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 Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]

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Victoire



Revelio

MessageSujet: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Dim 28 Fév - 14:16


    Sortant la porte de la bibliothèque où elle avait passé plusieurs heures à travaille, Victoire avait maintenant pour objectif de retourner dans sa salle commune pour s’adonner à l’un de ses petits plaisirs solitaires, la manucure. C’est lorsqu’elle atteignit les premières marches des escaliers que la jeune femme remarqua les tâches d’encre noire qui coloraient ses doigts. Agacée par cette gênante découverte, elle fit demi-tour et se dirigea vers le rez-de-chaussée de l’aile 1 de l’école. Marchant d’un pas vif, ignorant magistralement les gens qu’elle bousculait ou dérangeait dans leur discussion, elle atteignit rapidement le hall d’entrée. Lorsqu’elle se retrouva devant les toilettes, Victoire attendit patiemment plusieurs minutes, avant de prendre conscience qu’ici, personne n’allait venir lui ouvrir la porte des toilettes, nettoyer la poignée à chaque passage, et lui donner une fleur à son départ. Elle fut profondément choquée et entra dans une colère noire. Elle avait dû quitter Beauxbâtons, sa magnifique école française qui brillait mondialement par son raffinement et son élégance, pour une école miteuse, terne et insipide ! Ici, oubliées les éclats de rire des nymphes, disparues les cascades de fleurs dans les couloirs, évanouis les tableaux de maître aux murs. Ici, c’était le règne du bas peuple et des petites gens. On se serait cru en 1789, après que l’aristocratie eut disparue pour laisser place à une domination de pouilleux analphabètes et malpropres. Elle savait que sa comparaison était un peu extrême, mais lorsque Victoire était dans un tel état, elle ne faisait pas dans la demi-mesure. L’effort qu’elle avait fourni pour supporter de telles conditions de vie et de travail était selon elle déjà considérable, aussi ne comptait-elle plus fermer les yeux et jura que la direction allait engager « Boniche des toilettes » dans les meilleurs délais !
    Après cela, elle sortit sa baguette de son sac et prononça un sort d’une voix forte et déterminée:

      - Waddiwasi !


    La porte des cabinets s’ouvrit dans un fracas phénoménal qui avait dû s’entendre à l’autre bout du couloir. Satisfaite du résultat, Victoire esquissa un sourire et pénétra dans la pièce d’un pas assuré. Etonnement, elles n’avaient pas l’air si sales ces toilettes. Les miroirs n’avaient aucune tâche, il y avait des distributeurs de savon à côté de chaque lavabo et les portes des cabinets n’étaient ornées d’aucune souillure suspecte. Il y avait même une odeur de fleur qui chatouillait les narines de Victoire. Ce fut dur à admettre, mais elle dut reconnaître que ces toilettes avaient l’air tout aussi propres que celles de Beauxbâtons. Piquée dans son amour propre, elle décida d’écourter son passage. Elle se leva les mains, les essuya puis, n’y résistant pas, sortit son mascara et son rouge à lèvre.
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Durmstrang

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Dim 14 Mar - 12:00


    Des talons hauts qui claquent furieusement sur le marbre. Des cheveux roses presque dressés sur une tête fulminante. Un regard fixé droit devant elle qui lance des éclairs. Des poings serrés contre des hanches enserrées dans une robe bustier à volants flashy. Neva passa comme un coup de vent dans le couloir sans un regard ni un mot pour personne. Elle était hors d'elle. Ouvrant à la volée la porte des toilettes, elle se rua sur le miroir. Sa lèvre, à demi tuméfiée, saignait. Elle dut fermer les yeux pour contenir le flot de rage qui lui montait aux lèvres et se retint de toutes ses frêles forces aux vasques marbrées. Déjà qu'elle avait vécu l'humiliation suprême, en plus, son magnifique minois était abîmé ! On avait osé touché à sa figure de porcelaine ! En son for molesté, la goupille menaçait de sauter. Tout était de sa faute, à cet ignoble cul terreux à qui elle était promise ! Bien sûr qu'il avait fait exprès de lui envoyer un faucon hargneux accompagné de sa beuglante, c'était bien ses méthodes, de toujours chercher à faire souffrir plus profondément les autres. Et si elle avait réussi à faire taire ce foutu sermon en la faisant exploser, cette foutue enveloppe maléfique s'était défendue en lui sautant au visage tout en beuglant. Elle était même presque sûre qu'elle l'avait mordue ! Ou peut être était-ce le faucon lorsqu'elle s'était jetée sur ce colis empoisonné. Elle était trop estomaquée pour s'en être réellement rendue compte, et surtout trop humiliée, devant la bonne vingtaine de paires d'yeux moqueurs peuplant son dortoir... CONNARD !

    D'un geste rageur elle ouvrit l'eau du robinet, avant de frapper violemment du poing contre le mur carrelé. Elle avait presque oublié cette ombre menaçante qui planait au dessus d'elle. Elle avait presque réussi à passer outre, jusqu'à ce qu'IL se manifeste. Les larmes lui montèrent aux yeux si vite qu'elle dut se faire légion pour les retenir. Il avait fait exprès, pour qu'elle se souvienne qu'elle lui appartenait. D'ailleurs, qu'avait eu le temps d'entendre ses camarades ? Elle se souvenait clairement des premières phrases qui la faisaient passer pour une prostituée, lui disant d'arrêter d'aguicher et de se concentrer sur ses études. Avait-il dit qu'elle lui était promise ensuite, ou parlé d'une quelconque manière du mariage ? Non, non, il n'avait pas pu. Elle l'avait éclatée avant. Elle s'était d'ailleurs délectée de voir la lettre tomber en lambeaux en imaginant la tête immonde de ce connard de Nazar à la place. D'un geste rageur, elle essuya les larmes et aspergea sa lèvre d'eau. Elle n'eut pas le temps de s'attarder qu'elle se figea et referma le robinet. Quelqu'un venait. Elle entendait s'agiter derrière la porte. Sans réfléchir, elle rentra dans le premier toilette qui vint. Elle avait mal refermé le robinet et le son des gouttes s'écrasant une à une au fond du lavabo la stressait. Soudain une voix strident fendit l'air et la porte explosa. Elle se plaqua d'un sursaut contre le mur. Son coeur filait à une vitesse phénoménale. Des talons claquèrent en cadence sur le sol. Sans un bruit, elle retint son souffle et avança tout doucement vers la poignée, passant son oeil dans la serrure. De suite, elle reconnut l'intruse, et grimaça : Victoire, et son mortel égo, venait de piller son refuge.

    Tout se calma d'un coup : la rage, la peur, le désespoir. Elle ne pensait plus qu'à une chose : sortir d'ici. Remettant de l'ordre dans ses habits, elle essuya le dessous de sa paupière au cas où l'eye liner aurait coulé et tira la chasse pour se donner contenance. Elle ouvrit la porte, se coula vers le robinet, frotta rapidement ses mains sans la regarder et fit volte face pour sortir par ce qui avait autrefois été une porte. Alors qu'elle s'apprêtait à décamper, étonnée de s'en être sortie sans encombre, cette voix qu'elle détestait jaillit dans son dos et elle se raidit. Ses ongles s'enfoncèrent à nouveau dans ses paumes alors qu'elle serrait les dents.

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Dim 25 Juil - 21:29

Le regard vide, un mégot pendant lamentablement du coin des lèvres, je regardais les gens passer, à moitié vautré sur une marche d’escalier. Ils riaient, parlaient, ils étaient animés d’une étrange vivacité. Mon monde était froid et terne, surtout quand mes vieux démons reprenaient le dessus. Mon âme torturée ne résistait plus aux assauts répétés des envahisseurs, et mon esprit se laissait submerger par des flots d’idées noires. Je ruminais en silence, enchaînant cigarette sur cigarette, maudissant les uns et les autres d’être heureux quand bien même j’étais incapable de l’être. Le goût âpre du tabac ne me réconfortait même plus, j’en ressentais même un profond dégoût. Mon univers se délitait peu à peu, sombrant dans un chaos organisé. Je me sentais mal, mon état empirait chaque jour qui passait. J’avais renoncé à écrire une longue lettre à mon père. Il n’y répondrait de toute façon pas. J’étais un inconnu pour lui, comment pourrait-il m’aider? Pourtant, un jour ou l’autre j’allais devoir lui expliquer. J’allais devoir justifier mes trop nombreuses absences, mes notes qui étaient en chute libre. Pour les absences, la raison était simple. Je passais ma vie dehors, profitant du soleil, ne supportant plus d’être enfermé entre quatre murs. Je crois que je suis en train de développer une forme bizarre de claustrophobie. À ce propos, ma peau avait considérablement foncé, adoptant une teinte légèrement hâlée. Cela devenait alors plus qu’évident que je ne passais pas ma vie enfermé dans une salle de classe ou à la bibliothèque. Quant aux mauvaises notes, la raison était aussi très simple. Pour beaucoup, j’étais un raté. Un bellâtre qui passait son temps à courir après les filles sans se soucier d’autre chose. Autrement dit, nombreux étaient ceux que mon QI n’était pas très élevé. Ce qui était faux. Je n’étais pas un boulet, même si j’en avais tout l’air. J’étais donc un raté. Un sacré raté, même. Mais au fond, avait-ce donc une quelconque espèce d’importance?

J’étais perpétuellement angoissé, ne sachant vraiment pas où aller, ni à qui me vouer. Malgré tout ce petit monde qui jadis me tournait autour, je m’étais aperçu qu’en réalité, j’étais bien seul. Ils ne comprenaient pas ce dans quoi j’étais plongé, ils n’étaient pas en mesure de faire face à mon état dépressif qui s’aggravait de jour en jour. Maintes fois je m’étais exorté de ne pas faire quelque chose de stupide, à chaque fois qu’une lame affûtée ou qu’un peu de médicaments passaient à proximité. J’en ingérais parfois, espérant qu’ils aient un effet placebo, mais cela ne faisait que d’accroître le mal. J’étais malade, et je paniquais. Je me souvenais de ma mère dans les derniers mois de sa vie. Je me souvenais de son visage livide, émacié, effroyablement amaigri. Elle n’avait plus rien de souriant, de joyeux. Elle se laissait couler vers le fond, quand bien même elle disait que tout allait bien. Elle broyait du noir, beaucoup de noir, elle marmonnait des paroles sans queue ni tête, aux portes de la folie. Plus rien de cohérent n’existait dans son esprit perturbé, si ce n’était que quelques bribes de souvenirs, dans lesquels elle se complaisait. Parfois elle se laissait aller à quelques prières, seule la foi pouvait panser son âme malade et exsangue. Je voyais qu’elle allait mal, je le sentais, mais tout le monde me disait qu’elle allait bien. Je ne savais pas trop comment j’en étais arrivé là, mais l’autre fois, dans la salle commune, j’avais pété un plomb. J’avais hurlé, tempêté, je m’étais effondré, crachant ma haine envers le monde entier. Je leur en voulais de m’avoir enlevé ma mère, d’avoir détruit mon père. J’en voulais à tout le monde, alors que ce n’était pas de leur faute. Je les avais tenus pour responsables de tout ce qui pouvait m’arriver. C’était faux, incohérent, vide de sens. Je devenais timbré moi aussi. J’enchaînais saute d’humeur sur saute d’humeur. Parfois je piquais des crises comme celle de la dernière fois. J’allais mal, mais je refusais d’être sauvé.

En réalité, j’étais fatigué. J’étais claqué, au bout du rouleau. Je me contentais de survivre. Cela faisait des semaines que je n’avais pas eu de relations intimes avec une fille, alors qu’autrefois c’était presque mon quotidien. Les gens m’exaspéraient. Je ne les supportais plus. Je détestais leur fausse compassion, leur hypocrisie plus que marquée. Plus étrange encore, je ne supportais plus le contact humain, quel qu’il soit. Je ne voulais plus qu’on m’approche. Je répugnais à ce qu’on me touche. En repoussant tout le monde comme je le faisais, je ne devais pas m’étonner à ce que je me retrouve seul. Je les blessais, les gens que j’aimais, j’étais indigne d’eux, de leur compagnie. Je me détruisais moi-même en me comportant de la sorte, mais je n’acceptais plus rien venant du monde extérieur. J’avais changé, trop changé. J’étais rongé par mes souvenirs douloureux, mes désirs inassouvis, toute la frustration que j’avais accumulée, toute la haine que je nourrissais envers tous et envers tout. Mon moteur, c’était l’antipathie générale. Je n’avais plus la place pour les sentiments positifs, tant les émotions négatives avaient pris le dessus, anéantissant toute lueur d’espoir. Je haïssais tout le monde, aussi intensément que je me haïssais moi-même. J’étais pris dans un cercle vicieux duquel je ne pouvais pas sortir, et qui pourtant me donnait envie de tout détruire.

Adossé contre un mur, je fixais le petit flacon que je tenais fermement serré entre mes doigts. Mon poignet trembla légèrement. Je n’étais pas sûr d’en avoir la force, tant la tâche me paraissait insurmontable. Les cachets tout à coup me paraissaient énormes. Impossibles à avaler. Mais en réalité, c’était ce qu’ils représentaient dont j’avais le plus peur. C’étaient des cachets pour aller mieux. Je devais en prendre pour me calmer, pour que le monstre qui se réveillait doucement se taise, devienne complètement inoffensif, et cesse de la même façon de me tourmenter. Lentement, dans une seconde qui me parut éternité, je fis tourner le couvercle, tressautant quand les cachets claquèrent légèrement contre la paroi en plastique de la boîte. C’était mon plus gros secret, celui que je m’efforçais de cacher au mieux depuis des lustres. J’en avais toujours eu au fond de ma valise, et ça me tuait de cacher ça à mes amis les plus proches. J’aurais pu en rire si la situation n’avait pas été aussi dramatique, tant mon attitude frôlait le ridicule. Mais je ne pouvais pas m’y résoudre. Je ne pouvais pas reprendre ces fichus cachets. C’était au dessus de mes forces. Bientôt, il sembla que le destin décida pour moi. Plus loin dans le couloir, j’avais entendu comme une détonation. Etrange, je n’avais vu personne passer par ici, l’inconnu devait-être passé de l’autre côté. Résigné, je refermai le flacon avant de le fourrer dans la poche avant de mon sac, à l’abri. Je devais foutre le camp d’ici, et vite. Mais le couloir du fond attirait mon œil, ma curiosité légendaire et mal placée reprenant alors le dessus. Fronçant les sourcils, j’accourus à grands pas vers le lieu de l’explosions. J’affichai un air ahuri en voyant que la porte avait littéralement volé en éclats, quelques morceaux de bois pendant lamentablement au battant, qu’un léger vent coulis s’empressa de faire tomber.

A l’intérieur, il y avait deux demoiselles. Une blonde, que je ne connaissais pas, et que je ne me rappelais pas avoir vu de toute manière lors des rares moments où j’étais lucide, et il y avait…Neva. Cette fille aux cheveux roses dont Pavel était fou, et qu’il n’arrivait pas à avoir. Quant à moi, elle me prenait clairement pour un con, et elle n’avait pas foncièrement tort. Ce qui me frappa cependant, c’était son air dévasté, furieux. Je pouvais ressentir sa haine à des kilomètres tant elle était intense. Je scrutai la russe un moment, essayant de comprendre pourquoi elle avait la lèvre inférieure qui enflait, et surtout, qui saignait, mais je m’en désintéressai au bout d’un moment, désignant plutôt du pouce ce qui semblait être les vestiges de la porte. Je ne savais pas laquelle des deux était responsable du massacre, mais j’attaquai néanmoins sans préambule. « C’est un nouveau sport national de détruire le matériel, par ici? Qu’est-ce que tu as, Blondie? Un trop plein de frustration à expulser? Tu veux que je t’aide? Moi aussi je sais détruire les portes, si jamais. » Il fallait toujours que je me moque, quelque soit le moment. C’était presque comme une seconde nature, de tout prendre par la dérision. L’ironie faisait mieux passer ce qui était amer, c’était une façon comme une autre d’appréhender les choses. Je finis par soupirer lourdement, ne sachant pas comment m’adresser à la russe. Je ne sais pas si c’est parce que l’autre blonde était là, mais j’avais encore plus l’impression que d’habitude que quoi je puisse dire, elle allait de toute façon me prendre pour un imbécile. je ne sais pas ce que j’avais avec elle, mais elle m’intimidait. Oui, grande nouvelle, historique je dirais même, une fille m’intimidait! Je grimaçai légèrement, avant de fouiller dans la poche avant de mon sac et d’en sortir clope et briquet. En allumant la cigarette, je maugréai. « J’espère que vous savez comment réparer la porte. Parce que si quelqu’un se ramène ici et constate les dégâts, c’est nous qui allons être dans le même état. Et voyez-vous, je ne préfère pas. Entre nous j’suis assez détraqué comme ça, s’il faut en plus en rajouter… » Tout en achevant mon monologue, le plus long depuis quelques jours, m’étant muré dans un silence radio plutôt prolongé, je tirai une latte sur ma cigarette. Ce fut apparemment la latte de trop, puisque je fus pris d’une forte quinte de toux, interminable, une de celles qui d’ordinaire me faisait cracher du sang.
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Durmstrang

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Lun 30 Aoû - 13:23


    Des pas pressés se rapprochèrent dans sa direction et Neva releva haut le menton, sans toutefois défroncer les sourcils, vers le nouvel arrivant. Tout n'était qu'une question de dignité, d'orgueil, de laisser paraître que rien ne pouvait l'atteindre, même si au fond, elle n'en menait pas large. Victoire soupira dans son dos, apparemment dérangée par la présence de cet indésirable, et rangea à la hâte ses affaires dans son sac. Israël de la bande des boulets venait de rappliquer, certainement alerté par le bruit. Les prunelles profondément bleu ciel de Neva vacillèrent en croisant les yeux noirs d'Israël. Il ne fallait pas qu'il la voit dans cet état de faiblesse, hors de question qu'il sente qu'elle était sur le point de craquer. Ni sa panique évidente. Surtout que s'il était là, les autres ne devaient pas être bien loin, la rouquine à la grande gueule et le brun gaffeur qui l'adulait. C'était bien sa veine ! Comme si elle avait besoin de témoins pour assister à l'humiliation qu'elle allait subir ! Parce que Victoire n'allait pas la laisser tranquille, à moins qu'elle n'aie trouvé un nouvel exutoire en le beau brun qui l'avait interrompu. Neva faufila son regard dans le couloir pour vérifier qu'il était bien seul alors qu'il prit la parole, poings serrés et phalanges toujours blanches.

      --- C’est un nouveau sport national de détruire le matériel, par ici? Qu’est-ce que tu as, Blondie? Un trop plein de frustration à expulser? Tu veux que je t’aide? Moi aussi je sais détruire les portes, si jamais.

    Une grimace inconsciente naquit sur le visage de Neva qui avait blêmi en comprenant qu'Israël venait d'attaquer et que cela n'allait pas du tout arranger ses affaires. Elle qui avait osé croire que sa présence avait une chance de lui être bénéfique vit son espoir d'échappatoire voler en éclat en quelques sarcasmes. Il ne savait pas à qui il avait à faire, il ne pouvait en être autrement, parce que Blondie en colère ne détruisait pas seulement les portes, mais aussi les gens. A première vue, il n'avait jamais dû assister aux colères magistrales de la blonde, et ben il allait voir de quoi il en retournait, au moins, il saurait, à l'avenir. Déjà qu'un instant auparavant il l'avait coupé dans son élan alors qu'elle allait s'en prendre à la russe, voilà maintenant qu'il l'attaquait sans préambule. Si elle ne s'énervait pas, c'était miraculeux ! Le fait qu'il n'était pas une jeune fille frêle et brisée comme la russe aux cheveux roses n'allait pas l'arrêter. Un rire jaune fendit l'air alors que Neva se préparait à la réplique, tandis qu'Israël, ne lui laissant pas en placer une, reprenait la parole :

      --- J’espère que vous savez comment réparer la porte. Parce que si quelqu’un se ramène ici et constate les dégâts, c’est nous qui allons être dans le même état. Et voyez-vous, je ne préfère pas. Entre nous j’suis assez détraqué comme ça, s’il faut en plus en rajouter… Puis, il tira sur sa cigarette alors que Victoire le regardait d'un air dégouté tandis qu'il s'étouffait.
      --- Comme si j'avais le temps de jouer les bonnes samaritaines ! Demande à fil de fer de réparer si t'as la frousse, moi j'ai d'autres chat à fouetter. Lança Victoire d'un ton sec, le tout rehaussé par ses grands airs et son regard profondément froid.

    Et bousculant Neva au passage du grand coup d'épaule, elle les dépassa et fila sur ses talons hauts dans le couloir en balançant ses hanches. Celle-ci fit semblant de ne pas s'en formaliser, et si d'habitude elle aurait incendié l'inconscient, elle ne pipa pas mot. Lorsque Neva délia les doigts, ses ongles ayant marqué la chair s'en extirpant, la douleur quittant sa paume se reporta sur sa lèvre ouverte qui se remit à la lancer. Elle évita le regard d'Israël pour saisir sa baguette dans sa poche et lancer un Réparo d'une voix faible. Puis, se raclant la gorge, elle se retourna vers le ténébreux à la voix traînante, cherchant à reprendre contenance en tentant une pointe d'humour complètement factice.

      --- Un instant, j'ai bien cru qu'en voulant remettre la porte droite, t'allais faire sortir Victoire de ses gonds. Il s'en est fallu de peu. Déclara-t-elle sur un ton trop las pour l'occasion, un sourire faussement amusé aux lèvres, avant d'ajouter, croisant ses bras sur sa poitrine anorexique. Tu sais, quand elle a dit qu'elle allait fouetter des chats, c'était à prendre au sens littéral...

    Mais alors qu'elle aurait dû sourire pour donner le change, elle ne put que soupirer, pas franchement d'humeur à rire. Tant pis pour l'image, qu'il la croit dépressive ou persécutée, après tout, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ?

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Salem

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Lun 6 Déc - 14:21

Franchement, je ne comprenais pas quel était le problème de la russe. Pourquoi elle était aussi hostile à ma présence. Il est vrai que ma réputation me précédait. Je n’étais pas une fréquentation des plus recommandables, loin s’en faut. Mais était-ce une raison pour me stigmatiser de la sorte, quand bien même nous n’aurions jamais parlé? C’est moi, ou la dame russe avait tendance à juger plus vite que son ombre? Mes prunelles sombres examinèrent un instant le visage pâle de la demoiselle aux cheveux roses, cherchant à comprendre l’origine d’une telle animosité. Elle était fière. Digne. Décidée à ne pas se montrer ainsi. Il en allait de sa réputation. Je ne pouvais pas la blâmer de réagir ainsi, dans un sens j’étais ainsi moi aussi. J’avais un talent inné pour la dissimulation, envoyant promener quiconque se montrerait trop curieux. Mes blessures ne regardaient personne, même si cela se voyait que je portais la croix de mon passé tortueux et sulfureux. Je détournai finalement le regard, ne me sentant décidément pas l’âme d’un voyeur. Ce qui tacitement pouvait signifier que j’allais la laisser tranquille. Que personne n’en saura rien. Je toisai finalement la blonde, qui se dépêchait de lever le camp. J’ignorais ce qui s’était passé entre la russe et elle pour que la première soit si bouleversée, mais je me doutais bien que son départ serait une bénédiction. Quoiqu’il en soit, Blondie ne me faisait pas peur, j’en avais vu d’autres. Et des pires, de surcroît. J’en avais bravé des tempêtes, j’en avais subi des séismes. D’un point de vue plus pragmatique, je venais même d’un pays ravagé par la guerre, c’est pour dire. J’étais certes inaccessible, immunisé contre toutes sortes de drames, mais je n’étais pas invincible. Je me demandais parfois combien d’évènements allaient survenir avant que je ne sombre définitivement.

Clope au bec, je fixais toujours la blonde, attendant sagement sa réaction à ma provocation. Réaction qui ne tarda pas. « Comme si j'avais le temps de jouer les bonnes samaritaines ! Demande à fil de fer de réparer si t'as la frousse, moi j'ai d'autres chat à fouetter » Elle avait beau être jolie, la française, elle était tout de même un poil désagréable. Arrogante. Infréquentable. Et ce n’étaient pas ses talons de dix centimètres et son joli p’tit cul qui allaient changer la donne. Un sourcil perplexe s’arqua tandis qu’elle venait de bousculer délibérément Neva, qui fit comme si de rien n’était. Elle était visiblement une de ces personnes qui encaissaient sans jamais répliquer. Mon regard fixa un long moment encore la porte par laquelle Victoire s’était échappée, puis je soupirai longuement, excédé, tout en haussant les épaules d’un air navré. Loin de moi l’idée de prendre Neva en pitié, bien au contraire, je ne faisais que déplorer l’attitude de la blonde qui avait été pour le coup des plus exécrables. Je tirai une bouffée supplémentaire sur ma cigarette tandis que Neva commençait à rendre à la pièce son allure d’antan. Et pour la première fois depuis le début de l’épisode, elle m’adressa la parole. « Un instant, j'ai bien cru qu'en voulant remettre la porte droite, t'allais faire sortir Victoire de ses gonds. Il s'en est fallu de peu. Tu sais, quand elle a dit qu'elle allait fouetter des chats, c'était à prendre au sens littéral... » Il est vrai qu’elle tentait de plaisanter, quoique le cœur n’y était pas forcément. Je ne pouvais pas vraiment le lui reprocher, après tout personne n’appréciait de se faire humilier, gratuitement qui plus est. Malheureusement, il y avait toujours eu des tyrans et des persécutés. Ma tête de turc avait été Richard, Neva avait été celle de Victoire.

Une grimace vint tordre mes lèvres suite à l’affirmation de la russe. Je ne connaissais pas spécialement la dénommée Victoire avant ce malheureux épisode, et son attitude m’avait franchement dissuadé de la connaître. Non pas parce que j’avais peur d’elle, ni même parce qu’elle m’impressionnait, mais tout simplement elle n’était point le genre de personnes que je fréquentais d’habitude. Trop hautaine et prétentieuse à mon goût. Je n’allais pas tarder à perdre patience avec une personne comme cela dans mon entourage, trop heureux de la remettre à sa place. Non, vraiment, il ne valait mieux pas qu’on se fréquente, finalement. Toujours impassible, visage fermé et prunelles sombres, je me tournai vers la Russe, avant de disparaître derrière un énième écran de fumée âcre. « tu sais, il ne faut pas avoir peur d’elle comme ça. » Je savais très bien comment fonctionnaient ce genre de personnes. Ils avaient l’air bien, là, sur leur piédestal, à écraser tout le monde de leurs chaussures boueuses, mais au fond ils n’étaient rien, juste des âmes esseulées incapables de se faire apprécier. « Elle paraît imposante parce qu’elle fonctionne à la terreur. Les gens s’écrasent à son passage et c’Est-ce qui la rend forte. Si plus personne n’avait peur d’elle du jour au lendemain, elle ne serait plus rien. Elle serait madame tout le monde. » Elle ne l’ignorait sans doute pas, mais tant pis. Je discutais pour la forme, et ma foi, mes propos ne semblaient pas aussi dénués de sens qu’ils ne pouvaient l’être d’habitude. Somme toute, je ne disais pas de conneries, pour une fois. « Elle impressionne parce que sa réputation la précède. C’est vrai qu’elle est d’une grande beauté et que la plupart des hommes ont envie de la mettre dans leur lit, je ne te cache pas qu’elle ne m’aurait pas laissé indifférent si seulement elle n’avait pas été si désagréable…Mais en agissant de la sorte elle ne se rend pas service. Une réputation est certes fondée sur des éléments véridiques, parce qu’il n’y a pas de fumée sans feu comme dirait l’autre, mais ce n’est que du vent, les gens ont souvent une propension énorme à exagérer ce qu’ils entendent. Crois-moi, j’en sais quelque chose. » Moi aussi j’ai une très mauvaise réputation. On m’avait taillé un costard de coureur de jupons, doublé d’un salaud. En plus d’être un boulet. J’entendais ces bruits de couloir à mon sujet. Mais je ne cherchais pas pour autant à entretenir le mythe, bien au contraire. En fait, je m’en foutais.
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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Mer 16 Mar - 9:27


    Neva n'était pas hostile à la présence d'Israël. Enfin, pas foncièrement. Ni consciemment. Dans l'état actuel dans lequel elle se trouvait, elle et ses nerfs, elle aurait tout aussi bien été hostile à la présence d'Evdokia, de Iordan, ou même d'Oleg. Et pourtant, on savait à quel points ces trois russes étaient chers à son cœur. La réputation d'Israël avait évidemment creusé des sillons dans son appréciation personnelle du jeune homme, ses fréquentations aussi, puisqu'elle le rattachait tout naturellement à ceux avec qui il avait l'habitude d'être vu, des énergumènes que l'on avait rangé dans la case des "boulets" puisqu'ils étaient de ceux qui faisaient jaser avec leurs aventures abracadabrantes, l'un finissant souvent dans un placard, l'autre passant son temps à tenir des discours décousus et à piailler ou encore à jouer les sangsues... Mais présentement, cet avis partagé par la moitié du château n'entrait pas en ligne de compte. Parce qu'Israël était seul à cet instant, d'abord. Et parce qu'Israël avait ce petit air à la fois nonchalant mais sûr de lui qui gommait ses à priori. Et puis, fait majeur, il avait aussi fait fuir Victoire. Qu'il l'aie prémédité ou non, il avait pris sa défense, et la chose s'était avérée concluante, puisqu'elle était loin, à présent. Ce qui était un réel et profond soulagement. Neva aurait donc naturellement pu le remercier, si elle avait su comment un merci se prononçait, bien entendu. C'était un mot qui avait toujours un mal fou à sortir de sa bouche et elle n'essaya même pas de le faire sortir. Elle était déjà trop embarrassée d'avoir eu besoin de son intervention pour s'en tirer.

      --- Tu sais, il ne faut pas avoir peur d’elle comme ça. Souffla-t-il, sans cesser de tirer sur sa cigarette.

    Neva ouvrit la bouche pour s'offusquer mais fut arrêtée par un nuage de fumée qui la força à serrer les lèvres et arrêter de respirer par le nez. En règle générale, elle supportait la présence des fumeurs, mais pas si près. Comme elle n'avait jamais fumé, elle craignait de s'étouffer à son tour en avalant par mégarde une bouffée de nicotine, goudron, et on ne savait encore quelle merde qu'il expulsait dans l'air qu'ils étaient deux à respirer. Cachée par ce nuage âcre, il ne put certainement pas voir son air revêche, piqué au vif. Elle attendit que la fumée se dissipe pour lui jeter au visage qu'il se trompait, qu'elle n'avait pas eu peur du tout et qu'elle était simplement lasse de se battre contre des gens qui ne méritaient pas qu'elle épuise son énergie, mais il la devança. Elle pinça les lèvres.

      --- Elle paraît imposante parce qu’elle fonctionne à la terreur. Les gens s’écrasent à son passage et c’est-ce qui la rend forte. Si plus personne n’avait peur d’elle du jour au lendemain, elle ne serait plus rien. Elle serait madame tout le monde. Ajouta-t-il sans se départir de son air serein et détaché.

    Neva n'avait jamais eu aussi hâte qu'une cigarette se finisse pour pouvoir en placer une, et ainsi lui ôter l'idée du crâne qu'elle n'était qu'une toute petite chose terrorisée sans défense incapable de se défendre contre cette vipère imbue d'elle même. La Neva d'aujourd'hui était forte, inébranlable, froide et bien au dessus de ce genre d'attaques. Elle ne s'écrasait pas devant une rivale et n'avait pas peur de quiconque. Elle n'était pas faible ! Personne n'avait le droit de penser ça d'elle, plus maintenant. Mais la cigarette avait encore bien des lattes devant elle et Israël bien des arguments à avancer. Neva resta donc silencieuse, rigide, et digne. C'était tout ce qu'elle pouvait faire, pour l'instant. Mais plus il parlait, plus elle comprenait qu'il essayait simplement de minimiser Victoire pour la rassurer. Son air farouche, outré et colérique s'évapora.

      --- Elle impressionne parce que sa réputation la précède. C’est vrai qu’elle est d’une grande beauté et que la plupart des hommes ont envie de la mettre dans leur lit, je ne te cache pas qu’elle ne m’aurait pas laissé indifférent si seulement elle n’avait pas été si désagréable…Mais en agissant de la sorte elle ne se rend pas service. Une réputation est certes fondée sur des éléments véridiques, parce qu’il n’y a pas de fumée sans feu comme dirait l’autre, mais ce n’est que du vent, les gens ont souvent une propension énorme à exagérer ce qu’ils entendent. Crois-moi, j’en sais quelque chose. Conclut-il, alors que leurs regards, entre deux vague de fumée opaque, étaient l'un dans l'autre.
      --- Ce... Ça se voit tant que ça ? Qu'est-ce qui me trahit ? Comment tu as compris qu'elle me fait p... Enfin, tu sais, quoi. - Elle n'allait pas non plus avouer clairement qu'elle la terrifiait, hein ! C'était un autre mot qu'elle avait du mal à prononcer. - Ce n'est pas une rumeur qui tourne dans l'école, au moins ? Ça ne doit pas se savoir ! Blêmit-elle, entrevoyant déjà la catastrophe qui se produirait si sa réputation de reine des glaces se désagrégeait; elle ne pouvait pas prendre le risque d'être mise à nue ! D'ailleurs, cette scène a laquelle tu as assisté ne s'est jamais produite. Et là, nous ne sommes même pas en train de parler du fait que ce tyran me pourrit la vie et que je le vis très mal, que ce soit clair. Tu fumes, et moi, je te regarde. C'est tout.

    Et sur cette affirmation catégorique, et un peu idiote pensa-t-elle, elle croisa ses bras sur sa poitrine et déglutit. Ses yeux translucides étaient toujours fondus dans les prunelles sombres de son interlocuteur. Elle attendait qu'il lui jure son silence et sa discrétion. Ce petit côté autoritaire et capricieux de sa personnalité empruntée pour se protéger avait repris le dessus sur le reste et elle le fixait sans ciller. Finalement gênée, elle agita sa main en l'air pour dissiper plus vite la fumée et ajouter quelque chose.

      --- Enfin, quand je dis que "je te regarde", c'est de façon désintéressée. Je te regarde comme je regarderais le soleil, quoi. Bon, d'accord, c'est un mauvais exemple, je ne suis pas en train de dire que tu m'éblouis, juste que je te regarde comme... Ce mur, tiens. Argua-t-elle en le pointant du doigt, parlant comme si elle était pressée alors qu'il n'allait pas s'envoler entre deux phrases. Comme n'importe quoi ou n'importe qui, tu vois ? De façon banale et sans arrière pensées. Ou sinon, on a qu'à dire que je ne te regarde pas. Tu fumes, et moi, je passais dans le coin. Voilà. Rectifia-t-elle en replaçant deux fois une mèche rose derrière son oreille qui était déjà parfaitement plaquée derrière celle-ci.

    Et sur ces mots niais, elle soupira longuement, avalant un peu de fumée en reprenant sa respiration. Comme elle l'avait prédit, elle se mit alors à toussoter, fait qu'elle essaya de cacher en postant son poing devant sa bouche mais les larmes qui lui montèrent au yeux n'eurent aucun mal à la trahir... Ah elle était belle la Neva qu'elle lui présentait ! Ridicule, oui... Jusqu'au bout de ses longs cils où se raccrochaient de petites perles salées.

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Dim 17 Avr - 20:07

Je finis par soupirer lourdement, mes doigts serrant ma précieuse cigarette. Mon attitude désinvolte pouvait déplaire à plus d’une personne, mais je n’en avais cure. Si je dérangeais la russe, elle ne m’en avait pas encore fait le reproche, et ce nonobstant l’atmosphère plus que tendue qui régnait en ces lieux. Derrière nous, un décor post apocalyptique, vestiges de la folie furieuse d’une blonde au cerveau guère plus évolué qu’un pois-chiche, mais ne s’agissait-il pas là d’un vilain cliché? En règle générale, le monde était fait de telle sorte que les clichés se superposaient d’eux-mêmes, formant un mélange plutôt étrange. D’un côté, il y avait ceux qu’on pouvait ranger dans des cases, à qui on pouvait coller une étiquette, et de l’autre, il y avait les électrons libres, les marginaux, ceux qui étaient bien trop différents pour pouvoir rentrer dans un moule quelconque. Depuis que j’étais à Elderwood, je m’étais rendu compte à quel point aux yeux des autres civilisations nous pouvons être des clichés. Des clichés tellement grotesques qu’ils entraînaient les préjugés qui vont de pair. Neva et moi, bien malgré nous, n’en étions pas exempts. La preuve. Nous avions passé les derniers mois à vivre avec une idée fausse de l’autre. Et aujourd’hui, c’était réellement la première fois qu’on prenait la peine de se parler, de s’étudier un peu plus en détail. Peut-être de revoir notre opinion sur l’autre. Après tout, les premières impressions n’étaient pas forcément les bonnes. Neva, Neva. Comment te voit-on? Je te pensais volontiers hautaine et glacée, à l’image de ton pays natal. Je te voyais inaccessible, il fallait voir comment Pavel t’avait regardée quelques fois. Mais quand on creuse un peu sous la surface, on se rend compte qu’il en va tout autrement. Je vois en réalité une âme écorchée et solitaire, rongée par ses vieux démons. Ta souffrance est grande, et je la sens à travers chaque pore de ma peau. Parce que ta souffrance, c’est aussi la mienne.

Pourtant, l’un comme l’autre, nous étions doués pour se cacher derrière un masque et de faux semblants. Moi, c’était la débauche, toi, c’était la froideur et la distance. Nous étions doués pour jouer des apparences. Et pour une fois, une seule et unique fois, les masques tombaient, révélant en demi-teinte ce qu’ils cachaient. Les doutes. L’incompréhension. La peur que quelqu’un surprenne notre faiblesse. Je tire une énième bouffée sur ma cigarette, m’empoisonnant un peu plus les poumons avec cette saloperie. Une fois le nuage de fumée âcre dissipé, je me permets d’esquisser un mince sourire. Le premier depuis des lustres, un sourire qui n’a pas besoin d’être forcé, un sourire presque sincère. «  Ce... Ça se voit tant que ça ? Qu'est-ce qui me trahit ? Comment tu as compris qu'elle me fait p... Enfin, tu sais, quoi » Il était de ces choses qu’on ne pouvait cacher. Parce qu’elles sont évidentes. Parce qu’il n’y a rien à expliquer. Rien à rajouter. Une réponse qui pouvait se résumer en c’est comme ça, point. « Ce n'est pas une rumeur qui tourne dans l'école, au moins ? Ça ne doit pas se savoir ! » J’hoche la tête négativement, toujours aussi taciturne. S’il y avait eu une telle rumeur, elle me serait sans doute déjà parvenue. J’étais une des têtes connues de l’école, de ceux dont on parlait tout le temps. Mes histoires de cul ne manquaient pas de captiver les autres étudiants, qui ne se gênaient pas pour établir quelques pronostics quant à ma prochaine conquête. Quelle bande d’idiots. Ils n’avaient vraiment rien de mieux à faire que d’ennuyer les autres avec leurs conneries? « D'ailleurs, cette scène a laquelle tu as assisté ne s'est jamais produite. Et là, nous ne sommes même pas en train de parler du fait que ce tyran me pourrit la vie et que je le vis très mal, que ce soit clair. Tu fumes, et moi, je te regarde. C'est tout. » Du tout. Mon sourire se fait plus franc. Elle est mignonne, quand elle consent enfin à laisser tomber les masques. Je la regarde, l’air de dire je n’ai rien vu, rien entendu et le sourire innocent qui va de pair. Le sourire faussement innocent. « Enfin, quand je dis que "je te regarde", c'est de façon désintéressée. Je te regarde comme je regarderais le soleil, quoi. Bon, d'accord, c'est un mauvais exemple, je ne suis pas en train de dire que tu m'éblouis, juste que je te regarde comme... Ce mur, tiens. » J’éclate franchement de rire. Mes prunelles sombres brillent d’intelligence et de malice. J’ai compris où elle voulait en venir, mais la voir s’enfoncer ainsi avait un petit quelque chose d’amusant. Et ce n’était pas par pure mesquinerie. Ni éprouver un quelconque plaisir sadique à voir l’autre dans une situation des plus embarrassante.

Je m’ébouriffe les cheveux, la laissant poursuivre son explication un brin foireuse. Elle n’était pas ridicule, loin de là, elle était même plutôt amusante. Et tellement adorable sans ses grands airs. « Comme n'importe quoi ou n'importe qui, tu vois ? De façon banale et sans arrière pensées. Ou sinon, on a qu'à dire que je ne te regarde pas. Tu fumes, et moi, je passais dans le coin. Voilà. » C’est ça, ma douce. On n’aura qu’à dire que je ne t’ai jamais vue pleurer. Mieux encore, que c’est à cause de moi que tu pleures. Le rôle du tyran me sied si bien. Après tout, n’avais-je pas une réputation de salaud à asseoir? « Ne te fatigues pas, Neva. » je finis par répondre, doucement. Ma main s’enfonce dans ma poche, prête à attraper une énième cigarette. Mais la quinte de toux de la russe m’en avait dissuadé. Alors, ma main désormais vacante vient ébouriffer mes cheveux noirs, pour la énième fois. « Ton secret est à l’abri avec moi, tu peux me faire confiance. » L’ombre d’un sourire se dessine sur mes lèvres. « Cela étant… » Je laisse planer entre nous un long silence, charriant un suspense presque insoutenable. « Permets-moi de te dire que ton scénario n’est guère crédible. En fait, n’importe qui, d’extérieur à la situation entrerait ici te verrait en train de pleurer et moi en train de me moquer de toi. Je te laisse deviner ce qu’ils pourraient imaginer. » Silence. Je commence à faire les cent pas, à défaut de pouvoir assouvir mon besoin de nicotine. « Reprenons donc depuis le départ. Tu es venue te réfugier dans les toilettes parce que je te martyrisais. Manque de bol, tu t’es réfugiée dans les toilettes mixtes, auxquelles je peux aussi avoir accès par définition. Alors je te poursuis, comptant bien t’infliger le coup fatal. Mieux, je peux faire de toi ce que tu veux. Après tout, ne suis-je pas censé être un coureur de jupons? C’est tout de suite plus crédible, tu ne trouves pas? »


Dernière édition par Israël S. Rosenfield le Jeu 2 Juin - 10:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Dim 8 Mai - 15:04


    Neva savait pertinemment qu'elle était complètement ridicule, du moins de son point de vue, et qu'il éclate de rire pendant sa tirade bancale n'avait fait que la conforter dans son idée et était même allé jusqu'à l'agacer. Venant d'un homme dont elle croyait avoir décelé de bonnes manières inattendues - puisqu'il était intervenu en sa faveur en la voyant tétanisée face à ce tyran de Victoire - elle trouvait ce comportement pas franchement très fin. Comme si elle n'était pas assez gênée par la situation en elle-même ! Même si sa gêne semblait l'amuser, il aurait pu être un peu plus discret au lieu de se moquer ouvertement d'elle en lui balançant ses éclats de rire au visage. Voilà ce qu'elle lui aurait rétorqué, offensée, si elle n'avait pas été occupée à braver la fumée, étouffer sa quinte de toux et essayer de forcer ses joues à garder leurs teintes blêmes même si l'embarras avait toujours eu tendance à la faire rougir. Il était difficile de chasser le naturel, mais elle pratiquait les subterfuges et les faux-semblants depuis assez longtemps pour maitriser l'exercice. Même si son intention n'avait pas été de la faire se sentir encore plus mal à l'aise, ce fut donc l'effet récolté. Ses larmes, par contre, n'avaient rien à voir avec cela. Elles étaient purement accidentelles, même si, au final, elle corroborerait à la perfection sa version, plus noire, du scénario de leur rencontre imaginaire.

      --- Ne te fatigues pas, Neva. Répondit-il doucement, sur un ton presque... suave? On aurait dit quil essayait de la ménager, ce n'était pas désagréable mais assez... Perturbant. Ton secret est à l’abri avec moi, tu peux me faire confiance. Continua-t-il alors qu'elle acquiesçait vaguement; avait-elle vraiment un autre choix que de lui faire confiance, après tout ? Cela étant… Permets-moi de te dire que ton scénario n’est guère crédible. En fait, n’importe qui, d’extérieur à la situation entrerait ici te verrait en train de pleurer et moi en train de me moquer de toi. Je te laisse deviner ce qu’ils pourraient imaginer.

    Durant le silence qu'il avait laissé planer avant de lancer sa devinette, Neva s'était détendue, persuadée que l'incident était clos et qu'ils allaient maintenant passer chacun leur chemin et retourner d'où ils venaient en s'oubliant - ce qui était, avouons le, le plus raisonnable à faire. Elle n'avait pas une très haute estimation de la valeur de sa parole, mais l'éclat de sincérité qu'elle avait cru lire dans ses yeux ferait office de gage, que ce soit risqué ou non. Elle n'avait pas le temps d'exiger une meilleure preuve, il fallait qu'ils se séparent avant que leur petit scénario hypothétique ne doive prendre vie.

      --- Reprenons donc depuis le départ. Tu es venue te réfugier dans les toilettes parce que je te martyrisais. Manque de bol, tu t’es réfugiée dans les toilettes mixtes, auxquelles je peux aussi avoir accès par définition. Alors je te poursuis, comptant bien t’infliger le coup fatal. Commença-t-il à raconter, la victimisant tant et plus qu'elle faillit objecter. Mais ils n'étaient que dans l'hypothétique, non ? Alors, elle n'avait pas à s'offusquer d'un mensonge monté de toutes pièces, si ? Mieux, je peux faire de toi ce que tu veux. Après tout, ne suis-je pas censé être un coureur de jupons? C’est tout de suite plus crédible, tu ne trouves pas? Conclut-il, arborant un air indéchiffrable qui insuffla une méfiance nouvelle à la jeune russe.
      --- Ça se tient, à l'exception près qu'un coureur de jupons n'aurait aucun intérêt à prendre pour cible la frigide de l'école. Mentit-elle effrontément.

    Elle savait pourtant que des raisons, il en existait bien plus qu'elle ne voulait l'admettre. Et surtout, elle savait pertinemment qu'en vérité, elle était loin d'être frigide, puisque ce n'était qu'une couverture pour qu'on la laisse tranquille.

      --- Et puis, ce n'est pas parce que j'ai eu quelques secondes de faiblesse - minimiser les choses l'aidait à se sentir mieux, et elle avait besoin de se sentir pleinement en confiance pour garder la face - que je suis un être frêle qu'on peut manipuler à sa guise. Donc en fait, non, ce n'est pas si crédible. Se contredit-elle subitement.

    Était-ce la peur qui l'obligeait à utiliser ce ton sur la défensive ? Pas vraiment. Un peu, même si elle ne le dirait jamais, trop fière pour offrir à quiconque de tels aveux. Mais elle ne se sentait pas foncièrement en danger, même si, tout à coup, le fait que les couloirs soit si déserts la dérangeait quelque peu. Israël l'avait sauvé de Victoire, mais qui la sauverait d'Israël s'il se retournait subitement contre elle ? S'amusait-il simplement avec ses nerfs, avec ses sous-entendus ? Ou devenait-elle complètement paranoïaque ? Était-elle persécutée depuis si longtemps qu'elle ne savait même plus faire la différence entre une boutade et une menace induite?

      --- De toute façon, à quoi bon monter un scénario ? Les couloirs sont désespérément déserts, et tu m'as déjà promis ton silence. Effectivement, je n'ai rien à t'offrir en échange... Et il n'avait, de toute façon, pas donné son prix, fait qu'elle se garda bien d'ajouter à voix haute. Sauf ma reconnaissance, et ce n'est pas rien.

    C'était peut être prétentieux de sa part d'affirmer cela, mais au moins, cela masquerait les failles de cet échange très peu équitable, il était vrai.

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Jeu 2 Juin - 10:38

Je savais que l’on se montrait toujours réticent lorsqu’il s’agissait de me croire, de me faire confiance. Après tout, je n’étais pas spécialement réputé pour être un homme de parole, à dire vrai, l’on s’accordait plutôt à dire que ma parole ne valait rien. Pourtant, je n’avais pas trahi beaucoup de promesses, pour la simple et bonne raison que je n’en faisais pas, tout du moins, explicitement. Alors comment pourrais-je trahir une parole donnée à partir de rien, je me le demande? Je hausse les épaules. Dans le fond, que Neva ne me fasse pas spécialement confiance était parfaitement compréhensible. Ma réputation me suivait à la trace, et je ne semblais pas vouloir m’en séparer. J’avais pris l’habitude de ne pas me lier, d’une quelconque façon que ce soit, parce que je détestais cela, avoir l’impression que je devais quelque chose à quelqu’un. En l’espèce, mon silence ne devrait rien me coûter, tout du moins, en théorie. Parce que mine de rien, je me retrouvais lié à cette russe par cette promesse. En temps ordinaire, je n’aurais rien promis, j’aurais laissé son salut entre les mains de mon bon désir. Je pouvais fort bien rompre cette promesse et répandre la rumeur, mais quel intérêt aurais-je à le faire? Aucun. Puis honnêtement, je m’en fichais. Je ne cherchais pas spécialement à lui nuire, bien que nous soyons partis sur de mauvaises bases. Mais on peut aisément rectifier le tir, non? Je ne savais pas ce qu’elle était en train de me faire, ni quels changement, même minimes, elle était en train d’opérer en moi, mais je voulais honorer cette promesse, même si en soi elle ne valait pas grand-chose. Je voulais lui prouver que j’étais quelqu’un de respectable et digne de confiance. C’était peut-être un premier pas pour devenir quelqu’un de meilleur, de plus honnête aussi. Une façon comme une autre de regagner la confiance de ceux que j’ai trahis. Il n’était jamais trop tard pour s’améliorer, je n’avais que dix-huit ans, après tout.

Néanmoins, il apparaissait qu’elle souhaitait quitter les lieux au plus vite, ne pas s’attarder sur le champ de bataille. Mais que pouvais-je lui faire, de toute manière, j’étais relativement inoffensif. Relativement. J’étais certes un fouteur de merde, mais pas au point d’enquiquiner les pauvres âmes qui n’ont rien demandé à personne. En fait, j’adoptais plutôt la politique du un prêté pour un rendu. Aussi, celui qui ne faisait rien à mon encontre, dans l’absolu, ne risquait rien. Dans l’absolu, cela s’entend. « Ça se tient, à l'exception près qu'un coureur de jupons n'aurait aucun intérêt à prendre pour cible la frigide de l'école. » Je soupire. Évidemment. Mais il y avait là une nuance qu’elle n’avait pas saisie. Au contraire, les filles un brin trop frigides étaient intéressantes, très intéressantes, bien plus que les filles faciles. Elles représentaient une difficulté supplémentaire, un challenge qui était plutôt excitant. Et au contraire, elles ne faisaient qu’attiser le désir desdits coureurs de jupons, pour peu qu’elles soient belles et parfaitement baisables. Était-ce utile de préciser que c’était le cas pour Neva? Aussi, je ne me risquai pas à exposer mon hypothèse, elle pourrait le prendre assez mal, et je n’avais pas envie de bousiller le maigre progrès qui avait été fait. Car j’avais la nette impression que la demoiselle allait être difficile à apprivoiser, tout comme je pouvais l’être dans une certaine mesure. Elle, c’était son aspect froid et inaccessible, moi, c’était mon côté sauvage et impétueux. « Et puis, ce n'est pas parce que j'ai eu quelques secondes de faiblesse que je suis un être frêle qu'on peut manipuler à sa guise. Donc en fait, non, ce n'est pas si crédible. » Je la toise, de mon regard d’ébène. Regard qui s’était fait nettement plus songeur. Je me frotte les tempes, en proie à une certaine réflexion. Je n’avais jamais prétendu le contraire. Puis, je hausse simplement les épaules. Garder la face en toutes circonstances. Faire comme si rien n’était susceptible de m’atteindre. J’étais passé maître dans cet art, aussi subtil que complexe, et parfois, il m’arrivait d’échouer. Chaque échec me laissait un goût amer sur les lèvres. «  De toute façon, à quoi bon monter un scénario ? Les couloirs sont désespérément déserts, et tu m'as déjà promis ton silence. Effectivement, je n'ai rien à t'offrir en échange...Sauf ma reconnaissance, et ce n'est pas rien. » Mes lèvres s’ourlèrent en un sourire amusé, tandis qu’elle parlait de reconnaissance. Évidemment, avais-je envie d’ajouter. Pour une dame de cette stature, la reconnaissance était en soi quelque chose…d’exceptionnel, de rare, qu’il fallait conserver avec soin. Une reconnaissance qui pouvait être retirée sitôt accordée. Tout comme la confiance pouvait l’être.

J’arque un sourcil amusé, tandis que je croise les bras à nouveau, sans me défaire de mon sourire mystérieux. Elle m’amusait, la petite russe, bien plus qu’elle ne pouvait le croire. « Admettons. » je commente, finalement. Je laisse planer un silence de quelques secondes, le temps de remettre mes idées en place. Je brûle d’envie de m’allumer une nouvelle cigarette, mais je n’en fais rien, la demoiselle en étant apparemment fortement incommodée. « Tu comprendras alors que ma parole, ce n’est pas rien non plus. Elle n’a peut-être aucune valeur, si on ne se fie aux ouï-dire, et je n’ai pas toujours été respectable. Mais, comprends également que je ne fais pas souvent de promesses, alors considère ceci comme un gage de confiance, pour le peu que j’en fais, je ne les trahis pas. » Mon regard se voulait insondable, mon expression indéchiffrable, malgré l’amusement qui transparaissait à travers chaque mot. Elle pouvait croire que je me fichais d’elle, mais il n’en était rien. J’étais tout ce qu’il y avait de plus sincère, j’avais en quelques sortes laissé tomber le masque de salaud que j’arborais habituellement. Et ça non plus, ce n’était pas rien. C’était un peu ma façon de me protéger contre le monde extérieur. Il m’en fallait beaucoup pour que je consente à laisser tomber mes défenses une à une. Bien évidemment, je maquillais toujours mes intentions derrière une ironie mordante, tant et si bien qu’on ne pouvait jamais affirmer avec certitude ce que je pensais, tant je paraissais dire tout et son contraire. « Tu vois Neva, c’est facile de se fier aux on-dit, mais ça n’a aucune valeur à côté de ce qu’on est réellement. Se créer un masque n’est pas forcément la meilleure option, il finit par se craqueler à un moment ou à un autre. » Je marque une pause. Mes prunelles sombres la dévisageaient toujours avec intensité. «  Maintenant, tu as le choix. Tu peux toujours te contenter de l’image que tu as de moi, tout comme je me contenterais de ton côté frigide et inaccessible. Ou alors, on peut toujours gratter sous la surface, essayer d’apprendre à se connaître. Là encore, je n’offre aucune garantie, je n’ai pas réellement envie que tu me mettes à nu, au sens figuré cela s’entend, et je suppose que c’est le cas pour toi également. Troisième option…on fait comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu. Demain, on s’ignorera à nouveau, tu mépriseras ma bande de boulets et on se moquera de toi, plus ou moins ouvertement. Mais on passera, probablement, à côté de quelque chose. » Mon sourire s’élargit, tandis que ma voix se fait murmure. J’ignorais quel était ce marché étrange que je lui proposais, mais j’avais d’ores et déjà signé, sans savoir ce à quoi je m’engageais. C’était dangereux, c’était risqué, d’autant plus que je la connaissais mal, mais quelque part, j’avais envie de prendre des risques. J’étais joueur, incroyablement joueur, l’aurait-elle oublié? « Mais quoique tu choisisses, tu ne pourras pas revenir en arrière. Les dés sont jetés, Neva, les cartes sont entre tes mains. J’espère que tu aimes jouer. » j’ajoute, sans me défaire de mon sourire mystérieux. Ce n’était peut-être qu’une habile métaphore, puisque nous ne jouions pas vraiment, mais présenter les choses sous un aspect moins austère, c’était tout de suite mieux, non?
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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Sam 26 Nov - 14:10


    Dans le monde de Neva, offrir sa reconnaissance était généreux. Plus qu'une somme d'argent, car être reconnaissant signifiait que l'on reconnaissant la valeur de ce que l'autre nous avait offert, que l'on était un peu redevable, et que l'on s'en souviendrait le moment venu. Alors pourquoi arborait-il un sourire amusé ? Trouvait-il cela risible ? Il était vrai que cela pouvait passer pour pompeux de penser qu'offrir sa reconnaissance pouvait suffire, surtout qu'ici, elle n'avait pas offerte sa reconnaissance éternelle - allons, la dette était trop maigre pour cela, ne soyons pas ridicule. Toujours est-il qu'il la regardait avec l'air de celui qui vient d'entendre une blague, pas des plus drôles, d'ailleurs, mais assez pour s'amuser du ridicule de celle-ci. Neva n'aimait pas ça, inutile de le préciser, depuis le début de l'échange, elle haïssait cette impression d'être le dindon de la farce que lui communiquait son interlocuteur, de par son immense nonchalance et son expression de manipulateur expérimenté. C'est les lèvres pincées qu'elle répondait à son sourcil haut lorsqu'il fit par lancer :

      --- Admettons. Assentit-il finalement, troublant Neva encore plus, car elle avait été persuadée à son air qu'il allait rire et dire que cela ne suffisait pas, pas du tout, et il n'aurait pas eu si tort, après tout, il avait l'avantage sur elle et l'avait parfaitement compris, pourquoi n'en profitait-il donc pas ? Tu comprendras alors que ma parole, ce n’est pas rien non plus. Elle n’a peut-être aucune valeur, si on ne se fie aux ouï-dire, et je n’ai pas toujours été respectable. Mais, comprends également que je ne fais pas souvent de promesses, alors considère ceci comme un gage de confiance, pour le peu que j’en fais, je ne les trahis pas. Ajouta-t-il, laissant la russe proprement perplexe de ce retournement de situation.

    Décidément, elle n'arrivait pas à le cerner. Un coup elle le croyait loup, prêt à dévorer l'agneau qu'elle se détestait d'être mais devait bien avouer coller au personnage avec sa frêle patte blanche. Et le coup d'après, il redevenait le chasseur ayant tué le loup qui la menaçait, humain, compréhensif, voire altruiste. Ce garçon était décidément une énigme. Ou une girouette, pensa-t-elle en haussant à son tour les sourcils, mais de surprise, dans son cas.

      --- Tu vois Neva, c’est facile de se fier aux on-dit, mais ça n’a aucune valeur à côté de ce qu’on est réellement. Se créer un masque n’est pas forcément la meilleure option, il finit par se craqueler à un moment ou à un autre. L'interpella-t-il, créant à nouveau la surprise par cette bifurcation inattendue dans leur conversation qu'elle croyait achevée, ce à quoi elle répondit dans un souffle.
      --- Le monde est un théâtre, les acteurs sans masque sont les plus vulnérables.

    Elle avait parfaitement compris où il voulait en venir. Il lui témoignait qu'il détenait l'information entre ses mains : celle qu'elle n'était pas ce qu'elle paraissait, qu'elle avait peur, qu'elle tremblait, qu'elle était vulnérable sous ses grands airs. Que l'on pouvait faire fondre la glace. Mais il venait de promettre de ne rien révéler, alors pourquoi revenir sur cela ? Se taisant, Neva attendit la suite pour démêler le but de cette entreprise, et lorsque la lumière se fit sur ses intentions, de nouveau, un trouble toujours croissant l'envahit.

      --- Maintenant, tu as le choix. Tu peux toujours te contenter de l’image que tu as de moi, tout comme je me contenterais de ton côté frigide et inaccessible. Ou alors, on peut toujours gratter sous la surface, essayer d’apprendre à se connaître. Là encore, je n’offre aucune garantie, je n’ai pas réellement envie que tu me mettes à nu, au sens figuré cela s’entend, et je suppose que c’est le cas pour toi également. Troisième option…on fait comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu. Demain, on s’ignorera à nouveau, tu mépriseras ma bande de boulets et on se moquera de toi, plus ou moins ouvertement. Mais on passera, probablement, à côté de quelque chose. Proposa-t-il avec un sourire s'élargissant, face à une Neva vexée d'entendre pourtant ce qu'elle savait déjà, que lui et ses petits copains idiots la raillait sans vergogne. Mais quoique tu choisisses, tu ne pourras pas revenir en arrière. Les dés sont jetés, Neva, les cartes sont entre tes mains. J’espère que tu aimes jouer. Conclut-il, confiant, alors qu'elle allait se faire un malin plaisir de... Lui renvoyer l'ascenseur.
      --- Jouer est mon quotidien, ne fais pas semblant de l'ignorer, tout comme j'ai bien saisi que se moquer des gens est ton passe-temps favori, non ? Alors pourquoi voudrais-tu subitement connaître une des cibles préférées de ta bande de bras cassés ? Crois-tu trouver de quoi encore davantage alimenter les moqueries à mon égard en creusant sous la surface ? Et surtout, crois-tu sincèrement que je vais te laisser faire ? Rit-elle, sarcastique et hautaine, le personnage de la reine des glaces reprenant ses droits. Non. J'ai mes failles mais celle-ci n'en fait pas partie, mon cerveau n'est pas fêlé.

    Le regard froid et l'air courroucé, Neva détailla Israël les yeux dans les yeux, s'attendant à un nouvel éclat de rire imminent. Après tout, il riait à chaque fois qu'elle s'agaçait, il s'escrimait à la faire se sentir bête à chacun de ses éclats. Pourquoi cette fois ferait-elle exception ? Il n'y avait aucune raison à cela. Mais puisqu'il la surprenait toujours, allez savoir ! Tiens, d'ailleurs, elle allait lui passer l'envie de rire. Pour une frigide, son sang bouillonnait fort dans ses veines et il fallait qu'elle relâche la pression, à tort ou à raison.

      --- Et bien, qu'est-ce que tu attends ? Ris de moi, vas-y, ne te gêne pas. Ris de mes insinuations ridicules qui ne t'atteignent pas, raille moi d'être pathétique, sors moi une de tes grands phrases sur, je ne sais pas, pourquoi pas le fait qu'en plus d'être horripilante je suis laide quand je m'énerve parce que j'ai le front qui se plisse comme un sharpey ? Ou pourquoi pas que ma tenue est aussi conventionnelle que je suis désirable ? Ou mieux : que j'ai autant de chaleur que de neurones ? Vraiment, ne te gêne pas pour moi. Je le sais, tout ça.

    Elle n'avait pas crié ni fait de grands gestes énervés, juste serrés ses poings contre ses hanches et toisé l'adversaire avec son habituel dédain insupportable ou se mêlait une profonde lassitude. Car même si elle disait s'en ficher complètement, il était clair comme le bleu de ses yeux que c'était faux. Tout l'atteignait. Sous son apparente désinvolture de fausse insensible, Neva l'émotive était toujours là et encaissait avec peine.

      --- Qu'est-ce que tu attends ? Fais donc taire cette risible Neva comme tu sais si bien le faire. Je croyais que tu aimais jouer. Le provoqua-t-elle, méprisante jusqu'au bout des cils, avec la ferme intention d'en découdre.


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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Ven 16 Mar - 20:48

Le deal que j’essayais de conclure avec Neva n’était ni plus ni moins que l’illustration parfaite de cette réputation. Pour faire simple, j’étais le tyran, et elle était la victime. Le tyran avait martyrisé la victime, qui avait pleuré. Fin de l’histoire. Tout aurait pu être plus simple si Neva n’avait pas voulu revoir certaines clauses, voire même la totalité des termes du contrat. Les négociations étaient loin d’être terminées, mais il fallait bien avouer que ce petit jeu m’amusait particulièrement. Rappelons-le, je ne faisais que bouger mes pions sur mon échiquier. Je ne savais pas que parler apparences et réputation était un chapitre important des règles d’exécution grevant ce deal, mais soit. Je me prêtais au jeu tout en ayant le sentiment de ne rien maîtriser, ce qui en soi était plutôt déstabilisant comme impression. «  Le monde est un théâtre, les acteurs sans masque sont les plus vulnérables. » avait-elle soufflé du bout des lèvres, comme si c’était la seule certitude qu’elle pouvait avoir en ce moment précis. J’étais bien d’accord avec ce qu’elle disait, moi-même j’étais le premier à user de subterfuges pour dissimuler ce que j’étais vraiment, me perdant parfois moi-même à mon propre jeu, quitte à ne plus savoir ce que j’étais, ni même ce que je voulais. J’étais déjà à la base volatil et changeant, ce petit jeu de masques n’avait fait que me perdre un peu plus, me faisant passer du costume de salaud à celui de gentil garçon compréhensif en moins de temps qu’il fallait pour le dire. Rapidement, j’avais dû apprendre à jouer des apparences, à alterner les masques de plus en plus en plus récemment, tout en faisant attention de ne pas échanger malencontreusement avec celui du voisin, faire ainsi avait été essentiel à ma survie dans la rue. «  Jouer est mon quotidien, ne fais pas semblant de l'ignorer, tout comme j'ai bien saisi que se moquer des gens est ton passe-temps favori, non ? Alors pourquoi voudrais-tu subitement connaître une des cibles préférées de ta bande de bras cassés ? Crois-tu trouver de quoi encore davantage alimenter les moqueries à mon égard en creusant sous la surface ? Et surtout, crois-tu sincèrement que je vais te laisser faire ? Non. J'ai mes failles mais celle-ci n'en fait pas partie, mon cerveau n'est pas fêlé. » Elle avait faux sur de nombreux points. Ce constat me fit froncer les sourcils, me forçant à baisser un peu la garde. Pour autant, la contredire reviendrait à jeter à terre mon masque déjà fragile, et je n’avais aucune envie de me dévoiler. Je ne savais que trop bien que l’attaque pouvait venir de là où on s’attendait le moins, et je devais parer cette éventualité à tout instant, il en allait de ma survie. Cela dit, lorsqu’elle évoquait ces moqueries, elle y allait un peu fort. Il ne s’agissait ni plus ni moins qu’une série de mauvaises plaisanteries, pas bien méchantes.

En fréquentant Neva, j’en avais tout simplement déduit qu’il ne fallait pas réagir de la façon dont les autres s’attendaient à ce que l’on réagisse. Il fallait continuer à les surprendre pour piquer leur curiosité malsaine. Aussi la tirade enflammée de Neva m’arracha un rictus crispé, tranchant de façon nette et précise avec le sourire énigmatique que j’avais arboré quelques instants plus tôt. C’était notamment un signe que je me lassais de la conversation, bien que titiller Neva faisait partie de mes activités favorites. Non, je n’étais pas le bourreau tout comme elle n’était pas la victime, je la taquinais juste, même si parfois mes plaisanteries étaient douteuses. Ne venait-elle pas de mettre en évidence ce fait quelques instants auparavant, en m’indiquant que d’ordinaire, j’aimais bien me payer sa tête lorsque j’étais en compagnie de mes potes? C’était à croire qu’elle tendait le bâton pour se faire battre. Cela étant, je ne savais pas quoi lui répondre. À part peut-être mon sempiternel haussement d’épaule. Je n’eus même pas la foi de m’y risquer. Comme d’habitude, je feignais l’indifférence la plus complète. « Certes. » me contentai-je simplement de dire, ne désirant pas davantage m’aventurer sur ce terrain là, faute d’arguments pour ce faire. À dire vrai, titiller Neva ne me disait rien, enfin, moins que d’habitude. Dans un certain sens, je m’étais également lassé. On pouvait dire que j’étais un lâche, que je n’osais pas attaquer quand mes potes n’étaient pas dans les parages, que je n’avais pas les couilles de sortir les crocs dès que j’étais seul, et elle n’aurait pas foncièrement tort, mais peut-être qu’au fond, j’étais passé à autre chose, tout simplement. « Et bien, qu'est-ce que tu attends ? Ris de moi, vas-y, ne te gêne pas. Ris de mes insinuations ridicules qui ne t'atteignent pas, raille moi d'être pathétique, sors moi une de tes grands phrases sur, je ne sais pas, pourquoi pas le fait qu'en plus d'être horripilante je suis laide quand je m'énerve parce que j'ai le front qui se plisse comme un sharpey ? Ou pourquoi pas que ma tenue est aussi conventionnelle que je suis désirable ? Ou mieux : que j'ai autant de chaleur que de neurones ? Vraiment, ne te gêne pas pour moi. Je le sais, tout ça» Haussement d’épaules. Rien à dire, de nouveau. Indifférence. Elle était sérieuse, là? Un sourire étira mes lèvres alors que je la détaillais de haut en bas. Désirable. Lui avais-je dit cela un jour? Je n’en avais pas souvenir. Mais je me doutais bien qu’une femme n’oubliait jamais, surtout quand son amour propre était en jeu. « Qu'est-ce que tu attends ? Fais donc taire cette risible Neva comme tu sais si bien le faire. Je croyais que tu aimais jouer. » Mon sourire se fit plus large, plus moqueur. Parce qu’en plus, elle était mignonne quand elle s’énervait, et elle était bien loin de ressembler à cette affreuse bestiole pleine de plis.

Je me frottai la nuque nerveusement, quoiqu’un peu déstabilisé par sa tirade tirée par les cheveux. D’accord, je n’avais jamais été tendre avec elle. Il m’arrivait parfois de la casser méchamment. Mais je n’avais jamais, au grand jamais, sous-entendu qu’elle était moche. Une idée germa alors dans mon esprit ramolli. À défaut de jouer les bourreaux, je pouvais tout aussi bien me la jouer loveur des bacs à sable. Il paraissait qu’une telle attitude irritait bien davantage que d’incessants quolibets. « Tu sais pourquoi j’aime bien t’énerver? » demandai-je, non sans assortir mes dires d’un sourire railleur. « J’aime bien t’énerver parce que tu es jolie quand tu t’énerves. Les filles, en règle générale, sont tellement plus excitantes lorsqu’elles sont en colère, tu n’y fais pas figure d’exception. » Mon regard glissa sur son corps gracile, toujours aussi moqueur. « à moins que tu ne sois pas une fille, ce qui est aussi envisageable. Mais permets moi d’avoir des réserves. » D’accord, je jouais avec le feu, et j’allais immanquablement finir par me brûler. Mais je n’en avais pas fini avec elle. La partie ne faisait que commencer. Jouerait-elle mon jeu, ou bien se rétracterait-elle à la première occasion? Là reposait tout le problème, et je comptais bien savoir ce qu’il allait en advenir. J’étais prêt à mettre ma main à couper qu’elle se rétracterait, mais qui sait, elle aussi pouvait se montrer surprenante. « Bon, d’accord. Tu es horripilante, mais loin d’être laide. D’accord, ta façon de t’habiller est quelque peu originale, mais tu es quand même désirable. Plus que désirable. Quant à la chaleur… » Mon sourire diablement moqueur s’étira encore, alors que j’avais fait un pas vers elle. Ne sois pas si surprise, Neva. Je ne jouais que mon rôle. Le rôle que je venais de m’attribuer. « Quant à la chaleur, eh bien…il faudrait que je me colle à toi pour vérifier, mais on saura se passer de cette expérience, parce que vu comment tu es en colère, on te sent bouillir à des kilomètres. » Bon, d’accord, j’exagérais un peu, Neva n’étant pas si énervée que ça. Mais la surenchère faisait partie du jeu. Et lorsqu’il s’agissait de surenchérir, je pouvais aller très loin. « Quant à la quantité de neurones que tu possèdes…je dirais que tu en as plus que la moyenne vu que tu n’es pas encore tombée dans le piège que je suis en train de te tendre. » Là encore, je me coupais l’herbe sous le pied, mais détourner son attention n’était ni plus ni moins qu’une ruse. C’était tout simplement l’histoire du loup qui venait de montrer sa patte couverte de farine, comme pour dissimuler ses véritables intentions…si tant est que j’en avais. Parce que l'histoire ne disait pas si j'avais l'intention de faire quelque chose. En vérité, j'avais tout simplement l'intention de ne rien faire du tout, si ce n'est que m'amuser, juste pour voir si elle mordait à l'hameçon, à défaut de me mordre moi parce que je serai allé trop loin.

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Sam 12 Mai - 19:01


    Passer du chaud au froid en oubliant le tiède, voilà qui n'était guère apprécié de la Russe plus habituée aux engelures qu'aux brûlures. Tantôt dominée, tantôt en position de supériorité, les répliques fusaient une à une, renversant tour à tour la situation, qui tanguait si bien de bâbord à tribord qu'elle en serait presque passée par dessus bord.

      --- Certes. Cala-t-il sur un ton qu'elle prit pour de la suffisance et lui fit froncer le nez après sa première tirade - à lui, c'était ses sourcils, qui s'étaient arqués, et ce pli sur son visage était aussi déstabilisant que le reste.

    Neva avait pourtant l'habitude de patiner, mais pas sur du marbre, c'était peut être de là que venait toute la difficulté de ne pas se fouler une cheville en route - pour la métaphore, bien que dans le contexte, c'était plutôt ses neurones qui travaillaient et elles seules qu'elle risquait de fouler à force de les solliciter. Que lui voulait-il, à la fin ? Si ce n'était pas pour la moquer ou lui faire du tort, quels étaient donc ses desseins ? Et surtout, pourquoi restait-il planté là s'il n'en avait que faire, comme ses sempiternels haussements d'épaule, d'une nonchalance encore plus énervante que ses semblants de rire et ses sourires amusés, en témoignaient ?

      --- Tu sais pourquoi j’aime bien t’énerver? J’aime bien t’énerver parce que tu es jolie quand tu t’énerves. Les filles, en règle générale, sont tellement plus excitantes lorsqu’elles sont en colère, tu n’y fais pas figure d’exception. A moins que tu ne sois pas une fille, ce qui est aussi envisageable. Mais permets moi d’avoir des réserves.

    Finalement, le loup refaisait surface, sourire railleur dehors et sous-entendus à peine voilés laissant apparaître ses grandes dents et son tout aussi imposant appétit. Mais l'agneau s'était entre temps repris, endurci, métamorphosé. Ce n'était plus le même adversaire faiblard et apeuré qui lui faisait face, mais une Neva remontée dont la colère froide était le fuel le plus puissant. Oh non, dans ce conte-là, elle n'était plus la proie facile qui se laisse dévorer après avoir vaguement titubé sur ses pattes blanches. Bien que toujours plus pâle et moins sauvage, elle était de sa trempe, l'autre personnage principal, qui méritait autant que lui d'être sur la couverture, et même un titre éponyme. Sachez que la ruse est aux Russes ce que le thé est aux anglais. De plus, c'était bien connu que le petit chaperon rouge avait plus d'un tour dans son panier. Qu'il la croit donc agneau frêle et s'en amuse, ce n'en serait que plus drôle lorsqu'elle montrerait à son tour les dents...

      --- Des réserves tu devrais plus en émettre avant de frôler davantage l'obscénité. Siffla-t-elle entre ses dents, fielleuse.
      --- Bon, d’accord. Tu es horripilante, mais loin d’être laide. D’accord, ta façon de t’habiller est quelque peu originale, mais tu es quand même désirable. Plus que désirable. Quant à la chaleur… Laissa-t-il planer en la dévisageant avec cette obscénité qu'elle venait juste de pointer du doigt qui attisa de nouveau sa colère au point qu'elle s'empourpra. Quant à la chaleur, eh bien…il faudrait que je me colle à toi pour vérifier, mais on saura se passer de cette expérience, parce que vu comment tu es en colère, on te sent bouillir à des kilomètres.

    Si elle bouillait ? A tel point qu'il était étonnant que son épiderme ne soit point recouvert de cloques. Mais seules les rougeurs sur ses joues laissaient apparaître cet état de fait, réaction physiologique contre laquelle elle ne pouvait rien mais qu'elle maudit tout de même de donner raison à l'Américain. Ses lèvres tremblèrent de frustration mais aucun son n'en sortit.

      --- Quant à la quantité de neurones que tu possèdes…je dirais que tu en as plus que la moyenne vu que tu n’es pas encore tombée dans le piège que je suis en train de te tendre.
      --- Si tu essaies de recevoir le plat de ma main en plein visage, tu y es presque. Laissa-t-elle échapper, toujours frémissante, le cramoisi s'estompant trop lentement à son goût de ses joues, qu'elle sentait toujours en feu, feu qui raviva le fiel qu'elle déversa d'une traite comme on jette un seau d'eau bouillante au visage ennemi. Les bruits de couloir m'avaient soufflé ta réputation de collectionneur, mais n'as-tu pas déjà un trophée russe sur ton étagère ? De plus, si tu cherches des cœurs à mettre en bocaux, tu t'es trompé de cible, si personne ne s'est encore vanté d'avoir vu le mien, la raison est évidente. A moins que tu ne préfères les piétiner avant de les jeter, j'ai cru entrevoir celui de Konstantine choir dans notre salle commune et j'ai entendu que c'était ton ouvrage... Quelle œuvre pitoyable.

    Ses poings serrés à l'extrême contre ses hanches se détendirent lentement. Elle avait mordu... et pas à l'hameçon. Ou bien si ? Soupir et soulagement, était-ce le tournant que vous attendiez ? Impossible. Sa colère était ce qu'il avait désiré et ce qu'elle lui avait donné sur un plateau d'argent brûlant. Il se délectait des femmes désirables et les nerfs à fleur de peau, elle lui plaisait. Mais non, malgré que ses actions prouvent le contraire, elle n'essayait pas de lui plaire ! C'était la dernière chose qu'elle désirait ! Embarras et agacement, voilà ce qui résulta de son énième tirade, alors que ses prunelles toujours aussi courroucées s'enfonçaient dans les siennes. Brusquement, elle les ferma. Evacuer toute la colère, voilà ce qu'elle devait faire. Ne plus rien laisser l'atteindre. Bâtir un mur d'insensibilité parfait. Alors, elle prit une profonde inspiration, puis, après une minute de silence et d'immobilité, jeta en rouvrant les paupières, déterminée, l’œil brillant de rancune car il était évident que la première manche était sienne - mais ce serait, évidemment, la seule qu'il emporterait.

      --- J'espère que tu aimes perdre.

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Salem

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Jeu 7 Juin - 20:06

J’ignorais moi-même si j’avais réellement eu l’intention de l’énerver ou non. Quel que fut mon but, je l’avais largement atteint, comme pouvaient en témoigner les rougeurs qui colonisaient désormais ses joues. Pour un peu, on aurait même pu y faire cuire un œuf. Et, contre toute attente, je n’en tirais absolument aucune satisfaction, comme si au fond je m’en foutais. Cela dit, prétendre que je m’en foutais totalement reviendrait à faire preuve d’une mauvaise foi exemplaire. Si je m’en foutais vraiment, pourquoi essayais-je donc de tirer sur la corde jusqu’à ce qu’elle finisse par se casser? Ne montrais-je pas que j’y prêtais une quelconque attention en tentant de lui arracher une quelconque réaction? Oui, je m’en foutais. Je m’en foutais parce que j’étais un emmerdeur né, et c’était mon boulot de pousser les autres à bout. J’étais là pour les attirer au bord du vide, et les pousser dans le ravin d’un habile coup de pied. J’étais le poison foudroyant qui s’insinuait dans leurs veines, et qui les pourrissait de l’intérieur. Je me gargarisais de la colère des autres, jouissant presque de les voir exploser. Pour autant, l’éclat de la déception se faisait encore sentir, la russe s’était enflammée trop vite, beaucoup trop vite. J’avais suffisamment pratiqué la douche écossaise pour savoir que les choses ne fonctionnaient pas ainsi. La vitesse avec laquelle son masque se fendillait était ahurissante, pour un peu, elle m’aurait scotché. Mais somme toute, j’étais habitué aux caractères explosifs, je supportais les sautes d’humeur de ma meilleure amie en permanence. Ses sautes d’humeur combinées aux miennes engendraient un cocktail particulièrement explosif et mortel. Au fond, j’aimais croire que j’étais immunisé contre tout ça, que plus rien ne m’atteignait. C’était en partie vrai, j’avais appris le détachement, mieux, j’avais appris l’absence. Je n’étais plus seulement indifférent, j’étais totalement étranger à la situation, comme si au fond plus rien n’avait d’importance.

Je n’étais pas de ces garçons tendres qui prenaient des gants dans le dessein d’exprimer leur pensée. Lorsque j’avais quelque chose à dire, je le disais, peu m’importait ensuite de me faire lyncher. Comme dit plus haut, je m’en foutais, il en faudrait bien plus pour me faire tomber. Et me frotter à la colère de mes si gentilles victimes était purement et simplement jouissif, la quintessence même de la satisfaction, les voir exploser ainsi m’apportait la sensation d’un devoir accompli. À voir Neva au bord du précipice, prête à s’y enfoncer en moins de temps qu’il fallait pour le dire, j’étais tenté de dire quelque chose qui ressemblait vaguement à mission accomplie. « Des réserves tu devrais plus en émettre avant de frôler davantage l'obscénité. » je sentais la colère transparaître par chaque pore de sa peau, et je m’en repaissais. Au lieu de m’effrayer, comme elle s’y attendait peut-être, je me risquai à esquisser un sourire teinté d’autosuffisance, au risque même de la décevoir. Elle allait apprendre à ses dépends que je n’allais pas m’aplatir aussi facilement. D’autant plus que je venais de jouer la carte de l’obscénité, mon meilleur atout, un domaine pour lequel j’excellais. En quelques années à peine, j’étais devenu un expert en matière de tournures toutes aussi graveleuses les unes que les autres. Oh, bien sûr, je m’étais pris quelques baffes dans la manœuvres, mais ce sont les risques du métier, l’expérience ne s’acquérait pas sans coups. L’orgueil devait pâtir de nos échecs avant de connaître la gloire. On devait parfois être plus bas que terre avant d’atteindre le sommet de notre art. Et à en voir l’expression outragée de la jouvencelle, je savais que je n’étais pas loin. De quoi, je l’ignorais encore, mais là n’était pas la question. Je devais me délecter du spectacle qu’elle était en train de m’offrir: la reine des glaces en train de fondre à vue d’œil, cela ne courait pas les rues. C’était même une édition collector.

La réplique suivante claqua dans l’air, meurtrière et impitoyable. Le duel faisait rage, les cartes continuaient à s’abattre une par une, et ni l’un, ni l’autre n’étions disposés à abandonner nos meilleurs atouts afin de remporter la manche. La tension était telle qu’à tout moment, nous pouvions sans problème en venir aux mains. Et cela était d’autant plus vrai qu’elle passa à l’offensive en me menaçant, purement et simplement. « Si tu essaies de recevoir le plat de ma main en plein visage, tu y es presque. » Mon rictus s’élargit, alors que dans ma tête naissaient quelques autres interrogations. Étais-je masochiste au point de désirer voir sa main fragile s’abattre en plein milieu de mon visage , comme une ultime tentative de voir ce qu’elle avait dans le bide? Au moins, si les évènements devaient se dérouler ainsi, elle ne serait plus seule à avoir les joues rouges. Pour autant, la manche n’était pas encore fini, Neva n’avait pas encore fait le tour, et moi, je passais simplement le mien. «  Les bruits de couloir m'avaient soufflé ta réputation de collectionneur, mais n'as-tu pas déjà un trophée russe sur ton étagère ? De plus, si tu cherches des cœurs à mettre en bocaux, tu t'es trompé de cible, si personne ne s'est encore vanté d'avoir vu le mien, la raison est évidente. A moins que tu ne préfères les piétiner avant de les jeter, j'ai cru entrevoir celui de Konstantine choir dans notre salle commune et j'ai entendu que c'était ton ouvrage... Quelle œuvre pitoyable. » « ouch, touché. » ne pus-je m’empêcher de commenter non sans grimacer exagérément, alors que son argument avait fait mouche. Les énièmes rappels de mon histoire avortée avec Konstantine étaient comme autant de couteaux remués dans la plaie déjà béante, il suffisait d’un rien pour me saigner à blanc. Je savais que plaider ma cause était perdu d’avance, rien n’était susceptible de racheter mes fautes, quand bien même je ferais preuve de bonne volonté. Et celui qui osait affirmer haut et fort que ma bonne volonté relevait de l’utopie n’avait pas tort, il avait même entièrement raison. « J'espère que tu aimes perdre. » à défaut d’un rictus, je ne pus qu’émettre un ricanement pour témoigner de mon désaccord. Si elle pensait que j’allais piétiner mon orgueil pour ses beaux yeux, elle se trompait lourdement. Je ne remportais pas toujours les joutes verbales auxquelles j’étais partie, il était vrai, mais je bataillais du mieux que je pouvais, parfois même jusqu’à épuisement. « je ne suis pas masochiste au point de me repaître de la douleur engendrée par une quelconque défaite. » me contentais-je simplement de murmurer, sans me défaire de mon masque d’autosuffisance qu’on aurait pu croire scotché sur mon visage si seulement je n’arborais pas une tête de six mètres de long le reste du temps. « Je serais même d’avis à corser un peu le jeu, j’aime bien relever des défis. » Mon ton était involontairement sifflant et éraillé, comme si j’étais en train de perdre mon flegme. L’attrait du jeu et du défi injectait dans mes veines la dose d’adrénaline que je recherchais désespérément. « Qu’as-tu donc à me proposer, chère adversaire? » m’enquis-je finalement d’un ton badin, tandis que je décidais tout simplement de changer de stratégie. Le repli était parfois nécessaire pour remobiliser les troupes. Autrefois actif, j’étais désormais passif, guettant avec plus ou moins d’impatience la réaction de mon adversaire bien aimée. Pendant ce bref temps de latence, j’allais pouvoir soigner la blessure qu’elle m’avait infligée, de façon à ce que le cratère qui béait en moi ne soit plus qu’une piqûre désagréable.
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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Jeu 26 Juil - 23:42


    Les petits malins croyant pouvoir enfreindre le règlement à leur guise, c'était pas ce qui manquait dans l'école, mais ils n'étaient pas tous du même genre. Il y avait ceux qui se croyaient assez fort pour amadouer les autorités supérieures telle que la concierge dragon ou la bibliothécaire gueularde en cas de flagrant délit, ne cherchant qu'à moitié à être discret. Ensuite, ceux qui croyaient que jamais ils ne se feraient pincer parce qu'ils étaient trop intelligents, mais à trop se croire invincible on n'en prend que plus de risques inconsidérés et on devient donc sensiblement plus facile à repérer... Et pour finir, il y avait ceux qui n'en avaient rien à foutre d'écoper d'une punition. Ceux là, on les appelait les « habitués », les mecs que les retenues faisaient bien marrer et les réprimandes sourire sans vergogne. Du genre d'Israël, quoi. Ceux-là étaient les pires car ils n'avaient pas l'habitude de se faire coincer, et lorsqu'ils l'étaient, ils trouvaient toujours le moyen de s'en tirer à bon compte. Les menaces étaient donc inutiles avec lui, il fallait l'avoir à son propre jeu. Heureusement, les Russes étaient formés autant à l'Art du discours et aux traits d'esprit qu'à la manigance. A force d'observation, on découvrait les faiblesses et les talons d'Achille de l'adversaire pour mieux l'acculer avant de porter le coup qui faisait définitivement taire.

      --- Ouch, touché. Réagit Israël à son fiel.

    Utiliser les rumeurs et les bassesses de l'autre : voilà qui était fait. Comme si elle allait continuer de prendre des coups sans les retourner ! Et puis, sa suffisance insupportable la déculpabilisait complètement. Il avait mérité qu'elle use de sa langue de vipère et se satisfaisait maintenant de l'effet de sa morsure. Mais, même si Israël était désormais un peu boiteux, il n'avait pour autant pas encore dit son dernier mot.

      --- Je ne suis pas masochiste au point de me repaître de la douleur engendrée par une quelconque défaite. Je serais même d’avis à corser un peu le jeu, j’aime bien relever des défis.

    Le sourire de surface de Neva vacilla une demi seconde, mâchoires crispées et dents serrées à en faire sauter l'émail. Il avait décidément le don de lui taper sur les nerfs. Quand cesserait-il de la défier ? A quels jeux devraient-ils donc encore s'adonner pour qu'il se lasse ?

      --- Qu’as-tu donc à me proposer, chère adversaire?
      --- Une défaite cuisante. Et puisque tu désespères tant de recevoir ton dû : la voici ! Asséna-t-elle avec humeur.

    Son poing se desserra subitement alors qu'elle éradiquait la distance qui les séparait de deux enjambées rageuses. Arrivée à sa hauteur, elle l'attrapa au col sans faire de sentiments, le poussa contre le mur du couloir et, arrimant une main derrière sa nuque tandis que l'autre empoignait son t shirt, elle... L'embrassa avec une fougue rare, presque haineuse, furieuse, sans fermer les yeux pour qu'il ne loupe rien de son regard à la fois glacial et brûlant. Depuis le début, elle essayait de démontrer qu'elle n'était pas celle qu'il croyait, qu'il se trompait sur son compte, qu'il n'avait aucun pouvoir sur elle et qu'elle avait le contrôle. En fait, elle ne l'avait pas réellement mais elle l'avait pris à pleines mains, talons claquant contre le marbre et diable au corps. Sa preuve, il l'avait, tandis qu'elle détenait à présent sa prétendue victoire. Se détachant de lui après une dernière pression des lèvres, elle recula tout en gardant une main sur son torse le maintenant plaqué au mur. De l'autre, elle s'essuya le coin de la bouche sans pouvoir effacer son sourire qui se voulait triomphant alors qu'elle devait faire un effort immense pour garder la tête froide.

      --- Échec. La reine a pris le fou. Lâcha-t-elle avec assurance malgré que sous le masque, elle était légèrement fébrile, le relâchant de sa prise pour se reculer dos à l'autre mur.

    Si elle réaliserait que c'était peut être la seule chose qu'il attendait depuis le début ? Peut être, quand elle y repenserait. Mais ce qu'elle retiendrait surtout, c'était qu'elle avait créé la surprise, qu'elle s'était battue jusqu'au bout et qu'elle n'était ni une incapable ni une trouillarde. Il l'avait défiée et elle n'avait pas reculé, malgré ce qu'il en coûtait. Et pour ça, elle était fière. Son menton haut et son regard implacable toujours planté sur lui en témoignaient. Échec et mat, dîtes-vous ? Attendez donc. Israël avait encore un dernier coup.

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MessageSujet: Re: Où est passée la " boniche des toilettes " ?! [Nev'a]   Ven 5 Oct - 19:45

Neva souriait. Enfin, elle se forçait. Tout en elle, était feint. Sauf sa rage. Sa rage, je la ressentais, elle était vibrante de colère et de passion, et il suffisait d’un rien pour qu’elle dérape, pour qu’elle se laisse engloutir par la colère, embourber dans son fiel. Pour un peu, on aurait pu voir des jets de vapeur sortir de ses oreilles. Et encore une fois, les incertitudes venaient m’assaillir. Qu’est-ce que ça pouvait bien m’apporter de la faire enrager? Une distraction? Au fond, ça ne m’amusait même plus. Je ne savais même plus ce que je voulais faire d’elle, ce que j’attendais d’elle. Une victoire? Ça ne m’intéressait plus. Ça me gonflait, en fait. Mais je ne voulais pas abdiquer. Certainement pas, même. Peu importaient toutes les menaces de défaite qu’elle pouvait faire. Je ne fléchirai pas. En étais-je seulement bien sûr? Le doute habitait encore mes prunelles sombres lorsqu’elle me jeta quelques mots, en pleine figure, promesse d’une défaite cuisante. « Une défaite cuisante. Et puisque tu désespères tant de recevoir ton dû : la voici ! » Mais c’était débile, à la fin. L’un comme l’autre, on savait qu’on n’allait jamais infléchir nos positions, alors, pourquoi s’enferrer dans un débat stérile et sans fondement? D’autant plus que je ne savais absolument pas de quel dû elle pouvait bien parler. Je n’attendais plus rien d’elle à présent, je m’étais lassé de mon nouveau jouet, je n’avais plus rien à faire ici, même si personne ne m’attendait ailleurs. Et ce qui s’en suivit me laissa presque littéralement sans voix. Elle venait de me plaquer contre le mur non sans violence, m’estomaquant à demi. OH PUTAIN. Neva la Frigide était en train de m’embrasser à pleine bouche, et quel baiser! Je ressentais le goût de sa colère sur le bout de ma langue, je la sentais brûler sous l’effet d’une hargne puissante et impérieuse. Je ne comprenais plus rien. Attendez, on rembobine. Neva m’avait sauvagement plaqué contre le mur pour m’embrasser tout aussi sauvagement et…non, cela ne faisait aucun doute, je ne rêvais pas, et même si c’était un rêve, je n’aurais tout de même pas souhaité me réveiller, parce que je la détenais, ma preuve, et je n’aurais pas voulu me rendre compte dès le réveil qu’elle s’était dissoute dans les limbes de mes songes. Elle avait gagné. Putain de merde. Pourquoi c’était si difficile à admettre? Pourquoi, l’éternelle question. « Échec. La reine a pris le fou. » Le fou, le fou, c’était vite dit, j’étais encore relativement sain d’esprit, à ce que je sache. Quoique, je ne devais pas avoir la même notion de sain d’esprit que le commun des mortels.

Je tremblais, un peu. L’émotion, sans doute. Mes certitudes qui venaient de voler en éclats. J’étais sonné, cela allait presque de soi. J’étais encore tout étourdi de ce baiser, qui m’avait définitivement pris par surprise. Je ressentais encore la pression de ses lèvres contre les miennes, je la revoyais dévorer ma bouche avec hargne, et son regard, par tous les saints, son regard, un regard aussi pétrifiant que pouvait l’être un Basilic, un regard qui reflétait la hargne et la rage de vaincre. Et le pire, dans tout ça, c’est que ça me plaisait. Oui, elle s’était reculée contre le mur, le plus loin possible de moi, mais je n’avais pas dit mon dernier mot. Certes, il était peut-être temps que je me retire, car la prochaine fois il se pourrait bien que j’y perdre des plumes…au prochain dérapage, devrais-je plutôt dire. Car oui, la situation venait de déraper, et pas qu’un peu, et j’étais même certain qu’au prochain coup du genre qu’elle allait me porter, j’allais pouvoir résister proprement, sans perdre le contrôle. Et le contrôle, la maîtrise de la situation, n’était-ce pas là ce pourquoi on se battait depuis le début, corps et âme? La réponse était toute trouvée. Mais à chaque partie qui se jouait, il y avait forcément un gagnant et un perdant. Le tout était d’accepter, d’assumer. Pour cela, je n’étais certainement pas prêt, mais en avais-je le choix? « Pas mal. » finis-je par lâcher, non sans assortir mes propos d’un sourire moqueur. Allègrement moqueur. On ne se refaisait pas. « Tu te débrouilles plutôt bien pour une frigide. Pour un peu, je retirerais presque tout ce que j’ai pu dire sur ton compte. » Quitte à m’effacer, autant le faire dans les règles de l’art, c’est-à-dire, avec un soupçon de provocation, comme je savais si bien le faire. Non seulement, j’étais clairement en train de sous-entendre que je n’allais probablement pas revenir sur mon opinion -quoique, il n’y avait que les imbéciles qui ne changeaient pas d’avis- mais en plus, j’étais d’insinuer que j’avais probablement dit des choses sur elle, et pas que des gentilles. Alors, d’un pas souple et rapide, pour la dernière fois, je m’approchai d’elle, armé de mon sempiternel sourire moqueur. C’était à mon tour de la tenir sous mon joug, de la dominer une fois encore, même pour deux minutes. Deux précieuses petites minutes, le temps m’était désormais compté pour asséner mon coup fatal. « Peut-être que oui, tu avais bien fait de parler de dû. Peut-être même que c’était ce que j’attendais depuis le début…une parmi tant d’autres, sur mon tableau de chasse. Mais la donne a changé, Neva. Tout ceci m’importe peu, désormais. » Je chuchotais, presque contre ses lèvres. J’étais même sûr qu’elle pouvait sentir mon souffle chaud sur ses joues, sur sa bouche, presque comme si nous allions nous embrasser une fois encore, même si cette fois, il n’en était rien. « Toi, Konstantine, une autre…comme tout le monde, j’ai mes limites. Mais m’efforcer de démontrer que je ne suis qu’un salaud sans cœur reviendrait à t’escrimer à prouver que tu n’es pas frigide…ça ne sert strictement à rien, ce n’est pas demain la veille que nos opinions à propos de l’autre changeront de toute manière. » Je raffermis mon emprise sur elle, mes doigts s’enfonçant légèrement dans la chair tendre de sa nuque, d’autres agrippant fermement ses cheveux roses, pour la rapprocher davantage de moi, mon regard toujours planté dans le sien, fébrile comme jamais. « Ce n’est pas toi que je veux. Ça n’a jamais été toi. Tout ce que je voulais, c’était voir ce que tu avais dans le bide. Et j’ai eu ce que voulais. En te faisant sortir de tes gonds, je t’ai modelée à ma guise, j’ai fais de toi ce que je voulais. Alors oui, peut-être que c’était ça que je voulais, et que j’ai obtenu. Après bien du mal, mais ça valait le coup. » Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un rire nerveux, parce qu’au fond, je ne pensais pas vraiment ce que je disais. Je ne faisais que jouer un rôle, un énième, celui qu’elle voulait que je joue, je lui disais ce qu’elle voulait entendre. Et en ce moment, je n’espérais qu’une chose, c’était que mon propre regard ne me contredise pas. Et si d’aventure je venais à insuffler le doute dans son esprit comme elle avait fait avec le mien, alors tant pis. Parce qu’au fond peut-être était-ce que je voulais réellement. La troubler. Ni plus, ni moins. Et rien d’autre, de surcroît. Au fond, nous étions aussi malléables l’un que l’autre. « Et tu sais quoi? On se reverra bientôt, jolie Neva, sois-en certaine. » j’avais prononcé ces derniers mots dans un murmure, non sans la lâcher au passage. Vole, joli oiseau, ta liberté venait de t’être rendue. Et qu’elle ne vienne pas penser que c’était une proposition, ni même une menace. Non, c’était une promesse. Alors, je m’éloignai d’elle, prestement, la soustrayant du même coup de mon emprise. Puis, je lui jetai un dernier regard scrutateur, avant de m’évaporer pour de bon, abandonnant ces toilettes où je n’aurais jamais dû me trouver, à la base.

[Et voilà, ce n'est que maintenant que je poste, et pour clôturer de mon côté en plus de ça. J'espère que ça t'ira. Si ça te tente, on pourra s'en refaire un après la MAJ, enfin, quand tu auras le temps quoi :p Parce que j'aime bien la relation tordue qui est en train de se construire entre Israël et Neva, et...j'aime le foutre dans la merde, aussi j'espère que la vengeance de Neva sera terrible *fufufu*]
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