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 INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur

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Durmstrang

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MessageSujet: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Ven 17 Aoû - 21:46

☾ ❖ ☽




Demain. Tel est le mot que crient les yeux péniblement ouverts, ainsi aveuglés par l’aurore. Il s’est finalement levé, ce nouveau jour, alors qu’on en était presque venu à espérer qu’il n’en soit jamais ainsi. Les ténèbres, reines infernales mais impériales, noyaient chaque chose dans leur sinistre gouffre, annihilant conscience, certes, mais aussi souffrance. Ce mal interne consumait l’hôte de la louve dans une torpeur fébrile, étouffé sous la cendre du tumulte encore incandescent. Jusqu’à ce que l’incendie s’éteigne. Que les braises s’essoufflent. Et que, sous le soleil dardant timidement de ses rayons les plaines dévastées, la douleur, à l’état pur, éclose inexorablement. Chaque pétale se déploie avec langueur tandis que l’âme déchirée reprend sa forme humaine, le cœur chauffé à blanc.

Nue comme un ver, effondrée à même le sol, Sladka reprend pied dans le réel qui lui crève la poitrine comme autant de dagues aux lames affutées. Tout son corps est endolori par la retransformation, oui. Mais tout son être est déchiqueté par les souvenirs qui habitent son crâne. Parce qu’ils affluent, un à un, se bousculant dans son esprit comme des gamins turbulents qui se disputent l’attention de leur tuteur. Ce n’est pas uniquement sa peau qui lui tire à chaque mouvement, révélant les stigmates de cette course folle qui peinent à cicatriser. Ce n’est pas que son genou qui chancèle quand elle tente de se redresser, affaibli qu’il est encore par le sortilège reçu. Ce n’est pas que la migraine qui lui vrille les tempes à chaque geste qu’elle pose. C’est un cri. Ce cri. Le glas qui a sonné la fin de son ancienne existence, qui a fait voler en morceaux tout ce pourquoi elle s’était battue. Qu’il était beau, ce coffre de promesses ! La Russe avait tissé tant d’espoirs, souhaité avec sincérité s’affranchir du carcan que sa nature lui imposait. Néanmoins, elle avait omis ce petit boîtier de métal, enfoui sous la pile d’étoffes. Un petit boîtier que les ans ont rouillé avant de faire sauter le loquet. Et la rouille, vile engeance, a gangréné le reste du coffre et souillé les étoffes avant de libérer le contenu qui dormait, oublié, dans la boîte.

Le venin coule dans les veines et la louve a juste la force de rouler sur le côté pour ne pas suffoquer sous la nausée qui la prend. Un haut le cœur. C’est le visage de Yizel qui reparaît sous ses yeux. Un coup au cœur. C’est la faim de la bête qui lui tord les tripes. Un cœur au bord des lèvres. C’est le festin qui se rejoue dans sa tête. Une plaie au cœur. Elle rend gorge dans un flot de larmes, prenant grand soin de détourner le regard de ce qui sort de ses boyaux. Ne pas voir. Parce qu’elle sait déjà. Et que cette simple connaissance la rend encore plus malade, rendant machinal le mouvement du gosier et encore plus râpeux ce qui agresse son œsophage pour difficilement s’émanciper de son estomac.

Qu’elle a fière allure, ainsi clouée dans la boue. Un splendide tableau. Loin de la Russe crâne aux prunelles cendres qui respire le froid et la prestance. Loin du fin esprit à la langue acérée qui fait mouche par ses questionnements. Ce qui rampe sur le sol n’est que l’ombre de Sladka, un tas de chairs maculé de taches de sangs aux origines diverses et parfaitement identifiées par la piteuse lycane. Des sangs qui provoquent de cuisantes brûlures sur l’épiderme et la sorcière, vacillante, force malgré tout ses jambes à obtempérer pour gagner le cours d’eau le plus proche. Laver. Laver. Laver. Laver. Frotter. Frotter. Frotter. Frotter. Comme si à chaque fois qu’elle plongeait dans l’eau, s’immergeait toute entière, c’était un pan entier de cette crasse morale qui se désolidarisait de son corps, emportée par le cours des ondes. Si seulement …

Le triste constat saute pourtant aux yeux telle une évidence. Il n’y aura pas d’absolution. Pas d’oubli. Pas de pardon. La jeune femme ne pourra pas cligner des paupières un nombre de fois assez grand pour chasser de sa mémoire chaque flash de cette affreuse nuit. Elle ne sera jamais capable d’ôter de ses souvenirs les réminiscences de ce cri d’agonie qui lui crève encore les tympans. C’est la fin d’une ère. La fin du monde qu’elle s’était construit pour rester à flot. Les chimères s’évaporent dans l’air en même temps que l’hémoglobine, la poussière, la sueur et la terre. Chaque espoir se délite et tout l’or du monde ne le rachètera jamais. Une dette marquée au fer rouge, pour les années avenir. Une dette que seul l’argent pourrait éponger.

☾ ❖ ☽
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Mar 21 Aoû - 19:47

Magda avait passé la nuit en compagnie de Natalia. Dans le chaos et l’inquiétude, elle n’avait plus songé à leurs différents. Seulement au fait que si tout se passait bien, elle ne mourrait pas ce soir. Elle avait regardé certains de ses amis partir à la chasse au loup avec les lèvres tremblantes, certaine de ne plus jamais les revoir. Et pourtant, elle avait tenu.
Foi de Polonaise, elle n’avait jamais vu un matin se lever avec tant de bonheur. Le soulagement l’avait envahie alors qu’elle rassurait sa sœur aînée : elle allait partir, mais elle reviendrait.
Il fallait qu’elle parte. Magda avait eu la nuit pour réfléchir, et les conclusions logiques s’étaient imposées à elle, distillant le vénéneux poison de l’inquiétude au creux de ses veines : Sladka. Si Natalia allait bien, il était de son devoir de s’assurer qu’il en allait de même pour son autre sœur, celle qu’elle avait choisi. La chose était fort peu probable : la tendance qu’avait son amie à se couvrir de poils une fois par mois l’avait mise sous le feu des projecteurs, ce soir. Un feu brûlant qui n’avait de cesse de s’alimenter.

La jeune fille prit donc le chemin du château au pas de course, le cœur battant. Elle réussit à calmer ses mains tremblantes en pénétrant dans le château, fermant les yeux pour ne pas voir l’horreur. Elle faillit bien céder une fois à la panique, quand l’odeur des déchets humains la prit à la gorge au détour d’un couloir. S’appuyant contre le mur, Magda s’obligea à la raison. Parce qu’elle connaissait le visage de la bête, et qu’elle côtoyait l’horreur de près. Respire.
C’était un accident, voilà tout. D’ailleurs, si le chaos ambulant la répugnait, c’était bien par réaction naturelle aux fluides répandus. Le lien entre tout cela et Sladka, sa douce Sladka, ne s’était absolument pas fait dans son esprit. Bien sûr, elle avait additionné deux et deux et se doutait bien que la louve avait sa part de responsabilité. Mais le loup, ça n’était pas son amie. Le visage de la Russe ne pouvait en rien se superposer à celui de l’horreur. Une fois le malaise passé, Magdalena reprit sa course, atterrissant enfin dans le dortoir.

Des vêtements. Sladka aurait besoin de vêtements. Et un peigne. Elle s’empara aussi d’une bouteille d’eau et d’une serviette. Si elle n’avait jamais vu de lycan pendant ou juste après la transformation, elle ignorait complètement si son amie serait … et bien, couverte de sang. Mais le cas échéant, il serait difficile de la dissimuler aux regards des curieux si elle se répandait en traînées rouges.
C’est la voix de Rina, sa comparse de potions et d’activités plus illicites, qui l’interrompit dans sa tâche, provoquant un sursaut.

▬ Je sais où tu vas.

La Polonaise se retourna, cherchant d'ores et déjà des mots d'excuse. Elle reçut à la place une petite boîte métallique, qui manqua de lui échapper des mains. Des pastilles à la menthe. Relevant la tête pour quémander une explication, elle fut encore une fois devancée par son amie.
▬ Elle aura besoin de ça aussi.

Magda ouvrit la bouche, l’air interloqué. Comme une petite fille prise en faute, elle tentait de camoufler le sac derrière elle, se rendant par là bien plus coupable qu’elle ne l’aurait été en réagissant normalement. Mais déjà, Rina continuait, d’un air dégagé :
▬ Je sais où elle est. Je t'emmène si tu peux courir vite.
Magda acquiesça, trop surprise pour répondre avec des mots. Elle finit par s'éclaircir la gorge et trouver un moyen de répondre.
▬ D'acc. Je suis prête, répondit tout de go la plus âgée. Elle n’avait même pas besoin de questionner sa démarche. Sladka aurait besoin de tout l’aide qu’on pourrait lui apporter, et elles étaient pressées.

Cavalant à nouveau vers la forêt, Magda résista à l’envie d’attraper la main de Rina pour se rassurer. Quelque chose lui soufflait qu’il allait lui falloir être une grande fille, maintenant, quoi qu’elle en pense. Le monde n’allait certainement pas s’arrêter pour ses beaux yeux.

Quand elles pénétrèrent dans la forêt, la jeune fille frissonna. Elle regrettait de ne pas avoir pris de pull, elle regrettait de ne pas être plus courageuse et elle regrettait très, très fortement de ne pas avoir de chaudron avec elle. Une potion explosive l’aurait probablement réconfortée bien mieux que les pauvres rayons de soleil qui dardaient entre la cime des arbres.

Elles cherchèrent pendant ce qui lui parût une éternité. Magda osait à peine appeler, élever la voix. Et quand enfin elles finirent pas trouver leur amie, un étau commença à lui broyer impitoyablement le cœur.

▬ Sladka, souffla-t-elle en tombant à côté de son amie, n’osant la toucher de peur de la briser.
Levant les yeux vers Rina, son regard exprimait le plus profond des désarrois. Elle ne savait que faire. Alors les mots les plus simples, les plus clichés, sortirent, parce qu’elle ignorait que faire.
▬ Ca va aller, affirma-t-elle doucement, au bord des larmes. Pauvre, pauvre petite poupée brisée. Ca va aller, répéta-t-elle mécaniquement en caressant les cheveux de son amie.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Jeu 13 Sep - 14:03

♂ Voilà une nuit bien étrange … cette lune que personne n’attendait et les conséquences sous-jacentes. Conséquences terribles mais tellement logiques. La panique avait pris bon nombre de personnes ce soir et si j’avais réussi à rejoindre Neva, il n’en restait pas moins que j’étais inquiète pour certaines personnes à commencer par ceux qui ne pourraient pas luter contre leur propre nature …. Oui je pensais aux lycans même si j’avais vu des traces de sang dans ma folle course. Parce que j’avais pour habitude de m’entraîner avec deux d’entre eux, parce que je connaissais leur identité et pis encore je les appréciais. Je ne savais que trop bien l’impression que cela pouvait faire de se sentir prisonnier de son propre corps. Je pensais également à mes amis et bien sûr à Ada, qui, enceinte, était toute de même amoindrie même si elle restait redoutable. J’avais obtenu quelques informations par des élèves que j’avais alpagués à droite à gauche pour Ada et quelques amis mais c’est vers mes quartiers que je me dirigeais vivement. Je grimpais les marches deux par deux et me dirigeais vers la chambre où je trouvai une Magda visiblement affairée … j’esquissai un sourire avant de prendre la parole, la surprenant par la même occasion. ♀

- Je sais où tu vas.

♂ Voilà le genre de commentaires que j’aimais beaucoup faire. Parce que j’étais certaine de la réaction de la demoiselle et son regard ne trompait pas, elle avait l’impression d’être prise en faute alors qu’il n’en était rien. Je lui envoyai une boîte en métal contenant des pastilles de menthe, très utile après avoir avalé n’importe quoi … ce qui, dans les circonstances actuelles ne serait pas de trop. ♀

- Elle aura besoin de ça aussi.

♂ Besoin … oui, j’ignorais si elle avait blessé ou tué quelqu’un mais quand bien même elle n’aurait rien fait, je savais que Sladka aurait besoin d’une présence pour ne pas faire une bêtise. Combattre son moi profond était un crédo que nous connaissions bien et … sur ce coup-là, c’était un échec pour les boules de poils … mais comment se préparer à une pleine lune inopinée ? C’était tout simplement impossible et je savais que j’allais devoir répéter cela assez souvent ces prochains jours, mois … parce qu’il était évident que mon amie aurait besoin de l’entendre encore et encore, ce que je ferais. ♀

- Je sais où elle est. Je t'emmène si tu peux courir vite.
- D'acc. Je suis prête
- Alors on y va.

♂ Pas une seconde à perdre. Nous prenions le chemin de la forêt feignant de ne pas avoir entendu les commentaires ici ou là de certains professeurs ou élèves qui tentaient éventuellement de savoir où nous allions. Je savais où elle était parce que je la connaissais assez bien et parce que je connaissais ce besoin de se laver après avoir été dans la peau de sa « créature ». Instinctivement, mes yeux d’habitude si clairs s’étaient foncés, me permettant de voir un peu plus loin que d’habitude … je n’étais pas assez en colère pour me métamorphoser version volatile mal luné mais cela ne m’empêchait pas de suivre à l’odeur les cabots passés par là. Je jetai un œil de temps à autre à Magda qui courrait près de moi, m’assurant qu’elle suivait toujours la cadence. La baie des sirènes était notre point de chute mais je n’en avais rien dit, nous y arrivions et je détectais assez rapidement la présence de notre amie. Je serrai la mâchoire et le poing en la voyant dans pareil état et je laissai le soin à Madga d’apporter la douceur et la tendresse qui me faisaient tant défaut dans ces circonstances. ♀

- Sladka. Ca va aller. Ca va aller.
- Non ça n’ira pas …

♂ Avai-je lâché avant de me mordre la lèvre inférieure. Je farfouillai dans le sac de Magda pour en sortir les vêtements de Sladka, je posai son pull sur elle et les observai toutes les deux. ♀

- … pas tout de suite en tout cas mais … ça s’estompera avec le temps.

♂ Lui dire qu’elle oublierait tout était une pure folie. Nous savions toutes qu’il n’en serait rien. ♀

- Ce n’était pas une lune naturelle, tu n’es pas responsable de ça …

♂ Mais ça quoi ? J’ignorais ce qu’avais bien pu faire mon amie sous sa forme lupine mais je préférais imaginer le pire. ♀
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Dim 7 Oct - 14:48

☾ ❖ ☽


La solitude avait au moins un avantage : elle laissait dans l'ignorance du reste. Le pire comme le meilleur restaient envisageables et l'espoir s'entremêlait à la fatalité dans une ronde grotesque, certes, mais dont le vague rythme empêchait d'immédiatement couler à pic. Sladka était en effet épuisée davantage physiquement. Seul l'esprit tournait à plein régime dans cette valse folle et la lycane aurait accepté de se séparer de tout l'argent du monde pour que les deux silhouettes matérialisées à ses côtés ne soient que les fruits de son imagination. Les savoir vivantes était un soulagement, évidemment. Toutefois, les affronter relevait de la torture. La vraie. La pure. Les épouvantards étaient de viles créatures mais la réalité, souvent, était plus cruelle qu'eux. ❖ Sladka. Ca va aller. Ca va aller. ❖ Les doigts de Magda frôlant sa chevelure lui arrachèrent un frisson et la Russe plongea dans l'onde pour s'éloigner du bord. Ses larmes se confondirent dans l'eau et, sur ses gardes, l'étudiante reparut à la surface. ❖ Non ça n’ira pas … ❖ Jamais. Et Sladka en avait plus que conscience, ce que le regard qu'elle lança à Rina confirmait sans hésitation. ❖ Retournez à Elderwood. ❖ Croassa-t-elle d'une voix éteinte. Ordonner lui arrachait la gorge, sa condition diminuée lui offrait le sentiment que la place de leader n'était absolument plus pour quelqu'un comme elle.

Cependant, les savoir ici, après ça, lui paraissait immensément dangereux. Et douloureux. ❖ … pas tout de suite en tout cas mais … ça s’estompera avec le temps.Ca suffit. ❖ Balivernes. BALIVERNES. Elle crevait tellement de mal qu'il lui était inconcevable qu'il y ait un jour un mieux. Aucun ne reviendrait à la vie. Personne n'effacerait ses actes. Et si ce qu'elle s'était évertué à construire depuis des années avait un jour été voué à tenir debout quelques décennies, ce cataclysme en avait définitivement sapé les fondations. ❖ Ce n’était pas une lune naturelle, tu n’es pas responsable de ça … ❖ Sladka aurait dû leur dire merci d'être là, d'avoir pensé à elle, d'avoir ramené ses affaires et d'avoir bravé le danger malgré tout. Hélas, aucune manifestation de gratitude ne sortit de ses lèvres, pas plus qu'un sourire ou une marque d'affection. La demoiselle était de glace, d'une glace coupante et brûlante par son extrême froideur. Le seul moyen de conserver sa dignité et sa stature était de se muer en la reine des toundras qu'elle était lorsqu'elle avait fait ses premiers pas à Durmstrang. ❖ Ca n'excusera rien. Ca n'effacera rien. Qui peut jouer avec le soleil et la lune, hm ? A la connaissance du monde, personne. Nous resterons donc les coupables tout désignés.Nous, les monstres, ces êtres sans maîtrise ni inhibitions qui chassent et tuent comme des bêtes, submergés qu'ils sont par leurs pulsions.

Sortant de l'eau, oubliant pudeur, la louve s'approcha de ses affaires qu'elle contempla d'une tristesse mêlée d'amertume. Un vague merci sembla s'envoler dans l'air alors qu'elle se séchait et se vêtait. Il faudrait encore qu'elle retrouve sa baguette, probablement perdue dans la pièce où on l'avait enfermée lors de sa transformation. La jeune fille déglutit péniblement à ce constat et l'encaissa pour poursuivre. ❖ Vous allez faire demi-tour et rentrer à l'école. Maintenant. Je ne crois pas qu'il soit bon pour vous que vous traîniez ici. Vous avez une chance de sortir du cauchemar, encore. ❖ Sans savoir. Sans trop savoir. Et, surtout, sans savoir auquel d'entre eux quelles morts étaient à attribuer. ❖ Et si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour moi. Une dernière fois. ❖ Parce qu'il était illusoire d'imaginer qu'elles renonceraient si vite, sans même invoquer qu'elles n'étaient pas plus en danger ici qu'ailleurs ou que leur place était bel et bien ici. Mais il était tout aussi illusoire de croire que Sladka, aujourd'hui, ne serait pas contrainte de réduire la meute aux seuls qui, désormais, seraient frappés par l'opprobre.

☾ ❖ ☽
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Lun 22 Oct - 19:16

Pauvres petites poupées déboîtées. Magda essayait, pourtant, d’ignorer la persistante sensation de malade qui s’était installée du côté de son petit cœur battant. La nausée, le cœur au bord des lèvres, alors qu’elle restait prudemment à distance de toute cette horreur. Ces cris. Ces larmes. L’horreur de fumée.
Elle se détourna alors que Sladka se laissait glisser dans l’eau, fuyant le contact humain. La jeune fille regarda sa main. Inutile petite chose, qui peinait à exprimer tout ce qu’elle aurait voulu faire passer. Inutile petite fille, avec ses illusions, comme le soulignait Rina en la contredisant soigneusement, de sa voix égale.
▬ Non ça n’ira pas …
Bien. Magda fit encore une fois marcher son attention sélective, refusant d’accorder une quelconque attention à tout ce défaitisme. Bien sûr, que ça n’irait pas tout de suite. Mais ça n’était pas en faisant comme si le monde arrêtait de tourner qu’elles allaient résoudre le problème. Elle avait beau n’en rien savoir, forte de sa vie parfaite, n’empêche qu’elle avait une certitude. Le déni, ça ne marchait pas. Il fallait avancer.

▬ Retournez à Elderwood, râla Sladka du fond de sa mare, telle le crapaud en mal d’amour.
Magda la dévisagea.
▬ Nope, répondit-elle naturellement sur son ton le plus normal. Non, niet, nada, nein, certainement pas. Si elle croyait qu’elles allaient se rentrer en se disant que oh lala Sladka a raison laissons-la se noyer dans sa mare, elle se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude, voire l’omoplate.
Rina, pendant ce temps, ignorait également les consignes de leur lupine amie en poursuivant sur sa lancée.
▬ … pas tout de suite en tout cas mais … ça s’estompera avec le temps.
Ah, bah voilà. Tout de suite, on était plus positifs. Notez que la lupine amie sus-nommée protestait vigoureusement contre cette vision des choses, même si ses deux comparses avaient exprimé leur intention d’ignorer ses conseils fort peu avisés.
▬ Ca suffit.
Magda pinça les lèvres, sans rien répondre. Oui, ça suffisait. Elles avaient besoin d’elle et elle avait besoin d’elles. Évidemment qu’elle était en colère, qu’elle avait mal. Évidemment qu’elle, Magda, était incapable de ne percevoir ne serait-ce que l’ombre du chagrin que Sladka subissait en cet instant. Évidemment que cette dernière pensait que rien n’irait plus jamais bien, et qu’elle ne s’en remettrait jamais. Mais évidemment aussi, Rina et Magda resteraient plantées là aussi longtemps qu’il le faudrait, que leur amie soit d’accord ou pas. Parce que, comme le chuchotait chaque fibre de sa conscience et de son corps défendant, Slakda était sa famille.
Rina, une fois encore, exprima le mieux toutes les pensées qui tourbillonnaient dans sa petite tête châtain.
▬ Ce n’était pas une lune naturelle, tu n’es pas responsable de ça …
▬ Ca n'excusera rien. Ca n'effacera rien. Qui peut jouer avec le soleil et la lune, hm ? A la connaissance du monde, personne. Nous resterons donc les coupables tout désignés.
▬ Des gens peuvent, puisqu’ils viennent de le faire. Les – elle retint un puéril « les adultes » - responsables le savent, c’est pas ta faute. On te défendra, coûte que coûte.

La Polonaise ne bougea pas d’un pouce quand son amie sortie de l’eau, vision aquatique au regard dur. Elle se laissa tremper sans mot dire, consciente que chaque respiration était une victoire arrachée au mal-être et que chaque seconde qui passait était une seconde de plus où Sladka vivait. Où elle se rapprochait du jour où elle comprendrait, peut-être, enfin, que naître tel que l’on est n’est pas un crime et que tout ça n’avait été qu’un jeu cruel du hasard. Belles illusions, jolis contes à dormir, mais Magda avait par ailleurs une vision trop cruelle du monde pour la lancer sans réfléchir au visage de son amie éplorée.
▬ Vous allez faire demi-tour et rentrer à l'école. Maintenant. Je ne crois pas qu'il soit bon pour vous que vous traîniez ici. Vous avez une chance de sortir du cauchemar, encore.
Magda jeta un regard songeur à Rina. Elles avaient une chance de sortir du cauchemar ? Elle allait répliquer, cette fois sans badinages, quand Sladka continua.
▬ Et si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour moi. Une dernière fois.
▬ Pour nous, c’est plus la peine, répondit-elle d’une voix douce. Elles avaient vu, elles avaient entendu et senti. Touché le sang poisseux sur les murs. Même si elles étaient saines et sauves, la panique et l’horreur les avaient imprégnées comme tout un chacun sur l’île. Et vous savez quoi ? Magda s’en fichait. Elle s’en sortirait, elle en était sûre et certaine, tout en ayant conscience de n’avoir pas été la plus atteinte. Mais pour s’en sortir, elle avait besoin de ceux qu’elle aimait, de ceux qui l’aimaient.
▬ S’il te plaît, laisse-nous rester, répondit-elle alors doucement. On a besoin d’être là, nous aussi. J’ai besoin de toi.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Dim 23 Déc - 18:30

♂ Je me déplaçais en silence observant mon amie et tout ce qui nous entourait … Elle choisissait cet endroit pour être proche de l’eau, pour se laver, purifier son corps, à défaut de pouvoir purifier le reste. Ici, elle était seule, du moins avant que nous débarquions avec Magda. Ma camarade était sans doute loin d’imaginer ce qui pouvait se passer dans la tête de Sladka ou dans la mienne mais elle était là et c’était selon moi une grande preuve d’amitié. ♀

- Retournez à Elderwood.
- Nope
- Non, merci.

♂ Il était fort aimable de la part de Slad de se préoccuper de l’endroit où nous étions actuellement mais je n’avais aucune envie de retourner dans cette école. Oh, non le sang ne me dérangeait pas, pas plus que les pleurs, les cris ou tout sentiment négatif qui s’éparpillait dans tous les recoins depuis l’attaque des lycans de cette nuit. Non mais je sentais simplement que ma place était ici et nulle part ailleurs, voilà pourquoi je n’avais aucunement l’intention de bouger. Moi, têtue ? Et encore, vous êtes bien loin de la réalité. Bien entendu, il y avait entre les murs de cette bâtisse au moins une personne pour qui je me préoccupais davantage mais … Ada avait accouché et, à part lui permettre de se reposer, je ne voyais pas quoi faire d’autre que de la laisser en paix. La fatigue cumulée à l’angoisse de la « disparition » de son mari avait eu raison d’elle et ses yeux s’étaient fermés sur un repos sans rêve grâce à une potion miraculeuse. Je serais sans nul doute proche d’elle à son réveil mais … là, maintenant j’étais proche de mes amies, parce que c’est elles qui avaient le plus besoin de soutien à cet instant. ♀

- Ca suffit. Ca n'excusera rien. Ca n'effacera rien. Qui peut jouer avec le soleil et la lune, hm ? A la connaissance du monde, personne. Nous resterons donc les coupables tout désignés.
- Des gens peuvent, puisqu’ils viennent de le faire. Les responsables le savent, c’est pas ta faute.
- Je maîtrise bien des boules de feu … on connaît des élèves qui maîtrisent les éléments, d’autres qui font tomber la pluie alors pourquoi n’y en aurait-il pas qui fassent se lever la lune ?

♂ Nous étions des sorciers, la magie faisait partie intégrante de notre être, alors, tout était possible. Les créatures comme nous étaient même bien plus magiques qu’un sorcier lambda. J’ignorais aujourd’hui comment tout ceci était possible mais j’étais certaine qu’il devait y avoir un puissant sorcier derrière tout cela. Je laissai mon amie s’habiller et je m‘installais tranquillement sur le sable, je savais parfaitement qu’elle allait nous demander de partir. Après tout, ne l’avait-elle pas déjà fait en nous disant de « retourner à Elderwood » ? Il faut dire que j’avais parfois du mal à comprendre ce qu’on me disait mais … je suis blonde, les Français disent que ça excuse certaines choses … pratique, non ? ♀

- Vous allez faire demi-tour et rentrer à l'école. Maintenant. Je ne crois pas qu'il soit bon pour vous que vous traîniez ici. Vous avez une chance de sortir du cauchemar, encore. Et si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour moi. Une dernière fois.
- Pour nous, c’est plus la peine. S’il te plaît, laisse-nous rester, on a besoin d’être là, nous aussi.
- Je pense que tu sais que j’ai beaucoup de mal à obéir …. Alors non, on ne partira pas avec ou sans ton accord.

♂ C’était assez clair ? Et puis, de toute façon, j’étais bien installée, maintenant, alors pourquoi bouger ? Ah si, pour une raison, si elle tentait de nous faire faux-bond. ♀

- Et puis soyons sérieuses … le cauchemar, on le vit tous les jours. Les gens meurent tous les jours, Slad … tu ne peux pas mettre toute la responsabilité sur tes épaules. D’accord, cette nuit a été pourrie mais y’aura des bons moments après ça …

♂ Je sentais bien qu’elles me regardaient toutes les deux comme deux poissons tout juste sortis de l’eau mais j’étais très sincère et je voulais qu’elles le comprennent. ♀

- Oui d’accord, je sais, c’est beaucoup trop frais pour penser à ça … mais, crois-moi, je sais de quoi je parle.

♂ Bravo, maintenant je devais avoir attisé leur curiosité. Mais je pense que c’était le bon moment et surtout qu’elles étaient les bonnes personnes pour entendre ça. ♀

- Oui, j’en sais quelque chose, j’ai déjà … pris la vie d’un homme. Alors, je t’en supplie, Sladka, ne fais rien d’idiot … il y aura toujours des gens présents pour toi …

♂ Oui, je venais d’avouer un meurtre … Elles pouvaient bien poser toutes les questions qu’elles voulaient, rien ni personne ne pourraient ramener ces hommes à la vie. Ah … j’ai dit ces ? Bon un ou deux …où est la différence … ? C’est vrai, je ne suis pas indifférente de la mort des hommes. Malheureusement, je ne sais que trop bien que la mort fait partie de la vie et qu’être une créature est loin d’être une sinécure … mais nous avions le droit d’exister, le droit de vivre et même de rire. Avoir des amis, aimer et être aimé … nous étions avant toute chose des êtres vivants et nous avions notre temps à faire sur cette terre. Oui, nos victimes étaient eux aussi des êtres vivants mais la mort frappait …. Sans crier gare et si nous jouions les bourreaux, que pouvions-nous y faire ? J’appréciais trop Sladka pour la laisser broyer du noir et l’enfoncer, elle aurait toujours mon soutien quoi qu’il advienne. ♀
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Jeu 27 Déc - 1:03

☾ ❖ ☽


Une unique nuit avait plongé son existence toute entière dans un crépuscule éternel. Les rais sélènes s'étaient emparés des lueurs du quotidien pour s'illuminer lors de cette prestation excédentaire, les transformant en combustible pour cette soirée d'horreur où la lune avait décrété qu'elle s'en irait luire dans l'azur. Recroquevillée dans son écrin de solitude, Sladka avait voué la perle de ses talents à l'acide, l'offrant au vinaigre de l'échec pour qu'elle se dissolve lentement. Lorsque deux mains amies voulurent forcer sa coquille, la lycane se referma plus encore, priant les visiteuses de regagner le château. ❖ Nope.Non, merci.Ca n'a rien d'une proposition. ❖ Le costume était celui de l'ordre, le mannequin, une supplique. Les savoir en vie était un soulagement. Les savoir auprès d'elle, un calvaire. Elle n'avait ni la force de les affronter, ni celle de les protéger.

A quoi bon lutter encore ? Relever la tête ? C'était de toute façon pour prendre une gifle plus brûlante le coup suivant. Rien ne rachèterait ça. Rien ne l'expliquerait. Rien ne l'effacerait. ❖ Des gens peuvent, puisqu’ils viennent de le faire. Les responsables le savent, c’est pas ta faute.Je maîtrise bien des boules de feu … on connaît des élèves qui maîtrisent les éléments, d’autres qui font tomber la pluie alors pourquoi n’y en aurait-il pas qui fassent se lever la lune ? ❖ Ses prunelles de cendres se braquèrent tour à tour sur leur visage. Que tentaient-elles ? L'apaiser ? Relativiser ? Ces mots sonnaient en une mélodie discordante et grinçante dans le crâne de la brune qui grimaça rien qu'à les conceptualiser. Toujours dans l'onde, elle enroula ses bras autour de son torse alors qu'elle laissait échapper un soupir contrarié. ❖ Je ne dis pas que ça n'existe pas. Simplement que personne ne cherchera à le savoir. Et vous le savez très bien. ❖ La facilité séduisait les âmes en peine. Inutile de partir en quête du vrai coupable : des simulacres étaient disponibles et, eux, à portée de main. Il suffirait d'un peu fouiller dans le brouillard avant de s'en saisir pour, patiemment, les réduire en un nuage de poussière qu'un vent de véhémence viendrait emporter. ❖ Mais quoi qu'ils clament, projettent ou fassent, je vous interdis de prendre position. Vous ne connaissez pas de loups. Point. A. La. Ligne. ❖ Acheva péniblement la Russe, sa langue pâteuse butant contre son palais. Dans sa gorge, le nœud se serra davantage. Elle préfèrerait se savoir morte que de les mettre en danger une seconde. Ces têtes de mules étaient bornées, déterminées et, pire, astucieuses. Néanmoins, l'une comme l'autre devait garder à l'esprit que la lycane était très extrême en matière de protection et qu'à la moindre mise en péril des intérêts de ses compatriotes en raison de leur amitié, elle se vaporiserait dans l'air comme quelques gouttes de parfum suranné.

La sixième année s'extirpa de sa retraite aquatique pour malgré tout se vêtir. Elle était à peine sur le sable qu'elle constatait que Rina s'était installée à son aise. Pinçant les lèvres sous le coup de l'agacement, la Durmstrang les pria une nouvelle fois de faire demi-tour. ❖ Pour nous, c’est plus la peine. S’il te plaît, laisse-nous rester, on a besoin d’être là, nous aussi.Je pense que tu sais que j’ai beaucoup de mal à obéir …. Alors non, on ne partira pas avec ou sans ton accord. ❖ Chaque flèche décochée l'atteignait en plein cœur mais Sladka avait davantage mal de n'avoir plus l'impression que cette blessure lui appartenait. Oui, la Reine des toundras aurait certainement été touchée de ces marques d'attention ... hier. Nimbée par les lueurs de l'aube, souillée par le clair de lune, la Russe ne s'en jugeait bêtement plus digne. Ekaterina et Magda étaient attachées à un fantôme, une statue arrachée de son socle. Simplement. ❖ Besoin d'être là ? Pour voir quoi ? Ca ?, grinça-t-elle en écartant les bras. Les cheveux détrempés, plaqués contre son visage et encore incrustés de sang, les chevilles et les poignets arborant les marbrures d’ecchymoses et cicatrices des chaînes en argent qui les avaient étreints, ses vêtements enfilés à la hâte, collant à sa peau endolorie, et l'éclat de son regard irrémédiablement éteint, elle avait tellement fière allure ... Vous méritez mieux. ❖ Ne pas risquer l'opprobre en traînant avec les parias une veille de traque. Ne pas espérer apporter quelque chose à quelqu'un qui, lui, ne vous offrira plus rien de bon. Quand un membre se gangrène, il faut trancher. Net. Et ainsi prévenir toute contagion.

Si elle leur tournait le dos ... Si ses pas la portaient jusqu'à la lisière, sans un regard en arrière, était-il envisageable, en toute objectivité, qu'elles ne la suivent pas ? Qu'elles se contentent de la certitude qu'elle était, physiquement, en un seul morceau, et que l'histoire s'arrêtait là ? ❖ Et puis soyons sérieuses … le cauchemar, on le vit tous les jours. Les gens meurent tous les jours, Slad … tu ne peux pas mettre toute la responsabilité sur tes épaules. D’accord, cette nuit a été pourrie mais y’aura des bons moments après ça … ❖ Estomaquée, la Russe ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt. Non, le cauchemar, la sorcière ne l'avait pas vécu tous les jours. Au contraire. Justement. Son quotidien s'avérait, certes, précaire, mais elle avait scrupuleusement veillé à le rendre le moins épuisant possible, s'accommodant de son fardeau en relativisant. Enfermées dans un coffret savamment cadenassé, ses peurs étaient devenues plus dociles, n'agitant la boîte que dans l'optique de réveiller Vigilance qui montait la garde, Prudence sur ses talons. Tout n'était pas rose, non. Son stoïcisme avait néanmoins permis de rendre tout cela supportable et les jours s'étaient succédés en une valse dont elle avait fini par maîtriser le tempo. ❖ Oui d’accord, je sais, c’est beaucoup trop frais pour penser à ça … mais, crois-moi, je sais de quoi je parle.Je ne pense pas, croassa-t-elle, cette fois, je ne pense vraiment pas. ❖ Leurs routes, parfois superposées, toujours parallèles, avaient pris des chemins diamétralement opposés, Sladka en était intimement convaincue.

Ne leur montrant que son dos, soutenir leurs prunelles relevant du supplice, la sixième croisa les bras sur sa poitrine, énième signe de repli. Elle n'était pas de l'avis de Rina. Perdre toute maîtrise n'était pas quelque chose de courant dans leur passé. Aucun point de comparaison. Plus aucun point de repère. Juste un point final. ❖ Oui, j’en sais quelque chose, j’ai déjà … pris la vie d’un homme. Alors, je t’en supplie, Sladka, ne fais rien d’idiot … il y aura toujours des gens présents pour toi …Plaît-il ?, s'étonna-t-elle, papillonnant des paupières alors que les informations peinaient à s'intégrer. Une seconde. ❖ Les mots s'entrechoquaient contre ses lèvres, incapables de s'organiser pour former une phrase cohérente. L'aveu de son propre crime, le simple énoncé du constat de vies ravies lui causait la nausée. Le mal-être la rendait pataude, brute, empêtrée dans ses réflexions au point que ne fut-ce qu'exprimer sa surprise lui paraissait dérisoire. Inutile. Comme l'idée d'aborder la problématique de la perte de contrôle ne lui sembla judicieux. ❖ Et comment le supportes-tu ? Ne m'offre pas la tirade de l'entraide, du soutien ou de la présence. On est au bout du compte toujours seul dans son crâne. ❖ Rétorqua la louve. Seuls les lycans sauraient ce que c'était ... ça.

Le défaitisme teintait sa voix davantage que l'animosité. Il n'y avait dans ses paroles que de l'amertume et de l'abattement. C'était trop tard. L'histoire était terminée. Personne ne pourrait la réécrire, même en lui dédiant un autre regard, plus éclairé. Compréhensif. Juste ? Possible. Sladka ne savait plus trop quoi dire et encore moins faire. Juger quelqu'un pour son passé n'était pas une spécialité de la maison aussi se contenta-t-elle de rester discrète, directe mais pas trop intrusive. Si, jadis, elle aurait tremblé d'une telle révélation, aujourd'hui, seuls "moi" et "aussi" résonnaient en réponse dans son esprit.

☾ ❖ ☽


Dernière édition par Sladka O. Tiomnievna le Sam 23 Mar - 11:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Sam 19 Jan - 15:54

L’instant était surréaliste. Trois poupées de cire s’en vont dans les bois. Trois poupées de cire se noient et s’enfoncent. Chacune de leurs paroles aurait pu s’envoler directement – ou n’être pas prononcée – puisqu’elles ne s’écoutaient pas. Parfait dialogue de sourds. Magda croisa les bras d’un air têtu, petite fille renfrognée que l’on prive de sa poupée. Elle s’était engagée dans un bras de fer dont, elle en prenait maintenant conscience, l’issue n’avait jamais été en sa faveur. Elle n’avait même jamais su comment gagner.
Le ridicule de la situation atteignait pleinement la jeune fille désormais. Plantée sur l’herbe à attendre que le soleil se lève, que la terre tourne, elle regardait ses amies en ayant pleinement conscience qu’aucun des mots qu’elle prononcerait n’aurait d’effet sur la conscience tourmentée de Sladka.
▬ Ca n'a rien d'une proposition, acheva Sladka, mettant un point d’honneur à illustrer les pensées de son inopinée sauveuse.
« Ca n’a rien d’une négociation, » faillit répliquer Magda, qui se contenta de hausser les épaules en regardant droit devant elle, l’air buté. Elle pouvait presque sentir les larmes monter à ses yeux et tâcha de reprendre le contrôle de son corps, à défaut de son cœur. Pleurnicher ne ferait que souligner à quel point la nuit passée avait été atroce ; elles n’avaient pas besoin de ça.

Heureusement, Rina attira son attention ailleurs, provoquant un répit avec une confession des plus surprenantes. Elle pouvait jeter des boules de feu. Bien. Ouvrant la bouche d’un air parfaitement stupide, Magda la referma en songeant qu’elle n’avait rien à ajouter. Et, chose étrange, qu’elle se sentait étrangement détachée. Rina pouvait lancer des boules de feu, bien. Sladka mangeait des gens et Rina les grillait.
[Ici, une joueuse de fort mauvais goût glisserait que si elles se coordonnaient, elles pourraient faire de sacrés barbecues, mais parait que c’est hors-sujet, et personne n’est de mauvais goût ici.]
Reprenons. Magda, bien qu’un chouia ébranlée par la révélation, décida que le moment de poser des questions n’était pas encore venu. Pas tout à fait. C’est-à-dire que Sladka, elle, le savait manifestement déjà et que les deux ne l’avaient pas attendue pour continuer leur discussion.
▬ … quoi qu'ils clament, projettent ou fassent, je vous interdis de prendre position. Vous ne connaissez pas de loups. Point. A. La. Ligne.
Magda chercha le regard de Rina. Elle avait de toute évidence loupé le début, mais il n’était nul besoin d’être devin pour deviner sur quoi portaient les inquiétudes de Sladka. De façon fort naïve, elle était persuadée que justice serait faite. La pensée que quelqu’un puisse envisage – ne serait-ce qu’envisager ! – que leurs amis, que son amie avait fait ça volontairement lui paraissait saugrenue au possible. Ils n’étaient plus au douzième siècle, que diable. Aussi, qu’on lui fasse comprendre ouvertement qu’elle devait les laisser lapider Sladka sans rien faire ni dire lui paraissait un petit peu déplacé.
▬ Hu-hum, acquiesça-t-elle sans se compromettre. Un « cause toujours » léger qui ne lui paraissait pas sonner comme le pire des engagements.

Quelqu’un d’intelligent aurait probablement noté, à ce stade, qu’énerver encore plus une fille-louve qui sortait d’une nuit de carnage n’était pas la meilleure idée du monde. Vous l’aurez compris, si Magda brillait dans quelques domaines, les raisonnements logiques et la survie n’en faisaient pas partie.
▬ Besoin d'être là ? Pour voir quoi ? Ca ? Protesta vigoureusement Sladka en leur collant sous le nez toute l’horreur de … Oui, bon, il y avait du sang et des écorchures, c’était dégueulasse, et Magda s’estima heureuse de ne pas avoir prix de petit déjeuner. D’autant plus que tout cela était un nauséeux rappel des visions qu’elle avait pu avoir dans le château. Heureusement, elle n’eut pas le temps de faire une remarque ô combien spirituelle sur le fait qu’elles avaient amené du savon, parce que la lycane était repartie dans son auto-flagellation.
▬ Vous méritez mieux.
▬ Oh, ça suffit, s’entendit répondre une Magda presque choquée.
Apparemment, son cerveau avait décidé de faire sécession de ses cordes vocales. Elle regarda Sladka, puis Rina, et son regard revint finalement sur son amie brisée. Sur les blessures et la rage dans ses yeux.
▬ Ca suffit, répéta-t-elle d’un ton un peu tremblant, qu’elle aurait voulu plus convaincu. C’est à nous – elle coula un œil en direction d’Ekaterina, cherchant son soutien – de décider ce qu’on mérite et on a décidé d’être là. On va rester avec toi, que ça te plaise ou non, alors fais-toi à l’idée.

Manque de chance, Sladka avait l’air de considérer sérieusement l’option « faisons-nous la malle et sans ces deux boulets ». Enfin, ça, elle ne pouvait pas le voir, mais le silence qui suivit sa petite insurrection était à trancher au couteau.
Heureusement, le Deus Ex Machina semblait penser qu’elle en avait assez fait. Rina prit le relai et Magda put se faire toute petite.
▬ Et puis soyons sérieuses … le cauchemar, on le vit tous les jours. Les gens meurent tous les jours, Slad … tu ne peux pas mettre toute la responsabilité sur tes épaules. D’accord, cette nuit a été pourrie mais y’aura des bons moments après ça … Oui d’accord, je sais, c’est beaucoup trop frais pour penser à ça … mais, crois-moi, je sais de quoi je parle.
Alors Magda pensa à sa sœur. A l’absence. Aux gens qu’elle avait méprisés parce qu’ils portaient des pantalons passés de mode. Au froid de la Russie, étrangement, et à ce que « tous les jours » était devenu pour elle.
Nope. Définitivement pas de morts tous les jours. Juste de la colère et de la rage, et encore, quand elle était de mauvaise humeur. Elle n’ouvrit pas la bouche, mais ne pût s’empêcher d’être mentalement d’accord avec la lycane quand elle répondit.
▬ Je ne pense pas, cette fois, je ne pense vraiment pas.
▬ Oui, j’en sais quelque chose, j’ai déjà … pris la vie d’un homme.

Ou pas. Les bonnes manières de Magda l’empêchèrent heureusement de lâcher un « quoiiiii » retentissant. Elle se contenta d’adopter la posture bien connue du merlan frit : la bouche un peu ouverte et l’air parfaitement stupide.

Rina avait tué quelqu’un. Refermant la bouche pour récupérer un peu de dignité, Magda fut heureuse que Sladka soit aussi estomaquée qu’elle. Son silence, alors, passa inaperçu. Elle cherchait en vain un truc terrible à avouer, elle aussi, histoire de ne pas être laissée en plan, mais peine perdue. Elle était bien trop sage pour réconforter Sladka, c’était un fait.
[Moi par contre une fois j’ai tué une araignée grosse comme ma main et j’ai MEME PAS EU PEUR !]
Elle adressa un sourire timide à Rina, comme pour la remercier d’avoir eu le courage de raconter un truc pareil.
▬ Et comment le supportes-tu ? Ne m'offre pas la tirade de l'entraide, du soutien ou de la présence. Magda grimaça. Merci pour elle. On est au bout du compte toujours seul dans son crâne. (ça dépend qui, hein.)(coucou tout le monde)
Bon. Et bien apparemment, le moment était venu pour elle de fixer ses orteils pendant que d’autres sauvaient le monde.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ft. Rina & Magda } L'argent ne fait pas le bonheur mais abrège le malheur   Ven 22 Fév - 13:33

♂ Ce regard … le genre glacial qui refroidirait n’importe quelle personne … oui, mais pas ses amies les plus proches, c’était aussi ça l’amitié, être présent au moment où vous pensiez ne pas en avoir besoin, ou plutôt au moment où vous ne voyiez pas que vous en aviez besoin. Sladka illustrait parfaitement ce détail concernant l’amitié. Pour nous protéger, pour nous épargnez, elle aurait voulu nous savoir loin d’elle. Loin de la menace la plus proche et cette menace selon elle et bien … c’était elle, justement. Mais il était évident pour moi que je n’avais rien du petit chaperon rouge, tout comme elle n’avait rien du grand méchant loup à mes yeux. Parce que la lune ne réapparaitrait pas immédiatement, parce qu’elle savait que j’étais capable de me défendre et défendre Magda s’il le fallait. C’était un accord tacite entre nous … en cas de dérapage, mieux valait blesser la créature que tuer l’amie. Avoir l’impression de la comprendre et savoir qu’on fond ce n’est pas réellement le cas, nous avions tous nos histoires, nos craintes et nos démons et si j’en partageais beaucoup avec Sladka, il n’en restait pas moins que nous n’avions pas la même vision des choses de chaque événement. Cette nuit avait été désastreuse tant par sa soudaineté que par les dégâts qu’elle avait engendrés. Les semaines, les mois qui allaient suivre allaient être très compliqués et je ne pourrais en blâmer personne. ♀

- Ca n'a rien d'une proposition.

♂ Ah bon ? J’avais décidément beaucoup de mal avec les ordres ! Mon regard qui passe de l’une à l’autre … Sladka nous en veut d’être aussi têtues, mais un jour, lointain, elle nous remerciera d’avoir été là. Et Magda qui tente de camoufler au mieux ses peurs et ses doutes. Elle ne pouvait pas vivre tout cela de la même façon que nous et pourtant sa simple présence signifiait beaucoup. Je ne pouvais pas nier être une vélane, je ne pouvais même pas le cacher mais, si tout le monde connaissait les caractéristiques principales comme la beauté et les envoûtements, le reste était parfois nébuleux, ce que je pouvais comprendre. Mon regard se posa de nouveau sur Sladka, elle grimaçait n’appréciant sans doute pas qu’on trouve des excuses à ses actes. Pourtant, si nous les trouvions c’était tout bêtement qu’elles existaient, non ? Tout cela était assez logique mais pas dans un esprit aussi fragile que pouvait l’être celui de mon amie après cette pleine lune. ♀

- Je ne dis pas que ça n'existe pas. Simplement que personne ne cherchera à le savoir. Et vous le savez très bien.
- On ne va pas te dire que ça se fera en un jour mais que ça se fera et toi aussi tu le sais très bien.

♂ Comment ça, en plus je la cherchais? Mais non, nous étions simplement aussi têtues l’une que l’autre mais je n’avais pas l’intention de la laisser une seule seconde penser qu’elle était responsable à 100%, qu’elle était la pire des créatures sanguinaire qu’ait porté cette terre. ♀

- Mais quoi qu'ils clament, projettent ou fassent, je vous interdis de prendre position. Vous ne connaissez pas de loups. Point. A. La. Ligne.
- Hu-hum
- Tu me connais ! Une vraie carpe, je suis la fille qu’on ne remarque jamais !

♂ Hey je suis blonde je vous l’avais déjà dis non ? ♀

- Ne t’inquiète pas pour nous Slad …

♂ Combien de fois allais-je devoir le répéter ? En réalité, tant qu’elle voulait, ou du moins je pourrais le répéter tant qu’elle en aurait besoin ! Ça allait, ce n’était pas non plus un monologue ou une longue description à la Stendhal ! ♀

- Besoin d'être là ? Pour voir quoi ? Ca ? Vous méritez mieux .
- Oh, ça suffit, Ca suffit, C’est à nous de décider ce qu’on mérite et on a décidé d’être là. On va rester avec toi, que ça te plaise ou non, alors fais-toi à l’idée.

♂ Ouais, vas-y Magda !! Mais plus efficace que de l’encourager en pensée, j’appuyai ses paroles. ♀

- Magda a raison … prends une serviette, réchauffe-toi, bois un peu et arrête de t’inquiéter pour nous, on est de grandes filles.

♂ J’avais longtemps pensé que je ne méritais pas son amitié, tout comme celle de Magda, mais les faits étaient là et nous étions amies. Nous nous méritions les unes les autres, malgré nos différences, malgré nos particularités, malgré tout ce qui aurait pu nous séparer. ♀

- Je ne pense pas, cette fois, je ne pense vraiment pas.
- Tu penses beaucoup trop Sladka, tu dois laisser le temps faire son œuvre.

♂ Dans d’autres circonstances, Sladka aurait ri de ma tirade parce que ça ne me ressemblait pas de balancer de telles banalités. Pourtant, au fond, je n’avais pas tort même si l’énoncer à haute voix faisait terriblement cliché ! De toute façon, je n’avais pas le temps de m’appesantir sur ce point puisque j’avais moi-même soulevé un sujet plus épineux … celui d’un meurtre … dont j’étais coupable … au moins un, oui. J’observais d’ailleurs les réactions de mes amis qui, sans surprise, furent choquées, étonnées ….♀

- Plaît-il ? Une seconde.

♂ Oh oui, aucun problème, elle avait tout le temps qu’elle voulait ! Souhaitait-elle que je me répète, aussi ? ♀

- Et comment le supportes-tu ? Ne m'offre pas la tirade de l'entraide, du soutien ou de la présence. On est au bout du compte toujours seul dans son crâne.
- Veux-tu savoir comment je le supporte ou comment je ME supporte ?

♂ Parce qu’on ne pouvait pas gérer les deux choses de la même façon. ♀

- J’ai le souvenir de son visage à chaque fois que je ferme les yeux … alors, oui, c’est vrai, je ne pourrai jamais partager avec personne cette vision d’horreur mais, j’ai le droit de vivre malgré ce qui a pu se passer … Il y a tant de choses qui entrent en ligne de compte que je supporte un peu mieux chaque jour ce qui a pu se passer.

♂ Il est évident qu’elle ne balaierait pas tout d’un coup, rien ne s’effaçait réellement mais ça s’atténuait peu à peu et la vie reprenait le dessus. ♀

- J’ai toujours été plus vélane que sorcière, vous le savez, et j’ai en moi des instincts que je combat tous les jours alors parfois ça a dérapé … alors je ne t’offre pas la tirade de l’entraide, du soutien ou de la présence pourtant, oui, ça aide mais tu n’as pas assez de recul pour t’en rendre compte maintenant. Tu as besoin de te reposer et on est là pour veiller sur toi, on sera là aujourd’hui mais aussi demain, les mois qui viennent, rien ne pourra nous détourner de toi.

♂ Point à la ligne. Pour plus de détails sur mes crimes, elle me connaissait assez pour savoir que j’en parlerais un jour en temps voulu mais, aujourd’hui, c’est Sladka qui avait besoin de nous, pas moi d’un psy. ♀
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