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 Save Me From This Darkness Once Again - Judah

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Yolihuani

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MessageSujet: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 15 Déc - 12:40

INFORMATIONS SUR LE SUJET


Date : Mi-Septembre
Intrigue en cours : Saison 2, Chapitre 2
Protagonistes : Judah Lévy Benathan & Lexie Genesis Noguerra
Statut du sujet : Privé !
Intervention du MJ : Hmm je ne pense pas =D


« citation »


Revenir sur ces lieux, laisser tes doigts caresser les murs de pierre, ta peau frémir sous la chaleur environnante pour ensuite frissonner au souvenir de ce qu'il s'était passé avant les vacances d'été, tes yeux se poser sur les vestiges de l'ancienne bataille ou plus précisément la plaque sur laquelle reposaient les noms des victimes ... Ton pouls s'accélère tandis que les traits de ton visage se durcissent à chaque pas de plus posé sur ce carrelage. Tu t'entends respirer et aimerais ne plus le faire afin de conserver le silence de plomb alourdissant l'atmosphère et malgré toi, tu ne peux empêcher les larmes d'embrumer tes yeux, te masquant l'espace d'un instant le décor sinistre de ces thermes où tu as passé la pire nuit de ta vie. Tes poings ses serrent alors que tu tournes enfin le dos aux bains chauds diffusant une chaleur presque insoutenable pour quiconque a l'audace de s'en approcher tout habillé et pour ces pauvres fleurs dépérissant sous le souffle dévastateur de la chaleur environnante et étouffante à laquelle elles ne sont pas accoutumées presque comme toi qui te sent faiblir à chaque seconde de plus passée en ces lieux de perdition. Et pourtant, tu le sais qu'il n'est pas bon pour toi de revenir ici mais un "tu ne sais quoi" t'as poussé à sortir de ta léthargie et a contrôlé chacun de tes pas te faisant finalement redécouvrir ces lieux d'un nouvel œil. Peut-être t'es-tu lancée malgré toi dans une vaine tentative de guérir ton esprit hanté par ces instants traumatisants ou peut-être que tu as accouru à l'appelle de ce petit quelque chose que l'on appelle "folie" et qui commence à s'emparer de ton être.

« Lex, t'es sûre que ça va ? » Voilà une phrase que tu supportes difficilement et que tu tolères à peine manquant de monter sur tes grands chevaux et perdre la raison à chaque fois que tu l'entends. Tu as beau apprécier que les gens s'inquiètent de ton état psychologique, tu ne peux leur avouer être totalement perdue, baignant en cette espèce de transe morbide où restes de cette nuit terrible te font perdre la tête. Après tout, aucun de tes amis n'est psychologue alors peu importe les conseils qu'ils te donnent, tu continueras à faire comme bon te semble et à leur répondre avec ce sourire particulier un tantinet candide accompagné de ce regard doux et impitoyable à la fois dont toi seule a le secret et qui ne permets à personne de douter de ta sincérité un « Je vais bien merci ... ». Tu essayes de t'en convaincre toi même à coup d'auto-persuasion te poussant parfois à t'observer dans un miroir renvoyant l'image de tes yeux cernés, de ton visage crispé et de cette mélancolie flottant dans ton regard flamboyant et te parler directement. Dans ces cas là, tu te confies à ton reflet et lui dicte la conduite qu'il devra dorénavant adopter de sorte à ce qu'aucun doute ne persiste quant à ton état mental. Ainsi, ce petit jeu durera jusqu'à ce que quelqu'un ne te découvre en pleine discussion avec cette partie de toi vivant dans ce miroir et ne te conduise devant un quelconque psychologue assez patient et rusé pour te faire avouer que rien ne va et que tu n'as qu'une seule envie : pointer ta baguette en direction de l'une de tes tempes et y lancer en un soupir un sortilège d'oubliettes.

Cependant, il y a certaines choses que tu ne veux pas oublier dont cette mystérieuse rencontre avec ce mystérieux inconnu dont tu ne connais que la voix rassurante et dont tu n'as pas envie de découvrir l'identité. Selon toi, il ne s'agissait que d'un mirage, une illusion créée de toute pièce par ton cerveau pour te faire accepter ce qu'il se passait alentour sans que tu ne puisses mettre d'image sur cette boucherie et cette idée te convient parfaitement. Pourquoi devrais-tu mettre un visage sur ce mirage passionné d'histoire, de boxe et du maniement de l'épée ? Tu savais très bien que tu serais dans soixante-dix pourcent des cas déçue de le découvrir mais les trente pourcent restant te laissent dubitative ... Et si dans le fond avoir quelqu'un d'aussi rassurant à ses côtés pouvait t'aider ? Peu importe son apparence, son pays d'origine, la nature de son sang, tout ce qui t'intéresse c'est cette personne que tu as découvert à travers ce même pan de mur auquel tu fais maintenant face. Avançant sans trop prêter attention à la direction que tu empruntais, tes pas t'ont une fois de plus conduit machinalement vers cette cabine où tu étais enfermée la nuit du drame mais cette fois-ci, tu laissais la porte ouverte. Depuis ce jour, rester enfermée n'était plus trop à ton goût et encore moins dans ces thermes, symboles de la lente agonie de ton esprit. Alors que tu posais la paume de ta main contre cette même paroi contre laquelle tu étais adossée il y a quelques mois, tu te mettais de nouveau à divaguer et sentir cette odeur particulière bien vite identifiée par ton odorat affuté comme étant celle la mort ... Les yeux écarquillés, il te semble entendre soudainement des bruits de pas suivre la même direction que les tiens ont pris quelques minutes plus tôt et, sans pouvoir prévoir le moment où il se trouverait dans ton dos, tu sais qu'il se tient là, debout dans l'encadrement de la porte de ce même vestiaire. À ce moment précis, son regard est certainement posé sur ta longue chevelure brune recouvrant tes épaules et tes omoplates, prenant le temps de te détailler alors qu'une petite voix en toi te dit qu'il ne faut surtout pas que tu te tournes et que ton regard croise le sien. À l'image de Psyché, tu suis ton instinct et luttes contre cette envie de finalement découvrir l'identité de ton sauveur de l'autre nuit. Tu avais beau te persuader du contraire, tu sais qu'à présent tu n'avais peut-être pas rêvé et qu'il n'était définitivement pas la représentation de ton subconscient te poussant à ne pas céder à la panique ...

Son souffle ... tu peux l'entendre et le sentir courir sur ton épaule alors que, immobile face à ta paroi sur laquelle ta paume se resserre, tu ne peux plus rien faire. L'oxygène vint à manquer, ta respiration s'accélère se mêlant à celle de celui dont l'ombre projetée par les quelques lumières empêchant ces lieux de baigner dans l'obscurité te recouvre partiellement. Ne serait-ce finalement pas la mort ? Cette grande faucheuse que tu crains tant se matérialisant à chaque fois que tu fais face à un épouvantard et que tu peines à faire disparaître à chaque fois ... Puis, finalement, un éclair de lucidité s'empare de ton esprit embrumé pour faire s'échapper d'entre tes lèvres entrouvertes à la recherche d'oxygène. S'il s'agissait bien de lui, il acquiescerait et feraient fuir une fois de plus ces ténèbres t'oppressant de chaque jour un peu plus. Il viendrait sceller cette promesse restée en suspend au cœur de ces thermes alors qu'il te laissait seule, vaillant sauveur qu'il était, se portant à la rescousse des quelques âmes elles aussi esseulées aux portes de la mort. « Tu es finalement venu me chercher ? »
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 15 Déc - 14:53

Il était déjà venu, ici, à plusieurs reprises. Toujours dans l’espoir inavoué de retrouver cette fille, dont il ne connaissait pas le nom, mais qu’il avait le sentiment de connaitre mieux qu’il n’aurait dû le faire. Parfois, il imaginait comment les choses auraient été si les loups n’avaient pas attaqué. Il se serait changé, aurait laissé ses affaires dans un casier, et aurait pris le temps de se détendre d’une façon qui lui était totalement inédite. Il aurait peut-être croisé cette fille à la voix douce, mais se serait-il souvenu d’elle, une fois rhabillé et passé à autre chose ? Pas sûr. Pas sûr non plus qu’elle ne l’aurait remarqué, ou reconnu par la suite, s’ils avaient dû se croiser ailleurs. Ils auraient été deux complets étrangers, et n’auraient rien trouvé à redire à cela. Le cherchait-elle comme lui la cherchait ? Espérait-elle pouvoir juste coller le mot « réalité » à ce qu’il s’était passé cette nuit-là ? Parfois, il pensait, un peu nerveusement, qu’il était ridicule de donner tant d’importance à tout ceci, qu’il aurait été plus logique de sa part de passer à autre chose et de l’oublier une bonne fois pour toutes. Il se sentait lui-même très bête, trop sensible et investit dans une histoire qui n’en était pas vraiment une. Que se passerait-il, de toute façon, s’ils venaient à se revoir ? Il ne savait même pas ce qu’il pourrait bien lui dire. S’excuser, peut-être, de ne pas être venu la chercher comme il aurait voulu le faire ? Lui confier son mal-être, la honte qu’il éprouvait, de n’être pas allé aider les victimes qui en avaient besoin, car elle, dans sa cabine, était en sécurité ? Paniquée, mais en sécurité. Ça serait être un salaud, insensible et irrespectueux de la peur qu’il avait entendue dans sa voix, de sa panique, et de la promptitude avec laquelle elle s’était confiée à lui.

Lui aussi s’était confié à elle. À vrai dire, de ce qu’il avait dit, il ne gardait pas un souvenir très précis. Il se souvenait seulement de la facilité avec laquelle il s’était ouvert, et de l’oreille attentive qu’elle lui avait prêtée. Des questions qu’elle avait posées, et de sa curiosité à propos de tout. Des détails qu’elle lui avait demandé sur la légende d’Osiris, Isis, Seth et Horus, quand lui n’avait trouvé que ce conte cruel à lui raconter, car lui aussi avait besoin de se rassurer. Impossible de manier l’épée ou ses poings, de venir en aide à leurs camarades qui en avaient besoin ? Alors raconter une histoire qu’il connaissait sur le bout des doigts lui avait fait oublier, l’espace d’un instant, l’absurde de la situation. Elle, en revanche, il se souvenait de tout ce qu’elle lui avait dit. Il pouvait entendre sa voix, parfois un peu éraillée par l’émotion, par la peur, la panique qui revenaient à la charge, et il se souvenait de sa propre fierté quand elle se reprenait et retrouvait un calme tout relatif, juste temporaire. Il avait regretté, par moments, de ne pas pouvoir lui tenir la main, comme il le faisait avec Layla quand elle se sentait mal.

Mais Judah, une fois ces évènements passés, n’en avait plus beaucoup parlé. Il avait tout gardé, tout enfoui sous une couche d’un vernis bien solide, bien mat, discret comme il l’était toujours. Entouré, sociable, toujours un mot agréable, une petite blague, un conseil, à donner, à prodiguer, une accolade amicale à accorder, et personne n’avait jamais osé mettre ceci sur le tapis devant lui. Il avait écouté les gens en parler, longuement, parfois un peu trop, à tel point qu’il en était venu à se demander pourquoi lui-même ne ressentait pas ce besoin qui semblait viscéral chez les autres, si finalement, ça n’était pas lui qui avait un problème quelque part. C’était dans ses pensées, à chaque instant, comme un fond sonore qu’on finit par ne plus remarquer, mais qui ne nous quitte jamais, qui revient à la charge quand il n’y a rien d’autre à quoi penser, rien d’autre à quoi se raccrocher. Et Judah n’était pas du genre à se laisser aller.

Mais ce jour-là, il avait ressenti le besoin d’y aller, dans les thermes, une fois de plus. C’était un lieu magnifique, chargé d’histoire et de références qu’il était heureux d’avoir repérées quand il était venu ici la première fois, la nuit des loups. Ces fresques, ces carreaux blancs, ces mosaïques sur le sol, tout ceci lui donnait le sentiment d’être revenu en Grèce ou à Rome en un temps depuis longtemps révolu. Il avait envie que cet endroit soit différent pour lui, à présent, et puis, il était temps, peut-être, de prendre ce bain qu’il n’avait jamais pu prendre. Sa journée avait été longue, ses cours épuisants, les gens agaçants. Il avait besoin de solitude, de temps seul, pour se retrouver, penser, et puis, paradoxalement, oublier.
Il entra donc dans les vestiaires des thermes, qui à cette heure-ci étaient généralement vides, son sac de toile sur l’épaule. C’était très étrange que de revenir ici, car à chaque fois, il était capable de dire quelle était exactement la cabine dans laquelle il était installé, et celle où elle était enfermée, juste à côté. Il fronça les sourcils. La porte de cette même cabine était ouverte. Il s’approcha, le cœur battant. C’était ridicule de sa part, de réagir ainsi. De dos, une jeune femme aux longs cheveux, immobile, dont le souffle s’était interrompu brutalement, et dont le corps tout entier semblait figé. Elle parla.

« Tu es finalement venu me chercher ? ».

C’était elle. Cette voix, toute douce, et cette peur, revenue au grand galop alors qu’il n’y avait aucune raison d’être effrayée. Mais comment le lui reprocher, alors que lorsqu’il pensait à elle, il lui était impossible de ne pas penser à cette nuit tragique ? Il aurait été égoïste d’être vexé, et étrangement, c’était un bonheur immense, peut-être un peu trop grand, d’ailleurs, qu’il ressentait. La croiser ici, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde aux origines de leur relation, si tant est qu’on puisse parler de relation, était le genre de choses qui lui faisait croire aux miracles. Ou à la magie. La vraie, celle du cœur et de l’esprit, pas celle des serrures que l’on ouvre avec une baguette, ou celle des balais sur lesquels on se déplace.

Qu’était-il censé dire ? Bien sûr, qu’il avait espéré qu’elle soit là, et bien sûr, qu’il avait espéré avoir une chance de revenir la chercher. Mais il n’était pas certain, au fond, qu’elle voulait qu’il revienne, ni que ça soit une bonne idée. Il avança une main, ses doigts frôlèrent ceux de la jeune femme, dont le bras retombait le long de son corps, sans réelle raison, juste pour être sûr qu’elle était là, qu’elle existait, qu’elle ne disparaitrait pas, qu’elle ne fuirait pas. Il avait envie d’entendre sa voix à nouveau, juste pour être sûr, juste pour réaliser et fermer une page qui était restée ouverte un peu trop longtemps. Il recula sa main, hésitant, et inspira profondément. Il lui fallait parler, car ce silence devenait oppressant, inquiétant. Les thermes ne fermeraient pas avant plusieurs heures, mais la perspective des heures suivant cet instant était trop lointaine, presque irréelle. Il était incapable d’y penser. Ses doigts étaient serrés sur les anses de son sac, à tel point que ses jointures avaient blanchies.

    « Je suis revenu, oui ».

Il avait envie de la serrer dans ses bras. Et de ne pas la lâcher.
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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 15 Déc - 15:53

Depuis un moment maintenant, tu vois le monde différemment et étrangement, tu perçois bien plus de choses qu'auparavant. Ces murmures effleurant tes tympans manquant d'exploser lorsque tu serres les dents en les percevant presque comme des cris insoutenables, ces bruits de pas effleurant le sol en crissant parfois lorsqu'un malheureux gravier se prend dans la semelle des chaussures venant égratigner le sol parfait de l'école ou encore la présence de tes camarades dans ton dos lorsque tu ne les attends pas. Cette présence-ci est presque devenue familière et plus d'une fois tu l'as sentie derrière toi en arpentant les couloirs de l'école sans même vouloir te retourner puisqu'il n'était pas réel, certitude qui tombait à présent en morceaux comme ces mêmes quarante-deux morceaux d'Osiris éparpillés à travers les régions de l'antique royaume d’Égypte par Seth le jaloux. Tout ce à quoi tu penses, toutes ces comparaisons que tu effectues sont toutes relatives aux souvenirs que tu as de cet échange passionné au cours de la terrible nuit ayant changé ta vie. Tu te rattaches malgré toi à ces moments rassurants où tu te surpris à te passionner pour la mythologie égyptienne et ses composantes dont les histoires comptées par ton interlocuteur t'avaient quelque peu rassurées. Tu te souvenais l'avoir écouté, adossée à ton malheureux pan de mur, les genoux ramassés contre ta poitrine, ton menton posé sur ces derniers à retrouver ton calme en te laissant bercer par le son de sa voix à la fois suave et apaisant. Malgré tout cela, tu n'en avais jamais parlé à personne ... ce mystérieux inconnu des thermes était ton petit secret à toi et même si l'on t'avait interrogé en cellule psychologique, tu n'avais rien révélé et avait certifié être restée prostrée dans un vestiaire à attendre que le tout se termine, prêtant la moindre attention à chacun des bruits terrifiants t'ayant traumatisés à jamais. Dans un sens, tu n'avais pas menti puisque le moindre bruit, le moindre cri, le moindre signe d'affrontement ressurgissait parfois lorsque tu étais seule et que tu te souvenais de l'ordre dans lesquels ils avaient surgi. Seulement, tu ne voyais pas l'intérêt de parler de ta soupçonnée folie qui, miraculeusement, n'en était pas une.

Que vous vous retrouviez tous deux de nouveau ici n'était donc qu'une évidence et ce fut avec cette même évidence que tu fus persuadée dans un premier temps que ton subconscient était sorti de ton esprit pour se matérialiser dans ton dos et jouer avec tes émotions. Puis, alors qu'un léger frôlement contre les doigts de ton bras gauche pendant le long de ton corps te faisait frissonner, tu te plaisais à croire que cet être pouvait être réel et refermait l'espace d'une seconde tes doigts sur du vide. Était-il ton ange gardien ? Tu aurais très bien pu le croire même si cette notion religieuse ne te serait pas venue à l'esprit mais que tu aurais franchement aimé que ce soit le cas. De la sorte, afin de maintenir le suspens et l'illusion, tu ne te retournais pas et te contentait de fixer ton regard droit devant toi, guettant le moindre de ses faits et gestes, sa respiration se rapprochant, la chaleur de son corps à quelques mètres de toi mais surtout sa voix qui finit par percer le silence, répondant finalement à ton interrogation, te laissant agréablement surprise et quelque peu émue. Il fallait finalement croire que tu n'étais pas si folle que ça et que le seul instant positif de cette sombre nuit était bel et bien réel. Qu'allais-tu donc faire ?

« Je suis revenu, oui »

Ton épiderme frisonne, les battements de ton cœur s'accélère, tes paupière se ferment laissant une larme couler le long de ta joue et dans un silence religieux, tu prends conscience qu'il est là une fois de plus. Tu aurais voulu le croiser, cela ne serait jamais arrivé et tu en étais persuadée. Il eut fallut que le destin te pousse à te rendre de nouveau dans les thermes pour que vous vous retrouviez de nouveau. Peut-être que lui t'avait cherché et ainsi contribuer à ce que vous ne vous croisiez pas volontairement et si ç'avait été le cas, les retrouvailles auraient-elles été aussi belles ? Aussi imprévues ? Tu en doutais fortement et préférais que le hasard vous pousse à vous retrouver ainsi. En te retournant, peut-être le reconnaitrais-tu, peut-être te souviendrais-tu l'avoir vu plus d'une fois à l'une des grandes tables de la salle à manger de l'école ou l'avoir croisé bien souvent dans les couloirs sans jamais lui prêter attention puisque de toute évidence, tu fuyais les garçons. Cependant, aurait-ce été la même chose si une fille avait été là pour toi de l'autre côté du mur pour te rassurer ? Il était l'un des premiers garçon à avoir pris connaissance de tant de choses te concernant et sans vous faire face, sans même pouvoir vous rassurer mutuellement par un regard doux ou un geste rassurant, vous vous étiez mis à nu.

Serrant tes doigts contre tes paumes, tu redressais la tête et tentais de contrôler ce tremblement indésirable agitant tes membres sans que tu ne bouges d'un fil. La peur te ronge les sangs, ton sang se glace dans tes veines et tu ne sais plus quoi faire. Tu aurais aimé le remercier, t'approcher de lui et le prendre dans tes bras mais le fait que vous soyez presque des inconnus l'un pour l'autre te bloque. Et pourtant, tu as envie de sentir ses mains saisir les tiennes, ses bras t'enserrer, sa voix te rassurer une fois de plus et son cœur battre en rythme avec le tiens. Étrangement, tu souhaitais que cet instant ne se termine jamais et que plus jamais vous ne soyez séparés et ce même si tu ne connais ni son nom, ni son âge, ni ses origines puisque vous n'aviez parlé que de choses vous passionnant et que jamais plus depuis vous n'aviez entendu parler de l'autre. Tu te mettais même à penser orgueilleusement qu'il venait tous les jours dans ces vestiaires dans l'espoir de t'y retrouver alors que toi cherchais à l'éviter à tout prix. Mais maintenant qu'il se tenait là, à quelques centimètres de ton corps, l'envie de le voir et d'en savoir plus sur lui et ce qu'il était représentait une tentation de taille. Ne disait-on pas que le meilleur moyen de résister à la tentation était d'y céder ?

Cet instant magique, tu prenais le temps de le graver à jamais dans ta mémoire et laissait cette sensation de gêne, de malêtre vous imprégner tous les deux. Le silence oppressant t'angoissait mais maintenant qu'il était là, plus rien ne te faisait peur si ce n'est la révélation de ce qu'il était vraiment. Prenant ton courage à deux mains, inspirant profondément pour ensuite expirer lentement, tu baisse les yeux, laisses une de tes mains contre le mur et te tournes au ralenti sans directement chercher à croiser le fer avec son regard. Dans ton champs de vision se trouve le bas de son corps et, ne pouvant empêcher cette respiration saccadée de prendre la place de ces inspirations et expirations profondes, tu te sens paniquer. Qu'il est dur de faire face à la réalité et tu en prends conscience. Tu fronces les sourcils, tes traits se tirent et, pour retrouver contenance, tu fermes les yeux. Le découvrir avec les yeux fermés serait certainement moins évident mais c'est ce qui te semble le plus facile pour le moment. Tu n'es pas prête à prendre de plein fouet les rayons X de son regard inquisiteur que tu imagines sombre. Une de tes mains s'agite, tu bouges tes doigts comme s'ils sortaient de longues minutes d'engourdissement et, calmement, tu la lèves et heurtes la sienne. Tes lèvres se pincent et tu retires vivement ta main comme si ton bras venait d'être parcouru d'une décharge électrique. S'attendant à une réaction de sa part ... qui ne semble pas venir, tu lâches en un soupir tremblant. « Excuse-moi ... » Il respire, comme toi et est bel et bien vivant, tout comme toi. À la fois troublée et curieuse, tu ne peux t'empêcher de réitérer l'expérience puisqu'il ne semble apparemment pas réticent ni même consterné devant ton attitude ce qui te rassure, une fois de plus. Ta main, hésitante, reprend vie et frôle la sienne. Ses doigts son chauds, contrairement aux tiens qui sont gelés, et tu meures d'envie de fourrer ta main dans sa paume pour bénéficier de sa chaleur mais sa main, tu l'as vu en te retournant. Tu n'es donc pas surprise de découvrir cette peau douce et légèrement rêche sous tes doigts qui remontent le long de son bras musclé.

Tu découvres une zone de son cou où tu peux sentir son pouls et ne peux t'empêcher de sortir une ânerie du genre « Alors, comme ça ... Tu existes vraiment » de ta petite voix tremblante elle aussi. Et oui, tu t'es permis d'en douter mais cette évidence t'arrache un léger sourire qui disparait pour laisser de nouveau place à cet air concentré que tu empruntes lorsque tu découvres un nouveau morceau du corps d'Osiris ou plutôt, de Judah. Une barbe naissante te chatouille le bout des doigts alors que tu découvres les contours de sa mâchoire. Peut-être trouvait-il ton attitude déplacé mais tu n'en avais que faire, s'il voulait que tout ça s'arrête, il pouvait très bien te repousser mais tu savais qu'il ne le ferait pas. Ton investigation s'arrête au niveau de sa mâchoire et tu consens enfin à entrouvrir les yeux toujours tournés vers le sol. Qu'allait-il advenir de toi lorsque tu croiserais son regard ? Ton cœur exploserait-il sous la pression ? Est-ce que son visage apparaitrait comme une évidence ? Ta main quitte sa mâchoire et reste pendue, immobile, dans le vide comme si tu venais d'être pétrifiée sous le coup du doute.
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 15 Déc - 18:06

C’était un contact étrange, inattendu. Il la regarda faire, les sourcils d’abord froncés, puis senti ses doigts contre sa peau. Il eut la sensation de la voir approcher ses doigts au ralenti, le cerveau complètement anesthésié, et le cœur en pleine parade. Paniqué, impatient, effrayé, aussi, mais incapable de bouger, de faire quoi que ce soit, comme si cette panique avait été noyée sous un flot de joie, une joie inexplicable, accompagnée d’une sérénité qu’il ne comprenait pas. Comment il se sentait ? Il n’en savait rien. Il ne sentait plus que ses doigts contre sa peau, détaillant ses joues, son front, son nez, frôlant une boucle noire de ses cheveux, puis le contour de ses lèvres, qu’il sentit fourmiller. Il se retint d’embrasser le bout de ses doigts, c’eut été inconvenant, déplacé dans un tel moment. Et ces mots, au moment où ses doigts glissent le long de son cou, et où sa petite voix adorable s’étonne qu’il existe vraiment. Ainsi, il n’était pas le seul à penser ainsi ? Il a le sentiment d’être spectateur de cette scène, car, paradoxalement, ça n’est pas possible d’être envahi par tant d’émotions contradictoires, de sensations qui ne devraient jamais se retrouver ensemble au même moment. Il ressent trop de choses à la fois, trop de signaux viennent éveiller les synapses de son cerveau. Il est déstabilisé. J’aime ça, je crois.

Elle ferme les yeux, mais lui la voit, il la voit même très bien, malgré le peu de lumière qu’il y a dans cette pièce, il distingue presque trop bien les courbes de son visage, ses lèvres toutes en délicatesses, qui vont parfaitement avec la voix qu’elle a, et ses grands yeux, qu’il n’a entraperçus qu’un court instant, avant de l’apercevoir, lui. Pourquoi fait-elle ça ? Peur de le trouver laid ? Peur qu’il soit finalement trop réel ? De lui devoir quelque chose, de ne pas pouvoir s’enfuir en courant au dernier moment ? Il ne sait pas, mais finalement, il ne sait plus grand-chose à cet instant. Elle est pleine d’une douceur qui ne le surprend pas, et ses gestes sont à la fois hésitants et curieusement décidés, comme si elle avait attendu cet instant tout en le redoutant. Et dans cette description qu’il se fait d’elle-même, de ses gestes, de son comportement, il se retrouve, et il est rassuré. Rassuré que peut-être, tout ceci ne soit pas aussi étrange qu’il l’aurait cru. Que croyait-il, de toute façon ? Pas qu’elle le touche de cette façon, en tout cas, c’est sûr. Il sent encore les fourmillements de son avant-bras après qu’elle y ait laissé promener ses doigts, et même si ça n’a rien d’ambigu, ça le réchauffe de l’intérieur. Il s’était senti tellement vide, dernièrement, qu’il a l’impression qu’il recommence tout juste à respirer. Une petite voix lui murmure qu’il en fait trop, mais il la fait taire, ça ne lui importe plus.

Elle laissa retomber son bras, et ce fut un manque soudain, presque une douleur, un regret, et son cœur qui hurle que non, elle a fui trop longtemps. Alors il tend la main, et attrape cette petite main toute douce, bien plus douce que les siennes, abimées par la boxe, l’épée, et la poussière du désert. Cette paume, toute chaude, et ses doigts qui hésitent, qui ne savent pas très bien s’ils doivent serrer ou lâcher, s’écarter, il ne leur laisse pas le choix, il les serre entre les siens, peut-être un peu trop fort, et il s’excuse, lâchant un « pardon » qu’il ne pense pas vraiment. Il voudrait qu’elle ouvre les yeux, et que les retrouvailles soient complètes, qu’il ait enfin ce qui lui a manqué ce jour-là, une main à tenir, un corps à serrer contre le sien, et des cheveux à caresser, des gestes rassurants à prodiguer. Peut-être est-ce là ce qui lui a manqué, ce qui lui manque toujours, car malgré ces heures à parler, à se confier, sur l’absence de ses parents, ses grands-parents qu’il aime au-delà de tout et les rêves qu’il a et qu’une vie entière ne suffirait pas à réaliser, il a le sentiment que ça n’était que du vent, que parfois, il ne parlait qu’à une cloison, un mur. Comme s’il y avait eu un fossé immense entre eux, un océan d’incompréhension, lui qui pourtant s’est senti tellement bien, tellement compris, écouté. Pas de jugement, pas d’avis indésirable. Elle était là, et parfois, quand il parlait, qu’elle lui répondait doucement, il avait l’impression qu’elle le tenait contre elle. C’était magique, et la peur de Judah, à cet instant, était que ça ne soit plus si magique que ça l’avait été.

Il leva l’autre main, et d’un doigt, soulevant son menton, espérant qu’elle ouvre les yeux, qu’elle se dévoile un peu, affronte la réalité, lui fasse ce plaisir. Mais elle ne fit rien, et il lui fut impossible de lui en vouloir. Comment lui en vouloir, de toute façon, alors que lui-même sentait son cœur battre à toute vitesse, tellement fort qu’il semblait vouloir sortir de son torse et se réfugier Merlin savait où ? Il fit la seule chose qui lui paraissait sensée, logique : il l’attira contre lui. Pas de vrai raison, juste un instinct qu’il était incapable de refreiner, une pulsion contre laquelle aucun Surmoi ne pouvait lutter.

Il passa un bras derrière ses épaules, et l’attira tout doucement contre lui. Pas cette sorte d’étreinte où l’autre n’a pas le choix, au contraire. Il lui laissa le choix de fuir, sans dire un mot, mais ses gestes disaient tout, eux. Il l’attira contre lui, donc, tout en lui montrant qu’elle avait le droit de décider de ne pas le connaitre. Elle ne savait même pas son nom, après tout, et lui n’avait aucune idée du sien. Il la plaqua doucement contre son torse, appuyant son menton contre le sommet de son crâne, et à son tour, ferma les yeux. Elle n’était plus face à lui ; il n’y avait donc plus rien à regarder, plus rien dont il voulait enregistrer le moindre détail dans sa mémoire, juste au cas où. Il resta longuement sans bouger, sans dire un mot, ou peut-être resta-t-il seulement quelques secondes, ça n’avait pas d’importance, il était juste bien, là, tout de suite. Il pouvait sentir l’odeur de ses cheveux, et leur douceur contre son menton, et ses bras autour de son corps mince et gracile avaient trouvé leur place avec une facilité déconcertante. Il remonta un bras en haut de son dos, entre ses omoplates, avec l’envie de caresser, à cet endroit, comme il l’aurait fait pour réconforter Layla. Avait-elle besoin d’être réconfortée ? Il décida que oui, et caressa son dos, tout doucement, un très bref instant, puis ses doigts se mêlèrent à ses cheveux, entourant une de ses mèches autour de son index, pensivement. Il faudrait parler, il le savait, mais il ne trouva qu’une toute petite chose à dise.

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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 15 Déc - 21:05

Tout cela était trop étrange, trop incertain mais surtout irréel. Une fois de plus, tu te mets à douter. Et si cela n'était qu'un énième rêve se transformant en cauchemar au bout du compte où tu verrais apparaître dans le dos de celui que tu regardes à moitié d'énormes pattes menaçantes et des griffes d'une taille impressionnante prêtes à lacérer tout ce qui passerait sur son chemin. Telle cette patte griffue à la recherche d'une chair dans laquelle trancher et puiser assez de sang pour faire taire cette soif lancinante de violence et de chair à vif, tes doigts se baladent à leur guise sur le visage de celui dont tu sais presque tout sauf le nom. Ils s'attardent sur les contour de ses lèvres, le sillon nasobial parfaitement dessiné, les sourcils et les joues légèrement chaudes sous ses doigts frais. Tu l'imagines à présent dans ton esprit et l'image que tu t'en fais correspondrait parfaitement à ce à quoi il ressemblait vraiment lorsque tu te déciderais enfin à l'observer franchement. C'est timide que tu apprends à le connaître physiquement parlant cette fois-ci. Tous tes sens sont en éveil et l'ouïe y est passée la première lors de leur premier "face à face", séparés par une paroi infranchissable. À présent, tu fais appel au toucher et à l'odorat et hume une délicate odeur de fleur d'oranger. Tu ne sais si cette odeur s'échappe de son épiderme ou tout simplement du fin fond de ton esprit assez perturbé pour provoquer de telles illusions olphatiques et te faire croire dur comme fer ce que tu sens. Tes mains t'ont permis de te faire une brève idée de ce à quoi il ressemblait et cet apprentissage de l'autre passant par les cinq sens te paraît soudainement intéressant. C'était la première fois que tu apprenais à découvrir quelqu'un de la sorte et ça te plaisait. Beaucoup même. Si bien que tu ne pressais pas le pas pour ouvrir totalement les yeux et élever ton visage en sa direction. Avec toi, mieux valait aller doucement plutôt que de brusquer les choses. Tu l'as décidé ainsi, il n'en sera pas autrement et tu te maudits intérieurement de t'infliger un tel suspens.

Il ne réagit pas, pour le moment, et ça te rassure quelque peu. Qu'aurais-tu fait s'il t'avais repoussé ou s'il t'avait demandé ce que tu faisais ? Tu n'aurais certainement pas pu y répondre étant donné que tu ne savais pas vraiment toi-même ce que tu faisais. Tu laissais ton corps faire ce que bon lui semblait tandis que tu nageais dans un océan de bonheur mystique au sein duquel tu t'épanouissais et apprenais à ne plus associer cette voix, cet être à cet évènement de terreur de l'été passé. Dans un sens, tu regrettes cette émotion de peur mêlée à cette confiance placée aveuglément en un inconnu situé juste à côté répondant à ton appel de désespoir, représentant certainement à cet instant fatidique où tu attends que la mort vienne te chercher l'ultime et dernier être humain auquel tu t'adresseras. Alors, tu lui as parlé de tout et de rien, tu lui as confié tant de choses que maintenant, tu ne te sens pas obligée de lui parler ni même le besoin de lui expliquer ce que tu fais. Vous êtes en symbiose, il te comprend, tu le comprends et ton corps frémit à l'instant où ta main quitte son visage pour venir retrouver sa place habituel le long de ton corps qui se refroidit instantanément. Tu viens juste de rompre ce contact que tu te sens immensément seule, vide alors que pourtant il se trouve devant toi. Il semble penser la même chose, éprouver le même manque puisqu'il vient soudainement à toi sans que tu n'aies pu t'y attendre.

Tu retrouves ce contact particulier avec l'une de ses mains venant happer la tienne. Tu ne sais pas vraiment quoi faire, hésite, serre pendant quelques instants tes doigts autour des siens, les relâche, tremble un peu et te retrouve emprisonnée par sa poigne de fer. Il ne t'as pas fait mal mais s'excuse quand même, attention te faisant sourire de nouveau. Tes lèvres s'étirent timidement et tu bats un instant des cils le regard toujours tourné vers le sol et, alors que tu t'apprêtes à franchir le pas, que tu te sens prête à le regarder mais tu n'arrives pas à relever ton visage en sa direction. À quoi t'attends-tu ? À tomber sur un corps humain et une tête de lycanthrope comme tu le vois si souvent en rêve ? Tu penses savoir à quoi il ressemble après l'avoir examiné mais tu n'oses pas. Tu es lâche, comme toujours, et ton sourire se perd de nouveau. Il semble avoir perçu cette once d'espoir que tu ne le découvres enfin alors que tes doigts cherchent entre les siens une place où se glisser et, de son autre main que tu vois passer devant tes yeux, va jusqu'à ton menton et n'élève ton visage. D'instinct, tu refermes tes prunelles comme si tu venais d'être immergée. Tu vogues en eaux troubles et sens que si tu ouvres les yeux à cet instant, le souffle te manquera. Alors, tu laisses un soupir franchir tes lèvres.

Tu réfléchis certainement de trop mais cela te semble essentiel. Lui aussi doit certainement être en train de réfléchir à cet instant précis tant et si bien qu'au final, il décide d'agir. Tu ne sais pas pourquoi mais quelque chose t'attire en lui, tu as envie de te loger dans ses bras au sein desquels tu le sais, tu trouveras ce réconfort et cette tendresse à laquelle tu n'as pas eu le droit au cours de ces derniers mois. Puis, comme dans un rêve, ton corps penche vers le sien, tu fais un pas et te retrouve tout contre lui si près que tu peux sentir sa barbe naissante te caresser la joue alors que tu te dresses sur la pointe des pieds, dernier réflexe que tu as avant de tomber. Mais tu ne tombes pas et ton front vient bientôt trouver sa place entre ses clavicules. Évidemment, il est plus grand que toi et bientôt, tu sens son menton se poser sur le sommet de ton crâne. Tu ouvres les yeux au moment même où votre étreinte débute et vois devant toi le couloir des vestiaires dévoilé par la porte restée ouverte. Tes bras se lèvent et se pressent contre lui comme si tu avais peur qu'il ne disparaisse en fumée. Tu ne lui laisseras pas cette occasion, plus jamais ... Maintenant que vous êtes là et qu'il ne te manque qu'un peu de courage pour oser l'identifier, tu ne vas pas laisser passer cette chance.

Il resserre son étreinte et glisse une de ses mains entre tes omoplates s'y nichant comme s'il s'agissait d'une évidence et qu'il avait l'habitude de le faire. Tu fermes les yeux et apprécies cet instant particulier que peut-être jamais tu n'auras l'occasion de revivre. Il devient plus facile de respirer à présent que tu trouves tes marques à ses côtés mais il devient plus difficile de s'écarter de lui. Partage-t-il les mêmes pensées que toi ? Peut-être bien puisque, comme pour te rassurer, il caresse doucement ton dos à travers le fin tissu de ce débardeur que tu as enfilé à l'à-va-vite le matin même. Tes yeux papillonnent. Tu aurais été un chat, tu aurais ronronné mais là, tu te contentes de retrouver ton calme et respirer lentement.

« Je m’appelle Judah. Et… je n’ai pas eu le temps de te dire que l’histoire d’Osiris, Seth, Horus et Isis… elle finit bien. »

Il joue avec une de tes mèches, tu le sens et ne dit rien. Ce geste te paraît d'un naturel déconcertant et tu n'as pas envie de l'interrompre. Tu es si bien en cette position que tu pourrais t'y endormir bien que vous soyez debout. Mais l'heure de dormir n'est pas encore passée ! Ce prénom prononcé par cette voix faisant vibrer la moindre parcelle de ton corps résonne à présent en écho au sein de ton cerveau, ce même prénom que tu te plais à murmurer et à répéter pendant plusieurs secondes à mi-voix apprenant à l'apprivoiser, t'y accoutumer. Un mystère de plus se lève sur ce mystérieux étrangers dont tu connais presque toute la vie. La moindre des choses serait de te présenter à ton tour mais tu préfères t'attarder sur la dernière partie de sa phrase.

« Tu me la raconteras cette fin ? Je ne serais pas contre un Happy Ending. »

Tu trouves tes marques tant et si bien que ta douce voix ne tremble plus. Il n'est plus ce Mr.Nobody mais ce Judah que tu apprécies tant sans avoir pour autant passé énormément de temps en sa compagnie. Tu as partagé plusieurs rêves avec lui, rêves dans lesquels il venait à ta rescousse, te sauvant bon nombre de fois des griffes d'étranges créatures mais avait toujours le visage masqué. Ne te reste plus qu'à dissiper une fois pour toutes les quelques derniers doutes que tu as quant à son identité. Alors ... homme à tête de lycan ou humain de la tête aux pieds ? Tes petits bras serrent une fois de plus ce corps puis tu t'écartes sans pour autant rompre le contact. Doucement, une de tes mains glisse le long de son dos et remonte le long de son épaule. Ton front se décolle d'entre ses clavicules et ton menton s'élève sans son aide cette fois-ci. Tes yeux restent mi-clos et tu découvres au fur-et-à-mesure son menton, ses lèvres, la pointe de son nez et finalement ses yeux qui te dévisagent. Ton cœur bondit dans sa cage, tu t'empourpres et viendrait presque à craindre qu'une crise cardiaque ne t'emporte sur le coup. Un flot d'émotions contradictoire coule dans tes veines alors que vos derniers échanges repassent devant tes yeux brillants plongés dans les siens. Tu ne pourrais décrire ce qui se passe en toi mais tu te sens stupide. Le mysticisme l'entourant vient de s'envoler en fumée et désormais, tu associes cet Osiris dont il te parlait à cet humain qui te fais face. Il te faut plusieurs secondes avant de retrouver tes esprits et d'être de nouveau dotée de parole. Tu déglutis et après avoir observé son visage sous toutes les coutures, dévoile à ton tour ton identité pour finalement lui sourire avec douceur.

« Je suis Lexie et ... je ne rêve pas. Je suis ravie d'enfin connaître ton nom, Judah.»

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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 15 Déc - 22:10

Serrée contre lui, elle l’avait fait se sentir bien. Ce petit corps chaud, accolé à lui, était une marque de confiance qui le surprenait. Judah le savait, d’autres filles auraient été différentes, auraient bougé contre li, d’une façon qui ne lui aurait pas plu, qui l’aurait fait se sentir mal à l’aise, forcé, dans une position qui lui aurait donné envie de fuir. Mais avec Lexie, puisque c’était son nom, n’était pas comme ça. Et maintenant qu’elle l’avait regardé, et qu’elle avait détourné le regard, les joues rouges, l’attitude fuyante, Judah était rassuré : elle n’était pas ce genre de fille qu’il détestait et avec qui il aurait été incapable d’être ne serait-ce que poli. Il regrettait qu’elle se soit écartée, mais regrettait encore plus qu’elle fuie son regard.

    Je vais croire que tu es déçue. Tu ne t’attendais pas à ce que je me ressemble ?
Dit-il doucement, se penchant un peu afin de chercher son regard. Il est rieur, il est de bonne humeur, et il voudrait que cet instant ne se termine pas. C’est un bon moment, empli d’espoir, et il se dit que toutes les victimes de la nuit des loups, les élèves traumatisés qui restent devraient avoir la possibilité de vivre des moments comme celui-ci, juste pour se rassurer, pour se souvenir que la vie peut être belle. Qu’il reste de l’espoir.

Il lâcha sa main, celle qu’il tenait encore, et se recula un peu. Il ne voulait pas l’étouffer, ou qu’elle pense qu’il était… je ne sais quel genre de personne. Il avait besoin de parler, alors il parla.

    Comme tu le sais, Isis réussit à retrouver les morceaux du corps d’Osiris. Sauf un, essentiel pour avoir un enfant. Alors, elle fit appel à Anubis, qui embauma le corps, et le ramena à la vie. Ainsi, ils purent ensemble concevoir Horus, qui serait un jour le pharaon des deux royaumes. C’était indispensable, car sinon, l’Égypte serait à jamais divisée, et la paix condamnée à ne jamais plus régner. Là où tous pensaient qu’ils n’avaient aucune chance de réussir, ils eurent ce fils, magnifique, brillant, beau comme le soleil. Mais Seth n’en avait pas fini d’exprimer sa jalousie, sa colère, alors il revint, et tenta de corrompre Horus, espérant qu’ainsi, il se rangerait du même côté que lui, ou que, pire, ses propres parents se détournent de lui. Mais il échoua, et chaque matin depuis lors, Horus se lève à l’est et se couche à l’Ouest. Certains l’appellent le dieu soleil, Râ, ou encore Amon. C’est lui qui inspira par la suite Athon, à Akhénaton et Nefertiti, la plus belle reine qui ait jamais régné sur l’Egypte. Ils furent tous deux des souverains maudits, mais pour autant, elle reste la plus belle femme qui ait jamais régné sur le monde, et le fait est que sa beauté fut chantée et louée à travers le monde depuis lors.

Judah s’interrompit, le souffle court. Quand il parlait, il avait tendance à oublier de respirer, surtout lorsqu’il s’agissait d’histoire d’Egypte. Durant son récit, il s’était assis sur le petit banc de bois qui meublait la cabine, et avait invité Lexie à s’assoir à côté de lui. C’était étrange, de partager un si petit espace, où ils avaient à peine la place d’être debout côte à côte, mais ça avait aussi un goût de déjà vu, l’impression qu’il n’était pas tout à fait en terrain inconnu, et il aimait ça. Parfois, il s’était imaginé lui raconter cette histoire, et chaque fois, il ne parvenait pas à lui montrer combien la fin était belle, car à chaque fois, des loups venaient l’empêcher de finir son histoire. Mais maintenant, il n’y avait plus de loups. Il n’y avait plus qu’eux, et c’était beau, c’était un moment qu’ il avait longuement attendu.

    Je t’ai cherchée, tu sais, Lexie… Partout. J’espérais entendre ta voix, mais c’est comme si soudain tu avais juste disparu de l’école. Je… est-ce que ça te dit que nous nous baignons ? On n’a jamais eu ce bain, ni toi, ni moi. Ça serait l’occasion de rattraper le temps perdu, tu ne crois pas ?

Il se leva, et sortit de la cabine, lui adressant un dernier regard, un dernier sourire avant de la retrouver dans les thermes. À vrai dire, il avait besoin d’être un peu seul, de penser un peu, et surtout, il avait besoin d’être sûr que si il rouvrait la porte, elle serait toujours là. Aussi rouvrit-il la porte, et lui sourit il, vraiment, cette fois-ci, un grand et large sourire qui dévoila ses dents comme rarement.

    Tu as intérêt à être là, tu sais, une fois que je me serais changé. Parce que je ne vais pas te laisser t’enfuir à nouveau.


Il referma la porte une seconde fois, et se réfugia dans sa cabine. C’était un drôle de sentiment que de savoir qu’il était revenu à la place qu’il avait occupée quelques mois plus tôt, et de savoir qu’elle était juste à côté, dans la cabine adjacente. Que pensait-elle ? Elle devait l’avoir trouvé particulièrement impoli, un peu goujat, de sortir comme ça, de lui donner un ordre, et de faire comme si elle se devait de lui obéir. Du bout des ongles, il gratta la cloison de bois qui les séparait, pensif. Il aurait voulu avoir quelque chose d’intelligent à dire, quelque chose de spirituel qui la fasse rire et qui efface toute la grisaille des derniers mois, mais il espérait qu’elle verrait les choses comme lui, et que sa simple présence serait suffisante pour effacer la grisaille, justement. Il ne lui fallut pas très longtemps pour être prêt, et il se sentit très bête, à moitié nu dans son maillot de bain. Alors il sortit, verrouilla la porte, et, voyant qu’elle n’était pas prête, il eut peur, un instant, qu’elle n’ait filé à l’anglaise. Mais il pouvait l’entendre, à l’intérieur, et eut un sourire en coin lorsqu’elle se cogna contre une des cloisons.
Judah profita que les thermes soient vides pour aller s’assoir au bord de l’un des bassins, ses jambes trempant dans l’eau brûlante. C’était une sensation étrange, mais très agréable, et il se laissa glisser dans l’eau, son corps entier frissonnant sous l’assaut de l’eau beaucoup trop chaude contre son corps. Il se laissa glisser jusqu’à ce que sa tête soit entièrement immergée, et remonta à la surface dès que son corps vint à manquer d’oxygène, inspirant profondément, et, repoussant ses boucles mouillées de son visage, sur lequel elles tombaient. Des bras, il se hissa de nouveau au bord du bassin, et attendit. Il était venu à elle, il avait maintenant besoin qu’elle vienne à lui. Peut-être était-ce puérile que de s’attendre à ce qu’elle vienne, mais il avait le sentiment qu’il y avait quelque chose entre eux qui faisait qu’ils se comprenaient. Du moins, il avait le sentiment qu’elle le comprenait, au moins un peu, c’était ce qui l’avait ressenti, la fameuse nuit.

Il avait besoin de savoir si dans la vraie vie, ils pouvaient être amis. Au moins s’entendre, se supporter, s’ils seraient capables de se confier l’un à l’autre, si ils pourraient se regarder dans les yeux et se raconter leurs blessures les plus intimes, leurs doutes les plus secrets, leurs plus grands moments de bonheur. Il avait été fasciné par ce qu’elle lui avait dit de son enfance. Ses parents moldus, d’origine modestes, et l’émerveillement que cela avait été pour elle que de découvrir un monde plein de magie. Lui ne connaissait strictement rien à ce monde. Il lui paraissait tellement étrange qu’un monde puisse vivre sans magie. Mais il ne demandait qu’à découvrir. Bien sûr, il savait que dans le passé, les sorciers et les moldus vivaient bien plus proches les uns des autres, mais cette époque avait pris fin lorsque les religions moldues avaient vu le jour, et s’étaient répandues un peu partout dans le monde, laissant courir l’idée que la magie était forcément contraire aux souhaits du « dieu unique ». Il l’imaginait, toute petite, jouer avec des jouets qui ne volaient pas, ne chantaient pas, n’étaient pas enchantés, et imaginait ses parents lui préparer de petits plats sans l’aide d’une baguette magique. Qu’avait-elle appris, là où les sorciers apprenaient à voler sur leurs premiers balais ? C’était un grand moment dans la vie d’un sorcier, et pourtant, ça n’était pas celui que Judah avait préféré. Lui, son grand moment, c’avait été la première paire de gants de boxe que son grand père lui avait offerte. Il conservait toujours ses gants, dans sa malle, et parfois, il caressait le cuir craquelé, se revoyant tout jeune, à cette époque où ses cheveux étaient décidément trop longs et où Layla tirait tout le temps dessus, brandissant les poings avec une maladresse toute enfantine.
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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Dim 16 Déc - 1:55

Se sentir bien au creux de ses bras était une chose mais rougir et se dérober après l'avoir regardé ne pouvait que lui mettre la puce à l'oreille. Mais comment lui expliquer tout ce que tu ressentais à cet instant là ? Cette réticence à le fixer de façon intense bien trop longtemps toi qui as horreur des échanges de regard sans fin ? Allait-il se demander ce qui te gênait tant que ça chez lui ? Il fallait croire que oui puisqu'il renchérit avec une question qui te mis encore plus mal à l'aise l'air guilleret, penchant sa tête sur le côté, son regard partant à la recherche du tiens mais à chaque fois qu'il est près de la réussite, tu esquives et plantes finalement tes yeux sur sa clavicule droite.

« Je vais croire que tu es déçue. Tu ne t’attendais pas à ce que je me ressemble ? »

D'un revers de main, tu dissipes ses doutes et lui adresses un sourire de jeune fille timide pour faire passer la pilule. S'il savait que tu le prenais pour un mirage et que, par conséquent, tu ne t'étais pas projetée dans le futur à l'instant où vos pas se croiseraient de nouveau, comment le prendrait-il ? Il n'eut cependant pas l'air de t'en tenir rigueur et, alors que tu instaurais une distance réglementaire entre vos deux corps pour le découvrir dans un premier temps, tu eus de nouveau envie de te réfugier dans ses bras, soulagée. Mais tu ne réussis à dire que ces quelques mots toi-même amusée de ton attitude « Tu es parfait Judah, c'est juste moi qui déconne, ne m'en tiens pas rigueur s'il-te-plais. ». Il fallait bien avouer qu'il était loin d'être repoussant et qu'il était même susceptible de te taper dans l’œil mais tu te méfiais tellement des hommes que tu ne pouvais te jeter sur lui comme ça ou le dévisager, sans raison, alors que tu venais de le connaître. Tu aurais très bien pu te dire que tu connaissais une bonne partie de sa vie et que ça suffisait à justifier que tu aies envie de le prendre encore et encore dans tes bras mais tu n'es pas de ce genre là. « Il me faut un peu de temps avant de m'habituer à ce visage alors que pendant tant de temps je n'ai été habituée qu'à cette voix qui m'a aidée à tenir le coup pendant les vacances d'été. » Ta main se lève de nouveau à son visage et glisse sur sa joue, geste se voulant rassurant. « Je ne sais pas si je suis très claire mais ... tu comprends ? » Comment expliquer que tu désires préserver cette amitié naissante sans trop en faire puisque de toute évidence, il faut du temps pour t'apprivoiser même si le courant semble passer entre vous. Tu ne veux pas te faire d'idée ni même t'attacher sentimentalement parlant à cet homme aux jolies boucles couleur de jais, pas pour le moment. Il vous reste encore tant à apprendre l'un de l'autre que tu ne veux plus perdre un seul instant et décide d'arrêter de fuir.

Tes yeux semblent retrouver le chemin des siens et tu maintiens un peu plus longtemps le lien entre les miroirs de vos âmes. Cependant, vos mains se quittèrent et il se mouva jusqu'au banc du fond de la cabine. D'un air solennel, il allait continuer à compter cette fabuleuse histoire des dieux égyptiens les plus fascinants et t'invitais à s'asseoir à ses côtés avant de commencer, chose que tu fis sans rechigner. Attentive, tu l'écoutais en observant son profil. Maintenant que tu pouvais le faire, tu ne t'en privais plus et ne manquait pas un seul mouvement de lèvre, battement de sourcil et expression naissant sur son visage. Tu observais également ses mains à la fois fermes et douces qui avaient enserrées tes mains un peu plus tôt. Qu'il était fascinant de l'observer ainsi, de voir cette passion briller dans ses yeux et ce plaisir qu'il prenait à aborder un thème qu'il connaissait sur le bout des doigts. Silencieuse, tu le laissais achever avant de commenter d'un simple «Jamais je n'aurais pu imaginer plus belle fin à ton histoire et pourtant, j'y ai pensé ... » . Tu commentais mais n'avouais pas qu'à chaque fois où tu te sentais mal, tu te rattachais à ce début d'histoire sans fin qu'il t'avait comptée sans en oublier le moindre détail. L'heure n'était pas aux aveux, pas pour ta part en tout cas et ce jusqu'à ce qu'il ne puisse se retenir plus longtemps.

Émue, tu ne laissas cependant rien transparaître et te contentas de le remercier d'un sourire enjoué, très heureuse de savoir que jamais il n'avait abandonné ni même douter un seul instant de la retrouver sinon il n'aurait pas perdu de temps à partir à sa recherche dans les moindres recoin d'Elderwood. Tu n'avais pas l'habitude des compliments ni même que l'on éprouve de l'intérêt pour toi alors, ne sachant que faire, tu te contentais de sourire puisque de toute évidence, tu ne pouvais t'en empêcher. À cet instant, il faisait de toi la fille la plus heureuse du monde tant et si bien que tu ne pouvais refuser sa proposition. N'était-ce finalement pas pour te baigner que tu étais venue ici au départ ? Si tes pas t'avaient conduits ici, peut-être était-ce pour soulager ton esprit perturbé alors, pourquoi ne pas s'octroyer un peu de détente ? « Et pourtant, j'étais bel et bien là. L'on aurait pu se croiser des millions de fois entre temps mais peut-être ne nous serions-nous pas reconnus ... ? Je sais que si j'avais eu l'occasion d'entendre ta voix, je n'aurais pas douté un seul instant ... » Mettre des mots sur ce que tu ressentais à cet instant ou sur ton opinion à ce sujet était quelque peu difficile et pourtant, tu t'étais si facilement exprimée lorsque vous étiez séparés par cette même paroi sur ta gauche ... Peut-être que lors de ce bain, tu retrouverais cette aisance et te décoincerais un peu ... qui sait ? « Et bien, allons-y et je te promets d'être là jusqu'à ce que nos chemins se séparent de nouveau. » Te redressant, tu lui jetais un dernier regard avant qu'il ne sorte de la cabine, te laissant de nouveau seule.

La solitude ... Rien de plus déstabilisant. Tu as beau savoir qu'il n'est pas loin, tu te sens soudainement inutile, inexistante. Fort heureusement pour vous deux, vous n'étiez pas pressés et alliez vous retrouvez dans quelques minutes ... Peut-être même qu'avec un peu de chance, le casier dans lequel tu avais rangé ton sac la nuit d'invasion des lycanthropes serait encore accessible. Tremblante, encore sous le choc d'avoir retrouvé de façon si imprévisible ton "héros", tu filais vers les casiers et ouvrait celui que tu avais l'habitude d'occuper d'un coup de baguette. La chance était avec toi. Ni une ni deux, tu t'emparas de ton sac miraculé et retournas à la cabine sans bruit. En passant devant la sienne, tu pus entendre une espèce de grattement étouffé contre l'un des pans de murs avant de te réfugier de nouveau dans cet espace restreint. Te déshabiller fut difficile, c'était la première fois que tu avais autant de mal à ôter tes chaussettes et ranger tes affaires dans le même sac duquel tu avais sorti ton maillot de bain deux pièces d'un rouge éclatant. Cette couleur t'inspirais la couleur du sang mais tu n'avais rien d'autre sous la main alors tu l'enfilas sans rien dire, te cognant la tête contre le mur en voulant ramasser tes chaussures. La douleur passa bien vite et, rapidement, tu attachas tes cheveux en une queue de cheval haute dont la pointe vint caresser ce même espace entre tes deux omoplates qu'il avait caressé du bout des doigts. Tes doigts vinrent se loger à ce même endroit alors que tu te contorsionnait pour l'atteindre et ce fut comme s'il était de nouveau là, contre toi, et qu'il te rassurait. Fermant les yeux, inspirant puis expirant hâtivement, tu achevas de te préparer et jeta un coup d’œil rapide à la cabine qu'il occupait en déboulant dans le couloir, constatant qu'il n'y était plus.

Ça y est, c'était fini ? Il t'avait laissée là ? Fronçant les sourcils, tu te hâtas en direction du même casier et y rangea tes affaires sans oublier ta baguette dont tu ne te départissais plus. Qui sait ce qui pouvait arriver ?
C'était donc avec prudence que tu faisais chemin inverse en direction des bassins cette fois-ci, faisant une brève halte devant les miroirs des toilettes afin d'observer ton expression et ton allure et voire même ajuster ton maillot de bain. Tes yeux brillaient comme jamais, tes joues étaient encore légèrement colorées et tu te sentis légèrement niaise d'afficher cet air joyeux alors que tu te trouvais dans un des lieux les plus sinistrés de la zone. N'avais-tu pas le droit de t'évader un instant, de profiter de la vie et de faire fi de tous ces évènements tragiques ? De plus, Judah devait certainement t'attendre dans les bassins s'il n'était pas parti entre temps ... La baguette entre les mains, tu avançais prudemment jusqu'à l'arche menant aux bassins. Soulagée, tu y vis ton nouvel allié assis sur le bord du bac à eau, trempé de la tête aux pieds. Le peu de tissu que tu portais ne t'inquiétais même pas, tu savais qu'il n'était pas ce genre de types à observer lourdement une fiche en bikini alors qu'elle s'avançait en sa direction et puis, il était prévu que vous vous retrouviez ici alors, pourquoi être gêné ?

« J'espère que tu n'as pas trop attendu ! J'ai eu de la chance, mes affaires n'ont pas bougées depuis l'été dernier sans quoi j'aurais du te regarder barboter tout seul ou me baigner nue ... L'eau est-elle chaude ? »

C'était une remarque déplacée mais tu n'avais pu t'empêcher de la formuler de même que cette question bateau tout en t'agenouillant à ses côtés. Scrutant la surface de l'eau, pas vraiment sûre de toi, tes doigts finirent par lâcher avec regret la baguette frémissante sur le carrelage humide. Tu ne craignais rien avec Judah à tes côtés mais cette eau t'inquiétais. Tu avais beau savoir nager, tu restais accrochée à ces images perçues dans tes rêves où les bassins des thermes étaient remplis d'une eau rougeâtre que tu ne pouvais assimiler qu'au sang qui avait coulé cette même nuit. Frémissante, tu prêtais plus attention au bassin qu'au jeune homme qui finirait par s'offusquer de ton manque de considération si tu continuais ainsi. Songeant à cette éventualité, tu ne tentes toujours pas d'entrer en contact avec l'eau -tout du moins pas toute seule- et tournes ton visage en sa direction pour rencontrer de nouveau ces iris fascinants. Tu ne sais pourquoi mais lorsque tu le regardes, tous tes doutes s'envolent. « Tu sais, Judah, je suis contente que tu m'aies trouvée ce soir et aussi d'avoir pu entendre la fin de l'histoire d'Osiris. Je n'ai pas pu te le dire avant mais ... merci d'avoir été là pour moi et de m'avoir raconté toutes ces choses qui sont depuis restées ancrées dans ma mémoire. Tu m'as été d'une grande aide ... » Tu as envie de le serrer dans tes bras mais tu ne veux pas risquer de le gêner. Il faut penser que vous êtes tous deux en petite tenue et qu'il serait mal venu de ta part de l'approcher de trop près dans de telles circonstances ainsi te contentes-tu de lui prendre la main aussi naturellement que tu l'avais fait auparavant. Sans aucune ambigüité, tes doigts rencontrent les siens et tu te sens revivre. Ton visage retrouve cette expression si particulière que tu avais laissée au placard depuis le drame à travers laquelle l'on peut capter toutes les émotions t'envahissant de la joie à la gratitude. C'est un peu comme si tu n'avais plus besoin de parler pour exprimer ton ressenti et tu sais qu'il captera tous ces signaux que tu n'as pas besoin d'exprimer de vive voix.

« J'avais un ami, jadis, qui faisait de la boxe. Il m'a appris un mouvement, l'uppercut. Observe et dis-moi si je le fais bien. »

Votre discussion devenait plus légère et c'était plus sereine que tu te permettais d'attaquer sur l'un des points qui avait retenu ton attention : la boxe. Tu ne t'étais pas attendue à ce qu'un sorcier baignant dans la magie depuis son enfance puisse accorder autant d'importance à une pratique moldue mais tu avais été ravie de voir qu'il était ouvert d'esprit et ne vivait pas seulement pour son monde sorcier. Ainsi levais tu ta main libre, l'abaissait à hauteur de tes côtes et serrais ton poing pour l'envoyer en hauteur heurter le vide suite à quoi, ton regard insistant l'incitait à donner son avis sur le sujet et voire même quelques conseils sur sa manière de faire.
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Dim 16 Déc - 11:55

Maintenant qu’il était là, assis sur le rebord du bassin, frissonnant du contraste de température entre l’eau dans laquelle son corps avait trempé et l’air un peu plus frais, il ne savait guère quoi penser. Elle avait été rassurante, tandis que lui s’était montré terriblement maladroit. Mais à vrai dire, il n’avait qu’une hâte : qu’elle revienne. Lorsqu’elle revint et s’assit à ses côtés, il la trouva changée, et ça n’avait rien à avoir avec le maillot de bain qu’elle portait et le corps qu’elle exposait ; d’ailleurs, il n’était pas du genre à reluquer, ça ne lui ressemblait pas. Il la regarda dans les yeux, ou plutôt, il fit attention à ne pas trop la fixer, car visiblement, elle n’aimait pas ça. Elle eut cette remarque à propos de laquelle elle aurait du se baigner nue, qui fit naitre un vrai sourire sur les lèvres de Judah ; il ne l’imaginait pas du tout être du genre à se baigner nue, ni même à dire ce genre de choses dans un autre but que pour plaisanter ou détendre l’atmosphère. Il se contenta d’acquiescer à la question : oui, l’eau était chaude, presque un peu trop, parfaite pour lui. Tous les deux, ils gardèrent leur attention focalisée sur le bassin, et il n’était pas difficile pour Judah de savoir à quoi elle pensait, car ses pensées étaient les mêmes. La seule différence était que lui avait réellement vu les corps. Les avait-elle vu, d’ailleurs ? Il espérait que non, il l’espérait de tout son être, car c’est une vision que l’on n’oublie jamais, un souvenir que l’on emporte dans la tombe, qui tient compagnie dans les moments les plus sombres, et qui ne s’efface pas, même dans les moments les plus heureux. Il était bien placé pour le savoir, car même dans cet instant qu’il partageait avec elle, il ne pouvait pas s’empêcher de se souvenir des corps qu’il avait vu flotter dans l’eau, le dos à découvert, entourés d’un nuage rouge qui lui avait semblé irréel. Il bougea ses jambes dans l’eau, provoquant un clapot à peine audible, le regard ancré sur les ondes qui plissèrent la surface, et confirmèrent l’espoir sourd qu’il avait formulé : non, plus de corps ici, plus de sang, le cauchemar était définitivement terminé.

« Tu sais, Judah, je suis contente que tu m'aies trouvée ce soir et aussi d'avoir pu entendre la fin de l'histoire d'Osiris. Je n'ai pas pu te le dire avant mais ... merci d'avoir été là pour moi et de m'avoir raconté toutes ces choses qui sont depuis restées ancrées dans ma mémoire. Tu m'as été d'une grande aide ... »

Il n’était pas sûr de savoir accepter ce remerciement, pas sûr de pouvoir le mériter, mais ça lui fit chaud au cœur qu’elle le remercie ainsi, qu’elle parle, enfin, de ce qu’elle avait ressenti.

    « Tu m’as été d’une grande aide, toi aussi. Je suis heureux que tu aies été là. »

Il ne put y mettre autant de persuasion qu’elle l’avait fait, car au fond de lui persistait le regret de n’avoir pu aider. Il était fort, physiquement, avait des connaissances de lutte, de corps à corps, qui lui auraient été utiles, et il ne pouvait, peut-être un peu bêtement, s’empêcher de penser qu’il aurait peut-être pu faire la différence. Oui, bien sur Judah, ou peut-être serais-tu mort, toi aussi, vidé de ton sang dans le bassin, pendant qu’elle serait restée prostrée dans sa cabine, paniquée, effrayée et seule. Penser était parfois une malédiction, surtout lorsqu’il était incapable de guider ses pensées vers des thèmes un peu moins funestes. Qu’allait-elle penser ? Qu’il regrettait d’avoir été là, à lui parler ? Ça n’était pourtant pas le cas. Il était seulement partagé, encore un peu perdu et blessé dans son orgueil. Son grand-père lui avait dit, au cours de cet été. « Tu n’es pas un combattant, Judah. Peut-être l’aurais-tu été, si tu avais vécu à une autre époque, mais tu ne peux garder cet état esprit de croisé à notre époque, ou tu en souffriras bien plus qu’il est intelligent et censé de le faire ». Et il avait raison.

  • « Je suis désolé… Je suis terriblement maladroit, et en parler est assez dur pour moi, pour des raisons un peu différentes de celles que l’on peut imaginer. Est-ce que ça te dérange que nous parlions d’autre chose ? »

Bien sûr que ça ne la dérangeait pas. Il avait la conviction, au fond de lui, qu’elle n’était pas comme ça, pas du genre à parler pour ne rien dire, et lui non plus n’était pas comme ça. Elle prit la main de Judah, et il sut qu’elle l’avait compris, qu’elle avait compris et accepté son désir de ne rien dire de plus à ce sujet. Pas maintenant, pas alors qu’il venait juste de la retrouver. Il ne l’avait pas cherchée tout ce temps pour ressasser toute la douleur, tous les doutes et l’incertitude qu’avait provoquée cette nuit dans son cœur, bien au contraire. Il s’aperçut qu’il la considérait, à tort ou à raison, comme un talisman, un porte-bonheur qu’il était heureux de posséder, d’une certaine façon, car leur relation, née du drame le plus indescriptible, était faite pour être unique, c’était évident. C’était bon de savoir qu’il pouvait se laisser aller à ces élans de tendresse qu’il avait pour elle sans qu’elle y voit une quelconque ambiguïté, car ambiguïté il n’y avait pas. A aucun moment. C’était juste… Il ne savait pas ce que c’était, mais il y tenait.

Judah était quelqu’un d’amical, tout le temps. Il n’avait pas vraiment d’ennemis, et peu d’amis qu’il considérait comme tels. Mais s’il y avait une chose sur lui, qu’il fallait comprendre, c’est qu’il était du genre à écouter son instinct. Il ne demandait l’avis d’autrui que très rarement, car lorsque c’était le cas, et que cet avis allait à l’inverse de ce que son propre instinct lui soufflait, alors… c’était son propre instinct qu’il écoutait. Et concernant Lexie, son instinct lui disait, avec une clarté qu’ils étaient faits pour se connaitre. Peut-être les circonstances de leur rencontre étaient-elles particulièrement sombres, et, il en était conscient, beaucoup auraient décidé de la fuir, de l’enterrer en même temps que tous les souvenirs funestes qui allaient avec cette nuit d’enfer, mais lui ne voyait pas les choses ainsi : pour conjurer le mauvais sort, il avait besoin d’un élément qui lui fasse penser que cette nuit avait apporté quelque chose à sa vie. Et Lexie en était la preuve.

Il ne put retenir un éclat de rire joyeux lorsqu’elle lui fit la démonstration de cet uppercut, de son petit poing fragile. Ça n’était pas moqueur, c’était surtout la joie de se retrouver en terrain connu, et de voir qu’elle faisait l’effort de ramener le sujet sur un thème qu’il comprenait et qu’il maitrisait. Mieux, en réalité : qu’il aimait profondément.

    « Ça n’est pas mal du tout, ça ! Attends, je vais te montrer comment améliorer ton geste ».

Il se laissa glisser dans l’eau et se plaça face à elle, afin de mieux lui montrer le geste, serrant son propre poing, et protégeant ses côtes et son ventre de son autre bras, geste qu’elle avait oublié en route.

    « Tu vois ? Il faut que tu te protèges aussi, car c’est pendant que toi tu attaques que ton adversaire peut voir une ouverture et te faire payer au centuple cette attaque que tu as tentée. Regarde, je recommence ».

Il fit le geste à nouveau, puis, s’autorisa à prendre son poing et à le fermer correctement, replaçant délicatement ses doigts dans une position moins dangereuse, moins prompte à la faire souffrir, et, une main sur le coude de l’autre bras de Lexie, il plaça celui-ci de façon à ce que son ventre soit protégé. Il se recula, et observa le résultat d’un œil critique, hochant la tête de satisfaction.

    « Tu veux bien recommencer ? Ça devrait être bon, maintenant ».

Il la regarda faire avec tout le sérieux du monde, son visage exprimant une sérénité, que pour la première fois depuis longtemps, il ressentait vraiment. Alors qu’elle se familiarisait avec sa version du mouvement, il passa une main dans ses boucles mouillées, geste habituel qu’il faisait en toutes circonstances. Ensuite, il lui montra d’autres mouvements, lui expliquant en détail les points faibles et les points forts qui en découlaient, et lui appris même quelques combinaisons qu’il aimait tout particulièrement. Ça n’était rien de très difficile, juste les bases que son grand-père lui avait enseignées lorsqu’il était encore enfant, mais, lui expliqua-t-il avec dans la voix cette même passion que lorsqu’il lui parlait d’Egypte, lorsque l’on maitrisait ces mouvements, on était capable de tout faire, sans la moindre exception. Peut-être pourrait-il lui apprendre ? Lui montrer ce qu’il savait, l’aider à acquérir une confiance en elle, une certitude qu’en cas d’attaque, elle saurait se défendre, et ne serait pas une victime incapable d’agir ? C’était une certitude importante qui protégeait contre les regrets, contre la honte aussi, parfois. Ca ne faisait pas de miracles, mais c’était bon pour l’estime de soi, et aussi pour ce que les autres pouvaient voir en nous. Il lui proposerait, décida-t-il.

    « Est-ce que tu veux essayer contre moi ? » Proposa-t-il.

Il lui adressa un nouveau sourire, un sourire confiant et rassurant qui voulait dire « n’aies pas peur, tu ne risques rien ici, et nous construisons de nouveaux souvenirs, agréables, sur ceux qui nous ont hantés depuis l’été dernier. Ne nous refuse pas ça ».
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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Dim 16 Déc - 21:42

Il te remerciait à son tour mais tu restais persuadée qu'il avait joué le plus grand rôle dans l'histoire et que, quelque soit l'endroit où il aurait pu se trouver ce soir là, il aurait vaincu. Tu en venais presque à regretter qu'il soit resté avec toi cette nuit là, persuadée qu'il aurait pu contribuer à sauver bon nombre de vies plutôt que t'écouter geindre et t'effrayer du moindre bruit, lui comptant ta vie sans pudeur tout comme il l'avait fait à son tour. Mais s'il y avait une chose que tu t'efforçais de faire plus que toute, c'était bien ne jamais regretter et aller de l'avant puisque, de toute façon, il était impossible de revenir en arrière sauf à l'aide d'un retourneur de temps. Tu savais déjà que, grâce à lui, tu évoluerais encore et encore et parviendrai à faire de grandes choses. Il faisait renaître en toi cette détermination bien trop vite laissée de côté au profit de la paranoïa et ce qu'elle t'inspirait : doute, peur, insomnie. Avec tant de mauvaises ondes, tu ne pouvais plus entrouvrir les yeux, accepter de voir le jour se lever alors que tant de sorciers étaient morts au combat mais, pour respecter leur mémoire, tu t'efforçais d'apprécier la vie à sa juste valeur et de vivre cette vie qu'ils avaient laissée derrière eux, se sacrifiant pour les vivants pleurant les pertes de ce jour funeste. Quant à toi, tu te disais juste que tu étais encore trop fragile, trop frêle pour faire face à de telles situations mais que si tu n'apprenais pas à prendre confiance en toi et vaincre cette peur de la mort, tu ne pourrais jamais réussir à réaliser ton rêve : devenir auror. Bien plus qu'un rêve, ce serait l'accomplissement d'une vie. Une simple née-moldue comme toi accédant à un tel poste, voilà quelque chose qui donnait en partie un sens à ta vie. Tu avais beau ne pas être désespérée ni même dépressive, tu accordais énormément d'importance à ce vœu, cher à tes yeux, et cette espérance de pouvoir un jour ne plus avoir peur.

Ce monde à part dans lequel vous évoluez si loin de tous et de tout te paraissais à des années lumières de ce que tu avais prévu de faire cette même nuit puisque, de toute évidence, tu étais loin de penser pouvoir partager un moment en la compagnie de cet être rassurant, bon et admirable. Car oui, en l'observant ainsi du bord de ce bassin, tu l'admirais de tes prunelles noisettes qui le fixaient parfois intensément sans ressentir cette gêne des premiers instants où il l'avait longuement observée peut-être un peu trop, la faisant se renfermer sur elle-même. Tu étais à prendre avec des pincettes mais ça, tout le monde ne le savait pas. Ainsi étais-tu étonnée de le voir s'habituer à toi, à tes habitudes et à tes convenances aussi aisément alors qu'il ne connaissait rien de ta psychologie. Certains auront beau dire "les filles sont toutes les mêmes : compliquées et incompréhensibles au possible" mais toi, tu étais loin de cette description hâtive n'encensant pas le moins du monde la gent féminine. Certains autres prétendront te connaître sur le bout des doigts mais au final jamais personne n'arrivera à la cheville de Judah à ce sujet. Vous aviez beau ne pas vous connaître depuis l'enfance, le lien qui vous unissait était bien plus fort que n'importe quelle prétendue amitié de longue durée. Et tout comme lui le faisait, tu parvenais à le comprendre et à agir en son sens puisque vous opposer et vous affronter n'était pas dans tes projets. Ce que tu cherchais à cet instant précis où vos mains entraient en contact et qu'il te demandait de changer de sujet, chose que tu fis instantanément sans trop réfléchir.

Les souvenirs que vous partagiez étaient encore au stade de plaie ouverte, et vous deux, tels des baumes cicatrisants, vous appreniez à vous guérir à l'aide de la présence de l'autre. L'un pour l'autre, vous aviez joué votre rôle de sorte à ce que l'espoir ne soit pas perdu et que vous continuiez à croire en l'avenir. Le sang avait beau couler devant vos yeux lorsque vous les fermiez, vous saviez qu'à présent, vous aviez trouvé une possible solutions à tous ces maux. Peut-être auriez-vous besoin de temps avant que ces blessures ne se ferment et peut-être en garderiez-vous quelques séquelles mais, maintenant qu'il te faisait face et que tu sentais la chaleur de ses doigts sous les tiens, tu te persuadais une fois de plus que la vie valait la peine d'être vécue ne serait-ce que pour vivre ce genre d'instants précieux et uniques.

Alors que tu lui montrais tes talents en matière de boxe et qu'il t'observait d'un œil curieux et amusé, pénétrant de nouveau dans l'eau certifiée chaude, tu te sentais renaître. T'appliquant à effectuer un mouvement net et précis, tu attendais impatiemment la critique sachant que cela faisait des années que tu n'avais pas fait un tel geste. Jamais tu n'avais eu besoin de te protéger ni même l'occasion d'effectuer un tel mouvement mais, maintenant que tu en avais l'opportunité et qu'il pouvait t'apprendre des choses, tu en profitais. Bénéficier de son savoir et de son avis t'aiderai une fois de plus à grandir et jamais tu ne te lasserais de le voir sourire ou rire de ce ton si joyeux te faisant presque frissonner. Son rire était communicatif puisque tu ne pus t'empêcher à ton tour de glousser devant ce geste que tu effectuais et, attentive à ses conseils, tu t'agenouillais au bord de l'eau, en sa direction et l'observais attentivement laissant la main ayant servi à l'uppercut percer la surface calme et limpide de l'eau transparente emplissant ce bassin. Hésitante, tu appréhendais l'instant où ton corps se mêlerait à l'eau mais puisqu'il ne semblait y avoir aucun risque, pourquoi hésiter ? Resterais-tu éternellement hantée par ces images sanglantes de corps sans vie flottant à la surface, diffusant leurs flots de sang de sorte à teinter cette même eau pure et limpide dans laquelle étudiants comme professeurs aimaient se détendre ? Non.

« Tu vois ? Il faut que tu te protèges aussi, car c’est pendant que toi tu attaques que ton adversaire peut voir une ouverture et te faire payer au centuple cette attaque que tu as tentée. Regarde, je recommence ».

Pas bête, tu n'y avais pas pensé mais te défendre te semblait être une évidence à présent qu'il te faisait la remarque. Imprimant ses faits et gestes dans ton esprit de sorte à les reproduire à la perfection, tu laissais tes jambes tremper alors que tu te maintenais en dehors de l'eau, les paumes apposées sur le bord te permettant de conserver un équilibre précaire et une distance suffisante avec l'eau de sorte à ce que tes hanches ne soient pas immergées. Cependant, de force dans les bras tu ne bénéficiais pas à loisir et, bien vite, tu fus contrainte de lâcher prise et de t'immerger jusqu'aux épaules, grimaçant et fermant la bouche de peur d'avaler une gorgée d'eau ensanglantée. Tu fermes les yeux, les rouvres et lui jettes un regard. Remontant une de tes mains à la surface, l'élevant devant tes yeux, tu peux voir glisser sur ta peau humide de fines gouttes d'eau non pas rougeâtre mais prenant la couleur de ta peau. Tes cauchemars ne prennent pas vie et tu laisses derrière toi ces mauvaises pensées tout en avançant en sa direction comme encouragée par son regard vif et rassurant. « Tu as raison, elle est bonne. Je devrais arrêter de faire tant de cinéma à chaque fois que je rentre dans l'eau. » Certaines filles craignent pour leurs longues chevelures parfaitement arrangées mais toi, tu es préoccupée par d'autres choses bien plus sombres et préoccupantes que l'allure des mèches reliées à ton crâne dont la pointe caresse tes omoplates à l'instant où tu te remets en position, prête à l'imiter pensant cette fois-ci à protéger ton flanc grâce à son aide précieuse. Il modèle ta position, te façonne à sa convenance pour, au final, t'observer balancer ton poing en l'air, éclaboussant au passage ton visage à l'air concentré.

« C'est mieux là ? »

Tu jetais de nouveau ton poing en l'air, ramenant son bras contre ton ventre comme il te l'a recommandé et pense effectuer un geste presque parfait que tu accompagnes d'un kick perçant la surface de l'eau te déséquilibrant au passage pour te faire rejoindre les profondeurs abyssales du bassin. Tu profites de cet instant pour libérer ton esprit, ouvrir les yeux dans l'eau et y voir flou. Les jambes de Judah se dessinent incertaines devant toi et tu reviens à la surface au moment où il te fais une proposition que tu ne peux décemment pas refuser mais à l'évocation de laquelle tu lèves un sourcil manifestant ta surprise. « Est-ce que tu veux essayer contre moi ? ». Certes elle ne risquait pas de le blesser avec sa petite force mais elle avait tout de même peur de lui faire mal. Peut-être que s'il t'entendait penser ceci, il se mettrait à éclater de rire mais tu ne pouvais t'empêcher de t'inquiéter pour lui et cet uppercut que tu maîtrises à demi. « Tu es sûr ? Tu t'es rendu compte que je n'avais aucune force et tu crois pouvoir survivre à un uppercut made in Lexie ? Méfie-toi de l'eau qui dort Judah, je suis redoutable ! » Et, ne lui laissant pas le temps de rire, tu balances ton poing en direction de sa mâchoire en lui jetant un regard malicieux. Tu sais qu'il va parer ou que tu vas t'arrêter au dernier moment, à quelques centimètres de sa peau ou bien que tu vas te faire très mal et que tu regretteras aussitôt ton geste mais, pour le contenter, tu tentes l'expérience et y prends toi-même goût.
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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Jeu 20 Déc - 22:34

Il n’y avait pas besoin d’être devin pour comprendre que cette relation était unique, et qu’elle le resterait. Judah le savait, et Lexie en était probablement consciente, elle aussi : il y avait quelque chose entre eux que personne d’autre ne pourrait jamais prétendre avoir aussi. Ils s’étaient ouverts à l’autre, avaient, à défaut de la voir, sentie et perçue la peur de l’autre, entendu les trémolos dans la voix, et cette épreuve les avait profondément changés. Ils ne seraient peut-être plus jamais les mêmes, mais au moins s’étaient-ils gagnés l’un l’autre. Qu’auraient été les choses si elles n’avaient pas été ainsi ? Judah se serait battu, et puis quoi ? Aurait-il fini infirme, gravement blessé, ou pire, mort ? Lexie aurait-elle supporté de rester tout ce temps, avec pour seule compagnie la peur qui la tenaillait ? Pas sûr, en vérité, que cela eut été possible pour elle. Une part de Judah, de plus en plus présente, à vrai dire, était fière d’être le héros de la jeune femme. N’était-ce pas ce qu’il était ? Il se plaisait à le croire, bien que sa modestie habituelle le rappelle vite à l’ordre. Sous ses allures de jeune fille fragile et peu sûre d’elle, Lexie possédait une force incroyable, dont elle-même ne devait pas avoir conscience. Et c’était tant mieux ; ainsi, elle ne ressemblerait jamais à toutes ces filles qui prétendent posséder une force mentale incroyable et qui craquent à la moins contrariété, à la moins difficulté. Lexie, elle, paraissait fragile au premier abord, mais Judah était convaincu que plus d’une fois, elle avait su se relever, se remettre, et revenir, droite et fière, là où l’on aurait pensé qu’elle abandonnerait. Elle était un roseau, elle pliait mais ne cassait jamais.

Judah fut amusé de la vigueur qu’elle mettait dans ses gestes, reproduisant ceux qu’il avait mimés avec une précision et un soin tout particulier. Il n’y avait rien de calculé dans son comportement, le jeune homme s’en rendait compte, elle était juste… Elle-même. Mais une part de lui ne pouvait s’empêcher de se demander comment était la Lexie d’avant. Riait-elle de cette façon ? Serrait-elle les gens dans ses bras comme avec lui ? Il n’était pas tout à fait sûr de vouloir, pas tout à fait sûr d’être capable de prévoir sa propre réaction si on lui disait que la jeune femme était aussi affectueuse avec tous qu’avec lui. Il perdrait alors le sentiment d’être un peu particulier pour elle, un peu spécial. Unique, en somme, ce sentiment qu’il n’avait pas l’habitude de ressentir le reste du temps. Il était le garçon que tout le monde connait, au moins de vue, que personne ne déteste, parce qu’il avait ce caractère égal, calme et assuré qui avait toujours eu le don d’en faire quelqu’un de particulièrement constant, le genre de personne à qui l’on fait confiance parce que c’est ce qui semble juste. Parce qu’on l’imagine mal trahir, tromper, mentir, même. Il n’était jamais au centre de l’attention, parce qu’il s’y refusait, mais lorsqu’il était absent… alors, les gens le remarquaient. Peut-être leur manquait-il ? Trop humble pour même s’en rendre compte de toute façon. Il aurait donné cher pour savoir ce que Lexie pensait vraiment de lui, de son comportement, de la personne qu’il avait confié être lors de cette nuit tragique, et de la personne contre qui elle balançait ses poings avec une précision impressionnante. Il fut bientôt obligé de cesser de penser, de tergiverser dans tous les sens, car elle ne lui en laissait pas l’occasion. Alors, doucement, il lui rendit ses coups, sans chercher une seule seconde à lui faire mal, se retenant de rire à cette phrase selon laquelle elle était redoutable. Le pire de l’affaire, c’est qu’il y croyait sans mal. Attention, attention, dit-il, tu vas m’éborgner ! Il éclata de rire, simplement parce qu’il en avait envie, et continua, un long moment durant à lui montrer des mouvements simples mais indispensables, et les lui fit répéter, les uns après les autres, s’assurant entre temps qu’elle avait compris quand et comment les utiliser. Comme ça, lui expliqua-t-il, tu pourras te défendre seule, en cas de besoin. Puis il comprit sa bourde, se sentit très bête, et pria de tout son cœur pour qu’elle n’ai pas pris ombrage de sa remarque. Il balbutia, chose qui ne lui arrivait jamais, habituellement.

Je veux dire… Je suis désolé, juste que parfois, ça peut être utile.

Il se tut, la gêne rougissant ses pommettes, et ramena une boucle de cheveux humides à l’arrière de son crâne. Il espérait vraiment qu’elle ne prendrait pas cette remarque autrement que comme une tentative de sa part de lui prouver qu’elle était parfaitement capable, si jamais il le fallait, se débrouiller toute seule. Elle était clairement le genre de jeune femme qui avait besoin de sentir qu’elle était capable de faire quelque chose, d’oser acquérir cette certitude. Elle n’avait probablement pas très confiance en elle, mais étrangement, Judah croyait sincèrement en elle. Il y avait dans son regard quelque chose de solaire, d’impressionnant et d’incroyablement rare en même, quelque chose qui portait une douceur, une fragilité, une vulnérabilité qui lui donnaient envie de la serrer un long miment dans ses bras. Mais il y avait aussi une grande force, quelque chose qui le rendait fier, déjà, d’être dans ses connaissances. Ses connaissances ? Ils étaient plus que des connaissances, du moins le pensait-il. Il tendit les mains à la jeune femme, et murmura quelques mots.

Tu veux venir nager un peu ? L’eau est délicieuse, et… on est là pour ça, non ? A moins que tu ne préfères continuer à me cogner dessus…

Puis, il se recula, et se laissa porter par l’eau chaude des bains. Il s’allongea, les bras en croix, et fit la planche, les yeux fermés, et ses cheveux formant une auréole d’un noir profond tout autour de sa tête, comme une couronne. De l’eau, seuls dépassaient, mis à part son visage, ses orteils et ses genoux. Il se laissa dériver dans l’eau, ne luttant pas contre le léger courant que créait Lexie lorsqu’elle se déplaçait dans l’eau, et un sourire effleura ses lèvres tandis qu’il essayait de deviner quels étaient ses mouvements, dans quelle direction elle se dirigeait, ce qu’elle faisait, et surtout quelle était son humeur. D’un doigt, il pointa la direction où il s’imaginait qu’elle était, et murmura.

Tu es là. Je le sais.
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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Ven 21 Déc - 2:01

Nager en plein bonheur, prendre la vie comme elle se présente à soi, se lier à des individus qui marqueront à jamais sa vie … voilà que tu prends enfin conscience que le monde qui t'entoure n'est pas si terne que ça et qu'il reste encore de l'espoir. D'ailleurs, ton principal espoir, tu l'as remis entre les mains de ce Judah. Il est et restera cette précieuse bouée de sauvetage t'ayant permis de maintenir la tête hors de l'eau lorsque vous assistiez malgré vous aux affrontements des thermes d'une oreille attentive. À partir de cet instant, il s'était transformé en ton héros, le seul homme assez fort pour te soutenir psychologiquement et assez brave pour porter secours aux victimes une fois la tempête passée … Il t'avait même fait légèrement culpabiliser pendant que tu te planquais encore dans ta petite cabine immaculée où pas un seul de tes cheveux n'avait été arraché, alors que ta peau restait intacte épargnée par les coups de griffes des affreuses bêtes assoiffée de sang venant de quitter les lieux et où tu t'étais contentée de faire connaissance avec un parfait étranger. Dans l'histoire, tu n'étais qu'une lâche incapable de prendre les bonnes décisions, paralysée par cette peur intense électrifiant le moindre de tes mouvements te poussant à rester prostrée, les yeux grands ouverts, à attendre que tout soit terminé. Et en sortant, tu espérais ne rien voir. Rester innocente et préférer ne rien savoir, ne rien voir aurait été préférable et pourtant … Comme tous ceux présents en cet endroit, tu n'avais pu éviter les ruisseaux de sang tâchant le carrelage impeccable du rebord des bassins. Tu n'avais pu ignorer l'eau auparavant translucide devenir peu à peu encore plus rouge qu'il y a quelques instants ni même détourner le regard des quelques corps étendus là, déchiquetés, que quiconque aurait été incapable de faire revenir à la vie d'un coup de baguette. Et dire que tu voulais devenir auror … Et lui, que pensait-il de ce souhait, de cet avenir professionnel auquel tu te raccrochais malgré le peu de chance que tu aies de parvenir un jour à réaliser ce rêve ? Oserais-tu lui en parler et lui demander son avis ? Que pensait-il de toi ? Et pourquoi diable accordais-tu autant d'importance à ce qu'il pouvait penser de toi ? Après tout, vous veniez de vous rencontrer physiquement parlant alors … pourquoi cela te semblait si important d'avoir son avis sur des choses que tu n'aurais même pas confiées à Marwin ?

Peut-être que ces mouvements qu'il t'enseignait et que tu t'appliquais à exécuter t'aideraient à l'avenir mais certainement pas à vaincre cette peur omniprésente de la mort t'empêchant d'avancer, de te sortir des bras de la peur te clouant au sol comme un vulgaire papillon stoppé en plein vol, incapable de s'envoler de nouveau. Maintenant que tu étais à même de voir les silhouettes morbides des sombrals et leurs yeux effrayants, tu regrettais amèrement être sortie de ton refuge ce soir là et, en regardant Judah dans les yeux alors qu'il reprenait ses explications, tu te disais qu'il aurait été préférable que tu l'attendes et qu'il te sauve une fois de plus de la vérité en te prenant la main et te masquant les yeux pour te faire sortir de là. Et lui, à cet instant, te regardait en souriant et riait même parfois devant les efforts que tu procurais et le bonheur qui résultait de votre échange. Tout était si facile en sa compagnie. Même les mouvements les plus fous te semblant impossibles alors qu'il te les présentaient un par un étaient réalisables. Ce garçon avait une très bonne influence sur toi, il ne faudrait pas que tu t'en sépares et tu n'en avais certainement pas l'intention, te disais-tu alors que tu l'attaquais directement, un sourire narquois au coin des lèvres. Élève appliquée et consciencieuse, tu faisais le bonheur de tes professeurs et de tes camarades qui s'émerveillaient de te voir apprendre si vite et d'être capable de leur expliquer à ton tour le plus clairement possible les bribes les plus obscures des cours que vous suiviez. Judah était-il fier lui aussi de ces progrès que tu faisais sans même avoir un jour prétendu vouloir faire de la boxe ? Un nouveau sourire de ta part sembla donner un réponse à ta question et tu te surpris même à parer l'un de ses coups alors qu'il t'attaquait à ton tour, gentiment. Il entra même dans son jeu, prétendant que si elle continuait ainsi elle finirait par l'éborgner ce à quoi elle répondit d'un pouffement contrôlé avant de répliquer d'un coup de pied en direction de sa fesse gauche, partie de son corps la plus accessible à cet instant précis à l'instant où il se tournait légèrement sur la droite pour éviter un de ses coups. Ha j't'ai eu arrière-train rebondi ! T'amusais-tu à dire sans même y réfléchir. Tu retombais en enfance et riait avec la même joie que celle que tu exprimais lorsque tu n'étais encore qu'une tête brûlée de 10 ans.

Puis vinrent d'autres explications d'un Judah plus que passionné et plus que patient avec Lexie qui commençait à peiner devant les exercices et les contorsions du poignet qu'il lui demandait d'exécuter. Toi, de ton côté, tu tâchais de faire de ton mieux pour ne pas décevoir ton sauveur, espérant pouvoir un jour arriver à l'égaler si ce n'est le dépasser pour t'en sortir toute seule. Comme s'il percevait lui aussi cette possibilité, il prononça une phrase la faisant immédiatement s'arrêter en plein mouvement. tu pourras te défendre seule, en cas de besoin. Ces mots n'eurent pas l'effet d'un électrochoc, ils te firent juste penser que tu pourrais un jour arriver à ne plus avoir besoin de lui, pouvoir t'en passer et ça, tu ne le désirais pas. Esquissant un sourire gêné, tu détournais le regard vers l'eau limpide et immobile vous entourant alors que vous cessiez tous deux votre petit jeu de bataille-apprentissage. Tu n'osais le dire mais tu le pensais très fort, si fort que tu espérais qu'il allait t'entendre rien qu'en tendant l'oreille en ta direction. Je pourrais peut-être me défendre seule mais je voudrais ne jamais pouvoir me passer de ta présence réconfortante. Tu ne lui en voulais pas mais avais énormément de mal à accepter la réalité des choses et bien que tu aurais aimé pouvoir te défendre seule, tu aurais autant aimé te reposer sur lui égoïstement comme un enfant ne pouvant se défendre seul. Mais malheureusement pour toi, tu étais une personne plus ou moins adulte devant faire face à des tas de responsabilités qu'il le veuille ou non et devant être capable d'agir lorsque cela est nécessaire.

Tes doigts de pied s'agitaient dans le fond de l'eau alors que tu les regardais distraitement, perdue dans tes pensées, tout à coup tirée par cette voix familière espérant ne pas t'avoir heurtée. Ce que tu appréciais le plus chez lui c'est cette facilité qu'il avait à te faire sourire et ne pas lui en vouloir. Après tout, avait-il dit quelque chose de travers ? Tu pensais que non mais lui s'en voulait d'avoir dit cela. Le gratifiant d'un sourire reconnaissant, tu balayais d'un revers de main son excuse avouant que tu comprenais, le remerciant par la même occasion de ce précieux enseignement qu'il te dispensait bénévolement blaguant sur le fait qu'elle pourrait très bien abuser de sa générosité à des fins personnelles. Il n'était pas du genre à se froisser pour de telles choses, raison pour laquelle tu te permettais de tenir de tels propos. Et puis, tu n'avais pas pour habitude d'escroquer tes amis bien que parfois tu sois capable de faire tout ce qui était en ton pouvoir pour conserver ta première place d'élève de sixième année. Que penserait-il de cela s'il le savait ? Serait-il déçu de ton comportement ou saluerait-il cette ambition sans faille grâce à laquelle tu te démenais pour être la meilleure ? Il ne semblait pas s'en préoccuper pour le moment alors, pourquoi l'aiguiller en cette direction ? Il te proposait d'ailleurs de profiter un peu de l'endroit où vous vous teniez et de vous adonner à une pratique que tu appréciais : la natation. Ne pouvant décemment pas refuser sa proposition, tu rétorquais qu'il avait assez souffert pour aujourd'hui et l'observais dans un premier temps s'allonger sur le dos et flotter au gré des clapotis de l'eau et du remous que tu finissais par provoquer en te mouvant avec délicatesse au sein de ce milieu aqueux. Ce que tu aimais par dessus tout c'était explorer les fonds marins alors, à l'image de cette jeune fille que tu étais et qui explorait les profondeurs de la mer entourant ton pays d'origine : Panama . Plongeant la tête la première pour aller toucher le fond de l'eau, t'immergeant cette fois-ci totalement après avoir instinctivement repris ton souffle, tu t'avançais dans la direction opposée à celle qu'empruntait ton ami exceptionnel.

Remontant lentement à la surface, tu prenais le temps de ne faire dépasser que le sommet de ton crâne ainsi que ton front puis tes yeux, puis ton nez histoire de pouvoir respirer. Adoptant la position du crocodile prédateur, tu observais les parties de lui perçant la surface de l'eau et te déplaçais un peu plus sur sa droite tout en t'approchant dangereusement. Il dut sentir le coup foireux puisqu'il leva son index et le pointa en ta direction. Comme si tu avais été accusée coupable d'un quelconque crime, tu te redressais d'un coup, les mains en l'air arborant une mine innocente. Il venait de murmurer quelques mots que tu ne saisis pas mais, étant donné qu'il ne bougea pas plus, tu repris ta position à demi-submergée et essaya de produire aussi peu de remous que ton corps ne pouvait en créer en se déplaçant. Ainsi arrivas-tu assez discrètement vers lui -même si tu savais qu'il t'avait grillée depuis belle lurette- et te jetais sur lui, taquine comme jamais. « Et maintenant je vais te manger ! » Rieuse, tu mordis légèrement son épaule alors que tes bras recouvraient à l'horizontale son torse et que tu le surplombais, victorieuse. Alors que d'habitude, les contacts avec les hommes te dérangeaient, celui-ci était loin de te déplaire. Dans tous les cas, tu savais qu'en sa présence, tu étais en sécurité ce qui devais grandement favoriser cette confiance que tu avais en lui et en tout ce que tu entreprenais en sa compagnie.
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Ven 21 Déc - 20:08

Judah était bien. Ca n’avait rien à avoir avec l’eau, brûlante tout autour de son corps, et le sentiment de détente qui s’emparait peu à peu de lui. Non, c’était bien plus. Peut-être était-ce les bras fins autour de son corps, et la voix délicate qui murmurait à son oreille ? Son cœur bondissait régulièrement lorsqu’elle agissait ainsi, comme si c’était la chose la plus normale du monde. Il avait beau être un garçon sérieux, plein de valeurs un peu vieillottes, eh bien… il n’en était pas moins un garçon. Et il avait, depuis qu’ils s’étaient retrouvés dans les vestiaires, l’envie continuelle de la garder serrée contre lui, et de plonger le visage au creux de son con. À vrai dire, ça n’était pas complètement ambigu, comme envie, c’était aussi le besoin de la protéger, de continuer à la garder près de lui, car, un peu bêtement surement, il avait le besoin impérieux de ne pas la perdre de vue, craintif qu’il lui arrive quelque chose. Mais là, collée à lui, son petit corps quasiment nu contre le sien, et bien… Il n’était pas sûr de n’avoir envie que de la serrer chastement contre lui. Et pourtant, il détestait cette pensée en lui, car elle lui paraissait anormale, c’était comme une trahison en la confiance que la jeune femme avait en lui. Se rendait-elle compte combien ses gestes pouvaient prêter à confusion, et combien il lui était difficile, à lui, de résister à l’envie de l’étreindre avec une passion qui n’aurait sans doute rien d’amicale, de chevaleresque ou même de… correct. Il serra les mâchoires, et garda ses yeux décidément bien fermés. « J’t’ai eu arrière-train rebondi ! » Tiens. Elle avait remarqué son arrière-train ?

Et lui, qui le protégeait ? Elle, bien sûr. C’était peut-être naïf, ça aussi, mais avec elle, il se sentait en sécurité. Du moins, son cœur et son esprit l’étaient. Il savait, sans parvenir à expliquer comment, qu’elle ne ferait rien qui puisse le blesser, et que rien dans son comportement ne pourrait le décevoir. C’était chimique, c’était une certitude qui tordait son estomac et le faisait se sentir un peu idiot, mais qui le rassurait en même temps. Judah était le genre de personne qui se fiait énormément à son instinct, et la concernant, son instinct était on ne peut plus sûr de lui. Alors il y croyait. Il n’avait pas envie, à vrai dire, qu’elle puisse se défendre toute seule. Bien sur, c’était important, il ne prétendrait jamais le contraire, mais… Sa fierté, son cœur, lui tout entier, en fait, aimaient qu’elle puisse avoir besoin de lui. Il avait envie, sincèrement, qu’elle l’appelle au beau milieu de la nuit, qu’elle se fraye un chemin jusqu’à son dortoir, même, et qu’elle vienne le chercher en urgence, où qu’il soit, car elle aurait besoin d’elle. Ca n’arriverait jamais, il le savait, ou du moins s’en doutait-il, mais espérer n’avait jamais tué personne, n’est-ce pas ? Elle était trop présente en lui, cette image du preux chevalier, toujours prêt à venir en aide à sa princesse. Lexie était-elle cette princesse, là, que son instinct avait attendue si longtemps ? Son amie, sa surprise, oui, bien sûr, qu’elle l’était. Mais sa princesse ? Aurait-elle suffisamment confiance en lui, lui qui avait renoncé à aider d’autres personnes pour la rassurer, elle ? Il n’était pas sûr qu’elle ait envie d’être amie avec lui, qu’elle souhaite réellement qu’ils se revoient, une fois rhabillés, et sortis de cette salle. Comment expliquerait-elle à ses amis, par exemple, que soudainement, elle était amie avec le Maarifa passionné d’histoire ? Malgré tout ce qu’elle lui avait confié, il lui restait encore tant à apprendre à son sujet. Des choses peut-être un peu inutiles à première vue, mais qui pour lui, avaient une vraie importance, un sens, qui dénotaient le genre de personne qu’elle était. Mais il savait qu’il ne serait pas déçu. Dire le contraire aurait été mentir. Serait-il capable d’avouer, cependant, d’avouer ce qu’il ressentait ? Pas sûr du tout.

En tout cas, c’était une battante. Et il se ferait un plaisir de lui proposer son aide, si jamais elle souhaitait en apprendre plus sur le combat à main nues. Et même sur le maniement de l’épée, si elle le voulait. Il lui faudrait lui apprendre les bases, pour de vrai, car… Mince, que voudrait-elle faire, plus tard ? Qu’importe, de toute façon, c’était susceptible de lui être utile, qu’importe les circonstances.

Il l’avait regardée, entre ses paupières presque fermées, plonger et passer sous lui, sentant le courant de l’eau, le mouvement qu’elle provoquait, bien qu’elle n’ait pas déplacée une seule goutte d’eau dans son plongeon. Puis, alors qu’il fermait ses yeux pour de bon et qu’elle se déplaçait lentement, après qu’il l’eut avertie qu’il savait qu’elle se déplaçait, elle continua à bouger, et il fut à peine surpris lorsqu’elle vint se blottir contre lui, le menaçant de le manger.

« Non, tu ne vas pas faire ça, je risquerais d’aimer ça », marmonna-t-il d’un ton qui n’était pas très aimable, avant de se reprendre : « et puis je risquerais de me venger ». Alors il se redressa, posa ses mains sur ses épaules, et, lui adressant un sourire carnassier, il se pencha, embrassa doucement sa joue, puis appuya et l’enfonça dans l’eau en riant, ne la laissant sous l’eau que quelques secondes avant de la sortir, riant toujours. Il était espiègle parfois, et avec elle, il avait encore plus envie de se laisser aller à être juste… lui-même. Elle avait mordu son épaule après tout, et déjà, il remarqua que la trace, bien que discrète et absolument pas douloureuse, rougissait peu à peu. Il tourna de nouveau la tête vers elle, et retira les cheveux de devant son visage avant de se pencher à nouveau et de refermer doucement ses dents sur son épaule. Il lui avait dit, qu’il se vengerait, et il n’était pas du genre à parler pour ne rien dire, il lui en donnait la preuve.

Sans la lâcher, il replaça une mèche de ses cheveux, qui tombait sur son front, et l’attira contre lui, la serrant fort. Il en avait besoin, et après tout, il n’avait aucune bonne raison de se priver de ce contact tant qu’il pouvait en profiter.

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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Ven 21 Déc - 23:19

Revivre est le mot qui, à cet instant, qualifie le mieux ton état d'esprit. Après deux mois de vacances à Panama, tu retrouves enfin une bonne raison de sourire pour de bon à Elderwood et pourtant, avant la rentrée, tu te persuadais que plus rien n'irait à l'école; que tout serait noir et désespéré et que tu raterais ta sixième année. Contrairement à plusieurs de tes camarades de l'année passée, tu avais réussi à passer les examens sans soucis et même haut la main. Rien ne t'avais perturbé dans ta capacité à apprendre et réutiliser les connaissances acquises tout au long de l'année mais ces frissons t'envahissant au moment où tes pieds frôlaient de nouveau le chemin menant à la porte d'entrée de l'école de sorcellerie avaient fait grandir en toi ce doute persistant. Plus rien ne serait jamais plus pareil. Ces réminiscences te pourriraient jusqu'à la moelle, t'obsèderaient jusqu'à la fin des temps puisque tu n'étais pas assez forte ni courageuse pour surpasser ces épreuves et encore moins seule. Selon toi, puisque tu n'avais pas été capable d'agir, tu serais incapable de survivre à cette tension et ce remord omniprésents t'empêchant d'évoluer une année de plus et de t'en sortir sans aucun traumatisme.

Grâce à cette présence rassurante allongée à la surface de l'eau, tu avais outrepassé ces craintes en à peine quelques minutes. Cela faisait à peine une heure que vous vous étiez retrouvés et tu te sentais déjà différente. Le cocon dans lequel tu t'étais enfermée et qui te protégeais s'était effrité à son contact. Ces bras ayant enserrés ton corps avaient brisé les chaînes du manque de confiance t'emprisonnant depuis tant d'années. Mais arriverait-il à réduire en miette cette peur de la mort que tu n'arriverais certainement pas à dépasser toute seule ? Était-il celui qui te ferait ouvrir les yeux sur cette personne courageuse que tu étais réellement au fond de toi, et cette sorcière redoutable que tu pourrais être si tu avais plus confiance en toi ? Il cherchait déjà à partager avec toi ces petits plus de la vie quotidienne pouvant t'aider un jour ou l'autre en cas d'extrême urgence et tu te rendais compte -à mesure où tu exerçais les mouvements appris- qu'ils pouvaient être utiles au cas ou tu perdrais ta baguette. La boxe, une pratique inconnue au bataillon était une activité très distrayante, ludique surtout lorsqu'elle était pratiquée en milieu aquatique t'aidant à t'émanciper, te faisant sortir de ta carapace. Il n'y avait rien à dire, Judah était celui qui marquait le début d'une nouvelle vie. Une nouvelle Lexie voyait le jour et, dans les semaines et mois à venir, elle ne cesserait d'évoluer et un jour, elle parviendrait à réaliser son rêve. S'il pouvait contribuer à ce miracle, tu le laisserais volontiers faire. Ce garçon avait une très bonne influence sur toi et ce même si tu ne connaissais pas ses origines, sa matière préférée ni même sa couleur favorite. Tu n'avais aucun doute quant à la bonne tournure que prendrait votre relation amicale naissante et souriait seule dans ton coin en l'observant distraitement à la dérobée. Cependant, tu restais troublée par ce trop plein enthousiasme ressenti lorsqu'il était à proximité et cette envie constante de vouloir établir une contact physique avec lui.

Ce fut donc tout naturellement que tu te rapprochais « discrètement » de lui alors qu'il méditait les yeux rivés au plafond, à mouvements délicats exercés brisant le bloc d'eau limpide dans lequel vos corps baignaient à des années lumière de ce début de soirée recouvrant de son manteau obscur le monde extérieur auquel vous n'apparteniez pas, plongés dans votre monde, éclairés par une lumière tamisée propice à la détente. Le moment était parfait, il fallait bien l'avouer, et t'aidais énormément à te faire oublier ces pensées morbides pour lesquelles tu te passionnais depuis peu. Lorsque tu fermais les yeux pour plonger, il n'y avait aucune trace de cadavres, de sang ou de pattes poilues et griffues prêtes à t'arracher les yeux. Ce que tu voyais c'était le visage serein et souriant qui prenait enfin vie après que tu l'aies longuement imaginé malgré toi. Pendant de longs jours après cette nuit, tu avais évité de sortir de l'antre des Yolihuani et t'étais éclipsée en un soupir à la fin des cours priant pour que jamais cette main ne vienne se poser sur ton épaule de peur que le retour à la réalité soit trop rude. Et pourtant, ces retrouvailles inespérées s'étaient étonnamment bien déroulées. Avoir tendance à tout anticiper avec pessimisme était certainement une mauvaise chose qu'il te faudrait changer. Mais plutôt que de te poser des questions, tu ferais mieux de remonter à la surface et t'attaquer à lui le faisant sortir de cette méditation solitaire t'excluant. Tu n'avais pas envie qu'il soit sans toi et avais de nouveau besoin de le voir pour retrouver ton souffle.

Tes bras recouvraient son torse et tu mordillais gentiment son épaule en le taquinant, taquinerie à laquelle il répliqua aussitôt avec un ton se voulant légèrement menaçant et qui eut pour seul effet de te faire rire. Qu'il risque d'aimer ça te donnait encore plus envie d'insister ainsi, tu te mis à le mordre plus férocement mais sans aucune exagération. Cette marque que tu laissais en te retirant correspondait exactement au genre de marque éphémère que tu voulais imprimer sur sa peau. L'évocation de cette soit-disant revanche te fis lever un sourcil, exprimant ton doute quant à l'exécution de sa menace. Comment s'y prendrait-il et comment oserait-il se venger face au regard brillant que tu lui lançais alors qu'il se redressait et apposait ses douces mains sur tes épaules, te faisant frissonner au passage. Tu l'observais, méfiante, et t'apprêtais à riposter à la moindre attaque. Tes mains s'élevèrent hors de l'eau et allèrent se poser sur ses poignets par anticipation à ce qu'il allait faire. Ses lèvres se posèrent sur ta joue te paralysant sur le coup sans que tu puisses expliquer la raison de cette immobilisation partielle et, alors que tu t'apprêtais à lui rétorquer quelque chose, tu te retrouvas de nouveau immergée par la force de ses bras. Tes cheveux vinrent masquer ton sourire amusé lorsqu'il te sauvait de l'appel des profondeurs mais tu parvenais encore à discerner ses contours à travers ses mèches masquant ton regard flamboyant. Il s'empressa de te libérer de cet aveuglement partiel et mordit à ton tour ta peau. Tes joues te brulèrent à l'instant où il exerça une légère pression sur ton épiderme et les os de tes épaules puis, tes mains glissèrent sur ses bras en les griffant légèrement au passage. Tu te sentais bien, trop bien … des fourmillements parcoururent tes jambes remontant jusqu'à ta nuque et tu te laissais faire et ce jusqu'à te retrouver de nouveau entre ses bras protecteurs et réconfortants.

« La prochaine fois tu me mordras au cou et plusieurs nuits plus tard je me transformerai en vampire, c'est ça ? »

Tes petits bras glissèrent dans son dos et l'une de tes mains remonta au niveau de ses omoplates que tu caressais du bout des doigts en frottant ta joue contre son épaule abimée par tes dents. Curieuse de voir si la marque s'était estompée, tu rompais le contact entre ta joue et sa peau et observait sa peau de plus près. Le teint de son épiderme, et le manque de lumière t'empêchait de te rendre compte du résultat mais un sourire satisfait fit irruption sur ton visage alors que tu observait son regard noir. La proximité entre vos deux corps, lorsque tu en pris conscience, fit accélérer les battements de ton cœur de sorte à ce que tu te mettes à rougir de nouveau. Rares étaient les fois où tu t'épanouissais entre les bras d'un jeune homme encore moins entre les bras de quelqu'un que tu connaissais depuis aussi peu de temps mais à cet instant précis où vous étiez si proches, tu n'avais plus envie de réfléchir. Te laisser aller semblait la meilleure des thérapies. Sa mâchoire appelait la paume de ta main qui retrouva bien vite le chemin l'y menant, parcourant son dos, caressant ses côtes, remontant sur son torse, effleurant son cour pour finalement venir nicher celle-ci au creux de ta main. Ton pouce s'aventurait même à caresser sa joue et le coin de ses lèvres. En l'observant et le découvrant ainsi, tu avais l'impression d'en apprendre plus à son sujet à chaque étreinte que vous partagiez. Le courant passait entre vos deux regards.

À quoi pouvait-il bien penser à cet instant précis ? Fronçant les sourcils, tu cherchais la réponse en le dévisageant, essayant de prendre conscience de toutes les parties de vos corps se touchant. Son corps musclé maintenait bien au chaud ta silhouette frêle et fragile et entre ses bras, tu peinais à respirer non pas par étouffement du à cette étreinte mais à cause de ce qui se produisait en toi et que tu ne pouvais décrire … ou plutôt, n'osais pas décrire.

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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 22 Déc - 17:26

À écouter en lisant. (c'est ce que j'ai écouté en écrivant)

« La prochaine fois tu me mordras au cou et plusieurs nuits plus tard je me transformerai en vampire, c’est ça ? »

Judah ne peut retenir un rire, et murmura contre la joue de la jeune fille « si je te mords, c’est en loup que tu vas te changer, crois-moi ». Il adorait ces animaux, et ce depuis toujours. Sociaux, gentils, généreux et protecteurs envers les membres de leur meute, ils n’en étaient pas moins mortels pour tout ce qui représentait un danger, et étaient imbattable lorsqu’il était question de chasser le repas des plus faibles. Il y avait dans leur regard une intelligence, une compréhension du monde qui les entourait qui avait le don de chambouler le jeune homme, et il savait que lui-même partageait certains traits de caractère avec eux. Loyauté. Fidélité. Courage. Générosité. Et peut-être aussi cette facilité à montrer les dents dès lors qu’on s’en prenait aux gens qu’il aimait. Et, à présent, pas de doute possible, elle faisait partie des individus pour qui il était prêt à montrer les dents, à brandir les poings, s’il le fallait. Il pouvait presque sentir les battements de son cœur contre son torse, et c’était une sensation étrange que ce petit corps vivant écrasé contre le sien, expression d’une confiance qu’il accueillait avec un plaisir non dissimulé. Et puis, un sillon de frissons accueillit le geste délicat de ses doigts, au creux de ses reins, contre la peau si sensible de ses côtes, sur son torse, avec une familiarité émouvante, une confiance, encore une fois, qui le chamboulait, qui lui plaisait, qui le rendait juste heureux. S’il y avait bien un mot apte à décrire Judah à cet instant, c’était celui-ci. « Heureux ». Et la main remonta, encore, le long de son cou, tout contre sa clavicule, retraçant les contours de sa mâchoire, et voguant légèrement jusqu’à ses lèvres, traçant leur contour avec une précision, une lenteur presque insupportable, car même avec tous les efforts du monde, il était difficile de considérer ce genre de gestes comme simplement amicaux, comme totalement dénués d’ambiguité. Se rendait-elle compte de ce qu’elle faisait, ou le faisait-elle avec cette innocence accoutumée qu’il avait appris à connaitre, sans penser un seul instant que lui bouillait dans son propre corps, et pinçait ses lèvres l’une contre l’autre en une volonté résignée de ne pas se laisser aller à embrasser la pulpe de ces petits doigts un peu trop doux pour leur propre santé. Pour sa santé mentale à lui.

Sa peau avait déjà commencé à rougir, à plusieurs emplacements de son cou, des traces de dents de Lexie, et il savait déjà qu’elles seraient toujours présentes le lendemain. Et ça ne le dérangeait pas. Paradoxalement, ce simple état de fait était problématique. Il baissa les yeux sur elle, sans pour autant lâcher l’étreinte de ce corps contre le sien, et parla avec la franchise qui était la sienne. Il n’était de toute façon pas du genre à se mentir, ni à mentir à qui que ce soit. Mieux valait ne pas feindre quoi que ce soit, un désintéressement quelconque. « Tu sais, je suis un garçon, ce genre de gestes peut être… Mal interprété. Et je ne veux pas de ce genre de… mal entendu, pas avec toi. » Mais il ne la lâcha pas pour autant, resta là, debout au beau milieu de cette pièce à l’humidité étouffante, aux nuages de vapeur provoqués par la condensation, et aux petites gouttelettes qui tombaient, il ne savait guère où, produisant ce son caractéristique de « ploc ploc » à répétition. C’était apaisant, c’était agréable, et il savait qu’il aurait envie de revenir ici. Pas seul, cela allait sans dire. Serait-il seul à nouveau, d’ailleurs ? Il peinait à imaginer que cela puisse être possible. Il n’avait juste pas envie d’avoir à revenir ici sans elle. Impensable. Alors, malgré les paroles un peu crues, qui peut-être avaient changé définitivement l’ambiance, et les pensées que la jeune femme entretenait à son égard, il se pencha et déposa ses lèvres contre son front humide, un long moment, et lorsqu’il se recula, ce fut pour appuyer le côté de sa tête contre celle de Lexie, la serrant d’autant plus fort dans ses bras. Etrangement, il n’avait plus tellement envie de rire, il était dans un état un peu second, cet état que l’on connait lorsque l’instant précédent était trop heureux, trop bon pour que le suivant lui soit meilleur. Il pensait à toutes les fois où il s’était interrogé à son sujet, et à toutes les fois où il avait eu peur qu’elle ne soit pas le genre de personne avec qui il pouvait s’entendre dans la vie de tous les jours. Bien sûr, bien peu de personnes étaient capables d’imaginer Judah n’aimait pas quelqu’un, mais qui sait ? Tout pouvait arriver, elle en était la preuve.

Il eut un frisson, et s’aperçut qu’il avait un peu froid. Il leur faudrait sortir de l’eau bientôt… Mais autant être franc : il n’en avait pas très envie. Cependant, il avait l’esprit pratique. Il y avait plusieurs solutions à ce problème : sortir de l’eau, aller se sécher, et proposer à Lexie d’aller rejoindre la grande salle, où ils pourraient peut-être se faire servir un thé, un chocolat, ou n’importe quelle autre boisson chaude. Il choisit la seconde solution, presque à regret. Elle exigerait qu’il se sépare d’elle, le temps de se sécher, de s’habiller, de ranger ses affaires, puis qu’il l’attende et qu’il réussisse à la convaincre de ne pas aller dormir tout de suite. Le lendemain serait une journée de cours, et l’un comme l’autre seraient épuisés. Mais, autant être honnête, il n’avait pas tellement envie d’aller se coucher. Il n’avait encore jamais croisé le garçon avec qui il partageait sa chambre, car il arrivait toujours plus tard que lui, partait aussi plus tôt, et la seule chose qu’il entendait de lui, c’était ses ronflements, insupportables pour ses nerfs à vif lorsque la journée se terminait.

« Qu’est-ce que tu as prévu pour demain soir ? » Demanda-t-il finalement après de longues minutes de silence, s’écartant un peu de Lexie pour s’immerger jusqu’au cou dans l’eau. Il n’avait pas très envie de s’éloigner d’elle, mais… un peu bêtement, il avait aussi envie qu’elle vienne à lui, et qu’elle soit celle qui tendrait les bras. Bon. Elle venait de le faire, mais il voulait qu’elle le fasse encore. Il aimait bien son petit sourire en coin lorsqu’elle s’approchait, et le naturel avec lequel elle le prenait dans ses bras. Il se sentait enveloppé, entouré, et cela n’avait rien à voir avec le fait que, comparée à lui, elle soit parfaitement minuscule. Leur amitié promettait d’être intéressante.

Il s’appuya contre le rebord carrelé du bassin, ses bras relevés contre les rebords, de chaque côté de son corps, l’eau le recouvrant jusqu’au haut du torse. Ses cheveux commençaient à sécher, et les boucles tombaient, comme toujours, sur son front. Il faudrait qu’il songe à les faire couper, mais, comme à chaque fois, il ne se déciderait à tout couper que plusieurs mois après s’être rendu compte qu’ils étaient trop longs. Judah n’était pas le genre de personne à être très… Pressé. Certains le trouvaient mous. Lui pensait qu’il connaissait juste ses priorités. Il pencha la tête de côté, et adressa un petit sourire fin à Lexie, attendant une réponse de sa part, se demandant comment introduire le fait qu’il avait eu terriblement envie de l’embrasser. Il ne l’introduirait pas, décida-t-il. C’était trop bizarre, trop malvenu à l’égard de cette jeune femme qui faisait ressortir son instinct de protection le plus fort, le plus intense, le plus possessif, même. Lui qui écoutait toujours sans se plaindre les jacasseries de sa meilleure amie, qu’il connaissait depuis toujours et aimait plus qu’il ne lui était possible de le dire, savait qu’il écouterait Lexie lui parler de sa vie, de ses projets, de ses goûts, avec un plaisir réel. Il se demanda ce qu’elle ferait de sa vie. Il y avait une vraie générosité dans son regard, une douceur émouvante qui avait su faire… quelque chose à son propre cœur, dès les premiers instants. Dès la nuit des loups, en réalité, car cette douceur était présente jusque dans sa voix, jusque dans les gestes qu’il l’avait imaginée faire alors qu’elle lui parlait à travers le panneau de bois. Médicomage, peut-être ? Beaucoup n’avaient pas une très bonne image de ce métier, mais lui pensait qu’il fallait un vrai courage pour prendre sur soi la responsabilité de vies d’individus qu’on ne connait pas. Lui-même serait incapable de se lancer dans un tel métier.

Quand il était plus jeune, il avait eu sa période « Auror ». Puis, il avait compris qu’il en était incapable. Pas qu’il manquât de courage, ou de force, ni même d’intelligence. Ses connaissances en sortilèges étaient profondes et bien documentées, lui qui se passionnait pour la magie antique, mais il avait trop de cœur, il serait trop blessé s’il venait un jour où il ne parvenait pas à sauver une vie, s’il n’était pas capable de faire ce que l’on attendait de lui. Et s’il se retrouvait dans cette situation, où l’on comptait sur lui et qu’il était incapable de faire son travail, comment pourrait-il un jour se regarder dans une glace, se reconnaitre et s’accepter sans se détester ? Il en serait incapable.
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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Sam 22 Déc - 23:59

« Un loup ? Intéressant …

Tu t'imaginais te transformer en bête poilue et arpenter un territoire enneigé à la recherche d'une meute à l'instant même où il évoquait cette apparente fascination pour ces canidés sur le compte desquels on se méprenait souvent. Toi ton truc, c'était les écureuils comme en certifiait ton patronus mais tu devais bien avouer que la perspective de l'imaginer en loup était plaisante. Se pouvait-il qu'il possède les mêmes qualités que cette forces de la nature ? Tu l'espérais et finissais par n'en plus douter à mesure que tu le découvrais. Cela faisait peut-être seulement au total quelques heures que vous vous connaissiez mais tu espérais ne pas te tromper à son sujet histoire de pouvoir continuer à placer en lui cette confiance aveugle avec laquelle tu apprenais à composer en sa présence et qui n'était pas si désagréable que ça. Agir sans réfléchir, vivre pleinement et ne pas penser aux conséquences de tes actes aussi chastes soient-ils était franchement plaisant et pour rien au monde tu n'échangerais ce moment privilégié avec quelqu'un.

Tu fus surprise par cette révélation émanant d'entre ces lèvres que tu fixais intensément à mesure que tu les caressais comme fascinée par leur contour. Pas un seul instant tu avais pensé pouvoir mal interpréter ses mots ou ses gestes et te retrouvait au centre d'un problème majeur. Tes intentions pouvaient être mal interprétées puisque, comme il l'avait dit, il était un homme et tu étais une femme et ces gestes pourtant naturel que tu avais à son égard suscitaient une réaction purement normale maintenant que tu y pensais chez cet être unique que tu n'avais pas envie de lâcher et ce même s'il pouvait se méprendre quant à ton attitude. Bien loin de toutes ces aguicheuses de première que tu évitais comme la peste, cette main que tu avais fait glisser sur son corps sans aucune pudeur avait suivi un chemin tracé par les lignes et courbes de son corps. Tes doigts avaient appuyé sur cette peau brillante qui luisait sous tes yeux brillants croisant le fer avec ces billes noires qui te dévisageaient à présent et, innocente comme tu étais, tu n'avais pas un seul instant pensé à mal. Ce fut en un faible soupir que tu manifestas ta gêne. Un léger « excuse-moi … » rompit le silence tandis que tu décollais ta peau de la sienne sans pour autant t'éloigner de lui. Après tout, tu ne craignais rien entre ses bras et il venait de t’alarmer sur le fait que votre rapprochement pouvait porter à confusion alors, pourquoi se précipiter, prendre tes jambes à ton cou et fuir ? Tu n'étais coupable de rien si ce n'est d'avoir pu réveiller en lui un quelconque désir fut-il passager. Mais tu n'avais pas envie de te priver de cette chaleur procurée par sa peau équivalente à la douce caresse des rayons de soleil de ton pays d'origine que tu chérissais tant. C'était à contre cœur que tu respectais une maigre distance entre son corps et le tien alors que tu mourrais d'envie de l'éliminer d'un mouvement de hanche.

Il réveillait à son tour en toi cette envie malsaine d'en découvrir plus en le touchant. Tu pensais que la chaleur nécessaire à ta survie procurée par son corps était une excuse suffisante pour te rapprocher de lui mais, dans le fond … n'avait-il pas raison en parlant de malentendu ? Ta personnalité pouvait bien lui prouver que tu ne pensais pas à mal et que tous tes faits et gestes étaient motivés et inspirés par une innocence redoutable. Quant à ce qui se passait à l’intérieur de toi et auquel il n'avait pas accès, là était le problème. Tu ne t'exprimais pas aussi librement que lui à propos de ce que tu pensais ou ressentais alors il était tout naturel que tu ne fasses rien qui puisse prêter à confusion. De plus, tu n'étais pas sûre que ces émotions te poussant à agir ainsi soient réellement bénéfiques pour l'évolution de votre amitié naissante. Ce fut donc à grands renforts d'auto-persuasion que tu te séparas de lui après qu'il ait embrassé ton front. « Je pense que je me laisse un peu trop porter par l'intensité du moment, tu as raison de tirer la sonnette d'alarme, je vais de suite me calmer bien que je n'en ai nullement envie … » Taquine, préférant opter pour la légèreté que la culpabilité, tu lui tiras la langue laissant un doute machiavélique planer alors que tes doigts glissaient le long de ses bras, de ses paumes et de l'entière longueur de ses doigts pour finalement percer la surface de l'eau en un ploc à peine perceptible. Dans un sens, tu fus heureuse qu'il ne t'ait pas repoussée une seule fois et à ton tour, ne sais pas comment interpréter ce fait. Se puisse-t-il que malgré ces malentendus pouvant germer à son esprit, il ait lui aussi envie de retrouver ta peau frémissant à son contact ? Était-il possible que de votre rencontre inattendue naisse autre chose qu'une amitié sans faille et un désir de protéger l'autre au péril de sa vie ?

Tu lui tourne le dos un instant et caresse la surface de l'eau, perdue dans tes pensées. Être obsédée par ce genre de pensée n'est pas dans tes habitudes mais tu ne peux t'empêcher d'avoir des doutes sur ce que tu ressens et éprouves à cet instant. Un savant mélange d'envie que tu n'avais plus ressentie depuis cette époque où tu mourrais d'envie de t'offrir à Marwin et de respect envers cette personne qu'était Judah et tout ce qu'il lui avait apporté qui te poussais à ne pas vouloir ébrécher ce maigre espoir de pouvoir faire de lui un ami protecteur dont tu ne voudrais plus jamais te passer … Mais là était le problème. Comment ferais-tu pour rester de marbre lorsqu'il serait près de toi et que tu aurais cette envie sans cesse renouvelée de le sentir contre toi, de pouvoir toucher du bout des doigts ces traits familiers imprimés dans ton esprit et de vouloir reculer le temps pour revenir à ce même instant où, lui tournant le dos, tu hésites encore sur ce que tu vas faire par la suite. Tu as beau te rattacher à ce Carpe Diem caractérisant ta vie depuis la nuit des loups, tu ne peux agir à la légère et risquer de mettre en péril quelque chose de si beau et de si pur … Alors, faisant disparaître de ton visage cet air sérieux, tu te retournes en arborant un doux sourire presque timide. Tes pieds glissent sur le carrelage du fond du bassin te permettant de te mouvoir aussi lentement qu'un escargot et c'est au bout de plusieurs secondes que tu comptes dans ton esprit que tu te retrouves de nouveau face à lui, les paumes de nouveau rougies par ce regard noir qui te mets à nu.

Qu'avais-tu prévu de faire le soir suivant ? Tu n'en avais aucune idée et le manifestait d'un haussement d'épaule, t'adossant au bord ton corps à demi immergé. Lui se laisse de nouveau attirer par les profondeurs sans pour autant disparaître de ta vue et tu le domines. Du haut de ton mètre soixante dix, il te dépasse sans aucun mal lorsqu'il se tient droit sur ses deux jambes mais ainsi plongé dans l'eau, tu te sens étonnamment grande. Son corps en partie masqué par les remous de l'eau t'apparait parfois grossi par la surface de l'eau et c'est amusée que tu regardes son torse maigrir puis grossir en réfléchissant à ta réponse. « À vrai dire, j'avais rendez-vous avec mes cours de Métamorphose … » Ta main droite revient à la surface et tu en observes les ongles encore intacts à cette période de l'année qui ne tarderaient pas à être rongés à l'approche d'examens trimestriels. Inclinant ces derniers à droite, à gauche pour finalement les replonger dans l'eau, tu tentes de masquer ton impatience face à ce qu'il allait te répliquer tandis qu'il laisse un suspens intenable planer. S'il te demande ceci, peut-être est-ce parce qu'il a quelque chose à te proposer pour te sortir de ton morne quotidien de première de la classe ? Une lueur d'espoir passe dans tes yeux alors que tu te laisses à ton tour couler jusqu'aux épaules et avance vers lui.

« Mais si tu as autre chose de plus intéressant à proposer que les sortilèges de disparition et d'apparition, je ne dirait pas non … »
Arquant un sourcil curieux, tu t'approches de lui, nageotte tranquillement autour de son corps replié sur lui même et te plante dans son dos. L'observant ainsi, tes yeux se posent sur les bouclettes recouvrant en partie le haut de son dos et tu les touches du bout des doigts, curieuse de voir l'effet produit au contact de ces belles boucles. Son corps t'appelle mais tu tentes de l'ignorer ou sinon, ça va encore te retomber dessus et tu vas être accusée une fois de plus. Mais, après tout, tu ne vas pas lui demander à chaque fois que tu le touches si ton geste porte à confusion. Alors, souriant et pouffant, tu glisses tes mains le long de ses cotes et les nouent au niveau de son sternum tout en venant coller ton corps contre son dos. « Alors Monsieur Judah dont je ne connais pas le nom, allez-vous dissiper ce suspens insoutenable et m'inviter à passer la soirée en votre compagnie ou devrai-je certifier ma présence auprès de mes livres dès que je rentrerai ce soir ? » Tu poses ta joue contre son épaule et le regarde de profil. Son petit air amusé et joyeux te donne du baume au cœur et tant qu'il afficherait une telle mine, tu continuerais à être toi-même à ses côtés. Comment pourrais-tu faire autrement et cela était-il possible ? Tu pouvais certifier que non.
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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Dim 23 Déc - 0:57

Judah soupira. Il lui avait demandé de ne plus le toucher ainsi, mais maintenant qu’il la voyait, le regard détourné, la posture de son corps criant qu’elle regrettait, qu’elle ne comprenait pas, et s’étonnait même de sa réaction, il avait surtout envie de se gifler lui-même. Et il avait envie qu’elle revienne contre lui, quitte à ce qu’il ait à lutter contre les sensations trop ambiguës que sa présence provoquaient en lui. Après tout, c’était de sa faute à lui, certainement pas de celle à Lexie, s’il n’était pas capable de prendre ses gestes dénués d’intentions malvenues pour ce qu’ils étaient. Il avait trop envie de préserver ce qu’ils étaient en train de construire, quoi que ce fut, pour prendre le risque de le perdre bêtement. Un instant, il eut honte de lui avoir parlé de la sorte, du contenu de sa phrase, et de ce qu’elle ne disait pas. Qu’il avait eu envie de l’embrasser, et qu’elle lui paraissait un peu trop belle, collée à lui dans un geste de confiance qui l’avait ému. Mais après tout, en quoi un ami n’aurait-il pas eu le droit de trouver son amie belle ? En quoi une amie n’avait-elle pas le droit de toucher son ami ? Layla le touchait bien, elle, quand l’envie lui prenait. Elle lui tirait les cheveux, les tressait, parfois, et s’allongeait sur lui pour ne pas se mouiller sur l’herbe humide, et ça ne choquait personne, surtout pas lui, surtout pas elle. C’était un geste normal, naturel, comme deux frères et sœurs qui se connaissaient depuis toujours, depuis le ventre maternel, et pour qui la proximité ne signifiait rien d’autre qu’un gain de place considérable. Malgré ses efforts, Judah savait qu’il serait difficile pour lui de voir les choses de la même façon avec Lexie. Il ne se faisait pourtant pas d’idées ; ses gestes étaient innocents, et ses intentions à lui n’allaient pas au-delà de la simple amitié. Des désirs, certes inopinés, étaient venus troubler la quiétude du moment qu’ils partageaient. N’avait-il pas été plus raisonnable de lui dire ce qu’il avait sur le cœur, plutôt que de se laisser aller à faire quelque chose qu’il aurait regretté par la suite ? Il ne se serait jamais pardonné de se comporter avec elle d’une façon qui aurait pu la blesser. Voilà ce que signifiait sa phrase, et toute la bonne intention qu’il y avait mise ; il ne voulait que le bien-être de leur amitié, car il croyait dur comme fer que déjà, c’était ce que l’on pouvait dire d’eux, qu’ils étaient amis. On pourrait même dire qu’ils avaient fait la gueule ensemble, tiens, car quelque part, n’était-ce pas la plus simple des vérités ? Pensait-elle vraiment qu’elle était celle qui était responsable ? Judah secoua la tête, un peu halluciné par ce qu’il entendait.

« Tu n’es responsable de rien », la corrigea-t-il. « C’est moi qui ait peur de mal interpréter ce que tu fais, et… je préfère juste te prévenir, parce que je m’en voudrais de ne pas être indifférent à des gestes qui ne sont qu’amicaux, tendres, éventuellement, mais rien de plus. Tu n’as pas à te calmer, Lexie, crois-moi. » Il tenta de la rassurer, mais au fond, c’était peut-être un peu lui qui avait besoin d’être rassuré, parce qu’il avait réalisé que si il avait été elle, il aurait pris la fuite et n’aurait peut-être pas été très poli. Lexie était une fille bien, c’était évident, timide, un peu, et probablement pas du genre à se coller à tous les garçons qu’elle croisait. C’était l’image qu’il avait d’elle, et pour le coup, il était persuadé d’avoir raison. Il ne l’imaginait tout simplement pas faire le même genre de gestes avec tous les autres garçons qu’elle pouvait connaitre. Il y avait bien trop d’innocence et de pureté dans son regard pour ça. C’était tout bonnement incroyable qu’elle puisse être ainsi, à peine probable. La voir lui tourner le dos lui fut douloureux, à vrai dire, car c’était un signe que quelque chose s’était peut-être cassé entre eux, et si tel était le cas, alors… il était responsable. Mais elle lui avait tiré la langue, et… Il se morigéna mentalement ; il était ridicule, à décortiquer le moindre détail, le moindre fait, le moindre geste, à laisser son cœur faire des vrilles à chaque imprévu, comme s’il n’avait que 13 ans et n’avait jamais croisé une fille de sa vie. Cette fille-là n’était pas comme les autres, bon sang ! Elle lui avait parlé d’elle, dans les moindres détails, lors de la nuit des loups, et lui faisait confiance. Et pile quand il devait se montrer à la hauteur d’une situation, pile quand il se devait de prouver qu’il était capable d’être le garçon bien qu’on lui avait appris à être, il avait le sentiment de se foirer. Royalement. Il méritait une médaille, pour ces bourdes à répétition qu’il avait faites. Il n’avait en fait qu’une envie : l’attirer une nouvelle fois contre lui et la garder contre son corps jusqu’à ce que ni l’un ni l’autre n’aient la force de rester plus longtemps dans l’eau. Déjà, le bout de ses doigts s’était fripé, ce qui n’était guère seyant, ni très agréable au toucher.

À vrai dire, même si tout ceci était très étrange, Judah était prêt à essayer. Essayer de ne rien ressentir de malvenu, du moment que ça lui permettait de la garder près de lui autant qu’il le pourrait. Serait-il seulement capable de dormir seul, ce soir, alors que depuis près de deux heures, ils ne s’étaient séparés que de rares et bien trop longues minutes ? Que ressentirait-il, le lendemain, ou le jour d’après, lorsqu’ils se retrouveraient ? Irait-elle tout de suite dans ses bras, ou attendrait-elle qu’il fasse le premier pas ? Serait-ce un geste naturel, logique, le genre de geste qui trouve sa place dans l’ordre naturel des choses, ou serait-ce un geste plein de culpabilité, du souvenir de l’aveu de l’effet qu’elle avait eu sur lui ? Sa phrase continuerait-elle à avoir des conséquences, même le lendemain, ou le jour d’après ? Il espérait que non. Il l’observa jouer avec l’eau, frôler la surface du bout des doigts, profiter d’une différence de taille à son avantage qu’elle ne retrouverait jamais ailleurs, car avec son mère quatre-vingt-dix, il n’avait jamais connu de fille plus grande que lui – et son instinct de protecteur, diablement développé, ne serait que difficilement apte à accepter cet état de fait. Oui, Judah avait l’âme d’un loup. Le patronus d’un aigle, mais l’âme d’un loup. « Mais si tu as autre chose de plus intéressant à proposer que les sortilèges de disparition et d’apparition, je ne dirais pas non… ». « Reviens vers moi, d’abord, Lexie… », chuchota-t-il, le regardant à travers les boucles noires qui lui barraient le visage. D’une main, il les repoussa d’un geste décidé, grimaçant d’agacement. Il lui fallait vraiment remédier à cela, ça n’était plus possible.

« Qu’est-ce que tu dirais de venir me retrouver après mon entrainement ? On mange ensemble, et on se trouve un coin tranquille. J’ai envie de passer du temps avec toi », expliqua-t-il calmement après réflexion, et surtout, après qu’elle ait enroulé ses bras autour de son torse, la joue contre son omoplate, comme si c’était le geste le plus normal du monde. En réalité, elle parvint à le rendre normal, à le rendre tendre et exempt de tout sous-entendu quelconque. Ah, il avait vraiment été ridicule, il s’en apercevait sans doute possible à présent. Il leva les mains et les posa sur les avant-bras de Lexie, caressant ceux-ci du bout des doigts, frôlant à peine sa peau, le regard baissé sur les mains liées sur son torse. Il appuya sa joue, mal rasée, contre celle, bien plus douce, de Lexie, et poussa doucement sa tête, sans chercher à la faire partir, mais dans un geste surtout tendre, rassurant, également, si tant est qu’elle ait besoin de cela, dans un geste qui voulait dire « ne bouge surtout pas, ne fait rien de plus, cet instant a le goût de la perfection, Lexie ». Il ne prononça pas ces mots, mais formula le souhait muet qu’elle les entende tout de même, qu’elle les comprenne.

« Mon nom, c’est Benathan. Judah Lévy Benathan. De Maarifa », dit-il avec un temps de retard, jouant toujours avec les doigts et les bras de la jeune femme. Il caressait ses poignets, puis ses doigts, les uns après les autres, inlassablement, pensivement, sans vraiment réaliser ce qu’il faisait. À vrai dire, il se laissait juste aller à exécuter les gestes tendres qui lui passaient par la tête, et le faisait sans aucune pensée autre que la joie qu’il ressentait qu’elle soit toujours là. Puis il tourna un peu la tête, juste assez pour pouvoir approcher ses lèvres de son oreille, et murmura, bien qu’elle l’avait sans doute déjà compris depuis un moment. « Je t’invite à passer ta soirée en ma compagnie, et je considère inacceptable que tu refuses. Je serais blesser d’apprendre que la compagnie de tes livres t’est plus agréable que la mienne, demoiselle Lexie-dont-je-ne-connais-pas-non-plus-le-nom. Quelle est ta réponse ? Vas-tu à ton tour dissiper cette tension insoutenable, ou vas-tu me laisser dans cet état de stress et d’angoisse insupportable pour le seul plaisir de me voir réclamer votre présence au-delà de cette soirée plus que plaisante que nous passons ensemble ? »
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Yolihuani

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Dim 23 Déc - 2:12

« Tu n’es responsable de rien. C’est moi qui ait peur de mal interpréter ce que tu fais, et… je préfère juste te prévenir, parce que je m’en voudrais de ne pas être indifférent à des gestes qui ne sont qu’amicaux, tendres, éventuellement, mais rien de plus. Tu n’as pas à te calmer, Lexie, crois-moi. »

Tu venais de te faire des idées tout comme lui avait pu s'en faire alors que vous étiez plus proches que jamais quelques secondes auparavant. Ce qui était bien avec Judah, était cette honnêteté qui le caractérisait et le poussait à toujours tout mettre au clair de sorte à ce que tout se passe pour le mieux et qu'aucun doute n'ait le temps de s'installer finissant par ternir ce moment qui leur appartenait. L'observant du coin de l'oeil, tu rougissais une fois de plus d'avoir laissé la passion l'emporter sur la raison et caressait l'eau pour faire se dissiper ce malaise que tu ressentais soudainement. Loin de toi l'idée d'avoir voulu faire naître de telles idées en son esprit et te donner un bref aperçu du genre de choses que tu pouvais désirer ou ressentir en sa présence mais cet instant affreusement gênant était passé. Tout était à présent clair et tu lui répondais « Tu as raison. C'est que je tiens tellement à ce que tout se passe le plus naturellement du monde … Ce qui se passe entre nous est tellement unique, surprenant que je ne sais parfois plus où donner de la tête. » Et tu continues à lui donner des explications alors que tout semble clair mais ça, tu ne peux t'en empêcher tant et si bien que tu finis par te perdre dans ta propre explication et tu finis par en rire.

Le doute s'insère parfois en tout être parfois pour une longue durée mais, en ce qui te concerne, Lexie, il n'est qu'éphémère. Jamais dans ta vie tu ne laisseras le doute s'immiscer trop profondément dans ta vie de sorte à en modifier les contours, sans que tu puisses exercer le moindre contrôle sur lui. Il était hors de question qu'il soit le seul à décider de te faire t'isoler en cet instant déjà bien trop court qui se terminerait bientôt. Alors, serrant les poings, tu sortis de ta torpeur, le balaya d'un revers de main et sut que tu avais eu raison de ne pas y accorder trop d'importance lorsque vous vous retrouviez aussi naturellement que cette première fois où il t'avait pris dans ses bras. Il t'avait même encouragé à venir te nicher contre lui, te faisant cette fois-ci le saisir avec plus d'entrain, ton sourire se dessinant plus prononcé sur tes lèvres laissant un peu de côté cette timidité en ternissant tout l'éclat. Mais de toute façon, il ne te voit pas de face alors, comment pourrait-il voir à quelle point tu es heureuse ? Peut-être le sentirait-il et cela serait suffisant pour dissiper ce moment troublant laissé en arrière et sur lequel vous ne reviendrez certainement pas avant un bon moment. Il semblait avoir une idée pour la tirer de ses occupations habituelles et tu ne dirais certainement pas non alors, curieuse et impatiente, tu posais ta tête sur son épaule, la laissant ensuite glisser sur son omoplate, et prêtais attention à ses respirations comptées, guettant l'instant où elles s'interrompraient pour le laisser exprimer de vive voix ses pensées. « Qu’est-ce que tu dirais de venir me retrouver après mon entrainement ? On mange ensemble, et on se trouve un coin tranquille. J’ai envie de passer du temps avec toi » Ces doigts d'homme que tu aurais pu soupçonner indélicats à première vue caressaient de nouveau la peau de tes bras emprisonnant son torse, caresse te faisant fermer les yeux pour en apprécier la douceur. Sa présence et le moindre de ses gestes t'apaisaient aussi efficacement et simplement que possible. Quiconque aurait voulu faire de même n'aurait peut-être pas réussi un tel exploit mais en lui, tu retrouvais assez de courage et de paix pour te détendre totalement et ne plus penser à rien. De plus, sa proposition t'enchantais mais, à ton tour, tu laissais le suspens prendre possession du court laps de temps pendant lequel tu réfléchissais, tournant et retournant la réponse que tu allais lui proposer d'un instant à l'autre pour, au final, entrouvrir tes lèvres, croiser son regard et ne rien dire, le laissant frotter sa joue mal rasée contre la tienne, l'observant pensive et comblée à la fois. Tu te retenais d'exulter, flattée, et te repassais en boucle ces mots prononcés le plus sérieusement du monde par cette personne exceptionnelle que tu avais découverte. Entendre dire de la bouche d'un garçon qu'il ait envie de passer du temps avec soit était franchement grisant et tu prenais le temps d'apprécier cette révélation en dandinant légèrement ton corps flottant paisiblement à droite à gauche, tes jambes s'agitant à la surface de l'eau, seule réaction trahissant ce contentement égoïste te ravissant. Quant à lui, il attendait, patient. Ses doigts continuaient à parcourir tes avants-bras, allant jusqu'à tes mains puis tes doigts qu'ils découvraient et redécouvraient sans épargner une seule parcelle de peau atteignable. Puis, un nouveau mouvement de tête te tira de ton observation de ses bouclettes alors que sa joue rugueuse venait délicatement pousser la tienne aussi tendrement que possible. Tu donnas à ton tour un petit coup de tête à ton tour et l'écouta te révéler son nom que tu te plus à répéter aussitôt à ton tour écorchant certainement ce nom de famille atypique de ton accent hispanique pourtant pratiquement imperceptible à Elderwood. « Judah Lévy Benathan … j'aime bien … » Tu ne connaissais pas énormément de Marifaa mais du peu que tu connaisses, ils étaient tous sympathiques et tu n'avais jamais eu aucun problème avec eux ainsi acquiesças-tu comme si cette révélation t'apparaissais comme une évidence. Tu n'avais rien à redire quant à sa maison d'appartenance et de toute manière, les relations entre les écoles ne t'intéressaient guère bien qu'il soit intéressant d'être un minimum au courant de ce qu'il se passait entre les piliers du monde de l'enseignement sorcier. Que vos écoles s'entendent ou non, cela ne t'empêcherait jamais de te lier d'amitié avec quiconque. Il s'agissait avant tout d'une histoire de feeling et en général, soit ça passe, soit ça casse. D'un naturel méfiant, tu aurais presque tendance à te faire de fausses idées sur une personne que tu viens de rencontrer mais cela ne t'empêche pas de la connaître pour finalement voir si tu t'étais trompée ou non mais il arrive très souvent que tu aies raison. Ton sixième sens ne t'a jamais fait défaut jusqu'à présent et depuis les premiers instants où vous aviez échangé vos premiers mots avec Judah, tu avais reconnu en lui un homme valant la peine d'être connu. Et en effet, vous voilà dans ce bassin, très proches, comme si vous vous connaissiez depuis des années.

Tu ne ressentais pratiquement aucune gêne face à lui et pourtant, son regard noir aurait pu te clouer au sol, t'emmurant dans un silence de plomb si tu l'avais croisé dans les couloirs. Ce jeune Marifaa était impressionnant et grand, très grand … trop grand. Ainsi appréciais-tu le voir ainsi diminué de taille, le surplombant peut-être pour l'une des rares fois dans votre vie. Peut-être que si tu montais sur ses épaules tu aurais le vertige … qui sait ? Galvanisée par cette nouvelle découverte, tu divaguais alors qu'il enchaînait de nouveau cette fois-ci en approchant ses lèvres -dont tu pourrais dessiner les contours les yeux fermés- de ton oreille et que tu continuais à ne pas te prononcer quant à tes plans pour la soirée prochaine faisant mine de réfléchir intensément lorsqu'il t'observait. « Je t’invite à passer ta soirée en ma compagnie, et je considère inacceptable que tu refuses. Je serais blesser d’apprendre que la compagnie de tes livres t’est plus agréable que la mienne, demoiselle Lexie-dont-je-ne-connais-pas-non-plus-le-nom. Quelle est ta réponse ? Vas-tu à ton tour dissiper cette tension insoutenable, ou vas-tu me laisser dans cet état de stress et d’angoisse insupportable pour le seul plaisir de me voir réclamer votre présence au-delà de cette soirée plus que plaisante que nous passons ensemble ? » Tu riais volontiers devant cette impatience qu'il manifestait enfin. Resserrant ton étreinte autour de son torse, écrasant ta joue contre son omoplate, tu réduisis finalement en à peine quelques secondes la distance séparant tes lèvres de sa joue pour venir y déposer un baiser aussi doux que ceux qu'il déposait sur ton front. « Après mure réflexion évaluation du pour et du contre, Lexie Genesis Noguerra sera ravie de vous retrouver demain soir Monsieur Benathan. Elle vous attendra patiemment dans la salle à manger à moins que vous ne préfériez un autre endroit dans lequel vous poursuivrez votre entretien à huit-clos ? » Amusée, elle se dévoilait à son tour et, remarquant qu'elle avait oublié d'indiquer de quelle école elle était originaire, elle précisa en un murmure ces syllabes d'une voix chantante « Yolihuani ». Il fallait avouer que maintenant qu'ils pourraient parler en face à face sans être distraits par l'eau ou simplement vêtus, cette occasion la ravissait. Ces retrouvailles ne seraient pas éphémères, elle était sûre de le revoir et en cela, elle puisait sa plus grande joie illuminant le teint de son visage alors qu'elle entamait quelques mouvements de jambes de brasse, le faisant avancer vers le rebord. « Je suis ravie de voir que tu n'as pas succombé à cet état de stress et d'angoisse insupportable, je ne maîtrise pas vraiment les sorts de guérison, je n'aurais pas su comment réagir ! » Une fois face au mur, elle défit son étreinte et s'accrocha au rebord pour s'y appuyer et se dérober à l'emprise de l'eau sur son corps. « À quelle heure penses-tu finir ton entrainement ? Je finis les cours à dix-huit heures mais je passerai à la bibliothèque s'il me faut attendre. » S'asseyant sur le rebord, elle jouait de nouveau avec la surface de l'eau en dessinant des formes improbable de la pointe des pieds, ramenant son autre jambe contre sa poitrine. « Tu as encore quelques instants à me consacrer ? J'aimerais bien faire quelques plongeons et je dois bien t'avouer que je n'ai pas envie de retourner au dortoir maintenant … » Tu t'imaginais mal remonter au dortoir dans cet état d'excitation que tu peinais à masquer maintenant que tu avais découvert ton sauveur surtout que tu savais que tu écoperais de questions quant à ton attitude contrastant avec ton sérieux et ton sourire habituel. Ton bras pendait dans le vide et bien rapidement, tu te remis à jouer avec ses boucles en maintenant ta position, attendant qu'il ne reprenne la parole.
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Dim 23 Déc - 15:57

Ainsi, elle aussi était un peu dépassée par ses émotions, et par les évènements en règle générale ? Il fallait le reconnaitre, Judah trouvait cela rassurant. Tous les deux ressentaient donc cette passion, un peu étrange, peut-être un peu excessive, face à leurs retrouvailles, et au courant qui passait plus que bien entre eux. Soit. Ca n’était pas franchement grave, ni même inquiétant, quand on y réfléchissait – même s’il était probable que s’il prenait réellement la peine d’y penser, avec Lexie loin de lui et les pensées au calme, la conclusion qu’en ferait le jeune Israélien serait tout à fait différente – et il aurait été stupide pour lui de renoncer à passer du temps avec Lexie pour la simple raison que l’un comme l’autre se laissaient aller à des gestes un peu trop… Trop. Trop intimes, trop proches, trop signes d’une connaissance de l’autre qu’ils possédaient tout en ne la possédant pas vraiment, car bien qu’ils aient su beaucoup de choses l’un sur l’autre, ils n’en avaient pas moins tout autant à apprendre. Des détails certes insignifiants, mais qui contribuaient à définir qui ils étaient réellement, au fond d’eux-mêmes. Les grands secrets ne faisaient pas tout, et les peurs paniques non plus. L’idée qu’elle puisse penser qu’il lui reprochait quoi que ce soit, en revanche, était beaucoup plus difficile à supporter.

« Tu as raison. C’est que je tiens tellement à ce que tout se passe le plus naturellement du monde… Ce qui se passe entre nous est tellement unique, surprenant que je ne sais parfois plus où donner de la tête ». Tiens, elle aussi voyait les choses ainsi ? Il se fit un devoir de la rassurer, car, une fois de plus, son ton avait peut-être été un poil trop autoritaire. Il le savait, malgré la douceur apparente de sa voix, sa façon de parler pouvait sembler un brin définitive. « Moi aussi, je veux que ça se passe aussi bien que possible, tu sais. Ce qu’il se passe m’est déjà précieux, et j’ai besoin que tu sois près de moi d’une façon que je ne m’explique pas. D’un côté, j’ai envie de préserver ce que nous avons pour que ce que nous faisons n’envoie pas, à un moment ou un autre, les mauvais signaux, mais de l’autre… Je préfèrerais que tu restes aussi près de moi que possible ». Au moins, c’était clair. Et c’était la vérité. L’avoir tout contre lui était un vrai bonheur. Il ferma les yeux, savourant le contact paradoxalement rassurant de Lexie contre le sien, et se laissa aller à imaginer la jeune femme le rejoignant après son entrainement. Alors il le lui proposa, bien qu’angoissant un peu qu’elle se refuse de passer de nouveau du temps avec lui. Mais si telle était sa décision, alors tout ce qui s’était passé jusqu’à présent n’aurait aucun sens, aucune logique, rien qui puisse justifier la façon dont elle s’était comportée à son égard. Judah déchiffrait peut-être mieux les hiéroglyphes que les individus, mais il y avait des limites. Il lui fallut un peu de temps pour répondre, temps pendant lequel l’imagination de Judah fonctionna à plein régime. C’était très facile pour lui que de s’imaginer être interrompu dans son entrainement solitaire par le sourire un peu timide de Lexie. Il se voyait tout à fait abandonner son sac de sable, et la rejoindre, incapable de la serrer contre lui dans l’immédiat à cause de la sueur. Ensuite, il irait prendre une douche, puis ils passeraient la soirée ensemble. Là, il pourrait la tenir contre lui, passer ses bras autour de ce corps fluet, autant qu’il le désirerait. Il lui poserait toutes les questions qu’il avait en tête : ce qu’elle souhaitait faire plus tard, qui étaient ses amis, et puis, comment avait évolué la situation avec Marwin, dont elle lui avait brièvement parlé durant la Nuit des Loups. Il n’exigerait rien, ne dirait rien de plus que des mots capables de lui montrer qu’il s’intéressait à elle, en tant que personne, et qu’il souhaitait être un soutien pour elle, de la même façon qu’il l’avait été pendant cette funeste nuit. Le souvenir en restait certes des plus amères, et son égo en avait pris un sacré coup, dont il ne s’était toujours pas remis, mais il en gardait, étrangement, un bon souvenir, et plus le temps passé en compagnie de Lexie s’étirait, moins il se sentait coupable d’avoir réussi à garder, en la personne de la jeune femme, un souvenir des plus agréables, qui lui avait donné envie de la retrouver. Et il avait réussi. Elle répéta son prénom, le prononça d’une façon un peu timide, avec cet accent un peu chantant qui donnait à Judah l’impression que ses mots dansaient continuellement. Lorsqu’elle était en colère, ils devaient danser une valse, et être remplacés par une quelconque danse de salon lorsqu’elle était plus calme. De quoi s’agissait-il lorsqu’elle riait ? Ou lorsqu’elle était en colère ? Lexie était-elle seulement capable de se mettre en colère ? Il en doutait fortement, et se sentait déjà prêt à la défendre face à quiconque susceptible de s’en prendre à elle et de réveiller sa rage. Il essaya, un peu distrait par la présence de Lexie, de se souvenir des fois où il l’avait peut-être croisée au détour d’un couloir, au cours de l’année précédente, ou même depuis la rentrée. Etait-elle cette jeune fille qui l’avait bousculé par inattention et s’était enfuie, visiblement très mal à l’aise ? Ou celle qui était arrivée en retard à un de ses cours, et lui avait adressé un sourire contrit tout en courant pour rejoindre sa salle ? Les visages se brouillaient, les souvenirs étaient bien trop flous, et Judah était incapable de trouver ne serait-ce qu’un début de réponse satisfaisante. Et elle continuait à penser, à réfléchir, ne prenant pas la peine de répondre, tout en le taquinant de son regard malicieux. Elle se jouait de lui, et il ne parvenait pas à lui en vouloir, faible homme qu’il était en compagnie de Lexie. Il se régala du son de son rire, de ses lèvres contre sa joue, et puis, finalement, de sa réponse. « Après mure réflexion évaluation du pour et du contre, Lexie Genesis Noguerra sera ravie de vous retrouver demain soir Monsieur Benathan. Elle vous attendra patiemment dans la salle à manger à moins que vous ne préfériez un autre endroit dans lequel vous poursuivrez votre entretien à huit-clos ? », ajoutant d’une voix chantante « Yolihuani ». Amérique du Sud, donc. Chamanes, très proches de leur communauté, particulièrement doué avec la botanique et les créatures magiques. À bien y regarder il y avait peut-être dans son regard quelque chose qui trahissait son appartenance. La sagesse de son regard, la sérénité de son ton. Mais, en toute franchise, la sagesse des yeux de Lexie n’était pas ce qui l’intéressait le plus. Elle continua à parler, sans qu’il note précisément ce qu’elle lui disait ; il n’avait retenu, dans sa hâte d’une réponse positive, que l’entrain qu’elle avait manifesté à accepter son offre.

« Je termine l’entrainement vers 18h15. C’est un entrainement solitaire, donc si tu me rejoinds avant, j’arrêterai avant, et on partira ensemble, qu’est-ce que tu en dis ? Et puis… J’ai cru que mon cœur allait se décrocher, tant l’angoisse et le stress m’ont atteint ! » Il termina sa phrase en riant, sachant qu’elle comprendrait tout à fait l’humour. Il était hors de question qu’il l’oblige à attendre à la bibliothèque pendant que lui tapait dans un sac de sable. Non, elle le rejoindrait lorsqu’elle le pourrait, et ils pourraient ensuite passer du temps ensemble. Et le jour d’après ? Il pourrait bien attendre, car si chaque soir s’annonçait aussi parfait que la soirée qu’ils étaient en train de passer, alors… Alors ça promettait d’être mémorable, et son cœur ne s’en remettrait jamais. Il hocha la tête, souriant, lorsqu’elle exprima le souhait de continuer à nager un peu, et la regarda nager d’un bout à l’autre du bassin, plongeant et bondissant avec une grâce que beaucoup de filles lui auraient envié, et une innocence, une capacité à s’amuser de tout qui, sans grande surprise, l’ému et l’amusa lui-même. Il rit des pitreries qu’elle osait, et accepta même de nager encore un peu avec elle. Oh, bien sur, il n’eut pas besoin de se faire prier, car même si lui-même n’avait plus guère envie de nager, il se sentait incapable de lui refuser quoi que ce soit. Lui ? Faible ? Certainement pas. Ou du moins, uniquement avec elle. Il se passa peut-être une heure avant que Lexie ne décide qu’elle était fatiguée, ce à quoi Judah répondu par un rire gentiment moqueur. Ses yeux étaient tout petits, et il n’était pas difficile de deviner que dès lors qu’elle poserait la tête sur l’oreiller, elle s’endormirait sans tarder, pour ne se réveiller que le lendemain. Il attendit qu’elle ait terminé de se sécher et de se changer, une fois lui-même prêt, et prit sa main jusqu’à ses dortoirs, où il insista pour la raccompagner. Ca n’était pas un geste ambigu, une fois de plus, leurs doigts n’étaient pas mêlés comme l’étaient ceux de couples qu’il croisait à longueur de journée. Il la tenait juste, doucement, comme le faisaient les enfants dans la cour de récréation, et c’était une façon de lui dire « ne t’en fais pas, Lexie, il y aura un après à cette soirée, et je ne vais pas t’oublier en même temps que j’oublierais tous les détails insignifiants de cette journée ». Il n’était pas sûr d’avoir totalement besoin de le dire, car, au fond, il était évident qu’elle comprenait de quoi il retournait, mais il avait le besoin de faire ce geste, de tenir sa main et de la serrer contre lui devant les dortoirs de la jeune femme, embrassant doucement sa joue avant de tourner le dos et de rejoindre ses propres dortoirs. Pas sûr qu’il parvienne à trouver le sommeil, cette nuit-là. Du moins, c’est ce qu’il pensa alors qu’il laissait Lexie devant sa porte. Mais lorsqu’une fois déshabillé et couché il ferma les yeux, le sommeil ne tarda pas à l’emporter définitivement. Jusqu’au lendemain, en tout cas.
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MessageSujet: Re: Save Me From This Darkness Once Again - Judah   Mer 26 Déc - 17:28

Cet instant … avait-il réellement existé ? Alors que tu entrais dans ta salle commune et qu'il te laissait, un doux baiser déposé sur ta joue rougeoyante, tu étais complètement à l'ouest et peinais à différencier le fictif du réel. Ces frissons encore à vif sur ton bras avaient-il été causés par la douce caresse du vent sur ta peau venant rafraîchir ton corps et raviver tes pensées ou bien étaient-ils apparus pour ne plus jamais s'évanouir dès les premiers instants où tu avais découvert ton sauveur ? Ces boucles que tu imaginais sous tes doigts alors que tu t'adossais à la porte et te laissais doucement glisser au sol en fermant les yeux, existaient-elles vraiment ? Se pouvait-il que lorsque tu le croiserai demain, il se souvienne de toi ? N'était-ce pas un rêve bien trop beau pour être vrai ?

Quoiqu'il en soit, tu exultais et te repassais le déroulement de la soirée en tête avec en tête de peloton cette promesse que vous vous étiez faite de vous retrouver pour dîner ensemble demain soir, tranquillement, bien loin de l'agitation quotidienne et de la présence fourmillante des élèves au cœur d'Elderwood. Vous auriez l'occasion d'en apprendre encore plus et cette fois-ci, vous vous reconnaitrez à coup sûr puisque ces instants qui venaient de passer comme une traîner de poudre étaient bel et bien réels. Maintenant que tu avais à l'esprit l'exacte représentation de son visage ancrée en ta mémoire, tu ne l'oublierais jamais et le reconnaîtrai même de dos, tu en étais sûre. Te dire que tu l'avais croisé plus d'une fois dans les couloirs sans jamais savoir qui il était te donnait froid dans le dos. Tu te rappelais l'avoir une fois malencontreusement bousculé à l'entrée de la salle à manger alors que tu étais affamée et que tu ne demandais qu'une chose : que tous ces imbéciles de sorciers arrêtent de discuter et de bloquer l'accès aux tables. Et cette même fois où, cherchant un livre à la bibliothèque, tu avais emprunté la même allée que lui et étais même assise à la table d'à côté de la sienne. Maintenant que tu apprenais à le connaître, tu avais encore du mal à assimiler le fait que vous ne vous connaissiez pas avant et que tu avais pu t'en sortir sans grands dommages la première fois que tu avais fait face à cet épouvantard et qu'il n'était pas là pour t'encourager, te rassurer ni même te tenir la main … Tout ce que tu ferais à présent serait motivé par sa présence rassurante et tu t'inspirerais de lui pour aller de l'avant tout en faisant attention à ne pas trop te mettre en danger car nul ne sait ce qui peut arriver lorsqu'un sort mal formulé ou un coup de baguette magique lancé dans le vide peut faire comme dégât. Personne sauf Lexie qui, accompagnée de sa maladresse légendaire, avait déjà goûté aux effets indésirables d'un sortilège de métamorphose lancé sur un porc-épic et qui avait eu pour seul effet de faire valser tous les dangereux pics acérés de la pauvre bête qui s'en était allée en couinant. Un peu de plus et ses yeux auraient pu être transpercés ou une de ses veines tranchées …

Cela dit, revigorée par cette rencontre formidable, Lexie croyait qu'elle ne risquait plus rien. Cela ne la pousserait certes pas à se jeter du haut d'une tour ou mettre sa vie en danger mais peut-être que cela lui serait utile pour aller de l'avant et réussir à devenir auror. Resserrant sa main sur sa baguette qui venait de tomber de son sac dans lequel étaient rangés son maillot de bain et sa serviette, elle se fit la promesse de faire des efforts à l'avenir et peut-être même de retenter les sélections pour les équipes de Quidditch. Depuis que tu avais pris un trop gros choc dans la tête, infligé par un cognard parfaitement envoyé en ta direction, et que tu avais écopé de trois jours de coma, tu te méfiais de ce sport qui t'avais redonné confiance en toi, fortement encouragée par Marwin. Ce même ami n'avait jamais pu te faire à nouveau monter sur un balai depuis ce jour et, à son plus grand désespoir, tu refusais désormais d'assister au moindre match sans te cacher les yeux. Couarde, tu l'étais mais la couardise se guérissait ! Tu sentais déjà tout ton corps protester contre ces faux-semblants et t'inciter à te bouger, à te faire violence et à t'ouvrir un peu plus aux autres. Les livres enseignaient peut-être de grands préceptes mais les relations humaines, elles, pourraient t'apporter bien plus que de simples lettres, mots et phrases s'étendant sur une page entière de parchemin. La preuve avec Judah : tu t'étais sentie revivre lorsqu'il t'avais avoué vouloir préserver votre amitié naissante et qu'il te consacrerait du temps demain à 18h15 précisément. Te redressant, tu songeais déjà ce que tu allais bien pouvoir mettre pour ce rendez-vous de la plus haute importance et ce que tu allais pouvoir apporter … Les autres filles dormaient déjà à poings fermés et ce fut avec discrétion et délicatesse que tu te glissas sous ta couette et refermas tes bras sur un corps qui n'était pas à tes côtés mais que tu imaginais parfaitement et dont la chaleur te plongeais déjà dans un demi-sommeil rassurant.

Fin
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Save Me From This Darkness Once Again - Judah

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