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 Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)

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Salem

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MessageSujet: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Jeu 20 Sep - 17:30

Merde. Les jours étaient passés sans même qu’il n’y prête attention. Trop de bruit, trop d’agitation et le souvenir des camarades tombés, des blessés et les cris avaient effacé ce qu’il lui restait d’inquiétude ou de lucidité. Elle, elle allait bien, en apparence, de ce qu’il avait pu voir et il s’en était simplement contenté, sans même pouvoir faire quoi que ce soit d’autre. Dire qu’il n’y avait pas pensé et qu’il avait avancé sans regarder derrière serait mentir. Chacune de ses rondes avait été un prétexte pour passer devant la loge de la concierge, guettant de la lumière ou un signe de vie en ombre chinoise. Ce n’était pas une surprise s’il ne trouvait rien, leurs rondes ne se croisaient pas et leurs emplois du temps refusaient manifestement de s’accorder. Istvan blâmait Owen, la lune, le reste de l’univers et s’il avait voulu pousser la mauvaise foi à son paroxysme, il aurait même chargé les victimes de la nuit fatidique. Se reconstruire qu’ils disaient. Aller vers l’avenir. Il s’était docilement attelé à la tâche, donnant de la voix pour que l’espoir reprenne, que ses camarades et protégés tournent la page. Il s’était perdu dans le souvenir des loups, le regret de n’avoir pu protéger tout le monde et la cuisante déception d’avoir échoué dans une partie de sa mission. On avait beau lui assurer qu’il n’aurait pas pu tout faire, que ce n’était pas sa faute, les derniers jours avaient un goût amer. Alors pour effacer ses torts les plus immédiats, il se portait volontaire pour tout et n’importe quoi, espérant au passage apercevoir Jude sans y perdre un fragment de palpitant, voguant jusqu’à Sara, accablée par la disparition de son protecteur pour se sentir encore utile à quelqu’un, à faire des promesses stupides. Puis cette nuit-là, comme toutes les nuits sans sommeil ou presque depuis, elle s’était imposée, comme une évidence. Les vacances approchaient et lui, il se sentait de plus en plus dépassé. Une nouvelle année viendrait, c’était certain et il serait encore à cette place d’élève débile, deuxième certitude. Il n’était pas franchement sûr de survivre près d’un dragon sans sentir sa peau sous ses doigts, son souffle et tout ce qui allait avec la panoplie de dévoreuse de bébé. Oui, il avait promis mais… Mais.

Soupirant pour évacuer la pression après avoir sursauté comme un bleu devant l’ombre d’un chat errant, Istvan secoua la tête et on regard balaya les couloirs faiblement éclairés par le lumos habituel. Promis, il ne ferait plus de blagues à la con sur le besoin urgent et impérieux d’action dans sa vie d’auror frustré. Parce que bon, ça tuait un peu des gens. Peut-être qu’il aurait été préférable qu’ils soient prévenus, par courrier recommandé ou quelque chose du genre, m’voyez ? « Aujourd’hui, nous allons vous attaquer avec une fausse pleine lune, des plantes mutantes et des martiens dévoreurs de cerveaux, planquez les élèves ». Réfugié derrière son humour idiot, Istvan n’en était pas moins amer en constatant l’inefficacité des dispositifs de protection. Elderwood était peut-être protégée contre les menaces extérieures, mais quand elle venait de l’intérieur, le calcul devenait tout de suite plus compliqué. L’Anglais poursuivit sa ronde, déviant légèrement son trajet de retour pour tenter de croiser la fausse concierge et s’assurer qu’elle était bien présente dans son intégralité (des fois qu’elle ait perdu un orteil, c’est important, les orteils), il se figea en apercevant une silhouette vaporeuse dans la lueur des torches, l’apparition bien trop inespérée pour être réelle.
▬ Jude ! Les mots s’échappèrent de ces lèvres avant qu’il n’ait pu les retenir et il se précipitait déjà à sa suite, non sans avoir jeté un coup d’œil distrait vers la lune. Sa ronde, comme la nuit, s’achevait peut-être mais il aurait été franchement con de se faire attaquer à ce moment-là. Mais bon, ils auraient un alibi, ils étaient dans le grenier. In your face, Owen.
▬ Jude ! Répéta-t-il à quelques pas d’elle.
Les doigts de l’Anglais s’enroulèrent autour du poignet de l’Auror Américaine et il l’attira dans une alcôve pour se soustraire aux éventuels curieux trop matinaux à son goût. Un sourire idiot étira ses lèvres tandis qu’il agitait sa baguette pour lui signaler de ne pas le buter tout de suite et qu’il venait en ami.
▬ Tu m’as manqué. Comment… Comment ça va ? Furent ses premiers mots pour elle après plusieurs semaines. Son index tapota impatiemment le manche de la baguette qu’il tenait toujours serrée. Pas de précipitation… Elle le détestait peut-être. Toujours.




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Dernière édition par Istvan A. Bernhardt le Lun 1 Oct - 21:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Mar 25 Sep - 19:27

Une fois n’est pas coutume, le silence était enfin retombé sur Elderwood. Enfin, silence … tout est relatif. Disons simplement que les pleurs s’étaient taris (je sais pas pourquoi en écrivant ça je pense à un fleuve indien, ou à la place Tahrir – je sais pas comment ça s’écrit. Bref.) et que les gens avaient fini par se calmer, pour se concentrer un peu sur le retour chez soi, les réparations, etc.
Jude, elle, s’était concentrée sur ce qu’elle ne pouvait pas réparer. Sur des regrets, des erreurs commises. Elle avait réfléchi. Trop. A s’en faire mal au cœur, un nœud d’anxiété s’étant installé à demeure au creux de son estomac. Promis, elle ne se plaindrait plus jamais du manque d’action. Ni de la platitude de sa vie amoureuse. Le retour du karma avait été trop brusque, trop soudain et un chouia trop violent, même pour elle (mais shhhhh, ne le répétez pas – elle a une réputation à tenir).
Alors elle tournait en rond. Encore et encore, effectuant les mêmes gestes dans une ribambelle infinie, juste pour se rassurer. Pour se dire qu’ils n’étaient pas complètement inutiles et que personne n’aurait pu empêcher la mort de ces enfants. De ces collègues, de ces inconnus croisés dans les couloirs dont les proches avaient dû recevoir, maintenant, une sinistre visite. Ne pas penser à tous ces pleurs. Ou y penser au contraire, pour éviter de penser au reste. A son cœur qui loupait ses battements, à ces réflexions et à ses certitudes. Elle attendrait. Elle le savait maintenant, puisque tous ses efforts pour aller contre le courant s’étaient révélés vains.

Les couloirs étaient vides. Pas étonnant quand on savait l’heure qu’il était. Il lui faudrait du temps pour que le souvenir des tâches sombres qui les avaient maculés s’estompe de la rétine où il était désormais imprimé. Elle s’était crue plus dure, plus résistante. Et maintenant, elle errait dans les couloirs comme une idiote, vérifiant les moindres recoins pour y traquer mages noirs et araignées. Depuis la nuit des loups, elle n’avait pas pris une nuit de repos, veillant par à-coups et ne s’écroulant sur son lit que quand elle n’en pouvait plus.
Elle s’engageait vers l’aile Ouest elle entendit son nom. Le réflexe paranoïaque reprit le dessus et elle se retrouva en une demi-seconde baguette brandie, prête à en découdre avec Istvan. Istvan, le crétin en chef, en chair, en os et en alcôve. Son cœur rata une marche.
La jeune femme rangea soigneusement sa baguette dans sa proche de jean (oui on sait ça risque de nous cramer les fesses mais les fesses cramées avec du riz cantonais, c’est très bon), se donnant le temps de la mesure. Gestes familiers pour gagner du temps.
Elle n’était pas du tout prête pour ce moment. Elle l’avait repassé en boucle dans sa tête, visualisant une infinité de scénarios tous plus stupides les uns que les autres, qui finissaient invariablement sur eux deux s’éloignant dans le coucher de soleil vers d’autres horizons sans Owen ni blondes. Elle avait préparé mentalement des douzaines de discours qui sonnaient tous faux, mais elle avait promis d’attendre. D’attendre et d’être sage. Elle avait essayé d’aller voir ailleurs, de se rassurer, comme si son avenir n’était pas suspendu au fil du bon vouloir d’un crétin aux yeux bleus. Échec cuisant. Alors elle attendait sagement comme on le lui avait demandé, bien qu’elle soit sûre et certaine.
Et maintenant, le scénario avait pris de toutes autres proportions et ils se retrouvaient comme des imbéciles à se regarder dans le blanc du T-shirt. Les joues lui cuisaient, elle se sentit rougir – à sa grande honte.

Il entama les hostilités le premier, alors qu’elle le dévorait du regard, cherchant un signe de faille. Il était vivant. Elle avait beau le savoir, le constater n’avait pas la même consistance ; elle faillit le tâter pour vérifier qu’il était entier. « Tu m’as manqué. Comment… Comment ça va ? »
Elle hocha la tête. Digérant les informations comme elles venaient. « Je vais bien. Je suis vivante. » Elle hocha encore la tête. Scénario de crise n°1, raté, passons au plan B et elle demeurait plantée là, cherchant les mots tant elle avait à dire ; tant elle ne pouvait rien dire. Mais … il avait dit qu’elle lui avait manqué. C’était un signe, ça, non ? « Putain, » souffla-t-elle.

Elle cessa de réfléchir. L’étreignit, crochetant ses bras autour de son cou pour le sentir vivant. Ferma les yeux. Enfouissant sa tête dans le creux de l’épaule de son crétin, Jude se laissa aller quelques secondes à ignorer tout ce qui l’entourait (oui elle est toute petite alors elle arrive à son épaule c’est pas sa faute laissez-la en paix LEAVE BRITNEY JUDE ALONE). « Tu m’as manqué aussi, » souffla-t-elle en relâchant sa prise.
Bref. Fixant très fort ses chaussures avec le fol espoir qu’elles se transforment en patins à roulettes et qu’elle puisse se barrer très vite très loin, la jeune femme reprit sa position initiale, c’est-à-dire debout comme une idiote. « Et toi, comment ça va ? » marmonna-t-elle en parlant plus au plancher qu’à Istvan. Il ne serait pas dit qu’elle avait été la première à enfreindre leur statu quo. Même si elle en mourrait d’envie.
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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Mar 2 Oct - 16:31

S’il n’avait pas été trop stupide pour oublier d’y songer avant, Istvan se serait empressé de réparer tout ce qui avait été brisé avant que tout le monde ne manque de décéder les entrailles à l’air, dévoré par un loup. La fameuse nuit avait emporté des collègues de travail, tombés au combat ou juste tombés tout court et l’Anglais s’était raidi lorsque la nouvelle avait été relayée, craignant de trouver Jude dans un piteux état. Mais il n’avait trouvé qu’Eterna, quelque peu recousue de tous les côtés, parce que c’était bien connu, fréquenter les livres était drôlement périlleux. Côtoyer les lycans de trop près aussi, manifestement.
Des gens avaient perdu la vie, d’autres avaient perdus des amis, un bout de bras et un bout d’âme. Au milieu de tout ça, Istvan s’était dit qu’il n’aurait pas vraiment apprécié finir en puzzle psychologique en sortant du chaos, avec des regrets à n’en plus finir et de simples souvenirs pour subsister. Une fois que tout était terminé, c’était « trop tard » et ce n’était pas une expression que l’Anglais aimait à prononcer pour l’avoir un peu trop employée ces dernières années. « Trop tard je suis parti, trop tard j’ai tout gâché, trop tard j’ai mangé toute la tarte (ceci n’ayant aucun rapport but still.) ».
Voilà ce qui l’amenait coincé dans une alcôve avec une concierge, à plonger son regard de grand débile dans les prunelles d’un dragon qui n’aimait pas les enfants. Ce n’était pas facile pour lui, pas parce que les dragons avaient de gros yeux et que forcément, regarder les deux en même temps s’avérait difficile, mais parce que c’était elle très précisément. Des dragons, il en avait combattu d’autres, la plupart étaient vieux et tout ridés, mais celui-ci s’était infiltré si profondément dans ses veines qu’il avait simplement rendu les armes, jusqu’à prendre peur, juste parce qu’il était stupide alors qu’il suffisait de continuer ainsi pour ne pas le blesser. « Trop tard ».
▬ Je vais bien. Je suis vivante. Lui répondit-elle tandis qu’il faisait rouler sa baguette entre ses doigts avant de la glisser dans sa poche avec un air de chaton égaré (Donc oui, pour reprendre le thème, c’est soit on se grille une fesse, soit une se grille une couille, c’est quand même drôlement mal fichu comme système). Un sourire détendit ses traits, heureusement qu’elle était vivante. Fort heureusement. Pour ce qui était d’aller « bien », il n’était pas certain, mais chaque chose en son temps.
Les bras ballants, Istvan hocha la tête en même temps que Jude, cherchant ses mots ou attendant la suite des évènements, les deux actes s’annulant mutuellement, il ne restait plus qu’un grand vide dans le fond de son cerveau. Depuis qu’il avait promis d’attendre et que Schyler avait accessoirement annoncé qu’elle ne reviendrait pas à la rentrée (olala, quelle terrible nouvelle *pan*), les éventuels scénarios de retrouvailles s’étaient succédés dans son esprit mais aucun n’impliquait d’attaque de loup-garous un mois plus tard, des élèves mourants, des adultes dépassés, du sang sur les murs et une cinquantaine de regrets pour avoir échoué dans sa mission. Le flou artistique, quoi. Il amorça une manœuvre d’approche tout sauf subtile, sa main tentant vaguement d’effleurer le bas de son t-shirt mais elle le devança de quelques secondes.
▬ Putain. … Comment ça, « putain » ? Putain ne venait généralement pas après avoir annoncé qu’on était bel et bien en vie. Du moins pas dans le monde normal, mais il fallait croire que dans le monde que partageaient Istvan et Jude, tout était à peu près possible.
Elle s’accrocha à son cou sans qu’il n’ait le temps de réagir. Un court instant, l’Anglais soupçonna un piège maléfique destiné à le tabasser en secret pour tout le mal qu’il avait fait et pour tout ce qu’il avait manqué et il en vint même à fermer brièvement les yeux, avec un peu de chance, il mourrait avant de s’en rendre compte, Jude était très douée pour ce genre de chose… L’étreinte se prolongea plus que de raison et Istvan songea qu’il devrait peut-être commencer à consulter un psy vu sa paranoïa latente. Ses bras se refermèrent brièvement sur la taille frêle de l’auror, son cœur jouant à nouveau avec nerfs, sourd aux appels de son cerveau qui persistait à mettre en surbrillance la frontière qu’il avait vaguement essayé d’instaurer.
▬ Tu m’as manqué aussi. Ils s’étaient donc manqué mutuellement. Fort bien. Mais ça n’aidait pas Istvan dont la conscience galopait de tous bords, oscillant entre la culpabilité anticipée, celle déjà présente et tout un cocktail de sentiments enflammant chaque parcelle de son corps.
▬ Et toi, comment ça va ? Retour à la normale, ou presque. Le regard de l’Anglais suivit celui de Jude et se posa sur le bout de ses chaussures. Ils pourraient donc communiquer par baskets et lattes de plancher interposées, intéressant mode de correspondance.
Agitant son pied pour mimer la parole parce que bon, il était un peu débile voire beaucoup énormément, Istvan esquissa un sourire abruti avant de répondre.
▬ Ma basket gauche va bien. La droite aussi. Elles ont commis quelques erreurs par le passé qu’elles regrettent énormément et d’autres dans un passé un peu plus proche. Des erreurs qui ont peut-être coûté la vie à des élèves par négligence. Elles guériront avec le temps, un peu comme toutes les blessures et les ampoules, à part un coup de patte de la part du loup, elles sont en bon état. Elles aimeraient bien défaire ce qui a été mal fait voire complètement raté, mais c’est trop tard, on ne peut pas tout réparer, mais on peut essayer de retrouver un chemin moins déglingué. Il fit quelques pas pour se rapprocher plus encore de l’Auror Américaine, ses doigts jouant avec le bas de son t-shirt sans savoir qu’en faire.
▬ Tes baskets ont vraiment beaucoup manqué aux miennes, tu vois… … Oui parce que bon, stupide un jour, stupide toujours. Elles ont eu très peur de ne plus jamais les revoir, elles auraient été très embêtées parce qu’elles les aiment beaucoup même si elles ont eu tendance à fuir par le passé. Il avait promis d’attendre, mais pas pour toujours, ça aurait été bien.
Istvan releva les yeux, relevant le menton de Jude pour croiser son regard et s’arrêta à la frontière invisible qu’il s’était posé et qui, curieusement, avait tendance à s’effacer à chaque battement de cœur. Il avait cédé la première fois, posant les premières pierres de ce qu’il espérait un nouveau départ ou un nouveau n’importe quoi. Mais cette fois, il lui laisserait le choix, tentant de lire dans le fond de ses prunelles une alerte quelconque. Ses yeux retournèrent discuter avec le sol et sa main retomba mollement à ne rien faire de constructif. Les mots se pressèrent aux lèvres de l’Anglais et sortirent dans un ordre approximatif.
▬ Je…Tu…Heu…Nous… Scrabble. J’suis heureux que tu n’aies pas été blessée. Lâcha-t-il à l’attention de ce qui semblait être la chaussure gauche de Jude, très tenté de demander à vérifier si l’intégrité physique de l’Américaine avait été conservée mais… Ca aurait été dépasser les limites. Je sais pas ce que j’aurais fait si tu…enfin… Enfin, si, j’aurais génocidé tout cette île pourrie et la moitié de l’école. Belle mentalité, bravo Istvan.




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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Dim 7 Oct - 19:53

Alors qu’elle l’étreignait, Jude avait senti l’indécision prendre le contrôle du corps du crétin en chef. Sa paranoïa s’était à son tour mise en marche, ils étaient deux parano accrochés l’un à l’autre et elle, du fin fond de son petit cerveau torturé, comprit qu’elle s’était précipitée. Encore. Il voulait juste des nouvelles, ne sachant comment se comporter, et elle avait ignoré superbement leur commandement sacré : attendre.
Crétine.
Elle recula, faisant appel à tout le naturel dont elle était capable pour ne pas glisser sur la grosse flaque de gêne qui venait de s’instaurer entre eux. Trop tard, elle avait déjà avoué. Honte sans fin, ses joues qui rosissaient de ne pas se contrôler. Qu’est-ce qu’elle avait imaginé ? Que pendant la bataille, c’était à elle qu’il avait pensé, en se demandant s’ils allaient jamais se revoir, et en priant pour qu’elle s’en sorte ? Qu’il n’avait eu qu’une hâte depuis, la serrer dans ses bras, mais qu’il avait repoussé ce moment parce qu’il avait peur que ses rencontres rêvées ne s’écroulent comme un château de cartes ? Ca n’était qu’elle, que son monde et ses fantasmes, ses rêves, ses illusions.
Deux minutes et un gros blanc plus tard, les patins à roulette ne semblaient toujours pas vouloir se matérialiser, la condamnant à rester debout comme une idiote à attendre que quelque chose se passe. Quelque chose se passa. Elle étouffa un gloussement débile quand Istvan commença à faire parler sa basket, oubliant instantanément qu’elle était sensée être une adulte responsable et pas une collégienne sans cerveau. Sauf qu’elle était sans cerveau, collégienne d’un jour, idiote à la cervelle paralysée par l’affection, amoureuse aveugle et sourde. Et elle parlait à des chaussures.
« Ma basket gauche va bien. La droite aussi. » Elle remua vaguement les doigts de pied, faisant acquiescer sa basket à son tour. Ils parleraient sans parler, soit. Jude retrouvait peu à peu son calme, hypnotisée par la chaussure parlante qui racontait n’importe quoi. « Elles ont commis quelques erreurs par le passé qu’elles regrettent énormément et d’autres dans un passé un peu plus proche. Des erreurs qui ont peut-être coûté la vie à des élèves par négligence. Elles guériront avec le temps, un peu comme toutes les blessures et les ampoules, à part un coup de patte de la part du loup, elles sont en bon état. Elles aimeraient bien défaire ce qui a été mal fait voire complètement raté, mais c’est trop tard, on ne peut pas tout réparer, mais on peut essayer de retrouver un chemin moins déglingué. »
Elle hocha la tête, oubliant qu’il ne pouvait pas la voir. « Tu – enfin, tes baskets – » corrigea-t-elle, « elles vont aller bien. Elles peuvent pas réparer, mais elles vont retrouver une vie de basket normale, genre jouer au basket, ou euh, danser, enfin jsais pas, et ça sera cool. Et sinon, je t’en achèterai une nouvelle paire. » Elle s’embrouillait, racontait n’importe quoi, sentant l’énervement la gagner. Si elle fixait le sol, c’était pour ne pas parler du tout, pas pour jouer aux marionnettes. En même temps, discuter à côté de la plaque, comme ça, ça n’était rien qu’une façon de plus d’attendre, de passer à côté des choses.
Or, Jude n’avait plus envie d’attendre. Elle avait attendu, réfléchi, rompu, réfléchi encore, tourné en rond, et elle n’en pouvait plus. Elle fixa les doigts qui s’agitaient au bas de son t-shirt, jouant avec les coutures. S’en empara. Ca suffisait, les jeux. Les attentes, les bonjours, les greniers, les couloirs et les discussions de chaussures. Elle voulait avancer. Restait encore à le lui faire comprendre.
« Tes baskets ont vraiment beaucoup manqué aux miennes, tu vois… … » Jude ferma les yeux, serrant la main d’Istvan dans la sienne. Attendit la suite. « Elles ont eu très peur de ne plus jamais les revoir, elles auraient été très embêtées parce qu’elles les aiment beaucoup même si elles ont eu tendance à fuir par le passé. »
Tendance à fuir par le passé. Elle eut un frisson désagréable, triste rappel de ce qu’ils avaient été, de sa peine, de sa fuite, de leurs échecs. Par le passé ? Il reviendrait ? Il revenait toujours, à moins que ce ne soit elle. Quand elle rouvrit les yeux, elle trouva ceux d’Istvan qui la fixaient. Un océan dans lequel elle se noyait, hypnotisée comme le hamster par un serpent. Les animaux étaient rarement aussi ravis de se faire bouffer qu’elle à l’instant présent.
« Je…Tu…Heu…Nous… J’suis heureux que tu n’aies pas été blessée. » Les mots se bousculaient dans sa bouche, hésitant à sortir, hésitant à se mélanger. Toi aussi, tu m’as manqué. Moi aussi, je t’aime beaucoup. Entre ses doigts, la chaleur d’un corps ; elle pouvait presque sentir son cœur battre entre ses veines. « Je sais pas ce que j’aurais fait si tu…enfin… Enfin, si, j’aurais génocidé tout cette île pourrie et la moitié de l’école. » Jude sentit la barrière s’envoler, balayée comme de rien par leurs discours-flots et leurs allers-retours incessants. « Shhhh, » l’arrêta-t-elle en se rapprochant doucement. Elle pouvait sentir son souffle sur ses lèvres, dans la mesure où aucun des deux n’avaient oublié de respirer. « Istvan, t’es un crétin, » chuchota-t-elle. « et je suis une crétine, et je t’aime, et tu me manques, et j’en ai marre d’attendre. »
Silence. Elle l’avait dit. Pause. Le sang battait contre ses tempes alors que son petit cœur meurtri cherchait à se faire la malle, creusant un chemin entre ses côtes abîmées. Dis quelque chose. Ou ne dis rien, mais arrêtons les frais. Plus d’attente, plus d’hésitations, plus d’obstacles, rien que nous deux, comme des grands. Elle interrompit finalement le silence de la plus douce façon qui soit, plaquant ses lèvres contre les siennes, cherchant son cou, hissée sur la pointe des pieds. Ils avaient assez parlé.

Amen.
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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Jeu 11 Oct - 12:46

Dire qu’Istvan était perdu aurait été à la fois dévoiler l’évidence et occulter toute la partie immergée de l’iceberg. Etrange paradoxe que celui de l’Anglais qui s’enfonçait doucement dans un vortex de débilité à base de chaussures, de non-dits et de mots voilés. Il s’était toujours sentit un peu stupide, beaucoup, surtout lorsqu’il s’agissait de Jude, auquel cas son imbécilité atteignait des valeurs astronomique, mais d’une manière générale, ça ne l’avait jamais vraiment dérangé. Entendez par là qu’il avait fini par se faire à son incompétence flagrante en matière de relations et à son manque de cerveau. Le Londonien s’était adapté par nécessité, il avait enfouit bien profondément sa conscience qui lui sifflait un peu trop souvent aux oreilles qu’il était quand même un peu beaucoup débile et il avait continué à avancer. Jusqu’à ce que la pleine lune révèle à la fois les crocs de ses camarades lycans et les erreurs qu’il n’aurait pas dû laisser passer, celles qu’il aurait mieux fait de réparer de suite avant de les laisser se gangréner. Il pensait à Roxane qu’il n’avait pas eu l’occasion de revoir, à Susi, un peu à Schyler, quand même… Puis encore et toujours à Jude tant la peur avait été grande. Dans le feu de l’action, il devait avouer que ça n’était pas venu tout de suite, elle était auror et elle se débrouillait au moins aussi bien que lui, il avait des gamins à préserver mais à peine la pression légèrement évacuée, son inquiétude s’était tournée vers l’Américaine alors qu’il poursuivait un gosse vers les arches. Et à voir l’état d’Eterna, il avait eu raison. Istvan frissonna imperceptiblement en songeant à Jude à la place de la pseudo-bibliothécaire. Disons que si les places avaient été échangées, il aurait été nettement plus difficile de discuter par baskets interposées.

▬ Tu – enfin, tes baskets – elles vont aller bien. Elles peuvent pas réparer, mais elles vont retrouver une vie de basket normale, genre jouer au basket, ou euh, danser, enfin jsais pas, et ça sera cool. Et sinon, je t’en achèterai une nouvelle paire. Les yeux toujours concentrés sur les chaussures douées de paroles, Istvan se mordilla la lèvre inférieure et son sourire stupide s’élargit doucement. Puis il y eut une tempête, un trou noir, un vortex et des mains saisissant les siennes alors qu’il ne savait toujours pas où les mettre. Les planquer dans celles de Jude lui parut une bonne idée et il agita doucement les doigts tout en fixant ses orteils qui semblaient drôlement moins perdus que lui. Istvan se dit que peut-être, être un orteil devait constituer une existence sympa, du genre sans douleur, sauf pour le plus gros ou le plus petit qui passaient leur temps à embrasser des portes et les angles mais que bon, lui, il embrassait bien des dragons - surtout un - , alors au point où il en était…
Sauf que là où il serait un orteil, il n’y avait pas de Jude. A moins que Jude accepte de devenir un orteil aussi, mais un orteil-dragon, ça commençait légèrement à compliquer la situation.
Au beau milieu de ces pensées pour le moins chaotiques, Istvan réalisa soudainement trois choses : Premièrement, il n’avait aucune envie d’être un orteil parce que c’était un peu ridicule ; deuxièmement, il n’avait de toute façon aucune envie d’être où que ce soit si Judith ne faisait pas partie de son monde et troisièmement, s’il se sentait perdu, c’était en partie parce qu’il se perdait lui-même. En allant plus loin, il pourrait affirmer avoir quitté la route en quittant de Jude, mais c’aurait été énoncer ce qu’il savait déjà et s’appesantir sur le passé alors qu’il voulait reconstruire. Parce qu’Istvan voulait avancer, ce n’était pas franchement flagrant, principalement parce qu’il était un crétin et que donc chaque pas lui prenait beaucoup plus de temps. Ses doigts enlacés à ceux de Jude, l’Anglais ne put s’empêcher de sourire bêtement et de poursuivre sur la lancée de chaussure parlante, le temps que l’envie de rejoindre des chemins moins sinueux monte à son cerveau.

Chaussure numéro 1 ayant exprimé ses plus profonds sentiments de chaussure opprimée, Istvan releva les yeux sur la concierge et pensa, tout en se noyant dans le fond de ses prunelles vertes, qu’elle lui avait effectivement manqué et au-delà de tout ce qu’il aurait pu croire. Il s’était un peu bercé d’illusions en pensant vivre ou même exister sans elle. Partir au bout de la planète et même en faire le tour ne l’avait pas empêché de la retrouver, qu’il le veuille ou non. Même sur cette île, aussi pourrie soit-elle. L’Univers avait donc effectivement essayé de communiquer avec lui. Décidément… Istvan envisageait de prendre Univers en deuxième langue pour l’année à venir. Car prochaine année il y aurait. Fort heureusement d’un côté, puisque cela signifiait qu’ils n’étaient pas morts dans la bataille et bien malheureusement d’un autre, parce que bon, ça restait le projet Elderwood.
Elderwood qu’il aurait par ailleurs bien fait exploser lui-même si l’Américaine ici présente avait été blessée ne serait-ce qu’avec un ongle cassé.
▬ …Enfin, si, j’aurais génocidé toute cette île pourrie et la moitié de l’école. Ca avait le mérite d’être clair. Il voulait avancer mais pas sans elle, sauf que ça n’était pas facile d’organiser toutes ces idées se pressant dans son cerveau.
▬ Shhhh. Jude le stoppa dans son élan meurtrier alors qu’il s’apprêtait à affirmer qu’il aurait également déclaré la « guerre au reste de l’univers, même la-lune-oui-oui-même-si-elle-a-rien-demandé-c’est-un-peu-sa-faute ». Quelques petits pas la rapprochèrent de lui et Istvan ne put s’empêcher de sourire en imaginant les chaussures parlantes exprimer leur mécontentement. Son sourire s’effaça rapidement tant la proximité le surprit, leurs deux respirations s’entrechoquant. Il aurait bien trépassé sur le champ, prêt à cesser de respirer et à s’écrouler. Elle lui avait dit de se taire mais Istvan n’était pas particulièrement obéissant, aussi ouvrit-il brièvement la bouche pour protester qu’il avait encore des tas de choses stupides à dire avant de vaguement faire semblant de réfléchir.

▬ Istvan, t’es un crétin et je suis une crétine. Un sourire presque désolé accueillit la déclaration, il n’y pouvait rien, c’était probablement inscrit dans son code génétique. Du coup, ils allaient plutôt bien ensemble. et je t’aime, et tu me manques, et j’en ai marre d’attendre.
Istvan fixa la brune en silence, noyé dans ses yeux clairs, obéissant pour une fois à son injonction, faute de mots pour lui répondre tant les syllabes se mélangeaient doucement dans son esprit au point qu’il se demanda si le choc ne l’avait pas rendu totalement aphasique. Ils s’aimaient mutuellement, c’était tombé comme une évidence lorsqu’ils étaient ensemble et pour lui, le sentiment restait parfaitement naturel malgré tout ce qu’il avait pu faire. Depuis la Beach, il s’était demandé si cela restait mutuel, l’épisode du grenier ayant fait naître de nouvelles incertitudes, mettant en lumière les difficultés qui s’annonçaient si tout allait encore trop vite.
Mais il fallait bien croire que ni l’un ni l’autre n’avait envie d’attendre que le monde entier s’entende parfaitement bien sur l’île sans nom pour reprendre où ils s’étaient arrêtés. Il voulut parler, laisser échapper quelques mots logiques, le mutisme comme la distance ayant assez duré.

Le silence ne fut brisé qu’à l’initiative de Jude, parce que pour une fois, Istvan avait été sage, il avait écouté et il s’était tût, cessant d’exprimer le tumulte de ses pensées comme elles venaient.
Leurs lèvres se rencontrèrent et instinctivement le corps d’Istvan ne put que répondre, ses bras s’agrippèrent à la taille de Jude, ses doigts courant sous le tissus pour se perdre sur sa peau chaude, emportant leurs deux corps un peu plus profondément dans l’alcôve. Chaque baiser en appelant un autre, les lèvres de l’Anglais s’égarèrent dans le cou de l’auror avant de s’arrêter sur le creux de sa gorge et remonter près de son oreille.
▬ Je sais que tu voudrais pas que je parle mais… c’est plus fort que moi. Murmura-t-il à bout de souffle, son cœur s’évertuant à s’échapper de sa poitrine pour rejoindre son cerveau qui avait probablement déjà pris des vacances au soleil. Alors oui je suis un crétin, j’ai tout raté mais je… Plus de promesses. Plus d’illusions. Juste eux, sans concession. Je suis désolée. Profondément, vraiment, énormément désolé. Et j’en ai aussi marre d’attendre. Même si bon, j’avais promis, j’ai plutôt bien tenu. Deux mois. Ou un mois, peu importe. C’est bien. Encore une fois, il parlait beaucoup trop. Comme pour s’empêcher de parler, il posa à nouveau ses lèvres du celles de Jude, voyagea un peu le long de ses courbes, histoire de vérifier qu’elles restaient les même (bien que demander à un dragon s’il n’avait pas un peu grossi dernièrement n’était pas franchement le meilleur moyen de retrouver une vie de couple normale). Et moi aussi je t’aime, un peu trop pour mon propre bien si tu veux savoir, trop pour notre job, mais on s’en fout, Owen peut aller se faire… pardon. Il se tu, embrassa encore l’Américaine, évacuant le feu qui lui courait dans les veines en dévorant ses lèvres, retrouvant son corps et sa chaleur.




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Dernière édition par Istvan A. Bernhardt le Lun 17 Déc - 3:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Mar 30 Oct - 17:20

Panorama. Deux imbéciles et leurs chaussures, se regardant comme si le monde n’avait rien inventé de mieux que l’autre depuis la cuillère à soupe (ce qui était probablement le cas, dans une perspective vaguement niaisocentrique).
Ils auraient probablement pu trouver un sort pour faire parler leurs chaussures à leur place. Mais s’ils avaient été à ce point appliqués, ils auraient sans aucun doute trouvé le moyen de se parler comme des adultes, en se regardant dans les yeux.

Prendre ses mains lui avait semblé être un bon début. Un début, un milieu, une fin. N’importe quoi. Comme s’ils avaient jamais respecté un ordre chronologique, perdus comme ils l’étaient dans la vase boueuse de leurs sentiments compliqués. Haha. A ce stade, ça n’était plus de la vase, c’était un geyser, un geyser de fuites et de je t’aime moi non plus ne touche pas cette grognasse et referme la porte en sortant.
Chercher Istvan, le suivre dans les méandres que constituaient son comportement erratique et sa logique pour le moins particulière, était un chemin de croix. Une épopée sans fin, peuplée de sorciers agressifs, de loups-garous inopinés et d’enchanteresses blondes aux bras attirants. Pourtant, à cet instant précis, Jude se sentait un peu comme le chevalier victorieux qui fait enfin face au donjon. A une exception près : elle était à la fois le pont-levis, le dragon qui gardait la princesse et le lac de lave en-dessous. Et lui, il était le pont de singe auquel on a du mal à faire confiance.

Pourtant, il allait bien falloir faire le grand saut. Couper les cordes, armer le cheval et s’enfuir en hurlant en espérant que la vilaine enchanteresse ne repointerait jamais le bout de son vilain nez. S’enfuir en courant, ils savaient faire. Autant elle que lui. Et ils n’auraient plus qu’à prier pour que leurs jambes égarées se mettent à courir dans la même direction, les jettent sur le même tapis volant.
Alors elle avait sauté. Geronimo.

Quelque chose l’avait arrêté dans sa chute. Un bras. Deux. Une étreinte. Un trou noir chaleureux duquel elle connaissait tous les recoins, une pulsation familière dans laquelle elle voulait se nicher toute entière. Comme un écrin à leur folie, un ilot reposant dans l’océan de non-sens qu’était devenues leurs vies. Jude s’agrippa à Istvan, comme pour l’empêcher de tomber en poussière, de disparaître. Retrouvant l’étau aimé de ses bras, à en couper le souffle. Soulagée, enfin, d’avoir pu cracher les mots, libre et légère à nouveau.
La colère s’était enfuie, réalisa-t-elle enfin, incrédule, alors qu’elle s’enterrait dans le creux familier de son cou, laissant son pouls redescendre doucement, s’il en était jamais capable. Elle était partie sur la pointe des pieds, comme une voleuse. Sa bonne vieille amie avait filé à l’anglaise, ne laissant plus en elle qu’un vide creux, vite rempli par la stupéfaction et le ronronnement satisfait de ce qui restait de son esprit.
La bouche s’anima, à côté de son oreille, chassant toute sensation d’être en train de rêver. Un souffle chaud, des mots qui sonnaient bien réels, dans toute leur maladresse. Elle ferma les yeux et se suspendit à l’instant, raffermissant sa prise sur le crétin. « Je sais que tu voudrais pas que je parle mais… c’est plus fort que moi. » « J’aime bien quand tu me parles, » chuchota-t-elle sur le même ton. « Toi, en vrai, pas tes chaussures. » Et elle se tu. « Alors oui je suis un crétin, j’ai tout raté mais je… »
Jude faillit le relâcher. Mais ? Mais il voulait faire les choses bien. Évidemment. Les types bien se tenaient à ce qu’ils décidaient. Promettaient. Et Istvan était un type bien. Faire les choses bien voulait dire attendre, laisser décanter. Sauf qu’elle ne voulait pas attendre. Elle avait suffisamment attendu. Elle ne voulait pas être la fille qui attend, aussi auréolé de prestige que puisse être le titre.
Heureusement pour elle, l’Anglais interrompit sa litanie mentale. Ses hésitations, ses protestations. Toutes balayées d’un coup, comme par magie. « Je suis désolé. Profondément, vraiment, énormément désolé. Et j’en ai aussi marre d’attendre. Même si bon, j’avais promis, j’ai plutôt bien tenu. Deux mois. Ou un mois, peu importe. C’est bien. » C’est bien, faillit-elle acquiescer quand il la fit taire à son tour. D’accord. Elle se tairait, et avec joie, sinon avec de l’aide. Ils s’empêchaient mutuellement de parler, c’était bien. Même si d’un point de vue purement logistique, ça n’allait pas tellement faire avancer le schmilblick. Non pas qu’ils aient besoin d’avancer. Pour une fois, ils se trouvaient exactement là où ils devaient être. Au bon moment, au bon endroit, avec les bonnes personnes et tout (même si bon, les couloirs n’étaient pas très romantiques, on fait ce qu’on peut). Ouais, moi aussi je suis fière d’eux. « Et moi aussi je t’aime, un peu trop pour mon propre bien si tu veux savoir, trop pour notre job, mais on s’en fout, Owen peut aller se faire… pardon. »
Elle sourit comme une idiote. Vous savez, le sourire du petit garçon qui vient de trouver un train électrique sous le sapin de Noël ? Oui, celui-là même (de sourire, pas de train). Elle ne releva même pas la pique sur Owen, occupée que ses lèvres étaient.
« Pas trop. » Rectifia-t-elle en chuchotant. « Jamais trop. » Jamais pour eux, vu ce qu’ils avaient traversé et les endroits d’où ils revenaient. « On s’en fout. On se cachera dans les placards, » compléta-t-elle en reculant légèrement, de manière à pouvoir respirer normalement – sans toutefois s’éloigner trop. Dix centimètres étaient largement suffisants. Sinon, je vous présente Jude, douze ans d’âge mental. « Ou … je sais pas. On trouvera. » Elle fronça le nez, cherchant une pensée qui s’éloignait à vitesse grand V. Elles se barraient toutes, comme des lâches, dans la mesure où elle venait de perdre toute faculté à réfléchir, se transformant en crétine grand format. « On trouvera, répéta-t-elle. On a bien réussi à se trouver. »
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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Mar 18 Déc - 17:45

Chaque seconde à parcourir sa peau lui rappelait ce qu’il avait perdu, ce temps gâché par sa débilité, absorbé par un vortex insensé de mission sous couverture, d’Owen et d’intelligence sentimentale qui lui faisait sacrément défaut. Rattraper le temps perdu qu’ils disaient, dans les films. Istvan était plutôt bien placé pour savoir que certaines choses perdues ne se retrouvaient pas et qu’on ne réparait pas toujours tout. On se contentait de recoller les morceaux mais les failles restaient. Hope Bernhardt avait suffisamment martelé ce précepte à son fils pour qu’il finisse par y croire lui-même. Istvan avait peur d’un peu tout finalement, de l’avenir au présent, des incertitudes et des erreurs, alors comme d’habitude, il fuyait en espérant que les dragons et les geysers de stupidité se calmeraient un peu en son absence. Peut-être avait-il même cru que tout serait rose bonbon à son retour. Inutile de dire qu’il était idiot, naïf et complètement à côté de la plaque, tout ceci étant de toute façon synonyme d’ « Istvan ». Il laissa ses doigts s’agripper au t-shirt de Jude, tentant de garder le contrôle histoire de ne pas rouler en couple jusqu’au beau milieu du couloir. Ca n’aurait probablement pas été de très bon goût d’être vu en train de batifoler avec la concierge dans les couloirs après ce genre de tragédie.
Ne vous méprenez pas, Istvan n’avait pas choisi ses actes par pure provocation. Il compatissait, sa tête était même pleine de remords et de peine mais pour l’instant son cerveau s’était juste changé en grosse mélasse rose qui sentait la fraise. Alors le bon sens et les conventions, vous comprendrez que ça lui passait à plusieurs kilomètres au-dessus du crâne. Il tenta de s’exprimer une première fois, de chuchoter à l’oreille du dragon tout ce que son cœur avait retenu. Ca n’était pas vraiment venu dans le bon ordre ni avec les bon mots, il avait d’abord essayé de s’excuser de trop parler pour présenter des excuses (excusception). Tous les pardons du monde ne lui semblaient pas suffisants pour mettre du baume sur les blessures qu’il avait causées tant elles lui semblaient profondes.
▬ J’aime bien quand tu me parles. Sourire dans l’ombre. Son souffle s’accéléra et son cœur battit la cadence comme un tambour de guerre. Toi, en vrai, pas tes chaussures. Oui, il était temps qu’il cesse de se cacher derrière ses chaussures ou toute autre stupide prétexte et qu’il se lance à l’assaut du dragon.
C’est un bon dragon quand on y pensait. Il mangeait un peu les enfants, parfois, mais c’était la sélection naturelle (ceci n’étant pas applicable à la nuit des loups, ça compte pas). Istvan cessa de réfléchir à comment contourner le problème et l’attaqua de front, avec toute la force de ses regrets, cherchant tous les synonymes pour les exprimer au mieux avant de s’arrêter pour regretter encore une fois de n’avoir que trop parlé. Posant une main sur le mur de pierre, il se laissa entraîner par le rythme imposé par son palpitant et tenta d’insuffler ses élans entre contrition et nostalgie à chacun de ses baisers sur les lèvres de Jude. Il parlait trop, action ou vérité n’était plus un jeu que les deux Aurors souhaitaient vraiment continuer, il n’était plus question de choisir entre l’un ou l’autre.
▬ Pas trop. Jamais trop. Dans un soupir, il s’arrêta à la frontière de son sourire, ses mains accrochant les reins du dragon-concierge. Il était presque rassuré et si son corps et son esprit n’avaient pas formé qu’une seule flaque d’amour à paillettes, il se serait mis à courir en hurlant qu’il n’était pas si nul que ça. Au lieu de ça, Istvan étouffa un rire amusé. On s’en fout. On se cachera dans les placards, ou dans les greniers, ajouta-t-il en souriant en la laissant s’écarter un peu avec regret. Ou … je sais pas. On trouvera. On trouvera. On a bien réussi à se trouver. Il hocha machinalement la tête. Ils s’étaient bien trouvés et même retrouvés, c’était tout ce qu’il avait retenu. Pour le reste son cerveau avait enregistré qu’il fallait chercher une solution mais que pour l’instant, personne n’en avait. Tout allait se compliquer mais sur le principe, ça ne dérangeait pas beaucoup l’Anglais qui pouvait bien accepter de sauter de placard en placard déguisé en élève de Salem s’il pouvait être en compagnie d’un dragon déguisé en Auror déguisé en concierge (Judeception).
Il releva la tête et considéra leur situation en bon Auror qu’il était. 95% de chances d’être repéré au moindre mouvement suspect. Pas bon. De frustration, il fit claquer sa langue et se plaqua encore un peu plus contre Jude.
▬ Estimation du retour de l’ennemi: H-2. Peut-être moins. Distance premier refuge : Environs 50 mètres. 200 mètres au maximum. A 6h. Sûreté relative mais sûreté quand même. Enonça-t-il machinalement comme s’ils étaient de retour en mission, ce qui, techniquement, n’avait rien de faux vu qu’ils étaient toujours deux idiots sous couverture. Un duo, comme au bon vieux temps, à ceci près que les mages noirs ne les poursuivraient pas jusqu’à la mort. Qu’ils ne se disputeraient pas. Et que la peau de l’Américaine réchauffait la sienne. Ils étaient ensemble, comme deux idiots dans un fond de couloir. Mais ensemble.
▬ J’ouvre la voie, tu me couvres ! Fit-il en sortant sa baguette avec un sourire de gamin qui jouerait « à faire semblant ». Et si on disait que j’étais le chevalier et toi la princesse. Et si on disait qu’on était des agents secrets…
Ses doigts enlacèrent ceux de Jude et la pressèrent de le suivre à l’assaut des couloirs. Bifurquant dans une salle vide dont il ouvrit la porte d’un grand coup de pied, il attira l’Américaine à lui, son index courant sur sa peau tandis qu’il l’embrassait avec plus d’ardeur. Leurs corps se frôlèrent et les souffles se mêlèrent à nouveau, sa main glissa vers les hanches de son dragon.
▬ T’imagines si Owen nous trouve, on s’rait pas dans la merde. Ou avec un peu de chance on se ferait virer. Tu crois qu’on retournerait à Londres ? On pourrait faire la circulation sur balais… Ou alors… Ils nous foutraient à l’étranger, dans des lieux encore plus pourris… Cessant sa réflexion, Istvan reposa son front sur celui de Jude, inspirant profondément au contact plus que rassurant du dragon.



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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Mar 25 Déc - 15:41

Chassez le naturel, il revient au galop. Elle avait tenté de chasser Istvan, il était revenu en fourbe. Et même s’ils essayaient d’oublier leur délicate situation pour ne plus se concentrer que sur l’important, à savoir eux deux, la vérité revenait les frapper doucement. Ils étaient Aurors, pour le meilleur et pour le pire (surtout pour le pire, mais shhh, ça aurait pu être pire. Coucou Nate *pan*) « Estimation du retour de l’ennemi: H-2. Peut-être moins, » établit Istvan avec professionnalisme. Jude sourit, touchée de remarquer combien ce genre de remarques lui avait manqué. Ceci dit, il avait un point : tout auréolé de gloire qu’il était à cause de la nuit des loups, si l’on pouvait dire, Owen ne manquerait pas de leur coller une raclée s’il les surprenait en train de s’embrasser alors qu’ils étaient censés faire leur ronde. Aussi acquiesça-t-elle quand le brun proposa d’aller se réfugier ailleurs. Une petite voix chuchota bien dans un coin de son crâne qu’elle enfreignait une fois de plus les consignes de son patron, mais elle fut rapidement réduite à néant. Toutes les consciences du monde ne faisaient pas le poids face au crétin en action.

« J’ouvre la voie, tu me couvres ! » « Shh, dépêche, » renchérit-elle du même ton alors qu’ils se jetaient dans la première salle de classe venue, se bousculant comme des gamins qui finissent en mêlée. Mêlée qui n’avait rien d’infantile, croyez-moi, alors que les deux Aurors se pressaient l’un contre l’autre. Jude enfouit ses mains dans le cou de son compagnon, l’attirant à elle pour une étreinte qui devenait à chaque instant un peu moins sage.
« T’imagines si Owen nous trouve, on s’rait pas dans la merde. » Dans la merde, ils l’étaient, et bien profondément. Ils l’avaient été depuis un bout de temps ; les choses n’avaient pu qu’empirer dès lors qu’on les avait posés, comme des gamins punis, sur une île perdue dans l’océan avec pour mission de surveiller des petits monstres. Mission à laquelle ils avaient d’ailleurs failli avec brio. S’ils étaient dans la merde ? Oui. Triple oui. D’un autre côté, la merde n’avait jamais eu un aspect aussi optimiste. Si les choses avaient rarement été pires, Jude avait toutes les clefs en main pour s’en sortir. La principale d’entre elle se tenant devant elle, effleurant ses lèvres auxquelles elle s’accrocha dans une accélération de ses battements de cœur. « Ou avec un peu de chance on se ferait virer. Tu crois qu’on retournerait à Londres ? On pourrait faire la circulation sur balais… Ou alors… Ils nous foutraient à l’étranger, dans des lieux encore plus pourris… »

« De la circulation sur balai. On pourrait organiser des courses, » souffla-t-elle en gloussant. Il aurait pu se mettre à pleuvoir des grenouilles qu’elle n’y aurait accordé aucune importance, à nouveau emportée par une brume cotonneuse dans laquelle il n’existait plus qu’eux. Le monde environnant s’était réduit à une petite bulle flottante taillée à la forme de leurs deux corps, pressés l’un contre l’autre. Même la mention de Londres, comme celle de l’étranger, ne suffirent pas à atténuer sa bonne humeur. L’angoisse qui la saisissait encore à l’idée de l’Argentine, mêlée à la culpabilité et à la honte, resta sagement en retrait. L’idée de Londres, en revanche, s’attacha un instant dans son esprit, souvenir fantôme d’une douleur tenace. Un appartement vide. Un oreiller froid.
Jude ferma les yeux, chassant les images. Il avait dit qu’il ne pouvait rien promettre. Il avait dit qu’il ferait de son mieux. Elle ne pouvait pas en demander plus. Elle ne devait pas en demander plus. Mais l’inquiétude revenait, vrillant son estomac jusqu’à ce qu’elle s’en sente mal. Cherchant le contact familier et rassurant d’un baiser, la sorcière finit par rouvrir les yeux. La bouche. La referma. Je sais qu’on a dit pas de promesses, mais j’ai besoin de savoir que je ne me réveillerai plus en me demandant où tu es. Que je ne me coucherai plus en sachant que tu ne reviendras pas. « Je … » Rien ne sortit. Elle se serra contre le torse d’Istvan, l’enlaçant à s’en couper le souffle. « Peu importe. Qu’importe l’endroit, si Owen n’est pas là – mais nous si – ça sera forcément bien, » chuchota-t-elle à l’oreille du crétin, qu’elle laissa un peu respirer quand même (le pauvre. Puis les crétins morts c’est pas très utile).
« En parlant d’Owen, il paraîtrait qu’il a bien les attributs d’un homme. » Remarqua-t-elle d’un débit un peu trop rapide, faisant référence aux frasques de sa comparse bibliothécaire. « Ca infirme la théorie selon laquelle il descendrait d’un caillou. Ou d’un bigorneau. Enfin, pour le bigorneau, je suis pas encore sûre. »
Tout en babillant, Jude en avait profité pour reprendre ses esprits. Sa respiration. Tout irait bien. Tout irait toujours bien. Elle l’attira contre elle, histoire de confirmer cette dernière théorie.
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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Mer 16 Jan - 3:06

Ils avaient 8 ans. Peut-être 9. Enfin non, probablement entre 14 et 17 ans, vu la vitesse à laquelle leurs peaux respectives s’échauffaient l’une au contact de l’autre (puis si deux gosses de 8 ans s’embrassaient quelque part avec autant d’ardeur, vous me prendriez pour une psychopathe. Donc autant éviter d’avoir la police aux fesses).
Il se gardait bien de rompre le contact, même si son cœur menaçait d’exploser sous l’afflux sanguin, sa poitrine vibrant au rythme de ses battements sourds. Les doigts de Jude agrippés à son cou, il n’avait presque plus osé bouger ni même respirer, de peur qu’elle ne s’envole dans un nuage de fumée, ne laissant qu’une trainée de poudre et une odeur de soufre comme pour lui faire payer ce qu’il lui avait fait. Ca ne l’aurait pas dérangé de se faire flageller avec des orties, Istvan acceptait n’importe quel chemin de pénitence. Mais elle était . C’était un peu tout ce qui comptait et il aurait tout donné pour que rien ne vienne les déranger. Le soleil se lèverait mais puérilement, il aurait presque espéré qu’il serait en retard.
Ils étaient là et l’Anglais se remit en mouvement, son cerveau produisant n’importe quelle autre idée stupide pour continuer à se garder éveillé, histoire que tout reste à peu près sous contrôle. Jude ne lui facilitait pas franchement la tâche, il lui fallait tous les efforts du monde pour rester légèrement connecter et ne pas se transformer totalement en flaque géante et amoureuse. Parce que oui, Istvan était amoureux. Ca n’était pas franchement un scoop mais il fallait que ce soit dit.

▬ De la circulation sur balai. On pourrait organiser des courses. Lui répondit-elle dans un gloussement qui lui donna envie de la dévorer plus encore, comme un adolescent. Il gloussa doucement en retour, prêt à embrayer sur ces fameuses courses de balais mais une partie de lui-même l’en empêcha, ce qui n’était probablement pas une mauvaise chose. Il l’observa fermer les yeux et l’imita, pas forcément pour les mêmes raisons. Son cœur se calma, battant finalement un tempo presque calme et lorsqu’il les rouvrit, Jude cherchait ses lèvres qu’il ne put qu’abandonner avec grand plaisir, laissant le rythme emporter de nouveau son palpitant. S’il avait eu des problèmes cardiaques, il serait probablement étendu raide mort à l’heure qu’il était. Mourir dans les bras d’un dragon, ça lui semblait logique.
Ses bras enserrèrent plus fort la taille de Jude et sa main s’égara le long de son dos, se retenant de l’arracher (ce qui aurait probablement déplu au dragon. On ne déchire pas les affaires d’une femme, c’est mal). Dans son étreinte, elle lui semblait presque fragile. Presque. Elle l’était même un peu, finalement. Il avait cru pouvoir s’en détacher mais la nuit des Loups et la peur qui s’était infiltré sous sa peau, plus pour elle que pour n’importe qui d’autre, lui avait rappelé que rien n’était éternel et qu’il valait mieux protéger ce qu’il aimait avant qu’il ne soit réellement trop tard.
▬ Je … Tu ? Istvan posa un regard interrogatif sur la brune tandis qu’ils se rapprochaient toujours plus, si c’était encore possible. Pour une fois que ce n’était pas lui bafouillait avec un air idiot (non pas que Jude ait un air idiot. Elle avait un air joli et gentil et… comment ça « on s’enfonce » ?), il pouvait bien en profiter pour faire celui qui était intrigué avec un regard presque intelligent. Peu importe. Qu’importe l’endroit, si Owen n’est pas là – mais nous si – ça sera forcément bien. CQFD. L’Anglais hocha sobrement la tête, ça lui semblait parfaitement sensé. Enfin d’un autre côté, ils avaient été en Argentine tous les deux et ça n’avait pas franchement été si bien que ça… Il haussa distraitement les épaules, ça n’était pas important et le contexte était différent.

▬ En parlant d’Owen, il paraîtrait qu’il a bien les attributs d’un homme. Haussement de sourcil dubitatif. Owen était donc bien un homme. Un homme-pute ou une pute-homme (cela faisait-il de lui une pomme ?) mais un homme quand même. La curiosité aurait dû l’emporter et il aurait bien voulu presser Jude de question jusqu’à ce qu’elle lui avoue le pourquoi du comment elle connaissait les caractéristiques sexuelles de leur boss mais toute réflexion faite, s’agissant d’Owen, il n’avait pas franchement envie d’en apprendre plus.
▬ Ca infirme la théorie selon laquelle il descendrait d’un caillou. Ou d’un bigorneau. Enfin, pour le bigorneau, je suis pas encore sûre. Un sourire moqueur étira les lèvres de l’Auror tandis qu’il imaginait Owen bavant depuis sa coquille sur un rocher. Cela expliquait peut-être sa présence sur l’île.
▬ Moi je pense plutôt qu’il est le fruit des amours interdits entre un troll et une goule. Et qu’une quelconque personne aura pratiqué des expériences sur sa tronche pour qu’il paraisse un minimum humain. Allez, au hasard, Raphaëlle, is that you ? Même un caillou ou un bigorneau serait trop gentil. Je vois pas d’autre solution. Il était parti pour discuter encore longtemps de l’arbre généalogique de la putasse en chef mais le reste de ses réflexions se perdit dans la respiration du dragon qui l’avait de nouveau attiré à elle. Peut-être que Jude descendait d’un dragon et d’une sirène. Mais… Non. Connaissant sa mère, Kassidy Mère supérieure n’avait rien d’une sirène. C’était ridicule. Lui, en revanche, se savait parfaitement fruit d’une idiote et d’un abruti. Ce qui, d’une manière générale, donnait un débile ou un connard. Istvan se demanda un instant si leur descendance mi-conne mi-dragon survivrait longtemps puis il secoua la tête. Jude n’aimait pas les bébés, elle les mangerait probablement. Ou lui finirait par les tuer à force de faire n’importe quoi avec. Peut-être devraient-ils les mettre dans une grotte jusqu’à ce qu’ils atteignent la maturité… Ce serait un peu long…
▬ Qu’est-ce que tu voulais dire par « il paraît qu’il a des attributs d’homme » ? T’es allée vérifier ? Non pas qu’il en soit vexé mais Owen… quand même…

Perdu dans ses réflexions, le regard clair et égaré d’Istvan croisa celui de Jude et il reprit le chemin qui menait droit à sa peau. Ses baisers se firent plus pressants et ses doigts trouvèrent tout naturellement ceux de l’Américaine tandis qu’il l’emmenait ardemment sur un recoin de mur. Il connaissait chaque centimètre de son corps, ses souvenirs restaient brûlants et inaltérés, explosant alors qu’il tentait de garder le contrôle. Ils n’avaient que quelques heures, peut-être moins, avant que le reste ne vienne tout parasiter. Un seul instant avant l’aube.
Ca le laissait juste empli d’ivresse et de crainte. La peur d’être découvert décuplant l’excitation comme celle d’un gosse qui se planquait pour manger tous les bonbons avant le retour de ses parents. Istvan était un gosse, un gosse débile et impatient. Il s’empressa de saisir le haut de l’Américaine, ses doigts s’égarant sur tout ce qu’ils rencontraient, se perdant sur sa poitrine, ses épaules et ses lèvres.
Ils n’avaient plus fait ça depuis l’école des Aurors. Ou depuis un tour chez Hope. Mais une chose étaient sûres, s’ils avaient été deux personnes normales, ils auraient largement dépassé l’âge de ce genre de choses.
Ses mains s’arrêtèrent avant d’aller plus loin, figées à la frontière plus que floue d’un pays qu’il rêvait de parcourir à nouveau (oui, des fois, je suis poète *pan*). Son regard curieux et interrogateur quitta les formes de son dragon et se plongea allègrement dans le fond de ses iris, n’attendant qu’un signe pour repartir.


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MessageSujet: Re: Fix you ◊ Ft Jude (Post-NDL)   Dim 20 Jan - 18:09

« Moi je pense plutôt qu’il est le fruit des amours interdits entre un troll et une goule. Et qu’une quelconque personne aura pratiqué des expériences sur sa tronche pour qu’il paraisse un minimum humain. » « Ew ! » Les visions qui s’étaient imposées à l’esprit de Jude n’avaient rien de très ragoûtant. C’était même franchement dégueulasse. « Même un caillou ou un bigorneau serait trop gentil. Je vois pas d’autre solution. »
Jude s’abîma quelques instants dans des considérations assez stupides, signe incontestable qu’Istvan était bel et bien de retour et qu’ils commençaient déjà à se déteindre dessus. Est-ce que les cailloux avaient vraiment des sentiments ? Secouant la tête, elle émit un grognement qui pouvait aussi bien vouloir dire « tu raconte n’importe quoi » que « c’est dégueulasse ».

« Qu’est-ce que tu voulais dire par « il paraît qu’il a des attributs d’homme » ? T’es allée vérifier ? » Elle cessa un instant de lui tripoter les mains pour balancer un vigoureux coup dans ses côtes. « Ca va pas, non ? » La seule perspective d’avoir un contact physique avec Owen la mettait mal à l’aise. Si l’on mettait de côté que coucher avec son patron était un peu casse-gueule (alors que sortir avec un élève c’est très sain, tu vois), le personnage lui-même ne lui inspirait que de la répulsion. Était-ce son ton autoritaire et méprisant ? Sa méchanceté gratuite envers toutes les créatures vivantes de la planète, y compris ses sous-fifres ? Ou bien sa capacité – relativement admirable en soi – à transformer même le meilleur des moments en souvenir pénible. Non, Jude ne se sentait pas capable d’avoir une quelconque relation avec Owen, autre que professionnelle. « Non. Mais je connais quelqu’un qui l’a fait, » continua-t-elle avec un sourire malicieux. D’autres qu’elles n’avaient pas les mêmes scrupules. Mais les relations entre Istvan et Eterna étant ce qu’elles étaient, la jeune femme n’était pas sûre que vendre la mèche soit la meilleure des idées. Elle entreprit donc de le distraire de la « question Owen » de la meilleure façon qui soit.

Apparemment, sa technique de distraction était efficace. Ils arrêtèrent bientôt de penser, de parler et autres activités impliquant une quelconque activité cérébrale (ce qui tombait plutôt bien, vu l’état de leurs cerveaux). Les souffles se firent courts. Avant d’avoir réalisé quoi que ce soit, ils se retrouvèrent dans une position un chouia compromettante, connue du grand public comme « la position du jambuisson de pays ». (Pardon.) Jude plongea ses mains dans le cou d’Istvan, l’attirant à elle comme pour l’empêcher de se détacher, retrouvant avec délices l’empreinte de ses lèvres, de son corps, son parfum. Les années n’avaient pas comblé l’absence. Les années n’avaient pas réussi à effacer les souvenirs, et chacun de leurs mouvements trouvait un douloureux écho dans sa mémoire. Douloureux et délicieux. Elle se laissa noyer, cherchant ses lèvres, se pressant contre lui.
Il était à elle. Elle était à lui. Tout le lui rappelait. Elle se laissa emporter, son cœur battant la chamade, dans une étreinte brûlante qui confondait passé et présent. Elle pouvait ressentir de façon accrue le moindre souffle, les moindres bruits, sublimés par l’instant et un besoin dévorant de rétablir ce qui avait été défait. Ce qui n’aurait jamais dû être séparé, si on lui avait demandé son avis. Ils avaient attendu trop longtemps – et si elle était rouillée ?
Son regard croisa celui d’Istvan. Patient. Interrogeant. Bleu. Un peu trop. On s’y perdait. Elle s’y perdit, alors que des souvenirs s’imposaient à elle. Des souvenirs qui n’avaient rien à faire là. Peu importait. Elle n’avait plus envie de réfléchir. Plus envie de reculer.
Elle acquiesça d’un air grave. Le reste n’avait pas grande importance.

Pas un instant, alors qu’elle faisait passer le t-shirt d’Istvan par-dessus sa tête pour effacer au plus vite tous ces vilains vêtements qui se tenaient entre eux deux, elle ne songea à la porte, pas verrouillée, ni même à leurs collègues, qui ne manqueraient pas de faire leur ronde plus tard.
La suite est censurée, si bien que je vous propose d’aller regarder des documentaires animaliers sur la vie sexuelle de la crevette, d’aller vous repeindre les ongles de pied ou d’aller vous acheter des après-skis.
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