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 You gotta go there to come back - Ft. Archi

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Salem

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MessageSujet: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Dim 26 Aoû - 22:14


I'll drop another pill for you.


Enfin. Assise dans la vieille voiture que le vieux leur avait acheté et qu'ils avaient retapée comme ils l'avaient pu, Joyce pianotait sur le volant, les yeux fixés sur les portes du camp. Cela faisait un mois qu'elle crevait de ne pas savoir comment il allait. Quatre semaines où elle avait frôlé l'overdose quasiment tous les soirs à mourir de ne pas savoir si, quand leurs regards se croiseraient, le sien serait encore allumé ou éteint à tout jamais. Quatre semaines qu'elle n'était d'un zombie quand elle était chez elle, envoyant chier grand-père et frère sans le moindre état d'âme. Quatre semaines qu'elle baisait dès qu'elle pouvait juste pour que ses souvenirs arrêtent de la poursuivre. Quatre semaines à ne plus vivre juste parce qu'il était retenu ailleurs et qu'elle ne pouvait pas être là pour lui. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, elle avait décidé d'arrêter de faire n'importe quoi. Non, franchement. Elle avait ralenti sur la drogue et ils arrivaient à discuter « normalement ». Alors merde, là, qu'elle aurait aimé, dû même être là pour lui … elle avait pas pu. Ce foutu camp l'en empêchait et, alors qu'elle maudissait la Terre entière, Indiana s'était pointée chez elle en lui demandant si faire la chouille la tentait alors … elle n'avait juste pas pu résister. Elles s'étaient baladées à droite, à gauche, elle était retombée dans les pires excès. Le jour, elle se traînait, essayant d'effacer sa gueule de bois, trop mal pour pouvoir aligner deux pensées cohérentes et la nuit, elle se guérissait à sa façon. Il y avait ça, l'impuissance, le fait de ne rien pouvoir faire pour lui … et celui qui faisait qu'elle n'avait pas pu lui parler depuis qu'ils s'étaient trouvés face à face, dans le couloir. Si on pouvait douter de ses facultés à décider si c'était lui ou non, étant donné qu'ils étaient plusieurs à avoir été frappés, cette nuit-là, et qu'elle n'était pas vraiment en état de se rendre compte de quoi que ce soit, n'ayant eu la vie sauve que grâce à l'intervention d'Ariel, elle n'avait aucun doute : c'était le regard d'Archibald qu'elle avait croisé cette nuit-là, et personne ne la ferait changer d'avis.

Pourquoi ces putains de portes ne s'ouvraient pas ? Elle se bouffait les lèvres, s'arrachant des lambeaux de chair sans sourciller. C'était une torture, elle voulait, non, elle avait besoin de le voir, qu'il sorte, là, maintenant, tout de suite, qu'il lui fasse son sourire canaille qui voulait tout dire, qu'il lui lance un regard qu'elle comprendrait sans besoin de mots et après, peu importait où ils iraient, ils seraient ensemble et elle pourrait prendre soin de lui. Non pas qu'elle pensait que les gens à l'intérieur étaient des incapables, mais elle n'était pas certaine que cela suffise. Il y avait d'autres choses à régler, qu'elle s'emploierait à faire comme elle le pourrait. Si ça la stressait ? Un petit peu. Elle n'avait jamais rien vécu de pareil, et lui non plus, sans le moindre doute, alors savoir comment s'y prendre … et ils s'étaient tellement déchirés par le passé que … Mais pas cette fois. Ils avaient enfin arrêté de jouer aux cons, et même si elle doutait qu'il se retrouve à se livrer entièrement, au moins, elle saurait lire en lui et elle réagirait en fonction. Mais pour cela, il fallait qu'ils le laissent partir. Et s'ils repoussaient la sortie de quelques jours ? Elle serait capable de lancer le tas de ferrailles contre l'entrée juste pour le choper au passage et se casser. Fallait pas pousser mémé dans les orties. S'il ne lui était jamais rien arrivé cet été, malgré les états dans lesquels elle avait pu se mettre, c'était pour cet instant, et uniquement pour lui. Pour qu'elle soit là quand il sortirait, et qu'elle soit la première personne qu'il voit. Parce qu'elle ne lui demanderait pas de parler. Elle ne lui demanderait pas de lui expliquer. En fait, elle ne lui demanderait rien du tout. Ce serait à lui de demander, même silencieusement, et elle s'exécuterait. Elle avait préparé un sac avec des fringues, au cas où. Elle envisageait n'importe quoi, même le kidnapper et partir au fin fond du Texas avec lui. Tout pour qu'il aille mieux, c'était vraiment tout ce qu'elle demandait …

Un frémissement. Ça s'ouvrait ! Garée un peu plus loin, la demoiselle sentit son pouls s'accélérer. Elle ne s'était pas mise juste devant à cause d'une certaine folledingue lui rappelant un peu trop une figure maternelle du passé qui tournait en rond comme une damnée et qui avait même fini par se jeter sur les battants en hurlant, telle une possédée. Une silhouette sortit, que l'autre enlaça avant de l'entraîner plus loin. Ses mains tremblaient. Quand … c'était lui. Elle était trop loin pour bien le voir, mais ça n'avait aucune importance. Elle aurait tout le temps de détailler son visage quand il serait à bord. D'ailleurs … Elle remit le contact et démarra en trombe, donnant un coup de volant pour descendre du trottoir. Appuyant sur le champignon, elle fonça, exécuta un demi-tour des plus violents avant de se stopper pile devant lui. Se penchant, laissant le moteur tourner, elle ouvrit la portière et lança : Allez, beau gosse. Cassons-nous d'là.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Ven 7 Sep - 15:23


I'll wear another smile for you...

Les secondes s’égrainaient avec une lenteur exacerbée alors qu'il fixait la montre du gardien des portes du camp, sur laquelle la trotteuse s'obstinait à prendre son temps. Bien évidemment qu'elle n'allait pas accélérer pour ses beaux yeux, non... Bien que d'un informulé habilement envoyé, cela n'aurait pas été compliqué. Cependant, il n'allait pas risquer de s'attirer les foudres de qui que ce soit si prêt du but. Depuis l'annonce du retour chez eux plus tôt dans la matinée, Archibald n'y tenait plus. Il ignorait encore ce qui l'attendait dehors, ce qui pouvaient bien attendre un être brisé tel qu'il l'avait été et dont on s'était acharné à essayer d'en recoller les morceaux tant bien que mal, mais il n'en pouvait plus de rester là, à prétendre que tout cet entrainement et toutes ces heures passées à contrôler sa force, accepter le monstre en lui, matérialiser ses peurs et sa colère en mots bien dérisoires dont le sens était à peine approchant face à l'ampleur de ce qu'il ressentait, lui suffisaient. Car ce n'était pas le cas. Il ne disait pas que cela avait été inutile, mais il se sentait presque... souillé, comme dépossédé de sa volonté propre. Ils avaient été tellement encadrés qu'il n'arrivait plus à se souvenir quand était la dernière fois où il ne s'en était pas remis à quelqu'un, comme si on lui avait dicté tout ce qu'il fallait dire, ou faire, voir même penser, pendant trop longtemps. En réalité, il était sonné. Il avait tellement dû se plier aux directives, laisser son âme et son corps se tordre au gré des décisions que prenaient Argent, jusqu'à revivre avec angoisse une nouvelle transformation et en tirer des leçons primordiales... Vidé, voilà ce qu'il était, en réalité. Il était fatigué de tout ça. Fatigué de ce cadre, de ces entraves, de ce vide intérieur qui ne réussissait plus à se remplir. Si Ethan leur avait inculqué de quoi survivre et prendre sur eux dans les jours qui viendraient, le tout en vitesse accéléré vu l'évident manque de temps, l'Australien savait que la réalisation de tout ce qui lui avait été enseigné durant ces longues journées harassantes prendraient du temps à se mettre en place. Il lui faudrait même peut être des années pour ça, pour se maîtriser, mieux se connaître, et surtout, s'accepter. C'était ce qu'il avait essayé de faire pendant ce long mois, tout en tâchant de se reconstruire, petit à petit. Mais actuellement, alors que l'heure de la sortie était proche, il n'avait plus envie de faire d'efforts. Il voulait juste qu'on le laisse enfin tranquille.

Il avait commencé à taper du pied par terre pour rythmer l'avancée du temps quand soudain, la délivrance vint, dans un grincement sinistre qui sonna, aux oreilles du lycan, comme une bénédiction alors qu'il s'empressa de passer les portes. S'arrêtant un instant sur le seuil, il huma l'air d'une grande respiration. Il ignorait encore comment il allait se tirer d'ici mais le simple constat de ne plus être reclus dans un périmètre surveillé lui faisait déjà du bien. Il se demandait si quelqu'un serait là pour le chercher et il était presque content que ce ne soit pas le cas, ne souhaitant pas faire la conversation avec qui que ce soit, avant qu'un bruit de moteur qui se rapprochait attire son attention. Il tourna la tête vers son origine et c'est avec stupeur - et un brin de soulagement - qu'il vit la voiture s'arrêter à ses côtés alors qu'une portière s'ouvrait, laissant venir à son nez fin une fragrance qu'il connaissait bien, suivie d'une voix tout aussi reconnaissable.

    « Allez, beau gosse. Cassons-nous d'là. »

Joyce. Dieu soit loué. Un dernier regard en arrière pour Sladka, à qui il offrit un léger hochement de tête, comme une promesse tacite, avant de grimper à l'avant sans attendre et s'asseoir sur le siège conducteur pour, finalement, la fixer intensément. Cela dura un moment avant qu'il ne desserre finalement les lèvres, un sourire reconnaissant les étirant :

    « J'payerais tout. Emmène moi loin d'ici. »

Il se peletonna sur son siège, laissant choir sa tête contre l'épaule de la jeune femme. Puis, il ferma les yeux avant de finalement lâcher dans un murmure :

    « T'imagine pas combien j'suis content d'te voir... »

Après quoi, il s'endormit quasi-instantanément. Quand il rouvrirait les yeux, ils auraient changé d'état, et il savait qu'elle serait là. Parce qu'elle ne le laisserait pas. Jamais.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Ven 7 Sep - 22:27



Il était là. Même si elle feignait d'ignorer que cette situation était un brin particulière, genre qu'elle venait le sauver d'un dîner de famille particulièrement chiant parce qu'il lui avait envoyé un texto en la suppliant de le faire, son coeur battait la chamade. Elle s'efforçait de ne pas le détailler, ayant reporté son regard sur la route, mais elle crevait de savoir comment il allait, de toucher les traits de son visage, de remonter doucement les coins de sa bouche, même juste du bout de l'index. Il ne monta pas tout de suite et elle jeta un regard par la vitre à Sladka, vers laquelle il s'était tourné. Ah. Ceci expliquait cela. Pas le temps de s'étendre sur le sujet, elle se contenta elle aussi d'un signe de tête avant qu'Archi ne monte. Et soudain, il était juste à ses côtés. Elle plongea son regard dans le sien, s'y noyant pour mieux se sauver. Un mois qu'elle en rêvait. Et maintenant qu'il était là … Elle ne fit pas un geste. Le prendre dans ses bras ? Poser la main sur sa cuisse ? Ce serait comme il le voudrait lui. Il était là, et en même temps, elle le sentait loin. Toujours enveloppé de cette bulle, comme si les murs de ce camp l'entouraient encore. Jusqu'à ce qu'il sourie, finalement. Elle put inspirer de nouveau plus librement, mais ne parvint pas à le lui rendre. Pas maintenant. Elle était soulagée, mais elle avait hâte de se casser avec lui, de l'enlever de là pour de bon, et qu'il puisse la regarder dans les yeux et sourire spontanément. J'payerais tout. Emmène moi loin d'ici. C'est parti ! Son ton était frondeur, elle se la jouait chauffeur de taxi dévoué. En réalité, elle était remuée et glissa : J'pensais t'emmener voir la mer. Ca lui faisait toujours un bien fou. Il n'y avait qu'à rouler. Ils pourraient retourner par chez elle, mais il devait avoir besoin juste de se retrouver. Alors … Elle était sur le point de redémarrer quand il vint s'appuyer contre elle. Touchée, elle tourna son regard vers lui. Il semblait fragile, comme ça, vulnérable. Et ça la touchait autant que ça lui faisait mal. T'imagine pas combien j'suis content d'te voir... T'imagines même pas à quel point c'est réciproque ... Est-ce qu'il l'avait entendu, ou s'était-il endormi avant ? Ça n'avait guère d'importance. Joyce enleva le frein à main, posa doucement sa joue contre le haut du crâne d'Archibald et démarra en murmurant : Texas it will be, baby. Et elle démarra en trombe.

Direction, le sud. Il lui fallut trouver le chemin, elle était bien loin de chez elle et cette vieille guimbarde n'était certainement pas équipée d'un GPS, mais bientôt, elle filait vers le Texas. Ils filaient vers le Texas. Même s'il dormait, elle le sentait plus proche d'elle que lorsqu'il était monté dans la voiture. Elle ne savait même pas si quelqu'un devait venir le chercher, elle allait peut-être être poursuivie pour enlèvement, allez savoir. Ce serait sexy, une course-poursuite dans le désert, tiens. Une fois sur l'autoroute, elle déplaça légèrement la main sans le faire tomber de son épaule pour pousser la cassette dans le vieux lecteur. Une compilation qui le ferait sans doute réagir quand il l'entendrait, à commencer par la chanson de leur tout premier bal qu'elle commença à fredonner entre ses dents, sourire amusé aux lèvres. Qu'ils étaient niais à cette époque. Bien loin de ce qu'ils étaient maintenant. Elle lui jetait des regards à intervalles réguliers pour vérifier qu'il allait bien. Ou aussi bien que possible pour l'instant. La route allait être longue, il semblait épuisé. Elle, elle avait déjà roulé des heures pour venir le chercher, traversant quasiment la moitié du pays. Mais elle s'en foutait. Il n'y avait que le soleil, la musique, la route … et le plus important : lui. Elle avalait les kilomètres plus aisément encore que les rails de coke (elle n'avait touché à aucune drogue depuis quelques jours, ceci étant dit, pour pouvoir exécuter ce voyage correctement). Les heures défilaient, elle fredonnait, sans cesser de le couver du regard. Elle n'avait pas vraiment défini de point de chute, elle voulait juste la proximité de la mer. Houston, c'était pas très loin de la mer, d'après ce dont elle se souvenait. Elle n'osait pas prendre la carte dans la boîte à gants, ne voulant surtout pas le réveiller. Elle avait pris la direction de la ville, et puis avait biffurqué. De grands panneaux parlaient de « Little heaven » et son bord de mer. Le nom l'avait fait sourire et c'était cette direction qu'elle suivait. Le jour ne baissait pas encore, mais cela ne saurait tarder. Ils arriveraient peut-être pour le coucher du soleil. Ce qui serait magnifique. Enfin … La voiture crachota et Joyce fronça les sourcils. Le coup de la panne avec un endormi, on avait quand même vu mieux. En réalité, il fallait juste songer à faire le plein. Sortant à la première pompe, la jeune fille s'arrêta. Archibald dormait toujours. Avec un sourire tendre essayant de se vouloir blasé, elle prit délicatement sa tête pour la basculer de l'autre côté, accompagnant le mouvement. Elle l'observa quelques secondes, avant de se dire qu'elle devait avoir l'air complètement ridicule et sortit. L'air était encore chaud et elle tira sur son débardeur avant de faire le plein rapidement. Récupérant son sac, elle passa à l'intérieur. Prendre deux-trois trucs à manger ne serait pas non plus du luxe ...

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Dim 11 Nov - 15:20


Le sommeil l'avait gagné avec une rapidité telle que lui-même n'était pas bien sûr d'avoir compris ce qu'il se passait ni comment cela avait été possible. Le fait était que son corps avait été mis à rude épreuve, durant ce dernier mois, sans parler de sa privation de sommeil à moitié-intentionnelle, à moitié-physiologique, son corps refusant de s'arrêter, qui, à présent, avait fini par le rattraper. Toutefois, il était conscient que jamais il ne se serait endormi de la sorte s'il n'avait pas fait confiance à 100% à la personne qui se trouvait à ses côtés à ce moment là. C'était un peu comme si, quelque part, il avait attendu qu'elle soit là pour se laisser aller à l'épuisement ; comme s'il avait attendu, pendant tout ce temps, la personne adéquate. Une personne qui serait capable de veiller sur lui quand il serait vulnérable, et, ainsi, n'obligerait pas son cerveau à maintenir son état d’hyper-vigilance constant, l'empêchant de s'enfoncer dans les limbes salvatrices d'un sommeil profond et sans-rêve. Quand il avait vu Joyce aux portes du camp, cela avait été comme si la certitude que quelque chose l'attendait bel et bien en dehors se matérialisait, comme une réponse tacite aux doutes qui l'avaient étreint chaque jour depuis son arrivée. Sans le savoir, par sa seule présence, elle les avait fait s'envoler presque par magie, le libérant ainsi, pour quelques instants au moins, de ses tourments intérieurs.

Lorsque les paupières de l'Australien se soulevèrent finalement, levant le voile de plomb qui s'était abattu sur sa conscience à l'instant même où il avait fermé les yeux, il lui fallut plusieurs secondes pour se rappeler ce qu'il faisait là. Étrangement, ce qui lui vint en tout premier lieu furent quelques réminiscences d'une époque lointaine, qui lui sautèrent au visage sans crier gare avant que son esprit ne s'acclimate finalement à sa localisation réelle, l'extirpant de ces songes qui l'avaient ramené au premier bal qu'il avait passé à Joyce. Les images s'effacèrent aussitôt, ne laissant qu'une vague impression de déjà-vu, comme à la sortie d'un rêve. Il cligna des yeux lentement avant de s'étirer, avisant du même temps qu'il se trouvait arrêté devant une station service. Le moteur était à l'arrêt, et les clés toujours sur le contact, ce qui signifiait qu'elle avait dû juger bon de faire une halte avant de reprendre. Avec lenteur, il tourna la clé d'un cran, remettant le contact sans toutefois rallumer le moteur avec de tendre la main, un sourire très léger flottant sur ses lèvres, vers l'autoradio, mue par une intuition. La cassette contenue dans la fente apparut alors, dévoilant son écriture sur le dessus. Il eut un rictus amusé. Il s'agissait de la compilation qu'il lui avait offerte, sur les conseils de sa Tante, pour leur première Saint Valentin, il y avait de ça plusieurs années, maintenant... Elle l'avait conservée. Il était presque étonné qu'elle n'ait pas finie brûlée, surtout après leur longue période de froid et d'altercations.

Un instant dans ses pensées, il laissa son regard traîner sur l'habitacle avant que son oeil n'accroche l'heure. Au bas mot, il avait dû dormir 10 heures complètes. Damn. Ré-éteignant le contact, il retira les clés avant de sortir de la voiture à son tour, prenant soin de la fermer avant de fourrer les mains dans ses poches pour aller la retrouver à l'intérieur, sans se presser. Saluant d'un bref signe de tête le gérant qui n'avait même pas levé les yeux, il se coula derrière elle sans la moindre hésitation, se repérant sans le moindre mal jusqu'à sa silhouette avant de lui donner un léger coup d'épaule pour signaler sa présence. Il aurait bien ajouté à cela un "bouh" moqueur, mais il n'avait plus 6ans, et il n'en avait pas eu le coeur. Après tout, ils avaient tous eu plus que leur lot de frayeur, autant ne pas en rajouter inutilement. Passant une main contre sa nuque, il lui offrit un regard d'excuse :
    « Désolé, j'ai pas été un passager très bavard. J'espère que le temps t'a pas semblé trop long... »
C'était maladroit, et en plus, selon le sens dans lequel on le prenait, légèrement stupide. Un mois. Un mois sans se revoir, c'était définitivement long. Et lui, tout ce qu'il avait trouvé à faire, c'était s'assoupir au moment de leurs retrouvailles. Nice.
    « En plus tu dois être fatiguée, toi aussi, je suppose. » Constata-t-il sombrement avant de lever une main vers son visage, caressant brièvement sa joue du pouce, là où quelques cernes se dessinaient. « Bien sûr. Que suis-je bête... Tu es arrivée ce matin, et je parie que tu ne t'es pas arrêtée pour dormir depuis que tu es partie. »
Il eut un léger soupir, tâchant d'éviter au mieux de se renfrogner. Il pouvait sentir son inquiétude, et aussi les précautions qu'elle prenait pour le ménager... Il comprenait, mais il n'en demandait pas tant. Il n'en méritait pas tant. Distraitement, il serra les clés au fond de sa poche entre ses doigts, avant de hocher la tête pour lui-même. Il avait bien fait de les prendre. Pas seulement par sécurité... Mais aussi, parce qu'elle n'aurait à présent d'autre choix que de le laisser prendre le relais même si, pour l'instant, il s'abstiendrait de le verbaliser. Elle serait plus docile une fois mise devant le fait accompli. Il laissa sa main retomber le long du bras de la jeune femme avant de glisser son pouce dans la poche arrière de son jean. Son regard s'enfuit ensuite vers les étalages d'un air songeur.
    « Tu as tout ce que tu voulais ? » S'enquit-il alors d'un ton neutre, désireux de changer le sujet avant de rajouter, levant un sourcil perplexe : « J'ai aucune traitre idée de ce que peuvent bien être les trois quarts de ces trucs. »
Il laissa ses yeux passer de paquets en paquets, sans réellement s'arrêter sur leurs noms, avant de reporter sur elle son regard clair. Même si sa Tante était pro-moldue, elle ne cuisinait pas ce genre de choses en sachet, il n'en avait donc jamais goûté aucune.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Lun 12 Nov - 11:17

Le gérant ne lui jeta qu'un bref regard quand elle lança son Bonjour sonore. Levant en sourcil en concluant qu'il était soit gay, soit complètement coincé étant donné qu'elle était aussi délicieuse que d'habitude, elle s'en désintéressa aussitôt. Si ça paraissait déplacé au vu des circonstances ? C'était Joyce dont on parlait, là, elle essayait de se raccrocher aux branches. Et puis s'il avait pu offrir deux-trois trucs, ça lui aurait évité de trop sortir. Parce que Wilson était chou, mais elle doutait qu'il ait de l'argent moldu chez lui. Il lui arrivait normalement, dans ce genre de situations, de voler quelques articles mais elle doutait que ce soit une bonne idée au vu des circonstances actuelles. Se promenant entre les rayons, elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil vers la voiture où il dormait toujours. Un léger soupir s'échappa d'entre ses lèvres. Pour quelle autre personne au monde aurait-elle roulé toute la journée, sans pause, sans se droguer ? Réponse : il n'y avait pas beaucoup de candidats pour prétendre à cette place. Elle finit par tourner les talons. Maintenant qu'elle ne conduisait plus et qu'il n'était plus à ses côtés, elle ressentait l'inquiétude la gagner, et la fatigue, aussi. Elle n'avait pas été raisonnable, c'était d'ailleurs un mot qu'elle se targuait de ne pas connaître, l'ayant même rayé du dictionnaire familial back at home. Mais son corps qui n'avait rien connu d'autre que ses excès pendant un mois était en train de lui dire qu'il était temps qu'ils arrivent et que c'était elle qui risquait de s'endormir comme une masse dès qu'ils auraient une chambre de motel. Des retrouvailles dignes des plus grands films et à la hauteur de ce mois d'attente, il n'y avait pas à dire. En même temps, il avait fallu dégager rapidement alors elle avait fait au mieux. Et faire au mieux, pour Joyce, c'était déjà un exploit en soi.

Se secouant, elle commença à faire son choix dans le rayons, attrapant un paquet de chips grand format, n'hésitant pas deux secondes sur trois sachets de boeuf séché, glissant un paquet de sucettes dans la poche arrière de son jean, avec une tablette de chocolat. Se mordillant la lèvre, elle jeta son dévolu sur deux pots de nouilles chinoises qu'elle coinça entre sa main gauche et son menton, commençant à manquer de mains. Ce fut le moment où on la poussa de l'épaule. Manquant de tout faire tomber, elle se retourna, ses yeux tombant dans ceux d'Archi : Hey, la belle au bois dormant ... glissa-t-elle en rattrapant le paquet de chips qui tentait de se faire la malle. Ironiser et sortir des conneries, un mécanisme de défense bien connu alors que son coeur tambourinait dans sa poitrine. C'était bon de le voir debout et en vie, mais ça aurait été tellement con de le dire à voix haute … Désolé, j'ai pas été un passager très bavard. J'espère que le temps t'a pas semblé trop long... Elle n'enchaîna pas tout de suite, ayant manqué de flancher quand il avait mentionné la longueur du temps. Elle déglutit difficilement, pendant à toute la merde qu'elle avait fait pendant un mois, juste parce que c'était sa manière à elle de gérer la douleur. Putain, ce qu'elle avait envie de balancer tout ce qu'elle tenait pour se serrer contre lui, sentit son coeur battre contre le sien … J'ai chanté. Ça m'étonne que ça ne t'ait pas réveillé ... D'accord, c'était nul, mais actuellement, elle n'avait rien de mieux en réserve. Elle savait très bien que son regard disait pour elle le point auquel il lui avait manqué. Il la connaissait suffisamment pour savoir tout ça. Sa simple présence dès l'ouverture du camp valait bien toutes les déclarations à la con débordant de sentiments du monde. En plus tu dois être fatiguée, toi aussi, je suppose. ça va, émit-elle dans un haussement d'épaules qui se voulait dégagé et se stoppa immédiatement alors qu'il posait la main sur sa joue. Un frémissement parcourut son épiderme et elle se raccrocha désespérément à ses yeux. Putain, Archi ... Il la lâcha bien trop tôt, et elle n'avait pas de main libre pour le retenir. Bien sûr. Que suis-je bête... Tu es arrivée ce matin, et je parie que tu ne t'es pas arrêtée pour dormir depuis que tu es partie. C'est rien, ça fait trois jours que je dors et que je bois que du jus d'orange pour être en forme … sans vodka, hé, tu te rends compte ? Ou comment minimiser son mini sevrage et les nuits à tenter de trouver le sommeil sans y parvenir. Oui, elle était fatiguée, mais elle ne s'estimait pas le droit de se plaindre et surtout pas à lui.

Le scrutant, espérant l'avoir convaincu même si le bâillement qui lui échappa et manqua de faire s'écrouler la tour de Pise qu'elle tenait, elle nota le point auquel il était grave. Évidemment qu'il avait changé, à quoi s'attendait-elle ? Elle parcourait chaque trait de son visage, profitant du fait qu'il regardait ailleurs quand il la ramena à des problèmes plus terre-à-terre (ce qui n'était pas plus mal, ils auraient tout le temps pour le reste plus tard) : Tu as tout ce que tu voulais ? J'ai aucune traitre idée de ce que peuvent bien être les trois quarts de ces trucs. Sérieux ? laissa-t-elle échapper en arquant les sourcils. Elle eut un léger rire et se déchargea des soupes en les lui tendant : Eh bien laisse-moi faire ton éducation en matière de malbouffe. Je te présente les nouilles chinoises instantanées. Allez, les nouilles, on dit bonjouuuuuur Archiiiii ! Oui, c'était n'importe quoi, mais elle était prête à tout pour détendre l'atmosphère, même à remuer des boîtes avant de les lui donner pour faire comme si elles parlaient. Je rajouterais bien de la glace et de quoi boire … Come on. Elle passa à côté de lui, sa main droite frôlant son flanc l'air de rien, juste parce qu'elle avait envie, non, besoin de le toucher et elle alla plus loin, sortant un pack de six d'un frigo qu'elle lui tendit aussi. Un peu de lait ? Tu dis si y a un truc qui te fait envie auquel j'ai pas pensé. Surtout que Joyce n'était pas particulièrement connue pour être une grande mangeuse, avalant principalement des cochonneries, des pâtes et des … Chocapics, bordel ! Elle piqua la boîte au passage, et alla tout déverser sur le comptoir, faisant enfin lever le nez au gérant devant la pile de victuailles. Ce fut à elle ne l'ignorer royalement et elle se retourna vers Archi, son Archi pendant que l'autre se débattait avec ses courses apocalyptiques. Et, pour la première fois depuis un mois, elle produisit un vrai sourire. Elle l'aida à se débarrasser de tout ce qu'elle lui avait refourgué pour s'approcher de lui, venant effleurer sa mâchoire de ses doigts : Tu sais quoi ? Ça m'a semblé une éternité … Elle remonta sur ses lèvres et eut une légère moue : J'ai pas été très sage ... Elle se rapprocha un peu plus : ... mais ça valait le coup d'attendre. Dites donc, les amoureux, j'voudrais pas vous déranger, mais faudrait peut-être payer ! La Salem leva les yeux au ciel et se détacha de l'Australien avant de pointer la voiture du doigt : Ajoutez la pompe 3. Déjà fait, ma jolie. Levant les yeux au ciel, elle se tourna vers lui : Tu as du liquide ou tu veux que je m'en charge, chéri ? Bah quoi, il était con, ce gérant, mais se foutre de sa gueule était marrant. D'ici qu'il les prenne pour Bonnie and Clyde en cavale ...

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Ven 16 Nov - 17:32




Focalisé qu'il était sur l'état de son amie, il en avait oublié de demander où ils étaient, et surtout, où ils allaient, mais quelque part, ce n'était pas tellement important. Ce qui l'était, c'était qu'elle soit là. Ils auraient pu être n'importe où qu'il en aurait pensé exactement pareil. Car elle lui avait manqué, bien plus qu'il n'avait voulu l'admettre. Certains soirs au camp, il s'était retrouvé à pitoyablement prier pour qu'elle vienne le sortir de là, l'imaginant monter un plan d'évasion pour l'en sortir et l'emmener le plus loin possible. Mais cela aurait été bien trop risqué et, si elle l'avait fait, au fond, il lui en aurait voulu de se mettre dans le pétrin pour lui. Il ne voulait pas qu'elle ait d'ennuis, et il ne souhaitait surtout pas que les gens s'oublient en sa présence. Ils n'avaient pas le droit, ni le devoir, de le faire passer avant eux. Pas avec ce qui s'était passé. Car il n'était définitivement pas la victime innocente, dans l'histoire, quoi qu'ils puissent en penser, et ils ne pourraient pas changer le fait que ces mains là, posées tranquillement sur ses flancs, avaient trempé dans le sang.

Faisant mine de ne pas avoir remarqué l'état de fébrilité de Joyce et ses efforts pour masquer sa fatigue, il avait gentiment souri à sa tentative de plaisanterie puis s'était intéressé aux étalages, feignant un brin de curiosité pour détourner la conversation.
    « Sérieux ? Eh bien laisse-moi faire ton éducation en matière de malbouffe. Je te présente les nouilles chinoises instantanées. Allez, les nouilles, on dit bonjouuuuuur Archiiiii ! »
    « Salut, les nouilles... » Répondit-il sans broncher tout en relevant les yeux vers Joyce un bref instant avant de réaliser, une fraction de seconde plus tard, que la scénette qu'elle venait de jouer était sûrement purement rhétorique et haussa les épaules tandis qu'elle reprenait.
    « Je rajouterais bien de la glace et de quoi boire … Come on. »
Elle semblait ne pas trop s'intéresser au fait qu'il avait l'air d'avoir carrément perdu la main niveau joutes verbales et autres conventions sociales, et c'était tant mieux. Alors qu'elle continuait son tour du magasin, la main de Joyce le frôla, mimant un geste incontrôlé, et il lui répondit laissant la dos de ses doigts glisser le long de son échine en arrivant derrière elle, le tout après avoir calé les nouilles dans le pli de son coude.
    « Un peu de lait ? Tu dis si y a un truc qui te fait envie auquel j'ai pas pensé. Chocapics, bordel ! »
L'australien suivait son manège sans y prendre réellement part, désintéressé qu'il était par la nourriture, même s'il ne cherchait pas nécessairement à le montrer. Il avait haussé vaguement les épaules à la première partie de sa phrase tout en réceptionnant le pack de bières, feignant à présent de réfléchir à ce qui pouvait lui faire envie. Répondre "Absolument rien" n'aurait pas forcément été bienvenue, vous en convenez. Il flâna ainsi quelques instants jusqu'à sentir son regard se poser sur elle, et il la regarda à son tour, une grimace qui se voulait indécise aux lèvres du style "J'ai rien trouvé, tant pis", lui renvoyant ce qu'il pouvait produire qui s'apparentait le plus à un sourire. C'est vrai qu'il avait l'air plutôt éteint, mais qui aurait pu le lui reprocher ? Pas Joyce, alors qu'elle savait pertinemment ce que c'était de n'avoir pas eu une vie facile, et surtout pas alors qu'elle était tombée dans la drogue pour tâcher de passer outre les injustices que cette vie leur avait que trop envoyé à la gueule.
    « Tu sais quoi ? Ça m'a semblé une éternité … J'ai pas été très sage ... mais ça valait le coup d'attendre. » Le doigt de la jeune femme avait dessiné la courbe de son visage avant de descendre sur ses lèvres, et il la fixa sans un mot ni autre réaction que la commissure de ses lèvres qui s'était relevée et elles furent secouées d'un léger tic nerveux en entendant une voix impromptue s'élever.
    « Dites donc, les amoureux, j'voudrais pas vous déranger, mais faudrait peut-être payer ! » S'impatientait le gérant, et il échangea deux-trois paroles avec Joyce sous le regard morne du lycan avant qu'Archibald ne lève un doigt autoritaire en sa direction, sans même lui jeter un regard, pour le faire taire si l'envie lui avait pris de répliquer.
Vous savez, ce genre de geste arrogant et pompeux qu'aurait fait un aristocrate n'aimant pas être dérangé par une manant de basse-couche, se demandant même comment il osait les interrompre...? Et bien, c'était exactement ce qu'il venait de faire, et il n'en éprouvait pas la moindre gêne, quand bien même ce genre d'attitude ne lui ressemblait plus. Quelque chose le dérangeait chez cet homme. Outre sa façon de parler, c'était comment il regardait Joyce, qui le rebutait. Un rictus grimpant sur ses lèvres, il passa le doigt dans la ceinture de l'Américaine pour l'attirer vers lui avant de répliquer :
    « J'espère que tu ne t'es pas réservée pour moi. C'est bon pour les petits couples d'amoureux transis, ça... Et ça fait bien longtemps qu'on a plus 14ans. » Son regard se tourna ensuite vers le gérant qui semblait fulminer dans son coin, et il se détourna finalement d'elle pour poser ses mains à plat sur le comptoir. « Je m'occupe de régler nos comptes, sweetheart. Va m'attendre près de la voiture. »
Il lui jeta un regard équivoque avant de se redresser pour faire mine de fouiller dans ses poches à la recherche de son porte-feuille, attendant qu'elle s'exécute. Une fois qu'il fut sûr qu'elle était assez loin, il fit craquer ses doigts avant de fixer de nouveau le gérant pour, sans crier gare, l'attraper par le col et approcher son visage à quelques centimètres du sien, le fixant d'un air mauvais.
    « Les femmes ne sont pas des objets que tu peux mater et importuner à volonté. Elles ne sont pas ta propriété. Alors, la prochaine fois, réfléchis-y à deux fois avant de laisser traîner ton regard lubrique sur elles. C'est compris ? » Cracha-t-il tout en resserrant sa prise autour du vêtement, lui balançant une claque de sa main libre afin de marquer le coup. « Dis moi que t'as compris. »
    « J-j'ai compris. »
    « Bien. Mais juste pour être sûr... »
Plaçant sa main d'un geste leste derrière le crâne du gérant, il lui cogna le front contre son comptoir. Ni trop fort, ni pas assez. Un juste milieu pour qu'il s'en souvienne un certain temps. Puis, il se recula avec un sourire pour sortir son porte-feuille de l'intérieur de sa veste. Il lui lança ensuite les billets au visage avant de se saisir du pack de bière pour sortir, lançant dans son sillage :
    « Gardez la monnaie. »
L'air de rien, il revint vers la Salem et ouvrit la bagnole afin d'y déposer leurs courses, comme si tout était normal dans le meilleur des mondes. Impassible, rien ne pouvait indiquer autre chose, si ce n'était ses mains qui tremblaient légèrement, signe du rush d'adrénaline qui venait de déferler dans ses veines.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Ven 16 Nov - 18:56


Ce gérant de malheur était vraiment de trop dans leur tableau. Si Joyce avait regretté de ne pas avoir son attention quand elle était rentrée, maintenant elle aurait souhaité qu'il leur foute la paix. Y avait tellement de choses qu'elle voulait lui dire, ou ne pas lui dire mais seulement lui faire passer. Ils auraient tout le temps une fois installés mais c'était là, c'était maintenant qu'ils se retrouvaient et c'était là qu'elle voulait que ça se passe. Joyce n'avait aucune patience, mais qui cela étonnait encore ? Il lui fallait tout, tout de suite, et là, elle voulait Archi. Bien sûr qu'elle avait noté les changements mais il était en vie, il respirait, il marchait et ça, c'était le plus important. Il était à ses côtés même si son esprit semblait parfois à des années-lumière. Il était . Ils étaient là, ensemble, et que le monde entier aille se faire foutre. Surtout lui, là, qui les dérangeait plus que certainement. Le geste du lycan déstabilisa Joyce deux secondes mais son sourire effronté n'en fut que renforcé. Il se prenait au jeu. Ça sentait bon, ça. Docilement, une étincelle immanquable au fond des yeux, elle se laissa attirer contre lui. J'espère que tu ne t'es pas réservée pour moi. C'est bon pour les petits couples d'amoureux transis, ça... Et ça fait bien longtemps qu'on a plus 14ans. Un léger rire s'échappa d'entre les lèvres de la jeune fille qui lui lança un regard signifiant clairement « moi ? Très drôle » avant de laisser échapper : Pas de risque. Tu me connais. Mais il était vrai qu'ils avaient eu quatorze ans et qu'ils avaient été amoureux et exclusifs, qu'ils s'étaient donné quelques surnoms ridicules pour faire comme tout le monde, qu'ils avaient été au Bal ensemble, qu'ils s'étaient offert des cadeaux de Saint-Valentin (elle se demandait s'il avait toujours ce bracelet qu'elle lui avait offert). Une époque qui semblait tellement loin que cela semblait risible d'y repenser. Ils avaient tellement changé depuis … et leur relation avait tellement évolué. Même s'il était impossible de la caractériser, une chose était certaine : ce n'était pas ça. Et, n'en déplaise aux romantiques, elle préférait un milliard de fois ce qu'ils avaient à une stupide histoire à l'eau de rose. Parce que c'était vrai. Parce que c'était fort. Et parce qu'ils n'en écriraient jamais le mot « fin ».

Je m'occupe de régler nos comptes, sweetheart. Va m'attendre près de la voiture. Ah, oui, l'autre. Elle lança au caissier un regard où se lisait tout le dédain du monde et elle regarda Archibald faire. En plein dans le trip « film de gangsters en fuite », elle lui tapa sur la fesse et murmura : Dépêche-toi, avant de partir, sortant avec la majorité des achats. Ce ne fut que devant la voiture qu'elle se souvint qu'elle n'en avait pas les clefs et qu'elle les avait laissées sur le contact. Il devait donc les avoir. Ne s'en formalisant pas, elle posa les emplettes sur le coffre et se jucha dessus par la même occasion. La station service était déserte et elle se passa la langue sur les lèvres. La fatigue s'était lentement dissipée, remplacée par sa volonté de ne rater aucune miette de lui mais elle sentait qu'elle n'allait pas tarder à revenir s'il ne se dépêchait p... La porte s'ouvrit et elle sauta à bas de son perchoir pour s'avancer vers lui, l'attrapant par la chemise : Alors, sugar, tu lui as appris ce qu'il en coûtait de déranger des ... Elle se stoppa au milieu de sa tirade exagérée, toujours road trip movie en se rendant compte que les bières s'entrechoquaient … parce que ses mains tremblaient. Fronçant les sourcils, elle le débarrassa du pack et posa ses paumes contre les siennes, nouant leurs doigts ensemble. Ses yeux qui étaient rivés sur elles se levèrent pour venir chercher les siens et elle vint un peu plus près de lui, murmurant : Archibald Wilson … Elle aurait voulu lui demander ce qui s'était passé, mais elle n'avait aucune preuve tangible qu'il se soit passé quoi que ce soit. En douceur, elle vint déposer ses lèvres au coin des siennes qui semblaient être les seules à exprimer quoi que ce soit à cet instant précis. Elle avait tellement à dire, tellement à faire … mais pas ici, pas maintenant. Elle se contenta de murmurer : J'te promets que ça va aller ... Une connerie. Ou en tous cas … que t'es entre de bonnes mains. Et que j'te laisserai pas tomber. Ouais, mieux. Mais toujours fucking sérieux et à des années lumières de ce petite jeu qu'elle avait cru intelligent et ne l'était sans doute absolument pas, en réalité. Elle se décala, et tendit la main finalement : Allez, file moi les clefs, on se tire. J'ai repéré une petite ville pas super loin de la mer, on peut encore y être avant le coucher de soleil … Elle lui lança un long regard qui se voulait blasé : Ouais, je sais, c'est cliché à mort mais j'adore ça. Alors, il vient, ce trousseau ? Joyce, ou comment passer de « je te dis à quel point je suis touchée » à « j'fais genre j'suis insensible ». Un grand classique.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Sam 17 Nov - 18:34


Joyce l'apostropha à peine fut-il arrivé près de la voiture et il s'apprêtait à donner le change quand soudain, elle fut sur lui, le débarrassant des bières pour attraper ses mains entre les siennes, lui opposant un regard alarmé. La mention aussitôt ensuite de son nom complet le fit froncer les sourcils, mais il n'ouvrit pas la bouche. C'était inutile. Qu'aurait-il bien pu lui dire, si ce n'était quelques paroles rassurantes on ne peut plus creuses ? Elle sembla en venir à la même conclusion puisqu'elle ne lui demanda rien, se contentant de venir contre lui et de poser ses lèvres sur les siennes, comme pour l'apaiser. Il avait gardé les yeux ouverts, scrutant le visage de la jeune femme avec une attention toute particulière, et serra un peu plus ses doigts entre les siens. Son regard ne lâchait pas le sien tandis que son coeur, peu à peu, tâchait de retrouver une allure normale. Il ne fallait pas qu'elle s'inquiète, cela n'en valait pas la peine, mais il était incapable de le lui dire. Il ne pouvait pas l'en empêcher, il le savait bien, et se contenta donc de la laisser s'auto-rassurer comme elle pouvait, même en verbalisant si elle le souhaitait, puisque ce n'était clairement pas lui que ce genre de paroles allaient apaiser, même si elles lui étaient destinées. De son côté, il avait l'impression d'aller "bien". En tout cas, il était vivant, contrairement à d'autre, ce qui faisait qu'il devait s'en estimer heureux, même si, sans aucun doute, il aurait préféré mourir à leur place. Cependant, qui aurait-il été pour l'affirmer face à une des personnes qui tenaient le plus à lui en ce bas monde ?
    « Je sais. » Répondit-il platement, posant son front contre le sien quelques instants avant qu'elle ne se décale, ayant visiblement hâte de reprendre la route.
    « Allez, file moi les clefs, on se tire. J'ai repéré une petite ville pas super loin de la mer, on peut encore y être avant le coucher de soleil … Ouais, je sais, c'est cliché à mort mais j'adore ça. Alors, il vient, ce trousseau ? »
Archibald la regarda, un instant indécis, avant de laisser ses yeux descendre sur ses mains. Il se sentait toujours fébrile et il devait bien avouer qu'il lui était difficile d'aligner deux pensées cohérentes à propos de ce qui venait de se produire dans la boutique. Il n'avait pas réellement conscience lui-même de ce qui l'avait conduit à réagir de la sorte, c'était comme si une sorte d'instinct avait pris possession de lui, de ses gestes, amenant à la suite d'action qui s'était déroulée, et à présent que c'était terminé, il avait comme l'impression de s'extirper d'une sorte de brouillard, ne sachant plus vraiment comment et pourquoi il en était arrivé à frapper ce pauvre homme. Son cœur tambourinait toujours vivement sous ses cottes, accéléré par le flux du mélange de catécholamines que son cerveau avait envoyé dans ses veines. Était-ce raisonnable, finalement, de prendre le volant dans cet état là ? Il se mordit la lèvre avant de revenir la fixer, laissant son regard passer d'un oeil à l'autre. Faisant toujours le trousseau au fond de sa poche, il laissa finalement passer la question inverse à celle qu'il se posait.
    « T'es sûre que tu peux prendre le volant ? »
Et surtout, suis-JE suis capable de le prendre à ta place si ce n'est pas le cas ?

Il resta à la regarder un moment, le visage fermé, soutenant son regard. Depuis la catastrophe, il s'était senti comme déconnecté, physiquement, de tout ce qui se produisait autour de lui. La douleur et toute autre sensation n'avaient plus eu la moindre importance, il ne les sentait plus, comme si les messages ne passaient plus à travers les synapses de ses neurones, n'envoyant plus l’influx électrique à ses nerfs. Il avait l'impression d'être devenu un être vide et incapable du moindre sentiment, à l'image de ce tueur de sang froid qui avait pris possession de lui cette fameuse nuit. Tout état somatique avait disparu, ou c'était tout comme, comme si les vies qu'il avait prises avait aussi emporté une part de lui, et ce littéralement. L'ablation pur et simple de la partie de son encéphale qui faisait qu'il ne s'en fichait pas, que les choses avaient un sens, un retentissement émotionnel, et n'étaient pas seulement dépourvues de toute signification, auraient pu expliquer cet état de fait. Mais aucune opération chirurgicale n'avait pourtant été pratiquée sur lui, et il savait pertinemment qu'il se l'était fait à lui-même, quand bien même cela n'ait pas été un processus conscient. C'était la façon qu'avait son psychisme de réagir à l'insoutenable, à la manière dont certaine personne pouvait effacer toute leur mémoire pour échapper à leurs conflits internes, refoulant les événements pour pouvoir faire face. Son esprit à lui avait décidé de couper les vannes à toute émotion, lui imputant une forme d'indifférence acquise, et c'était peut être ce qui l'avait sauvé jusque là. Mais ça, c'était avant le retour Joyce. Avant qu'il se mette à éclater la gueule des caissiers aux mauvaises manières...
    « J'préfèrerais que tu te reposes, t'as beaucoup roulé, mais bon... C'est toi qui voit. » Fit-il finalement, lançant le trousseau entre les bras de la jeune femme tout en haussant les épaules.
Il ne pouvait pas risquer d'autre comportement déviant, pas quand cela pouvait mettre une autre vie en jeu que la sienne, mais il ne voulait pas non plus la pousser dans ses retranchements. Si elle ne le sentait pas, il prendrait sa place avec plaisir, mais si elle insistait, il la lui laisserait sans problème. Il avait confiance en elle. Bien plus qu'il avait confiance en lui-même.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Jeu 29 Nov - 19:21

Je sais. Deux simples mots, mais elle n'avait pas besoin de plus. Ceci et son front sur les sien valaient, en langage Archi, toutes les déclarations du monde déjà en temps normal alors là, on pouvait quasiment considérer qu'il l'avait demandée en mariage, sort of. Ce n'était rien, ce n'était qu'un début et pourtant, Joyce ne voulait pas désespérer. Elle venait juste de le retrouver, il venait à peine de sortir de cet enfer, elle ne pouvait pas non plus lui demander de longues tirades comme celles qu'ils avaient échangées à la bibliothèque. À la réflexion, elle ne le réclamerait jamais, d'ailleurs, cette discussion ayant été beaucoup trop houleuse à son goût, même si la réconciliation valait la peine (et elle ne parlait même pas de la partie interdite aux mineurs). Il fallait juste qu'ils se posent tous les deux, à l'écart de tout, oubliés du monde et l'oubliant eux-mêmes pour que ça reparte, au moins suffisamment pour envisager l'année suivante sinon avec sérénité, au moins avec un brin d'espoir. Donc il fallait partir, maintenant. Les clefs se faisaient attendre et elle l'entendait pourtant tinter au fond de la poche de son ami. Pourquoi ne voulait-il pas les lui rendre ? T'es sûre que tu peux prendre le volant ? Ah … ça. Joyce baissa les yeux quelques instants. Elle était consciente qu'elle devait avoir roulé plus de douze heures et que la fatigue commençait à se faire ressentir mais … les mains d'Archi qui tremblaient la dissuader de répondre par la négative. Il n'y en a plus pour longtemps ... Elle avait relevé le regard pour le plonger dans le sien. Son apathie l'inquiétait de plus en plus et elle voulait juste dégager de là, se trouver un havre et pouvoir enfin … juste le prendre dans ses bras et ne plus bouger. Ou autre chose. Ce qu'il voudrait. J'préfèrerais que tu te reposes, t'as beaucoup roulé, mais bon... C'est toi qui vois. Elle réceptionna le trousseau, le considéra quelques instants et trancha : Il reste que quelques kilomètres Archi, ça va aller. Plus vite on sera arrivés, plus vite on pourra s'écrouler sur un lit ... Et là, elle en rêvait, vraiment. Elle donna une pichenette sur son nez avec un clin d'oeil qui puait à la fatigue à mille lieux alentour mais elle s'empara rapidement des courses pour qu'il ne proteste pas. Tout finit dans la voiture qui put repartir.

Joyce renclencha la cassette, voyant qu'il l'avait sortie et eut un léger rire : C'qu'on pouvait être niais ... Elle ne se moquait pas, elle avait adoré cette époque et cela restait sans doute un des moments de son existence qu'elle chérissait le plus : quand ils s'étaient trouvés, qu'ils avaient compris qu'ils étaient de la même étoffe et qu'ils avaient « fait comme les autres », juste un peu. Ce n'était pas fait pour durer, leur relation avait rapidement évoluée mais cela n'empêchait pas le fait qu'ils avaient été heureux. Elle ne roulait pas vite, préférant éviter de perdre le contrôle de son véhicule et fredonnait entre ses dents, mâchoires un peu crispées pour se concentrer. Heureusement, le panneau de Little Heaven ne fut pas long avant d'apparaître et elle se gara dans un crissement de pneus devant un motel. Elle ne nota pas le nom, posant son front sur le volant quelques instants. La Terre semblait tourner un peu vite, pour tout dire et il lui fallut quelques secondes pour laisser son visage glisser de côté, lançant un regard éreinté mais victorieux à Archibald. We did it baby … Allons prendre une chambre avant que je ne te supplie de dormir dans la voiture. En sortant et en dépliant ses membres, elle commença à se rendre compte du point auquel cette épopée avait été une folie : elle était complètement cassée. Mais, pour la première fois depuis le début des vacances, elle respirait correctement. Il était là, il était en vie et pour l'instant elle n'avait pas besoin de plus. Enfin si, là, d'un matelas, d'un oreiller et d'une couette. La formalité de demander la chambre fut vite expédiée et bientôt ils entraient dans la pièce. Un peu éloignée du reste, le motel ne semblant pas particulièrement peuplé, c'était l'endroit idéal.

La décoration était sommaire mais Joyce n'en avait cure. Elle posa les achats sur une table, jeta la clef à côté et s'écroula d'un bloc sur le lit en gémissant alors que ses muscles lui faisaient un mal de chien. S'abandonnant deux secondes au bonheur d'être dans un endroit confortable, elle rouvrit cependant les yeux rapidement en se rendant compte qu'elle était en train de glisser vers les bras de Morphée et qu'elle n'était pas seule. Elle se reposerait plus tard, il était là. Elle se redressa malgré sa très forte envie de rester allongée au moins vingt-quatre heures et, s'appuyant sur les mains, détailla Archi. Ils n'avaient pas parlé depuis qu'ils étaient sortis de la voiture, même depuis le parking pour être précis, sauf par monosyllabes ou paroles de peu d'importance. Et les mots ne lui venaient pas, pour lui dire … ce qu'elle ressentait. Mais ce n'était pas la question, en réalité. Elle. La question, c'était lui. Elle tapota la place à côté d'elle sur le lit, incertaine quant à la marche à suivre. Elle n'avait jamais fait ça (enfin, en même temps, des circonstances pareilles, hein …) et se trouvait maladroite. Tu veux quoi ? Manger, dormir, aller voir la mer, parler, un câlin ? Elle lui lança un regard d'excuse. Elle était pitoyable.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Mar 19 Mar - 16:18


Etait-il vraiment devenu si froid ? Si... Inconscient ? Cette pensée le taraudait depuis qu'ils avaient quitté la station service. Joyce n'avait rien dit, mais il avait pu lire l'inquiétude dans son regard, alors qu'elle avait regagné l'habitacle, le laissant refermer la malle avant de venir la rejoindre. Du coin de l'oeil, il avait bien vu qu'elle le jaugeait, guettant ses réactions, ses gestes, faisant son possible pour que tout lui semble normal... Et réinstaller une forme de routine à laquelle l'australien avait perdu l'habitude. La musique qui s'échappait de l'auto-radio lui avait tiré un très bref sourire alors qu'il penchait la tête en arrière, tournant son regard sur elle avec une sorte d'amusement et de bienveillance, le premier étant clairement plus facile à reconnaître au fond de ses prunelles claires un peu éteintes. Puis, recalant ses sombres pensées, il s'était mis à fredonner doucement.
    « How can I just let you walk away, just let you leave without a trace, when I stand here taking every breath with you, ouuhouuh... You're the only one who really knew me at all. » Elle prit le second couplet alors qu'il souriait, reprenant le refrain en choeur avec elle : « So take a look at me nooooow... » {cliquez ici}
Il tapotait en rythme sur ses cuisses, alors que les chansons se succédaient et, finalement, la ville finit par se dessiner, ainsi que l'endroit où ils crècheraient. Il ne releva pas le caractère, disons, intéressant de la phrase de Joyce alors qu'elle sortait de la voiture, et se contenta de hocher la tête à ses dires. Prendre une chambre. Dans un motel. Pour mater un coucher de soleil. C'était presque un mauvais film à l'eau de rose, mais il se serait bien gardé d'en faire le moindre commentaire. Il était heureux d'être là. Et c'était peut être la première fois qu'il était heureux depuis des mois, alors... Joyce déposa ses sacs et il en fit de même, l'observant s'écrouler sur le lit avec un sourire en coin. Finalement, elle se redressa alors qu'il s'était adossé contre le mur, bras croisés, sans rien dire, la fixant simplement. Ce fut elle qui prit la parole la première, et il comprit ce qu'elle essayait de faire. Bien que ce n'était pas la peine. Il n'avait plus besoin de rien à présent. Avoir quelqu'un à ses côtés qui l'acceptait, et sur qui il pouvait compter, c'était bien plus qu'il n'en méritait déjà.
    « Tu veux quoi ? Manger, dormir, aller voir la mer, parler, un câlin ? »
Il l'observa un instant supplémentaire avant de se décaler vers la baie vitrée qui donnait sur un petit balcon, puis, avec un air se voulant malicieux, ouvrit les rideaux d'un coup sec. Ils avaient une vue directe sur l'extérieur, la mer, et aussi le ciel, dont les couleurs sur le point de s'embraser épousaient parfaitement celles de l'onde.
    « Regarder le soleil se coucher sur un jour nouveau m'ira très bien. » Exposa-t-il simplement avant de venir s'allonger à côté d'elle.
Ils voyaient très bien du lit, n'ayant donc pas besoin de ressortir de la chambre pour profiter avidement du spectacle. Ce n'était pas pour rien qu'il avait demandé au gérant de l'endroit, en moment, de ne pas avoir une chambre au rez-de chaussée, si possible avec vue la plus dégagée possible sur la mer, et un balcon... Le tout en glissant un petit billet de 50 sur le comptoir. Il était loin d'être un de ces touristes effrayés par les cambriolages et qui demandaient toujours "la meilleure chambre" quand ils arrivaient quelque part. Tout ce qu'il voulait, c'était faire plaisir à son amie, et il se fichait bien pour ça d'avoir légèrement fait augmenter la note. Passant par dessus Joyce pour tendre le bras en direction de la table, il attrapa la boîte de Chocapics, non sans faire tomber un paquet de chips et une boîte de nouilles au sol. Il n'y prêta guère attention et se laissa retomber, ouvrant la boîte en déchirant le paquet. Il en prit une poignée avant de la tendre vers elle.
    « Joyce, Chocapics. Chocapics, Joyce. Ah mais j'suis bête, on vous présente plus, depuis le temps. »
Il avait repris ses termes dans le magasin un peu plus tôt, espérant lui tirer un sourire et ainsi détendre l'atmosphère. Il ne voulait pas qu'elle se fasse du soucis pour lui. Elle s'en était sûrement déjà assez fait pour venir le chercher ainsi dès sa sortie, fatiguée, mais aussi, sobre, et clean, chose qui avait dû lui demander un certain effort, il le savait. Laissant la boîte à ses bons soins après en avoir repris une poignée et l'avoir engloutie, il posa la tête contre son épaule, les yeux rivés sur le jour déclinant dont la palette d'orangés ne cessaient de s'agrandir, à coup de rose, de violet, et même de pourpre.
    « Tout va bien, maintenant. J'ai besoin de rien d'autre, rien d'autre que ça. » Elle, un paquet de chocapics, un soleil couchant. La seule vision qu'il se faisait du paradis, où ce qui s'en rapprochait le plus à cet instant. « Mais, toi... T'as besoin de dormir. Alors, vas-y. T'en fais pas pour moi, je serais toujours là, à ton réveil... J'irais nulle part. »
Il attrapa le drap en tendant le bras par dessus son dos, et l'enroula autour d'elle, laissant sa main dans son dos. En somme "discute pas, et endors toi". Mais en version si attendrissante qu'elle ne pourrait pas dire non...

oh putain ce que c'est niaiiiiis... vnerjajvanvqe

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Mer 20 Mar - 20:46

Just take a look at me now … C’était exactement ce que faisait Joyce en cet instant précis. Vous ne l’entendriez jamais l’avouer à voix haute, mais il était vrai que cette chanson leur collait à la peau même si, quand il avait fait cette compilation, le jeune et niais Archibald qu’il était alors n’avait sans doute pas pensé une seconde au point auquel les paroles leur conviendraient. En tous cas, ils n’auraient pas pu imaginer tout ce qui leur était arrivé depuis. Cette histoire d’amour à l’eau de rose, qui s’était poursuivie en relation charnelle plus ou moins emmêlée de sentiments confus, avant la rupture nette et précise, la haine, les insultes, l’indifférence et finalement leurs retrouvailles … Même si celles-ci avaient été à la hauteur de ce qu’ils avaient traversé, la Salem ne préférait pas repenser à cette scène qui était bien trop douloureuse car hurlante de vérité. Ils avaient encore fait du chemin depuis pour se retrouver là, dans cette chambre de motel, à se regarder dans le blanc des yeux, chacun essayant de soutenir l’autre et de ne pas trop en montrer. Auraient-ils grandi, mûri au passage ? C’était une certitude, même si la demoiselle n’était pas en état de faire le calcul. Elle n’était en réalité pas en état de faire grand-chose au final, à part le regarder et se demander ce qu’elle pouvait faire. A ses yeux, être avec lui, n’importe où, hors de portée du reste du monde était une bénédiction et, après un mois à se détruire car malade d’inquiétude de ne pouvoir le voir, le toucher, elle n’aspirait à rien d’autre qu’à ce calme ambiant qui s’installait. Étrange pour cette fille qui parlait toujours plus fort, insultait toujours de la façon la plus provocante possible, bref, faisait tout pour qu’il y ait de l’agitation, du bruit, et pour ne surtout pas se poser une demi-seconde pour penser. Mais elle avait trop bougé. Elle avait cherché des réponses ailleurs sans les trouver. Ce qu’elle avait voulu oublier, qui lui était nécessaire était là, alors elle n’avait plus qu’à se détendre et savourer. Mais, si cela était assez pour elle, comment être certaine que ce serait assez pour lui ? Il était vrai qu’ils avaient des modes de fonctionnement plutôt similaires, mais … après ce qu’il avait vécu, s’il lui fallait plus ? Et, encore plus important … si elle ne suffisait finalement pas ? Après tout … elle n’était qu’une camée affamée, en manque et complètement crevée. Il fallait être réaliste.

Et pourtant … elle cligna des yeux, éblouie, quand il tira le rideau et mit sa main en visière pour le regarder se découper dans la lumière des derniers rayons du soleil. Il souriait, ce qui fit s’étirer le coin des lèvres de la jeune femme.Regarder le soleil se coucher sur un jour nouveau m'ira très bien. Donc ils étaient bel et bien sur la même longueur d’onde. Soudain soulagée, un poids énorme s’envolant, libérant sa poitrine, la jeune fille put enfin se détendre et sentit ses paupières s’alourdir d’un coup d’un seul. Elle n’allait plus tenir longtemps. Ses bras, sur lesquels elle était appuyée, tremblaient doucement. Elle manqua d’ailleurs de tomber quand Archi se pencha par-dessus elle, mais la vision d’un paquet bien connu la fit sans doute tenir quelques secondes de plus, alors que son ventre gargouillait de façon peu discrète. Joyce, Chocapics. Chocapics, Joyce. Ah mais j'suis bête, on vous présente plus, depuis le temps. Un rire franc échappa à Joyce. Ouais, on est de vieilles copines !Peut-être était-ce la fatigue, ou simplement le fait de le voir plaisanter, ou de le voir tout court, de l’entendre parler, respirer, de pouvoir le couver du regard, ou un amalgame de tout cela qui la rendait juste euphorique. Elle s’empara su paquet quand il le lui laissa et le cala entre ses genoux, accueillant la tête du lycanthrope au creux de son épaule avec bonheur. Manger son aliment préféré, contre Archibald Wilson, en regardant un merveilleux coucher de soleil avec des chansons d’amour tournant en boucle dans la tête … Quel était le crétin qui avait dit que le bonheur n’existait pas ? Tout va bien, maintenant. J'ai besoin de rien d'autre, rien d'autre que ça. Franchement ? Elle en aurait pleuré. Et était d’ailleurs émue aux larmes et du rouler doucement des yeux pour qu’elles ne coulent pas. D’accord, elle était épuisée. Mais elle avait aussi l’impression de vivre l’un des plus beaux moments de sa vie et espérait juste le savourer.

Mais, toi... T'as besoin de dormir. Alors, vas-y. T'en fais pas pour moi, je serais toujours là, à ton réveil... J'irais nulle part. Mais … ! Elle tenta de protester, mais un, elle avait la bouche pleine de Chocapics, deux, ce crétin de soleil et cet idiot d’Archibald avaient fini par avoir raison de ses canaux lacrymaux et trois … son geste. Comment pouviez-vous résister juste deux secondes ? Elle se retrouvait blottie contre lui, enveloppée dans un drap et … oui, elle avait sommeil. Un bâillement finit par lui décrocher la mâchoire et elle abandonna aussi sec toute idée de lutte (comme si une avait été suffisamment présente pour risquer de la faire dévier du chemin tout tracé vers les bras de Morphée qui s’imposait à elle. Surtout quand Morphée était Wilson). D’accord … D’accord, j’me rends ! Elle extirpa le paquet de céréales de sous le drap pour éviter de le renverser (cela aurait été un crime) et le posa péniblement sur la table avant de venir tout contre Archi, se calant contre son torse, sachant qu’elle allait s’endormir en deux secondes, assise ou allongée. Elle battit des cils deux-trois fois et finit par émettre un grognement de contentement en frottant sa joue contre le t-shirt d’Archi : Plus jamais toi sans moi. Pas aussi longtemps, de façon aussi irrémédiable. Un sourire de gamine se dessina sur les lèvres de Joyce et elle eut le temps de fredonner d’une voix déjà endormie : It’s just another day for you and me in paradise … avant de sombrer pour de bon.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Ven 22 Mar - 16:06




Comme il s'en était douté, Joyce avait capitulé bien vite, transie de fatigue qu'elle était. Archibald ignorait depuis combien de temps la jeune femme roulait, et depuis quand elle n'avait pas fait une nuit complète, mais il pouvait dire avec certitude qu'elle était physiquement à bout, le tout accompagné par une certaine fatigue psychologique évidente également. Un peu comme lui, en fait, mais en moins... En plus... Dans une mesure différente, dirons nous. Et exactement comme il avait fini par s'endormir une fois qu'il s'était senti protégé et en sécurité, il en avait été de même pour la jeune femme qui avait sombré aussitôt qu'elle avait fermé les paupières.

Archibald avait attendu que la nuit fut totale avant d'oser bouger un orteil. La respiration douce et régulière de la jeune femme finissant de le convaincre qu'elle était dans un sommeil des plus profonds, il s'était délicatement retiré, la recouvrant ensuite d'une couverture supplémentaire car l'ayant privée de sa chaleur corporelle en quittant sa place. Il avait fait quelques pas dans la chambre, se mouvant aussi silencieusement qu'une ombre, dégourdissant ses jambes et ses articulations un instant. Son regard avait fait le tour du propriétaire et il avait doucement fermé les rideaux, pour que les premiers rayons de soleil ne réveille pas la belle endormie, sur laquelle ses yeux s'étaient de nouveau posés. Puis, il était entré sans bruit dans la salle de bain adjacente, n'allumant la lumière qu'une fois la porte bien refermée derrière lui. Faisant couler un léger filet d'eau, il s'était humidifié le visage, faisant craquer son cou en soupirant longuement, fermant les yeux pour éviter de croiser son propre regard dans le miroir. Quelques images commencèrent à l'assaillir et il secoua la tête, vainement, alors que ses mâchoires se contractaient soudain. Le verre d'une fenêtre qui éclate, semblant se briser au ralenti. Les yeux à l'éclat jaunes, monstrueux, se reflétant dans la vitre, la seconde d'avant. L'expression horrifiée d'un visage qui se tord, dont les traits doux se brouillent, puis se figent soudain dans un masque de douleur. Le sang qui éclabousse sa peau, ou plutôt, son pelage, emplissant l'air d'une odeur aussi entêtante qu'alléchante. Les images se superposaient devant ses yeux, comme sortant d'un projecteur de diapositives. La tête lui tourna alors que son estomac se retournait. Il se mit soudain à reculer, maladroitement, butant contre la porte avant de se laisser glisser contre le battant. Attrapant la première chose à sa portée, il enfouit son visage dans ce qui semblait être une serviette, mise à disposition par l’hôtel, et il resta ainsi un moment, tâchant de contenir les émotions qui remontaient à la surface, venant frapper à la porte de sa conscience comme autant de béliers décidés à réduire ses barrières en miettes.

Un long moment s'écoula avant qu'il ne finisse par se décider à se relever. Jetant la serviette au sol, il lui fallut s'y reprendre à deux fois pour y parvenir car ses membres tremblaient, mais il fut finalement sur pieds, se retenant péniblement au lavabo. Des images continuaient de l'assaillir par flashs indistincts et il pouvait toujours sentir une douleur ténue au fond de ses entrailles, mais il tint bon. Le regard rivé sur la porcelaine, il fixait à présent ses mains, secouées de petits spasmes. Elles étaient immaculées. Et pourtant... Pourtant, il aurait pu jurer quelles étaient poisseuses. Recouvertes d'une hémoglobine qui, si elle n'était pourtant pas visible, lavée à l'eau claire il y avait maintenant bientôt deux mois, il la sentait toujours présente, comme imbibée dans sa chair, infiltrée dans ses pores, y laissant une marque aussi invisible que pourtant indélébile. Acceptant finalement de lever les yeux vers le miroir, il fit face à la triste réalité. Un visage creusé, un regard vide. Des joues biens pâles, et une barbe de plusieurs jours. Mais par dessus tout, quelque chose avait changé dans ses traits. D'un oeil extérieur, cela aurait pu sembler imperceptible, mais Archibald ne voyait plus que ça. Ce changement. Cette sensation d'avoir pris plusieurs années d'un coup, comme s'il avait fait un bond dans le temps... Comme s'il était une autre personne. Il n'était plus lui-même. Il ne se reconnaissait plus. Pire, il y avait cet éclat un peu fou au fond de ses prunelles, ce regard qu'il connaissait bien... Puisqu'il y avait déjà été confronté, dix années auparavant. Il s'agissait des yeux d'un assassin. Le visage du meurtrier se superposa alors au sien, alors que ses yeux s'écarquillaient. Il en eut un tel choc qu'il bloqua, sa main tremblante se levant pour effleurer ce visage qui était sien, il le sentait, il le touchait, mais qui lui était, à présent, complètement étranger. Il s'était arrêté de respirer, contemplant, abasourdi, cette apparition ahurissante... Il pouvait sentir sa peau le picoter alors que des frissons se déclenchaient un peu partout dans son épiderme, partant de sa colonne vertébrale, le secouant tout entier. Et, d'un coup, d'un seul, son poing s'écrasa sur la surface réfléchissante, qui disparut dans une pluie de petits cliquetis. Le sang commença à se répandre dans le siphon du lavabo, gouttant le long de son avant bras, resté tendu dans la position où il venait de frapper. Il n'avait même pas crié. Pourtant, il aurait voulu hurler, se révolter contre cette hallucination aberrante que son subconscient lui avait envoyée, continuant de le harceler... De lui rappeler à chaque instant ce qu'il avait fait. Cela n'en finirait jamais. Il pouvait prétendre que tout allait bien, il pouvait donner le change, tromper tout le monde... Mais il ne pouvait se mentir à lui-même plus longtemps. Car si, déjà, sa peau commençait à se refermer, il n'en était rien des plaies intérieures que cette certitude avait ouvertes.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Dim 31 Mar - 11:11





There's a man I've known for years, and still to this day do I know him
I love him very much, it's very hard for me to show him
Back then and even now I feel there's something that I owe him
And that feeling should be going over time but no it's growing

Elle n’avait pas cherché à se débattre, et pour cause : elle était épuisée. Physiquement et psychologiquement, le mois de juillet avait été un calvaire pour la jeune fille et il lui avait semblé ne pas en voir le bout. Elle n’avait pas pu voir Archi après la nuit tragique, se doutant bien qu’il devait l’éviter, elle n’avait pas cherché à s’imposer. Mais quand elle avait compris qu’ils ne se reverraient pas avant longtemps, la chute avait commencé. Le savoir mal, loin d’elle, inaccessible après ce qui s’était passé, l’avait entamée. Alors elle s’était juste laissée sombrer, avait fait les pires excès, ce qui n’était pas nouveau pour elle, mais repoussant ses limites à New-York, ville inconnue, en compagnie de ses amis, se perdant dans l’alcool, la drogue, les mecs, errant le jour, amorphe, entre deux gueules de bois, avant de recommencer de plus belle, dormant à peine, mangeant à peu près autant … Elle s’était repris quelques jours avant la date fatidique. S’accrochant à l’échéance, elle avait repoussé le tout pour se sevrer de toute drogue, réunir de l’argent et partir. Mais tout ceci l’avait tuée. Son corps tremblait, elle ressentait avec violence les effets du manque et, si elle était arrivée à les contenir dans la voiture, ce n’était dû qu’au soulagement de l’avoir à ses côtés, qui la faisait penser à lui et pas du tout à elle. Archiblad était sa drogue à elle, en quelque sorte, mais une drogue plus douce, peut-être plus violente par moments, dans certains excès. Mais c’était sans conteste celle qu’elle préférait. Alors oui, Joyce avait capitulé et était redevenue une pauvre petite chose recroquevillée sur le lit après qu’Archi se soit décollé d’elle. Elle remua peut-être un peu, mais était plongée dans un sommeil si profond qu’elle ne put protester et lui demander de rester près d’elle. Pourquoi l’aurait-il fait, en même temps ? Elle était loin, pour l’instant, en train d’essayer de récupérer des forces, le minimum vital nécessaire pour pouvoir être présente pour lui. Ce qui nécessitait de penser à elle, juste quelques heures. En réalité, il lui aurait sans doute fallu plusieurs jours de sommeil entiers pour parvenir à retrouver une forme optimale. Mais il n’en était pas question. Elle se réveillerait sans doute d’elle-même bien avant qu’elle ait dormi douze heures … bien avant cela, d’ailleurs.

Ce fut un bruit sourd, de bris de verre qui la réveilla, en sursaut, preuve que, malgré son apparente détente, elle restait sur ses gardes. Le sommeil de la demoiselle n’avait de toutes les manières jamais été très lourd mais il l’était encore moins sachant qu’elle n’était pas seule et qu’il risquait d’avoir besoin d’elle. Ses yeux mirent quelques secondes pour s’habituer à la pénombre ambiante. Elle calcula qu’elle avait bien du dormir cinq ou six heures (à peu de choses près) et se maudit de son inconséquence en voyant qu’Archi n’était pas dans la pièce. Le rai de lumière filtrant sous la porte de la salle de bains lui indiqua cependant l’endroit où il se trouvait. Elle se dégagea du drap dans un mouvement convulsif, ne fit que s’enrouler un peu plus dans la couverture qui était apparue pendant son sommeil et manqua de tomber, face contre terre. Dégageant finalement ses jambes avec force mouvements désordonnés, elle finit par prendre pied sur le sol. Marcher jusqu’à a salle de bain fut une épreuve, elle s’était relevée beaucoup trop vite et la tête lui tournait, elle avait l’impression d’être en plein cauchemar, ou bad trip, au choix. Ses doigts blafards s’enroulèrent autour de la poignée et elle ne réfléchit même pas à ce qu’elle pourrait trouver derrière. Et c’était tant mieux, car elle gagna ainsi quelques secondes de répit pour son pauvre cœur, qui se tordit de douleur devant la vision de son ami, debout, au milieu des bris de verre, du sang … et de ses états d’âme. Elle ne voyait pas son visage, mais la scène avait suffisamment des airs de champ de bataille pour qu’elle comprenne ce qui s’y jouait. En réalité, se morigéna-t-elle, non, elle ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas comprendre l’ampleur de ce que vivait Archibald Wilson depuis cette fameuse nuit parce que, malgré tous leurs points communs, elle n’était pas comme lui. Pourrait-elle seulement l’aider, ne sachant pas ce qu’il traversait, ne pouvant qu’à peine le deviner ? Elle en doutait profondément. Aussi fut-ce plutôt timidement qu’elle s’approcha, jusqu’à ce que sa poitrine effleure son dos, pour passer ses bras frêles autour du torse imposant du jeune homme. Elle posa son front entre ses omoplates, incapable de dire quoi que ce soit, persuadée que seule une énormité pourrait sortir de ses lèvres, qu’elle se mordait. Elle avait toujours su, pourtant, trouver les mots, même maladroitement, avec lui. Et quand les mots ne suffisaient pas … elle s’exprimait, autrement.

Venant frotter son nez contre son t-shirt, elle frissonna avant de murmurer, d’une voix rauque : ça va aller … Je te l’ai promis … Et qu’est-ce qu’elle avait été conne de lui faire une promesse pareille … qu’en savait-elle ? Là, tout contre lui, elle était complètement inutile. Elle ne pouvait pas absorber sa peine pour la porter à sa place, ça ne fonctionnait pas comme ça. Elle avait espéré que le tirer de là rapidement et l’exiler avec elle lui permettrait de s’évader un minimum, d’oublier un temps ce qui s’était passé. C’est pas ta faute, Archi … Le fait qu’il se sente coupable était une évidence pour elle, comme celui qui faisait de lui une des victimes de cette nuit. Cette saloperie de Pleine Lune n’aurait pas dû être là, elle le savait, elle « stalkait » les nuits où elle ne pourrait pas le voir, just in case. Alors … alors il fallait qu’il arrête. Mais ce n’était pas possible. Pas pour l’instant. Et elle se sentait démunie, incapable de l’aider. Mais elle était Joyce Fetherston, elle ne laisserait pas tomber aussi facilement. Elle se décolla doucement de lui, et le fit tourner vers elle en douceur, venant chercher son regard. Elle n’était pas certaine de pouvoir supporter ce qu’elle allait y lire, mais elle essaierait, au moins. Elle vint poser une main sur son menton, effleurant ses lèvres de son pouce. Qu’est-ce que je peux faire … ? Venait-elle d’exprimer son désarroi à haute voix ? Il fallait le croire. Elle avait les jambes en coton, la bouche sèche, autant dire que ce n’était pas la grande forme. Que voulait-il ? Lui en parler, qu’elle l’écoute, ou qu’elle lui fasse au contraire tout oublier ? Elle avait essayé mais elle avait échoué jusque là … Mais peut-être s’y était-elle mal prise. Se hissant sur la pointe des pieds, les jambes tremblantes, menaçant de lui tomber dessus, elle vint effleurer ses lèvres des siennes, comme une question, avant de décider d’essayer. Après tout, pourquoi pas ? ça fonctionnait toujours, pour elle, alors … si au moins pendant quelques minutes, voire plus il pouvait penser à autre chose … Elle se recula quelques instants pour lui lancer un long regard avant de se défaire de son haut, dévoilant de la lingerie qu’elle avait soigneusement choisie dans l’éventualité que quelque chose de ce genre se produise et réattaqua, passant ses mains qu’elle essaya de rendre fermes dans son cou, capturant sa bouche de façon impérieuse. Elle prenait les choses en main. Comme elle le pouvait, certes. Mais elle essayait.


We was kid mates, making mistakes, playing pisstake
Big hearts battling them big snakes, rattling their tails
He was like the wind in my sails, I was like the water for his keel, that was real
It use to hurt my flesh that his worn scars were heated still
He use to hurt his flesh just to see if he could feel



HJ : Tu me diras si tout te va, j'ai pas mal avancé mais je peux modifier *-*

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Lun 20 Mai - 15:23


Vide. Il se sentait entièrement vide. Hagard, engourdi, comme si son corps ne lui appartenant plus vraiment et qu'il se trouvait hors de lui-même, il contemplait sa main, ces doigts qui lui semblaient étrangers. Depuis quelques instants, il savait qu'il n'était plus seul, ayant senti une présence nouvelle dans la pièce. C'est à peine pourtant s'il la sentait, physiquement. C'était plus... Spirituel. Instinctif. Comme une connexion étrange entre lui et celle qu'il devinait dans son dos. Car il ne se reposait plus vraiment sur ses sens, depuis quelques minutes, il essayait tant bien que mal d’annihiler toute sensation, refusant d'envoyer les messages de ses nerfs à son cerveau, ou plutôt, de les interpréter. Les murs se refermaient lentement autour de sa conscience, barrière protectrice, tentative sûrement vaine de le sauver, d'endiguer la souffrance par un barrage bien dérisoire.
    « Ça va aller … Je te l’ai promis … » Entendit-il d'une voix si faible et si étouffée qu'on aurait pu croire qu'elle venait de la pièce voisine.
Pourtant, cela venait bien de derrière lui, tout contre sa peau. Il sentait vaguement son corps contre le sien, le percevant comme à travers une forme de brouillard qui l'enveloppait d'une douce léthargie. La voix qui s'échappa alors de sa gorge, rauque, abimée, ne le ramena pas plus à lui, comme s'il n'avait pas réellement conscience qu'elle sortait de sa propre bouche.
    « J'ai... j'ai du... du sang sur les mains... »
    « C’est pas ta faute, Archi … » Entendit-il répondre à ces mots, et il n'avait pas autorisé la plainte qui suivit à venir la couper :
    « Joyce... Arrête. » Ça sert à rien. Pourquoi se mentir ? Bien sûr que c'est ma faute. Cette main, pourvues de griffes, c'était bien la mienne. C'était bien... Moi.
A présent, il lui faisait face, mais au fond, il ne la voyait pas vraiment. Il était... Ailleurs. Ses pupilles, écarquillées, ne regardaient plus ce qui l'entourait. Elles s'étaient figées, contemplant un point invisible, dans le vide, se raccrochant au néant plus qu'au réel, qui l'avait conduit aux bords de l'abysse, sur ce fil que les Parques s'apprêtaient à couper, pour mettre fin à sa "vie funambule sur le point de se casser la gueule", comme l'aurait dit Vargas. Et la chute ne lui faisait pas vraiment peur. Pas plus que sur ce toit où il s'était tenu avec Sladka, la chair fumante et le coeur au bord des lèvres. Car retourner au monde semblait un choix bien plus difficile que celui de le quitter définitivement.
    « Qu’est-ce que je peux faire … ? » Perçut-il doucement, mais cette fois, plus rien ne vint, ni de lui, ni d'un autre, que ce fut de sa propre conscience émiettée ou de cette pale représentation de la personne qu'il était en train de devenir.
Hausser les épaules. Contempler l'absolue certitude qu'il n'y a, désespérément, rien à faire. C'est trop tard, le mal est fait. Ils ne reviendront pas. Il n'y avait rien à faire, rien pour réparer cet état de fait, et contredire cette affirmation. Et lui aurait dû aller mieux ? Il ne le méritait pas. Eux n'auraient jamais plus cette chance. Ils n'étaient plus là. Il avait pris leurs bonheurs, leurs aspirations, leurs rêves... Et les avaient réduit en fumée, d'un coup d'un seul, en l'espace de même pas quelques secondes. Maintenant, il payait le prix de ce tribut. Ce n'était que la suite logique des choses, le juste retour ; les forces supérieures recherchant à retrouver un certain équilibre, quoi que précaire. Car il avait voulu mourir. Il n'était même pas passé bien loin de passer à l'acte, mais le reflet de ses propres actes et de leur portée quand l'action s'était transposée sur Sladka l'en avait dissuadé. Il avait choisi de vivre. D'essayer. De se donner du temps. Mais combien ? Jours, mois, années ? Comment savoir ? Rien ne pouvait dire quand il se remettrait, ni si il y parviendrait un jour vraiment.

Et, d'un coup, il y a ses lèvres, qui viennent éclore sur les siennes. Cela ne lui fait d'abord rien. Ce n'est qu'un frôlement, comme un voile qui ondoie, s'avance puis se recule au gré du souffle du vent. Puis, finalement, il sent ce goût familier se répandre sur sa langue, et venir chatouiller ses souvenirs enfouis. Quelques images défilent devant sa rétine, et il fronce les sourcils, avec un certain style (pardon j'ai pas pu m'en empêcher *pan*), avant de se retrouver soudain projeté dans cette salle de bain étroite. Les odeurs de l'humidité, du sang, du tabac, aussi, l'assaillent alors que son regard se fixe sur la silhouette qu'il connait par coeur, dont le haut tombe sur le carrelage. Ses mains remontent contre son torse, dans son cou, et il est de nouveau là, ce parfum sucré, cette chaleur tiède, contre sa peau. Cette respiration qui se mêle à la sienne, qui lui rappelle tant de choses, ravive des sentiments qu'il a tâché d'oublier pendant tout ce temps. Parce qu'il... Ne veut plus rien ressentir. Mais surtout, parce qu'il ne mérite pas de les ressentir.
    « Attends, je- Je n'ai... Pas le droit de faire ça. »
Il se décolle alors d'elle, secouant la tête, venant encadrer son front de ses doigts poisseux. Sachant ce qu'il a fait, accepter de se sentir bien... C'est au dessus de ses forces. Il ne peut pas. Il s'y refuse. Il n'en a plus le droit. Pas après ce qu'il a fait, pas après avoir perpétré toute cette souffrance. A chaque fois qu'il entrevoit la possibilité, même infime, d'être heureux, la culpabilité lui ronge les entrailles et il n'a plus qu'une envie, souffrir de nouveau, et se rappeler pourquoi. Pourtant, ce serait tellement tentant d'oublier. S'oublier... Et se laisser aller. Céder à la facilité. S'y abandonner, comme Joyce aimerait, à cet instant, qu'il lâche prise. Ses iris vacillent. Sa respiration s'accélère. En un battement de cils, il se voit, là, de nouveau contre elle, ses mains se perdant dans sa chevelure et ses lèvres dans son cou... Ce serait tellement simple, et il ne peut nier en crever d'envie. Mais la boule dans son ventre, et celle qui lui obstrue la gorge, à cet instant, le rappellent à l'ordre. Il secoue la tête, vainement, comme pour lui dire "ne fais pas ça, ne me fais pas ça", mais il est incapable de le traduire en mot. Ils ne viennent pas, bloqués quelque part entre son cerveau et ses cordes vocales. Il se mord la lèvre. L'une de ses mains n'a pas bougé de sur ses hanches, alors que l'autre est retombée mollement le long de son corps. Il rêverait de l'embrasser, de se perdre dans ses bras, mais il n'en fait rien. Parce qu'il sait que sur le moment, ça ira mieux. Envolés, les soucis, et tout le reste. Mais ensuite... Le retour de flamme n'en sera que plus fort. La honte, la douleur, elles seront là, décuplées, magnifiées. Elles sauront, à ne pas en douter, se rappeler à lui, avec plus de vivacité encore. Et le risque que cela arrive est trop grand.

J'ai peur, Joyce. J'ai peur de sombrer.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Lun 20 Mai - 16:02

Joyce... Arrête. Jamais. Si elle ne le dit pas, tout en elle le hurlait. Jamais elle n’arrêterait, quoi qu’il dise, et quoi qu’il fasse. La fois où ils avaient arrêté, l’un et l’autre, elle avait failli en crever de douleur. Alors non. Elle le rattacherait à la vie aussi longtemps qu’il la supporterait à ses côtés, aussi longtemps qu’il voudrait d’elle dans son existence et même au-delà. Parce que c’était lui et parce que c’était elle, et voilà tout. Alors même si elle devait lui répéter tous les jours que ce n’était pas réellement de sa faute, elle le ferait. Si elle devait trouver elle-même les coupables, elle … Oui, non. Maheureusement, elle n’était pas la super-héroïne donc Archibald aurait eu besoin, celle qui aurait trouvé les preuves à lui mettre sous le nez qu’il était lui aussi une victime de cette histoire. Elle n’était que cette fille paumée, dans ce motel, en train de se débattre dans tous les sens, en train de tout mettre en œuvre pour qu’il retrouve un semblant de sérénité. Elle avait essayé, elle l’avait cru quand il lui avait dit qu’il n’avait besoin de rien de plus, mais c’était faux. Elle ne pouvait suffire à panser ses plaies, ça avait été arrogant de le penser même un seul instant. Mais si elle n’y parvenait pas, alors que pouvait-elle faire ? Que lui restait-il ? Elle n’allait quand même pas s’asseoir et le regarder s’en vouloir toute sa vie pour ses crimes. Oui, ces crimes, mais c’était infiniment plus complexe que cela. Trop pour elle, d’ailleurs. C’était pour ça qu’elle avait tenté le tout pour le tout. C’était sa méthode la plus efficace, celle qu’elle utilisait elle-même quotidiennement ou presque depuis quelques années et il fallait bien dire que cela avait fait ses preuves. Quand il lui répondit, elle y crut, l’espace d’un instant. A son contact, elle sentit sa poitrine se gonfler et vint encore plus près de lui pour se gorger de sa présence, de cet instant magique. Voilà. Il le sentait. Il suffisait de se laisser aller pour que tout s’envole. Pour que, pendant quelques minutes, tout semble rentrer dans l’ordre. Et à la fin, elle serait là. Peut-être qu’en caressant ses cheveux, blottie contre lui, elle arriverait à obtenir de lui qu’il considère les événements sous un autre jour. Ou peut-être pas. Mais au moins, pendant quelques instants, il irait bien. C’était une illusion ? Elle vivait d’illusions depuis tellement longtemps qu’elle ne voyait pas quel mal il y avait à se faire du bien. Ses doigts dessinaient ses muscles, son corps se tendait et …

Attends, je- Je n'ai... Pas le droit de faire ça. Ses paupières restèrent closes parce qu’elle ne voulut pas ouvrir les yeux. Elle n’en avait pas besoin. Elle l’avait senti s’éloigner. Elle avait mesuré la différence de température maintenant que son corps n’était plus collé au sien. Elle savait de quoi il parlait. Ce n’était pas parce qu’il ne pouvait pas lui faire ça, à elle, cela faisait longtemps qu’il savait qu’ils n’avaient pas besoin d’être ensemble pour que ce genre de choses se produise. C’était lui. Il ne se donnait pas le droit de se laisser aller. Le coin de ses yeux tressaillit alors qu’une perle salée en glissait lentement. Elle ne l’essuya pas, elle ne voulait pas bouger. Elle ne voulait pas affronter la réalité, elle ne voulait pas le voir face à elle, si proche et pourtant si loin. Joyce ne se sentait pas insultée, ni rejetée. Elle se sentait impuissante et totalement démunie. Elle était là, mais rien de ce qu’elle ne ferait ne le ferait aller mieux. Parce qu’elle n’était pas psychologue et qu’elle ne pouvait pas s’asseoir en face de lui sur ce lit pour lui demander de lui raconter tout ce qu’il ressentait. Oh, Archi … Sa voix se brisa et elle se racla la gorge pour ne pas fondre en larmes, ce qui aurait été ridicule. Il n’avait pas à la consoler, c’était l’inverse qui devait se produire. Et elle n’y arrivait pas. Parce que lui ne pouvait vivre d’illusions ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Devait-elle reculer pour qu’il ne soit plus tenté, devait-elle lui forcer la main ? Non, elle respecterait ce qu’il voulait, mais quoi alors ? Elle tenta de se recomposer un visage décent pour affronter la réalité, mais une nouvelle larme lui échappa alors qu’elle regardait Archibald Wilson dans les yeux. Elle dit simplement : Pardon. Elle se pencha, rompant tout contact physique entre eux et attrapa son t-shirt qu’elle enfila de nouveau. Elle aurait rougi de confusion si elle n’avait pas été aussi pâle, sans le moindre doute. Quand elle se releva, elle fixa un moment le mur avant de le regarder de nouveau. Le cœur plus serré que jamais, elle ne savait pas quoi faire, quoi dire. Pardonne-moi … s’il te plaît.

Elle secoua la tête et finit par sortir de la pièce, purement et simplement. Elle n’arrivait pas à lui faire face en se sentant aussi nulle. Putain, mais il souffrait et elle … elle, elle était inutile. INUTILE ! Un coup partit, dans la boîte de Chocapics qui se renversa au sol. Elle n’accorda pas un regard aux céréales. Elle allait devenir folle. Merde, mais quoi ? Est-ce qu’il fallait qu’elle lui efface la mémoire ? Est-ce que cela lui rendrait les choses plus faciles ? Est-ce que … ? NON. Non, non et non. Ça, elle le refusait. Il n’en était pas question. Elle s’était approchée de la table, sur laquelle sa veste était posée. Elle lui lança un regard mauvais, comme si la pauvre était censée avoir la réponse et s’en désintéressa. Pour y revenir. Un éclair argenté avait jailli, résultat de la Lune se reflétant sur une boîte métallique.

Le temps se suspendit, l’espace d’un instant. Les doigts de la jeune fille effleurèrent l’alliage un bref instant. Non. C’était le manque qui parlait. Elle ne pouvait pas … Coup d’œil vers la porte. N’était-ce pas comme le sexe ? L’autre échappatoire qu’elle se connaissait. Peut-être mais … Il fallait qu’elle se calme. L’étui fut bientôt extrait du vêtement et ouvert sur la table. La poudre semblait opalescente dans la lumière sélène. Ce n’était pas bien. Elle ne voulait pas lui faire ça. Mais son propre manque la rattrapait. Elle était clean depuis quelques jours et cela faisait très longtemps que cela ne lui était pas arrivé. Ses mains s’arrimèrent à la table. Pouvait-elle ? Oserait-elle ? Putain. Non, pas ça. Pas Archi. Et pourtant … s’il le demandait, elle le ferait. Indécise, elle resta figée un long moment. Trop long, peut-être.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Lun 20 Mai - 20:17



I'M JUST AS FUCKED UP AS THEY SAY...



Son palpitant martèle sous ses cottes. Puissant. Impérieux. La fébrilité l'a gagné, a remplacé ce calme salvateur qu'il s'imposait depuis son "moment d'égarement", ce très léger instant où il a perdu le contrôle. Cette rupture, ce breakdown, comme on dirait en psychiatrie, qui l'a amené à passer à l'acte, à s'auto-mutiler en écrasant ainsi son poing dans le miroir. Mais la douleur qui en a résulté est bien relative comparée à celle qui lui étreint le coeur et lui éteint l'âme un peu plus de jour en jour. Qui l'amène à ne plus se reconnaître, à perdre son identité et ses repères. Toutes ces constantes qui ont volé en éclat pour ne plus lui laisser que ce flou informe, cette angoisse infâme que le chaos finisse par l'aspirer et l'anéantir, finalement. Car il le sait, il ne pourra pas continuer longtemps comme ça, à osciller entre torpeur et colère, dans ce climat d'instabilité moite, désagréable, pénible. Un beau jour, il va finir par faire quelque chose qu'il pourrait regretter, et il n'y aura rien pour le stopper. C'est comme si tout ce qu'il faisait ne pouvait, au final, que l'amener inévitablement vers là, à cet instant T où tout basculerait, définitivement. Qu'il ne tendait plus vers autre chose que ça, qu'il n'était plus que dans l'attente, l'expectative de ce point de non-retour. Où il tomberait dans la folie, peut être. Embrasserait son côté sombre. Ou, au contraire, le rejetterait une fois pour toutes, de la seule façon qui ferait qu'il ne pourrait plus faire de mal à personne.

Et c'était elle qui s'excusait... Alors que c'était lui, et lui seul, qui aurait dû le faire. D'être ce qu'il était. De lui imposer son état. Quel genre de personne était-il de la laisser se torturer ainsi pour lui ? Il n'en valait pas la peine. Elle voulait l'aider, mais elle ne pouvait pas. Il la posait devant un dilemme insolvable, délibérément. Parce que personne ne pouvait l'aider. Il était une cause perdue. Les paroles de a psychologue du camp lui revinrent alors en mémoire tandis qu'il se prenait la tête dans ses mains. "Un jour, tu ne pourras plus gérer tout ce stress, et ce jour là, il faudra que tu demandes de l'aide... Et surtout, que tu l'acceptes..." Il s'était moqué d'elle. Il s'était retranché. Il avait fait comme si le problème n'existait pas, et il s'était débrouillé seul. Il s'était blindé, comme il l'avait toujours fait, et ne s'était livré qu'à Sladka, lui révélant ses peurs et ses pensées les plus sombres, parce qu'elle avait les mêmes. Mais cela n'a rien arrangé... Parce qu'au fond, elle était aussi brisée que lui. Et qu'avoir une amie dans cet état, dans ces circonstances, l'avait obligé à se mettre de côté, à penser à elle avant de penser à lui. A présent, et bien... Il se retrouvait avec tout à gérer en même temps, et c'était beaucoup trop pour une seule personne. Beaucoup trop pour Joyce, qui ne pouvait pas y faire face à sa place. Et il ne voulait surtout pas qu'elle essaie, car il savait qu'elle s'y casserait les dents, tout comme il s'y était fracassé lui-même maintes fois déjà.

C'est à peine s'il s'était rendu compte qu'elle avait quitté la pièce. Il s'était encore une fois replié sur lui-même, avec ses doutes, ses craintes, sa détresse, l'empêchant de venir plus près. Il n'avait pourtant pas voulu la repousser, c'était même le contraire. L'avoir tout contre lui lui aurait fait du bien, il le savait, mais c'était plus fort que lui. Il était toujours tellement dur avec lui-même qu'il ne s'autorisait aucun moment de faiblesse... Et il le savait, il l'avait blessée. Il essayait cependant de ne pas y penser pour se recentrer, trouver la force de se relever, de reprendre une attitude normale. Il se força à respirer calmement mais elle ne lui laissa cependant pas le temps de retrouver sa placidité habituelle, car il entendit les céréales se répandre sur le sol et tressaillit. Ce geste avait une signification particulière... Outre l'énervement, ces derniers représentaient quelque chose pour elle. C'est sa constante. Ce qui lui remontait le moral comme certains prenaient une tablette de chocolat ou de la glace. Joyce prenait des chocapics, et elle ne les aurait gaspillé pour rien au monde. Il devinait donc son trouble et se serait bien frappé la tête contre un mur de lui infliger ça. Bien décidé à ne pas la laisser seule plus longtemps, il se força à se reprendre et à reparaître dans la chambre, se composant un visage neutre, ouvrant la bouche pur essayer de dire quelque chose, la rassurer, peut être, mais les mots moururent dans sa gorge alors que son regard tombait sur la boîte métallique entre ses mains, et surtout, ce qu'elle contenait. Son coeur se serra, sa gorge se noua, et il dut se donner mentalement une claque pour ne pas flancher. Se rattrapant l'air de rien à l'armoire bancale à côté de la porte, il chercha ses yeux clairs un instant, diablement silencieux.

Alors, dans l'atmosphère moite sérieuse et pesante de la pièce, il prit une décision. Son visage se détendit, et ses traits, soudain, se radoucirent. Sans un mot toujours, il se glissa jusqu'à elle pour venir s'accroupir à ses pieds, posant ses mains sur ses genoux. Lentement, avec douceur et une certaine tendresse, il lui enleva l'objet des mains pour le poser délicatement sur la table de chevet. Il s'arrêta ensuite un instant, comme indécis, pour la regarder, avec une certaine intensité. Il savait déjà ce qu'il allait faire mais il avait besoin de se convaincre... De savoir qu'il faisait le bon choix, et quelque chose dans le regard de Joyce, peut être l'éclat de désespoir qu'il croyait y lire, lui assura que c'était le cas. Il se redressa donc, déboutonnant sa chemise pour la laisser rejoindre le sol. Puis, sans se faire prier davantage, il expira l'air de ses poumons, laissant ses mains suivre son impulsion et venir encadrer le visage de la brune.
    « Regarde-moi. Tout ira bien. »
Il hocha la tête bêtement, serrant légèrement les mâchoires face à ce mensonge qu'il venait de proférer. Car, oui, c'était faux, mais il s'en fichait. Ils n'allaient pas bien, ni l'un, ni l'autre, et probablement qu'ils n'iraient pas bien avant longtemps, mais cela n'avait juste plus la moindre importance. Il ne la laissait pas se détruire, pas plus qu'elle n'avait voulu le laisser continuer de se faire du mal tout à l'heure. Elle avait voulu le ramener vers lui, l'éloigner de ses maux, et c'était ce qu'il allait faire à son tour. Sur ces mots creux et stupides, il finit donc de combler la distance qui séparait encore leurs deux visages, prolongeant son mouvement vers l'avant sans quitter ses lèvres, pour venir l'allonger sur le lit. Ses doigts rêches dévalèrent ses courbes, passant sous son tee shirt, oeuvrant pour l'enlever de nouveau. Il avait fait son choix, et il la choisissait elle.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Dim 26 Mai - 17:07

Faire prendre de la drogue à Archibald Wilson. Comment en était-elle arrivée à considérer cette option ? Elle sentait son pouls, rapide et irrégulier battre à ses tempes alors que ses mains devenaient de plus en plus moites, comme si le contact du métal leur était insupportable. Dans d’autres circonstances, elle aurait déjà étalé la poudre sur la table de chevet et inspiré le rail salvateur. Ses pensées se seraient rapidement déliées et elle aurait pu sereinement fermer les yeux l’espace d’un instant, pour savourer ces quelques minutes d’égarement où la réalité aurait été un lointain souvenir. Seulement, dans cette réalité, il y avait Archi qui lui échappait. Et elle n’était pas prête à prendre le train qui l’en déconnecterait, en le laissant seul face à lui-même. Mais la vérité était qu’elle était désespérée. Jamais elle n’aurait pensé que ce soit aussi difficile, aussi compliqué. Peut-être parce qu’elle ne partageait pas ses pensées et aurait tout donné pour le faire. Cependant, est-ce que cela l’aurait réellement avancée ? Ne serait-elle pas encore plus perdue ? Elle allait mieux que lui, elle aurait du savoir quoi faire, plutôt que de rester là à contempler ses propres démons et à hésiter à inviter son complice de toujours à venir danser avec eux. Il méritait tellement plus. Tellement plus que cette épave qu’elle était, ravagée par un mois de débauche non-stop et le manque qui la brûlait de plus en plus. il lui aurait fallu une de ces filles solaires qui faisaient tout oublier d’un sourire, qui l’aurait pris par la main et, sans mots, tout aurait été dit. Pas forcément résolu, mais il aurait été apaisée. Cette fille, si elle existait, Joyce l’enviait et la haïssait de tout son être. Peut-être fallait-il partir à sa recherche. Elle ne ferait qu’empirer les choses si elle continuait et …

Deux mains entrèrent dans son champ de vision, bouleversant l’image floue qu’elle fixait depuis quelques minutes. Le contact rêche des doigts d’Archibald la fit frissonner et elle le laissa lui retirer la boîte de Pandore qu’elle avait ouverte sans en relâcher encore le contenu. Bien sûr que la solution n’était pas là, comment avait-elle osé seulement penser l’entraîner sur la même pente qu’elle ? Tu es pitoyable, Joyce Fetherston. Lève-toi et fais quelque chose d’utile. Ils se regardaient depuis quelques instants, sans rien dire. le cœur au bord des lèvres, l’Américaine s’apprêtait à lui présenter une nouvelle fois ses excuses en essayant de ne pas fondre en larmes, incapable de résister à cette voix intérieure qui lui martelait qu’elle n’était pas à la hauteur, quand la chemise du jeune homme tomba au sol. Figée en plein élan, elle le laissa s’avancer, le souffle soudain court. Qu’était-il arrivé au fait qu’il ne pouvait pas … ? Regarde-moi. Tout ira bien. Il mentait. Son regard le disait, tout son être le hurlait, mais ses mains sur elle l’empêchaient de dire quoi que ce soit. Il acceptait, il essayait et elle ne demanderait rien de plus. Sa bouche épousa la sienne alors que le drap bruissait sous leurs corps. Peu importait si cela ne fonctionnait pas parfaitement, elle ne le laisserait pas se noyer seul. Elle s’abîmerait avec lui si cela était nécessaire, mais elle se battrait jusqu’au bout. Même si le seul moyen qu’elle avait pour l’instant était celui-ci, se perdre dans son étreinte pour lui faire comprendre qu’elle ne le laisserait pas tomber, elle trouverait mieux, plus tard.

Ses mains retrouvèrent leur place dans son dos, traçant chaque courbe qu’elle aurait pu dessiner les yeux fermés, se posant au creux de ses reins pour l’appuyer encore plus contre elle. Elle perdait le souffle et sans doute la tête, mais peu importait. Pendant ce moment, il n’y aurait qu’eux deux au monde. Et, plus que n’importe quel moment de plaisir passé en une autre compagnie, cela avait une signification, pour elle en tous les cas : ils étaient liés, de manière indéfinissable, mais ce qui s’était tissé entre eux ne pouvait être nié, ni défait. Leurs formes s’épousaient parfaitement et, même si sa poitrine se soulevait plus difficilement, elle augmenta doucement la pression avant de le relâcher, venant se perdre dans ses cheveux. Elle dut lui soustraire ses lèvres pour murmurer : Tout ira bien. Cette formule dont ils s’entoureraient aussi longtemps que nécessaire pour que le message s’imprime et devienne réalité. Tout était simple, quand ils étaient tous les deux. Elle savait où laisser ses doigts s’accrocher dans ses mèches, comment glisser sa main entre eux, juste pour venir se poser sur son ventre, quand renverser leurs positions pour prendre le dessus. Elle n’en ferait cependant rien, à l’écoute d’Archi. Elle ne lâchait pas encore prise, pas totalement, ne brusquant rien, essayant de savoir s’il arrivait à se perdre en elle avant de perdre pied dans leur étreinte. Alors elle guettait le rythme de son souffle, la fièvre agitant ses mains, la tension de ses muscles. Pour s’assurer que, même fictivement, cette fois-ci au moins, tout irait bien.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Dim 7 Juil - 2:08


Quand bien même ses jambes, ses bras, ses mains, ses doigts, chaque parcelle de son corps lui semblait trembler comme s'il eut été un ex-camé férocement en manque, Archibald ne flanchait pas. Il ne flancherait pas. Il lui avait fait une promesse et son agitation pouvant passer pour de la fébrilité, il ne comptait pas se laisser dévorer par l'angoisse, quand bien même elle régnait en maître sous son crâne. Qu'était-il en train de faire ? Dans quoi s'engageait-il ? Etait-il sûr de pouvoir s'abandonner ainsi sans crainte ? Pour les deux premières questions, il avait de gros doutes, mais quant à la dernière... Il avait la certitude qu'il était dans le faux. Son pied ne mordait pas juste la ligne, il avait dépassé une limite qu'il n'aurait jamais dû franchir dans l'état d'instabilité dans lequel il se trouvait, il le savait, Joyce le savait, Dieu le savait aussi, et pourtant, il était en plein dedans. Le dérapage. La perte de contrôle. La mauvaise pente. L'erreur de conduite... Qui pourrait peut être même devenir fatale. Appelez ça comme vous voulez, le fait était qu'il ne pouvait plus revenir en arrière, maintenant, et que la chute serait brutale, car les séquelles ne seraient pas que physiques.

Ses mains se baladaient le long de ses courbes presque par automatisme, rompues qu'elles étaient à l'exercice. Les yeux clos, il se laissait guider par son instinct et ses sens, ne souhaitant pas réfléchir, voulant simplement oublier. S'oublier. Il n'était d'ailleurs pas loin d'y parvenir quand, dans un fugace instant d'égarement, il sentit sa canine se planter dans la chair tendre de la lèvre de Joyce. Il rouvrit aussitôt les paupières, se reculant un peu brusquement alors que le sang coulait le long du menton de la jeune femme. Son regard vacilla à la vue, mais aussi l'odeur intense, de l'hémoglobine, et ses pupilles s'écarquillèrent tandis que son rythme cardiaque s'accélérait d'un coup. Adrénaline. Constantes élevées. Vertige. Panique. Figé dans une expression à mi-chemin entre la culpabilité et l'horreur, il secoua la tête pour chasser les pensées que lui inspirait cette scène. Il résista à se saisir le front et balancer toute une litanie de jurons plus sentis les uns que les autres... Il fallait qu'il se calme. Ce n'était que du sang. Quelques gouttes. Rien de plus, rien de grave. Tâchant de s'en convaincre, il plongea de nouveau lentement son visage vers le sien pour venir épouser la forme de sa bouche. Le goût du fer sur sa langue avait quelque chose de perturbant, mais il se força à ignorer la sensation déplaisante que cela lui procurait en ajoutant de la fougue à leur échange. Comme si de rien n'était. Comme si il ne revivait pas intérieurement cette scène où ses crocs avaient lacéré les chairs de personnes innocentes. Ses mains resserrèrent leur prise inconsciemment. Les yeux de nouveau clos, il se plongea encore un peu plus dans ce moment, cédant aux pulsions les plus basiques qui le constituaient, à l'envie, au désir, à la perspective de satisfaction immédiate d'un plaisir impérieux. Il n'était plus vraiment lui-même. Il ne savait plus vraiment ce qu'il faisait.

Sa conscience dérivait totalement, sous les ordres d'un Ça dictateur et d'un Moi et d'un Surmoi absents. De toute façon, il n'aurait pu supporté la moindre restriction maintenant qu'il succombait à la solution de facilité, et qu'il était engagé dans cette danse dont les accents de tango enivrants devenaient de plus en plus irrésistibles. Oui, il cédait totalement et entièrement au besoin de se libérer de sa frustration, par le biais de l'action la plus archaïque qui soit : le sexe. L'appel puissant des endorphines. Ses lèvres et sa langue couvraient sa peau de baisers tandis que ses mains, elles, la découvraient de toute autre matière. D'un geste rapide et sûr, malgré la tension accrue qui l'habitait, il défit également le bouton de son jean avant de laisser ses doigts remonter le long de ses flancs. Il se perdit dans son cou, laissant sa langue traîner sur sa carotide, ainsi que l'empreinte légère de ses dents. Ses mains dérivèrent dans sa nuque et il retourna contre son souffle. Avidement. Fiévreusement. Voracement... Longtemps. Il en avait presque cessé de respirer. Son ouïe lui signalait que Joyce aussi, au bruit sifflant de sa respiration. Lorsqu'il rouvrit les yeux, cependant, ce ne fut pas simplement pour la regarder, mais pour constater un fait étrange qui ne se révélait à lui que maintenant. Sous ses doigts, il pouvait sentir pulser furieusement la jugulaire de la jeune femme. Comment ? Sans qu'il ne sache pourquoi, ses mains s'étaient refermées autour de son cou. Il l'asphyxiait. Il roula d'un coup sur le côté, pour s'asseoir sur le lit et regarder les deux coupables d'un air halluciné. Ces deux choses au bout de ses poignets qui avaient agi sans qu'il ne s'en aperçoive. Ces phalanges qui avaient serré au point de faire bleuir les lèvres d'une des personnes qu'il aimait le plus sur cette Terre. Et il ne savait même pas pourquoi. Il s'écarta violemment.
    « Ne t'approche plus de moi ! » Hurla-t-il, le regard fou, atteignant le coin le plus opposé du lit par rapport à elle, enroulant ses bras autour de ses jambes tout en lui faisant dos. « Je suis un monstre. »
Il frappa à plusieurs reprises son front contre la tête du lit, rageusement. Il n'était plus digne de confiance. A tout moment, il pouvait basculer. Il ne pouvait plus être cru, ni en paroles, ni en actes, pas plus qu'il ne pouvait encore être sauvé. C'était la seule vérité. Il était un meurtrier et, à tout moment, il pouvait recommencer à tuer.

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MessageSujet: Re: You gotta go there to come back - Ft. Archi   Jeu 18 Juil - 20:24

Malgré son envie farouche d’y croire, il y avait un nombre incroyable de fausses notes qui ne lui laissaient aucun espoir. Se retrouver dans un lit avec Archibald, ce n’était jamais simplement bestial. Enfin, ne vous méprenez pas, si, la plupart du temps, enfin avant, ça pouvait être n’importe quand et juste comme ça, avec la dose de violence adéquate. Mais il y avait quelque chose de différent de tous ceux avec lesquels elle avait pu avoir des aventures. On ne parlait pas de performance, mais d’une étincelle différente, de quelque chose en plus qu’elle n’aurait su définir. Qu’elle ne cherchait pas à définir en réalité. Elle aurait pu pourtant s’y laisser prendre. Ces mains, légèrement rêches et fermes, sur ses formes, imprimaient exactement le même mouvement que d’ordinaire. Ce corps, fiévreux, se pressait contre le sien comme il l’avait toujours fait. Ces lèvres, passionnées, épousaient les siennes à la perfection. Jusqu’à ce qu’une douleur inattendue ne les parcoure. Paupières fermées, elle tenta de faire abstraction de la chose, sa main agrippant de plus belle la nuque du jeune homme. La saveur métallique qui se glissait entre leurs langues n’était pourtant pas des plus anodines. Il lui fallait pourtant l’oublier. Ne surtout pas associer cet arôme perturbant à des visions en cascade de mares rougeâtres sur le tapis d’un salon, sur les murs de l’école, sur ses propres mains. Si elle commençait à s’abandonner à de pareilles pensées, elle perdrait pied à coup sûr et il ne le fallait pas. Il fallait qu’elle se cambre un peu plus, qu’elle respire un peu mieux, qu’elle le touche.

Il accélérait la cadence et elle fut plus qu’heureuse de voguer sur les flots qu’il venait de déchaîner. Elle tira sur les pans de son jean pour écarter le passage qu’il avait commencé à ouvrir. Si leurs peaux entraient en contact, totalement et sans retenue aucune, guériraient-ils en un instant ? Il fallait l’espérer, parce qu’elle ne voyait aucune autre issue et penser que cela ne puisse rien arranger la plongeait dans les affres de la panique la plus absolue. Comment s’en sortiraient-ils ? Qu’adviendraient-ils d’eux s’ils ne parvenaient pas à s’en remettre ? Rien que d’y penser, la cage thoracique de la jeune fille se souleva avec plus de difficultés. Ses lèvres étaient toujours tout contre celles d’Archibald, mais il lui semblait qu’elles s’étaient mises à trembler. Elle devait les stopper, avant qu’il ne se rende compte qu’elle était terrorisée par l’idée d’échouer. Mais elle n’y parvenait pas. Son souffle se raréfiait, ses poumons ne voulaient plus se gonfler … elle étouffait. Au sens propre du terme. Rouvrant les yeux, elle ne put faire le moindre mouvement. Et pourtant il fallait qu’elle se reprenne, elle ne comprenait pas ce qui se passait, elle ne pouvait pas faire une crise comme ça. La tête lui tournait, le visage crispé du jeune homme qui la surplombait lui apparaissait de plus en plus flou et …

Elle ne se rendit compte de la présence des mains d’Archi autour de son cou seulement quand il les en enleva brusquement et qu’il ne fut plus là. Son corps se cabra et elle se retrouva assise alors que l’air affluait en elle d’un coup d’un seul, lui faisant encore plus tourner la tête. Son esprit partait en tous sens sans qu’elle n’arrive à le canaliser. Où était la réalité ? Sur sa peau blanche. Les deux marques, l’emplacement des coupables qui la brûlaient affreusement, comme s’il l’avait marquée au fer rouge. Joyce ne voyait plus rien, non parce que ses nerfs optiques avaient été endommagés, mais parce qu’elle refusait, de façon inconsciente, d’intégrer ce qui venait de se produire. Jean ouvert, la respiration sifflante, elle était ailleurs, dans les limbes qu’elle avait failli rejoindre de manière définitive. Ses longs doigts se portèrent sur l’épiderme abrasé. La voix d’Archi ne la fit même pas revenir, perdue qu’elle était. Ce furent les coups qu’il envoya dans le montant du lit qui la firent tressaillir.

En un instant, elle fut à ses côtés. Elle n’avait pas encore repris pied, mais ça n’avait pas la moindre importance. Ses mains encadrèrent le visage d’Archibald. Ses yeux étaient encore dans le flou et elle se retrouvait à genoux, par terre devant lui. Il venait d’essayer de la tuer. C’était irréel. Ce n’était pas possible. J’m’en fous. Sa voix était rauque, sans doute rapport à ce qui s’était passé quelques minutes auparavant. Ses esprits lui revenaient au fur et à mesure. Rien à foutre, putain, Wilson. Elle se releva. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris. Elle ne savait pas s’il le referait. Mais ce qu’elle savait, c’était que ce coup avait sonné comme un coup de semonce, une déchirure entre eux et qu’il n’était pas question que cette vision se concrétise. Elle était debout, et elle luttait pour trouver son regard. Assassin, violeur, voleur, menteur, j’m’en fous, Wilson ! Elle devait avoir l’air d’une folle, à moitié déshabillée, encore tremblant de peur et de désir. T’as pas encore compris ? Tu me l’as dit, pourtant, tu te souviens ? Elle posa un genou de chaque côté de lui, essayant d’imprimer chaque mot. Ma putain de vie ne vaut rien à mes yeux. Et j’en veux pas si tu n’es pas dedans. Qui que tu sois. Quoi que tu fasses. Je m’en fous. Son souffle était de nouveau court. Elle tentait de paraître terrible, mais n’avait-elle pas l’air simplement désespérée ? Et j’sais que tu l’aurais pas fait. Et que ça ira mieux, que tu te remettras. Un jour. Et si tu me dis que je me trompe, si tu me demandes si je suis prête à courir le risque, oui, mille putains de fois oui. Ok ?! Rien de tout ceci n’avait de sens ? Au contraire. Pour elle, depuis cette fameuse nuit, c’était la seule chose qui en avait. Le besoin de lui à ses côtés. Par n’importe quel moyen. Et quel que soit le prix à payer pour ça.

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