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 I know I've got to say... goodbye. {Nathan ♥} END

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MessageSujet: I know I've got to say... goodbye. {Nathan ♥} END   Mar 21 Aoû - 23:34

Nathan Kiely & Sara Costantini
„I know I've got to say... goodbye.“



      I'm thinking of you
      In my sleep
      When I wake up
      I'll be in despair
      Cause I know i've got to say
      Goodbye


Ce n'était pas juste. Rien de tout cela n'était juste. Ces corps de jeunes et même d'enfants qui avaient été retrouvés après la nuit fatale, ce n'était pas juste. Ceux qui s'étaient éteints à l'infirmerie malgré les soins apportés par ceux qui y étaient présents, ce n'était pas juste. Et ceux dont on n'avait pas retrouvé le corps étaient encore plus confrontés à l'injustice. Sara n'avait pas tout de suite compris pourquoi elle ne le retrouvait pas. Il devait aider des jeunes, il était comme ça. Mais il était fort, adulte, bon sorcier. Alors la réalité ne s'était pas imposée à elle avant un long moment. Une période indéfinie pendant laquelle elle avait demandé à droite et à gauche s'ils avaient vu son père de cœur. Si quelqu'un savait sur quel front il s'était battu, qui il avait vaincu. A chaque nouvelle personne interrogée, la brune s'attendait à voir Gregori être couvert d'honneurs et de compliments pour l'aide qu'il avait apporté. Mais personne ne savait où il était, personne ne l'avait vu se battre, et personne ne pouvait la rassurer. Ce sentiment désagréable l'avait envahie peu à peu. Ce n'était pas possible, pas lui, pas maintenant, pas comme ça. La nuit avait été interminable, mais aucune nouvelle. La thésarde n'avait pas dormi et à vrai dire, malgré les semaines qui s'étaient écoulées, elle ne dormait plus vraiment. Ce n'était que bribes de sommeil entrecoupées de rêves lui rappelant celui qu'elle avait perdu, et de cauchemars lui faisant imaginer le pire à son sujet. Parfois, elle se surprenait à l'imaginer encore vivant, peut-être simplement isolé pour mieux vivre l'horrible. Elle aurait volontiers accepté le fait de ne pas tant compter pour lui, si ça permettait au destin de lui ramener son père vivant. Mais cette théorie ne tenait pas la route, malgré toute la volonté que Sara mettait pour y croire. Gregori avait maintenant une vraie fille, qui partageait son sang. Pas le genre de filles qu'on abandonnait. Et il ne l'aurait pas abandonnée, pas plus qu'il aurait abandonné Ada. Alors, il n'y avait plus qu'une possibilité, la plus douloureuse à considérer. Il était mort.
 
Les journées avaient été longues. Son image hantait Sara, le jour comme la nuit. Lorsqu'elle avait revu Ada pour la première fois, elle avait dû s'isoler pour avaler son chagrin et laisser transparaître une image moins tourmentée. Sa femme était veuve, sa fille orpheline. Ses filles étaient orphelines. Et autant ne jamais avoir connu son géniteur ne l'avait pas blessée, autant perdre celui qu'elle considérait comme son père s'avérait plus douloureux que sa première chute de balai. Beaucoup plus douloureux. C'était encore pire que lorsqu'elle avait perdu sa grand-mère, même si la comparaison aurait dû être interdite. Sa grand-mère avait enchaîné les soucis de santé et s'était doucement préparée à partir... Gregori, lui, venait d'avoir une fille. Une vraie fille. Sara ne pourrait jamais lui piquer de crise de jalousie ; et pourtant, elle les avait déjà imaginées à plusieurs reprises. Sara ne pourrait jamais voir le regard affectueux de son père adoptif se poser sur sa descendance, elle ne pourrait jamais ressentir cette pointe de jalousie lorsqu'elle aurait vu Gregori regarder sa fille faire ses premiers pas. Ça avait été trop brutal. Et ne pas connaître les réelles causes de son décès ne faisait que rendre les choses plus douloureuses. Pourquoi n'avaient-ils pas retrouvé son corps ? Pourquoi n'avaient-ils pas eu le droit à un enterrement, une cérémonie solennelle qui aurait fixé définitivement son départ ? C'était bien trop cruel.
 
Elle n'était pas forte. Face à une telle épreuve, Sara s'était surprise à être complétement désarmée. Comment d'aussi nombreuses pertes pouvaient-elles être décomptées dans une école ? Comment était-ce possible ... ? Pourquoi il n'y avait pas ces Aurors, ceux en lesquels elle avait tant cru ? Elle s'était contentée d'envoyer une lettre neutre à sa mère, c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Engagée à ne pas en dire trop sur le pourquoi du comment, et incapable d'en expliquer davantage quant aux dommages qu'ils subissaient, la thésarde s'était contentée d'expliquer à sa mère qu'elle rentrerait probablement à Milan plus tard que prévu. Elle avait souhaité un joyeux anniversaire à son beau-père au passage, décrivant en quelques lignes le climat estival qui s'était installé sur l'archipel, puis avait signé, faiblement. Elle qui n'avait jamais menti à sa mère se sentait maintenant incapable de lui dire la vérité. Elle n'aurait su mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, la profonde sensation de chagrin ne lui permettait plus de réfléchir ni même de respirer convenablement. Malgré les jours et les semaines passés, le sommeil ne revenait pas, la respiration était irrégulière. La seule chose qui avait changé était le visage avec lequel elle traversait tout cela. Le déni était passé lorsqu'elle avait vu la fille de Gregori pour la première fois; la colère, quant à elle, avait fait de nombreuses victimes dans l'entourage de Sara, parmi lesquelles ses plus proches amis, qui cherchaient à prendre de ses nouvelles. Elle-même ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, recluse dans sa chambre, ressassant ses souvenirs, alternant périodes de détresse et périodes remplies d'espoir. Elle savait qu'il n'avait pas été le seul à tomber ce soir-là, mais maintenant, Sara n'était plus une adulte responsable. Parce qu'elle était une fille qui avait perdu son père et qu'en fait, elle n'avait jamais réellement été responsable, de toute façon. Vous l'aurez cependant compris, elle était dans l'étape du marchandage. Des doutes s'étaient installés, basés sur le simple fait qu'elle n'avait pas eu de corps auprès duquel se recueillir.
 
Elle s'était renfermée sur elle-même, au point de ne pas se rendre compte que d'autres vivaient eux-aussi le chagrin qu'elle pouvait ressentir. Elle n'était que rarement sortie de ses appartements. La transition Elderwood / Colorado Springs avaient été une étape pour elle, habituée depuis le décès de Gregori à vivre enfermée. Et si elle avait décidé de participer au camp, ce n'était pas réellement dans le but d'aider ceux qui connaissaient des victimes, puisqu'elle n'était pas capable de s'aider elle-même. Jouer ce rôle de soutien moral s'avérerait être hypocrite au possible, et pourtant, elle se surprenait parfois à s'imaginer accompagner Sean à ses groupes de paroles, pour avoir l'air d'aider, alors qu'en réalité, entre les jeunes partager lui aurait peut-être permis d'avancer. Colorado Springs et son camp était pour elle un moyen de rester enfermée dans cette bulle précieuse où elle n'avait pas besoin de cacher sa douleur, où elle n'avait pas peur de cacher ce qu'elle avait vécu, puisque tout le monde ici l'avait vécu à sa manière. Les journées au camp ne s'avéraient pas fabuleuses non plus. Elles s'enchainaient, toutes identiques. Sara avait essayé de se (re)mettre à sa thèse, entendant dans sa tête la voix encourageante de Gregori, mais malgré toute sa bonne volonté, son travail n'avança pas d'un pouce. Elle s'était alors mise à se promener un peu chaque jour, découvrant la douceur d'un été dans le centre des États-Unis. Elle qui avait été particulièrement curieuse de ce pays depuis que Jude lui en avait parlé, pouvait enfin se vanter d'y avoir mis les pieds. Cette simple pensée avait permis d'étirer ses lèvres dans un petit sourire.
 
Elle s'était promis de remonter sur un balai, vite. C'était le seul moyen qui lui restait de se prouver que la vie continuait malgré tout. Que malgré le départ de son père, malgré son chagrin, sa vie devait continuer. Elle devait se faire à l'idée que le vide qu'il avait laissé dans son cœur ne serait jamais comblé. Elle devait à nouveau tolérer que l'on vienne lui parler, sans avoir envie de balancer au moindre inconnu que lui n'avait pas perdu un père, que ce n'était pas juste.
 
Ce matin-là, lorsqu'elle avait émergé d'un sommeil peu profond, Sara avait regardé son balai fixement, pendant deux bonnes heures, ses seuls deux yeux noisette hors de la protection de la couette. Elle se sentait prête. Elle ferait ça pour lui. Elle apprendrait à nouveau à vivre pour lui. Mais quelque part subsistait le doute né quelques jours plus tôt, et c'était peut-être ça qui lui permettait d'avancer. Cependant, elle préférait cette option, plutôt que la cruelle possibilité selon laquelle le corps d'une personne qu'elle aimait tant soit en train de se décomposer quelque part à Nameless, alors même que toute vie avait quitté l'école. Cet après-midi de juillet, Sara était prête à reprendre sa vie en main, même si cela signifiait nourrir un espoir secret de le revoir un jour rire. Elle avait attaché ses cheveux en une haute queue de cheval et attrapé les vêtements les plus confortables qu'elle avait trouvés : short et débardeur. Lorsqu'elle avait franchi le seul de sa porte avec son balai, elle avait respiré une grande bouffée d'air frais en se disant... qu'elle avancerait, puisqu'elle n'avait pas le choix. Vas-y ma grande. C'est le moment.
 
Voler un peu sur le terrain du camp lui avait fait du bien. Elle avait retrouvé ces sensations desquelles elle était autrefois tombée amoureuse, et, heureusement pour elle, elle semblait ne pas avoir perdu de réflexe. Elle avait reformé cette osmose avec son balai, et elle s'était souvenue pourquoi elle avait tant eu besoin de ce sport, pourquoi il lui avait tant apporté et pourquoi elle lui avait dédicacé sa vie entière. Lorsqu'elle se décida à s'arrêter, en fin de journée, alors que le soleil tapait un peu moins fort sur Colorado Springs, Sara se sentait à nouveau vivante, même si elle n'osait pas même espérer que ça dure. Elle s'était décidée à rejoindre sa chambre, mais, à mi-chemin, s'était arrêtée pour observer le paysage. Cela faisait des jours qu'elle était là, et... pas une fois, elle n'avait levé les yeux pour regarder. Elle avait vu et subi les lieux, sans apprendre à les aimer. Malgré son état déplorable, la thésarde se lança un défi : celui de ne rentrer chez elle qu'à la tombée de la nuit, ce qui, à cette période de l'année, lui laissait encore pas mal de temps. Elle s'assit donc sur un banc, au bord du chemin, et observa. Les étudiants, les adultes... les gens qui continuaient à vivre. Le paysage majestueux. Elle savourait le vent qui caressait sa peau, sensation dont elle n'avait plus l'habitude. Son balai posé contre le banc, à ses côtés, elle se savait capable de rester là des heures. Enfin... C'était sans compter sur le Coordinateur, qui la fit frissonner de peur alors qu'elle le voyait arriver à son niveau. Cet homme-là était un homme bien... Trop bien pour tolérer qu'une adepte de la procrastination comme elle occuper une place de thésarde. Ou pour qu'une faible comme elle soit considérée comme suffisamment pour responsable pour assister Sean Kiely, qui, d'ailleurs était son frère. L'avantage ? C'était qu'en s'en faisant autant pour ses petites fesses, Sara ne pensait plus à Gregori. Elle ne pensait plus qu'à toutes ces journées où elle aurait peut-être du montrer signe de vie, à cette thèse qu'elle aurait peut-être du avancer malgré le deuil. Depuis son entrée à Elderwood en tant que thésarde, elle avait pris beaucoup trop de libertés. Et ce n'était pas maintenant, pas avec la disparition de Gregori, qu'elle allait réussir à être plus rigoureuse... « Bonjour, monsieur » commença-t-elle d'une voix tremblante alors que le Coordinateur s'apprêtait à passer devant elle, et peut-être même à seulement... passer devant elle. Mais mieux valait prévenir que guérir, non ? « C'est... magnifique, Colorado Springs. » continua-t-elle avec une irrépressible et soudaine envie de s'exploser le crâne contre le banc en bois. Elle avait beaucoup plus perdu en relations sociales qu'en vol, visiblement. Et bizarrement, le vol aurait probablement été moins handicapant...

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MessageSujet: Re: I know I've got to say... goodbye. {Nathan ♥} END   Mer 26 Sep - 19:10


    Jamais ses fonctions ne l’avaient autant accablé. Le calme et la quiétude quotidienne à laquelle il aspirait n’était plus qu’un lointain, si lointain qu’il était même devenu flou, souvenir. Il n’aurait souhaité à personne d’être à sa place dans de telles circonstances, funestes, moroses, lourdes de reproches, de regrets, de peines impérissables... La recherche d’un coupable occupait tous les tabloïds d’un monde magique en émoi et il n’y avait, au fond, rien de suffisant qu’il puisse faire ou dire pour réparer tous les dégâts causés par l’attaque. Pourtant, subsistaient tellement d’actes et de mots que l’on attendait de lui… Esthète dans l’Art de discourir, c’était avec douleur, force et dignité qu’il répétait donc les mêmes paroles à ses désormais nombreux et virulents détracteurs, se battant au portillon pour enfoncer les clous autour du cercueil de sa glorieuse carrière, dans le but de l’enterrer avec le dossier Elderwood. Mais non, même s’il lui fallait faire preuve d’une droiture infinie, il ne flanchait pas. Il tenait bon, répétant inlassablement que, bien sûr, ses pensées allaient en premier lieu aux proches de victimes, mais que le projet inestimable de faire prospérer la dernière école magique internationale, destinée à sauver les sorciers de l’extinction leur étant promise dans un futur bien trop proche, était toujours viable. Tendu comme un arc, inébranlable, son ton était sans appel et il défiait quiconque d’essayer de l’empêcher de parvenir à le sauver. Il porterait ce projet à bout de bras si on l’y forçait mais il ne laisserait pas tomber. Qu’on essaye de l’ébranler en l’accusant de vouloir surtout sauver sa propre peau, sa chère place de coordinateur, sa réputation, le blessait et le révoltait. Pourtant, il arrivait à faire preuve d’indulgence envers ces gens-là, aussi méprisables et dans le faux soient-ils, qui l’insultaient sans vergogne. Ces ignorants ne méritaient pas un pli de soucis sur son front, ni même un regard furieux. Ils pouvaient le blesser, dans son orgueil, dans son intégrité, dans son cœur, il ne les laisserait pas le mettre à terre. Oh, il valait mieux que ces juges non qualifiés pour commenter l’affaire. Cent fois, quoi qu’ils disent, pensent, qui qu’ils soient. Des diplomates aux journalistes, en passant par les petites gens. Qu’ils cassent autant de sucre que cela leur chantait sur son dos s’ils se sentaient mieux en le prenant pour cible, ils ne le verraient pas se courber.

      NATHAN × Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour reconstruire ce qui a été détruit, pour recréer un environnement sûr, sécurisant et méritant votre confiance. Elderwood retrouvera le statut de havre de paix que institution a toujours aspiré à être. C’est en tout cas ce à quoi nous nous emploierons pour que dans deux mois, ses portes puissent s’ouvrir à nouveau pour accueillir la flamboyante jeunesse sorcière qu’elle s’escrime à protéger et faire grandir depuis l'aube de sa création.

    Une à une et en s’y écorchant les mains s’il le fallait, il reposerait les briques pour rebâtir ce fier bastion qu’elle était, plus solide, plus robuste, plus prestigieuse encore. Comme les roseaux ne pliaient pas même sous l’assaut d’une tornade, Nathan Kiely ne flanchait devant nul échec, il en ressortait plus fort et c’était exactement le sort qu’il réservait à la grande Elderwood encore sous sa garde. Si certains ne voulaient pas être là pour le voir, c’était leur choix, il ne les blâmerait pas, ne les forcerait pas à marcher dans son sillage. Après tout ce n’était pas comme s’ils s’apprêtaient à rentrer dans l’Histoire ! Il n’en doutait pas, tous ceux qui l’épauleraient et mettraient leur pierre à l’édifice seraient les fiers bâtisseurs d’une ère nouvelle. La réouverture de l’école était capitale et ceux qui pensaient le contraire avaient, à son sens, complètement tort.

    Malgré les épreuves, la tristesse, le deuil et les accusations, Nathan restait donc confiant en l’avenir. Aucun d’eux n’avait de toute façon d’autre choix que de s’efforcer de l’être et il n’y faisait pas exception. Après tout, sous son costume de coordinateur, il n’était qu’un homme dans le plus simple apparat qui avait besoin de la chaleur d’un brin d’espoir pour fermer l’œil, la nuit. C’est dans ce but qu’il se rendit au camp de la solidarité, pour constater de ses propres yeux les progrès rapportés par ses collègues. Il avait besoin de cette vision pour se remettre un peu de baume au cœur, besoin de savoir que la catastrophe était derrière eux pour de bon et que ce sombre passé n’était plus qu’une page qui se tournait.

    Mains crochetées dans son dos, il avançait à petites foulées sur le sentier menant au bâtiment principal. Il n’avait prévenu personne de son arrivée. A vrai dire, il avait pris la poudre de cheminette sur un coup de tête. Après tant de jours passés sur l’île à faire l’inventaire de tout ce qui devait être reconstruit et planifié le renouveau de la jadis somptueuse Elderwood passablement démolie, il avait subitement ressenti qu’il devait s’enquérir d’autres avancées : celles des étudiants, survivants de cette dramatique nuit. Par ouï-dire, il savait que pas à pas, point par point, les blessures se refermaient et les traumatismes s’estompaient. C’était une lente, certes, mais guérison tout de même. Tout cela augurait un futur un peu plus prometteur que celui qu’ils avaient entrevu les semaines passées, lui avait-on rapporté. Il était grand temps qu’il en soit à son tour témoin. La première qu'il put jauger, fut Sara, qu'il rencontra en chemin. Elle avait l'air sereine malgré la perte de Grégori qu'ils avaient tous les deux dut encaisser.

      SARA × Bonjour, monsieur . Le salua-t-elle timidement tandis qu’il s’approchait pour s’asseoir à ses côtés, bien que laissant une certaine distance entre eux, car bien qu'ils partageaient le deuil du même homme, ils n’avaient jamais été proches au point de ne serait-ce qu’échanger une bise ou une accolade. C'est... magnifique, Colorado Springs. Ajouta-t-elle sur le même ton à la fois doux et comme... Effacé.
      NATHAN × Bonjour, Sara. Vous avez entièrement raison, preuve que si pour certains cela paraissait difficile à croire, il reste encore un peu de beauté en ce monde. Commenta-t-il sobrement en détaillant à son tour le paysage qui leur faisait face, avant de déporter son regard sur elle et de reprendre, dans un soupir qui en disait long. Ce n’est pas exactement comme cela que vous aviez imaginé votre été, n’est-ce pas ? Cela vous plait-il quand même d’être ici ? Je sais de source sûre que vous êtes bien entourée et que ce camp porte bien son nom, mais un brin de solitude de temps à autre est toujours appréciable. Comptez-vous rester jusqu’à la fermeture du camp ou avez-vous d’autres projets ?

    S'il s'agissait de banalités ? Probablement. Mais il n'allait pas remuer le couteau dans la plaie en lui rappelant des faits qu'ils savaient tous deux bien assez affligeants et dont la douleur était toujours cuisante dans leurs cœurs. Croisant ses mains sur ses genoux, il laissa son regard sur elle, prêt à le déporter sur les beautés environnantes s'il déclenchait une gêne chez son interlocutrice. Son regard n'avait pas pour habitude de se montrer perçant mais ne savait-on jamais, ils étaient tous plus ou moins à fleur de peau ces derniers temps. Il était prêt à écouter et à réagir en conséquence avec la plus grande sagesse et douceur, comme toujours.


× × × × ×


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MessageSujet: Re: I know I've got to say... goodbye. {Nathan ♥} END   Jeu 4 Oct - 16:45

Elle ne mentait pas. C'était beau, Colorado Springs, maintenant qu'elle prenait le temps de regarder. Mais quelque part, et malgré tous les efforts qu'elle faisait, tout, même la beauté du paysage, semblait avoir perdu de son intensité, comme si le monde s'était affadi subitement cette nuit-là et que, même avec le temps qui passait, les couleurs ne semblaient pas prêtes à revenir. Le fait de ne pas avoir pu partager sa perte avec sa mère n'y était sans doute pas pour rien non plus, mais il fallait regarder la vérité en face : même à ceux qui étaient là pour elle, elle n'avait rien dit. Elle n'avait pas su se confier et les avait rejetés pour des raisons qui lui étaient obscures. Peut-être simplement qu'elle avait peur de voir à quel point d'autres avaient été affectés aussi, à commencer par ses amis. Lorsqu'elle les avait sus vivants, elle s'était jetée dans leurs bras, soulagée, mais ensuite, plus rien. C'était sans doute égoïste, mais c'était aussi plus facile. Dans les quelques jours à Elderwood qui suivirent le massacre, Sara avait fait profil bas, s'était à peine montrée à l'hommage qui avait été fait aux victimes. Elle s'était placée dans la masse de la foule, pour observer les professionnels parler. Nathan, le premier, avait eu les mots justes. Cerrone, quant à lui, l'avait fait hoqueter, et elle avait du quitter l'assistance avec précipitation pour déverser ses larmes de chagrin sous sa couette protectrice. Mais malgré le temps, rien de tout cela ne semblait vraiment déterminé à passer. Ça s'amenuisait par intermittences, comme maintenant. Mais c'était tout. Il était en réalité impératif que d'autres pensées occupent son esprit, et c'était la conclusion à laquelle elle arrivait maintenant que Nathan Kiely s'avançait vers elle, et qu'elle réfléchissait déjà à toutes les parades possibles pour justifier la stagnation de ses travaux de thèse. Elle l'avait salué doucement -pas très Saraesque-, continuant à batailler dans son esprit pour trouver des justifications plausibles à son manque de motivation récent. Et le voilà qui s’asseyait à côté d'elle... Sur le même banc. Et que ses neurones ne savaient plus où donner de la tête, d'où le « C'est... magnifique, Colorado Springs. » très vague qu'elle laissa échapper, regrettant aussitôt de ne pas avoir fréquenté plus d'êtres humains depuis quelques temps. Ridicule, vous avez dit ? Oui, et Sara ressentait une gène qu'elle n'avait jamais éprouvée auparavant. Elle était gênée près de Nathan, et il était fort probable que l'on puisse extrapoler cette remarque à l'ensemble des personnes qu'elle serait amenée à fréquenter à nouveau par la suite. Et ça ne lui ressemblait pas ; et ça lui faisait incroyablement peur. Parce qu'elle était en train de perdre sa marque de fabrique : sa sociabilité avait l'air de s'être évanouie en même temps que Gregori...

Fort heureusement, Nathan était de ceux qui savent vous mettre en confiance. Et même si elle était plutôt partie pour ne pas l'écouter, enchevêtrée dans ses pensées contrariantes, le fait qu'il prononce son prénom dès le début la fit tourner son visage vers le coordinateur. Il avait capté son attention, et elle se rendait maintenant compte à quel point elle était ridicule de craindre pour sa thèse, alors qu'il venait lui parler en tant qu'homme, et pas en tant que coordinateur. Chose qui lui laissa échapper un bref sourire. « Vous avez entièrement raison, preuve que si pour certains cela paraissait difficile à croire, il reste encore un peu de beauté en ce monde. » Un autre sourire, plus timide celui-là, vint afficher son visage. Pourquoi il restait positif, lui ? Ou plutôt, comment ? Ça n'était pas juste. Et ce qui était encore moins juste, c'était qu'il offre cette positivité à la première conne qu'il croisait sur son chemin. Mais elle prenait. Oh oui, elle allait la récupérer, cette positivité. « C'est juste dommage de voyager dans de telles circonstances. C'est la première fois que je viens aux États-Unis, en fait. » avoua-t-elle, non sans penser à Jude Kassidy. Nathan, quant à lui, continuait sur sa lancée. En mode bisounours. Et s'il continuait encore, elle allait finir par lui offrir un câlin. Mais pour l'instant, un bon mètre les séparait encore, mais le gouffre du banc n'empêchait pas Nathan d'accorder à Sara une attention qu'elle ne se sentait pas mériter, alors qu'elle se mettait à penser que grand et petit Kiely avait bien des points en commun -et peut-être trop, pour le coup, mais ça, c'était une autre histoire. « Ce n’est pas exactement comme cela que vous aviez imaginé votre été, n’est-ce pas ? Cela vous plait-il quand même d’être ici ? Je sais de source sûre que vous êtes bien entourée et que ce camp porte bien son nom, mais un brin de solitude de temps à autre est toujours appréciable. Comptez-vous rester jusqu’à la fermeture du camp ou avez-vous d’autres projets ? » Les pupilles noisettes de Sara se détournèrent du coordinateur pour se perdre à nouveau vers le paysage majestueux qui les encadrait. « Personne n'imaginait rien de ce qui a suivi cette... nuit. » Et elle releva le regard vers son interlocuteur. « Mais passer son été ici est une des meilleures alternatives possibles. Vous auriez choisi le Groenland, j'aurais surement pas répondu la même chose, mais vous avez choisi Colorado Springs, alors je vais pas me plaindre de faire mon premier tour aux Etats-Unis. Vous savez, ici, il paraît que les petits menus du McDo, c'est l'équivalent des grands en Europe. J'aimerais bien voir ça. » On retrouvait donc un peu de Sara, là. Elle ne força pas son sourire, pensant qu'elle devrait peut-être commencer à se parler à elle-même et à se faire des blagues pour aller un tout petit mieux. Elle continua cependant, redevable envers Nathan pour l'attention inconditionnelle qu'il lui portait, alors qu'ils se connaissaient à peine, et qu'elle n'avait rien fait pour mériter qu'il s'intéresse plus à elle qu'à n'importe quelle autre personne qui avait perdu quelqu'un ce jour-là. « Je resterai jusqu'à avoir fait un tour au McDo le plus proche, j'suppose. Mais en fait, j'ai aucune idée de ce que je veux faire. Ma famille est moldue, je pense qu'ils comprennent encore moins ce qui se passe que d'autres. » Ma seule famille sorcière, c'était Gregori. Laissant son regard vagabonder du côté de son balai -une personne à part entière-, elle ajouta : « Et vous, monsieur ? Je suppose que vous êtes que de passage dans le coin... » (ndlr : coin, coucou mon chou) « ... je suis pas sûre de vous avoir déjà croisé ici. » Même si, il fallait bien l'admettre, elle était à peu près sûre de n'avoir croisé aucune autre population que celle des elfes de maison, qui s'évertuaient à frapper à sa porte pour pouvoir mettre de l'ordre dans sa large pièce à vivre, et ce, même si elle leur claquait à chaque fois la porte au museau, avec un manque de politesse à faire pâlir Bree Van de Kamp. Un instant, elle ne put s'empêcher de se demander si lui et son frère avaient échangé quelques mots après cette affaire. Tournant à nouveau la tête vers son interlocuteur, elle se rendit compte qu'il y a avait des situations plus inconfortable que la sienne... « Dites, c'est le bordel pour vous, non ? Enfin, je veux dire, le désordre. » se reprit-elle, de peur de voir sa bourse de thèse s'échapper à dos de dragon dans les secondes qui suivaient. Et, alors que son regard s'embuait, elle glissa ses fesses sur le bois du banc pour plonger son regard dans celui du coordinateur. « Vous... vous avez réussi à accepter tout ça ? Vous... Je veux dire, votre situation et la mienne sont différentes, je sais même pas si vous avez eu le droit de vous retrouver face à vous-même et à vos deuils, mais... Vous avez accepté tous ces... » et dans un hoquet qui laissa une larme s'échapper, elle termina : « ... décès ? »

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MessageSujet: Re: I know I've got to say... goodbye. {Nathan ♥} END   Sam 9 Fév - 19:04


    S'il y avait bien quelque chose qui réussissait à apaiser Nathan, vider son esprit encombré, retrouver force et une âme suffisamment en paix pour affronter le plus sereinement possible le quotidien sombre dans lequel il évoluait depuis de bien trop longues semaines, c'était la musique. Et récemment, il s'y était noyé, dès qu'il avait un moment de libre. Certains téléphonaient à leurs amis pour se faire rassurer, se jetaient dans leurs bras pour pleurer sur leurs épaules ou encore démarraient une thérapie pour se débarrasser de leurs traumatismes, alléger leur fardeaux, mais Nathan n'était pas de ceux-là. Nathan serrait les dents la plupart du temps et aidait ses mâchoires endolories à se décrisper en écoutant des heures durant des symphonies, de sublimes mélodies, les yeux fermés. A vrai dire, il ne supportait plus très bien le silence, car alors, il pouvait s'entendre penser et vu ce que ses bataillons neuronaux lui infligeaient comme vues ces derniers temps, il n'aspirait pas à s'y pencher trop longuement.

    Il ne s'était pas rendu au camp pour une raison professionnelle, mais bel et bien de son propre chef, pour son propre "bien". Sa présence n'était pas attendue, ni nécessaire. Il ne venait voir personne en particulier, bien que son frère était là, quelque part, et, comme pour prouver que la raison de sa venue était tout de même "familiale", il s'arrêta aux côtés de Sara sans l'avoir prémédité, simplement parce qu'elle s'était trouvée sur sa route et l'avait interpelé. Au fond, ç'aurait été mentir de dire qu'il ne considérait pas un brin tous les élèves et collègues comme "sa famille". Chacun d'eux, sans exception, était important. Les pertes l'avaient donc sans doute plus affecté que la moyenne, même si cela était moins visible sur son visage dont les rides et l'expérience cachaient aisément les sentiments qu'il ne désirait pas afficher au grand jour.

      SARA × C'est juste dommage de voyager dans de telles circonstances. C'est la première fois que je viens aux États-Unis, en fait. Regretta Sara, qu'il écoutait attentivement. Personne n'imaginait rien de ce qui a suivi cette... nuit. Mais passer son été ici est une des meilleures alternatives possibles. Vous auriez choisi le Groenland, j'aurais surement pas répondu la même chose, mais vous avez choisi Colorado Springs, alors je vais pas me plaindre de faire mon premier tour aux États-Unis. Vous savez, ici, il paraît que les petits menus du McDo, c'est l'équivalent des grands en Europe. J'aimerais bien voir ça.

    Menant la discussion avec le plus de douceur dont il avait jamais été capable, comme s'il s'attendait à ce qu'elle se brise à tous moments entre ses doigts, Nathan se tordit les mains. Son appréhension était certes irrationnelle, mais pas moins légitime, quand on savait ce qu'elle traversait. Il la trouvait d'ailleurs en bien trop bon "état", présentement, et bien que cela aurait dû lui faire plaisir, il était dérangé par ce fait. Comment pouvait-elle être si ... Remise ? Comment arrivait-elle à parler de fast-food en de telles circonstances ? Oh, non, il n'aurait pas souhaité la voir en miettes, mais tout d'un coup, cela le frappait. Donnait-il cette impression, lui aussi ? Celle d'avoir avancé ? Celle d'être ... Détaché ? Sa main glissa sur son menton, qu'il pinça. Il avait envie de sourire, il aurait dû sourire en constatant qu'elle allait bien, pourtant, il ne pouvait pas à part en s'y forçant et un Kiely digne de ce nom ne mentait jamais.

      SARA × Je resterai jusqu'à avoir fait un tour au McDo le plus proche, j'suppose. Mais en fait, j'ai aucune idée de ce que je veux faire. Ma famille est moldue, je pense qu'ils comprennent encore moins ce qui se passe que d'autres. Et vous, monsieur ? Je suppose que vous êtes que de passage dans le coin... je suis pas sûre de vous avoir déjà croisé ici.
      NATHAN × J'aurais dû venir plus tôt, être là pour vous accueillir, mais j'ai été retardé. Avoua-t-il à son tour, d'un air dur qui s'adressait à lui-même. Je ne reste que pour la journée, je suis attendu ailleurs demain. La vérité, c'est que je suis toujours attendu quelque part. Même aujourd'hui, mais je fais l'école buissonnière. Continua-t-il, souriant légèrement de sa référence à son statut de coordinateur d'Elderwood qui se voulait un brin comique, mais qui aurait été d'humeur à en rire ?
      SARA × Dites, c'est le bordel pour vous, non ? Enfin, je veux dire, le désordre.
      NATHAN × On peut dire ça comme ça. Répondit-il, même si ce n'était pas exactement le mot qu'il aurait employé, pensa-t-il alors qu'un sourire amusé lui échappa, disparaissant bien vite.
      SARA × Vous... vous avez réussi à accepter tout ça ? Vous... Je veux dire, votre situation et la mienne sont différentes, je sais même pas si vous avez eu le droit de vous retrouver face à vous-même et à vos deuils, mais... Vous avez accepté tous ces ... décès ?

    Une ombre passa dans son regard alors qu'il laissait sa main glisser sur celle de Sara dont il avait fui le regard à la vue de sa peine. Il s'était détourné par égoïsme, pour ne pas se laisser toucher trop profondément par ces émotions crues qui le retournait. Mais, aussi, avait eu besoin de se détacher pour encaisser. Il savait à qui elle pensait. A Gregori. Mais lui avait refusé ne serait-ce que se considérer comme une victime du drame, préférant se concentrer sur la reconstruction, se laissant accaparer plutôt que prendre le temps de guérir. Alors, oui, il avait en quelque sorte "mis son deuil de côté", dans une boîte estampillée quelque chose comme "je refuse d'y faire face, j'ai d'autres choses à penser". La douleur, il l'avait donc fait taire et emballée, avant de la fourrer dans un coin en espérant qu'elle se fasse oublier. Mais à chaque accalmie, chaque fois qu'il recommençait à se sentir bien, lui aussi, elle se rappelait à son bon souvenir. Toujours plus lancinante que la fois précédente ...

      NATHAN × La vraie question, c'est est-ce que l'on peut ... faire autrement ? Releva-t-il, luttant contre le nœud qui obstruait sa gorge. Je sais que cela a l'air injuste de vivre quand d'autres n'ont plus cette chance. Mais ce serait encore plus de gâchis de s'en empêcher parce que l'on refuse d'accepter ce que l'on ne peut pas changer. Énonça-t-il tristement, et quiconque aurait été sensible aux gammes musicales aurait noté les tonalités de requiem qui s'étaient infiltrées dans sa voix.


× × × × ×

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MessageSujet: Re: I know I've got to say... goodbye. {Nathan ♥} END   Lun 11 Fév - 22:16



Everyday is a day you haunt me.


Ç'aurait été tellement plus facile de prétendre que rien n'était arrivé. Que personne n'était mort ce soir-là. La vie pourrait reprendre son cours, les vacances pourraient être belles et remplies de joies et de libertés. Le soleil brillerait de tout son feu au lieu de ne laisser entrevoir que de brèves lueurs fades, comme attristées. Les oiseaux chanteraient à nouveau avec entrain, les couleurs des fleurs estivales seraient vives, presque étincelantes. Ou peut-être était-ce là simplement le monde tel que Sara le voyait maintenant : fade, terne, insignifiant. Quelques phases partielles de rémission n'arrangeaient pas les choses, au contraires ; les rechutes en étaient d'autant plus douloureuses et vertigineuses. Alors quand elle s'était forcée à retrouver ce sentiment de liberté en montant sur son balai cet après-midi là, la brune savait d'ores et déjà qu'elle passerait une soirée horrible. Parce que tout lui reviendrait de plein fouet, parce que la vérité serait aussi cruelle et crue qu'elle l'avait laissée en partant. Mais elle savait aussi que, malgré ce retour de boomerang à venir, un peu d'air lui ferait du bien. Rester enfermée dans son petit appartement temporaire ne faisait que renforcer l'état de morosité dans lequel elle était enfermée depuis de nombreuses semaines. Rien ne pourrait l'effacer, rien ne pourrait annihiler sa peine et son chagrin, mais certains faits ponctuels pouvaient les soulager. Un tout petit peu. Juste le temps qu'elle puisse respirer à nouveau, que l'air se fasse moins acide pour ses poumons fragilisés, que les hoquets de faiblesse la laissent vivre comme avant, même quelques instants seulement. Le bien-être que lui avait apporté le vol avait temporairement soulagé ses maux. Production d'endorphines opioïdes par l'hypothalamus et l'hypophyse, qui se fixaient sur des récepteurs couplés aux protéines G au niveau cervical. Peu importait, en réalité. Cette euphorie, même si elle n'était que transitoire, elle souhaitait en profiter tant que possible. Il y avait ce paysage de Colorado Springs qui ne demandait qu'à être admiré, et ce banc qui ne demandait qu'à être occupé. Voilà comment Sara s'était retrouvée assise là, à savourer l'air frais dont elle n'avait plus l'habitude. Et à se retrouver en face -ou plutôt, aux côtés, puisqu'il s'était assis sur le banc lui aussi- de Nathan Kiely, le big boss d'Elderwood. De quoi l’intimider, elle qui était encore plus inefficace dans son travail qu'elle l'avait jamais été -et ce n'était pas peu dire. Et même si au début, la craint de devoir réceptionner une remarque acérée à son encontre la faisait trembler, maintenant, avoir Nathan Kiely à ses côtés la rassurait. Parce qu'il était décidément cet homme dont tout le monde dit du bien, même avec elle, qui lui était pourtant presque totalement inconnue. Que savait-il d'elle ? Peut-être plus qu'elle à son sujet, en tout cas, puisqu'il avait sans doute tenu son dossier entre ses mains pour accepter sa candidature l'année précédente.

Malgré tout, le regard de Sara fuyait celui de grand Kiely (à opposer à petit Kiely, son directeur de thèse). Parce qu'elle n'avait plus l'habitude des relations sociales, sans doute. Parce qu'elle n'avait plus l'impression d'être celle qu'elle avait toujours été et que, à l'instar de la vie telle qu'elle la percevait, elle était devenue fade. Cette Sara loufoque et à côté de la plaque n'avait plus lieu d'être. Cette période de sa vie semblait enterrée à tout jamais, et ce malgré tous les efforts qu'elle pourrait faire. Gregori, en partant, avait emporté avec lui cette part d'elle qui faisait son identité, et Sara se demandait quotidiennement quand, et surtout si elle pourrait s'en relever un jour. Ses maux pouvaient être apaisés, mais rien ne lui rendrait cette fraicheur de vivre dont elle débordait autrefois. Elle n'arrivait plus à voir un avenir, puisqu'elle n'arrivait plus à retrouver une identité. Elle ne se voyait plus que comme une épave, un fantôme coincé parmi le monde des vivants alors qu'il n'y a plus sa place. « J'aurais dû venir plus tôt, être là pour vous accueillir, mais j'ai été retardé. Je ne reste que pour la journée, je suis attendu ailleurs demain. La vérité, c'est que je suis toujours attendu quelque part. Même aujourd'hui, mais je fais l'école buissonnière. » répondit le coordinateur après son monologue de désaxée d'asociale. Sara esquissa un faible sourire en fixant ses pieds par terre. Elle ne pouvait pas soutenir le regard d'un autre être humain pour le moment, et encore moins celui de Nathan Kiely. « Vous en faites déjà beaucoup pour Elderwood, ses élèves et... son personnel. » argua Sara, sans reconnaître pour autant combien elle lui était redevable de lui accorder un peu d'attention. Elle qui avait mis de côté la plupart de ses proches avait jusque là préféré rester seule. Mais leur compagnie lui manquait. Elle était juste trop faible pour faire un premier pas vers eux, pour s'excuser. Alors quelqu'un qui lui accordait de l'attention sans conditions, à l'image de petit Kiely, avait plus de valeur que n'importe quel balai de compétition. Décidémment, les Kiely étaient présents pour elle... « Vous devriez ptete pas rompre vos engagements. Je devrais pas vous retenir d'ailleurs. Si vous avez qu'une journée, il y a sûrement des gens que vous cherchez à voir. » Du genre, pas elle, quoi. Même si la présence du coordinateur était sans doute une des meilleures surprises dont elle pouvait rêver pour redescendre doucement vers les bas-fonds de la dure réalité, elle ne pouvait pas décidément pas lui demander de lui accorder un temps si précieux qu'était le sien.

Seulement, rien n'était aussi simple. Même si son bon sens lui hurlait de laisser ce pauvre grand Kiely tranquille, elle ne pouvait pas s'en empêcher. De parler de lui, d'eux, de ce qui s'était passé. Parce qu'elle n'avait que trop eu l'occasion d'en parler -et probablement par sa faute, d'ailleurs. Le grand brun ne soutint pas son regard, alors qu'elle-même avait à peine eu la force de relever le visage vers son interlocuteur. « La vraie question, c'est est-ce que l'on peut ... faire autrement ? » répondait-il alors que sa main s'était posée sur celle de la brune. Les larmes de celles-ci se faisaient plus oppressantes, plus piquantes... plus imposantes. Elles glissaient maintenant à plusieurs sur ses joues rougies par l'émotion. Sara l'avait vu détourner le regard, et le sien s'était à nouveau concentré sur ses pieds. Dévoiler une telle fragilité à travers les mots, à travers des tremblements, des larmes... à travers toute cette situation physiologique à laquelle ils ne pouvaient pas échapper ; c'était déjà divulger beaucoup de soi. Non, personne ne pouvait faire autrement que de vivre ce qui lui était donné de vivre. « Je sais que cela a l'air injuste de vivre quand d'autres n'ont plus cette chance. Mais ce serait encore plus de gâchis de s'en empêcher parce que l'on refuse d'accepter ce que l'on ne peut pas changer. » C'était la phrase de trop. Pourtant, c'était elle qui avait lancé la conversation. C'était elle qui avait préféré rentrer dans le vif du sujet en cherchant du réconfort auprès de celui qui lui en donnait, plutôt que de continuer à parler de la célèbre chaîne de fastfood américaine. Mais voilà, maintenant, il y avait des mots sur ce qu'elle vivait. Il y avait ce ton qu'elle n'avait jamais connu au coordinateur, il y avait cette main posée sur la sienne qui lui rappelait la tragédie des événements. Tout se concrétisait. Et aussi invraisemblable que cela puisse paraître à la jeune thésarde, tout devenait encore plus douloureux.

Un hoquet marqua le début d'une crise de larmes étouffée. Elle ne voulait pas qu'il entende, pas qu'il voie, pas qu'il sache. « Vous... Vous étiez ami avec Greg... vous pensez vraiment qu'il est... qu'il est... ? » tremblait-elle sans fin en souhaitant de toutes ses forces qu'il ne se rende pas compte de sa faiblesse. C'était plus facile de subir les effets positifs des endorphines. Mais ces opiacés, ils étaient passés à la trappe, comme s'ils n'avaient jamais existé. Et la chute était colossale, oppressante. Le paysage semblait s'être obscurci d'un coup, la douce mélodie de la rivière qui passait non loin s'était asphyxiée dans les tréfonds de ses pensées moroses. En tentant de respirer, Sara laissa échapper un nouveau hoquet qu'elle tenta d'étouffer dans sa main. Mais son regard se releva aussitôt vers Nathan. Dans un geste brusque et probablement surprenant, elle posa sa tête sur l'épaule de grand Kiely, dans lequel elle enfouit son visage pour sangloter. Ses bras étaient venus encadrer les larges épaules de celui qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. « Je crois que... je crois que j'arriverai jamais à m'en remeeeeeettre » bafouilla-t-elle contre la chemise du coordinateur. Sa chute brutale lui avait fait oublier la hiérarchie pourtant clairement existante entre eux deux. Il n'était plus question d'un coordinateur et d'une thésarde, mais d'une jeune femme qui réalisait une fois de plus que rien ne changerait. Que la situation qu'elle vivait était écrite, qu'elle ne pourrait rien faire pour la changer, et qu'elle ne pourrait pas s'en relever. « Je sais à peine qui d'autre n'est plus là, jsuis égoïste mais j'y arrive paas » continua-t-elle en se redressant, soudainement consciente de son geste déplacé. « Je... je suis désolée pour votre chemise... Je me suis pas maquillée aujourd'hui, ça lui aura au moins rendu service à elle. » ajouta-t-elle en tentant de faire de l'humour, comme pour se convaincre qu'elle pourrait encore rire un jour, alors que ce fameux rire qu'elle espérait tant restait coincé au fond de sa gorge. « Je... pardon, je suis vraiment égocentrique » s'excusa l'Italienne une nouvelle fois. « Votre situation est pire que la mienne... » Mais elle ne trouvait pas ses mots. Oui, c'était quelqu'un de généreux -pour preuve, il acceptait de lui parler alors qu'elle avait l'air tout droit sortie d'un épisode de The Walking Dead-, mais de ce fait, c'était aussi quelqu'un qui accordait de l'importance à tout un chacun. Et qui devait ressentir tous ces décès un à un, souffrir pour chacun d'entre eux. Chose que Sara ne pouvait même pas imaginer, enfermée dans le deuil de son père de cœur depuis plusieurs semaines maintenant. « J'espère que vous trouvez un peu de temps pour vous retrouver face à vous-mêmes, quand même » fut tout ce qu'elle trouva à dire pour traduire le pensées qui la saisissaient concernant l'homme qui lui faisait face. Elle réalisait doucement qu'elle n'avait pas été la seule touchée par ce tragique événement. Mais c'était loin de rendre les choses plus acceptables pour elle, au contraire... Et d'une vois rauque, reniflant encore et encore, elle demanda : « Vous avez pas un mouchoir par hasard ? ».

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MessageSujet: Re: I know I've got to say... goodbye. {Nathan ♥} END   Mer 22 Mai - 13:54


    Entre l'être et le paraître, la frontière avait souvent trait de fossé. Ici, il aurait même pu s'agir d'un canyon. Si Nathan avait l'air d'aller aussi bien qu'on le pouvait au vu des circonstances, ce n'était qu'une parade. Un tour de passe-passe qu'il avait fini par maîtriser à la perfection, de coup dur en coup dur. Il savait désormais prendre un air détaché même lorsque son cœur était saigné à blanc ou son âme mise en pièces. La première fois qu'il en avait usé avait été après le divorce de ses parents, pour faire bonne figure face à ses frères et sœurs, surtout les plus jeunes, qui ne comprenaient pas toute l'amplitude de ce qui se tramait à la maison. Pour lui, la déchirure avait été profonde et, même avec les décennies qui l'en séparaient à présent, elle ne s'était jamais entièrement refermée. Il savait parfaitement que la tristesse attirait la tristesse. Difficile, après tout, de ne pas être touché par la souffrance des autres quand on avait un minimum de cœur, alors il ne montrait pas la sienne, s'appliquant même à la cacher. Il ne souhaitait surtout pas rendre Sara plus triste qu'elle ne l'était déjà, d'où l'air neutre qu'il affichait qui, s'il pouvait sembler hypocrite était surtout d'une immense pudeur. Nathan avait été élevé ainsi : à penser aux intérêts généraux en premier lieu et à lui bien après. Mais il était fatigué d'agir ainsi et, à force de délaisser son propre bien-être, il se sentait de moins en moins efficace.

      SARA × Vous en faites déjà beaucoup pour Elderwood, ses élèves et... son personnel. Vous devriez ptete pas rompre vos engagements. Je devrais pas vous retenir d'ailleurs. Si vous avez qu'une journée, il y a sûrement des gens que vous cherchez à voir. Commenta Sara alors qu'il passa une main sur son front, signe flagrant de son épuisement.
      NATHAN × Vous savez, s'accorder du repos est vital. On ne perd pas son temps si, en prenant une journée pour se ressourcer, par la suite on en gagne deux en décuplant sa productivité. Lâcha-t-il simplement en se demandant si sa conversation était aussi ennuyeuse qu'il le pensait. Mais merci de vous en inquiéter. D'ailleurs, c'est vrai, je suis venu prendre des nouvelles de toute le monde, mais surtout de mon petit frère. Je m'inquiète pour vous tous et cette inquiétude m'oppresse plus que mon propre ... deuil. Laissa-t-il échapper, un peu ennuyé de ne pas avoir trouvé d'autre mot moins dur pour le remplacer, surtout que cela sembla ébranler son vis-à-vis.
      SARA × Vous... Vous étiez ami avec Greg... vous pensez vraiment qu'il est... qu'il est... ? Commença-t-elle, le regard du coordinateur surmené s'assombrissant, d'au moins trois teintes.
      NATHAN × Je ne sais pas.

    Cette affirmation entraîna une réaction en chaîne qui le cloua sur place tout en le faisant blêmir. C'était comme si une enclume lui était tombée sur le cœur et qu'une couleuvre avait du mal à descendre dans sa gorge. Les hoquets étouffés de Sara le secouaient au plus profond de son être et lorsqu'elle s'effondra sur son épaule, son cœur, qu'il essayait désespérément de protéger, se brisa une nouvelle fois sous ses côtes. Ses prunelles bleues se voilèrent et ses mâchoires se contractèrent. Sa main avait fui celle de Sara et les deux étaient crochetées à ces genoux. Il s'agrippait à la pensée qu'il n'avait pas le droit de flancher mais cette lutte, en l'état de ses nerfs, était quasi perdue d'avance.

      SARA × Je crois que... je crois que j'arriverai jamais à m'en remeeeeeettre. Je sais à peine qui d'autre n'est plus là, jsuis égoïste mais j'y arrive paas. Je... je suis désolée pour votre chemise... Je me suis pas maquillée aujourd'hui, ça lui aura au moins rendu service à elle. Je... pardon, je suis vraiment égocentrique. Votre situation est pire que la mienne ... Se confia la brunette tout en essayant de se remettre alors qu'il l'étreignait tout doucement, timidement, toujours pudiquement, et c'est donc avec le plus de dignité possible qu'il répondit en continuant d’emmurer ses émotions tandis qu'elle, sans retenue, se laissait aller.
      NATHAN × Aucune de nos positions n'est enviable et, non, je ne suis pas plus à plaindre que vous, car je suis sans doute mieux bâti pour encaisser que vous ne l'êtes, ainsi je peux en endurer davantage à moindre conséquence, je suppose. Souffla-t-il, se rendant compte qu'il devait sonner bien froid, sans le vouloir, se resserrant contre Sara pour contrebalancer avec un peu de chaleur humaine.
      SARA × J'espère que vous trouvez un peu de temps pour vous retrouver face à vous-mêmes, quand même. Vous avez pas un mouchoir par hasard ?
      NATHAN × Tenez, gardez le, il vous sera plus utile qu'à moi. Et ne vous en faîtes pas pour ma chemise, Miss Warner est une adoratrice du prêt-à-porter pour sorcier, elle se fera un plaisir de m'en choisir une autre. Sourit-il légèrement, sentant son corps trembloter alors qu'il relâchait petit à petit la pression accumulée.

    Son visage était toujours un brin tendu car la pensée de Gregori, un de ses plus vieux et chers amis, continuait de brûler dans un coin de son crâne. Cependant, il se força à sourire plus largement et, se décollant de Sara pour reprendre une distance normale, il se redressa sur le banc. Le regard dans le vague, il délia un à un ses muscles avant de donner une impulsion pour se lever, espérant que ses jambes le porteraient convenablement.

      NATHAN × En tout cas, sachez que les recherches n'ont pas été interrompues. En l'absence d'un corps, nous sommes en droit d'espérer. S'il y a bien quelqu'un qui avait les épaules pour s'en tirer, même s'il s'est retrouvé en mauvaise posture, c'est bien lui. Ajouta-t-il en la balayant de son regard, qu'il ne savait pas trop où poser, sachant qu'il devait laisser entrevoir ses démons intérieurs. Portez-vous bien. Et continuez de voler, à ce qu'on dit il n'y a rien de mieux pour se vider la tête et faire ressortir des ressources insoupçonnées ... Laissa-t-il planer en reprenant la route, sur un fin sourire bienveillant.

× × × × ×
THE END.

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