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 Life in plastic isn't that fantastic ~ ft. Indira

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Salem

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Revelio

MessageSujet: Life in plastic isn't that fantastic ~ ft. Indira   Mar 7 Juin - 14:03

Life in plastic isn't that fantastic


    Mes cheveux blond platine noués haut dans une longue queue de cheval, j'avançais, sereine, vers le terrain de Quidditch, saluant du bout des doigts les joueurs qui passaient devant moi en me souriant. Mes fesses moulées dans un mini-short en jean attiraient tous les regards et je faisais celle qui n'en a aucunement conscience alors que j'étais on ne peut plus aware du pouvoir de mes nouveaux charmes. Après avoir été moche si longtemps, je prenais un malin plaisir à renverser la tendance, et si beaucoup disaient que j'en faisais trop, je m'en contre-fichais. J'avais toujours voulu qu'on me regarde et mon voeu avait été exaucé. C'était mes heures de gloire et je n'allais pas les gâcher à cause de quelques racontars frustrés qui se croyaient en droit de juger ma conduite. La perfection est indescriptible, alors pourquoi essayaient-ils de mettre des mots pour définir "Indiana Stark" ? Ils auraient dû savoir que c'était peine perdue... Passant un doigt dans mes cheveux je les entortillais nonchalamment en traçant ma route. Je n'avais pas encore quitté le rôle de la bimbo blonde qui venait juste de me servir pour une de mes combines, et j'étais encore toute heureuse de ma réussite. Mais je n'allais la savourer pleinement que lorsqu'elle serait officielle, et c'était pour cette raison que je descendais au terrain et me dirigeais à grands pas vers les panneaux d'affichage.

    Pourquoi j'étais si contente et si pressée ? J'allais inscrire mes cheerios sur le planning, en vue d'un entraînement. Entre les trois autres équipes de pompoms et les quatre équipes de Quidditch qui venaient s'entraîner, il fallait savoir s'y prendre tôt et faire des concessions pour réussir à contenter tout le monde. Mais les concessions, c'était pas franchement ma tasse de thé. Et, surtout, je détestais passer en dernier. Être la dernière roue du carrosse, c'était bon pour les tocards, ce que, ni moi ni mes cheerios, n'étions. Moi, par nature, c'était l'évidence-même, et elles, parce que c'était moi qui les avait choisi. Blasée que les meilleures horaires soient accaparées par une équipe adverse, j'étais donc allée voir le professeur de vol pour qu'il rectifie cette "erreur". Bah oui, y'avait erreur si on me laissait comme plage libre que le vendredi soir précédent le match, et en plus, à 20h ! Dans le froid ! On avait beau avoir passé l'hiver, jamais je n'aurais permis à mes filles de ne serait-ce que risquer un rhume. N'était-ce pas une raison suffisante pour trouver un arrangement ? Comment ça, "non" ? Comme si j'allais accepter un "non", moi, Indiana Stark ! M'avait-il bien regardé ? J'avais alors invoqué une priorité pour mon équipe. En vue du match à venir, nous devions être priorisées car nous devions être prêtes pour le premier match, nous. Pas de raison qu'on ne soit pas les premières à avoir le terrain pour répéter nos chorégraphies et être au top alors que, certes, l'équipe de Jaelyn était dans la même condition que nous, mais les deux autres n'étaient pas pressées, elles. Du coup, elles venaient de perdre leurs horaires de choix et moi d'emporter la partie, comme toujours. Rien ne me résistait. J'avais toujours des arguments pour tout et ce n'était pas aujourd'hui que cela allait changer. Je venais donc tranquillement échanger ces horaires, pour marquer noir sur blanc ma conquête sur la planning, non sans un petit sourire victorieux accroché au visage. Décidément, c'était trop facile, quand on était belle, d'obtenir tout ce que nos lubies exigeaient. Haussant les épaules, je sortis ma baguette de mon soutien gorge et effaçait avec un réel plaisir l'équipe flouée du planning pour inter-changer nos deux noms sur la liste. Ci-tôt fait, j'étais persuadée d'être de bonne humeur pour toute la soirée en commençant à me diriger vers la sortie du stade. Sauf que j'avais tort et que tout allait basculer... Maintenant.

      « Dommage qu'Avomirtencia aie disparu, on a plus personne sur qui jeter du jus de citrouille le matin. C'est triste... »
      « Ouais, c'est vrai. Ses parents ont dû s'en débarrasser ! Moi, j'aurais eu une fille aussi laide, je l'aurais tué à la naissance ! »
      « Chhhut, plus bas, y'a sa cousine qui arrive... »

    Trop tard. Dès le premier mot, j'avais tiqué, et mon sang n'avait fait qu'un tour. Mes ongles s'étaient plantés dans mes paumes, et si j'avais pu saigner et sentir la douleur, les deux se seraient produits. Mais il n'en fut rien. Je me contentais d'entailler l'épiderme sans que cela ne soit visible. A leurs yeux, je n'étais que sa "cousine", éloignée qui plus est, et comme je me défendais de la connaître d'Eve ou d'Adam pour ne pas pouvoir lui être associée, je ne pouvais pas légitimement aller prendre sa défense sans me griller. Certes. Mais je n'étais plus maître de moi. Si mes yeux avaient pu changer de couleur affectés par mes émotions, ils auraient viré au rouge profond. Et, sans la moindre retenue, je bondis sur l'américaine du milieu, l'attrapant par sa tignasse et tirant dessus sans ménagement alors qu'elle criait sous les yeux effarés de ses copines. Je ne réaliserais qu'après l'avoir empoigné que je risquais de gros ennuis, mais sur le coup, je m'en fichais pas mal.

      « Si on devait exterminer toutes les laideurs du monde, je commencerais par toi. » Crachais-je, le regard haineux, tellement que j'en tremblais. « Amortencia, au moins, elle portait pas du M ! » Me repris-je en la lâchant, alors qu'elle gémit, vexée. J'avais pris un plaisir monstrueux à la voir souffrir et, j'en aurais bien redemandé si elle n'avait pas fui alors que je leur criais. « C'est ça, hors de ma vue, pouffiasses ! »

    Il n'y avait aucune logique dans mon comportement. Je n'attaquais pas les filles dans leur genre, d'habitude. J'étais devenue une fille dans leur genre. Mais, heureusement, l'incident n'avait pas eu de té... Merde. Me retournant, encore sous le coup de l'émotion en soufflant bruyamment pour évacuer ma colère, je tombais nez à nez un témoin, visiblement restée en arrière. Qui avait dû assister à toute la scène. Je dissimulais ma surprise sous une expression hautaine, lui passant à côté la tête haute en faisant comme si je ne l'avais pas vu...

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Anupam

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Revelio

MessageSujet: Re: Life in plastic isn't that fantastic ~ ft. Indira   Ven 8 Juin - 7:29

Le terrain de Quidditch n’était pas un endroit qui m’intéressait particulièrement. Il fallait dire que je n’étais pas très friande de ce sport, et j’évitais d’y mettre les pieds même pendant les matchs, préférant le calme de la bibliothèque. Je me souvenais d’avoir découvert ce sport en arrivant à Anupam. Si la découverte m’avait vaguement intéressée, tout du moins, au départ, elle n’en était pas moins retombée dans l’oubli sitôt l’attrait des nouvelles découvertes dissipé. Il ne fallait pas croire non plus que je n’aimais pas, à dire vrai, j’y étais complètement indifférente. J’écoutais parfois les conversations, curieuse de savoir qui avait gagné le dernier match, j’avais étudié attentivement toutes les règles au travers des livres, mais je n’avais jamais cherché à y jouer d’une quelconque façon, cet univers, ce n’était pas le mien. Il fallait dire que j’avais le vertige. Il suffisait que je m’éloigne à peine du sol pour que je me sente mal. Ne me demandez pas comment cela peut être possible, moi-même je n’en savais rien, je savais juste que c’était en rapport avec mon don d’élémentaliste, c’était en moi et je n’avais pas d’autres explications à fournir, si tant est que mes explications intéressent qui que ce fût. Sans que je n’aie davantage d’explications à fournir, je m’étais donc retrouvée à vadrouiller du côté du terrain de Quidditch, laissant mes pieds me porter là où bon leur semblait. En sortant de l’école, je ne m’étais fixée un quelconque objectif, si ce n’est que flâner, encore et toujours. J’étais passée maîtresse dans l’art d’errer mais aussi de me retrouver dans des endroits insolites, précisément là où le commun des mortels ne songerait jamais à aller. Lorsque je déambulais de la sorte, j’étais complètement déconnectée de la réalité, presque dans un état second. Je ne faisais plus attention à ce qui se passait autour, j’étais dans ma bulle, j’écoutais ce que la nature avait à me dire, je me laissais enivrer par toutes ces senteurs, j’étais presque littéralement envoûtée par le bruissement des feuillages chatouillés par le vent. Pour autant, c’était dans ces moments là que mes cinq sens étaient en éveil, j’étais plus vive et alerte que jamais, prête à détaler en cas de danger, mais le danger, il n’y en avait point, alors je pouvais me permettre de flâner l’esprit tranquille.

Pour autant, une quelconque force extérieure semblait vouloir m’empêcher de profiter de la quiétude des lieux. Des éclats de voix ne tardèrent pas à se faire entendre, brisant le silence confortable dans lequel je m’étais enveloppée. Piquée par la curiosité, je m’approchai, pour tenter de comprendre ce qu’ils étaient en train de se dire. Je savais pertinemment que je n’avais pas à me trouver là, que j’allais sans doute passer un sale quart d’heure si j’étais découverte, mais j’avais dans l’esprit que je pouvais tout aussi bien partir avant même que qui que ce soit ne m’ait remarquée. Je savais que les environs étaient infestés de cheerios et qu’elles n’étaient pas toutes sympathiques. Heureusement que certaines d’entre elles sortaient du lot, certaines étaient restées authentiques et ne s’étaient pas laissées bouffer par l’hypocrisie. Je dédaignais cet aspect là du cheerleading. Le sport en lui-même ne me dérangeait pas, ce qui me gênait, c’était plutôt cette propension à se tirer dans les pattes pour tout et n’importe quoi. La dispute qui se jouait non loin de moi devait être du même acabit, aussi je songeai à décamper, mais la curiosité l’emportait sur toute prudence. Sur la pointe des pieds, je m’approchai du petit groupe, apparemment exclusivement composé de filles. De ce que j’avais pu comprendre, l’une des filles avait fait un commentaire déplacé envers une certaine Amortencia, sans comprendre pour autant ce qui avait été dit à propos de cette fille. En revanche, je n’avais rien loupé de l’intervention de la furie blonde, qui sauta presque littéralement à la gorge de son interlocutrice. Quand je disais que ces filles là étaient à moitié cinglées…« Si on devait exterminer toutes les laideurs du monde, je commencerais par toi. » Depuis ma cachette qui n’en était pas vraiment une, je me permis de toiser la blondasse qui avait osé proférer ces paroles. La première pensée qui me vint à l’esprit fut sans doute Mais tu ne t’es pas vue? Bon, d’accord, il y avait plus moche, mais celle-là était tellement superficielle, qu’elle en devenait tout bonnement écœurante.

Et merde. À force de tergiverser sur tout et n’importe quoi, j’avais loupé la fin de la conversation. J’avais seulement vu les filles déguerpir, et je constatai avec amertume que l’une d’entre elles se massait le cuir chevelu. Tu m’étonnes. L’autre sauvage avait dû y aller fort, avec ses faux ongles. Bien. À présent que les deux autres s’étaient tirées, je n’avais plus rien à faire ici. Je m’étais arrêtée pour assister à la dispute et c’était bien tout, je n’avais pas franchement envie de me retrouver nez à nez avec la furie blonde, d’ici à ce que lui prenne l’idée de me scalper, ou bien, de m’expulser du terrain, bien que j’étais tout à fait en droit de m’y promener…autant jouer la carte de la prudence. Je savais me défendre et j’avais de la force en plus de la maîtrise de mon élément, mais mieux valait ne pas tenter le diable, surtout s’il était en colère, bien que l’idée de m’aplatir devant une fille pareille me répugnait. Je n’étais effectivement pas du genre à me laisser marcher sur les pieds, et il devenait impératif de remettre ces gens là à leur place pour préserver la paix sociale. J’allais esquisser un pas sur le côté pour virer de là, mais au même moment, la fille se retourna, m’imposant ainsi ce face à face. À présent, je n’avais plus aucun moyen de me cacher. Je me préparai à subir ses remontrances, mais à la place, elle s’éclipsa, la tête haute, tout en m’ignorant superbement. Manque de chance, c’était un comportement qui m’agaçait au plus haut point, je détestais que les gens me prennent de haut, surtout ce genre de filles là qui se croyaient trop bonnes et trop intelligentes. La preuve que non, elles pouvaient faire preuve d’une connerie inimaginable. Je soupirai d’un air blasé, avant d’alpaguer la fille, que je ne connaissais que de nom. « ça te prend souvent d’agresser les gens sans raison? » je m’enquis, d’une voix froide, tout en toisant l’américaine de mon regard d’un vert sombre. « La fille ne t’a pas insultée, à ce que je sache, à moins que tu ne te sentes personnellement concernée par le sort de cette Amortentia. » J’avais adressé à la fille -qui s’appelait Indiana, maintenant que ça me revenait - un sourire teinté d’autosuffisance, parce que moi aussi, je savais mépriser les personnes qui étaient placées aussi bas dans mon estime. Cependant, je crus bon de faire une dernière déclaration, au cas où mes intentions seraient trompeuses. « Et au cas où tu te poserais la question, ce que j’ai vu restera entre nous, contrairement à d’autres j’ignore le sens du mot trahison. Cela dit, tu devrais davantage te méfier de tes victimes, elles ont une raison valable d’aller se plaindre ». Bon, d’accord, je ne voyais pas trop le truc que les gens avaient de dénoncer leur voisin aux autorités compétentes, j’estimais que nous étions en âge de régler nos litiges entre personnes censées. Pour autant, lorsque l’on prenait en compte des évènements de la même envergure que celui auquel je venais d’assister, force était de constater que nous étions tout, sauf des personnes censées.
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Salem

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Revelio

MessageSujet: Re: Life in plastic isn't that fantastic ~ ft. Indira   Jeu 16 Aoû - 19:12


    Bien qu'en partie rassérénée et en contrôle de mes émotions, je bouillais toujours intérieurement. L'altercation passée m'avait ébranlée, replongé dans un passé que je m'efforçais d'oublier. Oui, je fuyais. Et alors ? Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ? C'était mieux que de mettre à sac les vestiaires pour passer mes nerfs, non ? Ou d'assassiner la malheureuse qui avait été témoin de ma rage. Alors s'il vous plait, pas de commentaires. Je n'avais qu'une envie : aller me délasser les muscles et me vider la tête en me plongeant dans le dernier Vogue, tout en refaisant ma manucure. Avec un peu de chance, une de mes coéquipières voudrait même me brosser les cheveux et je pourrais enfin me détendre, souffler, laisser retomber la pression... Car, en plus, qui allait se retrouver demain dans le bureau du Coach pour bien m'assurer qu'il avait fait passer le message que les horaires avaient changé en ma faveur ? Moi et moi seule. Il me faudrait faire preuve de calme, de tact et, surtout, que la bagarre qui avait eu lieu sur le terrain ne s'évente pas pour garder une entière crédibilité. Espérons que les fuyardes aient eu assez peur d'Indiana Stark pour la fermer. Sinon, la prochaine fois, je ferais preuve de moins de clémence. D'ailleurs, tous savaient ma vengeance terrible alors il était dans leur intérêt de faire profil bas si elles avaient un tant soit peu d'instinct de survie... Ce qui ne semblait pas être le cas de tout le monde.

      « ça te prend souvent d’agresser les gens sans raison? La fille ne t’a pas insultée, à ce que je sache, à moins que tu ne te sentes personnellement concernée par le sort de cette Amortentia. »

    C'était à moi qu'elle s'adressait avec cette verve ? Elle n'était quand même pas sérieuse, là ? Elle n'avait pas bien vu de quoi j'étais capable quand on me poussait à bout ?! Me retournant vivement, dans un tourbillon de colère, je m'arrêtai net sur le chemin pour lui faire face, serrant les poings. Déjà que ces poufs écervelées m'avaient déjà passablement agacé, voire fait sortir de mes gonds (à peine...), ce n'était vraiment pas le moment d'en rajouter une couche. A moins qu'elle ne veuille déclencher un tremblement de Terre, car croyez-le, j'allais l'envoyer directement en Enfer voir si j'y étais ! (Même si techniquement, c'était elle qui maitrisait les éléments, mais soit.) Levant un doigt accusateur, le tout couplé à un regard perçant, j'étais prête à la pulvériser quand elle reprit la parole, complètement indifférente face à mes soupirs méprisants et de mon regard assassin.

      « Et au cas où tu te poserais la question, ce que j’ai vu restera entre nous, contrairement à d’autres j’ignore le sens du mot trahison. Cela dit, tu devrais davantage te méfier de tes victimes, elles ont une raison valable d’aller se plaindre. » Crut-elle bon d'ajouter alors que j'étais de toute manière déjà partie au quart de tour.
      « La famille, ça te parle ? » Lançai-je sur un ton on ne peut plus cassant en posant mes mains de part et d'autres de mes hanches, la toisant de toute ma hauteur. « Ma cousine a beaucoup souffert, c'est pas la peine et même cruel, bas et excérable d'en rajouter maintenant qu'elle a quitté l'école ! » Mentis-je à demi, puisque techniquement, je parlais de "l'ancienne moi" qui, même si elle avait réellement existé et était liée à moi par la chair, était au fond bien plus que ce que j'admettais. « Et puis, leurs vannes étaient vraiment pourries ! Si elles veulent m'insulter, qu'elles le fassent au moins avec la classe que je mérite ! » Conclus-je finalement, si furieuse que je ne me rendis même pas compte que ma langue avait fourché.

    Abaissant mon doigt, qui l'avait méchamment pointé tout le long de ma réponse, je me surpris moi-même d'avoir autant retenu les insultes que j'avais envie de cracher sur les trois vipères que je venais d'envoyer paître. Elle pouvait toujours répliquer ce qu'elle voulait, j'étais prête à lui indiquer le même chemin si elle continuait dans cette voie-là.

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Dernière édition par A. Indiana Stark le Ven 7 Sep - 19:41, édité 1 fois
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Anupam

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Revelio

MessageSujet: Re: Life in plastic isn't that fantastic ~ ft. Indira   Lun 3 Sep - 9:16

Je n’avais pas pu tenir ma langue. La réplique avait fusé sans même que je ne puisse la retenir, et à présent, j’ignorais si je devais m’en mordre les doigts ou non. Pourquoi tant d’hésitations? Eh bien, il suffisait de voir comment l’autre furie avait agrippé sa camarade par les cheveux, avant de l’insulter copieusement. Seulement, et l’autre allait l’apprendre à ses dépends, je n’étais vraiment pas du genre à me laisser impressionner, surtout pas par des filles de ce genre. Ces filles savaient régner en inspirant la peur à leurs pairs, montrez vous totalement impassibles face à elles et elles perdront toute crédibilité. À présent, il était bien trop tard pour seulement faire machine arrière. Je ne pouvais plus jouer la carte de l’indifférence et m’éloigner ensuite. Je n’avais pas le choix à part essuyer les conséquences de mon précédent affront, car pour sûr, l’autre allait considérer mon intervention comme tel. Lorsqu’elles se sentaient agressées, ce genre de filles ressentaient le besoin d’agresser à leur tour. En ce qui me concernait, je ne comprenais pas forcément une telle attitude mais passons. Nous n’étions visiblement pas du même monde, de même que nous n’avions pas non plus les mêmes valeurs, apparemment. Alors, lorsque je la vis se tourner vers moi pour me faire face, semblable à un petit coq dressé sur ses ergots, je sus que j’avais fait mouche, j’avais touché un point très sensible. Si j’avais peur de déclencher sa colère? Pas pour le moins du monde. L’autre sauvage pouvait toujours tenter de me scalper, j’avais les éléments avec moi. Certes, ce n’était pas très loyal d’utiliser les éléments face à quelqu’un qui en était tout bonnement incapable, mais aux grands maux les grands remèdes, disait-on, je n’hésiterais pas une seule seconde à m’en servir si cela venait à déraper.

D’autant plus qu’elle venait de me désigner d’un index menaçant, ce qui me fit hausser un sourcil. Indifférence, indifférence. J’avais beau essayer de me persuader que son attitude de furie ne me faisait ni chaud, ni froid, je ne pouvais m’empêcher de rester sur mes gardes, prête à bondir en cas de nécessité. C’était l’instinct de survie qui se réveillait, je n’étais pas non plus suicidaire à ce point. Je dardai donc sur elle mon regard méfiant, tandis que mon visage, lui, ne montrait aucune émotion. Mes lèvres ne se tordirent même pas en un rictus moqueur. Qu’allait-elle donc répliquer, pour sa défense? La réponse ne tarda pas à fuser, incisive et mordante. « La famille, ça te parle ? » La famille. Ah. Un bien grand mot. Un bien grand-mot qui pour moi ne signifiait pas grand-chose. J’aimais beaucoup mes parents adoptifs, mais au fond, je n’étais qu’une étrangère, je n’avais pas d’attaches. Et j’étais trop petite pour me rappeler de ma famille d’origine, même si l’on m’avait raconté que le village où j’habitais avant m’avait chassée en raison de mes pouvoirs surnaturels. « Ma cousine a beaucoup souffert, c'est pas la peine et même cruel, bas et excérable d'en rajouter maintenant qu'elle a quitté l'école ! » Je pinçais les lèvres en signe de désapprobation. Il était clair que ladite cousine n’avait pas le monopole de la souffrance. Tous autant qu’on était, on avait notre croix à porter. Des vieux démons intérieurs à exorciser. Moi aussi j’avais souffert du rejet, de ma différence, était-ce pour autant que je me comportais comme une garce finie? Non. Au contraire, je m’étais forgée une armure, solide et inébranlable, un mur puissant et impénétrable sur lequel les insultes rebondissaient et glissaient sans m’atteindre. Cela dit, je la trouvais bien en colère pour quelqu’un qui ne faisait que défendre un membre de sa famille. À en croire sa réaction, c’était comme si elle l’avait elle-même vécu. Et à dire vrai, je ne voyais pas du tout cette fille en grande défenseuse de l’humanité. Bref. Quoiqu’il en fût, cela ne me regardait pas, je n’avais rien à faire de la cousine en question, je ne l’avais pas connue (ou sans doute ne m’avait-elle pas marquée au point de m’en rappeler) alors, à quoi bon se lamenter sur le sort de cette malheureuse? Je n’étais vraiment pas du genre à compatir, pas du tout, même. « Et puis, leurs vannes étaient vraiment pourries ! Si elles veulent m'insulter, qu'elles le fassent au moins avec la classe que je mérite ! » Pardon? La classe qu’elle méritait? Mais…Ne venait-elle pas de parler d’une cousine il y a un instant? Pourquoi prenait-elle l’insulte pour elle, alors? À moins qu’il y avait une réelle mascarade là-dessous, mais je ne voyais pas vraiment ce dont il pouvait s’agir.

Quoiqu’il en soit, ce lapsus, si lapsus il y avait venait de m’interpeller, et pas qu’un peu. J’avais laissé tomber mon masque d’impassibilité pour froncer les sourcils, m’interrogeant sur cette énigme plus qu’il n’était nécessaire. À moins que…  « Oh, je vois. » sifflai-je avec sarcasme, tandis que je levais les yeux au ciel. Je fus tentée de l’imiter en posant mes poings sur mes hanches, mais je me dis qu’il ne fallait tout de même pas aggraver mon cas, déjà que je semblais être dans le collimateur de cette -fausse- blonde. « Tu es parfaitement le genre de filles qui prennent à leur compte les insultes proférées envers leurs proches. On s’en prendrait à une de tes amies que tu partirais aussitôt en vendetta contre le crétin qui a osé avoir un mot de travers envers une des membres de ta clique. Quelle solidarité, vraiment. » Je n’avais pas pu m’empêcher de cracher mon venin, m’affichant ouvertement contre ce genre de personnes. Il suffisait d’avoir le mot de trop envers l’un pour avoir le reste de la bande sur le dos. Ce n’était pas de la solidarité. C’était pathétique. Ces personnes là n’avaient pas du tout l’intention de défendre leurs pairs. Leur seule motivation, c’était de semer le chaos et la zizanie chez les autres, ce qui en soi était une attitude pas très louable. Et ce type d’attitude était encore plus présent chez les cheerios. Je n’avais rien contre le sport en lui-même, mais ces filles là, pour la plupart, n’avait pas la moindre once d’esprit sportif. Elles se tiraient dans les pattes à la première occasion, c’était franchement…bref. « Et sinon, avec la classe que tu mérites? Tu as franchement une haute estime de toi-même. À moins que la cousine ne soit qu’un miroir à travers lequel tu t’exprimes. Une simple allégorie alors qu’au fond, tu ne fais que parler de toi. » Oh que oui, je savais que je m’aventurais sur un terrain très instable, limite même glissant. Je savais aussi que je faisais limite de la provocation, mais peu importait, dans le fond. Malgré la portée de mes mots précédents, malgré leur acidité, je n’avais pas fini de m’exprimer. Je crus bon alors d’en rajouter une couche en lui faisant la morale, bien qu’en soi, avec ces filles, c’était purement et simplement inutile. « Tu sais, ce n’est pas tout d’être soi-disant trop franche en insultant ces filles, encore faut-il être franc envers soi-même. Sinon, on perd toute crédibilité, tu ne crois pas? » heureusement que je m’étais retenue de dire qu’insulter les autres, ce n’était pas de la franchise mais de la connerie, purement et simplement. Manque de chance pour elle, j’étais aussi très franche, j’étais aussi une grande gueule même si je ne l’ouvrais pas à tout bout de champ. Certes, mon indélicatesse notoire m’avait joué de nombreux tours en créant autant d’incidents diplomatiques, mais qu’importe. Lorsque j’avais quelque chose à dire, je le disais, quitte à me mettre tout le monde à dos. Et gageons que c’était précisément ce qui allait arriver avec cette fille. Elle qui était déjà très en colère, je n’avais fait que jeter de l’huile sur le feu. Qu’importe. Elle pouvait toujours me sauter dessus pour me planter ses faux ongles dans la peau. Je savais me défendre, même s’il allait de soi que je n’allais pas non plus m’en sortir sans subir quelques dommages. Comme…avoir une marque d’ongles profondément imprimée dans ma joue, ou des mèches de cheveux en moins, par exemple.
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Revelio

MessageSujet: Re: Life in plastic isn't that fantastic ~ ft. Indira   Dim 9 Sep - 16:06


    Si Indiana était un cliché ambulant ? Celui de la Barbie prétentieuse et capricieuse, vous dîtes ? Réducteur, je vous répondrais, le tout affublé d'une œillade sévère. Votre maman ne vous a-t-elle pas appris à ne pas juger un livre à sa couverture ? Certes, Indiana se comportait bel et bien comme une pétasse finie, avait un sale caractère, carburait à la popularité et se nourrissait du malheur de ses ennemis, ces faits étaient effectivement avérés. Mais (car oui, il y a toujours un mais) ce n'était qu'un de ses visages. Parce qu'elle n'avait pas toujours été ainsi. Ce personnage d'Indiana Stark n'était qu'une réponse à la souffrance, un blindage bourré d'artifices pour cacher la supercherie, car au fond, elle n'était qu'une petite fille en manque d'amour que ses parents n'avaient jamais aimé et qui n'avait jamais eu d'amis. Oh, elle aurait pu au contraire bien tourner. Souvent, les gens maltraités se font un point d'honneur à ne jamais reproduire ce qu'ils ont vécu mais pour elle, c'était différent. Elle avait les moyens de se venger. Alors pourquoi s'en priver ? Elle avait été seule contre tous pendant tant d'années que pour elle, ce n'était que logique qu'à présent, ils soient tous à ses pieds. Tous ceux qui l'avaient fait souffrir endureraient au centuple et ce serait même mérité ! Un point c'est tout.

    Ces pétasses s'en étaient prises à moi, elles avaient subi ma colère. Ce n'était que justice la plus élémentaire. Qu'est-ce que cela pouvait bien me faire que ma logique ne soit pas au goût de l'Anupam ? A vrai dire, bien peu de choses ! Je n'étais pas une perdante comme elle, moi. J'avais un certain standing à respecter et guère besoin de ses conseils de canard boiteux.

      « Oh, je vois. Tu es parfaitement le genre de filles qui prennent à leur compte les insultes proférées envers leurs proches. On s’en prendrait à une de tes amies que tu partirais aussitôt en vendetta contre le crétin qui a osé avoir un mot de travers envers une des membres de ta clique. Quelle solidarité, vraiment. »
      « Pardooon ?... Non mais A-llô ! Qui t'a demandé ton avis, au juste ? »

    Piquée au vif, je la toisais avec les lèvres pincées et l'air revêche qu'arborent ces vieilles pies de bibliothécaires quand un occupant des lieux fait un pet de travers. Bureau des clichés, bonsoir. Mais n'étions nous pas en plein dedans avec en face de moi cette idiote bourrée de préjugés qui me rétorquait le ramassis de conneries le plus inconsistant qu'il m'eut été donné d'entendre ? Sérieusement, de quel droit s'autorisait-elle à juger mes façons de faire ? Est-ce que je critiquais son manque criant de goût pour la mode, moi ? Et puis, franchement, elle trouvait à redire sur mon comportement mais le sien aurait eu besoin d'au moins douze parchemins pour y lister toutes les doléances qu'il engendrait. 1) Indira est chiante. Oui, ça résumait bien le fait qu'elle me casse les oreilles, que personne n'avait désiré qu'elle se mêle de ce qui ne la regardait pas et, surtout, que son discours était à dormir debout. 2) Indira se prend pour une référence. Où était-ce donc écrit qu'elle était un modèle à suivre ? Et avait-elle si peu de personnalité qu'elle veuille que tout le monde soient des pales copies de son affligeante inutilité pour se sentir mieux ? 3) Indira n'a aucun savoir vivre. Parce que quand on en a, on regarde d'abord ses grosses fesses avant de critiquer celles des autres. Et, si l'on avait voulu, on aurait pu allonger la liste à l'infini pour décrire ce spécimen de foire... Qui cherchait vraiment le bâton pour se faire battre !

      « Et sinon, avec la classe que tu mérites? Tu as franchement une haute estime de toi-même. À moins que la cousine ne soit qu’un miroir à travers lequel tu t’exprimes. Une simple allégorie alors qu’au fond, tu ne fais que parler de toi. »
      « Putain, pincez-moi je rêve ! J'ai assez des profs pour me faire la leçon sans qu'une pauvre fille qui ne sait même pas de quoi elle parle l'ouvre ! » S'exclama-t-elle, effarée que l'autre s'obstine à balancer un tapis d'inepties.

    Comme si j'allais continuer à l'écouter ! Bien sûr qu'en vérité, elle avait mis le doigt sur un point des plus intéressants, mais cela ne m'avait mis que davantage en rage qu'elle ose le dire à voix haute. C'était MON secret le plus inavouable ! De quelle droit commençait-elle à crier sur tous les toits qu'Amortencia et moi n'étions en fait qu'une seule et même personne ?! Il était plus que grand temps de la faire taire une bonne fois pour toute !

      « Tu sais, ce n’est pas tout d’être soi-disant trop franche en insultant ces filles, encore faut-il être franc envers soi-même. Sinon, on perd toute crédibilité, tu ne crois pas? »
      « La seule chose que je crois c'est que toi, tu donnes beaucoup trop de crédit à ta pathétique plaidoirie. Soit disant tu nous connais, moi et les gens "dans mon genre", mais laisse-moi te dire que les gens dans ton genre sont encore plus faciles à cerner : c'est ceux qui devraient la fermer. » Lui balançais-je sans plus de cérémonie, usant de mon ton le plus cassant et autoritaire. « Retourne au pays des sans-amis voir si j'y suis, okay ? » Conclus-je en lui indiquant la sortie d'un geste du bras furieux, jeté comme un "Home run" sortant des limites du terrain.

    Et qu'elle s'estime heureuse que je ne l'y ai pas poussée à coups de pieds ! Par contre, s'il fallait être plus explicite, je ne lui dessinerais pas gentiment un panneau mais lui ferait bouffer un plan de l'école, par les trous de nez. A bon entendeur. Ma patience avait ses limites... Et celles-ci s'étaient grandement affinées.


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Anupam

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MessageSujet: Re: Life in plastic isn't that fantastic ~ ft. Indira   Dim 16 Sep - 10:13

Tout en Indiana me faisait lever les sourcils bien haut. Mademoiselle était donc vexée par mes insinuations? Oh. Aurais-je touché un point sensible? Si je n’avais pas été autant sur mes gardes, j’en aurais jubilé, d’avoir raison. À ses dépends, elle venait d’apprendre que je ne prenais jamais de gants, que quand j’avais quelque chose à dire, je le disais, quitte à faire des dégâts. Et Indiana, fût-elle populaire et potentiellement dangereuse n’échappait pas à la règle, au contraire, je m’en donnais même à cœur joie, c’était mon petit plaisir coupable, parce que non, elle n’était pas la seule à savoir semer la zizanie de la sorte. Alors, elle pouvait bien pester autant qu’elle voulait, me maudire, souhaiter brandir ma tête au bout d’une pique, peu m’importait, dans le fond, en fait, je m’en foutais carrément. Impassibilité était le maître mot, il ne fallait surtout pas laisser quoi que ce soit transparaître, même si j’avais déjà risqué gros en me laissant aller à un peu de sarcasme. Effectivement, je n’étais pas sans savoir qu’ironiser revenait à montrer le fond de sa pensée, fût-elle déguisée et détournée. En me montrant sarcastique, je ne m’étais pas tant que ça affranchie de mon attitude habituelle, mon seul crime avait été d’être fidèle à moi-même, c’était elle qui était fausse jusqu’au bout de ses faux ongles -manucurés, bien évidemment. Je n’avais pas pu m’empêcher de la regarder de la tête aux pieds, avisant d’un regard hautain ses vêtements hors de prix et ses talons haut. Il était évident que même ses cheveux, c’était du faux, elle avait dû se faire des rajouts, et sa couleur, n’en parlons pas. Blond platine, excusez du peu. Pour autant, tout ce bling-bling, tous ces artefacts clinquants me laissaient perplexe. Qu’essayait-elle donc de cacher derrière ces artifices? Quelle âme purulente tentait-elle d’étouffer?

Il n’y avait pas que l’apparence qui était fausse, chez Indiana. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais cette fille, je ne la sentais pas. Son agressivité, sa façon d’être par rapport aux autres, ce n’était pas naturel. Elle devait cacher un mal-être plus profond, parce qu’après tout, garce ou pas garce, tout le monde avait sa croix à porter Elle-même n’y faisait pas exception. La blondasse peroxydée n’était qu’une façade, et même si au départ, je n’avais eu qu’un doute -après tout, elle s’était trahie en prenant les insultes pour elle alors qu’elles ne lui étaient nullement destinées, à ce que je sache- à présent, j’en avais la certitude: cette fille n’était pas nette, loin de là je dirais même. Son attitude n’avait fait que de le confirmer. « Pardooon ?... Non mais A-llô ! Qui t'a demandé ton avis, au juste ? » Tu vois? Il n’y avait pas besoin d’être doctorant en psychanalyse pour le comprendre, ni même s’appeler Sigmund Freud, observer suffisait largement, pour peu que l’on était un tant soit peu observateur. La réaction était exagérée, sur-jouée, encore un masque, une fioriture. Quelque part, ma remarque avait fait mouche, et je m’en satisfaisait largement. Les gens avaient toujours tendance à réagir ainsi lorsqu’ils étaient pris à défaut. Je ne t’ai pas demandé ton avis, alors tais-toi. point. À la ligne. Deuxième tiret. Car évidemment, je ne comptais pas en rester là, c’était bien mal me connaître. Je me pouvais bien me mêler de toute cette histoire, j’y avais été incluse bien malgré moi, ne serait-ce qu’en étant simple témoin. Alors oui, j’avais parfaitement le droit de donner mon avis, et oui, j’étais sans-gêne et je l’assumais totalement. A mon sens, être sans-gêne n’était pas pire que de se comporter comme la pire des pimbêches, alors, Indiana ferait mieux de balayer devant sa porte avant de proférer la moindre critique à mon égard. Non pas que j’étais parfaite, je n’avais jamais prétendu l’être, moi, mais au moins, je savais me tenir, je n’agressais pas les autres pour deux/trois mots malheureux qui ne m’étaient MEME PAS destinés. De ce fait, je ne pus m’empêcher de renifler avec dédain, trahissant tout ce que je pensais de cette fille en ce moment précis. « Putain, pincez-moi je rêve ! J'ai assez des profs pour me faire la leçon sans qu'une pauvre fille qui ne sait même pas de quoi elle parle l'ouvre ! » Et à part ça, c’était moi, la pauvre fille? Après tout, c’était elle qui en ce moment précis se comportait comme une ado attardée qui refusait la moindre autorité, c’était elle qui était en train de piquer une crise d’hystérie, tout ça pourquoi, déjà? Parce que j’avais osé sous-entendre que cette fameuse Amortentia était une allégorie d’elle-même, d’où le fait qu’elle ait mal pris les insultes. Je ne l’avais pas insultée, à ce que je sache, et qu’elle se comporte ainsi me confortait dans mon hypothèse: je venais de toucher un point sensible, ne lui en déplaise. « La seule chose que je crois c'est que toi, tu donnes beaucoup trop de crédit à ta pathétique plaidoirie. Soit disant tu nous connais, moi et les gens "dans mon genre", mais laisse-moi te dire que les gens dans ton genre sont encore plus faciles à cerner : c'est ceux qui devraient la fermer. Retourne au pays des sans-amis voir si j'y suis, okay ? » Non, je n’étais pas okay du tout, bien au contraire, même. Je n’étais en rien ceux qui font partie de ceux qui devraient la fermer, j’étais même plutôt du genre à l’ouvrir, ne l’avait-elle pas encore compris? Avais-je besoin d’enfoncer le clou pour qu’elle comprenne enfin?

À cet effet, je ne pus donc empêcher un rire amer et moqueur de franchir mes lèvres, parce que putain, celle là, elle était bien bonne, on me l’avait jamais faite. Depuis quand j’étais une suiveuse qui obéissait bravement aux ordres qu’on lui donnait, hein? Mademoiselle tu-ne-me-connais-pas-alors-ferme-là pouvait toujours dire ce qu’elle voulait, elle ne me connaissait pas davantage et elle m’avait très mal cernée de surcroît. Lui avait-on déjà dit que ses capacités d’analyse étaient bonnes à jeter? Non, apparemment, puisqu’elle se permettait de scalper quiconque osait lui faire un seul petit reproche, fût-il minime. Je pouvais bien rester calme cinq minutes, mais je pouvais rapidement sortir de mes gonds également, surtout quand j’étais en présence de personnes qui étaient incapables de réfléchir plus loin que leur gigantesque nombril. J’étais exaspérée, purement et simplement. Ravalant mon envie de lui lancer une réplique bien cinglante, je me redressai franchement, droite comme un I, drapée de toute la dignité que je pouvais avoir malgré le fait que j’étais selon elle une looseuse. « Oh, je vois. » Oui, ça faisait un peu redite, surtout que j’avais dit exactement ces quelques mots quelques minutes auparavant, mais ça ne faisait aucun mal de les rappeler, au contraire. « Parce que selon toi, il existe des catégories de personnes qui ont le droit de s’exprimer et d’autres non? La discrimination, ça te parle? J’ai parfaitement le droit de m’exprimer sur ce que j’ai vu, parce que bien malgré moi, j’y ai été mêlée. Je n’en ai strictement rien à faire de tes catalogues stupides, parce que si tu penses que je fais partie des gens qui doivent fermer leur gueule, c’est bien mal me connaître. » Je m’étais pourtant exhortée de rester calme, de ne rien dire de malheureux, instinct de survie oblige. Mais c’était sans compter l’agression que je venais de subir, qui me faisait démarrer au quart de tour. La remettre à sa place et redéfinir les limites du respect et de la bienséance me semblait primordial, peu importait que j’avais sa bande de cheerios sur le dos après, je savais très bien me défendre. Ce n’était pas elle qui avait vécu dans un village à travailler dans les champs dès son plus jeune âge, ce n’était pas elle non plus qui avait vécu dans la rue, avec tous les dangers que cela comportait, avant de me faire ramasser par le ministère de la magie en raison de manifestations magiques intempestives. Qui plus est, ce n’était pas elle qui maîtrisait la force de la terre, alors, pour le coup, c’était moi, qui était en position de force. Et je ne comptais certainement pas courber l’échine. Question de principes. « Et puis, j’ai tout autant le droit que toi d’être ici. Le terrain de Quidditch ne t’appartient pas. Alors, si j’ai envie de m’y promener, je le fais. » Mon cœur commençait à s’emballer, tandis que je sentais le goût âcre de la colère se déverser dans ma bouche. Ma colère naissante battait dans mes tempes, et déjà, cela s’en ressentait, non pas à travers ma propre personne comme on pourrait le croire, mais la nature, à côté, s’était mise en marche. N’avait-elle pas ressenti le léger tremblement qui avait secoué le sol dès lors que j’avais haussé le ton, ni même vu le mur pas loin de nous qui s’était légèrement lézardé? N’avait-elle pas perçu les brins d’herbe s’agiter frénétiquement, et entendu les branches des arbres craquer? Je ne l’espérais vraiment pas, car je n’avais surtout pas envie de partager mon secret, encore moins avec une fille comme elle.
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