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 The road to success is always under construction. {Billie}

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Maarifa Sihr

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MessageSujet: The road to success is always under construction. {Billie}   Mer 22 Fév - 1:21

Billie R.-B. & Nephtys C.


« The road to success is always under construction. »


    Vendredi, fin de journée. Tandis que la plupart des étudiants fêtaient le début du week-end sans se préoccuper des examens qui approchaient, Nephtys avait tout de suite rejoint la salle sur demande pour y faire apparaitre son studio de danse. Elle avait dansé plusieurs heures durant, et s'était finalement décidée à s'arrêter pour ce jour-là, rejoignant la salle de bain luxueuse -qui n'allait pas sans lui rappeler celle de son ancienne villa au Caire- juxtaposant l'immense salle de danse. Elle prit soin de ne laisser aucune trace de ses efforts, rangeant pointes et justaucorps au fond de son sac, et prenant une douche rapide en vidant le flacon de produit au parfum chimique, qui l'attendait sagement entre chacun de ses passages dans cette salle dont elle était la seule propriétaire. Elle n'avait jamais suspecté la forte odeur fruitée de la trahir en plein fin de journée, comptant sur le faible odorat des gens et leur incapacité à distinguer son parfum Dior des gels douches proposés dans sa salle demandée. Glissant les pieds meurtris par ses pointes dans ses talons Louboutin, Nephtys grimaça en jetant un dernier coup d’œil à la seule pièce où elle se sentait libre d'être qui elle souhaitait être, malgré le grand défaut qu'elle présentait : la solitude. Elle respira une dernière fois le parfum de la liberté avant d'entr'ouvrir la lourde porte de la salle pour se retrouver dans le long couloir de l'école assombri par la tombée de la nuit. Passant la tête hors de la salle, elle guetta l'éventuelle présence de témoins. Elle attendit que le dernier étudiant qui passait ait tourné et rejoignit le couloir à son tour. Il ne fallait pas qu'on la suspecte de passer du temps seule dans la salle sur demande, cela pourrait s'avérer tout aussi louche qu'une Susan Boyle à la fashion week. Mais le territoire était sécurisé, et le premier réflexe de Nephtys fut de rejoindre la cafétéria. Elle n'avait pas mangé, et n'avait pas réellement faim. Elle se contenta donc de s'offrir un chocolat chaud bourré de sucre et de s'assoir à une petite table solitaire au milieu de la salle, observant de tous les côtés, guettant des têtes connues. Elle sortit son éternelle plaque de chocolat noir aux éclats de praline -merci Julia-, et en cassa deux gros carrés qu'elle posa dans sa soucoupe, contre la tasse brûlante. Elle eut un mouvement de recul en regardant une petite blonde déjà alcoolisée prendre une chaise à sa table pour un grand mec baraqué. Rendue anxieuse par de tels énergumènes, la franco-égyptienne croisa les jambes en s'installant droite comme un piquet sur sa chaise. C'est à ce moment-là qu'elle reconnu la personne assise sur la table à côté d'elle.

    Billie... Il ne manquait plus qu'elle. Elle n'avait pas le courage de faire bonne figure ce soir-là ; et d'ailleurs, à y regarder de plus près, il n'y aurait même pas besoin : Luce n'était pas là. Enfin... « Luce doit te rejoindre ? » demanda-t-elle par simple précaution, avant de sursauter lorsqu'une brunette de la même bande que les deux autres vint lui hurler aux oreilles qu'elle prenait une autre chaise, parce que « les lutins vont pas s'assoir par terre, quand même. », fait que Nephtys approuva d'un air condescendant. Elle n'arrivait toujours pas, malgré les années qu'elle avait passées à côtoyer la jeunesse du moyen orient, cette lubie que pouvaient avoir certains pour l'alcool et l'évasion qu'il pouvait leur procurer. Pour elle, rien ne valait la santé et le respect d'elle-même vis-à-vis de son corps. Du moins, par rapport à l'alcool, puisqu'elle ne pouvait pas lui épargner les aléas de sa passion pour la danse. Mais elle n'arrivait pas à se résigner à laisser des molécules si petites lui faire perdre la raison et la maitrise de ses faits et gestes, c'était impossible. Ses seuls excès restaient donc chocolatés. Et d'ailleurs, en parlant du chocolat... il avait bêtement fondu contre sa tasse brulante, mais elle ne l'abandonna pas pour autant, mâchonnant la sucrerie presque liquéfiée avec un bonheur qu'elle ne cachait pas. « T'en veux ? C'est mieux que l'alcool. Et c'est bourré d'antioxydants. Ça nous veut pas de mal, le chocolat. Alors que l'alcool... » et elle appuya sa dernière phrase par un regard vers la table des anglais.

    Comment ça, elle se mettait à parler à Billie ? Oh, la jolie brune l'enverrait probablement bientôt chier. En l'absence de Luce, aucune des deux ne devait rien à l'autre, pas même une conversation polie. Mais voilà, elles étaient à même pas un mètre l'une de l'autre, et Nephtys n'était pas contre un peu de socialisation après ces dernières dures heures de labeur. Autant tenter le coup. Et puis, au pire, elle se ferait rembarrer comme Billie était réputée pour le faire, et elle reprendrait son occupation principale lorsqu'elle était seule : l'observation des gens. Observer pour ne pas dévoiler un de ses secrets, à savoir l'absence de particularités. Parce qu'elle n'était pas comme Isis, et elle n'était née avec aucun don. Elle devait s'en contenter, faire croire que, et entretenir ce que les gens pensaient. Et au fil des années, l'observation était devenue sa meilleure arme : tout voir et tout entendre pour tout savoir ; c'était là la clé des manèges qu'elle pouvait jouer avec qui elle voulait -ou presque. L'observation était la clé maitresse des peu de choses qui lui restaient depuis le départ des trois piliers de sa vie, à savoir Isis, Ezra, et Shey. Pathétique, n'est-ce pas ? Elle ne s'en était jamais vraiment remise. Elle n'arrivait pas à oublier les mots d'Isis ni le regard qu'Ezra avait eu envers elle. Elle n'arrivait pas à oublier ses rêves pour lesquels elle vivant quelques années auparavant encore. Elle se surprenait parfois à rêver, au milieu d'une nuit qui devenait cauchemardesque, qu'Ezra ne l'avait pas quittée, qu'ils prévoyaient toujours de faire leur vie ensemble. Qu'elle s'entrainait pour être reçue à l'école de l'opéra de Paris, et qu'elle se débrouillait très bien, sans perdre aucune technique malgré l'absence de professeur qu'elle subissait depuis son entrée dans le système magique. Elle rêvait d'Isis, de leurs rires, de leur amitié, de leur relation si particulière qui faisait d'elle des sœurs et des meilleures amies. Et puis, au milieu de la nuit, en se réveillant, elle réalisait que tout n'était qu'un rêve; que ces moments de bonheur étaient passés et ne reviendraient pas. Ezra aimait Isis, Isis n'aimait plus Nephtys, et Nephtys aimait encore les deux. Quelle vie pathétique. Quel drame de rester figée dans un passé idyllique qu'elle ne connaitrait jamais plus... Alors, elle dansait, et elle observait. De temps en temps, elle profitait de Luce et de Billie -plus de la première que la deuxième, qui ne semblait pas l'accepter. Mais elles étaient ses amies, les seules qui semblaient ne pas la rejeter, alors qu'elle n'était plus que l'ombre d'Isis, alors qu'elle s’efforçait de ne pas le laisser paraître. Et c'était un combat de tous les instants...

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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Jeu 23 Fév - 21:04

    Au dehors, les oiseaux semblaient chanter, déprimant presque la jolie brune assise à une table de la cafétéria. Depuis des années, elle avait l’impression de se perdre et revoir ces volatiles dehors lui donnait envie de voler à elle aussi. Certes, elle n’avait pas d’ailes mais lorsqu’elle faisait du trapèze, elle avait l’impression de s’envoler et cette liberté là s’était enfuie en décidant de partir pour l’école de magie. Des fois elle se demandait pourquoi elle avait fait ce choix, mais en fréquentant les sorciers, elle se rendait compte que malgré le fait qu’elle ne les aime pas, c’était avec eux qu’elle devait vivre. Fermant les yeux finalement, elle ne rouvrit que pour lancer un regard désapprobateur à une blondasse sur-alcoolisée qui gloussait non loin d’elle. On aurait pu la prendre pour une coincée mal l’alcool était une telle connerie qu’elle détestait tous ceux qui en consommaient à outrance. Finalement elle croisa ses yeux et un léger soupir s’échappa de ses lèvres. Nephtys ! C’était une fille qu’elle n’aimait pas du moins en apparence. Les choses avaient beaucoup évolués depuis cette fameuse fois où elle et ses copines avaient essayés de la faire tourner en bourrique. Si elle s’était excusée, elle ne lui avait jamais pardonné. Au début parce qu’elle était en colère contre elle mais ensuite, c’était plus par habitude. Jamais elle n’avait cherché à recoller les morceaux avec Nephtys et elle se rendait compte maintenant qu’il était certainement temps pour ça.

    Luce doit te rejoindre ? Elle allait répondre lorsqu’une autre nana alcoolisée intervenait. Les lutins vont pas s'assoir par terre, quand même. Un lutin est encore plus intelligent que toi crétine ! Son regard revint sur Nephtys.. Désolée. Non, elle ne viendra pas ! Du moins j’pense pas ! Elle haussa les épaules, comme si ce n’était pas important, même si elle savait que ça l’était. Luce s’était éloignée d’elle ici du coup elle était beaucoup plus souvent seule qu’avant. T'en veux ? C'est mieux que l'alcool. Et c'est bourré d'antioxydants. Ça nous veut pas de mal, le chocolat. Alors que l'alcool... Pendant une seconde, elle se demandait de quoi elle voulait lui parler et finalement elle comprit. Elle eut un petit rire avant de s’interrompre, mal à l’aise. Cette fille, elle la connaissait depuis des années et pourtant, elle ne connaissait toujours rien d’elle. Billie pensait être pourtant la seule chose dans le coin à ne jamais boire d’alcool et Nephtys lui prouvait finalement que ce n’était pas le cas.

    Ce n’est pas moi qui vais te contredire. En temps que sportive, je déteste tous ces produits que la plupart des gens de notre âge adorent ! Aussi étonnant que ça puisse paraître, Billie avait enfin décidé de donner sa chance à Nephtys. Pendant trop longtemps elle l’avait puni et elle se rendait compte maintenant qu’elle serait bien moins solitaire si, dès le début, elle avait accepté de lui pardonner. Je peux m’assoir ? Ou plutôt tu veux venir t’assoir ? Puisque tu n’as plus de chaises ! Elle eut un léger rire, fait suffisamment étonnant pour le signaler. Surtout en présence de Nephtys, celle qui fût son bourreau un temps mais après avoir laissé ses barrières de côté, Billie se sentait plutôt à l’aise en sa compagnie. Merci pour le chocolat au fait mais sans moi ! Ses yeux s’égarèrent au dehors de nouveau une seconde, avant de revenir sur elle, se rendant compte de quelque chose. Même si elle était pourrie en matière de relation humaines, elle avait bien remarqué qu’elle faisait chocolat sur chocolat. Rassure moi ! Tout ce chocolat ! T’es pas en déprime au moins ? Non pas que ça l’intéresse mais… ou peut être que si en fait, peut être qu’elle était intéressée, qu’elle voulait savoir si tout allait bien pour elle ! Comme des… amies presque !
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Maarifa Sihr

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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Ven 24 Fév - 1:37

    Laisser à Maarifa ce qui s'était passé à Maarifa ? Ça aurait été si simple. Cette ancienne vie paraissait si loin à Nephtys qu'elle avait l'impression de ne jamais l'avoir vécue, mais de n'en subir que les conséquences. Elle avait été, depuis sa première année, la parfaite ombre que les plus populaires trainent derrière eux : l'archétype de la blonde qui ne réfléchissait pas tant que ça, ou plutôt n'osait pas affronter ce qu'Elle pensait. Parce qu'appartenir à ce petit clan qu'elles formaient faisait d'elle un membre de l'élite. Elle y avait été intégrée bien malgré elle, mais ne s'imaginait plus sans. Et si elle avait su le mal qu'elle faisait autour d'elle, elle aurait probablement quitté Shérine en faisant profil bas, priant pour ne pas avoir le droit à des représailles -ces prières auraient été vaines, bien évidemment-, et espérant que le mal qu'elle avait fait subir à ceux qu'elle aimait -et même à ceux qu'elle ne connaissait pas- pouvait être réparé. Mais elle n'avait pas su. Pas à temps. Elle n'avait pas réalisé que sa double souffrait de ce double jeu, et qu'Ezra s'en lassait. Elle n'avait pas réalisé que cette façon de se forger une place dans la société de Maarifa lui ferait perdre ceux qui comptaient le plus à ses yeux. Et au delà de ces dommages collatéraux évidents, il y avait des gens comme Billie. Des gens qu'elle ne connaissait même pas, pas plus que Shérine ne les connaissait, mais qui n'en subissaient pas moins ses foudres. Et derrière elle, les trois suiveuses qui ne disaient rien, se contentant de faire décoration pour mieux affirmer les insanités que sortait Shérine à qui voulait les entendre -ou même ne voulait pas les entendre, après tout, elle partageait sa science avec tout le monde. Et la jolie Billie avait été une de ces victimes. Une de celles auprès desquelles Neptys était discrètement allée s'excuser, dans un coup de vent, en quelques secondes. Sincère, mais peu efficace. Puisque qui pourrait croire des excuses express doublées d'un silence lorsque les remarques fendaient l'air ? Nephtys ne pouvait pas lui en vouloir de lui rendre la pareille. Elle s'était contentée de rester aux côtés de Shérine avec un sourire statique de poupée affiché sur son visage minutieusement travaillé au pinceau.

    Et, à son entrée à Elderwood, tout avait basculé. Elle n'avait plus de sœur, plus de meilleure amie, plus de confidente... plus d'Isis. Ezra avait lui aussi décrété que sa presque sœur valait mieux, et avait oublié les années passées au côté de la blonde pour rejoindre le clan adverse. Shérine avait subit le retour de ses agissements en se faisait virer de l'école de sorcellerie internationale avant même d'y entrer. Elle avait été piégée, et quelque part, lorsqu'elle avait repassé le flambeau à Nephtys, celle-ci s'était sentie soulagée. Car libre d'avoir ses propres idées. Mais ce n'était pas si facile. Parce qu'elle n'avait pas pu retrouver ceux qu'elle considérait peut-être injustement comme acquis. Elle n'avait même plus de relations superficielles avec Shérine et les autres pimbêches, elle n'était plus respectée ni crainte. Elle n'était plus que face à elle-même, seule, avec une nouvelle réputation à se reconstruire. Sa seule arme pour affronter son nouveau monde restait l'observation et sa prétention d'être legilimens. Une arme bien superficielle probablement; mais je vous garantis que c'était un travail de tous les instants. Observer, remarquer, relever, retenir, travailler l'information pour en tirer quelque chose. Alors que d'autres passaient leurs soirées à enchainer les verres, c'était là la vacation de Nephtys, qui préférait de loin se sentir dominer le monde des élèves en collectant des informations et en les travaillant de manière à obtenir d'eux ce qu'elle désirait sans même qu'ils ne s'en rendent compte. Tout un art. Et son échappatoire ? Toujours le même. La danse. Le cheerleading. La dépense physique en général -oui, je vous laisse penser à ça, je suis sûre que ça vous a traversé l'esprit... Gaël, this is for you- lui permettait de s'évader, de se sentir vivre et libre. C'était peut-être ridicule, mais la danse était son monde, son univers. Elle se considérait à la fois comme la reine du classique et comme une catastrophe qui perdait inexorablement son niveau au fil des années. Et pourtant, lorsqu'elle posait sa main sur la barre de la salle qu'elle faisait apparaitre à la place de la salle sur demande ; lorsqu'elle voyait sa silhouette se refléter dans le large miroir en face d'elle ; lorsque les premières notes du piano la faisaient frissonner ; lorsqu'elle enfilait ses pointes et sentait ses orteils hurler leur douleur... elle se sentait libre, tout simplement. Elle se sentait chez elle, dans son monde, en sécurité. Et dès qu'elle sortait de cette petite bulle, elle devait se renfermer à nouveau dans sa coquille, prétendre et paraître, sourire, rire, être parfaite. Elle s'imposait d'être un modèle, d'être parfaite. Du moins en apparence. Parce qu'Isis lui avait tout pris, il ne lui restait plus qu'elle, et plus que son travail qui pourrait lui rendre un brin d'estime.

    Mais heureusement pour elle, tout ce que je viens de dire n'est pas forcément vrai. Pas totalement. Il y avait toujours ses constantes : Nevada et Camil. Les deux Gonzalès partageaient son école depuis Elderwood, et voilà enfin un point positif à ce mélange des cultures. Un autre ? Il y avait Luce. Luce, ou la parfaite égyptienne qui donne l'impression à la française qu'elle est has-been, que le blond c'est moche, et que la mode n'a rien à voir avec la beauté. De quoi écrouler son monde pourtant parfaitement bâti. Jusqu'à ce que cohabitation oblige, elles se parlent. Et à ce que Nephtys retrouve avec Luce une amitié cachée, ces non-dits qui se lisent dans les regards et signifient que bah, mine de rien, « t'es ma meilleure amie, même si tu me fais chier. » Mais avec Luce venait tout le package. A savoir, Billie aussi. Billie, cette brunette auprès de laquelle elle s'était excusée. Cette brune qui l'avait méprisée... Ouais, bah celle là, c'était une amie de Luce. On ne pouvait pas faire plus simple comme situation marrante. Alors, elles s'étaient apprivoisées. Du moins, devant Luce. Parce qu'il n'aurait pas fallu que la couleur capillaire de Nephtys vire au vert et que Billie lui propose la potion miracle. Non. La franco-égyptienne se serait même plutôt dit que l'idée de la coloration verte avait germé dans l'esprit de Billie. Alors la potion lui rajouterait sans doute des pois rouges. Genre couleur sapin de Noël. Ne manquerait que la guirelande clignotante et... Non, Cloée, casse toi avec tes lucioles.

    Aussi, après toutes ces explications, imaginez la stupéfaction de Nephtys lorsque Billie lui répondit. Enfin, elle commença par participer à ses remarques. « Un lutin est encore plus intelligent que toi crétine ! ». Nephtys laissa échapper un gloussement étonnant en regardant la petite brune filer s'assoir sans même un regard. « Elle se reconnait pas. » remarqua-t-elle simplement, en retenant dans un coin de sa tête que la méchanceté n'était jamais la solution pour être aimée. Et qu'elle voulait être aimée. Donc pas méchante. « Désolée. Non, elle ne viendra pas ! Du moins j’pense pas ! » répondit Billie à sa question. « Oh, t'attends quelqu'un d'autre peut-être alors ? Enfin, ça me regarde pas, mais j'ai pas trop l'habitude te voir seule à la cafét. » Et puis, la remarque qui sembla tout changer. Alcool vs chocolat. Eye of the tiger soundtrack, please. Le chocolat est gagnant par KO (coma éthylique). Et sans doute en même temps que ce qui se passait dans la tête de la blonde, Billie réalisait qu'elle n'était pas la seule à être répugnée par l'alcool. « Ce n’est pas moi qui vais te contredire. En temps que sportive, je déteste tous ces produits que la plupart des gens de notre âge adorent ! » Sourire. Nephtys souriait à Billie. Problème. Problème ? No problem. Elles avaient un point commun, tournée de chocolat ! « Les gens savent plus respecter leur corps. Et ils ne se rendent même pas compte du spectacle qu'ils donnent quand ils ont trop bu... » Tout ça pour ne pas dire que c'était humiliant. Et que jamais, au grand jamais, elle ne pourrait supporter de perdre le contrôle de situations, n'importe lesquelles, sous l'effet de l'alcool. « J'ai parfois l'impression d'être un extra-terrestre. Mais en tant que sobre, tu vois les choses sous un autre angle. Sous l'angle de celle qui voit en direct les méfaits de l'alcool et peut rire, plutôt que de se plaindre le lendemain. » Sa propre remarque lui arracha un sourire, et elle leva la tête de son chocolat à l'invitation de la jolie brune. Ce qui la choqua le plus ? Elle ne saurait décider. L'invitation, ou le rire ? Les deux séparément lui auraient laissé supposer que c'était un piège. L'addition des deux lui laissait sous-entendre qu'elle allait se jeter dans la gueule du loup enragé. Alors, méfiance ? « Volontiers, ça m'éloignera un peu plus d'eux, là-bas. » Nephtys se leva donc de sa chaise, déposa son sac à la table de Billie et retourna chercher tasse et chocolat fondu, pour finalement s'installer en face de sa collègue de Maarifa. Elle rejeta un coup d’œil à la bande d'anglais, ne pouvant s'empêcher d'éprouver un pincement au cœur en pensant à Isis, à Ezra, et à tous ceux qu'elle avait perdu et avec qui elle aurait pu apprendre à partager de vrais moments d'insouciance. « Merci pour le chocolat au fait mais sans moi ! » Regard choqué de Nephtys. On venait de... non. On venait de lui refuser du chocolat ? Du chocolat du Dulce Loco ? Du chocolat avec des éclats de pralines du Dulce Loco ? Du chocolat avec des éclats de pralines de Julia du Dulce Loco ? Elle jeta un regard incompréhensif à Billie et haussa les épaules. « C'est dommage, tu sais pas ce que tu rates. » Et elle n'osait pas le dire, mais ça lui brûlait les lèvres. T'es bizarre. Oui, toi, là, qui n'aimes pas le chocolat. T'es bizarre. Aussi bizarre qu'un parfum Jean-Paul Gaultier, aussi bizarre que la tecktonik, aussi bizarre que le culte que la médicomage porte aux cupcakes. Mais le temps qu'elle réfléchisse à une manière convenable de dire que Merde, si t'aimes pas le chocolat c'est que t'as un problème gustatif très grave, Billie avait repris la parole. Et pas pour demander n'importe quoi... « Rassure moi ! Tout ce chocolat ! T’es pas en déprime au moins ? » Wow. WOWOWOWOW, c'est quoi le piège ? Non, j'ai guetté ma tasse, t'as rien mis dedans... Dans mon sac peut-être ? Non plus.... « P... pourquoi tu demandes ça ? » Elle avala une gorgée de chocolat chaud et croquonna (croquer/machonner) dans un carré fondu de la plaque du Dulce Loco. « Non, non. Mais tu devrais essayer, je suis sûre que tu deviendrais addict. Tu sais, cette femme du Dulce Loco, elle a un truc. Elle met peut-être des trucs pas nets dans ses confiseries, je me suis jamais posé la question -enfin, maintenant si. Mais goûte. Je te jure, si tu n'aimes pas, je veux bien donner le top Gucci que je porte maintenant, immédiatement, à qui tu veux dans la salle. » Et, avec un air entendu, elle glissa la petite coupelle qui contenait un morceau de chocolat et la tasse. Et défi de l'évitement de question ? Relevé.

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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Mar 1 Mai - 21:17

Le regard dédaigneux de Billie voulait tout dire en ce qui concernait la jeune fille alcoolisé qui venait de passer voler une chaise. « Elle se reconnait pas. » Son regard toujours aussi mauvais, elle le tourna finalement vers sa compatriote et elle lui répondit, toujours sur le même ton. Le contraire m’aurait étonné. Je suis trop subtile pour son cerveau arriéré. Bon d’accord, Billie et la subtilité ne font pas réellement bon ménage, mais pour cette fois si et évidemment, c’était une pauvre fille inconnue qui en faisait les frais. La Maarifa poussa un soupir finalement avant de cesser de se préoccuper d’elle. A l’heure actuelle, instaurer une vraie relation avec Nephtys semblait une bien meilleure occupation, même si elle se demandait encore ce qu’elle allait faire. A Luce, elle avait promis de faire un effort, afin de conserver un petit groupe d’une école méconnue, assez soudé pour faire face au monde. Dans l’absolu, Billie n’avait absolument pas besoin de d’amis, mais elle savait que Luce avait besoin de Nephtys et vous l’avez bien compris, la jeune brune est la personne la plus important pour l’acrobate et ses préoccupations personnelles étaient reléguées au second plan. D’où ce début de discussion avec la jolie blonde. « Oh, t'attends quelqu'un d'autre peut-être alors ? Enfin, ça me regarde pas, mais j'ai pas trop l'habitude te voir seule à la cafét. » Ses yeux se dardèrent sur elle, un brin inquisiteurs mais elle se força à perdre de son agressivité visible face à elle. Je suis plus souvent seule que tu ne le crois. Je n’aime pas trop la présence de gens inutiles autour de moi. Si y’a pas Luce, je préfère rester toute seule ! Elle ne se rendait pas vraiment compte qu’elle était incisive avec elle, sa nature reprenait doucement le dessus finalement. Pourtant, elle se força à écouter avec attention la demoiselle, surprise de trouver un réel intérêt à la discussion qui était en train de tourner vers des directions qu’elle affectionnait. « Les gens savent plus respecter leur corps. Et ils ne se rendent même pas compte du spectacle qu'ils donnent quand ils ont trop bu... »

Un léger rire carnassier s’échappa des lèvres charnues de la trapéziste, elle cherchait simplement à montrer son accord en vrai, pas à être méchante avec la blonde. « J'ai parfois l'impression d'être un extra-terrestre. Mais en tant que sobre, tu vois les choses sous un autre angle. Sous l'angle de celle qui voit en direct les méfaits de l'alcool et peut rire, plutôt que de se plaindre le lendemain. » Encore une fois, elle avait une folle envie de rire, mais pas des remarques de la jeune fille qui étaient parfaitement sensées, mais plutôt de ce comportement qu’elle soulevait. Une des raisons pour laquelle la roumaine détestait les gens. Cette manie de se donner en spectacle sans savoir faire le show. Tout le contraire d’elle en somme. Ils méritent même pas qu’on se moque d’eux. Leur donner de l’attention, c’est encore plus alimenter leur besoin de boire ! Je préfère attirer l’attention autrement qu’en buvant comme un trou. Elle s’était un peu renfrogné, croisant ses bras sur sa poitrine et s’avachissant légèrement, cherchant là à montrer sa désapprobation totale envers eux. Finalement, elle poussa un long soupir et se redressa pour indiquer à Nephtys une chaise sur laquelle s’installer, lorsqu’elle se leva finalement. « Volontiers, ça m'éloignera un peu plus d'eux, là-bas. » La jeune brune regarda ailleurs, ne jugeant pas réellement utile de répondre à ça. Elle préféra se contenter de négliger une tasse de chocolat. Encore une chose qu’elle détestait, les sucreries… « C'est dommage, tu sais pas ce que tu rates. »

Tu parles d’altération du corps… Et tu crois que tout ce chocolat, il fait quoi à ton corps ? Rien de bien, soit en sûre ! Alors non, ce n’est pas dommage, c’est bénéfique au contraire ! J’ai des courbes parfaites, je ne compte pas les gâter ! Son regard s’était fait un brin critique sur elle, pourtant elle ne fit aucun commentaire de plus. A son sens, elle en avait déjà suffisamment dit et elle ne devait pas continuer, sous peine de se la mettre à dos et ce n’était plus ce qu’elle recherchait désormais. « P... pourquoi tu demandes ça ? » Billie ne regarda même pas en sa direction et haussa une épaule, pas concernée réellement par sa question. C’était vrai que ça pouvait paraître étrange venant d’elle mais… inconsciemment, elle semblait réellement s’inquiéter pour elle. J’sais pas ! J’ai jamais vu personne manger autant de chocolat qu’une déprimée et… tu as une sacré consommation ! Franche ? Où ça ? Oui bon d’accord, on n’allait pas la changer hein ? « Non, non. Mais tu devrais essayer, je suis sûre que tu deviendrais addict. Tu sais, cette femme du Dulce Loco, elle a un truc. Elle met peut-être des trucs pas nets dans ses confiseries, je me suis jamais posé la question -enfin, maintenant si. Mais goûte. Je te jure, si tu n'aimes pas, je veux bien donner le top Gucci que je porte maintenant, immédiatement, à qui tu veux dans la salle. » Enfin, la jeune femme tourna son regard vers elle, un brin abasourdie par autant de mots mis à la suite des autres. Eh oh ! T’as pas un régulateur de mot ? J’ai l’impression de parler à Luffy ! Euh… Le pire clown avec qui j’ai jamais travaillé ! Finalement, elle regarda le carré de chocolat venir vers elle et elle arbora une grimace de dégoût ! Ne rêve pas ! Tu peux garder ton haut. Il est absolument hors de question que je mange du chocolat ! Si je venais à aimer, je me détesterais toute ma vie ! Je ne veux pas de poignées d’amour juste parce que j’aurais été faible ! Ceci étant dit, elle repoussa la tasse le plus loin d’elle possible et croisa les bras de nouveau. Garde ça pour toi ! Son ton était très largement agressif, mais elle ne s’en rendait même plus compte maintenant, tellement elle l’utilisait. Mais cette proposition de chocolat… Non c’était mauvais !
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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Sam 2 Juin - 18:55

On aurait pu penser que les relations sociales étaient un fort de Nephtys Castel. Par sa présence, par son charisme et son assurance apparente, il est tout bonnement impossible de se rendre compte que lorsqu'il s'agissait de relations un peu plus profondes et sérieuses, elle était apeurée. L'expérience lui avait simplement montré qu'on finissait toujours par être blessé, et que ne restaient que les choses moins importantes. Qu'elles étaient les seules à encore vous soutenir lorsque tout le reste avait disparu. Alors, lorsqu'il s'agissait d'amitié, Nephtys était un peu perdue. Elle n'y croyait plus réellement. Luce était celle qui se rapprochait le plus de meilleure amie, et pourtant, elle ne s'imaginait pas lui racontait tous ses secrets, simplement parce qu'elle avait appris à revivre comme ça et ne voulait pas tout perdre à nouveau, réputation comprise si ses secrets venaient à s'ébruiter. Faire bonne figure devant Luce avec Billie avait été une autre paire de manche. Parce que Luce était tout de même ce qu'elle pouvait qualifier d'amie, il lui fallait bien accepter ses amis à elle, non ? Accepter Billie n'était pourtant pas une tâche facile. Lui sourire en face de Luce, mais pas forcément lui parler si le regard de l'égyptienne n'était pas posé sur elles. Il s'agissait donc là d'une relation comme Nephtys en vivait de nombreuses autres : superficielle. Billie n'était pas tellement le genre de personnes qu'elle était amenée à détester. La blonde n'était pas de celles qui étaient particulièrement exigeantes quant au caractère des personnes qu'elle fréquentait ; tout dépendait de l'ensemble. Et malgré le caractère bien trempé de Billie, la française n'avait rien à lui reprocher. Parce qu'elle la respectait malgré tout et, si on lui accordait le respect, Nephtys avait très peu de chances de vous détester.

Retrouver Billie à la cafétéria avait été un total hasard, croyez le bien -sauf si la brune avait suivi l'accro du chocolat pour savoir où elle allait s'installer, mais permettez moi d'émettre un doute quant à cette hypothèse. Les deux jeunes femmes auraient pu se contenter de faire comme elles l'avaient toujours fait : s'accorder un sourir, un éventuel « bonjour, ça va ? » on ne peut plus classique, sans même prendre la peine de répondre avec franchise que « non, aujourd'hui j'ai mes règles et terriblement mal au ventre » ou que « je n'ai toujours pas récupéré ma sœur et mon copain, je n'intégrerai jamais l'école de laquelle je me suis faite virer parce que j'étais sorcière, et comble de la chose, je suis coincée dans une école de magie en prétendant avoir un don que je n'ai pas, tout simplement parce que même en tant que sorcière, je suis médiocre. » Alors, classiquement dans ce genre de situations, les deux partis répondaient simplement « oui, et toi ? ». Et avec la superficialité du geste, il était peu rare de voir l'un des deux protagonistes répondre par cette question alors que la réponse avait été donnée 1,4 seconde plus tôt. L'art des apparences, de ne pas faire remarquer à l'autre à quel point la situation était ridicule et la conversation sans intérêt -si ce n'était justement de faire croire que. Pourtant, malgré tout cela, c'était en général l'option que Billie et Nephtys choisissaient d'un commun accord, comme n'importe qui partageant une relation aussi légère. Seulement cette rencontre ne semblait pas se dérouler comme toutes les autres. C'était pourtant la blonde qui avait commencé à parler à Billie, lui demandant si Luce était supposée la rejoindre. La conversation aurait pu s'arrêter là, c'était même sans doute l'option la plus probable. Et pourtant, les voilà maintenant installées à la même table, comme si de rien n'était, comme si elles avaient l'habitude de passer du temps toutes les deux. Comme si elles étaient... amies ? C'était loin d'être le cas, et même si traditionnellement, les amis de vos amis sont supposés être vos amis, les choses n'étaient jamais allées aussi loin entre deux anciennes Maarifa. C'était Luce qui faisait le lien, mais sans elle, on était traditionnellement face à la situation du « ça va ? » ; « oui, et toi ? » ; « génial, et toi ? » ; « on fait aller ! A plus ! ». Sauf cette fois, visiblement.

« Le contraire m’aurait étonnée. Je suis trop subtile pour son cerveau arriéré. » avait continué à clasher Billie sous le regard approbateur de Nephtys, qui était presque apeurée par la manière excessive qu'avait la dresseuse de lutin de... vivre, tout simplement. C'était hors catégorie, ce genre de comportement. « Tant qu'elle garde son cerveau arriéré loin des nôtres, ça me va. C'est peut-être contagieux, la connerie. » Ce genre de conversations ne pouvait que rapprocher deux jeunes femmes qui étaient pourtant loin d'être complices en temps normal. Mais entre filles, critiquer d'autres filles s'avérait être aussi intime que de passer dans les draps de son copain pour la première fois, copain avec qui on entretient une relation sérieuse bien entendu -la règle ne fonctionne plus pour les coups d'un soir. Et quant à parler d'amitié, c'était sans doute là une des premières vraies conversations qu'elle partageait avec Billie, notre blonde. Et à propos d'un domaine qu'elle connaissaient toutes les deux, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Ce jour-là, Nephtys ne quitterait très probablement pas la cafétéria avec des projets de soirées pyjama à organiser avec Billie, mais une chose était sûre : elles étaient en bonne voie pour devenir autre chose que des échangeuses « ça va ? ». Était tout de même venue dans les pensées de la blonde l'idée que Billie ne soit pas seule par hasard. « Je suis plus souvent seule que tu ne le crois. » avait commencé à lui répondre celle-ci en lui lançant un regard que Nephtys s'efforçait de traduire. « Je n’aime pas trop la présence de gens inutiles autour de moi. Si y’a pas Luce, je préfère rester toute seule ! ». Oh, le regard. Maintenant, elle pouvait facilement y lire un brin d'agressivité. Bon, il ne lançait pas des éclairs, mais quelque chose d'un peu moins dangereux... un petit essaim d'abeilles, quoi. Mais au moins les abeilles font du miel. Et le miel, c'est sucré. Donc positif pour Nephtys. N'est-ce pas ? N'est-ce pas... ? Bon, d'accord, la cheerleader sentait tout de même le côté réfractaire de Billie à l'idée qu'elles puissent passer du temps ensemble... Comme si elles se considéraient mutuellement dignes d'intérêt, quoi. Cependant, Nephtys ne se démonta pas. Tenace, elle passa à un autre sujet. L'alcool... Et tandis qu'elle étalait son point de vue à ce sujet, la française ne put s'empêcher de s'arrêter quelques instants en entendant le rire de Billie. C'était un rire un peu indescriptible. Nephtys aurait pu faire une grimace en entendant ce bruit dont elle n'aurait su caractériser la raison d'être, mais elle se contenta de continuer ses remarques comme si de rien n'était. Pourquoi ? Pour continuer sur du positif... Après tout, c'était parti pour être un su-per moment entre su-per copines ! Bon, d'accord, en vrai... Nephtys voulait juste donner une chance à Billie de se faire une place de confiance dans sa vie, et visiblement, c'était au moins un peu réciproque, sinon, que feraient-elles là toutes les deux à perdre leur temps ? Il y avait clairement un but -louable ou non- pour chacune d'entre elles. Autant continuer la mascarade. Et Billie semblait d'accord avec cette idée, en fait. Puisqu'elle enchaîna sur la conversation, et que mine de rien... elles se découvraient des points communs, en plus de ce goût pour critiquer les brunettes un peu trop à côté de la plaque.

« Ils méritent même pas qu’on se moque d’eux. Leur donner de l’attention, c’est encore plus alimenter leur besoin de boire ! Je préfère attirer l’attention autrement qu’en buvant comme un trou. » Nephtys ne put retenir un sourire à la réponse de son interlocutrice. Mine de rien... elles avaient des points communs, et avaient tout de même mis des mois à s'en rendre compte. « Sauf si c'est de la vraie moquerie. Il faudrait peut-être apprendre aux gens à être sincères, des fois. » Oui, c'était bien Nephtys qui parlait de sincérité. Je sais, on aura tout vu. Mais passons ce détail, sinon nous pourrions très facilement écrire une dissertation de six parchemins. Mais ça, tout le monde n'est pas censé le savoir. « Et puis tu sais, tout le monde ne peut pas attirer l'attention comme certains le peuvent naturellement. Ils doivent faire avec ce qu'ils ont... à savoir l'alcool. Des fois, je les plains. Le reste du temps, ils me font juste pitié. » Visiblement, elles étaient réellement sur la même longueur d'onde. Billie montrait sa désapprobation envers ce groupe de... personnes, et en arriva même à proposer à Nephtys de la rejoindre, ce que la jeune femme fit volontiers. Comme pour la remercier, celle-ci lui proposa du chocolat (et attention, elle ne partageait pas son chocolat avec tout le monde et n'importe qui !). « C'est dommage, tu sais pas ce que tu rates. » avait-elle fait remarquer lorsque la brune avait refusé sa proposition. Elle ne comprendrait jamais comment certains pouvaient être immunisés contre le charme du chocolat. Peut-être une mutation, quelque chose qui avantagerait ces individus lorsque le cacao viendrait à manquer dans le monde et que les accros ne pourraient plus supporter la vie au point de l'abandonner. Les quelques immunisés au charme du chocolat devraient alors repeupler le monde et... passons. Billie ne voulait pas de chocolat, accordons lui l'erreur. De toute façon, Nephtys s'était faite sortir de ses rêveries par une remarque critique de Billie. « Tu parles d’altération du corps… Et tu crois que tout ce chocolat, il fait quoi à ton corps ? Rien de bien, soit en sûre ! Alors non, ce n’est pas dommage, c’est bénéfique au contraire ! J’ai des courbes parfaites, je ne compte pas les gâter ! » La blonde se raidit sur sa chaise, à la fois offensée que sa collègue pense qu'elle martyrise son corps et outrée qu'elle sous-entende que ses courbes à elle, Nephtys Castel, n'étaient pas harmonieuses. Les kilos en trop étaient une de ses phobies, et si elle se permettait de fondre devant du chocolat (... beuhahaha /sbaf/), c'était bien parce qu'elle se savait sportive. Et qu'elle connaissait assez le chocolat pour en faire l'éloge. Attendez, vous allez voir ça... Son troisième prénom, c'est Wikipédia ! « Il ne faut pas croire tout ce qu'on lit dans les magazines, tu sais. Le chocolat a un fort pouvoir antioxydant qui limite l'oxydation du cholestérol et donc l'obstruction des vaisseaux. Ca diminue les risques de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Je te parle même pas des effets psychologiques qu'il peut avoir avec sa fonction stimulante de sécrétions d'hormones. En plus de ça... le chocolat a une valeur calorique faible, en fait. » Elle s'était forcée à rajouter un « en fait » comme un moldu aurait rajouté un smiley ou un lol à la fin d'un message pour paraître moins sec. Mais au fond, Nephtys restait offensée de ce que lui avait balancé Billie en plein visage, et elle comptait bien se défendre bec et ongles. Voire griffes, s'il fallait en arriver là. Mais jamais, ô grand jamais, elle ne laisserait quelqu'un critiquer sa manière de prendre soin d'elle. Elle prenait soin de son corps et de sa santé, c'était un fait, et ce n'était pas un fait qu'il fallait critiquer. Alors même si, comme à son habitude, elle essayait de ne pas laissant transparaître ses émotions, elle imaginait bien que son discours, peut-être un peu trop spontané, pouvait éveiller des soupçons chez son interlocutrice. Mais passons.

Et puis elle lui demanda... si elle était déprimée ? Et bientôt, elles se feraient des tresses, c'est ça ? Oui, Nephtys était un brin braquée, mais rassurez-vous, ça ne durerait sans doute pas bien longtemps. En effet, la voilà maintenant sur ses gardes, buvant les paroles de Billie en cherchant une porte de sortie. « J’sais pas ! J’ai jamais vu personne manger autant de chocolat qu’une déprimée et… tu as une sacré consommation ! » Nephtys opta pour l'indifférence et haussa les épaules. « Même si la plupart des filles déprimées mangent du chocolat, la réciproque n'est pas vraie, tu sais. Il faut mieux avoir ce vice là que... celui de l'alcool. » commenta-t-elle en jetant un coup d’œil significatif vers l'autre table dont, fort heureusement et grâce à Billie, elle s'était un peu plus éloignée.

Et finalement, pourquoi s'arrêter là ? Nephtys allait réussir -bon, peut-être pas aujourd'hui, d'accord...- à faire succomber Billie à la douceur chocolatée ! « Eh oh ! T’as pas un régulateur de mot ? J’ai l’impression de parler à Luffy ! Euh… Le pire clown avec qui j’ai jamais travaillé ! » avait répondu la brune à son défi. Dire qu'elle était prête à donner son top Gucci... bon d'accord, ce n'était pas la dernière collection, mais elle y était très attachée. Elle se souvenait encore des mains d'Ezra qui jouaient avec le tissu... bref, passons. Sinon, on retournait dans la case déprimée qu'elle ne s'autorisait à ouvrir que lorsqu'elle était sûre d'elle seule. Nephtys prit donc un carré de chocolat qu'elle tendit à son interlocutrice, qui le regarda... avec un air de dégoût. Comment était-ce possible ? I-mmu-ni-té ! « Ne rêve pas ! Tu peux garder ton haut. Il est absolument hors de question que je mange du chocolat ! Si je venais à aimer, je me détesterais toute ma vie ! Je ne veux pas de poignées d’amour juste parce que j’aurais été faible ! Garde ça pour toi ! » Le ton s'était fit plus aggressif d'un coup... Nephtys récupéra donc la tasse dont elle but une gorgée en observant Billie. « Je sais pas comment je dois prendre tout ce que tu viens de dire, mais tu vois, grâce au chocolat et la sécrétion d'endorphines qu'il a permis, je reste calme et souriante. » Elle ponctua sa phrase d'un petit rire amusé, tentant de montrer là que « oui j'ai compris que tu me trouvais faible et grosse, mais je vais te pardonner parce que j'arriverai à te faire manger du chocolat. » Avec un sourire entendu, elle passa au stade suivant. « Je pourrais faire l'éloge à Luce de ta gentillesse auprès de moi, tu sais. Plutôt que lui dire que tu refuses de partager des moments sympas avec une de ses amies. » Passant une main dans ses cheveux, elle se contenta de sourire en croquant dans un carré de chocolat, haussant un sourcil entendu. Game on.

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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Jeu 14 Mar - 20:21


Etonnamment, Billie était à l’aise avec son ancienne ennemie. Parce qu’elle se rendait compte, petit à petit, qu’elles avaient beaucoup de points communs et qu’au final, parler avec elle n’était pas très difficile. Il suffisait de regarder autour d’elles, pour trouver beaucoup de sujets de discussion. « Il ne faut pas croire tout ce qu'on lit dans les magazines, tu sais. Le chocolat a un fort pouvoir antioxydant qui limite l'oxydation du cholestérol et donc l'obstruction des vaisseaux. Ca diminue les risques de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Je te parle même pas des effets psychologiques qu'il peut avoir avec sa fonction stimulante de sécrétions d'hormones. En plus de ça... le chocolat a une valeur calorique faible, en fait. » La brunette arqua un sourcil étonné, avant de pousser un long soupir d’ennui. Bon d’accord, le chocolat, ce n’était pas totalement mauvais pour le corps. Cependant elle savait bien une chose, jamais elle n’en mangerait. Elle se savait incapable de s’arrêter de manger quelque chose qu’elle adorait. Et si le chocolat était si bon pour le corps, ça n’était qu’en quantité raisonnable, mais pas pour quelqu’un qui ne saurait s’arrêter. En véritable boulimique, Billie serait capable de se goinfrer jusqu’à être malade, et surtout jusqu’à devenir une baleine. Ce fût alors avec une moue dubitative qu’elle lui répondit, avant de changer complètement de sujet.

Déprime, chocolat, tout ça était lié très étroitement dans l’esprit de la roumaine, qui n’attendait qu’une chose, savoir si Nepthys était vraiment déprimée, ou au contraire, simplement accroc à cette chose. Dans un cas comme dans l’autre, Billie ne pourrait être attirée par sa consommation et ce n’était pas plus mal. « Même si la plupart des filles déprimées mangent du chocolat, la réciproque n'est pas vraie, tu sais. Il faut mieux avoir ce vice là que... celui de l'alcool. » Les lèvres pincées, la jeune acrobate médita le sens de ses paroles, avant de finalement pousser un soupir. Bon très bien, si tu insistes. Le chocolat est merveilleux. Mais pas assez pour que j’en consomme. Bien sûr, elle n’avait dit ça que pour lui faire plaisir. Pour une fois qu’elle avait envie d’être gentille avec quelqu’un. Bon, gentille à la Billie bien sûr, parce qu’elle ne pouvait s’empêcher quelques petites remarques acerbes ou de simples commentaires un peu méprisant. Après tout, c’était dans sa nature et même avec Luce, elle se comportait ainsi. « Je sais pas comment je dois prendre tout ce que tu viens de dire, mais tu vois, grâce au chocolat et la sécrétion d'endorphines qu'il a permis, je reste calme et souriante. » Hum ? La brunette haussa un sourcil avant de se tourner vers elle, un petit sourire peiné aux lèvres. Elle ne l’avait pas réellement écoutée. Après tout pour elle, la discussion avait été close quelques minutes plus tôt par sa dernière intervention, cependant ce n’était pas tout à fait le cas et elle devait se remettre dans le bain. Ses lèvres se tordirent en une moue étrange, avant qu’elle pousse un long soupir. « Je pourrais faire l'éloge à Luce de ta gentillesse auprès de moi, tu sais. Plutôt que lui dire que tu refuses de partager des moments sympas avec une de ses amies. »

Soupir qui se stoppa dans sa gorge alors que les paroles de la blonde s’insinuaient dans son esprit. Quoi ? Elle refusait de passer un moment sympa avec elle ? Alors que faisait-elle depuis quelques minutes ? Du tricot ? Ses yeux lancèrent des éclairs soudain et elle se détourna, blessée malgré elle. Cherchant à s’ouvrir à son ancienne ennemie, elle ne récoltait que des paroles un brin assassines, qui ne lui plaisaient pas du tout. Ca se fait pas ce que tu fais. Moi, je refuse de passer un moment avec toi ? Je fais des efforts là, si ma façon de parler te pose problème, c’est pas le mien. Elle croisa les bras sur sa poitrine, refusant de la regarder en face. Tout ça ne lui plaisait pas du tout. Faire des efforts, se faire accueillir comme ça, n’avait rien d’agréable. Ca ne lui était pas venu à l’esprit que Nephtys aurait pu vouloir dire tout autre chose. Non, dans son esprit, elle n’avait dit que des choses méprisantes à son égard, au moment même où elle essayait de passer à autre chose à son égard. Je te rappelle quand même, que c’est toi qui a quelque chose à te faire pardonner, et non le contraire. Je n’ai jamais été désagréable avec toi, jusqu’au moment où tes potes et toi l’ont été. Discussion du passé, mais ça lui semblait évident de remettre ça sur le tapis. Elle aurait beau s’en défendre bec et ongles, la réaction de Nephtys lui faisait du mal, vraiment, et elle était à deux doigts de quitter la table, avec la ferme intention de ne plus jamais faire d’efforts à son égard. Tu n’as peut être pas tant changé que ça en fait.
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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Dim 31 Mar - 22:02

Nephtys avait toujours été manipulatrice. Ou du moins, tout aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir. C'était comme ça qu'elle fonctionnait, c'était comme ça que ça marchait, c'était comme ça qu'on la voyait. Pourquoi changer la seule chose dans laquelle elle excellait ? Elle pouvait se bâtir tout un monde, un monde où elle savait tout, régnait en maîtresse avec le sourire enjôleur qui lui offrait tout sur un plateau d'argent. De toute façon, elle ne savait pas vivre autrement. Parce qu'on lui avait toujours tout donné, parce que sa mère l'avait éduquée comme une princesse, et parce que Shérine avait fait d'elle la reine irrespectueuse qu'elle était maintenant. Elle n'était pas de celles qui n'obtenaient pas ce qu'elles voulaient. Et lorsqu'il s'avérait que c'était le cas, lorsqu'elle avait perdu Ezra et Isis, la chute n'en avait été que plus douloureuse. Alors, tant que c'était possible, elle se devait de maitriser la situation. D'obtenir ce qu'elle désirait, de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Ou de montrer qu'elle ne le laisserait pas faire. Nephtys était puissante, dominatrice, et malgré cette fragilité qu'elle se gardait bien de dévoiler à quiconque, c'était là ce qui transparaissait lorsqu'on la croisait. Elle était de celles qui impressionnaient par leur prestance et leur charisme ; elle était de celles que l'on pouvait facilement prendre pour une amie, parce que c'était comme ça qu'elle fonctionnait. Parce que son but était d'être aimée, pas détestée. Et si pour cela elle devait prétendre une tout autre personne que celle qu'elle était réellement, elle ne se gênerait pas. Elle ne se gênait plus. On devait l'aimer, et peu importaient les moyens qu'elle avait à mettre en œuvre pour y parvenir. Elle n'existait qu'à travers le regard des autres. Pas que ça ait été inné, au contraire. Mais elle avait été élevée dans l'image, dans la parade, dans l'optique de paraître toujours au mieux. Voilà ce qui avait fait d'elle ce qu'elle était : sa famille, ses fréquentations. Si elle le regrettait ? Pas vraiment. Elle ne voyait pas en quoi vouloir être aimée était mal. Parfois, cependant, elle regrettait les moyens utilisés pour attirer l'amour des gens. Elle repensait parfois à ce moment où elle avait fait croire à Ezra qu'elle était enceinte pour le garder à ces côtés. Et elle le savait, c'était à ce moment-là qu'elle l'avait perdu pour de bon. Les mensonges n'avaient pas que des bons côtés. Pas plus que le chantage. Mais c'était de cette façon qu'elle fonctionnait, parce que c'était tout ce qu'elle connaissait. Et, cette fois-ci, face à elle, elle avait Billie la terrible. Cette Billie qu'elle n'acceptait pas aux côtés de Luce, comme elle ne l'acceptait pas elle-même. Pourtant, il aurait semblé qu'elles étaient sur la même longueur d'onde. Un instant. Jusqu'à ce qu'elles parlent de chocolat; et il ne fallait pas s'opposer à Nephtys sur le terrain glissant du chocolat. « Bon très bien, si tu insistes. Le chocolat est merveilleux. Mais pas assez pour que j’en consomme » concédait la roumaine, visiblement à regrets, et plus agacée que réellement sincère. La façon dont elle avait tourné la phrase fit arquer un sourcil réprobateur à Nephtys. Donc elle ne consommait que la crème de la crème ? Et elle, Nephtys Castel, se contentait de manger ce qu'elle trouvait sur son chemin, comme, oh tiens, du chocolat ? « Crois-moi, le chocolat est suffisamment merveilleux pour que la reine d'Angleterre en consomme. Fais pas de toi quelqu'un à part. » répliqua-t-elle simplement avec un sourire amusé en coin. Un sourire qui faisait passer le message avec douceur et humour. Pour ça, elle savait s'y prendre. De toute façon, le discours de Billie, bien qu'incroyablement pacifiste venant de sa part, continuait sur cette même note acide. Peut-être était-ce la version la plus douce de Billie que quiconque pouvait obtenir; à vrai dire, Nephtys n'en savait rien. Elle ne l'avait que trop peu fréquentée jusque-là pour se faire une idée précise du spécimen qu'elle avait pourtant préféré éviter jusqu'alors.

Son sourire était imprégné sur son visage, alors que ses yeux pétillaient, comme d'habitude. Comme à chaque fois qu'elle devait arborer ce magnifique masque du paraître. Si Billie jouait à un jeu ? Elle ne le savait pas. Mais chacune de ses paroles était acerbe et piquante, aussi il n'en fallait pas davantage à la française pour démarrer ce jeu dans lequel elle avait l'habitude d'exceller. « Ça se fait pas ce que tu fais. Moi, je refuse de passer un moment avec toi ? Je fais des efforts là, si ma façon de parler te pose problème, c’est pas le mien. ». Piquée au vif, Billie semblait ne pas comprendre d'où lui était venue cette petite menace nephtyssienne. « Je parlais d'un moment sympa. Soit on a pas la même définition du mot et tu considères que sous-entendre que je sois faible et pas assez bien pour résister à l'appel d'un douceur n'est pas un outrage à tes yeux ; soit ta sympathie je suis loin de l'obtenir, quoiqu'il arrive. » Ce même air calme sur son visage, Nephtys s'adossa à sa chaise en engloutissant la dernière gorgée de chocolat que contenait sa tasse de faïence. Elle reposa celle-ci sur sa coupelle en écoutant la suite du sermon de la brune. « Je te rappelle quand même que c’est toi qui a quelque chose à te faire pardonner, et non le contraire. Je n’ai jamais été désagréable avec toi, jusqu’au moment où tes potes et toi l’ont été. » Oui, elle marquait un point... Mais Nephtys ne se démonta pas, loin de là. Ca appartenait au passé. Elle devait reconstruire sa propre image, maintenant que Shérine n'était plus là. Elle n'avait jamais été qu'une spectatrice plus ou moins passive, mais maintenant, elle était toute seule. Et tout ce qui avait fait la fierté de Shérine lui retombait sur les épaules. Qu'en était-il des deux autres ? Elle ne voulait pas le savoir. Elle ne les avait jamais réellement appréciées. Seule Shérine avait su la charmer à sa façon. Croisant les bras sur sa poitrine, toujours adossée à sa chaise, Nephtys, toujours aussi calme, répliqua : « Non, si on y repense, moi je n'ai rien à me faire pardonner. Je n'ai jamais rien lancé contre toi, il faut savoir se méfier des apparences. » Mais il était vrai que son cœur se serrait rien que de penser à tous ceux qui avaient subi les affres de Shérine. Billie... Isis. Elle aurait tant à se faire pardonner si elle avouait une seule seconde que la roumaine pouvait avoir raison. Mais elle ne concéderait pas. Jamais. « Et je pense que la coupable a suffisamment payé. » Virée à la fin de sa septième année à la suite d'un vicieux piège qui lui avait tendu... Un travail de maître, ceci dit. Mais vis-à-vis de ses ambitions, la fin d'un monde. Même si elle ne lui avait jamais avoué, Shérine avait dû être détruite. Mais comment Nephtys pouvait-elle éprouvait de la sympathie pour celle qui l'avait fait devenir ce qu'elle était, celle qui lui avait fait perdre ceux qui comptaient le plus à ses yeux ? Parce que dans la vie, rien n'est tout blanc ou tout noir. Rien qu'un dégradé de gris. « Tu n’as peut être pas tant changé que ça en fait. » Se penchant au-dessus de la table, Nephtys observa Billie de haut en bas, avant de trouver les mots exacts. « Ne prétends pas que tu m'as jamais connu, c'est faux. Et je vais te dire quelque chose, Billie, c'est qu'entre nous, si y'en a une qui rabaisse l'autre ici, c'est toi. Et je me laisserai pas faire. » Loin d'être furieuse, Nephtys gardait ce calme indéfectible. Ce n'était pas elle qui avait rabaissé Billie... Ce n'était pas elle qui avait sous-entendu qu'elle était faible, qui avait refusé de partager du chocolat avec elle. Ce qui, soit dit en passant, représentait un des plus beaux gestes de paix qu'elle pouvait offrir. Donc avant que la seconde guerre mondiale de 78 n'éclate, il était peut-être simplement temps qu'elle parlent, apprennent à se connaître et à se pardonner...

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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Dim 7 Avr - 13:49


Plus les minutes passaient, moins Billie se sentait à l’aise en présence de la blonde. Pas parce qu’elle était en train de l’écraser avec sa culture plus développée que la sienne, mais plutôt parce qu’elles ne semblaient pas se comprendre. Peut être les deux demoiselles étaient elles beaucoup trop différentes pour s’entendre, même un minimum. Malgré cette constatation qu’elle était en train de se faire, la brunette avait décidé de faire un maximum d’efforts afin de mieux s’entendre avec l’ancienne Maarifa. Crois-moi, le chocolat est suffisamment merveilleux pour que la reine d'Angleterre en consomme. Fais pas de toi quelqu'un à part. Cette remarque failli faire rire la roumaine, qui se retint de justesse d’exprimer son hilarité. Elle préférait plutôt sourire doucement, avant de répliquer. Bah si tu le dis. Je prétends pas connaître les goûts de la Reine de chez pas où ! Non, Billie n’était pas une totale idiote, seulement elle n’aimait pas vraiment les informations inutiles. Et savoir que l’Angleterre était un pays gouverné par une reine, c’était tout aussi inutile pour elle que de savoir quelles étaient les propriétés du chocolat. Et je suis quelqu’un à part. Depuis toujours et à jamais ! Il ne fallait pas que la blonde perde de vue avec qui elle était. Billie n’était pas ce genre de personne à vouloir être comme tout le monde. Elle se moquait bien de ce qu’on pensait d’elle. Du moins, la plupart du temps… mais quand Nephtys sembla la menacer, en utilisant Luce, ainsi qu’en prétendant qu’elle ne faisait pas d’efforts, la brune s’énerva aussi sec.

Parce qu’elle trouvait cette situation injuste. Parce qu’elle faisait des efforts de tous les diables pour avoir une conversation mature et sans relents du passé avec l’ancienne mean girl. Parce qu’elle, pour l’une des premières fois de sa vie, n’avait pas du tout envie que sa réputation s’aggrave des dires de son interlocutrice. Je parlais d'un moment sympa. Soit on a pas la même définition du mot et tu considères que sous-entendre que je sois faible et pas assez bien pour résister à l'appel d'un douceur n'est pas un outrage à tes yeux ; soit ta sympathie je suis loin de l'obtenir, quoiqu'il arrive. Etait-ce un semblant d’explication ? En tout cas, ça résonnait comme tel mais Billie n’avait pas terminé de s’exprimer et elle dirait bien tout ce qu’elle avait sur le cœur. Si elle n’avait jamais été réellement blessée des remarques acerbes de Shérine, elle voulait tout de même que la blonde se souvienne de ce passé. Et qu’elle se rende compte des efforts actuels de la roumaine pour passer du temps avec elle, malgré ça. Non, si on y repense, moi je n'ai rien à me faire pardonner. Je n'ai jamais rien lancé contre toi, il faut savoir se méfier des apparences. Et je pense que la coupable a suffisamment payé. A ces mots, Billie s’énerva plus encore si c’était possible. Alors comme ça, Nephtys se dédouanait de tout ? Tu n’as peut être pas tant changé que ça en fait. Ne prétends pas que tu m'as jamais connu, c'est faux. Et je vais te dire quelque chose, Billie, c'est qu'entre nous, si y'en a une qui rabaisse l'autre ici, c'est toi. Et je me laisserai pas faire. Les sourcils de la brune se froncèrent et ses yeux semblèrent lancer des éclairs pendant plusieurs secondes. Et puis finalement, tout aussi rapidement qu’elle s’était énervée, elle se calma.

Ses yeux toujours braqués sur elle, elle poussa une longue respiration, avant de finalement laisser sa voix s’élever, plus calme que l’on aurait pu l’imaginer. Tu ne m’as pas compris. Tu t’es offusquée d’une remarque sur mes courbes parfaites non ? Et bien voilà un scoop, tu sais manger des doses correctes pour que les tiennes le reste aussi ! Je ne parlais que de moi ! Je mange du chocolat, je deviens boulimique ! Voilà c’est clair comme ça ? Son ton monocorde était presque plus agressif que si elle avait haussé la voix. Après tout, la brune n’aimait pas se confier, pas du tout et elle ne comprenait pas pourquoi elle se sentait obligé de le faire auprès d’elle. Ce n’était pas son amie. Elle ne prévoyait pas de le devenir réellement. Cependant il y avait une chose qu’elle ne voulait pas, et c’était décevoir Luce. Tu as à te faire pardonner Nephtys ! Parce que tu n’as jamais rien fait. Tu n’as jamais empêché Shérine de faire ce qu’elle faisait ! Ca te rend tout aussi coupable qu’elle. Et si tu n’es pas capable de t’en rendre compte, moi j’arrête là ! Je ne peux pas essayer de faire des efforts pour quelqu’un qui ne prend pas ses responsabilités. Toujours cette voix monocorde, comme sur le point de se briser. Billie n’aimait pas du tout la tournure des évènements, mais elle avait promis de faire des efforts, alors elle en faisait. On pourrait marquer cette journée d’une pierre blanche ! En tout cas, tu as raison sur un point. Je ne te connais pas ! Je ne t’ai jamais connu ! Parce que tu ne méritais pas. J’ai cru que maintenant c’était le cas. Je n’en suis plus aussi certaine ! Cette fois elle s’était animée. Ses yeux étaient redevenus agressifs et malgré sa voix doucereuse, on ne pouvait douter que l’échange pouvait s’arrêter maintenant. Tout dépendrait de l’attitude de la blondinette.
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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Dim 14 Avr - 14:48

Elle aurait pu avoir le monde qu'elle n'aurait sans doute pas été heureuse pour autant. A force de rechercher la perfection dans tout ce qu'elle était et faisait, elle n'était très sûre de savoir ce qui aurait pu la rendre heureuse. Elle ne vivait que pour l'impossible, que dans le but chimérique que tout le monde l'aime, quitte à devenir une femme qu'elle n'était pas. Elle considérait qu'elle ne pourrait être heureuse que lorsque tout le monde l'aimerait, mais même en considérant que l’inaccessible puisse être atteint, ressentirait-elle vraiment le bonheur après lequel elle courrait après tant d'années ? Rien n'était moins sûr. C'était comme si elle cherchait à combler une plaie béante, un gouffre sans fond que son passé avec creusé à l'aide de tous ces regrets et remords accumulés. Celui d'avoir été sorcière, de ne pas avoir su le cacher, et d'avoir regardé son rêve de danseuse s'éloigner d'elle alors qu'elle rentrait à Maarifa. Celui de s'être retrouvée dans le dortoir de Shérine, celui d'être tombée dans son jeu, celui de ne pas avoir su défendre celle qui représentait tout à ses yeux. Celui d'avoir perdu sa sœur, celui de ne pas avoir su garder Ezra à ses côtés. Et maintenant, celui de doucement tomber pour un autre homme, un autre homme qui se jouerait d'elle, sans aucun doute... Quel était son réel but dans la vie ? A dire vrai, elle n'en avait plus aucun. Alors elle devait contrôler ce qui l'était... La vision que les autres avaient d'elle, c'était tout ce qui lui restait. Elle devait être irréprochable. Pas un cheveu de travers, pas un mot maladroit. Et pourtant, la voilà qui venait de faire une rechute face à celle qui pourtant, faisait des efforts qu'elle ne semblait pas remarquer. Si elle devait être parfaite, alors il devait en être de même des autres. Et Billie n'avait pas usé des meilleurs termes face à elle. « Bah si tu le dis. Je prétends pas connaître les goûts de la Reine de chais pas où ! » avait-elle lancé lorsque Nephtys lui faisait remarquer que tout le monde était égal -peut-être ironique de sa part, me direz-vous, mais passons. A l'énonciation de ces mots, la blonde haussa un sourcil surpris. La reine de je sais pas où ? Alors, sarcastique, elle répondit : « L’Angleterre... tu sais, l'île, au nord de l'Europe. Là ils font du thé et des chapeaux bizarres... » Adossé à sa chaise, les bras croisés, la française observait son interlocutrice, inquisitrice. « Tu peux prendre Karl Lagerfeld, ça marche aussi. Il le dira jamais, mais je suis sûre qu'il aime le chocolat, aussi. Il en mange en cachette. » Pourtant, Billie n'en démordait pas. « Et je suis quelqu’un à part. Depuis toujours et à jamais ! » En temps normal, Nephtys l'aurait sans doute caressée dans le sens du poil en acquiesçant sagement, mais ses remarques acerbes n'étaient pas passées. Pas encore. Il ne suffit pas de faire danser un petit singe avec des cymbales près d'une maison en feu pour oublier ce qui se trame du côté de l'incinérateur improvisé. Sans lâcher la brunette du regard, Nephtys fit simplement remarquer ce dont elle s'était rendue compte bien des années auparavant, non sans en avoir souffert. « La vérité, c'est qu'on est tous plus ou moins les mêmes, et je te parle même de chocolat. A la fin de la journée, tout ce qu'on veut, c'est être heureux. » Avec une pointe d'amertume, elle détourna son regard pour le laisser se promener sur la pièce, où l'agitation de l'heure était presque revigorante. Toute cette vie la rassurait, et pourtant, elle lui rappelait aussi qu'en fin de compte, elle était pratiquement seule. Elle avait envie de revoir Gaël, pour oublier... juste un peu. Juste pour apaiser ses souffrances, juste pour s'oublier quelques heures. Pour être heureuse, un tout petit peu; comme en échantillon. Parce que le format original était trop onéreux.

Mais en face d'elle se tenait toujours Billie, celle qui avait su se mettre en avant tout en la repoussant en arrière. Alors la voilà qui l'assénait de remarques, à son tour. Peut-être était-ce injuste et déplacé, mais Nephtys ne le voyait pas de cet œil. Elle n'aimait pas qu'on ne la respecte pas, tout simplement parce que c'était montrer délibérément qu'on ne l'aimait pas. Et Billie était bien du genre à montrer à ceux qu'elle n'appréciait pas que c'était cas ; cette fois peut-être plus subtilement qu'à l'accoutumée, certes, mais finalement, l'impact sur la française était le même. Et en tant que Nephtys Castel, elle se devait de répondre aux attaques de la brune sans se laisser faire. Le regard de celle-ci fit passer de nombreux messages au fur et à mesure que la cheerleader, calme, exposait son point de vue. Mais finalement, celui qui prima au moment où ce fut à elle de reprendre la parole, fut le calme. Un calme presque inquiétant, lorsque l'on connaissait la jeune femme, même de loin. « Tu ne m’as pas compris. Tu t’es offusquée d’une remarque sur mes courbes parfaites non ? Et bien voilà un scoop, tu sais manger des doses correctes pour que les tiennes le reste aussi ! Je ne parlais que de moi ! Je mange du chocolat, je deviens boulimique ! Voilà c’est clair comme ça ? » lui asséna-t-elle sans élever la voix, presque de glace face aux révélations qu'elle apportait. Nephtys ne se souvenait pas avoir vu Billie aussi calme un jour, mais ce qu'elle lui dit la toucha de plein fouet. Parce que c'était comme si elle se confiait à elle, tout en expliquant qu'elle n'avait rien sous-entendu sur son état pondéral. Haussant les épaules comme pour faire paraître cela normal, comme pour tranquilliser celle qui venait de se confier sur un fait bien trop personnel pour une relation comme la leur, Nephtys répliqua simplement : « Si tu manges trop de chocolat, tu peux compter sur quelqu'un pour te forcer à faire un peu de sport et normaliser tes folies, et tout ira bien. » Et oui, ce quelqu'un avait de longs cheveux blonds, était assise en face de Billie et utilisait le sport comme seul échappatoire à ses extravagances caloriques. Ce quelqu'un fixa la brune dans les yeux quelques instants, comme pour faire passer à travers son regard bleu tout ce qu'elle ne saurait jamais dire avec des mots. Et en l’occurrence, que toute souffrance pouvait être allégée lorsqu'on la partageait avec quelqu'un. Mais ça, elle ne le dirait jamais, surtout à quelqu'un comme Billie, avec qui la relation qu'elle partageait n'en était qu'à ses prémices. « Tu as à te faire pardonner Nephtys ! Parce que tu n’as jamais rien fait. Tu n’as jamais empêché Shérine de faire ce qu’elle faisait ! Ca te rend tout aussi coupable qu’elle. Et si tu n’es pas capable de t’en rendre compte, moi j’arrête là ! Je ne peux pas essayer de faire des efforts pour quelqu’un qui ne prend pas ses responsabilités. » surenchérit son interlocutrice alors que le sujet de Shérine venait de s'incruster dans leur conversation comme Lanvin chez H&M -deux mondes qui n'avaient donc rien à voir, soyons bien d'accord. Nephtys se mordit la lèvre alors que, pour unes de premières fois depuis Isis, quelqu'un lui reprochait la relation particulière qu'elle avait entretenue avec celle qu'elle avait alors considéré, à tort, comme sa meilleure amie. « C'est un peu plus facile de faire ce genre des reproches sans connaître la vraie situation. Tu aurais tout aussi bien pu être à ma place, c'était une question de probabilités, sauf que ça m'est tombé dessus. Et que personne ne sait comment il réagirait dans une situation donnée. Je vais pas m'excuser ne pas avoir su tenir tête à Shérine. » Elle était prête à continuer, à décrire l'amitié particulière qui les avait unies. Elle était prête à lui expliquer que Shérine avait été la seule à l'accepter comme elle était en première année, qu'elle avait fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui, dans le bon comme dans le mauvais, peut-être même d'ailleurs davantage dans les souffrances... Si quelqu'un subissait les conséquences de la complaisance de Shérine au quotidien, c'était bien Nephtys. Elle avait perdu son Amour, elle avait perdu sa sœur, elle avait perdu ses repères, et elle s'était rendue compte qu'elle n'était plus rien sans elle. Était-ce là une preuve de l'amitié qui les unissait ? Au contraire. Et ce n'était pas à Billie de lui faire la leçon pour quelques mots qui avaient pu la faire souffrir. Nephtys en subirait les conséquences pendant des années, voire beaucoup plus. Et alors que dans ses yeux s'alluma une étincelle d'animosité, la brune reprit de plus belle. « En tout cas, tu as raison sur un point. Je ne te connais pas ! Je ne t’ai jamais connue ! Parce que tu ne méritais pas. J’ai cru que maintenant c’était le cas. Je n’en suis plus aussi certaine ! ». De mieux en mieux... La blonde haussa les épaules, alors que son cœur se serrait. Elle ne l'aimait pas. Et même si elle prête à changer beaucoup de choses pour qu'on l'apprécie, elle ne s'excuserait pas du comportement qu'elle aurait pu avoir des années auparavant. Ce n'était pas à elle de le faire, et elle en avait marre de subir les conséquences du capharnaüm qu'avait engendré Shey partout où elle passait. « C'est sympa de décréter qu'une personne mérite ceci ou cela sans la connaitre. C'est comme ça que des sorciers ont été brûlés à Salem. Ou que les gitans ne sont réellement acceptés nulle part. » Oui, elle avait été incisive sur ce coup-là, probablement. Mais elle ne faisait que répondre que le même ton que Billie. Elle la fixa, redoutant intérieurement sa réaction. Si elle n'était pas capable de comprendre son point de vue à elle, alors effectivement, il n'y avait aucune raison que leur échange se poursuive. Elles ne seraient probablement jamais d'accord sur la seule part de passé qu'elles partageaient. Mais cela comptait-il vraiment ?

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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Mar 14 Mai - 17:22


Les bras croisés, la jolie Maarifah écoutait la seconde, même si au final, elle n’avait pas grand intérêt pour ce qu’elle disait. Que cette reine boive du thé au petit déjeuner avec du chocolat était le dernier de ses soucis, aussi ne répondit elle pas à ses petites précisions culturelles. Elle préférait de loin rappeler à la blondinette qu’elle n’avait rien d’une personne normale. Et surtout qu’elle ne voulait absolument pas ressembler à toutes ces filles sans aucune personnalité. Elle avait bien trop à cœur d’étonner et d’être à part, pour se normaliser. La vérité, c'est qu'on est tous plus ou moins les mêmes, et je te parle même de chocolat. A la fin de la journée, tout ce qu'on veut, c'est être heureux. Les sourcils soudain froncés, elle médita pendant plusieurs secondes sur ce qu’elle venait de dire. Est-ce qu’elle aussi, tout ce qu’elle voulait, c’était être heureuse ? Pas vraiment… C’est peut être le cas pour la plupart des personnes. Pas moi. Ce que je veux à la fin de la journée, c’est être tranquille. Et à la fin de l’année, retrouver mes parents. On est jamais vraiment heureux. Même quand on croit l’être, il y a toujours un nuage pour venir faire chier. La jeune brune ne se rendait pas vraiment compte de tout ce qu’elle était en train de dire. Enfin, elle savait très bien ce qu’elle disait, mais elle n’avait pas conscience de l’impact que ça pouvait apporter. Billie n’était pas franchement du genre à se questionner dix mille ans avant de parler. Toujours franche et cash, elle préférait dire les choses avant de s’embourber dans un marasme de non-dits. Alors oui, elle venait de confier qu’elle avait quelques problèmes de limitations, sur un ton presque identique à celui qu’elle aurait utilisé pour parler de la pluie tombante. Tout comme elle venait d’avouer son manque de confiance envers le bonheur. Tout ça, sans sourciller, sans même se demander si son interlocutrice voulait entendre tout ça. Si tu manges trop de chocolat, tu peux compter sur quelqu'un pour te forcer à faire un peu de sport et normaliser tes folies, et tout ira bien.

Surprise malgré elle, Billie essaya de plonger son regard dans celui de la danseuse. Est-ce qu’elle parlait d’elle à l’instant ? D’un côté, elle avait vraiment envie d’y croire, de l’autre… elle savait que cette fille portait un lourd bagage de méchancetés et piques amères. Peut être était-ce un de ses jeux. Maintenant que Shérine n’était plus là, c’était peut être elle qui menait la danse. Beaucoup plus discrètement, sournoisement et pourquoi pas, beaucoup plus insidieusement. Je n’ai besoin de personne pour me forcer à faire du sport. J’en fais déjà bien assez par moi-même. Néanmoins, elle avait tendu la main vers le chocolat, avant de se raviser et de la ramener contre sa poitrine. Elle avait terriblement envie de faire confiance à Nephtys, mais quelque chose en elle, l’empêchait de se laisser totalement aller. C’était pour cette raison qu’elle venait de relancer le sujet Shérine entre elles. Pour être sûre peut être, pour savoir si elle était en train de se faire une amie ou bien si elle était en train d’alimenter la succession. C'est un peu plus facile de faire ce genre des reproches sans connaître la vraie situation. Tu aurais tout aussi bien pu être à ma place, c'était une question de probabilités, sauf que ça m'est tombé dessus. Et que personne ne sait comment il réagirait dans une situation donnée. Je vais pas m'excuser ne pas avoir su tenir tête à Shérine.

Sans dire un mot d’abord, Billie continua de l’observer, comme pour essayer de jauger sa sincérité, mais finalement, elle n’y tint plus et se lança. Tout simplement dans une dernière réplique, mi-figue, mi-raisin. En tout cas, tu as raison sur un point. Je ne te connais pas ! Je ne t’ai jamais connue ! Parce que tu ne méritais pas. J’ai cru que maintenant c’était le cas. Je n’en suis plus aussi certaine ! C'est sympa de décréter qu'une personne mérite ceci ou cela sans la connaitre. C'est comme ça que des sorciers ont été brûlés à Salem. Ou que les gitans ne sont réellement acceptés nulle part. Ses sourcils se froncèrent et elle était à deux doigts de se lever, pour arrêter de lui parler. Cependant, quelque chose en elle lui disait qu’elles étaient sur la bonne voie. Qu’elles étaient en train d’évoluer, l’une comme l’autre, vers un tout nouveau type de relation. Alors, c’est calmement, plus qu’on aurait pu le croire vu ce que la blonde venait de dire, qu’elle reprit la parole, essayant de toutes ses forces de ne pas réagir à l’attaque. Tu as probablement raison. C’était une question de probabilités, que je devienne une suivante de Shérine… Sauf que jamais, je dis bien, jamais, je n’aurais pu être dans ta situation. Pour une seule et simple raison. Je me moque complètement de ce qu’on peut dire de moi. Shérine m’a pourri pendant de longues années, ça n’a pas fait de moi une de ses lèches bottes. Je n’avais absolument aucune envie de lui plaire, alors je n’ai jamais cherché à le faire. Parce que n’est ce pas ça au fond ? Tu voulais lui plaire non ? Faire partie de toutes ces filles que l’on regarde.

Elle esquissa l’ombre d’un sourire, comme pour signifier qu’elle n’était pas en train de la juger, ni même de la vanner. C’est d’ailleurs pour ça que je te parle aujourd’hui. Parce que tu ne cherches plus à faire partie des filles en vogue. Tu commences enfin à réfléchir par toi-même. Et c’est pour cette raison que je suis assise avec toi. Beaucoup plus que pour la simple envie de faire plaisir à Luce. Le visage de la brune était visiblement détendu et elle avait l’impression d’avoir passé un cap important. Peut être le premier pas vers une toute nouvelle amitié. Parce que oui, malgré toutes les choses un peu méchantes qu’elle venait de dire, elle était vraiment de train de lui faire des compliments.
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MessageSujet: Re: The road to success is always under construction. {Billie}   Mer 21 Aoû - 23:30



It all crept up on you, in the night it got you
And plagued your mind, it plagues your mind
Do you like the person you've become?


Être jugée pour Nephtys avait toujours été la pire de ses craintes. Plus qu'une simple peur, le temps en avait fait une phobie. Pourtant, le jugement de quiconque était inévitable, qu'il soit bon ou mauvais. Que les gens qu'elles croisent pensent du bien d'elle était la seule des deux possibilités qu'elle pouvait admettre, mais le fait d'être observée et écoutée seulement relevait pour elle d'une peur presque irréelle tant elle était intense. Cet instant de flottement où rien n'est joué lorsque vous rencontrez une personne pour la première fois, c'était cet instant-là qu'elle détestait vivre plus que tout. Elle détestait ce premier regard, ce sourire encore crispé qu'ont les gens que vous ne connaissez pas mais surtout, qui ne vous connaissent pas encore suffisamment pour offrir le traitement qu'ils penseraient que vous mériteriez. Être aimée et appréciée de chacun, c'était un désir qui s'était alors imposé à elle. Quitte à passer ce moment du premier regard, autant en tirer le meilleur. Et c'est pourquoi à chaque instant, à chaque seconde, chaque moment de sa vie, Nephtys s'efforçait d'être irréprochable. Réfléchir à ses moindres mots, ses mimiques, mais aussi ses actions, ses moindres faits et gestes. Certains auraient pensé que c'était invivable, mais la jeune femme n'avait eu d'autre choix de se faire à ce choix qu'elle s'était imposée bien des années auparavant. Pour être acceptée, elle devait être parfaite. Pas proche de la perfection, pas approximativement fréquentable, non... Parfaite. Avoir des notes parfaites en cours, avoir des fréquentations irréprochables, une allure et des vêtements irréprochables. La demi-mesure, elle ne se l'autorisait pas. Si elle se lançait dans quelque chose, elle devait atteindre la perfection. Et à défaut de pouvoir l'obtenir dans sa vie privée, elle s'efforçait de l'obtenir dans le reste des domaines où elle avait encore un semblant de maîtrise. Jouer avec la vie des autres comme le lui avait appris Shérine, elle n'y avait jamais réellement pris de plaisir. Mais c'était en réalisant l'impact qu'elle pouvait avoir sur l'existence de chacun qu'elle s'était rendue compte de la valeur des relations, quelles qu'elle soit. C'était comme ça qu'elle s'était rendue compte que la reconnaissance était le plus beau des remerciements, et quelle que soit la manière dont elle l'obtenait, Nephtys avait toujours su la savourer. Lorsqu'elle avait descendu Billie aux côtés de Shérine, elle l'avait vécue en tant que spectatrice, tout simplement. Pour ne pas être impliquée, pour ne pas être stigmatisée. Et pourtant... pourtant Billie, elle, l'avait repérée. Elle avait repérée cette blonde qui ne bougeait pas le petit doigt, laissait même échapper un rire de temps à autre, juste pour supporter la beauté égyptienne qui, à l'époque, donnait l'impression de dominer le monde. Oui, Nephtys était restée en retrait de Shérine, et depuis que celle-ci n'était plus là, elle se rendait peu à peu compte qu'elle y avait été assimilée. A l'époque des faits, c'était une bonne chose, d'être assimilée à Shérine. Elle n'était pas dérangée; elle manipulait à sa façon, dans son coin, dans l'ombre de la brune. Mais maintenant... maintenant que celle-ci ne la protégeait plus, maintenant, elle se rendait compte qu'elle avait tout faux. Elle se rendait compte qu'inspirer la crainte, ça n'était pas si beau que ça. Ce n'était pas être respectée, loin de là. C'en était même l'opposé. Et, encore une fois, c'est ce qui lui revenait en plein visage. C'était ce que Billie était bien décidée à lui faire comprendre. Mais Nephtys n'en démordrait pas pour autant. Elle avait toujours raison, elle n'était jamais faible. La faiblesse était un défaut, et elle se devait d'être irréprochable, rappelez-vous. Et pourtant... pourtant, elle était loin de l'être, à cet instant. C'était comme si elle avait ouvert une petite trappe qui laissait accès libre à son esprit. Voilà maintenant qu'elle avouait à demi-mot ses faiblesses... et à Billie, qui plus est. Quitte à s'auto-saboter, autant brûler sa dernière acquisition Elie Saab. « Pas vraiment… » répliquait déjà la brunette, alors que Nephtys se demandait si ce combat qu'elle était en train de mener en valait réellement la peine... C'était comme avouer qu'elle n'était pas heureuse à une connaissance approximative. Comme se jeter dans une arène remplie de lions affamés en tendant le flacon de ketchup. « C’est peut être le cas pour la plupart des personnes. Pas moi. Ce que je veux à la fin de la journée, c’est être tranquille. Et à la fin de l’année, retrouver mes parents. On est jamais vraiment heureux. Même quand on croit l’être, il y a toujours un nuage pour venir faire chier. » Relevant un sourcil, Nephtys finit par hausser les épaules, ne souhaitant pas insister. « Peut-être qu'être tranquille, c'est ta définition du bonheur. » répondit-elle donc simplement, histoire de ne pas relever le nuage qui faisait chier, dont, étrangement, elle se sentait être la cible. Billie la détestait... C'était clair et net. Et elle n'allait pas s'embourber dans des explications sans fin. Elle, elle avait sa définition inatteignable du bonheur. Jamais elle ne serait considérée comme quelqu'un de normal, de respectable. Jamais elle ne se considérerait elle-même comme telle, pas plus qu'elle ne se considérerait comme digne du réel bonheur. Elle s'enfermait dans une cage depuis des années, et à l'image du bonheur que Gaël lui apportait à sa façon, elle ne s'autoriserait jamais à le vivre à plein temps, à s'engager à être heureuse. Et pourtant, ce n'était pas faute de la poursuivre, cette joie de vivre... « Je n’ai besoin de personne pour me forcer à faire du sport. J’en fais déjà bien assez par moi-même », répliquait froidement Billie à sa réplique qui faisait office, quelque part, de drapeau blanc. Nephtys la regarda tendre le bras vers le chocolat qu'elle lui proposait avant de se raviser. « Dans ce cas, je vois pas ce que tu redoutes tant du chocolat. Il va pas te manger de l'intérieur, tu sais », répliqua la cheerleader avec un sourire amusé. Non, vraiment, elle commençait à avoir du mal à suivre le raisonnement de son interlocutrice... et ce n'était même pas à mettre sur le compte de la blondeur. Si elle ne voulait pas manger de chocolat, c'était parce qu'elle avait peur de grossir. Mais elle faisait suffisamment de sport. Donc, elle pouvait manger du chocolat, non ? Ce n'était pas une démonstration digne d'un grand mathématicien, pourtant... Mais Nephtys n'insista pas, se contentant de croquer dans un carré chocolaté, ne restreignant en aucun cas son addiction.

Et la bombe. Pas sexuelle, pas à eau. Une bombe atomique, quelque chose de cette envergure-là. Shérine. Qui fut larguée au beau milieu de la conversation, comme lâchée d'un avion de guerre sur un sol où la guerre civile semblait déjà proche d'éclater. Et Nephtys se justifia. Sans s'excuser, ça, elle ne le ferait jamais. Elle ne se pardonnait pas elle-même d'être comme elle était, pourquoi devrait-elle s'en excuser auprès des autres, encore plus auprès de quelqu'un qui ne cherchait qu'à rétablir la justice, comme s'il n'y en avait qu'une ? Comme s'il y avait le bien et le mal, le noir et le blanc... Et que dans cette conception machiavélique de l'histoire, Nephtys était le diable incarné, pour ne pas avoir su faire face à celle que tout le monde craignait, y compris Billie. Celle-ci resta silencieuse face à ses explications, et Nephtys était déjà prête à se relever pour quitter la cafétéria, sans un mot. Si c'était ça, son but... il n'était pas question qu'elle attende sagement de se faire tirer dessus comme si elle était responsable de toutes les misères du monde. Elle ne jouerait pas ce rôle-là. C'est une nouvelle réplique cinglante de la brune qui l'arrêta dans son idée. « En tout cas, tu as raison sur un point. Je ne te connais pas ! Je ne t’ai jamais connue ! Parce que tu ne méritais pas. J’ai cru que maintenant c’était le cas. Je n’en suis plus aussi certaine ! » En quelques phrases, Nephtys était passée du soulagement à la rage au soulagement à la rage, de belles montagnes russes émotionnelles. Mais comme à son habitude, elle ne laissa rien paraître, s'adossant à sa chaise sans un mot. Elle se contenta de sourire, avant de répliquer que personne ne pouvait prétendre savoir ce que quelqu'un méritait. Pas avant de le connaître. « Tu as probablement raison. C’était une question de probabilités, que je devienne une suivante de Shérine… Sauf que jamais, je dis bien, jamais, je n’aurais pu être dans ta situation » reprenait Billie, alors que Nephtys n'avait qu'une envie, se lever, lui foutre une baffe monumentale et partir sans se retourner. Voilà ce qu'elle méritait, Billie. Et le discours de celle-ci n'allait pas en s'améliorant. « Pour une seule et simple raison. Je me moque complètement de ce qu’on peut dire de moi. Shérine m’a pourri pendant de longues années, ça n’a pas fait de moi une de ses lèches bottes. Je n’avais absolument aucune envie de lui plaire, alors je n’ai jamais cherché à le faire. Parce que n’est ce pas ça au fond ? Tu voulais lui plaire non ? Faire partie de toutes ces filles que l’on regarde. » Bien. Parfait. Traduction : je suis un ange, je n'aurais jamais fait de mal à quiconque parce que je me fous de ce que les gens pensent de moi, je veux faire le bien. Toi, t'es le diable incarné. Fronçant les yeux, ses pupilles bleutées lançant des éclairs, Nephtys se pencha au-dessus de la table, y posa ses mains, les doigts croisés, avant de simplement répondre avec un calme déstabilisant : « Qu'est-ce que tu veux que je te réponde ? Bravo, Billie. T'aurais pu être à ma place, t'aurais été parfaite. On pourra pas le prouver. » Ce sourire en face, elle ne l'accueillit pas très bien. C'était de la pure provocation. Comme envoyer des fleurs à quelqu'un qu'on venait de condamner à mort. Ce sourire, il semblait bien hypocrite, à ce moment précis. Comme si Nephtys allait lui confesser que oui, ce qu'elle voulait, c'était être remarquée, appréciée... Elle ne l'avait jamais avouée à celle qui avait été sa sœur, pas plus qu'à l'amour de sa vie. Pourquoi accorderait-elle le privilège de cette faiblesse à Billie ? « C’est d’ailleurs pour ça que je te parle aujourd’hui. Parce que tu ne cherches plus à faire partie des filles en vogue. Tu commences enfin à réfléchir par toi-même. Et c’est pour cette raison que je suis assise avec toi. Beaucoup plus que pour la simple envie de faire plaisir à Luce. » Ah... Ça, c'était un autre discours. Tu ne cherches plus à faire partie des filles en vogue... Quelques mots qui, bien malgré elle, la glacèrent. Ça y était, elle n'était plus de celles que tout le monde aimait. Billie venait d'officialiser sa descente dans l'estime populaire. Mais... pourquoi avait-elle l'impression d'être dénigrée dans ce que Billie disait ? Pourtant, elle savait que ça signifiait beaucoup venant d'elle. Mais... Il y avait ce jugement. Ce jugement qu'elle lui avait toujours porté, et qu'elle modifiait à sa guise. C'en était presque menaçant. Et c'était comme Billie daignait enfin l'accepter dans son cercle privé. Comme si... comme si Nephtys semblait désespérée au point de quémander l'amitié de celle qui la jugeait sans aucun doute le plus férocement dans l'école. Pourtant, avec son sang-froid habituel, la blonde esquissa un sourire. Une amitié n'était pas à refuser. Et quelque part... ce n'était pas une alliance comme une autre. Quelque part, elle avait besoin d'une amie. « T'es sûre que c'est pas au moins un peu pour le chocolat ? » répliqua la blonde avec un sourire qui creusa ses fossettes, comme pour approuver ce que son interlocutrice venait d'avancer, lui tendant un carré sucré. Le chocolat de la paix...

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The road to success is always under construction. {Billie}

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