en sortait mieux, en refoulant tous ses problèmes et en faisant comme si tout allait pour le mieux, en faisant comme si rien ne l’atteignait. En faisant comme lui. Comment pouvait-il avoir le culot de savoir ce qui était bon pour elle alors qu’il agissait de la même façon, d’une certaine manière, et que si on l’avait forcé à repenser à ses souvenirs douloureux à lui, il serait entré dans une colère noire ?

Elle semblait paniquée. Perdue. Désespérée. Il se mordit la lèvre inférieur, coupable. Il n’avait fait que remonter son angoisse, et maintenant il en faisait les frais. Pas que ça le touche particulièrement personnellement, c’était surtout cette douleur terrible qu’il lisait sur ses traits et dans ses larmes qui l’atteignait. Et tout s’accéléra. Elle le prit à parti, encore davantage, voulut crier, et d’un geste non-intentionnel de sa main, envoya valser le bol de céréales, qui s’écrasa à terre avec fracas.

Il s’immobilisa brusquement, les yeux rivés sur les débris de porcelaine et le lait qui coulait sur le sol de la cafétéria.

Le verre d’eau vient de s’écraser malencontreusement au sol. Et les yeux de Aidan fixent les morceaux de verre d’un œil absent pendant une seconde. Il finit par expirer brusquement, alors que les larmes coulent sur son visage nerveux et exténué. « Désolé.. je… je voulais le prendre mais il..» Ses yeux sont écarquillés et brillants de larmes, tremblant, il semble au bord de l’implosion. « C’est pas grave Aidan. C’est rien. » lâche Isaiah précipitamment en lançant un sort pour faire tout disparaître. « J’arrive plus à rien, je suis minable, je… » « Arrête. » Il s’assoit rapidement à ses côtés et l’attire dans ses bras. « C’est pas grave. » chuchote –t-il en le serrant contre lui. Contre lui, les tremblements de Aidan trahissent ses sanglots silencieux alors qu’il s’accroche désespérément à la chemise du chanteur. Isaiah prend une légère inspiration, sa main trouve le chemin de sa nuque et la caresse doucement, alors qu’il se penche pour déposer un baiser sur le crâne nu. « C’est pas grave… » répète-t-il. Aidan redresse son visage vers lui et pose une main sur sa joue. Un sourire doux glisse sur les lèvres d’Isaiah. Les doigts qui effleuraient sa bouche sont vite remplacés par les lèvres du malade, qui l’embrasse doucement. Il répond avec tendresse au baiser, et le rompt avant qu’il ne s’enflamme. Ses pouces chassent les dernières larmes présentes sur ses joues. Son front contre le sien, il plonge ses yeux dans les siens. Et finit par lâcher : « Il faut que tu te reposes… » Doucement, il se lève, aide Aidan à s’allonger, et lorsque ce dernier prend sa main dans la sienne, il y exerce une pression.

« Je t’aime. » souffle Aidan avant de lui sourire doucement et de fermer les yeux, prêt à tomber dans les bras de Morphée. Isaiah répond à son sourire, le regarde fermer les paupières, et se mord la lèvre inférieure. Avant de s’endormir, Aidan sent des lèvres sur sa tempe puis un murmure au creux de son oreille. « Je t’aime… ». Isaiah, lui, lève ses yeux au ciel pour retenir ses larmes. Sa main libre tremble considérablement, en revanche celle qui tient celle de son ami reste immobile.

Les sanglots sonores de Joyce le tirèrent brutalement de son mauvais souvenir. Sa vue était brouillée, et il mit quelques secondes à comprendre que c’était parce que ses yeux étaient embués de larmes. Il serra les dents, refusa de poser son regard sur la jeune femme, trop vulnérable. Il s’agenouilla, commença silencieusement à ramasser les bouts de porcelaine brisés. Malencontreusement, il se coupa le pouce, et le sang se mit à perler doucement. Il grimaça, amena le pouce à ses lèvres, ferma les yeux et autorisa enfin quelques larmes à glisser sur ses joues. Il préfèrait passer pour un être faible physiquement que mentalement. Il sortit sa baguette et lança un sort informulé pour finir de tout nettoyer et réparer le bol, qu’il remplit à nouveau de chocapics. Puis, toujours sans un mot, il fit quelques pas jusqu’à Fetherston et déposa le tout à côté d’elle.

Disparaissant derrière le comptoir, Joyce dos à lui, il en profita pour sécher sommairement ses larmes et se préparer un café. Il ne savait pas quoi dire. Y avait-il de toute manière quelque chose à dire ? Elle avait été plutôt claire… Mais pour autant, il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas la laisser comme cela. « Je suis désolé. Je ne connais pas ta vie, c’est vrai… » Il s’assit sur une des tables désertes et laissa son regard fixer les volutes de fumée de sa tasse de café brulante. Il fallait qu’elle accepte qu’on lui tende la main. Il le fallait. Cette fois cependant, il se ravisa de lui dire cela et préféra rester dans le silence. Rester présent signifiait déjà beaucoup. Peut-être n’avait-il pas tant besoin de mots..



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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Sam 30 Mar - 20:55

La digue avait cédé et c’était maintenant l’innondation. Toutes les barrières que Joyce avait pu placer sur la route de ses émotions étaient rompues. Et elle en avait mis un certain nombre. Depuis que son père s’était fait réduire en purée sous ses yeux, elle n’avait pas arrêté. Elle n’avait pas versé une seule larme, et avait tout enfoui. Le regard de dégoût que lui avait lancé la femme qui avait brisé son cœur d’enfant, l’impact qu’avait eu son « elle ne devrait pas exister », la mort subite de celui qu’elle avait vu comme le héros qui venait de la sauver de son inconsciente de mère. Le refouler avait été plus simple, même si cela avait complètement conditionné la personne qu’elle était. La drogue, les garçons, son attitude revancharde. Et, depuis qu’elle avait arrêté la drogue, tout remontait, par vagues. Tous les soirs, elle essayait de les repousser, à coups de bol de Chocapics, et tous les soirs, elle avait réussi. Jusqu’alors. Crispée, ses mains tremblaient, l’une écrasant ses lèvres, l’autre agrippant comme elle le pouvait son t-shirt, comme pour contenir le flot de larmes qui se déversait malgré elle. Chaque sanglot était une torture, chaque soubresaut retournait ses entrailles déjà malmenées. Joyce n’était plus, et en même temps n’avait jamais eu autant l’impression d’être si désespérément vivante. Tout son corps hurlait et ce cri assourdissant lui déchirait les tympans. Elle voulait se boucher les oreilles mais ne pouvait bouger. Il fallait qu’elle s’apaise avant tout et pour l’instant, elle ne semblait même pas proche de commencer à aller mieux. Ou en tous cas, à aller moins mal. Le fait de casser ce bol, tout aussi symbolique soit-il, avait tout ravagé d’un coup. Ce bol, c’était sa santé mentale, ou tout du moins ce qu’il en restait. Cela avait toujours constitué une constante dans sa vie, un équilibre certain. Et oui, quand l’équilibre d’une personne dépendait de céréales, il était temps de commencer à se poser des questions.

Mais qui s’en posait pour elle ? La réponse était pourtant évidente. Pers… quelqu’un venait de se pencher pour ramasser les morceaux de porcelaine. Le cœur de la jeune fille s’emballa quelques instants. La métaphore pouvait être poussée jusqu’au bout si l’on cherchait, même si jamais son esprit ne le formulerait de la sorte. Elle l’observa quelques instants, sans se rendre compte que ses sanglots devenaient de moins en moins sonores, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’en train de pleurer doucement et silencieusement. Le rouge du sang de l’homme l’hypnotisa quelques instants, quelques gouttes allant se mêler au blanc du lait et contrastant avec le sombre de la nourriture répandue. Le temps s’était suspendu, ou en tous cas, le monde de Joyce avait arrêté de tourner pendant quelques instants. Le temps qu’il nettoie. Qu’il se relève. Qu’il répare tout, comme ça, d’un coup de baguette. Les yeux de la demoiselle s’étaient séchés et contemplaient l’individu d’un œil nouveau, bien que toujours aussi rouge. Il s’avançait vers elle et … lui passa à côté.

La sensation de chute fut d’autant plus vertigneuse que la remontée avait été rapide. Le souffle de la jeune fille se coupa soudain alors que, dans son dos, il énonçait : Je suis désolé. Je ne connais pas ta vie, c’est vrai… Bien sûr que non … Bien sûr que non quoi, Joyce Fetherston ? Bien sûr que non, il n’est pas réellement désolé ? Qu’est-ce que ça peut lui foutre, après tout, ce n’est pas lui qui est au bord du gouffre. Peut-être que si ? Il ne fallait pas demander à Joyce d’avoir remarqué ses larmes, dans l’état dans lequel elle se trouvait, c’était un peu trop pour elle (comme une part de gâteau ou un cookie, coucou Tsonga). Et bien sûr que non il ne connaissait rien de sa vie. Et il ne cherchait pas non plus. Comme tout le monde. Mais peut-être était-ce au final mieux comme cela. Il reprenait son chemin et elle … elle ne savait pas. Son regard accrocha le bol de Chocapics. Qu’avait-il fait ? Qu’avait-il essayé de faire, plutôt ? Rien. Elle se sentait complètement vide. Elle avait envie de fracasser de nouveau le récipient au sol, juste pour lui montrer à quel point ce qu’il faisait ne servait à rien, à quel point il avait chié, ce soi-disant chevalier en armure. N’importe quoi. Il était comme tous les autres. Enfin non. Il était pire. Parce qu’il lui avait foutu le nez dans sa merde, il l’avait forcé à le confesser et après il la laissait se débattre. Quel … connard. Mais elle n’avait même pas la force de s’énerver. Elle était juste … amorphe. Et complètement désespérée. Sans un regard en arrière, elle parvint à articuler. Va te … Non, elle n’avait même pas la volonté de l’insulter. Elle se dirigea vers la sortie, sur ses jambes tremblantes qui ne la porteraient sans doute pas très loin.

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Lun 8 Avr - 14:42

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Assis à l’une des tables vides de la cafétéria déserte, Isaiah avait fermé les yeux. La désagréable sensation revenait. Celle de sentir son cœur battre. Mais de manière trop forte, trop vite. C’était douloureux. Ça l’avait toujours été, depuis le vingt-trois novembre deux mille onze, depuis presque un an. La date fatidique se rapprochait, et il ne savait pas s’il serait alors capable de se lever et de se battre jusque-là. Sous ses yeux clos, tout repassait avec une exactitude terrible. La dégradation fulgurante de l’état de Aidan, son hospitalisation permanente, leurs escapades interdites, ces longues journées à rester à son chevet, à lui faire la conversation, puis à le faire rire, puis juste sourire, et enfin juste être là pour lui, lorsqu’alors le simple fait de se concentrer pour écouter devenait trop difficile. Parfois, Isaiah en venait à souhaiter qu’il se soit produit le contraire, qu’il soit mort à sa place. Mais aussi vite, il prenait conscience de ses pensées, et son égoïsme lui donnait des nausées qui le poussaient jusque dans les toilettes. Il n’avait jamais été ce jeune homme complètement je m’en foutiste et d’une force mentale notoire qu’il montrait aux autres, jamais.

Il entrouvrit les lèvres, expira doucement avant de prendre une grande inspiration, et de faire stopper le tremblement de sa main droite en s’emparant de sa tasse de café pleine, qu’il porta à ses lèvres pour en boire quelques gorgées, grimaçant légèrement lorsque le liquide, trop chaud, lui brûla la langue. Il était fatigué, éreinté même. Jamais auparavant il ne lui avait paru aussi difficile de s’endormir même en étant épuisé. Il y avait aussi cette peur panique de ses cauchemars récurrents, et peut-être qu’inconsciemment, c’était l’une des raisons de ses insomnies : il était trop effrayé de ses songes.

Pendant quelques secondes, ou quelques minutes, il avait perdu la notion du temps, il en oublia la jeune femme et leur altercation, trop tourmenté par ses propres démons pour y faire attention. Ce genre d’absence ne lui était pas étrangère, même si ces dernières semaines, elles semblaient être un peu moins fréquentes. Sans doute à cause de son arrivée à Elderwood, de ce travail qui lui occupait l’esprit. Ce ne fut que lorsqu’elle voulut l’insulter mais qu’elle n’y parvint pas qu’il reprit contact avec le monde réel douloureusement. Hébété, il mit quelques secondes à réagir, le temps pour la jeune femme de se lever et de se diriger vers la sortie, sans doute pour mettre un terme à leur entrevue.

Non. Cela ne devait pas se passer comme cela. Jamais dans son esprit Isaiah n’avait décidé qu’il la laisserait partir. Pas dans cet état là. Il avait tout gâché, il l’avait mis dans une position de faiblesse, avait insisté alors qu’elle allait au plus mal, résultat elle était détruite. Il refusait de la laisser comme cela. Alors, sans réfléchir, retrouvant sa spontanéité de toujours, il se leva, et, le cœur battant, traversa la distance entre eux en quelques enjambées, précipitamment. Arrivé devant elle, lui barrant la route, il n’hésita pas une seule seconde, et la prit dans ses bras pour une étreinte remplie de chaleur et de réconfort. Il la sentit se tendre brusquement, tenter faiblement de se défaire de son étreinte, mais elle n’était clairement pas en état. Et il avait l’intuition de faire ce qu’il fallait. En fait, il n’en savait rien, mais c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour qu’elle reste. Cela ne pouvait de toute manière pas être pire qu’auparavant. Elle tremblait. Il resserra son étreinte, glissa une main dans ses cheveux pour la garder contre lui, et se mit à respirer le plus calmement possible. « Pardon. » murmura-t-il, misérable. « Je suis désolé. »
Alors, plongé dans sa propre peine, dans celle de Joyce qui crevait les yeux, il laissa les larmes glisser à leur guise sur ses joues déjà légèrement humides, en silence. « Je suis désolé. » répéta-t-il. « Je suis là. » lâcha-t-il un peu maladroitement. Joyce avait-elle déjà entendu quelqu’un lui dire cela, au moins une seule fois dans sa vie ? Il commençait à en douter. « ça va aller. » Il n’en savait en vérité rien, mais le dire faisait déjà du bien.



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Salem

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Lun 20 Mai - 14:13

Tout était flou et ses genoux manquaient de se dérober à chaque pas. C’était comme si quelqu’un avait déclenché une tempête qui avait tout ravagé sur son passage. Les membres de la jeune fille tremblaient de façon incontrôlable et elle serait sans doute incapable de se traîner jusqu’en haut des escaliers. Heureusement que la salle commune de Salem n’était qu’au premier étage, mais c’était déjà beaucoup trop. Pourquoi avait-il fait ça ? Et comment allait-elle faire le lendemain pour se lever, s’habiller, se maquiller et prétendre que ça allait ? Il avait tout fait voler en éclats en la forçant à confesser ce qui la rongeait. Quel enfoiré. Quel … Il venait de se matérialiser devant elle. Elle n’eut même pas la force de lui lancer un regard noir et se contenta d’essayer de le contourner. Mais à peine avait-elle esquissé un mouvement qu’elle sentit ses bras se refermer sur elle. Mais qu’est-ce qu’il foutait ? Elle bougea, doucement, essayant de se cabrer sans y parvenir, voulut lui donner un coup pour qu’il la laisse partir mais ne parvint qu’à taper faiblement du plat de la main sur son torse. Ridicule. Elle était ridicule. Et lui il fallait qu’il arrête. Ça ne rimait à rien, il ne faisait que de la merde, il n’arrêtait pas de lui faire du mal et … et la chaleur de son étreinte finit par avoir raison d’elle. C’était simplement qu’elle n’arrivait pas à le repousser. Pas à se battre. Même si elle aurait aimé l’insulter pour ce qu’il avait fait. Le mordre, lui faire mal, lui lancer un de ces regards noirs dont elle avait le secret, qui disaient « tu ne vaux même pas une miette de mon attention ». Mais c’était impossible.

Là, tout ce qu’elle pouvait faire, c’était se mettre à pleurer au creux de ses bras, se raccrochant à ses épaules pour ne pas tomber. Merde. Merde merde merde, qu’est-ce qu’elle faisait ? Pardon. Je suis désolé. Allez, envoie-le se faire foutre, Joyce, mais qu’est-ce qui t’arrive ? Fuis, griffe-le, crache-lui dessus ! Il va partir, lui aussi, comme Papa, comme Caleb. Ou tu voudras le protéger de tes problèmes, comme Archi. Ou tu ne voudras pas assumer ce que tu es, comme avec Ariel, comme avec Indiana. Ça ne rime à rien … Mais rien ne sortait, pas un mot, pas un cri, ni même un gémissement. Même ses sanglots étaient silencieux. Son visage était enfoui dans son cou et elle laissait libre cours au désespoir qui l’habitait. Et, malheureusement pour lui, cela se concrétisait en mètres cubes d’eau salée s’échappant de ses canaux lacrymaux, sans rien d’autre pour attester de ce qu’elle pensait ou ressentait. Je suis désolé. Je suis là. Je suis là. Elle trembla un peu plus violemment et se resserra inconsciemment contre lui. Il était là. Là, oui. Mais plus tard … ? ça va aller. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre. Ses mécanismes de défense étaient suffisamment bien rodés pour se remettre en marche malgré l’état grippé des rouages. Elle tenta de lui glisser entre les doigts mais elle n’y parvint pas. Elle se contenta donc de glisser : Fais pas des promesses que tu tiendras pas. Pourquoi lui, pourquoi ce type s’intéressait-il brutalement à elle ? Elle imprima une légère pression sur ses épaules pour qu’il la lâche. Elle n’en avait pas forcément envie. Elle ne savait pas, en réalité. Elle n’était qu’une adolescente sous-alimentée et en manque, terrorisée par le poids de ce qu’elle venait de libérer en quelques mots. Pas de perspective d’avenir, pas d’estime d’elle-même, juste ce vide incommensurable qu’elle essayait de remplir avec du sexe et de dissimuler par une attitude bravache. Quelle pitié.

Les paupières mi-closes, Joyce essayait de savoir quoi faire. Elle ne voulait pas dormir seule ce soir, mais il était certain qu’il n’allait pas réagir positivement si elle lui sautait dessus. Ou alors elle se débrouillait pour qu’il la ramène et elle s’introduirait dans la chambre d’Archi, il ne s’en formaliserait sans doute pas. Mais en même temps, ce n’était pas exactement son style donc il risquait de se poser des questions. Il y avait Nate, aussi, mais elle avait déjà eu recours à lui de façon récente, donc il risquait de vraiment s’inquiéter et d’en parler à Adam et là, elle serait bonne pour le centre de désintoxication pour jeunes en difficultés. Pas question. Elle voulait, elle devait rester là. Épuisée, incapable de se dégager, elle finit par décider de remettre son sort entre ses mains. Pourquoi pas ? Au point où elle en était, que pouvait-il lui faire de pire ? Doucement, elle fit glisser ses mains dans son dos et souffla : Je vais tomber. De sommeil, de fatigue nerveuse, de sous-alimentation. Mais elle souffla : Tout sauf l’infirmerie, s’il te plaît. Elle ne voulait pas affronter le regard de l’autre bellâtre qui ne faisait que la juger ou inquiéter la douce Savannah. Elle voulait juste se rouler en boule dans un coin. Et attendre que ça passe. Qu’elle retrouve la force d’envoyer chier le monde entier. Demain matin, peut-être. Il ferait jour.

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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Sam 6 Juil - 21:51

Saving private chocapic!
Joyce & Isaiah

You're a princess and I'm a fucking clown





Un individu passant par là aurait eu droit à un spectacle déroutant et assez bouleversant. Il aurait vu deux âmes brisées s’accrocher l’une à l’autre avec la force du désespoir, comme si, si elles s’accrochaient assez fort, elles s’en sortiraient, elles guériraient. Il n’aurait peut-être pas compris l’horreur de ce que ces deux personnes traversaient mais sans doute l’intensité du moment l’aurait fait s’arrêter sur son chemin. Mais la vérité, c’est qu’il n’y avait personne ici à cette heure avancée de la nuit. Et c’était sans doute mieux comme cela. Parce que l’un comme l’autre n’avait aucune envie d’expliquer à qui que ce soit ce qui se passait. Non seulement Isaiah n’en avait aucun envie, mais de plus il n’était certain d’en être tout simplement capable. Sur ses joues, quelques larmes orphelines glissaient de temps à autre. Sa gorge était serrée alors qu’il serrait Joyce tout contre lui, et tant pis pour son t-shirt, ce n’est pas comme s’il s’en préoccupait de toute manière. Dans son esprit, la colère et le soulagement bataillaient. En colère contre lui-même, en colère pour avoir fait cédé toutes les barrières de la jeune femme qu’il tenait dans ses bras et pour laquelle il n’avait sûrement rien fait de plus que réduire à néant cette impression de contrôle qu’elle devait se persuader d’avoir pour tenir le coup. Mais soulagement de la savoir en train de pleurer. Aucune trace de sadisme dans cet état de fait, c’est juste qu’Isaiah savait par expérience que, parfois, à force de se contenir, on finit par ne plus réussir à pleurer. Mais une fois que les vannes cèdent, une fois que les larmes finissent par pointer le bout de leur nez, alors pleurer de tout son saoul est libérateur et fait du bien même si cela ne répare rien.

« Il n’y a qu’une seule promesse que j’ai faîte à quelqu’un que je n’ai pas tenu. » L’ancienne rock star déposa un baiser sur la tempe de la jeune femme dans un geste terriblement naturel et spontané. « Je te promets que je ferais tout ce que je peux pour que ça aille, alors. » ajouta-t-il toujours en murmurant, comme s’il avait peur de briser quelque chose, comme si, s’il haussait la voix, elle redeviendrait de nouveau hystérique et il ne pourrait alors plus rien faire. Mais Joyce semblait avoir épuisé toutes la force qu’il lui restait. Tremblante et fragile dans ses bras, elle lui donnait l’impression de n’être qu’une de ces magnifiques feuilles mortes d’automne qui colorent les parcs et les forêts. Mais qui, en un coup de vent, s’envolent aussitôt. Et elle ne fit que confirmer cette impression quelques secondes plus tard, lui assurant qu’elle allait tomber et l’implorant de ne pas l’emmener à l’infirmerie.

Isaiah ne réfléchit pas. Passant un bras sous les genoux de Joyce, il la souleva comme une princesse. Car c’est ce qu’elle était. Abimée et désabusée peut-être, mais une princesse quand même. « ça va aller. » répéta-t-il. « Je suis là. » Il revint rapidement sur leurs pas pour éteindre la lumière de la cafétéria et en verrouiller l’accès, manœuvrant doucement avec le fardeau qui reposait dans ses bras. « Repose toi. » murmura-t-il alors que la jeune femme avait fermé les yeux, tout contre lui. Il allait s’occuper de tout. Il allait s’occuper d’elle. Elle lui donnait un but. Elle lui donnait une raison.

Un instant, Isaiah se demanda quoi faire. Elle semblait avoir besoin de soins. De réels soins, administrés par un personnel médical. Et il avait peur que son état physique n’empire. Mais sa supplique résonnait encore distinctement dans son esprit. Il ne pouvait pas lui faire ça. Elle ne lui pardonnerait jamais et il ne pourrait plus du tout l’aider. Alors, silhouettes tremblantes dans l’obscurité, il sortit de l’établissement et se hâta dans le froid de la nuit jusqu’à son appartement : où d’autre pourrait-il bien aller ? Ce n’était peut-être pas très indiqué de l’emmener chez lui, ils ne se connaissaient pas, et si quelqu’un venait à le savoir, cela ferait peut être tout un tas d’histoires ; mais c’était la meilleure solution qu’il avait trouvé sur le moment.

Quand il entra, Alien se rua vers lui dans l’optique de lui faire la fête, mais un geste et un regard de son maître suffirent pour lui faire comprendre qu’il ne devait pas faire de bruit. Isaiah ne savait pas si Joyce s’était endormie mais en tout cas elle ne parlait plus et sa respiration était devenue plus régulière. Il soupira discrètement en voyant son bordel. Tant pis. Il ne pouvait pas faire mieux, et c’était peut être le bazar, mais son lit était très confortable. Avec précaution, il la déposa sur son lit, lui ôta ses chaussures et la couvrit de sa couette. Puis, nerveusement, il rabattit le cadre présent sur sa table de chevet, cliché pris sur le vif de lui et Aidan. Bras dessus bras dessous; Aidan les yeux brillants et le sourire doux, a le regard posé sur un Isaiah partant dans un éclat de rire plus qu'authentique. Complicité étouffante et bouleversante enfermée sur le papier photo.

Puis; doucement, il souffla, accroupit à côté du lit :

tab my heart like a stick in the mud
Cut my chest just to see the blood
Now I'm singing out the alphabet
As the tears are putting out my cigarette
We'll hit the cemetary so we can see the holiday lights
Waking up the dead and everything'll be alright

You're angel blue
With teenage traces
Angel blue
With pretty faces


Il se mura ensuite dans le silence, et s’assit, le dos sur le coté droit du lit, ouvrant les bras. Alien y accourut aussitôt. Dans un sourire de clown triste, Isaiah nicha son visage dans ses longs poils soyeux.


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MessageSujet: Re: Saving private chocapic!    Dim 4 Aoû - 20:33

Flotter… Elle avait l’impression de flotter. C’était comme si elle s’était détachée de son corps. Celui-ci devenait de plus en plus immatériel au fur et à mesure que le temps passait (elle faisait tout pour, en même temps, c’était entièrement sa faute) alors peut-être avait-elle fini par s’en détacher. Mais où se trouvait-elle ? Quelques secondes auparavant, elle suppliait cet employé de la cafétéria, ex-rockstar sur laquelle elle fantasmait allègrement à l’époque et qui avait décidé de lui prendre la tête « pour son bien », de ne pas l’emmener à l’infirmerie. Et maintenant, elle flottait. C’était la seule chose dont elle avait conscience. Non. Il y avait quelque chose de chaud sous sa joue droite. De doux, aussi. Sans parvenir à déterminer exactement ce que c’était, elle décida que cela ne pouvait pas lui faire de mal et s’abandonna contre cette zone tempérée, qui diffusa bientôt des vagues apaisantes dans tout son être. Elle ne savait pas où elle était. Certainement pas au paradis, à moins que Dieu ait un drôle de sens de l’humour et fumé un ou deux pétards de trop car elle avait définitivement tracé sa voie jusque dans les profondeurs. Mais une chose était sûre, elle se sentait en sécurité. Alors elle lâcha prise, enfin. Enveloppée dans ce cocon de douceur, elle se laissa totalement aller, se remettant entre les mains d’Isaiah qui la porterait là où il le voudrait. Un tel abandon de sa part était rare voire inédit. Mais c’était reposant. Et pourquoi se battre, au final ? Que lui importait ce qu’il advenait d’elle ? Pour une fois, elle ne pensa pas à Archibald, ou à son frère. Si elle se laissait sombrer une fois pour toutes, quelle différence cela ferait-il ?

La promesse d’Isaiah, elle ne l’entendit pas consciemment. Mais, entrée dans son esprit, elle alla s’y imprimer, non pas au fer rouge, mais d’une manière beaucoup plus douce et délicate. Aussi douce que le tissu sur lequel elle fut déposée. Il s’agissait donc d’un lit. Elle força son esprit à se taire pour profiter de l’engourdissement qui gagnait l’ensemble de ses membres et son esprit. Sa tête ballotta sur le côté et elle sombra dans les bras de Morphée sans plus de cérémonies. Un tressaillement agita ses lèvres, avant qu’elle ne se détende, comme le reste de sa personne. Ainsi assoupie, elle avait l’air serein ou quasiment. Son expression mutine disparaissait et toute trace de tension n’était qu’un souvenir. Comme si, sous la couche de peinture cosmétique, il n’y avait que cette enfant perdue qu’elle était en réalité. Une découverte que peu avaient faite, parce qu’elle ne l’autorisait pas. Nathaniel l’avait vue comme ça. Archibald … pas depuis longtemps. Elle prenait sur elle, récemment, pour ne pas l’alarmer. Alors qui ? Même pas ses camarades de dortoir. Non. Joyce expérimentait quelque chose de nouveau. Et ce n’était pas désagréable. A mesure que ses songes défilaient, elle bougeait, doucement, gémissait, parfois. Nul pleur, nul hurlement ne vint cependant troubler son repos. Etait-ce la berceuse de l’homme ou les lettres dorées de l’engagement verbal qu’il avait pris qui servaient de garde-fou ? Elle n’aurait su le dire. Mais elle ne le chercherait pas, pas plus qu’elle ne voudrait capturer l’essence des songes de cette nuit. Certaines choses étaient faites pour être ressenties au passage. Et cette parenthèse dans sa vie en ferait partie.

Lorsqu’elle s’éveilla, ce fut progressif. Elle savait que la nuit n’était pas encore finie. Ne demandez pas comment, elle le savait, un point c’était tout. Précautionneusement, elle souleva une paupière. Sa bouche était sèche, comme après une soirée trop arrosée, mais elle n’avait pas touchée à une goutte d’alcool depuis très longtemps. Battant des cils une fois, deux fois, dix fois, elle parvint à distinguer le plafond. Premier soulagement : ce n’était pas celui de l’infirmerie. Elle commençait à le connaître. Il avait respecté ce qu’elle lui avait demandé. Il. Calmement, elle laissa sa tête basculer pour regarder Isaiah qui dormait. Bien. Il avait du l’amener dans sa chambre. Une espèce de montagne poilue était également présente. Levant la main, elle en effleura la toison et sentit les larmes lui monter aux yeux, avec l’urgence d’enfouir son visage dedans. Elle se sentait apaisée. Mais toujours aussi perdue et brisée.

Sans faire le moindre bruit, elle pivota, jusqu’à ce que ses pieds touchent le plancher. Elle dut s’y reprendre à deux fois pour se dresser sur ses jambes, qui tremblaient toujours autant. Elle était en petite tenue dans la chambre d’un des membres du personnel. En d’autres circonstances, cela l’aurait fait sourire sardoniquement et elle en aurait profité pour tirer parti de la situation. Mais ce n’était pas un temps ordinaire. Il fallait qu’elle … boive, dans un premier temps. Elle n’avait pas la moindre idée de l’heure. Peut-être était-il encore temps pour elle de regagner le dortoir de Salem l’air de rien. Elle évitait de réfléchir à ce qui s’était produit la veille. Elle voulait juste s’hydrater. Elle repéra une porte qui devait être celle de la salle de bains et la poussa. Elle la referma du bout du pied, avant d’allumer. Allumer le robinet. Ne surtout pas jeter un coup d’œil dans le miroir. Et mettre la tête sous le jet d’eau glacée. Bien. C’était un début.

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