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 A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]

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MessageSujet: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Mar 16 Fév - 20:38


« Y a-t-il un sens à ta venue ?
As-tu un nom ? Moi non plus. »
- M -


    La porte s'ouvrit brusquement dans une complainte sourde, faisant sursauter les seules personnes qui se trouvaient dans la pièce, c'est à dire une mère et sa fille – Beaux Bâtons assurément, à en juger par toute cette superficialité qui leur dégueulait littéralement par tous les orifices -. Ces dernières la dévisagèrent un instant avant que leurs yeux ne se posent sur la main ensanglantée de la russe. Un regard complice avec le fruit de sa chair plus tard, la mère déclara d'une manière théâtrale terriblement médiocre :

      « Ne trainons pas, Isabella, nous devons encore rencontrer ton professeur de métamorphose. »

    C'est ça, tire toi la vieille. Evdokia lança un de ses sourires hypocrites les moins convaincants tout en rouvrant la porte dont elle venait seulement de lâcher la poignée. S'inclinant de manière ostentatoire, la boïarde incita les deux femmes à se presser d'un lent mouvement de main souillée de rouge indiquant le chemin à emprunter.

      « Par ici la sortie. J'espère que la visite vous a plu, et n'oubliez pas de passer à la boutique de souvenirs avant de partir. Merci. »

    Deux regards assassins plus tard, et Evdokia se retrouvait enfin seule au milieu des échos de plomberie. La boïarde s'adossa nonchalamment contre la porte, les yeux clos et sa jolie bouche mutine laissant échapper un soupir de fatigue. Les rouvrant, la jeune fille croisa son reflet dans un des miroirs massifs disposés au-dessus des lavabos. Ne sachant pas vraiment pourquoi, elle ne put détacher son regard de celui de son double illusoire, telle un moldu pétrifié devant une apparition mystique. Pourtant aucun sentiment de peur n'avait envahi la jolie russe, seulement une fascination soudaine pour ce masque de porcelaine où quelque chose clochait, dont l'éclat immaculé semblait vouloir dissimuler quelques fêlures disgracieuses. Evdokia s'était elle-même percée à jour, et s'efforçait à distinguer quelque chose à travers cette armure aux traits fin et à la peau pâle. Quoi ? Elle même l'ignorait. Une lueur, une masse difforme, une âme, des sentiments, ou encore un sens à tout cela, qu'importe. Y voir clair. « Aller à la rencontre de soi. » Un flash. Le titre d'un livre qu'elle avait aperçu sur la table de chevet d'une élève de Durmstrang. Un sourire nostalgique se profila sur son visage, tandis que sans en avoir réellement conscience, ses pas la rapprochaient de son reflet. La boïarde appuya ses avants bras sur le lavabo, approchant son joli minois à quelques centimètres de son double virtuel.

      « Tu vas quand même pas nous faire du Neva ? Mmh ? »

    La brèche s'était refermée brusquement, comme vexée à la suite de cette remarque emprunte d'humour et d'affection. L'évocation de sa cousine avait suffi à la jeune fille à recouvrer ses esprits et sa détermination. Il fallait qu'elle soit forte, il fallait qu'elle défriche le chemin, qu'elle indique la voie à suivre, il fallait qu'elle porte sur ses fines épaules le poids du deuil, la foi en l'avenir et la responsabilité des événements futurs. Car Neva était encore trop fragile pour assumer tout cela à ses côtés. Mais Neva lui permettait d'être la charge positive de l'électron, et Evdokia devait reconnaître que si cette dernière n'était pas là, elle se laisserait sans doute dériver tel un ion esseulé.

    La jolie russe actionna le robinet d'où une eau gelée ne tarda pas à jaillir, emplissant les toilettes de son écho cristallin, et plaça sa main meurtrie sous l'eau, déviant ainsi sa trajectoire tel un barrage contre le courant.
    Evidemment, Evdokia aurait pu aller à l'infirmerie, et en deux tours de passe passe, la plaie se serait refermée, la douleur envolée. Mais au fond d'elle, la jolie russe n'avait aucune envie de se débarrasser de cette douleur, car ne plus avoir mal, c'est un peu oublier. Et il en était hors de question. Dompter la douleur, et non l'étouffer. Ne pas la renier, mais apprendre à vivre à ses côtés.
    Tandis qu'elle observait la plaie se nettoyer peu à peu, un son sourd retentit derrière elle. Relevant brusquement la tête, Evdokia n'eut que le temps de voir dans le reflet du miroir la porte s'ouvrir avant qu'une silhouette n'investisse les lieux...



Dernière édition par Evdokia K. Leonidova le Dim 6 Juin - 15:42, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Mar 16 Fév - 22:54


    Il l'avait suivi, d'un pas cadencé, sans toutefois se presser réellement. Sa destination ? Il l'avait deviné, il ne fallait pas être grand devin pour ce genre de révélations. Bien que chez lui, c'était plutôt inné, de savoir certaines choses mieux que les autres. Ainsi, il s'était retrouvé dans les toilettes - mixtes, merci bien - et il n'avait pas hésité une seconde à ouvrir la porte en sachant qu'il la trouverait derrière. Surtout quand il avait croisé les regards courroucés de ses deux précédentes occupantes. Un bref sourire amusé s'était peint sur ses lèvres avant de détaler aussi vite qu'il était venu...
    La vue de l'eau aux teintes rosées ne raviva que davantage l'amertume de leur échange passé. Passant nonchalemment une main dans ses cheveux impeccables, comme pour en extirper une poussière imaginaire, le menton haut et le dos droit, il ne se départit en rien de son regard polaire... Alors qu'une flamme de remord menaçait de faire fondre le bleu glacier de ses iris plantés sur cette plaie ouverte. Mais n'allez pas vous méprendre, c'était bien son visage qu'il fixait. Il n'aurait jamais baissé les yeux devant elle.

      « Tu devrais apprendre à contrôler tes pulsions. » Dit-il d'un ton profondément détaché, marquant un court temps de pause. « Simple conseil d'ami. »

    Ses deux mains se posèrent sur sa canne, l'une sur l'autre, très lestement, alors qu'il laissa son poids du corps basculer vers l'avant pour prendre un appui plus stable. Une stature plus dominante. Plus imposante. Comme il aimait toujours le faire. Déjà qu'il était grand en taille, il se délectait d'en rajouter une couche en envelloppant ses interlocuteurs de cette aura, propre aux grandes figures de ce monde, qui condamne les ignorants au silence, et les faibles aux frissons apeurés. Pourtant, au fond, ce n'était qu'une histoire de maintien, et de maitrise - bien que son physique aidait. Un instant, il se surprit à laisser son regard dériver vers son reflet, voguant entre son propre visage blafard, et celui de la princesse des glaces qui lui faisait face. Il ne put réprimer une infime grimace en réalisant qu'elle avait presque autant de présence que lui, fait qu'il se bornait à ignorer depuis qu'elle avait osé lui adresser la parole. Tous les supterfuges et la poudre au yeux jetée par son esprit mâlin ne semblait pas l'affecter. Elle restait digne. Elle restait haute. Et dans son estime, d'autant plus. Alors qu'il ne cherchait qu'à la rabaisser pour satisfaire son égo. Car s'il l'avait suivi, ce n'était que pour la remettre à sa place, pour s'assurer qu'elle reprenne son rang et effacer cette pauvre admiration qu'il avait cru éprouver. Sauf que plus son regard voguait d'un point à l'autre, et plus l'éventualité d'avoir trouvé une égale, une rivale, lui sautait aux yeux. Mais non, c'était tout bonnement impossible. Soucis d'expérience, tout d'abord. Et puis, quand même, il restait le plus élégant, inégalable de prestance. Bien que ses cordes sensibles à lui n'aient point été tirées, ce qui lui donnait l'avantage. Mais s'ajoutait à ça la finesse de ses traits, la vivacité de son esprit, et ses tours de passe passe rondement menés, point sur lequel elle péchait. Après tout, ne l'avait-il pas bousculé ? ... Ou était-ce elle, qui l'avait eu, en l'aimantant dans son sillage ?

      « Êtes-vous seulement consciente que je perds un temps précieux à venir m'assurer que ce désagrément n'entâche pas ma réputation ? Tous les regards se sont tournés vers nous à cause de vos bêtises. Vous blesser avec une coupe en crystal ! Verre le plus fin qui soit ! Et espérer se débarasser de ses éclats avec de l'eau, n'a-t-on pas idées... Faîtes vous exprès d'être idiote ? » Lança-t-il, abrupt, bien plus agacé qu'il n'aurait dû le laisser paraître.

    A se perdre dans ses pensées, il s'était laissé submerger par l'exaspération incontrolable qu'elle créait en son for. Il n'arrivait pas à se l'expliquer - et c'était là tout le problème - mais cette fille l'énervait. Et sa sérénité légendaire n'était pas du tout d'accord avec ce fait.
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Jeu 18 Fév - 20:16


    « La grande classe. Vraiment. »

    A peine avait-il franchi le seuil de la porte que l'aura puissante et amère du professeur envahi la pièce, tandis que le regard d'Evdokia s'assombrit brusquement, un voile de brume venu se déposer sur les iris claires de la jeune fille. Cette dernière, loin d'être naïve, n'espérait nullement de plates excuses de la part d'Hullington, et attendait avec une pointe d'agacement parfaitement dissimulée quelle nouvelle remarque acerbe allait sortir d'entre ses lèvres à demi pincées. Cette dernière ne se fit pas prier deux fois et résonna dans l'air comme le gong de départ d'une guerre des charismes.

      « Tu devrais apprendre à contrôler tes pulsions. Simple conseil d'ami. »

    Le ton était détaché mais la remarque profondément ironique. Evdokia n'aimait pas beaucoup la tournure que l'homme semblait vouloir donner à la situation, s'auto-proclamant « grand maître du contrôle de soi » et abaissant la boïarde au simple rang de novice. La jeune fille dut se mordre discrètement la lèvre inférieure pour que ne s'en échappe pas un « Tu ne dois pas en avoir beaucoup, d'amis. » malvenu.
    Heureusement, un mouvement dans la stature de l'homme attira son attention. La jolie russe haussa un sourcil devant la piètre tentative d'impressionement d'Hullington armé de sa canne, partagée entre l'envie d'éclater de rire ou de lui éclater la tronche. L'homme avait-il un tel complexe d'infériorité qu'il tentait désespérément de s'imposer à l'aide de pathétiques postures et de piques dont l'intérêt égalait le spectacle d'une moule accrochée à son rocher ? A la rigueur, tout ce petit manège pouvait impressionner les plus ignares, mais Evdokia n'avait rien d'une enfant de la plèbe, et son professeur aurait du se douter qu'elle avait été familiarisée avec ces tours de passe passe purement aristocratiques depuis sa plus tendre enfance.

      « Êtes-vous seulement consciente que je perds un temps précieux à venir m'assurer que ce désagrément n'entache pas ma réputation ? Tous les regards se sont tournés vers nous à cause de vos bêtises. Vous blesser avec une coupe en cristal ! Verre le plus fin qui soit ! Et espérer se débarrasser de ses éclats avec de l'eau, n'a-t-on pas idées... Faîtes vous exprès d'être idiote ? »

      « La grande classe. Vraiment. »

    Sans voix devant si peu de tact, ce fut là les seuls mots qui réussirent à s'échapper de sa bouche. Pourquoi l'avait-elle abordé, déjà ? Ah oui, un peu d'action. Bravo, jolie pioche. L'espace de quelques dixièmes de secondes, la jeune aristocrate s'interrogea sur les raisons d'un tel acharnement, avant de se souvenir qu'elle avait affaire à Zéphir Hullington, et que cette question ne nécessitait donc aucune réponse logique. Peut-être n'aimait-il pas les Dr Martens fleuries qu'elle portait avec une robe blanche remarquable par sa simplicité – pas assez « aristocratique » pour lui - ? Ou était-ce sa démarche légère, presque flottante ? Non, elle n'y était pas du tout, ça devait être en réalité le timbre grave de sa voix – il était vrai qu'elle fumait trop - ? Chassant d'un imperceptible secouement de tête ces pensées filantes, Evdokia tourna alors le dos à son professeur.
    Tandis qu'Hullington semblait mettre un point d'honneur à ne jamais baisser les yeux – c'est à peine si il s'autorisait à ciller -, la jolie russe n'hésita pas une seule seconde avant de reporter son attention sur l'eau qui continuait à bondir dans un rugissement cristallin sur la plaie à présent nettoyée mais où les bris de verre étaient confortablement ancrés. Loin d'être une marque de soumission ou d'abdication, ce mouvement voulait témoigner à son interlocuteur un désintérêt partiel qui, Evdokia en était persuadée, agacerait au plus haut point l'aristocrate, même si ce dernier n'en laisserait surement rien paraître.

      « Les éclats de voix ont bien plus d'impact sur l'attention générale que quelques malheureux éclats de verre. »

    A peine avait-elle lancé ces mots qu'Evdokia ferma brusquement le robinet et fit volte-face, le regard perçant scrutant chaque parcelle du visage d'Hullington afin d'en détecter le plus infime changement. L'avait-elle coincé ? L'homme bluffait, cela ne faisait aucun doute. Personne n'avait remarqué l'incident, c'est à peine si le crissement du cristal avait atterri dans les oreilles de quelqu'un. Evdokia aurait pu en rester là - se contenter de lever les yeux au ciel avant de prendre congé auprès de ce personnage peu agréable puis se perdre dans la foule -, mais donner raison à son professeur lui provoquait d'avance des plaques d'urticaire. Alors la jolie russe s'appuya contre l'évier, croisa les bras et adressa un sourire en coin en signe de défi à Hullington.
    Entrer dans son jeu, et le mettre au pied du mur.



Dernière édition par Evdokia K. Leonidova le Dim 6 Juin - 15:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Jeu 11 Mar - 14:20


      « La grande classe. Vraiment. »
      « Je vous demande pardon ? »

    Ses doigts se recroquevillèrent sur sa canne alors que ses sourcils s'incurvaient, creusant un pli d'incrédulité sur son front parfaitement lisse. Rompant la communication, son interlocutrice poussa le vice jusqu'à lui tourner le dos. Elle abdiquait ? Non. C'était bien trop facile. Et sans se l'avouer, au fond, il savait qu'il attendait beaucoup mieux d'elle, même si elle n'était sensée être qu'une banale élève échouée d'un milieu aristocrate. Sûrement avait-elle honte de ce ton condescendant qu'elle avait pris pour s'adresser à Lui. Car il n'était pas coutume qu'il laisse passer une telle effronterie, et elle avait eu le bon goût de ne pas le défier du regard après de tels mots. C'aurait été irrespectueux, et elle lui devait le respect, car il était son aîné, tout d'abord. Parce qu'il était son professeur, ensuite, et qu'elle était sous ses ordres directs. Et surtout parce que son sang élitiste l'exigeait, et que personne dans ce château ne pouvait se permettre un ton déplacé devant le titre que lui procurait sa naissance. Et encore moins une femme! Pas même une boïarde zélée. Et à s'y risquer, elle venait de perdre la face, et il pensait qu'elle en était consciente. Son détournement passa donc non pas pour du désintérêt, mais pour une lucidité soudaine aux yeux de l'aristocrate qui ne lui tint donc trop grande rigueur pour ces paroles qui auraient pu l'offenser. Même si elles paraitraient pour beaucoup anodines, il était différent.

    Ses yeux quittèrent son dos droit pour se reporter sur sa main. Malgré sa remarque désobligeante sur le fait que l'eau ne servait à rien en pareils cas, celle-ci continuait à asperger sa plaie, en vain. Un rictus exaspéré agita sa lèvre. Il connaissait trop bien ce genre de fierté là pour ne pas la reconnaître. Elle savait qu'il avait raison, mais se bornait à faire semblant de l'ignorer. Ils étaient deux à couver ce trait de caractère. Plus tôt qu'il ne s'y était attendu, la russe rompit le silence et ferma d'un geste sec le robinet. Du même temps, elle se retourna, cherchant à percer son regard qu'elle trouva sans peine, statique, d'un bleu électrique flamboyant. Son flair ne l'avait pas trompé. Il avait attendu plus, et il avait obtenu plus.

      « Les éclats de voix ont bien plus d'impact sur l'attention générale que quelques malheureux éclats de verre. »
      « Pas sur la mienne. » Répondit-il du tac au tac, d'un ton cassant jurant avec la lueur vacillant au creux de ses prunelles qui exprimait tout autre chose.

    Ses dents étaient serrées alors qu'il devait faire de grands efforts pour articuler et conserver un timbre de voix aussi neutre que sa stature l'imposait. Pas un grincement. Pas une grimace. Rien qui ne pourrait dévoiler que ses nerfs crissaient sous la surface. Pour une fois, il se détestait d'avoir raison. D'avoir raison sur elle. Il aurait pourtant dû savoir que ses impressions le trompaient rarement... Même si depuis un certain été, il se bornait à moins leur faire confiance. Se délestant de sa canne, il la cala contre le mur. D'un geste maniéré, il extirpa de la poche de son veston un mouchoir et le déplia dans l'air. Celui-ci flotta un instant avant de retomber parfaitement entre ses doigts, ses initiales tissées dans du fil doré en évidence.

      « Donnez moi votre main. » Demanda-t-il sans ciller en tendant son bras vers elle sans toutefois faire un pas; ce n'était pas à lui d'avancer.

    Cela aurait été lui forcer la main, et même s'il en avait le pouvoir, il n'en avait guère l'envie. Et puis, n'était-elle pas sensée lui obéir ? S'il l'avait décidé, tout pion devait se déplacer. Car il était le roi.
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Dim 21 Mar - 15:25



      « Pas sur la mienne. »

    Un sourire victorieux qu'elle dissimula à peine s'immisça sur le visage de la jeune fille. Il avait répondu du tac-o-tac à sa remarque, se défendant un peu trop précipitamment pour être indifférent, sa voix n'était plus aussi détachée qu'auparavant. Zéphir Hullington se sentait menacé. Une faille dans le système, à en croire la grimace qui avait failli tordre les traits de sa gueule d'ange, mais qui fut violemment réprimée par l'aristocrate de renom qu'il était. Oh biensur, quiconque se serait trouvé aux côtés de la jeune fille n'aurait pas perçu cet infime changement sous le masque de marbre que portait en permanence Hullington. Mais la demoiselle était infiniment plus rusée et observatrice que la plupart des filles de son âge, et les muscles contractés de la mâchoire de l'homme ainsi que le bleu vacillant de son regard ne lui avaient pas échappé. Evdokia s'était retrouvée dans le rôle de rivale sans en avoir réellement conscience, loin d'elle ce désir un peu fou de défier le professeur, bien qu'un tel challenge ne l'effrayait en rien. Rappelle moi encore une fois comment nous en sommes arrivés là ? Ah oui, la rencontre parents-professeurs. Journée de merde. La jolie russe relativisa cependant en se disant que la situation aurait pu être bien pire : se retrouver bloquée dans les toilettes avec Elijah et sa tête de con, par exemple. Finalement, la demoiselle s'avérait plutôt chanceuse : elle se trouvait seule avec le plus beau professeur d'Elderwood, et avait de plus le privilège de requérir toute l'attention de l'homme. Certaines nanas auraient tué pour être à sa place, assurément.
    Surement afin de détourner l'attention et dissimuler son malaise soudain, Hullington abandonna sa canne contre le mur avant de déployer théâtralement un malheureux mouchoir orné de ses outrageuses initiales en lettres d'or, sous le regard exaspéré de la jolie russe qui ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel devant tant de manières inutiles. N'était-il donc jamais fatigué de jouer en permanence la comédie ?

      « Donnez moi votre main. »

    Un ordre pour seule réponse à cette question silencieuse, la jeune fille fut tout de même quelque peu surprise devant son mouvement de main qui pouvait être considéré comme un premier pas vers la réconciliation – un premier pas qui n'en était pourtant pas réellement un puisque les pieds d'Hullington semblaient fermement ancrés dans le sol de la pièce. C'est ce qu'on va voir.

      « Je suppose que je ne dois pas considérer ce geste comme une marque de repentir. »

    Anticipant la réponse qui s'apprêtait à fuser de la bouche du professeur, elle ajouta :

      « Non, ne dites rien. Je vous vois déjà venir. Quel culot de ma part d'insinuer que vous êtes, même en partie, responsable de cette regrettable blessure entièrement due à ma bêtise naturelle. Je me trompe ? »

    Evdokia tendit à son tour sa main meurtrie, comme une invitation à une danse dangereuse, où chaque pas serait minutieusement calculé, chaque regard soigneusement analysé. Quelques dizaines de centimètres séparaient à présent les doigts des deux aristocrates, et seul Zéphir devrait prendre l'impensable décision de les abolir, ou de simplement quitter les lieux. La jolie russe ne bougerait pas d'un pouce, et ne daignerait pas effacer ce sourire de défi qui s'étirait délicieusement sur ses lèvres mutines.
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Mar 23 Mar - 22:32


      « Je suppose que je ne dois pas considérer ce geste comme une marque de repentir. »

    Un rire à la limite du dédain vint écorcher son visage théâtralement neutre. Le ton mordant de défi et ce petit air fourbe qu'elle ne cherchait pas à dissimuler avait forcé son hilarité. Se mesurait-elle à lui ? Sérieusement ? Quelle folie. Et elle croyait sincèrement avoir une chance ? Alors que cette remarque aurait dû le faire à nouveau éclater de rire, son sourire mesquin se raffermit et il se mordit infimement l'intérieur de la lèvre. Si lui même l'avait envisagée comme rivale, ce n'était pas anodin. Ni si ridicule qu'elle joue le rentre dedans plutôt que l'agneau blessé. Mais penser qu'il se sentait coupable de la souffrance des autres, et surtout comme dans son cas où il n'en était qu'indirectement la cause, qu'il pouvait éprouver le besoin de donner une forme quelconque d'excuse et aspirer au pardon, cela l'était fortement. Cœur de pierre, lui ? Non, il n'était pas insensible. Il avait simplement fait un trait sur la compassion et la pitié depuis des lustres. Après tout, les faibles n'ont que ce qu'ils méritent. Libres à eux de se blinder où d'en payer les conséquences.

      « Non, ne dites rien. Je vous vois déjà venir. Quel culot de ma part d'insinuer que vous êtes, même en partie, responsable de cette regrettable blessure entièrement due à ma bêtise naturelle. Je me trompe ? »

    Son ton indécemment ironique ne le surprit guère cette fois. Il commençait à cerner sa façon de se comporter, sa fougue tout juste bridée, et ce refus net d'obtempérer quitte à se mettre en danger. D'habitude, il ne cachait pas son admiration pour les gens à qui la peur de mettre la main dans les flammes était étrangère. Lui ne s'y risquait pas, Monsieur est bien trop précieux, et préférait les moyens détournés. Mais si dans le fond son attitude ne lui déplaisait pas, car elle avait le mérite de sortir des sentiers battus et donnait ce petit goût de piment qu'il n'avait plus eu sur la langue depuis ce qui semblait être une décennie à l'échange, le reproche noyé sous cette bave caustique ne lui avait pas échappé. Et il aurait eu autant de mal à l'avaler que si c'eut été une vipère. Déjà, elle parlait à sa place, et insinuait beaucoup trop. Ensuite, elle essayait dangereusement de l'incriminer. Et il avait clairement décidé qu'il n'avait commis aucun crime, il n'y avait même pas à discuter là dessus. C'était effectivement son contrôle de soi bien mal dressé le seul en cause là dedans. Derechef, un linceul polaire recouvrant toute trace d'hilarité était revenu voiler son visage angélique. Mais ses mains n'esquissèrent pas un tremblement.

      « Aurais-je raté l'instant où j'ai volontairement serré vos doigts autour de cette coupe jusqu'à ce qu'elle explose ? Éclairez moi de votre clairvoyance, peut être est-ce l'alcool qui altère ma mémoire... » Surjoua-t-il, sur un ton aux accents sciant d'indifférence, rentrant dans son jeu d'ironie sans problème.

    Il aurait pu la snober, comme il l'avait fait bien d'autres fois lorsque l'on venait l'accuser d'être sans cœur, de ne pas se rendre comptes des maux qu'il causait aux jeunes femmes éperdument amoureuses de lui, de les faire souffrir volontiers, de se complaire dans le rôle du bourreau. Mais il y avait des accents de vérité dans ces faits là, bien qu'il n'en avait en fait que faire de toutes ces choses, alors que cette fois, elle avait tort. Entièrement. Il n'éprouvait pas de culpabilité. Peut être avait-il ressenti une pointe de remord d'avoir écourté violemment une distraction il fallait l'avouer plus que complaisante qu'elle était venue lui offrir dans cette bulle d'ennui qu'était la journée parents/profs... Mais lui, se repentir ? La flagellation c'est pour ceux qui ont du temps à perdre. Et ses neurones étaient loin d'être sadomasochistes. Leur mains ne se touchaient pas encore, et elle ne semblait pas avoir dans l'idée d'avancer pour leur permettre de se rencontrer.

      « Par contre, je vois parfaitement où vous voulez en venir pour ce qui est du culot éhonté. »

    Son regard, accompagné d'un large sourire sarcastique, glissa sur elle. Il tendit son corps en avant et saisit lui même son poignet en se penchant, l'attirant lui-même à lui.
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Sam 27 Mar - 21:01


      « Aurais-je raté l'instant où j'ai volontairement serré vos doigts autour de cette coupe jusqu'à ce qu'elle explose ? Éclairez moi de votre clairvoyance, peut être est-ce l'alcool qui altère ma mémoire... »

    Un sourire sans joie apparut sur le visage empreint de malice de la jeune fille. Il était entré dans son jeu sans modération, mais Evdokia dut reconnaître à contre cœur qu'elle était obligée d'abandonner la partie avant même que celle-ci n'ait vraiment commencé. Il savait pertinemment ce qu'avait voulu insinuer la jeune aristocrate, et savait également que jamais, ô grand jamais, elle ne mettrait son âme à nue, exhibant cette affreuse plaie condamnée à ne jamais cicatriser. Evdokia était au pied du mur, et ce uniquement par dignité secondée d'une lucidité presque clairvoyante. Allons, reprocher à Hullington d'avoir enfoncé vicieusement le couteau dans la plaie – ou dans ce cas-ci, les morceaux de verre –, en ayant pointé du doigt l'absence de ses parents était loin d'être l'idée la plus lumineuse. Comme si il en avait quelque chose à foutre. De plus, la jolie russe était aux antipodes de la pleurnicharde type, alors s'abaisser à endosser ce rôle, plutôt crever la bouche ouverte.
    Toujours est-il que les mots restèrent définitivement bloqués au fond de sa gorge, mais le professeur d'astrologie ne sembla pas s'en apercevoir, puisqu'il ajouta sans profiter du silence de triomphe qui aurait pu s'offrir à lui :

      « Par contre, je vois parfaitement où vous voulez en venir pour ce qui est du culot éhonté. »

    Sur ce, Evdokia bascula en avant, le poignet enserré dans l'étau gelé que formaient les doigts de l'homme. Ce dernier n'avait peut-être fait aucune concession quant à sa position sur l'échiquier de cette partie passionnée, refusant obstinément de faire un malheureux pas vers la russe, mais il avait pourtant commis une erreur que la jeune fille pointa joyeusement du doigt, un sourire en coin confortablement installé sur son visage de poupée :

      « Rassurez-moi, vous ne forcez pas la main de toutes les jeunes femmes avec cette brusquerie peu classieuse, si ? »

    Evdokia se délectait de sentir la tension électriser peu à peu l'atmosphère intimiste des toilettes. La jolie russe n'aurait pas hésité à mettre sa main à couper que remettre en cause l'éducation aristocratique – et donc remettre en cause la crédibilité même - de son professeur d'astrologie agacerait ce dernier au plus au point. La jeune fille en vint même à se demander jusqu'où elle pourrait étirer les limites et les nerfs de l'homme, se moquant éperdument des conséquences de cette petite expérience sociologique. Mais alors que Zéphir Hullington s'apprêtait à faire claquer dans l'air l'une de ses remarques cinglantes, Evdokia posa l'index de sa main meurtrie contre les lèvres du professeur, le figeant de surprise dans son élan.

      « Seulement celle des sombres idiotes incapables de soigner une égratignure. » anticipa-t-elle, imitant de manière caricaturale les intonations aristocratiques et le timbre grave de la voix de Zéphir Hullington.

    Ce n'est que lorsqu'elle croisa le regard glacial du professeur que la jeune aristocrate prit conscience d'avoir franchi clandestinement les frontières de la descence. Était-ce de la fureur ou de la stupeur qui animait ses iris cristallins ? La demoiselle n'osait pas se prononcer, se contentant de soutenir ce regard explosif avec toute l'assurance qu'elle parvint à réunir en quelques dixièmes de secondes. Désireuse d'annihiler le risque de vaciller dans le bleu déconcertant de ses yeux, Evdokia se libéra vivement de l'emprise charismatique du professeur, lui tournant le dos après lui avoir presque arraché des mains le mouchoir en tissu. Il ne manquerait plus qu'elle lui soit redevable d'avoir retiré les morceaux de verre jonchés dans sa plaie. La jolie russe malmena d'ailleurs cette dernière, retirant sans délicatesse aucune les bris tranchants simplement à l'aide de ses doigts, n'utilisant le mouchoir du professeur que pour stocker le verre retiré et éponger le sang qui avait recommencé à affluer sitôt le premier morceau retiré. Evdokia aurait au moins souillé une de ses affaires, à défaut d'avoir obtenu des excuses, et tant pis si pour cela elle devait endurer une douleur tiraillante qui lui contractait la mâchoire.
    Dos tourné, elle attendait la sentence.

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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Sam 3 Avr - 22:12


    Refus d'obtempérer. Elle ne ferait aucune concession et se bornait à le laisser s'abaisser à en faire. Agacement croissant. Il lui laissa une dernière poignée de secondes de répit pour changer d'avis et faire ce malheureux pas qu'elle lui refusait, ce à quoi elle répondit par un immobilisme buté. Fuite de sa légendaire patience. Il lui jeta un regard sans équivoque sans se départir de son sourire sarcastique. Tic nerveux de la lèvre. Bras qui commence à s'engourdir. Il avait ordonné, elle avait ignoré en connaissance de cause ces directives. Sa phrase était simple, à l'impératif, sans détour, le geste était engageant, et le semblant d'éducation qu'elle avait dû recevoir aurait dû faire le reste. Pourquoi s'obstinait-elle à le contredire, à s'opposer à lui avec tant de zèle ? Ne savait-elle pas où était sa place ? Ligne franchie. Orgueil maladivement menacé. Violence. D'un geste brusque il l'avait forcée à avancer vers lui, forcée à faire ce qu'il avait décidé. Forcée à remettre les choses à leur place ! Et comme elles devaient rester. Dominant, dominé. Roi, pion. Échec, et m...

      « Rassurez-moi, vous ne forcez pas la main de toutes les jeunes femmes avec cette brusquerie peu classieuse, si ? »

    Flagrant délit. Sueurs froides. Perte de contrôle. Il lâcha instantanément ce poignet qu'il serrait entre ses longs doigts fins comme pris d'une décharge électrique à son contact. Il était allé trop loin, s'était laissé envenimé par une ancienne rancœur ravivée : celle de la femme perfide qui essaie de vous manipuler. Écart de conduite. Sens déboussolés. Perte de sourire. Il s'était fait avoir, encore, par de grands yeux bleus vaniteux. Laissé prendre à ce jeu dangereux à celui qui ferait plier l'autre en premier, pour finir par se faire piéger en utilisant sa force brute pour reprendre l'avantage. Comportement à peine acceptable venant d'un ado capricieux. Indigne. Scandaleux. Déshonorant. Désarçonné, il ne put prononcer le moindre mot, n'arrivant plus à réfléchir aux conséquences de son acte et aux sarcasmes salvateurs d'un même temps. Allait-elle l'accuser de l'avoir agressé ? Cette fois, il n'y avait aucun témoin, personne ne la croirait. Que penserait-elle s'il disait qu'il cherchait simplement à placer sa main en pleine lumière pour mieux pouvoir la soigner ? L'excuse tenait à peine debout, mais cela pourrait passer si elle était bien tournée. Avait-il laissé une marque sur son poignet en la brusquant ? Non, aucune. Ses yeux cherchèrent tout de même la main du regard pour s'en assurer. Main qui se rapprochait dangereusement de son visage. Il n'eut pas le temps d'entrouvrir la bouche qu'un doigt se posait sur ses lèvres, l'intimant au silence. Syncope. Coeur qui repart après avoir loupé un, voire deux, battements. Perte totale de repères.

      « Seulement celle des sombres idiotes incapables de soigner une égratignure. »

    Malaise. Difficulté à mettre de l'ordre dans ses idées. Respiration claudicante. Un frisson joua le long de sa colonne. Peut être un rire nerveux aurait-il pu franchir ses lèvres devant la grossière imitation qu'elle venait de faire subir à sa personne, mais elle l'avait touché. Elle le touchait encore. Son doigt était précisément posé sur sa bouche, frôlant cette fine membrane de peau délicate. Ils étaient même si près qu'il sentait l'odeur délicieuse et empoisonnée de sa peau. Poumons à l'arrêt. Souffle retenu. Regard affolé. Muscles contractés. Immobilisme statuaire. Que faire ? Que dire ? Où aller ? Comment faire cesser cette sensation ? Sans reculer. Sans bafouiller. Sans perdre la face. Elle lui arracha le mouchoir des mains et se retourna vivement, agitant ses cheveux sous son nez alors qu'il vacilla une demi seconde, trop heureux d'être hors de sa vue. S'il avait pu, il se serait retenu aux vasques pour ne pas flancher, tant il était fébrile. Il se sentait presque fiévreux, d'être passé si vite du froid, au chaud, puis de nouveau au froid sans jamais prendre le temps de bifurquer par le tiède. Il le savait pertinemment, il ne tiendrait plus très longtemps. Il devait sortir. Trop de choses remontaient à la surface. Ce goût de bile d'antan qui tapissait sa bouche lui était bien trop familier, lui donnait la nausée. A moins que ce ne soit l'odeur d'hémoglobine qui emplissait la pièce tandis qu'elle se charcutait plutôt que de laisser sa main à ses bons soins. C'en était trop. D'un geste, il saisit sa canne pour se soutenir et fit quelques pas vers la sortie, ouvrant la porte avec empressement. Il s'arrêta un court laps de temps sur le seuil, pressant l'arrête de son nez entre ses doigts comme pour faire passer un mal de tête grandissant. Mal de tête nommé Lé... Evdokia.

      « N'allez donc pas raconter que je vous ai sexuellement agressée. Une fois n'est pas coutume. »

    Sur cette invective, il laissa claquer la porte dans son dos et commença à filer dans le couloir, droit comme un I, clignant deux fois plus des paupières que d'ordinaire. Quelques mètres plus loin, il dut se poser contre le mur pour réfléchir comme il pouvait. Il avait eu le dernier mot. Il l'avait donc emporté. Pourquoi ne s'en sentait-il pas fier ? Pourquoi avait-il envie de rebrousser chemin et de lui hurler dessus ? Pourquoi n'arrivait-il plus à canaliser sa frustration, son aigreur, et cette violence qui lui tordait les boyaux ? Qu'est-ce que c'était que ce BORDEL ?
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Jeu 15 Juil - 20:29

    « Ça y est, je suis morte ? »


    Evdokia retint sa respiration encore quelques secondes, comme pour s'assurer qu'Elderwood ne lui jouait pas un tour et que la pièce était réellement vide. Le silence. L'absence.
    Zéphir Hullington était parti, laissant dans les airs une vague odeur de fuite qui déstabilisa la jeune russe. Il avait abdiqué. Après une manche passionnelle où tous les pions avaient été renversés, la jolie russe était finalement la seule encore debout au centre de l'échiquier. La victoire de la Reine. Une victoire amère qu'elle n'arrivait pas à savourer. La Reine et ses interrogations se sentait définitivement bien seule dans cet empire humide et silencieux. Avait-elle réellement remporté la partie ? N'était-ce pas une simple ruse du professeur ? Et si cette victoire était effectivement entière et totale, pourquoi restait-elle plantée là, immobile, une expression d'incrédulité figée sur son visage pâle ? La jeune aristocrate n'était pas ressortie complètement indemne de cette guerre des égos, et il lui sembla de plus en plus évident qu'Hullington avait dérobé un morceau de sa lucidité avant de s'enfuir. Peut-être était-ce pour cela que l'homme était si pressé de quitter les lieux ? Non, c'était idiot. La raison était forcément autre part.
    Ses derniers mots résonnèrent enfin dans l'esprit de la jeune fille. Tout d'abord balayés sous l'effet de la surprise, ces derniers prirent leur temps pour monter au cerveau de la jolie russe.

      « N'allez donc pas raconter que je vous ai sexuellement agressée. Une fois n'est pas coutume. »

      « Pourquoi ferai-je un truc pareil ? » balança-t-elle à voix haute, consciente néanmoins que son seul auditoire se résumait à quelques lavabos et miroirs impeccablement astiqués pour l'événement qu'était la Journée parents/profs.

    Hullington se trompait-il autant sur son compte ? Croyait-il vraiment que la russe n'était qu'une pauvre fille pleurnicharde prête à tout pour attirer l'attention ? C'était absurde. Evdokia ressentit même la frustration gagner chaque parcelle de son corps, vexée d'être considérée de la sorte par son professeur.
    Alors quoi, quelle était la suite des événements ? La seule certitude qui parvenait à ressortir de ce brouillard général était que les prochains cours d'astronomie promettaient d'être follement comiques ou au contraire, affreusement gênants. Mais d'ici là, Evdokia ne pouvait définitivement pas se permettre de camper dans ces toilettes.
    Sortir. Comme une évidence soudaine. Après avoir jeté un dernier regard en direction du miroir, comme pour s'assurer que le professeur n'avait pas également kidnappé son reflet, la jolie russe bougea enfin après de longues minutes de paralysie. Elle s'approcha de la porte, en tourna la poignée, s'apprêta à faire un pas en dehors de la pièce et... resta figée de stupeur.
    Il était là, devant elle, lui bloquant le passage et la fixant de ses iris cristallins. Était-il aussi surpris qu'elle ? Ou avait-il planifié cela dès le début ? Lui accorder une fausse joie pour mieux la réduire à l'état de moins que rien. Ou alors, autre possibilité, était-il parti chercher le directeur après le geste outrageux de la jeune fille ? Non pourtant, aucun directeur dans les parages.
    Evdokia resta figée, les lèvres entrouvertes dans l'intention d'exprimer quelque chose, mais les idées de répliques semblaient jouer à la roulette russe dans son esprit.

      « 'Spèce de malade. »
      « Je me doutais bien qu'il y avait un piège. C'était trop beau. »
      « C'est quoi votre problème ? »
      « Vous savez que vous faites psychopathe à me fixer comme ça ? »
      « Si c'est pour récupérer votre mouchoir, je l'ai laissé à l'intérieur, vous m'en voyez désolée. »


      « Arrêtez de me regarder comme ça où je vais être contrainte de vous sauter dessus. »

    PARDON ?? Attendez un peu, on peut me repasser la dernière ? ...La régie ? Oui, c'est possible ? Ohmondieu. C'était parti, comme ça, comme un tir de pistolet. La jeune aristocrate elle même n'avait rien vu venir, et n'en revenait toujours pas. « Sérieusement, j'ai vraiment dit ça ? Achevez-moi. »
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Jeu 22 Juil - 14:15


    Combien de temps resta-t-il là, dans ce couloir vide, à attendre ? La notion du temps lui était étrangère. Ses sens étaient en déroute, comme si un aimant avait déréglé sa boussole. Lui qui avait tellement l'habitude d'être infaillible se retrouvait à douter de ses décisions alors que jamais il ne se remettait en question, ayant pleine confiance en son jugement. Et qu'attendait-il, au juste ? Un déclic. Une direction. N'importe quoi qui aident ses pieds à se déloger du sol.
    La canne grinça contre le parterre marbré lorsqu'il fit demi tour, se parant d'un faciès tranquille complètement sur-joué digne d'un mauvais comédien. Son assurance impérieuse effondrée, les artifices paraissaient grotesques. Pourtant, il fallait que le masque tienne, aussi craquelé soit-il, le temps que les choses retrouvent leur place. Un seul mot avait son importance : l'ordre. Plus d'élan inconsidéré. Plus de souffle coupé. Plus de cœur laissé à portée de quelconque fine gâchette. Ce qu'il s'apprêtait à faire ? Ah, bande de curieux, vous auriez bien aimé le savoir... Lui aussi.
    En fait, il avait plusieurs choses en tête. Par reprendre les rennes et remettre chaque chose à sa place, il entendait d'abord rétablir ses fonctions. Parce qu'il était ostensiblement sorti de son rôle ces dernières heures. En tant que professeur, jamais il n'aurait dû se retrouver seul dans les étages, dans les toilettes - aussi mixtes soit-elles - avec une élève, en plein milieu d'une réunion parents/professeurs. Sa place n'était pas là. Tout comme celles de ses iris glaciers. Jamais il n'aurait dû poser ses yeux enflammés de désirs contradictoires sur elle, ni la toucher, surtout de manière si brutale. Et jamais au grand jamais il n'aurait dû perdre le contrôle en sa présence, c'était certainement là sa plus grossière erreur. Il fallait donc qu'il se recentre, et qu'il retourne dans cette pièce où il l'avait lâchement abandonnée, et qu'il agisse contre il aurait dû depuis le début. Une élève blessée devait aller à l'infirmerie. Point barre. Elle n'avait pas même à discuter.

    Le son de ses talons claquant fut brusquement interrompu par la porte des toilettes qui s'ouvrit, la russe s'en extirpant et se figeant soudain. D'un seul homme, ils s'étaient arrêtés l'un en face de l'autre, se toisant, leurs deux visages scrutant celui de l'adversaire. Zéphir lut dans ses yeux de la surprise, peut être un soupçon de rancune, ou bien un léger voile de colère ? Chaque fois qu'il la regardait, elle le mettait au défi. Avec elle, toutes ses certitudes s'envolaient, il ne savait donc trop qu'en penser, étant conscient que les interprétations étaient souvent erronées. Quant aux émotions qu'il laissa transparaître, Zéphir ne sut dire ce qu'elle vit sur ses traits, s'efforçant de tout contenir. Mais très certainement, quelques brides avaient filtrées. De là à dire s'il s'agissait de la surprise, du malaise ou de l'attirance inéluctable qu'elle exerçait sur lui...

      « Arrêtez de me regarder comme ça où je vais être contrainte de vous sauter dessus. » Lâcha-t-elle dans un souffle, avant de visiblement regretter ses paroles; et il y avait de quoi. Cette fois, il n'avait même pas cherché à cacher sa surprise, ni son affectation, ni même son égo blessé.
      « Je vous répugne à ce point, que vous souhaitiez me voir mort de vos mains ? » Rétorqua-t-il dans un rictus cynique, en approchant son visage du sien comme pour la défier de le faire, fouillant ses iris bleu électrique avec application.

    Leurs visages étaient si proches qu'elle devait sentir son souffle balayer sa peau satinée. Le sien, en tous cas, faisait jouer des frissons le long de son échine. Peut être avait-elle capté ses pupilles dilatées, ou comment sa tête penchait imperceptiblement en avant, à quel point son souffle était devenu court... De nouveau, l'aimant avait disloqué sa boussole. ... C'était elle, l'aimant. Il était le +, elle le -, lutter contre cette attraction était scandaleusement impossible, et, bordel ! Il était sur le point d'y céder. Alors que d'infimes millimètres séparaient leurs deux bouches immobiles, des murmures vinrent chatouiller ses tympans. Cette forme de magie était communément utilisée par le directeur, et ce fut comme si, à distance, il venait le rappeler à l'ordre. Les directives étaient claires : il était attendu dans la seconde sur l'estrade, dans la grande salle, pour le discours. Cela aurait dû le stopper net, le ramener à la réalité, mais contre toute attente, Zéphir franchit la ligne interdite, et déposa de la pointe de ses lèvres un baiser fébrile sur les lèvres de la russe avant de se reculer, susurrant d'une voix rauque:

      « Allez vous faire soigner. »

    Un CRAC s'en suivit alors qu'il transplana sur l'estrade, rajustant son col, la plantant au milieu du couloir silencieux qu'il avait déserté. Son coeur de pierre s'était fendu.
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   Jeu 22 Juil - 15:13

Rp terminé ! :)
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MessageSujet: Re: A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]   

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A heart of stone, a smoking gun ~ [ Z é p h i r H.]

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