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 Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka

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MessageSujet: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Dim 12 Aoû - 20:44


    L'odeur du sang le prenait à la gorge. Devant ses yeux dansaient plaies, contusions et os brisés en si grand nombre qu'il ne prenait même plus le temps d'essuyer son front entre deux manipulations. Les salves de blessés s'enchaînaient à une cadence folle et il n'osait même plus regarder autour de lui. Il y avait trop de douleur, trop de maux à guérir et il n'était pas à la hauteur. Son t shirt maculé d'hémoglobine et même de morceaux de chairs, entre autres joyeusetés aurait donné la nausée à beaucoup d'hommes; lui serrait simplement les dents. Fort. Tandis que ses mains, elles, bougeaient mécaniquement autour de chaque morsure, fracture et griffures multiples. Il tentait comme il pouvait de parer au plus urgent, aux cas les plus graves, mais ils étaient de toute manière trop peu à ses salir pour venir en aide aux victimes qui ne cessaient d'affluer. Fedor lui-même aurait eu besoin de soins. Il avait pris un coup à la tête en chutant mais, surtout, il était en état de choc. Un drap avait été rabattu sur les dépouilles de November et Neil, gisant côte à côte, mais il revoyait encore leur visage, qu'il ait les yeux fermés ou ouverts, et tout ce pourpre poisseux qui n'aurait jamais dû quitter leur corps et colorer le gazon du parc... L'image de la bête aux crocs dégoulinants... Et lui, impuissant, qui n'aurait jamais dû les laisser mourir.
    Une culpabilité sans borne l'étreignait. Il était pâle, blême comme celui qui a vu la Mort et s'est fait faucher l'envie de vivre, à défaut de la vie. S'il suturait, ressoudait, désinfectait, bandait, emplâtrait ces anonymes dont il ne se souviendrait même pas des visages, c'était pour se racheter. Expier. Mériter le droit de respirer alors que d'autres avaient rendu leur dernier souffle sous ses yeux. Une goutte de sueur s'écrasa sur sa main, coulant à côté du sang séché sur sa tempe, et il releva un regard vitreux sur la pièce bondée. Il n'y avait plus de lits disponibles, plus de place, plus d'espace. Ils manquaient de temps, de matériel, de forces aussi. Il n'y arriverait jamais. Encore, il allait échouer. Renvoyant un patient à qui il venait d'écharper le bras, il entoura sa tête de ses bras et ferma les yeux. Si seulement il avait pu les rouvrir et que ce cauchemar se soit évaporé. Mais cela n'arriverait pas. Fedor avait perdu l'espoir. ♦♦♦ Reprends toi, Fedor, putain, reprends toi... Ils ont besoin de toi... Se répétait-il inlassablement. ♦♦♦ Mais c'était trop. Il y avait trop à réparer. Et jamais, jamais il n'y arriverait seul. Il était incapable de relever la tête. Il s'enfonçait dans le noir...

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Lun 13 Aoû - 14:48

Le trajet jusqu'à Elderwood me sembla interminable. Les premières lueurs de l'aube étaient-elles à ce point inaccessibles ? Il fallait pourtant que la Lune aille se reposer à son tour et laisse les hommes faire de même. L'herbe bruissait, quelques hurlements ponctuaient ma course, baguette en main. Dans l'herbe, aux abords du château, je notai des traînées rouges dans l'herbe qui me firent frémir ainsi que des failles dans la terre, vestiges d'une bataille sans merci qui avait été précédemment livrée. Posant une main sur mes lèvres, je dépassai la scène et entra dans la bâtisse. Je tentais de contrôler les légers tremblements qui m'agitaient. En faisant appel à moi, Meleager venait de poser un lourd poids sur mes épaules, poids que je n'étais pas certaine de pouvoir assumer. Je ne connaissais pas les étudiants, n'avais aucune connaissance en soins, alors que voulait-il que je fasse ? Leur parler pour tenter de les rassurer ? Avait-on réellement envie de se confier à une étrangère dans ce genre de situation ? Un bruit de cavalcade me fit sursauter et je pressai le pas, raffermissant ma prise sur ma baguette. Et si je me faisais attaquer, j'avais quelques bases mais risquais fort de me faire croquer à mon tour. Je pressai le pas, mais rien n'allait assez vite à mon goût. Je débouchai rapidement à l'angle du couloir menant à l'infirmerie et pris quelques instants pour respirer. Ce à quoi j'allais assister risquait fort de me bouleverser et il fallait que je garde la tête froide, c'était pour cela que j'étais ici. Une main sur la pierre froide, je puisai au fond de moi pour lisser les traits de mon visage, faire taire mes propres angoisses et me préparer. Comme si quelque chose pouvait me préparer à ce qui m'attendait.

Quand j'entrai dans la pièce, je fus assaillie par l'odeur de sang, puissante, et posa l'index de ma main gauche sous mon nez, juste le temps de passer outre ou de prétendre le faire. Le silence était assourdissant, également. De simples murmures pouvaient être entendus ça et là, mais cette ambiance mortuaire...me prenais à la gorge. J'avançai. Partout où je regardais, je ne voyais que souffrance, des visages inquiets, des larmes, des plaies. Où était Meleager ? Il devait être quelque part. Avait-il déjà prévenu de mon arrivée ? Vu le capharnaüm ambiant, j'en doutais fortement. Par où commencer ? J'attrapai un mouchoir, et commençai à avancer. Je le tendis à une demoiselle qui tenait la main d'un garçon plus jeune, son frère, peut-être, glissai deux-trois mots qui lui semblèrent dérisoires avant de continuer. Un sourire, un regard, n'importe quoi. Mais plus je m'enfonçais dans la salle, plus je se sentais atteinte par ce que je voyais. Il fallait qu'on me donne une réelle utilité de manière très rapide. Y avait-il un infirmier dans la salle ? De loin, j'aperçus une chevelure blonde, et visualisai un visage concentré. On allait pouvoir me renseigner. Navigant comme je le pouvais, j'essayai de me frayer un chemin jusqu'à elle. Concentrée, je faillis percuter quelqu'un, me reprenant au dernier moment. Fedor ? Je reconnus sans peine l'infirmier qui avait assisté aux retrouvailles « sympathiques » entre d'anciens « amis ». Il semblait … Reprends toi, Fedor, putain, reprends toi... Ils ont besoin de toi... … perdu. Et comment ne pas le comprendre ? En douceur, je posai mes mains sur les siennes avant de le faire glisser lentement pour chercher son regard. Silencieuse tout d'abord, je choisissais mes mots avec soin, ceux dont il aurait besoin pour continuer. Car si j'étais sans ressources face à la situation, lui ne l'était pas. L'urgence était donc là : qu'il puisse continuer : Oui, ils ont besoin de toi … mais pas comme cela. Et certainement pas à tout prix. Je considérai ses mains pleines de sang un instant : Sors quelques minutes s'il tu en ressens le besoin. Dis-moi simplement ce qu'il faut que je fasse en ton absence. Je m'exhortais au calme que mon ex avait invoqué plus tôt, soutenant son regard, tentant d'effacer le reste autour juste le temps d'essayer de l'atteindre pour qu'il reparte confiant. Effectivement, cette nuit, nous avions tous besoin de lui.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Lun 20 Aoû - 20:24


    S'il avait un jour cru en Dieu, il aurait songé à cesser sur le champ de lui accorder la moindre louange. Par contre, il croyait bel et bien aux malédictions, allant jusqu'à se demander s'il n'en était pas victime. Mais le mot victime le faisait tressaillir. Le fait de se considérer comme une lui contractait les mâchoires. Lui n'était pas mort, il était debout et n'avait pas plus de sang dedans que dehors ! Alors, non, il n'était pas à plaindre. Il n'était pas un de ceux qu'on devait aider. Il n'était qu'un incapable qui, deux fois de suite, avait vu des vies s'éteindre emportées par les griffes et les crocs d'un lycanthrope. Ouais, c'était un doublé ! En tant que soldat médicomage, encore, c'était concevable. Ils avaient été entraînés pour traquer et enfermer ces spécimens dangereux. Mais reconverti en infirmier scolaire, combien y avait-il de chance que cela se reproduise ? Qu'ils se fassent attaquer une nouvelle fois, lui et ses troupes ? Enfin, non, il se mélangeait complètement. Car il ne s'agissait plus de troupes mais d'enfants qui n'avaient même pas, ou tout juste, vu éclore leurs dix-huit ans ! Y avait-il une autre explication qu'une saloperie de malédiction lui collant au cul ?! En tout cas, il ne voyait pas d'explication plus logique pour expliquer des morts dans une école ! Une horreur pareille n'aurait jamais dû être plus que de la fiction, et encore, même imaginer un tableau aussi affreux aurait dû être interdit. Il avait toujours pensé que les scénaristes de thriller et autres films sanglants étaient des détraqués. ♦♦♦ Fedor ? S'enquit une voix qu'il n'entendit pas, recroquevillé avec sa tête entre ses bras en essayant de faire le vide dans son crâne, de retrouver un semblant de paix pour retrouver le contrôle de ses mains. ♦♦♦ Il était actuellement trop fébrile pour opérer. Trop secoué pour gérer un seul patient de plus. Cependant, c'était son rôle et il devait l'assumer. Il n'avait pas le droit de flancher, ni même de s'accorder une pause ! Deux mains se posèrent sur les siennes, douces, blanches, contrastant à l'extrême avec les siennes recouvertes de ce fluide vital écarlate en bien trop grande quantité. Ce geste inattendu lui fit relever la tête et ces yeux bleu foncé comme les profondeurs de l'océan qui se déchainait au dehors tombèrent dans deux éclats d'un ciel sans nuage. Il s'y jeta sans demander son reste. N'importe quoi pour sortir de ce tourbillon d'atrocités qui l'entraînait toujours plus bas. ♦♦♦ Oui, ils ont besoin de toi … mais pas comme cela. Et certainement pas à tout prix. Sors quelques minutes si tu en ressens le besoin. Dis-moi simplement ce qu'il faut que je fasse en ton absence. Tenta-t-elle de le calmer, lui s'efforçant d'expirer, d'extérioriser toutes ces pensées parasites qui polluaient son esprit. ♦♦♦ Il ne pouvait pas sortir. Il ne pouvait pas fuir. Il s'y refusait. Leur proposer leur aide était cependant louable et c'est un sourire qui se voulait rassurant qui pointa sur ses lèvres. Bien que toujours loin d'être dans un de ses meilleurs jours, il était un peu plus apaisé lorsqu'il rouvrit la bouche. ♦♦♦ Je vais bien. Essaya-t-il autant de se convaincre que de la persuader. J'ai besoin de... Il faut compresser. Toutes les plaies ouvertes, pour arrêter l'écoulement de sang. Et il faut bander, serré, avec des emplâtres. Si on en manque, on prend des draps. Commença-t-il à expliquer avec le plus de mots simples les gestes qu'il lui faudrait faire, retrouvant peu à peu ses esprits. Évidemment, on désinfecte avant, on suture magiquement et on lésine pas sur la poudre à cicatriser. Aussi, les blessures à la tête sont inquiétantes. Ces patients-là, on les garde. Et si c'est trop sérieux, tu laisses ça à plus expérimenté, si y'en a un de disponible bien sûr. Ajouta-t-il en se grattant la tête, essayant d'être le plus complet possible et de ne rien oublier. Je sais pas quoi dire d'autre. Si t'as des questions, un doute ou que tu galères, tu cries et j'accours ? Je serais jamais loin. ♦♦♦ Non, il ne fallait pas qu'elle soit loin, car il comptait se raccrocher à son regard quand il n'en pourrait plus et qu'il se ferait un devoir de l'épauler pour récompenser son immense courage. Un sourire de guingois et une profonde inspiration plus tard, il se relevait. Il n'avait que trop tardé à se remettre au boulot, pas question de perdre une seconde de plus à se morfondre. Il y avait trop en jeu. Trop de vies en jeu.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Mar 21 Aoû - 12:28

Attentive, j'avais fait le vide pour ne me concentrer que sur l'homme en face de moi, au bord de la noyade, ballotté comme l'avait été le navire de Wyatt avant de sombrer dans les flots déchaînés de l'océan. Océan qui était constitué ici d'une marée de blessés à soigner et n'étaient guère moins dangereux que les vagues salées dont je venais d'échapper. Le sel cristallisé sur mes lèvres semblait vouloir m'enlever la faculté de parler, mais je choisis d'ignorer ce que d'aucuns auraient vu comme le signe que le silence était de mise. Pas en ces lieux, ni en ces circonstances. Quand mes yeux rencontrèrent ceux de l'infirmier, je caressai lentement la moindre étincelle de douleur, la jaugeant, l'estimant et essayant de trouver un moyen de l'apaiser. Je n'avais amené aucun remède miracle mais ferais de mon mieux pour l'épauler. N'étais-je pas venue dans ce seul but ? Meleager n'était pas en vue et n'avait pas demandé nominativement mon aide, aussi étais-je libre de m'attarder à ses côtés, sans compter le fait que cela me semblait préférable pour un nombre de raisons infini que je n'avais guère le temps d'énumérer. Fedor semblait perdu, une expression que je n'avais jamais vu sur son visage pendant notre scolarité. Cela remontait certes à quelques années, mais le contraste était frappant et sans aucune doute d'autant plus touchant et alarmant. Tenant toujours ses mains, je m'efforçais de déterminer s'il me faudrait le laisser seul ou rester à ses côtés quand ses lèvres tressaillirent et esquissèrent un sourire. Fallait-il y voir un signe encourageant ou une bravade dont il était plus coutumier ? Je vais bien. Je demeurais silencieuse. J'ai besoin de... Il faut compresser. Toutes les plaies ouvertes, pour arrêter l'écoulement de sang. Et il faut bander, serré, avec des emplâtres. Si on en manque, on prend des draps. Sans le lâcher, j'écoutais attentivement, notant mentalement les actes à effectuer, malgré la cadence effrénée. Il tentait visiblement de se remettre dans la course, je ne devais en aucun cas le freiner. Évidemment, on désinfecte avant, on suture magiquement et on lésine pas sur la poudre à cicatriser. Aussi, les blessures à la tête sont inquiétantes. Ces patients-là, on les garde. Et si c'est trop sérieux, tu laisses ça à plus expérimenté, si y'en a un de disponible bien sûr. Ses mains m'échappèrent et je ne fis pas un geste pour les retenir. Je sais pas quoi dire d'autre. Si t'as des questions, un doute ou que tu galères, tu cries et j'accours ? Je serais jamais loin. D'accord, dis-je simplement, la réciproque s'applique également, conclus-je avec l'ombre d'un sourire se voulant doux.

Je ne comptais pas m'éterniser en longs discours. Il remontait en selle après une dure chute, c'était d'encouragements dont il avait besoin. Je rattrapai une de ses mains pour la presser brièvement avant de me tourner vers mon premier patient. Évoluer dans ce milieu était une chose inédite à laquelle je n'avais guère été préparée, mais ceci comme la plupart des personnes se trouvant dans la pièce. Je m'armais donc de mon sourire le plus réconfortant, chassant toute émotion m'étant propre de mon être avant de me pencher vers le jeune homme pour examiner sa plaie. Est-ce la seule que tu as ? Je posais des questions simples, tentant de rassurer, sentant qu'il n'était pas forcément en confiance, ne m'ayant sans doute jamais aperçue de sa vie. Trouver le désinfectant et la poudre à cicatriser fut rapide, parvenir à ordonner mes actes me demanda légèrement plus de concentration tant l'enchaînement des instructions avait été précipité. Cela restait cependant du bon sens. Alors que je m'affairais, je glissais régulièrement un coup d'oeil vers l'infirmier qui se mouvait dans un secteur proche. Doser l'attention que je portais à mon patient et à l'homme était délicat mais nécessaire. Il ne fallait pas qu'il s'effondre, et à mon sens, il avait besoin d'autant de soins que ce jeune Anupam, même s'ils n'étaient pas d'ordre physique. Le bandage me semblait acceptable même si guère académique et je décidais de passer à un autre blessé. Le souvenir de la jeune fille aperçue tout à l'heure me revint et je choisis d'aller m'occuper de son frère, n'étant pas certaine de la localisation de la blessure qui pouvait tout à fait se trouver au niveau de sa tête. Naviguant entre les lits, je fis une escale auprès de Fedor, posant une main légère sur son épaule : Pour les blessures à la tête, faut-il procéder de la même façon ? Ou préfères-tu que je t'appelle ? Je cherchai son regard pour m'y plonger encore, demandant implicitement s'il allait bien, sans m'encombrer de mots.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Mar 28 Aoû - 21:15


    ♦♦♦ D'accord, la réciproque s'applique également. ♦♦♦ Depuis qu'il avait repris du service, il était comme régi par une drôle de transe. Comme s'il s'était détaché de son corps et n'était plus qu'un observateur lointain, tandis que ses muscles fonctionnaient seuls, comme une machine faisant du travail à la chaîne. L'image était parfaite. Il enchainait une à une ses tâches silencieusement, les sutures puis les pansements, sans un mot, parfois même sans un regard. Demain, il ne se souviendrait plus de rien, ni qui il avait soigné, ni combien de plaies béantes il avait recousu, ni même réellement comment il s'y était pris. Il ne jetait qu'un coup d’œil rapide à la plaie, analysait, puis apportait le remède adéquat, point à la ligne. Ensuite, il recommençait avec la blessure suivante et ainsi de suite, sans s'arrêter. Il ne voyait plus de patients mais simplement des maux, qu'il s'appliquait à faire disparaitre. Il ne pouvait pas faire plus, pas s'impliquer davantage. Ses émotions étaient rangées dans un tiroir scellé pour la nuit. Pour la semaine, même, et peut être le mois qui suivrait... La seule chose dont il se souviendrait jusque dans les pointes de détails, ce serait de cette magnifique blonde qui avait illuminé l'infirmerie en y faisant son entrée, qui l'avait fait se relever en l'accrochant de son regard bleu limpide et qui avait mis ses douces mains dans le sang pour leur venir en aide à tous. Non, elle n'était pas accourue pour lui. Oui, elle était venue à lui dans la tourmente, mais ce n'avait été qu'un coup de chance. Un coup du sort, fortuit. Lorsqu'il se le remémorerait des mois plus tard, il évoquerait même un ange qui avait traversé un champ de mort pour le sortir de la plus sombre des fosses.

    L'avoir à ses côtés était plus efficace qu'avaler un flacon de sédatif. Elle était plus apaisante qu'inhaler des fumées de camomille et son parfum était des plus envoûtants. Il lui suffisait de lever les yeux pour caresser son regard de porcelaine et il arrivait à oublier qu'il avait les mains dans une plaie infectée et, lorsqu'elle posait une main sur son épaule, c'était comme si elle prenait pour un instant tout le poids de sa culpabilité dans ses bras fins et l'en déchargeait au toucher. ♦♦♦ Pour les blessures à la tête, faut-il procéder de la même façon ? Ou préfères-tu que je t'appelle ? Vint-elle s'enquérir, appliquée, pour s'assurer de ne pas faire d'erreur, question qui le laissa un instant méditatif. Le problème avec les blessures à la tête, c'est que si elles sont graves, elles prennent du temps vu qu'on ne peut pas déceler les dommages cérébraux à l'oeil nus... Et on en manque, de temps. Grimaça-t-il, pinçant les lèvres en réfléchissant intensément. Oui, envoie les moi. C'est long à expliquer, et comme je viens de dire... On a pas de flacon de temps en réserve. Lui sourit-il, un sourire un peu léger mais tout de même présent. ♦♦♦ La vue de ses mains à elle, ensanglantées, lui serra les entrailles et il déglutit avec difficulté. C'était un mal nécessaire, mais lui fendant tout de même le cœur. ♦♦♦ Louka, la retint-elle un court instant, tu t'en sors très bien. Merci infiniment. ♦♦♦ Cette fois-ci, son sourire était plus large. Beaucoup plus doux, aussi. Sans doute déteignait-elle sur lui, avec sa présence toute en volupté. Oui, c'était exactement ce qu'elle lui inspirait : un havre de paix. En la regardant se dessinait sous ses yeux un petit cottage dans la campagne russe avec la cheminée qui fume, entouré de champs givrés. Le souvenir était agréable. Il s'y accrocha.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Mar 28 Aoû - 23:07

Rester légère tout en étant présente était délicat, mais je m'y employais en toute simplicité, de cette main sur lui à mon regard qui détaillait chacun de ses traits, notant les traces de fatigue mais également la détermination sans faille qui en émanait. Il semblait avoir repris le dessus et trouvé l'équilibre nécessaire à la poursuite de sa tâche et je l'y encourageais, silencieusement, le priant de continuer sur sa lancée, lui qui était indispensable à toutes ces personnes qui attendaient qu'il en prenne soin. Être fort dans la tempête, sans faillir était totalement utopique et personne ne lui en demandait autant. Alors si ma maigre contribution à son action pouvait être de faire mon possible pour qu'il reste debout, qu'il en soit ainsi. Je resterai dans son sillage, ne m'en éloignant ni trop pour qu'il ne sombre pas, ni pas assez pour qu'il évolue dans la moindre gêne. Et peut-être, ainsi, passerait-il la nuit, comme la totalité des patients de cette infirmerie. Alors qu'il réfléchissait à la réponse à me donner, je relâchai légèrement l'emprise sur son épaule, ma main glissant, légère, le long de son bras. J'avais la réponse que je désirais, nul besoin de l'encombrer avec une présence trop fortement ancrée. Tout était une question de dosage. Le problème avec les blessures à la tête, c'est que si elles sont graves, elles prennent du temps vu qu'on ne peut pas déceler les dommages cérébraux à l'oeil nus... Et on en manque, de temps. J'acquiesçai silencieusement. Oui, envoie les moi. C'est long à expliquer, et comme je viens de dire... On a pas de flacon de temps en réserve. Très bien, obtempérai-je simplement, répondant à son sourire par un autre. Déplacé dans ce genre de circonstances ? Bien au contraire. A mon sens, un sourire n'était que plus justifié et appréciable dans un environnement sombre, comme un rayon de soleil l'était au milieu de l'hiver russe.

Je m'apprêtais à m'en retourner au binôme frère-soeur que j'avais aperçu plus tôt quand sa voix me retint quelques secondes. Louka, Je me retournais vers lui, une question dans les yeux, tu t'en sors très bien. Merci infiniment. Mes lèvres s'étirèrent en même temps que les siennes. J'étais heureuse d'apporter ma pierre à l'édifice, même si ma manière de soigner n'avait rien de très académique. Si je pouvais poser une touche un peu plus douce dans cette nuit où l'horreur semblait régner en maître, je ne voulais pas qu'il en soit autrement. Prendre le parti de flotter dans l'air ambiant en tentant d'absorber le maximum de noirceur serait donc ma voie jusqu'à ce que le soleil se lève et au-delà même, si cela était nécessaire. Je t'en prie, c'est le moins que je puisse faire. J'effleurai ses mains, tachées de sang, des miennes, qui prenaient lentement le même aspect et les considérai un moment avant de relever mon visage vers le sien. Il y a un peu plus loin un jeune homme qui a une blessure dans le cuir chevelu, si je ne fais pas erreur. Je me retournai vers la salle et finis par lui indiquer la jeune fille qui n'avait pas quitté le chevet de son frère. Je te laisse t'en occuper ? Je prends la suite ici. Passant derrière lui, une main dans son dos, je me penchai vers la jeune fille dont il avait commencé à panser le bras et repris la tâche où il l'avait laissée.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Lun 1 Oct - 17:11


    Chacune de ses directives quelques peu hasardeuses s’imprimaient dans son esprit et Louka s’escrimait à les respecter, à même en faire bien davantage que ce qu'il ordonnait, puisque l’infirmier quelque peu dépassé oubliait parfois des étapes ou des recommandations, qu’elle s’efforçait de deviner, le faisant d’ailleurs avec une grande justesse. Il était conscient de tous les efforts qu’elle fournissait et ô combien reconnaissant qu’elle soit là, même si ce n’était que dans la périphérie de son champ de vision. Sa douceur était son principal atout dans l’actuel état ambiant et son sourire était aussi efficace qu’un baume apaisant. Oh, oui, il était même plus que conscient des bienfaits qu’elle prodiguait et que sa présence à l’infirmerie en ces temps noirs était une réelle aubaine, car tous avaient plus que besoin d’un rayon de soleil pour percer cet horizon ténébreux. ♦♦♦ Je t'en prie, c'est le moins que je puisse faire. Lui répondit-elle de son ton coulant de tendresse lorsqu’il la remercia à voix haute, ne prononçant pourtant même pas le tiers de ce qu’il pensait réellement. ♦♦♦ Ses mains avaient trouvé refuge au creux des plus petites et chaleureuses de la poupée russe et, depuis, elles ne tremblaient plus. ♦♦♦ Il y a un peu plus loin un jeune homme qui a une blessure dans le cuir chevelu, si je ne fais pas erreur. Je te laisse t'en occuper ? Je prends la suite ici. Ajouta-t-elle en lui indiquant deux élèves mal en point, à quelques pas de là. ♦♦♦ Acquiesçant d’un signe de tête, il lui laissa sa place pour aller s’enquérir de l’état de la victime qu’elle avait quitté. Ses pupilles étaient agitées. Pas de doute, il s’agissait bel et bien d’une commotion. Heureusement qu’ils s’en étaient rendus compte avant que son état n’empire ostensiblement. Inspirant un grand coup, il expira un brin de soulagement dans l’air. Cette vie-là, il allait la sauver. Alors, dans son cœur, l’espoir retrouva une petite place où grandir.

    Ainsi s’enchainèrent les heures qui suivirent, à collaborer, à se soutenir, à s’assurer que le plus grand nombre était désormais sain et sauf. A compter les morts, aussi. Jamais Fedor n’aurait cru que cette école aurait l’utilité d’une morgue, qu’ils durent improviser à l’écart pour ne pas laisser les corps abimés à la vue des élèves déjà blessés, fragilisés, traumatisés. Pour lui aussi, c’était d’ailleurs un bien de ne plus avoir sous les yeux les dépouilles, leurs échecs, qui lui retournaient déjà bien assez l’estomac à la seule pensée que ce n’était pas un simple cauchemar dont il allait finir par se réveiller, mais bel et bien une réalité à laquelle il devrait faire face un jour ou l’autre. Oh non, il n’était pas prêt à faire face. Il n’en avait pas encore les épaules, ni même la moitié de la volonté qui aurait été nécessaire. Pour l’instant, il était bloqué dans ce présent accablant et il lui faudrait de longs mois pour réussir à en faire un passé révolu...

    L’aube s’apprêtant à pointer, l’école était devenue étrangement silencieuse, à l’image de l’infirmerie dont la trompeuse quiétude était ponctuée par quelques gémissements de douleur. Un jour normal, les étudiants auraient commencé à s’agiter à cette heure, à envahir les couloirs, à y faire résonner leurs rires … Le contraste avec le matin précédent était saisissant. Chaque minute s’écoulant confirmait que plus rien ne serait jamais comme avant, c’était la fin de la vie telle qu’ils l’avaient connu, fait infiniment triste ... C’est en attrapant un sachet de datura séché pour faire infuser de la camomille que Fedor réalisa que son cerveau ne répondait plus. S’il s’était croisé dans un miroir, il aurait pu admirer ses cernes gigantesques, ses cheveux en bataille, son teint cireux et son front peinturluré de sang séché, car il avait dû y passer la main pour essuyer quelques sueurs nocturnes. Après avoir bordé une première année réveillée par un mauvais rêve, il avait tourné sa mine déconfite vers Louka. ♦♦♦ Tu bois du thé ? Mon organisme ne supportera pas une goutte de café supplémentaire. ♦♦♦ Puis, il était allé chercher une théière et l’herbe la plus calmante en leur possession, bien qu’il avait failli les shooter au datura. Pourtant, ce n’était pas faute d’user de gestes lents, pour ménager ses muscles endoloris, mais la fatigue, aussi lourde qu’une chape de plomb, ne l’avait pas épargnée. Cependant, ils s’étaient dopés à la caféine toute la nuit, il était donc de bon ton de changer de crèmerie. Passant mollement ses mains sur son visage, il finit par retrouver le sac de camomille malgré le capharnaüm qui régnait et le jeta dans la vieille théière en porcelaine avant de faire apparaître de l’eau bouillante d’un tour de poignet un peu las. ♦♦♦ Tu vois des tasses quelque part ? Hasarda-t-il, n’ayant plus non plus les yeux en face des trous. ♦♦♦ Il lui faudrait bien plus qu’une nuit de sommeil pour se remettre mais ce serait déjà un début. Si beaucoup diraient qu’ils avaient échappé au pire, Fedor n’y croirait pas une seconde et rectifierait : « nous avons vécu le pire. » Et, pendant longtemps, il douterait que le meilleur soit à venir... Alors qu’il l’avait pourtant sous les yeux, à l’instant.


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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Mar 2 Oct - 17:01

A cette blessure en succéda une autre, puis encore une autre. Je n'avais pas l'intention de tenir des comptes d'une quelconque manière et ne l'aurais de toute façon absolument pas pu, étant donné que les blessés se succédaient sans discontinuer. Mon sourire restait intact, je ne pouvais me résoudre à abandonner cette mission que je m'étais donné, mais il devenait de plus en plus lourd à maintenir en place. Je ne me décourageai cependant pas, me tournant à intervalles réguliers vers mon protégé particulier, l'encourageant silencieusement avant de me détourner de nouveau pour continuer. Tout s'enchaînait, j'acceptais les tasses de café quand elle venait jusqu'à moi mais ne prenait nulle pause qui aurait ralenti ma cadence et affecté mon efficacité. Je n'avais pas été impliquée dans ces événements et ne pouvais donc me résoudre à m'arrêter alors que toutes ces personnes étaient en détresse et elles, avaient réellement besoin d'attention. Je faisais donc habilement taire ma fatigue, l'horreur que certaines visions pouvaient provoquer chez moi, guère habituée au milieu médical. Je me contentais de répéter inlassablement, en boucle, les directives de l'infirmier et de les appliquer à la lettre. Et ainsi, l'aube finit par montrer le bout de son nez. Je ne m'en rendis pas compte immédiatement, ce ne fut que lorsque je me trouvai à court de soins à prodiguer que je compris que cette nuit interminable avait enfin prit fin.

Dépliant délicatement mes bras, je jetai un regard circulaire pour vérifier qu'il n'y avait plus besoin de moi. Je repérai une jeune fille en train de s'agiter, mais Fedor la rejoignit rapidement. M'arrêter me faisait me rendre compte de mon état de fatigue, physique et mental et, alors qu'il bordait l'enfant, je ne pus m'empêcher de l'envier un instant. Que n'aurais-je donné pour fermer les yeux quelques secondes ? Mais ma tâche, si tant est que l'on pouvait la qualifier de cette manière, n'était pas achevée. Il me restait un patient, et non des moindres dont je souhaitais prendre le plus grand soin. Je le rejoignis en me frayant un passage dans l'infirmerie endormie, mais plutôt encombrée, et posa de nouveau une main douce sur son bras alors qu'il se tournai vers moi, l'air penaud, perdu, fatigué. Tu bois du thé ? Mon organisme ne supportera pas une goutte de café supplémentaire.Je t'accompagnerai avec plaisir. Je le laissai s'affairer quelques minutes encore, ne connaissant guère les lieux, mais, voyant la fatigue et le poids qui l'écrasaient, je finis par intervenir alors qu'il semblait sur le point de s'effondrer. Tu vois des tasses quelque part ? Je ne répondis pas immédiatement et sortis ma baguette. Un fauteuil inoccupé, sans aucun doute le dernier, vint du coin opposé de la pièce pour se poser derrière l'infirmier. Je le poussai délicatement pour qu'il s'y asseye : Je t'en prie, ne proteste pas. Il est plus que temps que quelqu'un s'occupe de toi. J'agitai de nouveau ma baguette pour faire venir deux tasses, n'ayant pas trouvé leur rangement du regard et souhaitant faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller la totalité des patients de l'infirmerie. J'en remplis une et me tournai pour la lui tendre avant de m'occuper de la mienne et de me tourner vers lui. Je trinquai contre la sienne, murmurant : A un des héros de ce soir, avant d'en boire une gorgée. Je n'osais fermer les yeux de peur de m'assoupir et me contentai de détailler son visage. Si, quelques années auparavant, on m'avait annoncé que je passerai la nuit avec lui, l'assistant pour l'aider au mieux à sauver les vies d'étudiants, je ne l'aurais sans doute pas cru. Pensive, je caressai ses traits, gommant mentalement les cernes, la fatigue, les marques rouges qui les marbraient pour refaire surgir l'adolescent qu'il était. Tu devrais te reposer, notai-je, t'accorder quelques heures de sommeil. Cela a l'air de s'être calmé et je pourrai m'occuper des tous premiers soins le cas échéant. Il fallait qu'il dorme, avant de s'effondrer. Buvant ma camomille à petites gorgées, je me fis la réflexion qu'il me faudrait plutôt de la vodka, si je voulais encore veiller quelques heures. Mais que ce n'était sans doute pas une excellente idée, quoi qu'en dise Oksana.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Lun 15 Oct - 10:13


    Un Fedor excédé à la grise mine n'avait guère fière allure, pourtant, ce russe là, drappé dans sa culpabilité, s'efforçait de prétendre que les affres de la fatigue ne l'affectaient pas. C'était aussi probant qu'un vieillard aux rides profondes tentant de faire avaler qu'il n'avait que vingt ans, mais il n'en démordait pas, même si ses gestes hasardeux le trahissaient autant que ses cernes et ses soupirs à fendre l'âme. Il n'était que l'ombre de lui-même, un sombre personnage, un miraculé qui aurait préféré mourir plutôt que d'être parmi ceux qui pleureraient les disparus, même si leurs larmes ne pourraient rien y changer... Cela dit, lui ne verserait pas une larme. Tout comme il n'avouerait pas avoir besoin de soins ou simplement de dormir. Il resterait debout, il ne se laisserait aucun répit, il ne serait plus jamais faible. Jamais. Qu'on l'achève s'il faillissait de nouveau. Il ignorerait la douleur pour continuer d'ôter celle des autres jusqu'à ce qu'il ne soit même plus en mesure de cligner des paupières. Il le devait. Pour mériter le droit de vivre alors que d'autres meilleurs que lui avaient péri et s'octroyer l'absolution qu'il recherchait. Il ferait donc du thé à la camomille pour ses accolytes harrassés et il ne se plaindrait pas. Tel était son rôle: celui qui apaise, celui qui sait trouver un remède pour les plus minimes maux sans que l'on ait à le lui demander car il savait lire autant que réparer les corps meurtris. Bon sang, il aurait dû arrêter cette hémorragie, il aurait dû pouvoir sauver November... C'est l'esprit encombré et le ventre noué qu'il proposa du thé à Louka, l'air hagard. ♦♦♦ Je t'accompagnerai avec plaisir. Lui répondit-elle simplement. ♦♦♦ Mais il n'eut pas l'occasion d'aller au bout de ses intentions car elle prit rapidement le relais. ♦♦♦ Je t'en prie, ne proteste pas. Il est plus que temps que quelqu'un s'occupe de toi. Ajouta-t-elle, la bouche de Fedor se refermant donc sans faire de commentaires. ♦♦♦ Il n'était de toute manière pas en mesure de se battre pour jouer les gentlemen ou invoquer sa grande galanterie, il aurait fallu qu'il ait de l'énergie pour ça... Et ce n'était pas le cas. ♦♦♦ ... Merci de continuer à m'épauler, tu n'es pas obligée tu sais, enfin, non pas que je crois que tu agisses par obligation, je sais que c'est par pure gentillesse mais... Bref, merci, quoi. ♦♦♦ S'il s'était mis à bafouiller, l'humiliation aurait été complète..! Intérieurement, il se traita d'abruti et se contenta de la regarder s'affairer en silence. ♦♦♦ A un des héros de ce soir ! Lança-t-elle, avec sans doute l'intention de lui remonter le moral, mais son regard s'assombrit. ♦♦♦ « Un des héros... » Tiquant, il sentit sa lèvre s'agiter et plaqua une main sur sa bouche, ses prunelles couleur océan filant vers le sol clairsemé de tâches brunâtres. Quelle action héroïque avait-il accompli? Aucune qui ne mérite d'être encensée, car il avait majoritairement été d'une incroyable inefficacité. C'était cette impuissance qui le rongeait, plus que l'épuisement, plus que les courbatures dans tout son corps. Il était médicomage et n'avait pas réussi à tous les sauver, il avait failli à son devoir, perdu la face et toute crédibilité car prouvé qu'il n'avait pas été capable de venir en aide à ces adolescents déchiquetés sous ses yeux, tandis qu'il était resté les bras ballants face au carnage. Il n'était pas un héros. Les héros n'avaient pas peur et lui avait tremblé. ♦♦♦ Tu devrais te reposer, t'accorder quelques heures de sommeil. Cela a l'air de s'être calmé et je pourrais m'occuper des premiers soins le cas échéant. Reprit-t-elle, semblant finalement être celle qui avait le don de lire en lui, cette fois. ♦♦♦ Relevant la tête, il la secoua vivement, un peu trop d'ailleurs car il fut sujet à un léger vertige. ♦♦♦ Hors de question, toi, tu devrais dormir, tu as assez donné de ta personne. Ma reconnaissance pour ce que tu as accompli ce soir est sans borne et c'est vraiment le moins que je puisse faire d'être celui qui te regarde dormir. ♦♦♦ Dit comme ça, sa phrase pouvait être drôlement interprété mais il n'y prêta que peu attention. Se massant la tempe, il prit quelques gorgées de thé, comme s'il cherchait à aspirer de la sérénité liquide. Comment aurait-il pu fermer l'oeil? Cela n'arriverait que s'il finissait par s'évanouir, certainement pas avant... ♦♦♦ Profite de cet accalmie. Je veillerais sur vous tous. ♦♦♦ Et cette fois, il ne s'écarterait pas de sa mission. Il ne fuirait jamais ses responsabilités. Et peut être qu'un jour, il réussirait à se racheter... ♦♦♦ Je peux le faire. Vous n'avez plus rien à craindre. Je ne flancherais pas. Vous êtes en sécurité. Je suis capable de vous protéger. Je peux... Je dois le faire. Ajouta-t-il, dans une tirade saccadée, se martelant ces paroles comme pour s'en persuader. ♦♦♦ Machoires crispées, il serrait les poings et fixait l'allée entre les lits des patients endormis. Poussant sur ses bras, il se releva et se prouva qu'il pouvait tenir debout, encore, toujours, jusqu'au bout. C'était la seule alternative possible. Sa tâche. Et il l'exécuterait coûte que coûte.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Ven 19 Oct - 15:37

Ma tâche d'infirmière de la nuit était loin d'être achevée car mon patient le plus récalcitrant restait blessée, devant moi et refusait toute trêve. On avait pourtant rué, pleuré, supplié, demandé des nouvelles de proches, on m'avait même mordue et pourtant il me semblait que la plus âpre des batailles restait encore à mener et à remporter. Même s'il semblait lutter de toutes ses forces contre cet état de fait, Fedor était lui aussi une victime de cette nuit. Je ne connaissais pas le déroulement des événements avant mon entrée dans l'infirmerie, mais il y avait fort à parier qu'il ait lui aussi fait face à l'un des lycanthropes au vu de l'éclat qui brillait dans ses yeux. Je ne pouvais pas dire que l'aura néfaste de cette nuit ne m'affectait pas, mais elle avait fait moins de ravages sur moi que sur cet homme. Je n'avais perdu que du matériel et quelques brins de légèreté. Ms traits devaient être marqués par la fatigue, tout comme les siens mais je ne me sentais pas le coeur à me faire plaindre ou dorloter. Lui en avait besoin, moi en aucun cas. Et je pouvais me montrer particulièrement entêtée quand la fantaisie m'en prenait. ... Merci de continuer à m'épauler, tu n'es pas obligée tu sais, enfin, non pas que je crois que tu agisses par obligation, je sais que c'est par pure gentillesse mais... Bref, merci, quoi. Un simple sourire lui servit de réponse, n'ayant guère besoin d'exposer les raisons de mes actes. J'étais là par un coup du sort ou du destin, tout dépendait de vos croyances et il n'y avait nul besoin de me remercier. J'avais fait ce que j'avais jugé bon et utile, il n'y avait pas matière à s'étendre pendant des heures. Ce qu'il ne fit guère, assommé et démoralisé au-delà de ce que j'avais imaginé. Je ne fus pas sans noter que mon toast n'avait guère eu l'effet escompté mais ne m'en formalisai pas, ne comptant aucunement retirer mes paroles. Plus tard peut-être pourrait-il repenser à ces événements et se souvenir de mes mots, qu'il apprécierait à ce moment-là à leur juste valeur : celle d'un remerciement infini que l'école lui devait.

Je sirotai donc ma camomille dans plus de discussion, le moment n'était pas au débat jugeant quelle action méritait des louanges et laquelle était digne de blâme. Et pourtant il revint alors que j'évoquais la possibilité de prendre quelques instants de repos. Hors de question, toi, tu devrais dormir, tu as assez donné de ta personne. Ma reconnaissance pour ce que tu as accompli ce soir est sans borne et c'est vraiment le moins que je puisse faire d'être celui qui te regarde dormir. Mon regard se fit légèrement désapprobateur et, alors que je réfléchissais au meilleur moyen de lui faire entendre raison, puisant de l'énergie dans cette tasse qui, malheureusement, ne m'apporta qu'apaisement de plus en plus intense, il me prit de vitesse, continuant sur sa lancée. Profite de cet accalmie. Je veillerais sur vous tous. Je relevai le nez vers lui, l'observant alors qu'il semblait lutter. Tout en lui hurlait pourtant l'abattement qui était sien, les tourments qui agitaient son être. Comment pouvait-il penser une seule seconde que j'allais le laisser seul, éveillé, dans un état pareil ? Quand il aurait dormi quelques heures, peut-être aurait-il un oeil un peu moins désapprobateur sur lui-même. Je ne m'attendais pas à un miracle, il faudrait sans doute énormément de temps à cet homme pour qu'il parvienne à se pardonner les fautes imaginaires dont il s'accablait, mais ce serait un début. Je peux le faire. Vous n'avez plus rien à craindre. Je ne flancherais pas. Vous êtes en sécurité. Je suis capable de vous protéger. Je peux... Je dois le faire. Dans un doux soupir, je le laissai se lever, et en profitai pour poser ma tasse avant de me tourner vers lui. Je m'avançai jusqu'à le frôler de mon buste, avant de poser mon index droit sur son épaule. Les yeux dans les siens, je ne le lâchai pas du regard, même quand je le repoussai du doigt pour le faire de nouveau asseoir dans ce fauteuil. Ce que tu dois faire, Fedor, est te reposer. Je levai de noveau mon index pour couper court à toute protestation qui ne tarderait sans doute pas. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour eux. Puisqu'il semblait ne pas avoir d'autre but que de s'occuper des autres, j'allais avancer sur son terrain en adoptant la voix de la sagesse et de la raison : Pour l'instant ils vont bien et ont tous trouvé les bras de Morphée. Mais dans quelques heures, certains se réveilleront et auront besoin à nouveau de tes soins. Et si tu n'as pas pris le moindre repos pendant qu'ils étaient assoupis, tu ne seras guère en mesure de les aider. Je me penchai vers lui pour lui dérober sa tasse quasiment vide et aller la poser auprès de la mienne. Je me retournai et le contemplai avec douceur et patience : Tu sais que j'ai raison. D'un mouvement de baguette, je fis venir une couverture jusqu'à moi, ne pouvant me déplacer sans risquer que mon patient ne s'échappe et surtout, ne connaissant pas assez les lieux pour en connaître l'emplacement. Je récupérai le plaid à carreaux et le dépliai, venant le poser sur lui avant qu'il ne puisse protester. Une fois arrangé, je revins vers son visage et lui offris un sourire, avant de déposer un baiser sur son front qui, je l'espérais, parviendrait à effacer tous ses scrupules. Спокойной ночи.*



*Bonne nuit.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Dim 21 Oct - 0:40


    Plus Fedor passait de temps en compagnie de Louka, plus il était persuadé qu'elle avait tout d'un ange, échoué tout droit des tréfonds du ciel. C'était sans doute plus que cliché, comme pensées, seulement, elles ne s'arrêtaient pas là : lorsqu'il poussait la comparaison, il réalisait à quel point elle était lumineuse et lui tellement, tellement sombre... Sa compassion le touchait, même s'il pensait pas la mériter un brin. Il ne s'avouait ni être à plaindre, ni avoir besoin qu'on s'occupe de lui, malgré que ce soit le cas. Il avait besoin de quelqu'un pour pointer du doigt ses limites. Besoin d'elle. ♦♦♦ Ce que tu dois faire, Fedor, est te reposer. Lui intima-t-elle sans lui laisser ni le choix ni le temps de vivement protester comme il aurait souhaité le faire. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour eux. Embraya-t-elle, sachant parfaitement comment le rendre muet et lui faire passer l'envie de se débattre. Pour l'instant ils vont bien et ont tous trouvé les bras de Morphée. Mais dans quelques heures, certains se réveilleront et auront besoin à nouveau de tes soins. Et si tu n'as pas pris le moindre repos pendant qu'ils étaient assoupis, tu ne seras guère en mesure de les aider. Tu sais que j'ai raison. ♦♦♦ Oui, il l'entendait parfaitement, il savait qu'elle disait vrai et qu'il n'était plus opérationnel, puisqu'il avait confondu il y a peu datura et camomille, alors que ce genre d'erreurs n'étaient pas tolérables sur les patients... Qu'il s'intoxique, encore, ça pouvait passer, mais s'il pouvait éviter d'empoisonner un survivant à cette nuit d'horreurs, ce serait plutôt pas mal, non ? ♦♦♦ Juste quelques heures... Capitula-t-il alors qu'elle avait déjà pris les devants et déposait une couverture sur lui. ♦♦♦ Sa main s'extirpa de sous la laine et fila vers ses yeux qu'il frotta, esquissant un sourire attendri face à toutes ces attentions. Il n'estimait pas mériter qu'on le dorlote mais il n'était pas en état de s'insurger des délicatesses qu'elle avait la grande bonté de lui offrir. Ah, aucun doute, si elle n'était pas un ange, Louka était toutefois décidément une sainte..! Elle lui sourit et il s'efforça de lui rendre ce chaleureux présent. Lorsqu'elle se pencha pour déposer un baiser sur son front, il s'élargit. ♦♦♦ Спокойной ночи. Murmura-t-elle dans leur langue natale, son sourire se faisant alors plus tendre au rappel de sa chère patrie de coeur et il la rattrapa par le poignet avant qu'elle n'aille se rasseoir à son tour. Tu sais, d'ordinaire, je ne cède pas aussi facilement... Mais je reconnais que j'ai trouvé plus forte que moi et que tes arguments sont tous plus imparables les uns que les autres. Souffla-t-il en faisant glisser ses doigts jusqu'à sa main qu'il garda dans la sienne. Réveille moi au moindre pépin, n'hésite surtout pas, et ne me laisse pas dormir plus de cinq heures, au delà de trois suffiront amplement. Ordonna-t-il, pinçant les lèvres en réalisant qu'il recommençait à lui donner des directives comme il l'avait déjà fait toute la nuit durant. Merci pour la couverture... Ajouta-t-il et, d'ailleurs, il avait l'impression d'avoir passé son temps à la remercier aussi, cette nuit... Si tu as froid, on m'a déjà dit que j'étais pas mal comme bouillotte. Continua-t-il, l'air de rien, alors que pourtant, son naturel, jusque là évincé, était revenu au galop, sans crier gare, au travers de cette allusion qui, pourtant, était plus reconnaissante que charmeuse, même si elle l'était un brin. Добрый вечер.* Reprit-il finalement, en russe à son tour, relâchant sa main. ♦♦♦ Son sourire était toujours présent sur son visage, bien que léger, lorsqu'il ferma les yeux, tout en cherchant vaguement la position adéquate pour accueillir Morphée. Il ne la trouva pas... Sans doute parce qu'au fond il savait qu'elle aurait été parfaite s'il avait eu Louka entre ses bras.


    *Bonne veillée.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Dim 21 Oct - 9:35

Juste quelques heures... La capitulation acquise me fit me sentir plus légère. Plus fatiguée, également, mais cela n'avait pas d'importance. Je savais que quand il aurait fermé les yeux, mon combat pour rester éveillée commencerait. Cela ne devait cependant pas me détourner de mon objectif premier : le faire dormir. Contrairement à lui, je n'avais aucun pouvoir en ces lieux et sa tâche était encore loin d'être accomplie. Savoir qu'il allait suivre mon ordonnance était donc un soulagement, m'étant rendu compte que mes capacités d'infirmière étaient grandement limitées. Je me reculais, victorieuse quand je le sentis me retenir. Surprise, ne m'attendant guère à un dernier sursaut de protestation, je m'apprêtais à lui dire qu'aucun argument ne serait recevable mais il me prit de vitesse : Tu sais, d'ordinaire, je ne cède pas aussi facilement... Mais je reconnais que j'ai trouvé plus forte que moi et que tes arguments sont tous plus imparables les uns que les autres. L'aura fatiguée de mon sourire se dissipa pour redevenir plus lumineuse. Fille d'avocat, il était évident que je savais comment plaider ma cause ou la sienne, en l'occurrence, mais je n'enfonçai pas le clou, les piques et plaisanteries viendraient sans doute plus tard. Pour l'heure, il me semblait urgent qu'il se repose avant toute autre chose. Je nouais mes doigts aux siens alors qu'il s'en emparait. Réveille moi au moindre pépin, n'hésite surtout pas, et ne me laisse pas dormir plus de cinq heures, au delà de trois suffiront amplement. Je le note, dis-je simplement, ne sachant pas si j'allais suivre ces instructions-ci à la lettre, contrairement à toutes les autres. Cependant, il me semblait évident qu'il ne pourrait dormir plus longtemps, les premiers étudiants se réveilleraient bien assez tôt et l'administration passerait pour un état des lieux. Il ne fallait donc pas qu'il perde une seule seconde. Merci pour la couverture... Si tu as froid, on m'a déjà dit que j'étais pas mal comme bouillotte. Un léger rire m'échappa, incontrôlable et quelque peu déplacé dans le décor dévasté dans lequel nous nous trouvions, mais je n'avais pu m'en empêcher. Je suis heureuse de constater que certaines choses n'ont pas changé, expliquai-je, secouant la tête en me remémorant nos années à Durmstrang.

Добрый вечер. спасибо *. La réponse avait été automatique alors que je reculais de quelques pas, venant appuyer mon dos contre le mur. Ses traits plus détendus me rassurèrent rapidement et je tournai mon regard vers l'infirmerie. Concentrée que je l'étais sur lui, cette vision ne m'était pas apparue encore dans toute son horreur. Les oeillères que nous étions capables de nous mettre pour accomplir une tâche étaient impressionnantes. L'estomac noué, je joignis mes mains et me forçai à respirer profondément. Cinq heures de silence dans ce qui ressemblait plus à un caveau qu'une terre d'accueil allaient être éprouvantes. Attrapant ma tasse d'une main se voulant ferme, je retournai vers l'endroit où Fedor avait trouvé la camomille, espérant trouver quelque chose de plus fort pour me donner le courage qui venait de s'émietter au moment même où il avait fermé les yeux. Être stable pour les autres était d'une facilité déconcertante, l'être pour soi était infiniment plus compliqué et ce n'était pas la première fois que je me faisais cette réflexion. Ne parvenant à rien et me rendant compte que le bruit de mes recherches risquait de réveiller certains patients, je me stoppai bien vite et revins aux côtés de l'infirmier. Dormait-il déjà ? Je n'en avais pas la certitude. Nul siège libre en vue, nulle couverture. Après les allées et venues frénétiques de la nuit, la température était redescendue. J'allais prendre le parti de marcher le long des allées pour veiller sur le sommeil des étudiants avant de me faire la réflexion, juste, que je risquais ainsi d'écourter leur nuit. Pinçant les lèvres, je cherchais une issue du regard quand celui-ci se posa sur Fedor. Après tout … M'approchant en douceur, je finis par soulever un pan de la couverture et me glissai sur ses genoux, refermant le cocon protecteur autour de nous. D'ici, je pouvais voir toute l'infirmerie. Et il faisait également chaud. Le sentant bouger, je murmurai : Tu sais, d'ordinaire, je ne cède pas aussi facilement... reprenant ses paroles et ramenant un certain souvenir en particulier de nos années en Russie, où il avait eu l'idée saugrenue de vouloir m'ajouter à son tableau de chasse. Cette époque semblait si lointaine à présent, dans ce contexte, à cet endroit … Je m'efforçai de ne pas trop bouger, de profil par rapport à lui, posant ma joue sur son épaule, pour le laisser s'endormir enfin.

*Merci.

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Dim 11 Nov - 20:46


    Lorsqu'il la sentit se glisser sous la couverture et se poser sur ses genoux, il entrouvrit un œil et entoura machinalement ses bras autour d'elle pour lui assurer une place confortable et, lui, une prise la plus douillette possible. Elle avait déclenché un léger courant d'air en se faufilant sous le plaid mais le préjudice fut vite réparé une fois sa joue déposée dans le creux de son menton, contre son épaule, dans une chaleur tendre. Il se sentait à la fois mieux et quelque peu mal à l'aise. Ce contact était agréable, mais tous ses muscles étaient contractés, en particulier ses mâchoires. A cause de ces contractures, on pouvait savoir qu'il n'était pas encore tombé dans le sommeil, il était bien trop tendu, bien trop récalcitrant pour se laisser simplement réconforter par cette étreinte. Il avait cédé à la volonté de Louka à voix haute mais son corps s'y refusait encore, luttait encore et il détestait qu'elle puisse sentir à quel point il était préoccupé, nerveux, et tellement coupable... Il aurait voulu qu'elle puisse penser l'avoir "guéri". Il ne voulait pas qu'elle se sente aussi inutile et impuissante que lui, il ne voulait plus l'inquiéter. Elle essayait si fort de lui apporter son réconfort, ce n'était pas juste qu'il n'essaie pas à son tour de la rassurer, de lui montrer à quel point sa présence lui était bénéfique, plutôt qu'elle doive sentir toute cette frustration, entre ses bras crispés. Essayer de se forcer à se détendre n'aidait cependant pas. Il n'arrivait pas à garder ses paupières immobiles et s'endormir, il les sentait s'agiter. Il se raccrocha un peu plus fort à Louka par réflexe avant de se reprendre aussitôt, faisant mine de se replacer dans le fauteuil, lèvre mordue. Ses épaules, affaissées, trahissaient l'agonie de ses forces... ♦♦♦ Tu sais, d'ordinaire, je ne cède pas aussi facilement... Souffla-t-elle, faisant écho à ses propres paroles, réussissant à lui tirer un sourire d'où transparaissait plus de douceur que de fatigue, ce qui était quasiment un exploit. ♦♦♦ Ses muscles cessèrent d'être douloureux. Rasséréné par son calme et sa candeur, sa voix avait agi comme un filtre de paix. Elle était impressionnante, à toujours trouver ce qu'il avait besoin d'entendre. A parvenir à lui insuffler un peu d'espoir alors qu'il croyait cette substance salvatrice à jamais disparu, effacée de la surface de cette île maudite... "Je suis heureuse de constater que certaines choses n'ont pas changé." avait-elle commenté un peu plus tôt. Elle avait raison même s'il aurait voulu aux premiers abords rétorquer qu'elle avait tort et que plus rien ne serait jamais pareil, qu'il ne serait plus jamais le même homme, plus jamais heureux et s'embourber dans encore bien d'autres envolées pessimistes. Désormais, il fallait se contenter des plus petits bonheurs, comme tenir un ange dans ses bras pour quelques heures. Se filer des insomnies ne ressusciterait personne, se blâmer jusqu'à ne plus se supporter non plus. Leur seule option était donc comme elle le lui avait indiqué de prendre du repos et de se préparer au mieux à affronter le lendemain et le jour qui suivrait, jours qui s'annonçaient tous plus mornes et douloureux les uns que les autres.

    ♦♦♦ Louka, réveille toi. Lui intima-t-il en lui caressant doucement la joue, laissant sa main glisser sur son bras qui dépassait de la couverture. ♦♦♦ Finalement, il avait dormi trois heures et demi ponctuées de sueurs froides avant de finir par se lever, par crainte de gâcher son sommeil à elle, qu'elle avait amplement mérité et, la portant dans ses bras, il s'était extirpé du fauteuil avant de l'y déposer. ♦♦♦ Désolé de t'arracher à Morphée et d'encore abuser de toi, mais on a besoin de plus de mains pour les soins post-op, si tu le veux bien. Prends quelques minutes pour émerger. Lui sourit-il, légèrement embarrassé et se demandant s'il n'avait pas parlé trop vite. J'y retourne. Prends ton temps et rejoins nous. Enfin, pas trop quand même, mais... A tout de suite. Se retrouva-t-il à fuir, les mains remplies de compresses fraichement stérilisées à la pointe de sa baguette. ♦♦♦ L'ambiance chaotique était revenue, les gémissements des patients, ceux qui se réveillaient en ne comprenant pas où ils étaient... Et il s'était rendu compte qu'il n'y arrivait pas, sans elle. Il n'était qu'à 30% de son efficacité habituelle, à peine, et il savait que ce n'était pas sa nuit écourtée qui était en cause, mais bel et bien le fait qu'il recherchait son regard apaisant dans la foule et ne pas le trouver le perturbait. Dans sa précipitation, il avait failli ajouter "Fais vite, je t'en prie" mais seul son regard perdu avait transmis ce message-là. Oui, il était perdu sans elle. Sa silhouette était son point d'ancrage dans la cohue et, sans son visage sur lequel s'attarder pour occulter les horreurs qui l'entouraient, il n'était bon à rien...

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MessageSujet: Re: Nothing to lose but everything to gain (post ndl) - ft. Louka   Lun 12 Nov - 11:16

Je notai la tension qui l'habitait au moment même où il m'entourait de ses bras. Ce contact était cependant réconfortant, comme s'il nous protégeait de ce qu'il y avait autour. Non pas que ces étudiants en détresse soient foncièrement dangereux mais, tant pour son moral que pour le mien, mieux valait s'en détacher un temps pour leur revenir ensuite. Posément, je m'enjoignis de ne pas bouger, la position étant au final des plus agréables. Seul me chagrinait le dynamisme nerveux de ses muscles, qui demeurait, malgré toutes les paroles que j'avais pu prononcer, toutes les attentions dont j'avais pu faire preuve. Je n'étais pas aveugle au point de penser un seul instant que ma présence suffirait à lui ôter le fardeau dont il s'était lui-même chargé mais j'avais espéré être suffisamment efficace pour qu'il trouve les bras de Morphée de façon rapide. J'accentuai en douceur la pression de ma joue, comme pour le rassurer, me trouvant à court de mots et ne souhaitant pas le ramener au présent, pour peu qu'il soit en train de glisser, lentement mais sûrement vers le sommeil. Ce furent pourtant quelques mots qui le détendirent et je pus respirer plus librement lorsque son souffle se fit régulier. Un doux sourire se dessina sur mes lèvres alors que je savourais cette petite victoire. Elle n'avait rien d'héroïque, d'éclatant ou d'éblouissant mais elle m'apaisait plus sûrement que tout les décoctions disponibles dans cette infirmerie. Cette nuit avait tout d'un cauchemar, commençant par le naufrage du bateau de Wyatt duquel nous avions réchappé de justesse, grâce à lui. Il devait être parti s'occuper de sa tante, il était vrai que je ne m'étais plus soucié de lui depuis que le Patronus de Meleager m'était parvenu. Je ne l'avais d'ailleurs pas noté en pénétrant dans l'infirmerie, là où il m'avait demandé de me rendre, ne sachant donc s'il n'avait eu besoin de moi pour autre chose. Il avait parlé des étudiants blessés, cependant, je pouvais donc considérer ma mission comme accomplie. Et ce sang, ces plaies … Mon regard se porta alentour et je finis par fermer les yeux, me blottissant un peu plus contre Fedor. Et il y avait eu lui …

Je ne m'étais pas sentie m'assoupir. Il me semblait avoir simplement battu des paupières quand une douce caresse me fit émerger du songe dans lequel je m'étais laissée sombrer. Louka, réveille toi. Mes yeux trouvèrent le visage de Fedor et mes lèvres esquissèrent un « Oh » étonné. Je m'étais endormie alors que j'étais censée surveiller les étudiants. Il stoppa les excuses que je lui devais pourtant par un nouveau flot de paroles, signe que la trêve était officiellement terminée et qu'il était reparti : Désolé de t'arracher à Morphée et d'encore abuser de toi, mais on a besoin de plus de mains pour les soins post-op, si tu le veux bien. Prends quelques minutes pour émerger. Evidemment, répondis-je d'une voix que je trouvais encore trop endormie pour me satisfaire. Je tentai de produire un sourire, mais il était déjà reparti sur un : J'y retourne. Prends ton temps et rejoins nous. Enfin, pas trop quand même, mais... A tout de suite. Ma bouche se referma en imprimant la marque de mon incisive sur ma lèvre inférieure, soudain peinée de mon attitude. Il s'était éloigné et naviguait dans les eaux troubles de l'infirmerie, entouré d'étudiants, de membres du personnel en demande, sans même que j'aie pu lui donner quoi que ce soit pour qu'il reparte. Je ne savais même pas combien de temps il avait dormi. Passer du temps à me maudire étant cependant hors de question et je dépliai mes jambes, puis mes bras et fut sur mes pieds en quelques secondes. Je pris un instant, m'étant précipitée, la tête commença à me tourner. Repliant la couverture, je m'enjoignis de faire abstraction du froid qui venait de s'abattre sur moi. Je me sentais encore plus mal qu'après une soirée très (trop) arrosée en compagnie d'Oksana mais cela ne devait pas compter. Fermant les yeux encore quelques secondes, je pris quelques inspirations profondes pour faire refluer toute considération sur mon état physique ou mental. Quand mon rythme cardiaque fut stable, je me saisis de ma baguette, qui trônait à côté de ma tasse vide et repartis.

Lançant un regard rassurant, posant une main douce sur un bras, administrant quelques mots de réconfort, je le rejoignis rapidement, posant une main sur son flanc alors qu'il s'occupait d'un étudiant : Tu aurais dû me réveiller plus tôt, soufflai-je en douceur, sans pour autant désirer épiloguer sur ce réveil manqué : Je suis désolée, ajoutai-je. De ne pas avoir été là plus tôt. J'observai ses gestes un moment avant de me saisir d'une partie des compresses que je l'avais vu tenir quand il était venu me réveiller : Rassurer, nettoyer les plaies de nouveau et refaire les bandages ? Je n'avais guère besoin d'attendre la réponse. Déposant un léger baiser sur sa joue, « Pour la bouillotte », je filai rapidement me rendre utile ailleurs. Cette matinée serait sans nulle doute longue et pleine de nouvelles surprises peu agréables, aussi valait-il mieux ne pas perdre de temps.

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